Entreprise spécialisée dans les prises de vue aériennes par drone.
- inventaire topographique, Inventaire du parc naturel régional des Baronnies provençales
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Parc naturel régional des Baronnies Provençales
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Parc naturel régional des Baronnies provençales - Serres
-
Commune
Rosans
-
Cadastre
1839
F1
;
1984
F1
;
2020
000F
-
Dénominationsvillage
Préambule
Le bourg de Rosans est riche de plus de 10 siècles d'histoire, illustrés par son architecture et renseignés par les nombreux documents d'archives qui ont été conservés : actes notariés depuis la fin du 14e siècle, cadastres par confronts de 1570 et 1699, inventaires seigneuriaux de 1613 et 1703, cadastre par plans de 1839, etc. Leur étude, croisée avec la lecture archéologique et architecturale du bâti, permet de mieux saisir l'évolution de l'organisation du territoire, de son bâti, des noms de lieux-dits, etc.
L'étude de cette agglomération est ici présentée selon un déroulement historique. Pour clarifier le propos, des analyses complémentaires sont proposées en annexes, spécifiquement dédiées à des développements thématiques. Annexe 1 : richesse toponymique du bourg et de ses proches alentours, qui illustre en partie les usages passés qui y étaient pratiqués. Annexe 2 : biens bâtis situés au bourg, ou à proximité, qui appartenaient à la communauté des habitants puis à la commune de Rosans : elle regroupe les informations concernant les édifices disparus ou non étudiés par un dossier individuel (église Notre-Dame-la-Blanche, hôpital, maison de la communauté, place de la Fontaine, presbytère, four à pain communal, poids public, etc.). Annexe 3 : biens bâtis appartenant aux coseigneurs, puis à la famille d'Yze devenue unique seigneur à partir du début du 17e siècle jusqu'après la Révolution. Annexe 4 : biens bâtis relevant d'une possession religieuse : prieur et chapelles.
Vue aérienne de situation prise de l'ouest.
Vue aérienne d'ensemble prise du nord-ouest.
Le bourg en 1982, vue d'ensemble prise du nord-est.
Le bourg en 1982, vue d'ensemble prise du sud-est.
Types de bâtis repérés et étudiés au bourg.
I. Aux origines du bourg de Rosans
I.1 : Aux origines du bourg : des sites perchés plus anciens
Plusieurs anciens sites perchés ont été occupés avant l'installation de l'agglomération à son emplacement actuel. A l'est de la commune, l'impressionnant plateau du Risou qui culmine à près de 1 200 mètres d'altitude et marque la limite entre les communes de Moydans et de Saint-André-de-Rosans, un peu plus au nord le site de Villevielle qui sépare Rosans et Moydans. Au nord, dominant le bourg, l'occupation du sommet du Suquet ou Suchet, à environ 1 100 mètres d'altitude, est moins sûre. A l'ouest, le petit plateau perché de Saint-Jaume, qui culmine à 700 mètres d'altitude, a probablement accueilli jusqu'au début du Moyen Age un habitat organisé autour d'une église dédiée à Saint-Jaume. C'est là que passe la limite entre les communes de Rosans et de Verclause (et donc des départements des Hautes-Alpes et de la Drôme), qui trouve peut-être son origine dans un redécoupage territorial du milieu du Moyen Age.
Nota : pour une étude détaillée de ces pôles d'habitat antérieurs au bourg de Rosans, voir la partie historique du dossier de présentation de la commune IA05001650.
Le bourg de Rosans au pied du Suquet, vue de situation prise du sud-ouest.
Le Risou (au centre du cliché), vue prise de l'ouest.
Le plateau de Saint-Jaume et la limite communale entre Rosans et Verclause.
I.2 : Aux origines du bourg : une colline de grès et de marnes, dominant son territoire
Rosans est un bourg fortifié installé au pied du versant sud de la montagne du Fourchat. S'étageant entre 670 et 700 mètres d'altitude, il domine le bassin du Rosanais, drainé par l'Eygues, rivière venant de Sorbiers et de St-André-de-Rosans et poursuivant son cours vers l'ouest par des gorges entre Verclause et Sahune (Drôme). L'agglomération s'est accommodée du sommet d'une petite éminence naturelle constituée d'une alternance de couches de grès et de marnes, bordée à l'est par le ravin du torrent de l'Estang. De cette butte, seuls les versants est et sud présentent un relief marqué. Le côté ouest est plus doux alors que, côté nord, il s'agit d'un replat séparant l'agglomération de l'échine montant au sommet du Suquet. Aujourd'hui complètement masqué par le bâti, le sommet de grès dur a pu fournir une partie des matériaux nécessaires aux premières constructions maçonnées.
De par la structure géologique de la butte sur laquelle est installée l'agglomération, les eaux d'infiltration sont bloquées par les alternances marno-gréseuses et s'écoulent à faible profondeur en suivant le pendage géologique. Cela s'observe surtout sur le versant oriental de la colline, descendant au torrent de l'Estang : on observe l'existence de drains en pierres, en lauzes ou en terre cuite aménagés dans le sol des celliers et étables des étages de soubassement des maisons, collectant et évacuant ces percolations et autres ruissellements d'eau plus ou moins abondants. La tradition orale rapporte aussi l'existence ancienne de collecteurs des eaux pluviales. Ainsi, au pied oriental de la Tour Carrée, trois systèmes de drainages se superposeraient : le plus profond, en terre cuite ; un intermédiaire, en tuyaux de plomb remontant aux années 1930 ; le dernier, en fonte, datant de 1982.
Vue aérienne d'ensemble prise du sud-ouest.
Le bourg de Rosans au pied du Suquet, vue d'ensemble prise du sud.
Vue de situation prise du nord, depuis le sommet du Suquet.
Vue de situation prise du nord-est.
I.3 : Aux origines du bourg : des ressources en eau généreuses
D'après R. Maillot (2019), le nom de Rosans trouverait son origine dans la vieille racine « roz » signifiant « eau », que l'on retrouve dans l'ancienne appellation provençale « lou Rose » pour désigner le fleuve Rhône. Il s'agirait ici du torrent de l'Estang, torrent pérenne alimenté par la source éponyme, dont les eaux ont sans doute été très tôt dérivées pour l'irrigation des terres situées en bordure de l'agglomération.
Ce cours d'eau a aussi fourni l'énergie hydraulique nécessaire au fonctionnement de divers moulins (à farine, à huile, à foulon), scieries, puis centrale hydroélectrique, établissements installés entre sa source et le quartier du Pont, où la mention la plus ancienne d'un moulin remonte à 1445. Nota : pour les moulins, voir les dossiers IA05001086, IA05001087, IA05001088 et la partie thématique sur les activités artisanales dans le dossier de présentation de la commune IA05001650.
Enfin, deux sources sortent à proximité du bourg, celle dite Font Sainte (voir le chapitre sur l'église Notre-Dame-la-Blanche dans l'annexe 2 de ce dossier) et celle de la Catalane, un peu plus loin au quartier des Basses Graves, qui est canalisée au moins depuis 1609 pour alimenter la fontaine des jardins du château (voir dossier IA05001645). Si la présence du torrent de l'Estang préside certainement en grande partie à l'existence du bourg à son emplacement actuel, cette explication doit être complétée par le passage de deux anciens chemins muletiers importants.
Rosans et la vallée de l'Estang.
I.4 : Aux origines du bourg : le carrefour de deux anciens itinéraires muletiers importants
Le bourg de Rosans contrôle deux anciens axes pédestres et muletiers transversaux, l'un reliant Dauphiné et Provence et l'autre mettant en communication les vallées du Rhône, du Buëch et de la Durance.
Le premier, qui commande en partie la structure actuelle du bourg, a longtemps été le plus important jusqu'à la création de routes carrossables et à l'avènement du transport routier dès le début du 19e siècle. Orienté nord-sud, il relie le Diois au nord, la vallée de la Durance au sud-est et la Montagne de Lure au sud. A la limite nord de la commune de Rosans, cet itinéraire passe soit par le col du Pertus, soit par le col de Pomerol.
Le second itinéraire, est-ouest, rejoint la vallée du Buëch et celle du Rhône, passant originellement par les montagnes pour éviter les gorges impraticables de l'Eygues. L'arrivée occidentale de ce chemin sur le bourg de Rosans correspond au « chemin Étroit » ou « chemin romain », voie muletière d'environ 2 mètres de large soutenue par des murs en pierre sèche, qui rejoint encore Rosans au plan d'eau.
Si l'axe de circulation nord-sud aujourd'hui remplacé par la R.D. 25 a perdu de son importance, l'axe est-ouest est en revanche devenu une route principale à l'échelle du massif des Baronnies après la création de l'actuelle R.D. 994 (ex R.N. 94) à travers les gorges de l'Eygues, favorisant le développement du transport sur roues.
Nota : pour une description détaillée de ces deux anciens itinéraires, voir la partie historique du dossier de présentation de la commune IA05001650.
Le bourg de Rosans au carrefour de deux axes anciens. Vue de situation prise du sud.
L'ancien chemin de Nyons à Serres, à quelques centaines de mètres à l'ouest du bourg.
L'ancien chemin de Rosans au col de Pomerol, au quartier des Graves.
II. Les premières fortifications (10e siècle – 14e siècle)
En 988, la première mention connue de Rosans concerne une donation en faveur de l'abbaye de Cluny qui mentionne l'église Saint-Arey et un prieuré dit « villa Rosanis » (A. Playoust et C. Mora, 1989). Ce prieuré, probablement de fondation plus ancienne, s'inscrit peut-être dans la continuité d'un établissement de la période romaine. Quelques vestiges de cette époque ont été signalés à proximité immédiate du bourg : trésor monétaire retrouvé « près des remparts » et substructions « sous la place principale du bourg » et dans les terrains voisins (J. Roman, 1888). Au 10e siècle, Rosans est « le chef-lieu du Pagus Rosanensis » avant de devenir au second Moyen Age « le siège d'un archiprêtré important, l'un des quatre du diocèse de Gap » (J. Roman, 1888).
Aujourd'hui, le bourg de Rosans présente certaines caractéristiques d'une petite agglomération médiévale, notamment sa structuration topographique et symbolique, son réseau viaire, et plusieurs édifices monumentaux – en revanche l'architecture domestique est plus marquée par le 16e siècle et le 17e siècle. Ce paysage bâti est le résultat de plusieurs siècles d'évolutions urbaines, entamées dès l'an Mil, si ce n'est avant : extensions successives de l'enceinte fortifiée, édification de tours seigneuriales puis d'un château, densification du bâti intra muros, constitution de faubourgs agricoles extra muros. Cette dynamique illustre aussi les mutations du pouvoir local, notamment seigneurial, avec la persistance de coseigneurs jusqu'au début du 17e siècle.
Nota : pour une étude détaillée de la fortification d'agglomération, voir dossier IA05001550.
II.1. Les premières fortifications : le site castral sommital et sa première enceinte (10e siècle – 11e siècle)
Un petit bourg castral se fixe probablement dès le 10e siècle autour de l'église Saint-Arey (voir dossier IA05001764), sans doute doté d'un premier enclos fortifié. Au 12e siècle, « une fortification ou castellum » est citée lorsque le prieuré de Rosans est rattaché à celui de Saint-André (M.-P. Estienne, N. Nicolas, 1999).
Le probable enclos sommital s'organise autour de cette église Saint-Arey. D'une longueur d'environ 200 mètres, il devait protéger une aire d'à peu près 3 000 mètres carrés. Seule la topographie des lieux permet d'avancer quelques hypothèses à son sujet. L'orientation de sa courtine sud – renforcée au 13e siècle par deux tours-donjons (voir chapitre dédié) – pourrait expliquer en partie l’existence du glacis de la place des Aires qui forme un coin rentrant dans l'ovale du bourg fortifié actuel. Cette première enceinte castrale (partiellement maçonnée ?) protège un quartier encore appelé Sime de Ville ou Sime dou Canton dans le cadastre des années 1570. C'est aussi là que se trouvait, dans la seconde moitié du 16e siècle et peut-être avant, l'un des deux fournils seigneuriaux (voir dossier IA05001605).
Le quartier de « Sime de Ville ». Vue aérienne prise du sud.
Enceinte castrale. État hypothétique au 11e siècle.
II.2. Les premières fortifications : l'effacement du site de Saint-Etienne / le Villar
Il semble que le développement du bourg de Rosans ait également entraîné la disparition d'un autre site d'habitat concurrent, situé à 300 mètres à l'est du bourg sur la colline de Saint-Étienne. Séparée de l'agglomération par le vallon de l'Estang, cette petite éminence doit son nom à un établissement religieux médiéval disparu. Une église et un autel de Saint-Etienne « de Bausanco », ou « Bauzenco » (aujourd'hui Bauzenq), sont signalés en octobre 1398, avril 1399 et septembre 1399 (AD05 1 E 9756, f° 22 r°, 68 v°, 211 v°). Le cimetière paroissial de l’église de Saint-Etienne est encore mentionné dans un testament de février 1544 (AD26 2 E 7469, f° 173 r°).
Il ne reste rien de cet ensemble, si ce n'est le toponyme du Béal de la Chapelle, torrent qui draine son versant oriental. Subsiste aussi le souvenir d'un habitat disparu qui se trouvait au départ de ce vallon, dont on ne connaît que l'appellation du Villar.
Le bourg de Rosans vue depuis la colline de Saint-Etienne.
II.3. Les premières fortifications : l'église Notre-Dame-la-Blanche (11e siècle – 12e siècle)
Pour compléter la vieille église Saint-Arey, une autre église plus grande, Notre-Dame-la-Blanche, est édifiée hors les murs, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Jacques-le-Majeur. Son chevet était baigné par une source réputée sacrée, appelée « Font Sainte ». Elle demeure l'église paroissiale de Rosans jusqu'à sa destruction par les troupes protestantes en 1575. Seul demeure son cimetière, qui reste utilisé jusqu'à disparition liée à la construction de la nouvelle église paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur, édifiée en 1847-1852 (voir dossier IA05001652).
Nota : pour plus de détails sur l'église Notre-Dame-la-Blanche, voir l'annexe 2 de ce dossier, consacrée aux biens de la communauté.
Elément lapidaire supposé provenir de l'église Notre-Dame-la-Blanche.
Elément lapidaire supposé provenir de l'église Notre-Dame-la-Blanche.
Elément lapidaire supposé provenir de l'église Notre-Dame-la-Blanche.
II.4. Les premières fortifications : les trois tours (13e siècle – 14e siècle)
L'enclos sommital organisé autour de l'église Saint-Arey est enserré au 13e siècle par deux imposantes tours-donjons bossagées (voir dossiers IA05001551 et IA05001552), qui s'installent sur le rebord sud du sommet de grès dur, dominant une rupture de pente possiblement artificielle : ce substrat, aujourd'hui entièrement caché par le bâti, a pu fournir une partie des matériaux nécessaires aux premières constructions maçonnées. Ces deux tours carrées sont caractérisées par un impressionnant appareil à bossages rustiques, qui atteint des dimensions cyclopéennes par endroit.
Les deux tours bossagées appartiennent à l'un des deux principaux coseigneurs, les Morges. Elles sont complétées (au 14e siècle ?) par une troisième tour carrée, différente et dressée du côté nord de l'enclos castral. Appartenant à l'autre coseigneur, la famille d'Alauson, elle défend l'arrivée du chemin venant du Diois. Peut-être déjà flanquée d'une porte fortifiée, elle est plus tard complétée par d'autres constructions qui forment l'actuel château de Rosans (voir dossier IA05001554). L'édification de ces hautes tours carrées, perchées au sommet de l'agglomération, montre une nette affirmation physique et symbolique du pouvoir des coseigneurs, illustration d'une féodalisation manifeste de l'espace urbain.
Nota : pour une étude détaillée de l'évolution de la coseigneurie de Rosans, voir la partie historique du dossier de présentation de la commune IA05001650.
La tour-donjon dite Tour Carrée, état en 1982.
La tour-donjon dite Tour du Four, vue prise du sud-ouest.
Emprise de la tour du 14e s. sur la façade nord du château.
II.5. Les premières fortifications : la deuxième enceinte (13e siècle)
Immédiatement en contrebas de l'enclos sommital et de ses tours, l'habitat se développe au pied des courtines sud et est de l'enceinte castrale. Les maisons sont vraisemblablement protégées par une autre enceinte fortifiée, dont la construction est peut-être contemporaine de celle des deux tours-donjons (13e siècle). Mais là encore, faute d'archives, le contexte de son établissement reste inconnu. Cette muraille, extension semi-concentrique de l'enclos sommital, protège près de 8000 mètres carrés, grâce à plus de 200 mètres linéaires de fortification supplémentaire. Elle englobe l'agglomération installée sur les flancs est et sud du mamelon rocheux, les côtés nord et ouest restant non bâtis : le premier probablement pour assurer un large espace défensif sur cette zone plane ; le second parce qu'il s'agit de terres de qualité, en pente douce et facilement irrigables.
Le côté ouest de cette enceinte est bien conservé : passage couvert du Tunnel, tour pseudo-circulaire, maçonnerie de la muraille. En revanche, ses vestiges intra muros restent discrets et son tracé est surtout supposé, grâce à quelques indices topographiques et toponymiques qui font passer à son pied extérieur les deux importants itinéraires qui rejoignent le bourg : à l'est la Petite Rue, au sud la rue du Barry. On sait qu'en 1243, les murailles se rejoignaient au niveau d'une maison-forte de deux étages (E. Bégou, 2016). Cette mention pourrait désigner la tour-donjon occidentale (dite Tour du Four) – ce qui repousserait de quelques décennies sa datation – mais elle pourrait aussi correspondre à un autre bâtiment, peut-être situé à l'emplacement du château de Rosans et aujourd'hui disparu.
État hypothétique de l'enceinte à la limite du 13e siècle et du 14e siècle.
III. La troisième enceinte fortifiée (fin du 14e siècle – 15e siècle)
Une nouvelle enceinte fortifiée (voir dossier IA05001550) est érigée à la fin du 14e siècle, pendant la guerre de Cent Ans, réponse aux ordres du gouverneur du Dauphiné qui « impose la mise en défense des villes et des châteaux du sud de sa province dès 1368 » (M.-P. Estienne, N. Nicolas, 1999, p. 34).
III.1. La troisième enceinte : la fortification (années 1370 – 1380)
Une nouvelle enceinte fortifiée est érigée à la fin du 14e siècle, pendant la guerre de Cent Ans, probablement dans les années 1370-1380. Il s'agit d'une extension concentrique de la deuxième enceinte urbaine (voir chapitre précédent) et son tracé, qui a donné sa forme actuelle au bourg intra muros, court sur près de 500 mètres linéaires protégeant au total une surface de plus de 11 000 mètres carrés. Cette nouvelle enceinte englobe les faubourgs qui s'étaient agglomérés au pied de l'ancienne muraille (actuelles Petite Rue et rue du Barry). Elle comporte trois portes fortifiées (porte du Château, porte de la Petite Rue et porte du Barry), ultérieurement complétées par d'autres passages.
Les murailles, d'une épaisseur de 1,20 à 1,70 mètre, sont particulièrement bien conservées sur les courtines sud et sud-ouest, où elles avoisinent les 10 mètres de hauteur. Elles intégraient deux chemins de ronde, un passant au pied intérieur de la maçonnerie (par exemple l'actuel Passage du Tunnel) et l'autre au sommet des murs. Une lice courait au pied extérieur de l'enceinte. La courtine nord a progressivement disparu, laissant place aux bâtiments constituant le château.
Ainsi fortifié, le bourg intra muros dessine un ovale, orienté nord-sud. Cette forme simple et fréquente est toutefois oblitérée côté ouest par un coin rentrant au pied de la tour-donjon dite Tour du Four, formant l'actuelle place des Aires. Il s'agit d'un probable glacis défensif, resté longtemps non bâti, protégé au nord et au sud par deux tours pseudo-circulaires. Cette troisième enceinte correspond aux dernières fortifications majeures de l'agglomération, même si quelques travaux de monumentalisation y sont encore effectués à l’Epoque moderne.
Nota : pour une étude détaillée de l'enceinte fortifiée et de ses points forts, voir le dossier IA05001550.
État hypothétique de l'enceinte à la fin du 14e siècle.
Tracé de l'enceinte fortifiée de la fin du 14e siècle, vue aérienne prise du nord-ouest.
Le tracé de l'enceinte fortifiée du 14e siècle, vue prise de l'est.
III.2. La troisième enceinte : la densification du bourg
La nouvelle enceinte enferme le bourg derrière ses murs et le sépare des terres agricoles et des jardins aménagés à l'extérieur de la muraille. Des faubourgs se constituent, regroupant dans des îlots extra muros des dépendances agricoles (étables et granges à foin), tant par manque de place dans l'agglomération que par crainte des incendies (voir chapitre suivant).
Corseté par les limites de ses murailles maçonnées, l'habitat s'est peu à peu densifié. On peut sans doute estimer que la systématisation de la maison-bloc en hauteur, qui correspond aussi à une minéralisation de l'habitat – c'est à dire le développement des constructions domestiques maçonnées : maisons, puis bâtiments agricoles – remonte au 13e siècle ou au 14e siècle. Toutefois, les vestiges architecturaux de cette époque demeurent rares et se limitent à quelques éléments d'encadrements remployés. Dès le début du 15e siècle, certaines maisons sont adossées au mur d'enceinte, côté intra-muros. Claude de Morges donne en accapte, en janvier 1418 ou 1419, un chasal à noble Giraud de Pavia et l’autorise à percer une fenêtre dans la muraille, à la condition d'en ferrer l'ouverture pour éviter tout danger (AD05 1 E 9757, f° 85 v°). Dans le cadastre de 1570, les murailles servent de confront (limite mitoyenne) à plus d'une trentaine de maisons, chiffre probablement sous-estimé car ce document est incomplet. Dans celui de 1699, une cinquantaine de bâtiments y sont adossés. À la fin du 18e siècle, les habitants sont toujours tenus de demander l'autorisation seigneuriale pour percer la muraille de l'enceinte. Ainsi, en 1787 le seigneur Claude Arthus d'Yze donne la permission à une habitante de « lui laisser ouvrir une porte au plus bas étage de [sa] maison (…) sur le rempart ou barry » à condition que soit ajouté « un arc ou rascasse qui soutienne le dit rempart de façon qu’il n’y arrive aucun inconvénient qui puisse préjudicier aux droits que le dit seigneur a sur les remparts » (AD05 1 E 5764).
Vue aérienne d'ensemble prise du nord.
Vue aérienne d'ensemble prise du nord-est.
Vue aérienne d'ensemble prise du sud-ouest.
Le réseau viaire du bourg intra muros observe un plan pseudo-concentrique, qui découle de sa progressive extension médiévale. Dans les secteurs pentus de l'agglomération, les rues principales tendent à rester à peu près à l'horizontale en suivant les courbes de niveau (rue du Barry, rue du Tricot, rue Ismaël-Triolaire, rue Étroite, rue des Terrasses). Elles sont reliées entre elles par des traverses, étroites et raides, qui empruntent le sens de la pente : ruelles et passages – éventuellement couverts – voire escaliers. Si, en quelques endroits, des placettes ont pu subsister, comme à proximité de l'église Saint-Arey où une place est mentionnée en 1398 (AD05 1 E 9756, f° 14 v°), les espaces libres, cours et jardins qui existaient intra muros à l'époque médiévale ont progressivement disparu, remplacés par de nouvelles constructions. L'étude d'un ensemble de deux maisons accolées contre la muraille de la courtine orientale montre bien ce phénomène ; c'est le seul exemple de Rosans où subsiste une cour fermée (voir dossiers IA05001531 et IA05001532). Contre la courtine sud, c'est un bâtiment agricole qui a pris la place d'une ancienne cour (voir dossier IA05001580).
Évolution d'un îlot de la courtine est de l'enceinte. État hypothétique au 15e siècle.
Évolution d'un îlot de la courtine est de l'enceinte. État hypothétique à la fin du 16e siècle.
Évolution d'un îlot de la courtine est de l'enceinte. État hypothétique à la fin du 18e siècle.
Au cours des siècles, la densification du bâti s'est aussi traduite par la multiplication des passages couverts construits au-dessus des rues et des ruelles, plusieurs ayant aujourd'hui disparu. C'est le résultat de l'adaptation architecturale au manque de place disponible. Certains de ces passages accueillent, ou accueillaient, un escalier en vis permettant de desservir les maisons situées de part et d'autre de la rue (voir dossiers IA05001544 et IA05001557).
Passage couvert de la rue du Tricot, vue prise de l'ouest.
Passage couvert de la rue Étroite, vue prise du nord.
Passage couvert de la rue du Corps de Garde, vue prise de l'ouest
III.3. La troisième enceinte : la rue Coynelle (Petite Rue), un ancien chemin extra muros devenu intra muros
Bordant tout le côté est du bourg, la Petite Rue est la seule voie importante du bourg intra muros dont le parcours est en pente. Fermée au sud et au nord par des portes fortifiées, elle correspond au passage dans l'agglomération du chemin reliant le Diois et le Dauphiné à la Durance et à la Montagne de Lure. Avant la construction de l'enceinte de la fin du 14e siècle, cet itinéraire passait au pied d'une muraille plus ancienne (correspondant sans doute à la rue de la Terrasse). Cette voie de circulation extra muros était peut-être déjà bordée par un faubourg, au moins partiel. L'extension de la fortification urbaine intègre donc cette rue au bourg fortifié. Aujourd'hui appelée Petite Rue (ou rue des Puces), elle est appelée « rue Coynelle » au moins depuis le milieu du 15e siècle et jusque dans les actes notariés des années 1820-1830. Concentrant de nombreuses échoppes et boutiques, cette rue est restée jusqu'au milieu du 19e siècle le principal axe commerçant du bourg.
La Grande Rue et le départ de la Petite Rue, vue d'ensemble prise du sud.
La Petite Rue, vue prise du sud.
La porte fortifiée, entrée nord de la Petite Rue.
III.4. La troisième enceinte : la rue du Barry, un ancien chemin extra muros devenu intra muros
La rue du Barry, qui cheminait également au pied de l'ancienne enceinte, correspond à la voie pédestre reliant Nyons à Serres, et au-delà, la vallée du Rhône au Gapençais. Son nom même la désigne comme un axe de circulation extra muros, le terme « barry » signifiant « muraille » ou « rempart » en provençal. Englobée dans le bourg lors de la construction de la nouvelle enceinte à la fin du 14e siècle, elle ferme son accès sud-ouest par une porte fortifiée qui est toujours conservée, mais murée. Face à cette porte, un faubourg va se développer et accueillir, au moins depuis le 16e siècle, l'hôpital de la communauté et plus tard un terrain pour le jeu de paume (place du Tricot).
Nota : au sujet du jeu de paume, voir l'annexe 1 de ce dossier, consacrée à la toponymie. Au sujet de l'hôpital, voir l'annexe 2 de ce dossier, consacrée aux biens de la communauté.
La Petite Rue et la rue du Barry sous la neige.
La rue du Barry, vue prise de l'est.
La porte fortifiée sud-ouest, entrée occidentale de la rue du Barry.
III.5. La troisième enceinte : deux nouvelles rues extra muros
Remplaçant les deux anciennes rues de faubourg (rue Coynelle et rue du Barry) désormais intégrées dans l'extension de l'agglomération fortifiée, deux nouveaux axes se développent extra-muros, au pied des murailles de l'enceinte. Ils sont appelés « grand chemin » ou « chemin royal » dans les cadastres de 1570 et 1699. A l'est la future Grande Rue longe la base de la courtine orientale, en dominant le quartier des Jardins, continuité de l'axe nord-sud qui remplace la Petite Rue ou rue Coynelle. A l'ouest et au sud, la future rue du Temple, qui remplace la rue du Barry. Ces voies sont séparées de la nouvelle muraille par des jardins ou par une lice – espace défensif laissé libre (actuelle impasse du Menuisier) – mentionnée comme étant un « plassage appartenant à la communauté appelé le Barry » dans le cadastre de 1699 (AD05 3 E 6470, f° 164 r°).
Le bourg de Rosans en 1982, vue prise du sud-est.
La Grande rue et l’alignement des façades suivant le tracé de l'enceinte fortifiée, vue prise du nord.
La rue du Temple et ses jardins, vue prise du nord.
III.6. La troisième enceinte : les faubourgs agricoles et artisanaux, les aires à battre et les jardins
Des îlots de quelques bâtiments, regroupés en faubourgs, se développent hors les murs, au nord, nord-est, sud-est et sud-ouest du bourg fortifié. Ils regroupent des constructions à vocation agricole : grange-étable. Si leur installation extra muros répond en partie au manque de place à l'intérieur de l'agglomération et aux difficultés de circulation des charges volumineuses dans les rues et ruelles étroites, elle vise surtout à éloigner des habitations les risques d'incendies liés au stockage du fourrage. Ces quartiers sont nommés « Estables », « Estables de Tutelle », « Estable de Colomb » dans les cadastres de 1570 et 1699 (AD05 3 E 6468, AD05 3 E 6470).
Des aires à battre sont associées à ces îlots agricoles. Elles sont appelées « Hières de l'Esglize », « Hère de Liotier », « Here de Picard » dans les cadastres du 16e siècle et du 17e siècle. Ces îlots extra muros accueillaient également les activités artisanales, notamment celles liées au feu (forges) ou nécessitant d'importantes ressources en eau. Ainsi, des tanneries étaient installées au pied oriental du bourg, en rive droite du torrent de l'Estang : leur présence est attestée par le toponyme « las Chauchières » mentionné dans le cadastre de 1570. Les moulins seigneuriaux étaient installés en peu en aval, au niveau du pont franchissant le cours d'eau sur le chemin menant à Saint-André (voir annexe 3 et dossier IA05001088).
Des jardins se développent à proximité de ces faubourgs. Ils sont bâtis en terrasses du côté est, ils sont adossés au pied de la muraille côté ouest et, du côté sud-ouest, ils sont ceints de murs.
La rue des Jardins sous la neige.
Jardins au pied oriental du bourg.
Jardins clos, au pied sud du bourg.
IV. L'âge d'or (16e siècle – 17e siècle)
Le 16e siècle et le 17e siècle apparaissent comme une période de prospérité pour le bourg de Rosans, ce dont témoigne encore aujourd'hui l’architecture domestique : mises en œuvre, aménagements intérieurs et finitions. Les années 1600 voient l'ancienne coseigneurie médiévale être regroupée dans les seules mains de la famille d'Yze, situation qui demeure jusqu'à la Révolution. Entre 1602 et 1611, d'importants travaux sont engagés sur le bâtiment du château (voir dossier IA05001554) et sur la porte fortifiée qui le jouxte (voir dossier IA05001550).
Nota : pour une étude détaillée de la seigneurie de Rosans, voir les chapitres dédiés dans la partie historique du dossier de présentation de la commune IA05001650.
IV.1. L'âge d'or : une architecture florissante et bien conservée
Le bâti aujourd'hui conservé intra muros est l'illustration de la forte densification de l'habitat, débutée à l'époque médiévale et exacerbée à l’Époque moderne. Le repérage du bâti effectué lors des enquêtes de terrain montre que, sur les 152 maisons observées au bourg de Rosans, près des trois quarts datent au moins partiellement du 16e siècle ou du 17e siècle. Illustrant ce phénomène, 58 % des dates portées repérées sont comprises entre 1532 et 1683 – plus de la moitié d'entre elles sont regroupées sur la décennie 1597-1608, témoignant possiblement de travaux de (re)construction consécutifs à la fin des guerres de Religion. En outre les façades conservent de nombreux détails architecturaux datant de cette période : baies boutiquières en plein-cintre, encadrements chanfreinés ou moulurés, accolades, baies à croisées ou à demi-croisée, etc.
Encadrement de porte avec date et inscription sculptées : 1579 IALMERAS.
Encadrement de porte avec date et inscription sculptées : 1608 IALMERAS.
Encadrement de porte à accolade avec date gravée : 1607.
Encadrement de porte avec date sculptée : 1626.
Il faut également signaler une certaine homogénéité de style pour au moins une dizaine d'encadrements de portes de maisons, ce qui laisse supposer l'existence, entre le dernier quart du 16e siècle et le premier quart du 17e siècle, d'un actif atelier de tailleurs de pierre. Cet atelier doit sans doute être rattaché à la personne de Pierre Joubert, maître maçon qui est en charge de travaux à l'église de Saint-Arey en 1602 (voir dossier IA05001764) et auquel le seigneur Jean-Antoine d'Yze confie la bonne conduite de nombreux travaux entre 1602 et 1609, tant à la fortification (voir dossier IA05001550) que pour son château (voir dossier IA05001554). Nota : pour plus de détails au sujet de cet atelier de maçon, voir le chapitre historique du dossier collectif sur les maisons de Rosans : IA05001647.
Par ailleurs, il faut souligner le fait que certains îlots de maisons construits à cette période (notamment le long de la Petite Rue et de la rue du Barry) semblent résulter d'un urbanisme planifié, ou tout au moins concerté. En effet, l'absence de collage de maçonnerie et la continuité des parements entre les différents bâtiments attestent de constructions réalisées en même temps (bien entendu en excluant l'enceinte médiévale qui présente elle aussi une continuité de maçonnerie). Ce phénomène implique a minima une coordination dans l'organisation des chantiers et reflète probablement des décisions collectives (possiblement consulaires) dirigeant l'urbanisation et la densification du bâti.
Hors les murs, les faubourgs s'étoffent et, s'ils restent toujours majoritairement agricoles, ils commencent à accueillir quelques maisons d'habitation.
Baie boutiquière.
Porte avec encadrement en plein-cintre mouluré.
Porte avec encadrement sculpté.
Baie à demi-croisée sur appui mouluré.
Baie à demi-croisée sur appui mouluré.
IV.2. L'âge d'or : les cadastres de 1570 et 1699
IV.2.1. Le cadastre de 1570
Il s'agit d'un cadastre par confronts (AD05 3 E 6468) – c'est à dire décrivant les limites de chaque possession : au nord, à l'est, au sud, à l'ouest. Malheureusement incomplet, il donne malgré tout un bon aperçu de l'agglomération à cette date. Concernant 138 propriétaires, il compile 570 propriétés foncières, dont 242 sont situées dans ou autour du bourg. L'organisation urbaine semble déjà similaire à celle qui structure aujourd'hui le bourg intra muros, avec ses réseaux viaires, rues et ruelles.
Le bourg est enfermé derrière une muraille de fortification, qui est nommée « lou barry » lorsqu'elle sert de confront pour l'une des nombreuses maisons qui y sont adossées côté intérieur. Au pied extérieur de cette enceinte, un espace libre appelé « régailles de la Ville », longe la muraille au moins au niveau de la courtine nord-ouest, sans que l'on sache si ce dispositif de type lice était étendu à la totalité de la fortification.
Toponymes mentionnés dans le cadastre de 1570.
Vue d'ensemble prise du sud-est.
Les quartiers intra muros sont globalement désignés selon leur emplacement dans la pente : « pied de Ville » derrière la courtine sud de l'enceinte, « milieu de Ville » en contrebas des deux tours médiévales, « sime de Ville » ou « sime dou Canton » dans la partie la plus haute autour du château et de l'église Saint-Arey. La seule rue portant un nom précis est la « rue Coynelle » (actuelle Petite Rue), bordée dans sa partie haute par le petit quartier de « las Terrasses » (actuelle rue des Terrasses). Dans la partie sommitale de l'agglomération, on retrouve bien sûr le micro-toponyme de « Saint-Ariez ».
La partie nord-ouest du bourg est appelée « la Frache » ou « la Franche », du nom d'une brèche pratiquée dès cette époque dans la courtine de l'enceinte fortifiée (actuel portail portant la date 1727) – à Taulignan (Drôme), un acte de 1481 indique qu'il faut faire des réparations dans une brèche de la muraille désignée comme « la fracha dou barri de la villa » (J.-C. Rixte, 2019) et, en 1519, d'autres travaux concernent « les couleuvrine et les brèches de murailles (frachiis barriorum) » (A. Lacroix, 1879-1886).
Le quartier de la « la Tournelle » environne l'actuelle tour-donjon dite Tour du Four. Cette référence au bâti dans la dénomination des lieux se retrouve ponctuellement ailleurs dans le bourg, par exemple « au pied de la Tour » situé en contrebas à l'est de la tour-donjon dite Tour Carrée. Nota : pour plus d'informations toponymiques, se reporter à l'annexe 1.
Une petite centaine de parcelles sont désignées comme maison ou partie de maison d'habitation. Presque toutes encloses derrière l'enceinte fortifiée (92 %), elles sont parfois accompagnées d'une petite soue à cochon appelée « porcil », possiblement installée sous le rampant d'un escalier extérieur – quelques-unes de ces petites constructions étant cadastrées à part – ou d'une étable, d'une fenière. Les quelques maisons situées en périphérie proche de l'agglomération correspondent manifestement à des fermes. Une quinzaine de « chasals » sont mentionnés, un tiers situé hors de l'enceinte du bourg. Ce terme fait manifestement référence à l'emprise foncière d'un bâtiment ; il a ensuite évolué puisqu'au au début du 19e siècle il désigne un bâtiment ruiné ou en mauvais état. La seule mention potentiellement explicite d'un bâtiment commercial se trouve avec le micro-quartier de la « boutique de Colomb », situé à l'ouest du bourg extra muros.
Le portail de "la Frache", brèche dans la muraille de l'enceinte.
La place du Tricot : ancien Jeu de Paume.
On recense aussi 35 étables, quelques-unes complétées par une fenière, bâtiments agricoles qui sont presque tous installés hors des murs du lieu (91 %), ainsi qu'une petite dizaine d'aires à battre. Ces quartiers de faubourg sont également désignés par des micro-toponymes. Ainsi, en contrebas de la courtine sud de l'enceinte, on se trouve « dessous Ville », dans un quartier agricole également appelé « Tutelle » ou les « Estables de Tutelle ». Au sud-ouest, devant la porte de la rue du Barry, on trouve le quartier du « Jeu de Paulme », espace libre servant également d'aire à battre. Au nord-est du bourg, se trouve le quartier des « Estables » et au départ du chemin de Pommerol, celui des « Hieres de l'Esglize » regroupe des aires à battre associées à quelques bâtiments agricoles.
Une cinquantaine de jardins ceinturent l'agglomération à l'est et à l'ouest, installés sur la pente en contrebas côté est, ou directement au pied de la muraille côté ouest. Là, au pied du pignon sud du château, ces jardins sont appelés « la Valla », micro-toponyme qui renvoie vraisemblablement à l'existence d'un étroit passage qui isole l'ensemble bâti du château de l'îlot de maisons mitoyennes.
Une vingtaine de prés et une quinzaine de chènevières occupent les rives du torrent de l'Estang, depuis le bourg jusqu'au moulin situé au quartier du Pont, dans les quartiers de « las Chauchières » et du « Jardin », bénéficiant de l'arrosage par dérivation. C'est là que se trouvent des prés appartenant aux seigneurs de l'Espine et du Pègue, mais aussi ceux revenant à la chapelle Saint-Jean et au prieur de Rosans.
Enfin, le « cimetiere de ceux de la religion reformée » est localisé près de l'église Notre-Dame-la-Blanche, au départ du chemin de Pommerol.
IV.2.2. Le cadastre de 1699
Cet autre cadastre par confronts (AD05 3 E 6470) est conservé presque intégralement. Rédigé en 1698-1699 il a été, pour une petite partie, complété en 1702. L'imposition fiscale est basée sur une contenance exprimée en émines (pour les plus grands bâtiments) ou en civayers : unités de mesure qui peuvent s'appliquer autant à une surface qu'à un volume. Ce document compile 620 propriétés foncières, dont un peu moins de la moitié sont situées dans ou autour du bourg, appartenant à 189 propriétaires.
Toponymes mentionnés dans le cadastre de 1699.
Nature des parcelles, d'après le cadastre de 1699.
Dans ce document, les micro-toponymes sont moins nombreux que dans le cadastre de 1570, même si quelques-uns demeurent : « rue Coynelle », « Portallet », « le Valla », « Jeu de Paume du Tripot », « les Estables » ... Quant aux anciens quartiers de « la Tournelle » et de « la Frache », leur nom a laissé place à celui de « Liotier ». Ce toponyme doit être rattaché à la personne de Pierre Liotier (ou Leotyer ou Liautier), devenu châtelain et rentier du seigneur de Rosans Jean-Antoine d'Yze en mars 1607 (AD05 1 E 2080, f° 62 r°). Il était propriétaire d'une maison mitoyenne à l'ouest de la tour dite Tour du Four, qui entrera en 1628 dans les possessions seigneuriales (voir dossier IA05001560). Il en découle plusieurs variantes notées dans ce cadastre : « Here de Liotier » (= aire), « Voûte de Liotier », « la Crote du Liotier » (= cave). C'est aussi là que se trouve la grande « Here du Seigneur ». Dans le cadastre de 1839, seul subsiste le toponyme « la Crotte », mais aujourd'hui encore, le passage couvert situé à proximité de la tour dite Tour du Four est appelé passage des Aires, et la localisation de « l'Aire Lotier » reste connue d'une partie des habitants du bourg.
Localisation schématique du bâti, quartier du "Liotier" (cadastre de 1699).
Plan du quartier du Liotier, d'après le cadastre de 1699.
Passage couvert de la place des Aires, franchissant l'enceinte fortifiée.
Au-delà de la toponymie, les données de ce cadastre permettent d'étudier l'ensemble du bourg et de sa périphérie à travers une reconstitution partielle et schématique du plan de l'époque, qui révèle l'organisation urbaine du bourg. Comme en 1570, les maisons sont clairement concentrées à l'intérieur de l'enceinte fortifiée, où le réseau viaire paraît tout à fait similaire à l'actuel. L'agglomération comporte alors 145 « maisons d'habitation », destinées au logement, dont 88 % installées dans le bourg intra muros et le reste hors les murs. Presque toutes sont accompagnées de « régailles », terme qui semble désigner la mitoyenneté foncière des murs plutôt qu'une bande de terrain étroite bordant la construction. Environ 10 % des maisons intra muros sont accompagnées d'une dépendance agricole : étable, grange ou soue à cochon (« loge à pourceaux ») – ces dernières cadastrées individuellement dans quelques cas.
Néanmoins, on remarque qu'un faubourg d'habitat commence à se dessiner au pied sud et sud-ouest du bourg fortifié, et que deux fermes sont installées hors les murs, au sud (Écu de France, voir dossier IA05001589) et au nord. Ces faubourgs restent à vocation agricole, composés d'un ou deux îlots de bâtiments accolés, ils regroupent plusieurs fonctions : stabulation du bétail qui peut être nourri sur place grâce aux réserves de fourrage entreposées juste au-dessus dans la fenière, mais aussi battage sur les aires aménagées puis séchage éventuel et stockage des récoltes dans le fenil-séchoir. Ainsi, plus de 70 bâtiments agricoles sont mentionnés. Si une dizaine d'étables (désignées comme « étable » ou « écurie ») sont installées intra muros, les 60 autres sont des « granges » – ce terme n'excluant pas la présence d'une pièce de stabulation pour le bétail. Elles sont presque exclusivement localisées à l'extérieur de l'enceinte fortifiée. Une trentaine d'aires à battre sont également présentes, regroupées en trois quartiers spécifiques et généralement accompagnées d'une grange ou d'un jardin. Seuls les bâtiments seigneuriaux (château, tours, maison du Liotier) disposent d'une « basse-cour ». Enfin, la mention « cloaque », observée à deux reprises, désigne un petit espace pouvant servir de décharge ou à la préparation du fumier : mélange de végétaux (buis, genêts, paille...) et d'excréments.
Le reste de la périphérie du bourg est toujours occupé par une ceinture de jardins. Enfin, un moulin à huile seigneurial est mentionné au quartier du Pont (voir dossier IA05001088).
Localisation schématique du bâti, angle nord-ouest du bourg (cadastre de 1699).
Localisation schématique du bâti, partie sud-est du bourg (cadastre de 1699).
Localisation schématique du bâti, quartier du "Jeu de Paume" (cadastre de 1699).
Nota : la richesse toponymique de ces deux cadastres, complétée par d'autres documents, est développée dans l'annexe 1 de ce dossier. Pour les toponymes relatifs à l'enceinte fortifiée, se reporter au dossier IA05001550.
Nota : ces deux cadastres mentionnent divers biens appartenant à la communauté, notamment un hospice ou hôpital et une maison de la communauté. Voir à ce sujet l'annexe 2 consacrée aux biens de la communauté et le dossier IA05001547.
V. Une évolution au ralenti (18e siècle)
Alors que dans la proche vallée du Buëch, le 18e siècle est généralement une période marquée par de nombreuses (re)constructions, notamment à partir des années 1740, le bourg de Rosans se démarque très nettement de cette tendance. Les constructions neuves y sont plutôt rares et les reprises ou transformations guère plus nombreuses. Ainsi, les maisons dont l'origine remonte à ce siècle représentant à peine 10 % du corpus du bourg.
L'un des rares « points chauds » de l'évolution urbaine à cette époque concerne le quartier du bourg intra muros, appelé « la Frache » en 1570 (voir chapitre précédent), qui est compris entre le château au nord et la tour-donjon dite Tour du Four au sud-est. En effet, les données du cadastre de 1699 (AD05 3 E 6470) montrent une structuration urbaine de ce quartier à la charnière du 17e siècle et du 18e siècle qui est différente de celle que l'on observe aujourd'hui. Elle était notamment caractérisée par une moindre densité du bâti, notamment au pied intérieur de l'enceinte fortifiée qui était alors bordée par des passages et même des jardins – d'autres jardins bordant l'extérieur de l'enceinte, formant un micro-quartier appelé « le Valla ».
La lecture des maçonneries conservées dans les bâtiments actuels témoigne d'une densification progressive des constructions, qui ont été adossées au parement intérieur de la fortification. La brèche dans la muraille est aménagée en porte de ville en étant monumentalisée avec l'installation d'un encadrement en arc plein-cintre qui porte la date « 1727 ». Les jardins intra et extra muros sont peu à peu remplacés par des petits bâtiments agricoles (voir dossier IA05001584). A proximité immédiate de ce portail, un grand bâtiment intra muros – que la tradition orale désigne comme étant l'ancienne gendarmerie – est réaménagé après le milieu du 18e siècle : il porte deux fois la date gravée « 1767 » (voir dossier IA05001566).
Sur la carte de Cassini, qui date des dernières décennies du 18e siècle, le bourg de Rosans est grossièrement dessiné comme un bourg fortifié, mais sans vérité topographique. Il est accompagné de la figuration d'une voie de communication venant de Serres et qui semble aboutir à Pigerolles – mais là aussi, la précision cartographique fait défaut puisque les écarts de la Beaumette et de Raton sont chacun indiqués deux fois, à deux emplacements distincts...
Le portail de "la Frache", reconstruit en 1727.
L'îlot de l'ancienne gendarmerie, densifié dans les années 1760.
Rosans et son territoire au 18e siècle, d'après la carte de Cassini.
Dans les réponses au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des États du Dauphiné en 1789 (P. Guillaume, 1908), la communauté indique qu'il « n'y a qu'un chirurgien et non de médecin », « une accoucheuse dans le lieu, non instruite », « aucun maréchal ni artiste vétérinaire » et « aucun commerce dans l'endroit, sauf un mauvais marché pour le débit des grains que les étrangers y apportent, étant éloignés des pays de commerce ». Elle précise que « les maisons sont couvertes de tuiles creuses, il n'y a point de couvert de paille, ardoises ni de lauses » et qu'il existe « une fabrique pour des tuiles près du village », réservée à l'usage du seigneur, « les autres fabriques, qui ne sont que des trous qu'on fait dans la terre, sont fort éloignées ».
D'après J. Ladoucette (1834), « Rosans avait un grenier d'abondance dont les grains se distribuèrent en 1793 aux habitants ». Cette particularité est développée en détail dans un chapitre dédié à la conservation des céréales, dans la partie thématique relative à l'agriculture du dossier de présentation de la commune IA05001650.
VI. Un chef-lieu de canton prospère (19e siècle)
En 1839, le premier cadastre levé par plans compte environ 440 parcelles situées au bourg de Rosans et dans sa proche périphérie, parmi lesquelles on dénombre près de 170 maisons et 110 bâtiments agricoles.
Toponymie cadastrale de 1839, reportées sur le cadastre de 1839 (sections F1 et F5). Echelle d'origine 1/1 000e.
Vue partielle du bourg et de la Grande Rue, prise du nord.
VI.1. Un chef-lieu de canton prospère : les maisons dans le cadastre de 1839
Si les maisons restent très majoritairement cantonnées au bourg intra muros, une grosse trentaine (soit un peu moins d'un quart des maisons) sont installées dans les îlots périphériques, qui restent néanmoins à dominante agricole. Ce phénomène témoigne d'un lent débordement de l'habitat hors les murs, initié depuis le milieu de l'Epoque moderne. Sur le dessin du plan cadastral, très précis puisque levé au 1/1 000e, on observe la figuration d'un escalier de distribution extérieur pour environ 10 % des maisons intra muros.
Les classes d'imposition fiscale témoignent d'un état très médiocre de l'habitat. Les maisons les moins bien classées sont localisées dans des îlots aujourd'hui détruits (place Raoul-Montlahuc, rue du Barry, Petite Rue) ou ont été largement reconstruites depuis, à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle (Grande Rue). Cette dégradation de l'habitat intra muros est confortée par la présence de nombreux bâtiments à usage agricole installés en cœur de bourg dans d'anciennes maisons, témoignant d'un abandon partiel de l'habitat à cause du délabrement des édifices concernés. Cette tendance se traduit dans l'état des sections cadastrales par l'existence d'une dizaine de bâtiments pour lesquels la mention initiale de « maison » a été rayée, remplacée par celle de « bâtiment rural » ou d'« écurie ».
La matrice des propriétés bâties mise à jour en 1882 permet d'observer l'évolution des catégories d'imposition fiscale des maisons, laquelle témoigne d'une dégradation accentuée de l'habitat puisqu'à cette époque 82 % d'entre elles sont comprises dans les quatre dernières classes.
Nota : pour plus de détails sur les maisons dans le cadastre de 1839, se reporter à l'annexe 3 et au chapitre dédié dans la partie historique du dossier collectif IA05001647.
Plan du cadastre de 1839 (sections F1 et F5). Echelle d'origine 1/1 000e.
Natures des parcelles bâties en 1839, reportées sur le cadastre de 1839 (sections F1 et F5). Echelle d'origine 1/1 000e.
Classes d'imposition fiscale des maisons en 1839, reportées sur le cadastre de 1839 (sections F1 et F5). Echelle d'origine 1/1 000e.
Une des maisons enregistrées comme « écurie » dans le cadastre de 1839.
VI.2. Un chef-lieu de canton prospère : les bâtiments agricoles, les aires et les jardins dans le cadastre de 1839
La plupart des bâtiments agricoles sont installés dans les quartiers périphériques extra muros. Toutefois, le bourg intra muros en accueille une vingtaine, qui correspondent pour la plupart à d'anciennes maisons d'habitation reconverties. Cette situation, différente de l'état observé à la fin du 17e siècle, indique une certaine désertion du centre par l'habitat, au profit des quartiers périphériques, phénomène qui va s'amplifier au cours du 19e siècle et jusqu'au milieu du 20e siècle.
Les constructions agricoles sont le plus souvent désignées comme « écurie » ou plus rarement comme « bâtiment rural », dénomination généraliste car la très grande majorité de ces bâtiments comporte aussi un étage de stockage en niveau supérieur. Environ 20 % sont accompagnés d'une cour ou d'un espace libre et quelques-uns disposent d'un escalier de distribution extérieur. La multipropriété concerne 7 % des édifices agricoles, presque tous partagés entre bas et haut. Ce dernier étage est alors désigné comme « le dessus de l'écurie », « grenier à foin » ou il est exceptionnellement occupé par une « chambre ». Cette dernière occurrence montre qu'une petite partie habitable pouvait aussi exister dans d'autres bâtiments agricoles en pleine propriété, témoignant d'une certaine mixité fonctionnelle.
On relève également une petite dizaine d'aires à battre, toutes localisées dans la périphérie nord du bourg : aux Aires de l'Eglise, à la Catalane, au Terron ou au Grangeon. Quant aux jardins, ils concernent 66 parcelles ceinturant le bourg à l'est, au sud et à l'ouest. Leur superficie moyenne est d'environ 92 mètres carrés, mais ce chiffre masque une réalité plus variée. En effet, un peu moins d'un quart de ces jardins sont bien plus restreints et mesurent moins de 50 mètres carrés. A l'opposé, les 13 % de jardins dont l'emprise dépasse 150 mètres carrés regroupent à eux seuls près d'un tiers de la superficie totale cadastrée.
Jardins : superficies par parcelles | 0 à 50 m² | 51 à 100 m² | 101 à 150 m² | 151 à 200 m² | 201 à 300 m² | > 301 m² | TOTAL |
Nombre de parcelles | 15 | 25 | 17 | 5 | 3 | 1 | 66 |
Surface totalisée | 501 m² | 1 790 m² | 1 878 m² | 878 m² | 705 m² | 340 m² | 6 092 m² |
Natures des parcelles cultivées en 1839, reportées sur le cadastre de 1839 (sections F1 et F5). Echelle d'origine 1/1 000e.
Jardins au pied oriental du bourg.
Jardin le long de la rue du Temple.
Jardins clos, au pied sud du bourg.
Jardins clos, au pied sud du bourg. Pierres trouées pour faire courir la vigne.
VI.3. Un chef-lieu de canton prospère : les autres constructions dans le cadastre de 1839
Quelques autres types de constructions domestiques sont également mentionnés : deux « masures » (parcelles 1839 F1 303 et 328) qui sont des constructions médiocres et délabrées, une « buanderie » (1839 F1 314) dont l'usage reste peu clair, et un « rotoir » (1839 F1 335). Ce dernier consiste en un bassin destiné à rouir le chanvre, qui est installé dans le plus grand jardin du bourg, bordant l'ancien chemin de Verclause. L'ancien « colombier » seigneurial est également indiqué, au quartier du Terron (1839 F1 10).
Plusieurs édifices artisanaux sont présents. Le « four à cuire le pain » communal est installé dans la tour-donjon dite Tour du Four (1839 F1 254, voir dossier IA05001552) et trois autres fours privés se trouvent dans le bourg (1839 F1 70, 213, 258, voir dossier IA05001605) dont un dans la tour-donjon dite Tour Carrée (voir dossier IA05001551). Un « moulin » (1839 E1 88 ; voir dossier IA05001088) accompagné d'un « pressoir à huile » (1839 E1 87bis ; voir dossier IA05001087) sont installés au quartier du Pont, un « foulon » est situé au quartier de l'Écluse (1839 E1 68) au départ du chemin de Bauzenq et une « fabrique de poterie » (1839 F1 13bis) se trouve au quartier du Terron.
Nota : pour plus de détails sur les activités artisanales, se reporter au chapitre dédié dans la partie thématique du dossier de présentation de la commune IA05001650.
Maisons repérées et étudiées au bourg de Rosans.
Entrepôts agricoles repérés et étudiés au bourg de Rosans.
Fermes repérées et étudiées au bourg de Rosans.
VII. Mutations urbaines (19e siècle – 20e siècle)
VII.1. Mutations urbaines : l'évolution des voies de communication
Une réorganisation des axes de circulation autour du bourg de Rosans est entamée à partir du début du 19e siècle, les anciens chemins muletiers étant progressivement remplacés par des nouvelles routes carrossables, notamment celle reliant la vallée du Rhône à celle du Buëch. Ainsi va se produire une importante mutation, l'ancien axe principal nord-sud étant peu à peu délaissé au profit d'un nouvel axe majeur est-ouest. Ces nouvelles voies vont favoriser l'extension des faubourgs pré-existants, qui vont se développer au détriment des maisons du bourg intra muros, peu à peu délaissées.
Dès les années 1800, la construction de la grande route de Romans à Gap, par Nyons, Rosans et Serres, entraîne des modifications importantes dans la configuration de la partie nord du bourg extra muros, avec notamment l'organisation progressive de l'actuelle place de la Fontaine (ou place de l'abbé Bicais) ; la fontaine elle-même étant édifiée en 1806 (voir dossier IA05001633). Cette route est ensuite largement rectifiée au milieu du 19e siècle, lors de son aménagement comme Route Nationale 94 de Pont-Saint-Esprit à Briançon. Au niveau du bourg de Rosans, elle suit un tracé créé ex-nihilo en passant au pied sud de l'agglomération qu'elle laisse à quelques distances.
[Plan du projet de place publique, 1805.]
[Plan général de la place Ladoucette et du projet de construction d'une nouvelle église, 1849. Echelle d'origine 1/250e.]
Vue aérienne de la place, prise de l'est.
Cet itinéraire est-ouest est ensuite largement modifié au milieu du 19e siècle, lors du percement de la Route Nationale 94 de Pont-Saint-Esprit à Briançon (actuelle R.D. 994). Au niveau du bourg de Rosans, elle suit un tracé créé ex-nihilo en passant au pied sud de l'agglomération.
Nota : pour plus de détails sur les voies de circulation et leurs évolutions, se reporter au chapitre dédié dans la partie thématique du dossier de présentation de la commune IA05001650.
VII.2. Mutations urbaines : l'abandon partiel du bourg intra muros
L'abandon du bourg intra muros est déjà manifeste dans le cadastre de 1839 : une vingtaine d'anciennes maisons d'habitation sont enregistrées dans ce document comme bâtiments agricoles. Ce phénomène se prolonge durant la seconde moitié du 19e siècle, délaissement qui s'explique d'une part par l'état de vétusté des bâtiments, dont l'origine remonte pour la plupart au début de l'Epoque moderne, et d'autre part par l'attractivité nouvelle des faubourgs (voir chapitres suivants). Ces deux phénomènes se nourrissent l'un et l'autre, et la situation aboutit à l'accélération de l'état de délabrement du bâti intra muros, voire à sa ruine, situation qui menace les constructions voisines.
Mutations du bâti déclarées dans les matrices cadastrales, entre 1839 et 1911.
Démolitions déclarées dans les matrices cadastrales, entre 1839 et 1911.
Extensions et destructions du bâti entre 1839 et 2019.
Pour parer à cette menace, la commune décide de purger certains îlots trop dégradés. Entre septembre et octobre 1922 (AD05 O 7219), l'adjoint technique subdivisionnaire de l'arrondissement de Serres J. Ricard dresse le projet pour un « assainissement du bourg du chef-lieu ». Ce chantier prévoit l'installation d'un réseau pour l'alimentation en eau potable du bourg ainsi qu'un système d'égouts pour collecter les eaux usées et les traiter avec une « épuration biologique par épuration naturelle ». Mais il intègre aussi la démolition de plusieurs bâtiments à l'emplacement de l'actuelle place Raoul-Montlahuc. Le « plan des immeubles à démolir » qui en est dressé montre que cet îlot était composé d'une douzaine de bâtiments et intégrait plusieurs passages couverts. D'après la tradition orale, cet ensemble de bâtiments vétustes et sans doute très dégradés avait été un cluster de la grippe espagnole. Les matrices cadastrales enregistrent l'arrivée de certaines de ces parcelles dans les propriétés communales en 1926, mentionnées comme « ruine ». L'ensemble est détruit à la fin des années 1920.
[Plan des égouts à établir et des immeubles à démolir (nord à gauche), 1922.]
[Place Raoul-Montlahuc : plan des immeubles à démolir (nord à droite), 1922.]
La place Raoul-Montlahuc en 1982.
La place Raoul-Montlahuc sous la neige.
Une décennie plus tard, c'est un autre îlot qui est rasé à l'intersection de la Petite Rue et de la rue du Barry. La matrice cadastrale conservée en mairie de Rosans indique que ces anciennes maisons, déjà déclassées en bâtiments agricoles sont affectées à la voie publique en 1937. Plus près de nous, à la charnière du 20e siècle et du 21e siècle, c'est un îlot de maisons bordant la partie nord-ouest de la rue du Barry qui est rasé.
Mais si le cœur du bourg périclite, sa périphérie orientale, le long de la Grand Rue, bénéficie d'une dynamique commerciale que l'on retrouve dans les faubourgs évoqués plus loin. Plusieurs maisons adossées contre l'ancienne enceinte fortifiée sont rénovées entre les années 1870 et 1920. Pour certaines, la façade côté Grande Rue est entièrement reconstruite et intègre parfois une boutique ou un atelier, alors que leur façade ouest, côté Petite Rue, est conservée sans modifications majeures (voir dossiers IA05001527, IA05001529, IA05001530 et IA05001533). De l'autre côté de la Grande Rue s'installent des magasins, ateliers et café (voir dossiers IA05001536 et IA05001620). Éclipsant en quelques décennies la Petite Rue, où se concentraient les commerces depuis la fin de l'époque médiévale, la Grande Rue devient dès lors la principale artère commerçante de Rosans. Au maximum de l'activité, elle regroupe une petite vingtaine de commerces, les derniers fermant leurs portes dans les années 1980-1990.
Tout en haut de cette Grande Rue, un bassin de lavoir est installé au pied du mur de soutènement de la place dès 1807. Mais c'est seulement en 1892 qu'il est remplacé par le lavoir couvert actuel (voir dossier IA05001634). De l'autre côté du bourg, à l'ouest, un nouveau temple protestant est érigé entre 1845 et 1847. Abandonné et transformé en bâtiment agricole au début du 20e siècle, il est réhabilité et transformé en mairie en 1985 (voir dossier : IA05001640).
A partir de la fin des années 1930, certaines maisons du bourg intra muros sont réinvesties ou font l'objet de profondes rénovations. Il semble que la purge des édifices les plus menaçants et la baisse de la densité humaine au cœur de l'agglomération ont favorisé un retour partiel de l'habitat dans un tissu bâti plus ouvert. C'est notamment le cas autour de la place Raoul-Montlahuc, où d'anciennes maisons qui, pour certaines, avaient été transformées en bâtiment agricoles, sont de nouveau investies comme habitations (voir par exemple les dossiers IA05001547, IA05001557 et IA05001558).
Grande Rue, façades de maisons reconstruites à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle.
Maison du 16e siècle, partiellement reconstruite dans les années 1920.
Ancien bâtiment agricole converti en maison dans les années 1950-60.
VII.3. Mutations urbaines : l'extension des faubourgs
VII.3.1 Le faubourg nord
Au nord du bourg, le réaménagement de l'actuelle place Abbé-Bicais dans les années 1800 est directement lié à la construction de la nouvelle route. Cette place est agrémentée d'une fontaine, dite Fontaine Ladoucette, dès 1806 (voir dossier IA05001633). Un faubourg se développe le long de l'actuelle R.D. 325 (actuelle rue Aristide-Briand), mais aussi le long du chemin menant au Lastic qui est appelé « le Promenoir » en 1840 (AD05 1 E 8133, n° 100). Sur ces deux axes de circulation, de nouvelles constructions sont édifiées entre les années 1840 et 1880 (voir dossiers IA05001570, IA05001571, IA05001572). La construction de l'église Saint-Jacques le Majeur, en 1847-1852 vient structurer encore plus l'organisation de la place (voir dossier IA05001651) alors que l'ancien cimetière est déplacé vers l'ouest (voir dossier IA05001652). En 1900-1901, c'est aussi le long de cette rue que l'école primaire communale est bâtie (voir dossier IA05001654).
En outre, deux croix de chemin sont installées au bord de cette route. Déconnectées à quelques centaines de mètres de l'agglomération, elles n'en marquent pas moins les entrées est et ouest. L'une, datée de 1873, se trouve au niveau du pont sur le torrent de l'Estang (voir dossier IA05001631). L'autre, datée de 1891, est localisée au quartier du Grand Pré (voir dossier IA05001632).
La place sous la neige.
La R.D. 325 sous la neige.
VII.3.2 Le faubourg sud
Du côté sud du bourg, l'aménagement de l'actuelle R.D. 994 (ancienne R.N. 94) accélère la transformation du bas faubourg installé au pied de l'enceinte, débutée dès la fin du 17e siècle. A partir des années 1840-1850 et jusqu'aux années 1890-1910, les anciens bâtiments agricoles sont de plus en plus transformés en maisons d'habitation.
Dans ce quartier, cette mutation de la vocation du bâti entraîne la disparition des écuries et greniers à foin mentionnés dans le cadastre de 1839, au profit de maisons et boutiques. Les matrices cadastrales enregistrent près d'une quinzaine de « constructions nouvelles » ou d'« augmentations » du bâti dans ce secteur. C'est là, en bas de la Grande Rue, que s'implantent plusieurs ateliers et commerces (épicerie, droguerie, forge, etc.) qui restent pour certains en activité jusque dans les années 1980-1990 (voir dossiers IA05001522, IA05001524, IA05001525 et IA05001573).
A l'autre extrémité de ce faubourg, du côté de l'ancienne porte fortifiée du Barry et de l'ancienne place du jeu de paume (place du Tricot), on observe la même dynamique mais de façon moins accentuée. La plupart des bâtiments agricoles demeurent en place et ne sont transformés en maisons d'habitation qu'à partir de la seconde moitié du 20e siècle (résidences secondaires). Néanmoins, d'autres sont fusionnés et transformés en habitat et commerce dès la fin du 19e siècle et encore dans les années 1930 (voir dossier IA05001610). C'est aussi là qu'est implanté un nouveau lavoir dans la seconde moitié du 19e siècle (voir dossier IA05001637).
Evolution d'un îlot du faubourg sud, état en 1848.
Evolution d'un îlot du faubourg sud, état en 1869.
VII.3.3 Le faubourg de l'ancienne Route Nationale 94
Après le percement de cette nouvelle voie à partir de la fin des années 1840, un nouveau faubourg linéaire se développe progressivement. Une première maison est bâtie au-dessus du moulin du Pont dès 1848 (date portée, parcelle 2019 E1 959), mais les autres constructions riveraines sont plus tardives. Les documents cadastraux indiquent par exemple que le premier bâtiment à l'origine de l'actuel hôtel-restaurant de la Boule d'Or est construit en 1860 par l'aubergiste Jean-Mathieu Maigre, puis agrandi en 1871 par Adrien Trillat, ancien gendarme devenu cafetier. Plus à l'est, au carrefour avec la R.D. 325, un bâtiment agricole est bâti en 1867 (bâtiment occupé par le Crédit Agricole à la fin du 20e siècle).
Quant à l'îlot situé entre le torrent de l'Estang et l'hôtel-restaurant de la Boule d'Or, un premier bâtiment y est implanté en 1896 : « construction nouvelle » appartenant au charron Hervé Roux et destinée à servir de « maison et atelier », ensuite agrandie en 1905 par le charron Emile Odoze (voir dossier IA05001574 et IA05001575). C'est aussi là, au bord du torrent, qu'est établie une micro-centrale hydroélectrique dans les années 1930 (actuelle supérette, voir dossier IA05001086). Plus haut, un nouveau bâtiment pour la gendarmerie est construit en 1938, puis désaffecté dans les années 1990 (E. Bégou, 2016).
La R.D. 994 et le quartier de la Boule d'Or, vue prise du sud-est.
La R.D. 994, quartier de la Boule d'Or. Vue prise de l'ouest.
En 1908-1909, la commune fait installer un poids public au quartier du Pont, au bord de l'actuelle R.D. 994, sur un emplacement aujourd'hui occupé par un bassin de fontaine circulaire. Nota : pour plus de précisions sur ce poids public, se reporter au dossier dédié aux biens de la communauté dans l'annexe 2. Dans les années 1920, l'ancienne auberge de l'Ecu de France est transformée en hôtel de voyageurs, auquel est ajoutée une remise à véhicules édifiée au bord de la route (voir dossiers IA05001589 et IA05001590). En 1934, son propriétaire fait aménager un vivier à poissons sur la rive droite du torrent de l'Estang, immédiatement en contre-haut du pont, dont les structures en béton sont encore conservées aujourd'hui. Entre les années 1930 et 1960, quelques maisons pavillonnaires sont ajoutées le long de la grande route, au pied du versant de Saint-Etienne. Des commerces s'y installent également.
[Plans des lieux pour le projet d'installation d'un poids public, 1908.]
Plan d'exécution des travaux d'art nécessaires à l'installation d'un pont-à-bascule pour voitures à 2 roues, 1907.
[Localisation du poids public sur un plan du quartier du Pont, juillet 1934.]
VII.4. Mutations urbaines : les abords du bourg
La seconde moitié du 20e siècle marque une rupture relative dans les dynamiques urbaines précédentes car la déprise humaine et les débuts du tourisme rural amènent de nouvelles formes d'organisation et d'usages du bâti. Certains traits d'évolution demeurent, notamment la transformation des anciens bâtiments agricoles des faubourgs en maisons d'habitation. Mais il s'agit désormais principalement de résidences secondaires, affectation qui est aussi donnée à de nombreuses maisons intra muros. En effet, la population demeurant à l'année ne cesse de chuter – le minimum démographique de la commune est atteint dès les années 1950-1960 avec moins de 400 habitants.
A cette époque, l'habitat permanent cherche à s'affranchir des contraintes de l'agglomération ancienne et privilégie la construction de nouvelles maisons pavillonnaires qui s'étalent aux abords du bourg, notamment dans le faubourg routier de l'ancienne route nationale, mais aussi plus loin. Parmi ces constructions, celles réalisées par le maçon local Antonsig dans les années 1950-1960 reprennent plusieurs codes de l'architecture vernaculaire (génoises, moellons de grès, etc.) tout en intégrant la mise en œuvre de matériaux industriels, tant au niveau de la structure architecturale (parpaings de béton, béton armé, tuile plate mécanique...) que des effets décoratifs (claustras en modules de terre cuite préfabriqués, jours de comble avec encadrements en briques creuses, etc.). Ce maçon réalise à cette même époque la conversion d'anciens bâtiments agricoles, situés au bourg extra muros, en maisons d'habitation à usage principal ou secondaire (voir dossiers IA05001567 et IA05001568).
Quelques aménagements concertés sont aussi réalisés dans ces décennies. C'est notamment le cas du hameau de forestage harki qui est construit en 1963-1965 au quartier du Grand Pré (actuel village de gîtes ; voir dossier IA05001588). Peu après, en 1966-1967, c'est un village de vacances qui est construit en contre-haut (voir dossier IA05001628). Dans les années 1970-1980, un lotissement est installé juste au nord du bourg, au pied du versant du Suquet, complété par plusieurs maisons individuelles.
La première mention connue de Rosans date de 988, citant l'église Saint-Arey et le prieuré de la « villa Rosanis », mais celui-ci est probablement de fondation plus ancienne. Cette mention indique l'existence probable dès le 10e siècle d'un petit bourg castral autour de cette église, peut-être doté d'un premier enclos fortifié. Une église romane, Notre-Dame-la-Blanche, a été édifiée hors les murs à l'époque romane. Installée à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Jacques-le Majeur, elle a été détruite en 1575, lors des guerres de Religion, et il n'en reste que quelques éléments lapidaires épars et remployés.
Aujourd'hui, les éléments les plus anciens du bourg sont les deux tours-donjons à bossages, qui remontent à la seconde moitié du 13e siècle (voir dossier IA05001551 et IA05001552). Une partie de l'enceinte fortifiée (dossier IA05001550) pourrait dater de cette même période. La tour qui est à l'origine du château de Rosans (dossier IA05001554) pourrait dater du 14e siècle. La forme du bourg intra muros, ceint dans une fortification d'agglomération en partie bien conservée, remonte à la guerre de Cent Ans (fin du 14e siècle, voir dossier IA05001550). Dès cette époque, des faubourgs agricoles se sont probablement constitués hors les murs et à proximité des jardins.
Si les maisons conservent peu d'éléments architecturaux d'origine médiévale, elles présentent pour nombre d'entre elles des aménagements du 16e siècle et du 17e siècle, en place, remaniés ou remployés. Au point que ce village peut prétendre faire localement figure de conservatoire pour l'architecture de cette période. Les données d'archives montrent que, dès la fin du 16e siècle, l'organisation urbaine intra muros est déjà similaire à celle du plan cadastral de 1839. En revanche, les faubourgs sont alors moins développés. Autre originalité, et contrairement aux bourgs de la vallée du Buëch (Ribiers, Orpierre, Laragne, Serres...), où la période du milieu du 18e siècle est féconde en (re)constructions et mises à la mode des façades, cette époque est ici assez pauvre sans être pour autant absente.
On observe dès le début du 19e siècle, si ce n'est un peu avant, un progressif abandon de l'habitat du bourg intra muros, où plusieurs maisons sont converties en bâtiments agricoles, au profit des faubourgs. Ceux-ci, presque exclusivement agricoles à la fin du 17e siècle, accueillent de plus en plus de maisons d'habitation. Ce phénomène est soutenu dès la fin des années 1800 avec le passage de l'actuelle R.D. 325 au nord du bourg. Puis il est amplifié au milieu du 19e siècle avec la construction de l'actuelle R.D. 994, passant un peu à l'écart en contrebas de l'agglomération. Attirant d'abord de nouvelles constructions dans le faubourg bas de Rosans, un faubourg-rue va ensuite s'installer le long de cet axe à partir des années 1890 et jusqu'au milieu du 20e siècle. Hors les murs, un temple est bâti en 1845-1847 (actuelle mairie, dossier IA05001640) puis une église (Saint-Jacques-le-Majeur, dossier IA05001651) en 1847-1852.
Le début du 20e siècle est marqué par de nombreuses reconstructions de façades le long de la Grande rue, au détriment de la courtine orientale de l'enceinte fortifiée, dont le tracé reste néanmoins fossilisé. Parallèlement, les maisons au centre du bourg sont délaissées, voire pour certaines abandonnées, au point que certains îlots sont rasés dès les années 1920. Durant la seconde moitié du 20e siècle, quelques maisons pavillonnaires s'ajoutent dans la périphérie proche au nord du bourg, alors qu'un village de vacances est installé non loin à la fin des années 1960 (dossier IA05001628), peu après l'établissement d'un village de forestage harki (voir dossier IA05001588). Enfin, la fin des années 1970 voit la construction du lotissement du Suchet, notamment destiné aux harkis et leurs descendants.
-
Période(s)
- Principale : Moyen Age
- Principale : Temps modernes
- Principale : Epoque contemporaine
Placé à une altitude d'environ 700 mètres au carrefour de deux anciens itinéraires muletiers importants, alimenté en eau par le torrent de l'Estang dont il surplombe la rive droite, le bourg de Rosans domine le bassin rosanais et la haute vallée de l'Eygues.
Son organisation urbaine est caractéristique d'une petite agglomération médiévale : bourg castral sommital, plan pseudo-concentrique du réseau viaire, rues principales suivant les courbes de niveaux et reliées par des traverses étroites, faubourgs agricoles extra muros. La densité du bâti intra muros est le résultat d'une expansion limitée et contrainte par l'enceinte fortifiée de la fin du 14e siècle. Toujours en place et pour partie très bien conservée, cette muraille était dotée de trois portes fortifiées, deux étant conservées (voir dossier IA05001550). Regroupant très majoritairement des maisons d'habitation, le bourg intra muros présente une architecture très marquée par le 16e siècle et le 17e siècle, période florissante de Rosans.
Trois faubourgs se sont développés en périphérie de l'agglomération fortifiée. Les plus anciens, situés au nord-est et au sud du bourg, existent dès la fin du Moyen Age et sont à vocation avant tout agricole (étable et granges), avant d'accueillir progressivement de l'habitat. Le troisième s'est installé le long de l'actuelle R.D. 994 (ex R.N. 94) après le percement ex-nihilo de cette voie dans les années 1850.
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-
LACROIX, André. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, séries AA à II des archives communales [Drôme]. 2659 pages. Valence : 1879-1886.
P. 1111. -
RIXTE, Jean-Claude. Les Comptes consulaires de Taulignan (1455-1529). Taulignan : Association des Onzes Tours, 2019.
P. 79.
Documents d'archives
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[Hommage lige pour divers biens, dont un "hospice" situé au lieu de Rosans et confrontant le "barri neuf".] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1392. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 36 v°. -
[Accapte et nouvelle emphytéose concernant un pré près de « fontem sanctam ».] Dans les minutes de maître Antoine AUDIBERT, notaire à Rosans (1390-1420), 1392. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 20 v°. -
[Attribution et mise en possession de la chapellenie Saint-Jean fondée dans l'église de Rosans.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1398. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 9 r°. -
[Testament comprenant un leg à l'œuvre de Saint-Etienne de "Bauzenco".] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1398. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 211 v°. -
[Inventaire des biens de la chapellenie Saint-Jean fondée dans l'église paroissiale de Rosans.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1398. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
f° 14 v°. -
[Hommage lige pour divers biens, dont un "hospice" confrontant la place de Saint-Ariey.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1398. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 14 v°. -
[Testament comprenant un leg à l'œuvre de Saint-Etienne de "Bausanco".] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1399. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 22 r°. -
[Testament comprenant un leg à l'œuvre de Saint-Etienne de "Bauzenco".] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1399. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9756.
F° 68 v°. -
[Bail à accapte pour un chasal, conclu par Claude de Morges en faveur de Giraud de Pavia.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Antoine, notaire à Rosans (1390-1420), 1418 ou 1419. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9757.
F° 85 v°. -
[Vente d'un "chasal" ou jardin situé à "la rue Coynelle".] Dans les minutes de maître AUDIBERT Michel, notaire à Rosans (1439-1448), 1444. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758.
F° 26 r°. -
[Vente d'un pré situé près du moulin de "Veyssello".] Dans les minutes de maître AUDIBERT Michel, notaire à Rosans (1439-1448), 1445. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758.
F° 2 r°. -
[Vente d'une terre située au Clot de Lagier, acte passé dans la tour (« in turri dicti domini ») du coseigneur Antoine d'Alauson.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Michel, notaire à Rosans (1439-1448), 1445. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758.
F° 38 r°. -
Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758
[Vente d'un "chasal" situé à l'extérieur du bourg et confrontant le "chasal" de la chapelle Saint-Pierre.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Michel, notaire à Rosans (1439-1448), 1446. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758.
F° 53 v°. -
[Arrentement du prieuré de Rosans.] Dans les minutes de maître AUDIBERT Michel, notaire à Rosans (1439-1448), 1447. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758.
F° 180 v°. -
Cession de biens concernant un jardin situé entre les deux tournelles ("inter duas tornellas") et un "chenevier" au quartier du Pont, 1447. Dans les minutes de maître AUDIBERT Michel, notaire à Rosans (1439-1448), 1447. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 9758.
F° 184 v°. -
[Testament mentionnant le cimetière de l'église paroissiale de Saint-Etienne.] Dans les minutes de maître Charles AUTRAND, notaire à Sainte-Jalle (1524-1560), 1544. Archives départementales de la Drôme, Valence : 2 E 7469.
F° 173 r°. -
[Compromis suite à l'acquisition d'une chambre couverte d'une terrasse, remplacée ensuite par un toit de tuiles.] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Claude, notaire à Rosans (1551-1572), 1565. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 1986.
-
[Achat d'une maison au quartier de "las Terrasses".] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Claude, notaire à Rosans (1551-1572), 1565. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 1986.
-
[Achat d'une maison, avec droit de passage sur une terrasse couvrant une maison, où "aucune bête tant chevalière que assyne" ne devra passer.] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Claude, notaire à Rosans (1551-1572), 1565. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 1986.
-
[Achat d'une maison confrontant celle de Notre-Dame de Mercy (?).] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Claude, notaire à Rosans (1551-1572), 1565. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 1986.
-
[Achat d'une aire à battre située aux "hieres de l'Eglize".] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Claude, notaire à Rosans (1551-1572), 1565. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 1986.
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[Partage et division concernant un jardin situé à "la Tornelle" et confrontant "le barry".] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Claude, notaire à Rosans (1551-1572), 1565. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 1986.
-
[Cadastre par confronts de la communauté de Rosans.] Nom du notaire inconnu, 1570. [registre relié, incomplet : f° 138 à 319.] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 E 6468.
-
[Transaction entre le prieur, les consuls et la communauté de Rosans pour le paiement de la dîme.] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Jean I, notaire à Rosans (1569-1583), 1572. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2052.
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[Arrentement par Guy Diez de son four de Rosans.] Dans les minutes de maître GIVOUDAN Jean I, notaire à Rosans (1569-1583), 1572. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2052.
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[Prix fait concernant une "muraille" à faire au "Colombyer" seigneurial.] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1602. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 2 E 2075.
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[Prix fait concernant des travaux à l'église "Saint Heries", dont une partie de couverture en lauzes.] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1602. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 2 E 2075.
F° 178 r° à f° 181 r°. -
[Prix-fait concernant des travaux et réparations au château de Rosans (escalier extérieur et fenêtres) et à l'enceinte urbaine (porte fortifiée).] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1602. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2075.
F° 197. -
[Prix fait concernant des travaux dans un bâtiment agricole dit "Jas des Brebis".] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1605. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2078.
F° 2. -
[Arrentement par Jean-Antoine d'Yze, coseigneur de Rosans, au marchand Pierre Liotier pour toute la seigneurie haute, moyenne et basse.] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1607. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2080.
F° 62 r°. -
[Rapport d'estime concernant une étable et fenière au quartier des "Estables".] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1607. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2080.
-
[Achat par Pierre Liotier, rentier et chatelain de Rosans, d'un jardin situé "entre les deux tournelles".] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1609. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 2082.
F° 128 r°. -
[Prix-fait concernant entre autre la fontaine que le seigneur "faict conduyre despuys sa terre de Cathelanne jusques a son jardin".] Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1609. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 2 E 2082.
F° 168 r°. -
Achept de la place et jurisdiction de Rozans pour noble Jehan Anthoyne Dize dict Daurelle seigneur de Rozans, gouverneur pour le roy au chateau d’Eysilles et vallee d’Oulx. Dans les minutes de maître Creycent ARIEY, notaire à Sainte-Jalle (1582-1652), 1609. Archives départementales de la Drôme, Valence : 2 E 1248.
F° 320. -
Recensement des revenus ecclésiastiques à Rosans [22 juillet 1612.] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 782.
F° 57 r° à 58 r°. -
Loyal inventayre et description des biens tant meubles et immeubles delayssés par ledit feu seigneur de Rozans, noble Jehan Antoine Dize dict Daurelle seigneur dudit Rozans et gouverneur pour le roy du chasteau d’Exilles et Val d’Oulx. Dans les minutes de maître Jean II GIVOUDAN, notaire à Rosans (1583-1629), 1613. [cahier, papier, 41 f°.] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : J 1787.
-
Visite pastorale à Rosans, [26 novembre] 1686. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 785.
F° 539 à 542. -
Cadastre general des batimens fondz et proprietes de tous les habitans et possedans biens au lieu et terrain de presant lieu de Rosans. Experts jurés en 1698-1699 : Antoine Perrin, châtelain de Sahune et Jean-André Bonnet, de Bellegarde. Procédure de révision en 1702, experts jurés : Antoine Bérenger et Guillen Armand. Révision de la valeur cadastrale des biens en avril-mai 1755 (apparaît en marge, anonyme). [registre relié, 243 f° ; supplément de 1702, 10 f°.] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 E 6470.
-
Invantaire sommaire et domestique de tous les biens et esfets de noble François Dize seigneur dudict Rozans. Dans les minutes de maître Laurent BONNEMANT, notaire à Valence (1666-1713), 1703. Archives communales de Rosans, Hautes-Alpes : non coté.
-
[Albergement, permission pour ouvrir une porte dans la muraille.] Dans les minutes de maître François-Louis MONTLAHUC, notaire à Rosans, 1787. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 5764.
-
[Visite du grenier d'abondance et de l'hôpital de Rosans par l'ingénieur Janson Desfontaines.] Travaux communaux (An XIII (1804) à 1894), An XIV (1805). Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7220.
-
[Vente d'un « un corps de bâtiment appelé la Tour » et d'un terrain appelé « le Verger ».] Dans les minutes de maître Jean-Henry FAURE, notaire à Rosans, 1828. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 8121.
-
[Partage d'une maison "à la rue Coynel".] Dans les minutes de maître Jean Henry FAURE, notaire à Rosans, 1829. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 8122.
N° 82. -
Matrices cadastrales de la commune de Rosans, 1839-1911. [registre papier] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1241 à 3 P 1243.
-
[Vente entre Mathieu Maigre et son fils Jean-Mathieu Maigre, quartier du Verger.] Dans les minutes de maître Jean-Henry FAURE, notaire à Rosans, 1840. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1 E 8133.
N° 100. -
Etat des sections cadastrales de la commune de Rosans, 1840. [registre papier]. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1240.
-
Matrices cadastrales des propriétés bâties de la commune de Rosans, 1882-1911. [registre papier] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1244.
-
Installation d'un poids public au quartier du Pont, 1908. Travaux communaux (1895 à 1923), 1908. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7217.
-
Matrices cadastrales de la commune de Rosans. Mise à jour de 1914. [registre papier] Archives communales, Rosans : non coté.
-
Commune de Rosans. Assainissement du Bourg chef-lieu. Travaux communaux (1920 à 1940), 1922. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7219.
-
[Demande de construction d'un vivier au quartier du Pont.] Travaux hydrauliques (An XI (1802) à 1939), 1934. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 7 S 210.
-
Petit patrimoine bâti de Rosans, [projets de réfection.] 1999. Archives communales, Rosans : non coté.
Bibliographie
-
BEGOU, Edouard. Rosans et le Rosannais dans l'histoire. Rosans : auto-édition, 2016.
-
ESTIENNE, Marie-Pierre ; NICOLAS, Nathalie. Châteaux médiévaux des Hautes-Alpes. Gap : Les Amis des Archives des Hautes-Alpes / Librairie des Hautes-Alpes (Les Cahiers du patrimoine Haut-Alpin, 1), 1999.
-
GUILLAUME, Paul (abbé). Recueil des réponses faites par les communautés de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des États du Dauphiné (fin 18e siècle). Dans Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes, 1908.
-
LADOUCETTE, Jean-Charles-François de. Histoire, topographie, antiquités, usages, dialectes des Hautes-Alpes. Paris : Fantin, Carilhan Goeury, Delaunay, Rey et Gravier, 1834, XVI-664 p.
P. 185. -
MAILLOT, Richard. Deux sources dans le Rosanais. In : Lettres aux amoureux du patrimoine n° 80 : Rosans. Association de Sauvegarde du Patrimoine du Pays du Buëch et des Baronnies. Serres (Hautes-Alpes) : 2e trimestre 2019.
-
MISTRAL, Frédéric. Lou trésor dou Felibrige ou dictionnaire provençal-français, embrassant divers dialectes de la langue d'oc moderne. Raphèle-lès-Arles : Editions Marcel Petit, 1979 [1879], 2 vol., 1196 et 1165 p.
-
PLAYOUST, Arlette, MORA, Célestin, Charte du clerc Richaud, au sujet de l’église Saint-André dans le pays de Rosanais, dans le comté de Gap. Dans Saint-André de Rosans, Hautes-Alpes, Millénaire de la fondation du prieuré. Actes du colloque des 13 et 14 mai 1988. Société d'Etudes des Hautes-Alpes, Gap, 1989, 437 p.
P. 43-46. -
ROMAN, Joseph. Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie nationale, 1888.
P. 129-131. -
ROMAN, Joseph. Tableau historique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie Nationale, 1887-1890. 2 vol.
Documents figurés
-
Projet de place pour la commune de Rosans. / Dessin, An XIII (1805). Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7220.
-
Plan, coupe, élévation de l'agrandissement de l'église paroissiale de Rosans [Saint-Arey. Projet avorté.] / Dessin à l'encre aquarellé, 1830. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : V 167.
-
Plan cadastral de la commune de Rosans. / Dessin, encre et lavis par Truchy, géomètre, 1839. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1239.
Sections E1, F1, F5. -
Plan cadastral de la commune de Rosans [Archives communales]. / Dessin, encre et lavis par Truchy, géomètre, 1839. Archives communales, Rosans : non coté.
Sections E1, F1, F5. -
Plan d'exécution des travaux d'art nécessaires à l'installation d'un pont-à-bascule pour voitures à 2 roues. / Notice imprimée, 1907. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7217.
-
[Plan pour l'installation d'un poids public au quartier du Pont.] / Dessin, 1908. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7217.
-
[Plan des égouts à établir et des immeubles à démolir.] / Travaux communaux (1920 à 1940), 1922. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7219.
-
[Plan des immeubles à démolir.] / Travaux communaux (1920 à 1940), 1922. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7219.
-
[Plan pour le vivier à construire au quartier du Pont, second projet.] / Travaux hydrauliques (An XI (1802) à 1939), 1934. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 7 S 210.
-
Façade. [Ancienne église Saint-Arey, 1999.] / Dessin à l'encre, 1999. Archives communales, Rosans : non coté.
-
[Ancienne église Saint-Arey. Elévations est et sud]. / Dessin à l'encre, 1999. Archives communales, Rosans : non coté.
Annexes
-
Annexe 1. Données toponymiques concernant le bourg de Rosans, du 14e siècle au 20e siècle.
-
Annexe 2. Biens de la communauté situés au bourg de Rosans, du 14e siècle au 20e siècle.
-
Annexe 3. Biens seigneuriaux situés au bourg de Rosans, du 14e siècle au 18e siècle.
-
Annexe 4. Biens religieux situés au bourg de Rosans (hors communauté des habitants), du 14e siècle au 17e siècle.
Chercheur Inventaire Région Sud, à partir de février 2013.
Contient
- Cimetière
- Eglise paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur
- Ensemble agricole seigneurial, puis maisons, presbytère, école et auberge, puis maisons et hôtel de voyageurs, puis maisons, bureau postal et poterie, dit Le Grangeon
- Temple puis mairie
- atelier Achard, puis maison
- centrale hydroélectrique dite Usine électrique Hugues, aujourd'hui maison et magasin de commerce
- château de Rosans
- croix de chemin
- croix de chemin
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole
- entrepôt agricole seigneurial dit la Grange de Liotier
- entrepôt agricole, puis maison
- entrepôt agricole, puis maison
- entrepôt agricole, puis maison et forge Oddou
- entrepôt agricole, puis maison et forge dite Forge Brès
- entrepôt agricole, puis maison et magasin de commerce dit Epicerie Deydier
- entrepôt agricole, puis maison, puis entrepôt agricole
- ferme
- ferme dite ferme Truphême ou Truphémus
- ferme et auberge dite Auberge Maigre, puis maison et musée dit Ecomusée de Rosans
- ferme et boucherie dite Boucherie Samuel
- ferme seigneuriale dite l’Ecu de France, puis hôtel de voyageur dit Hôtel de l’Ecu de France
- fontaine dite Fontaine Ladoucette
- fontaine-abreuvoir dite Fontaine du Barry, Fontaine du Midi ou Fontaine du Tricot
- fontaine-lavoir de l'Ecu de France
- fortification d'agglomération du bourg de Rosans
- fournil seigneurial, puis fournil privé, puis entrepôt agricole
- groupe scolaire de Rosans
- horloge publique
- lavoir dit Lavoir de la Place
- lavoir dit Lavoir de la Placette ou Lavoir du Tricot
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison
- maison de la chapellenie Saint-Jean, puis maison, puis maison et café dit Café Baumond
- maison dite Maison Gresse
- maison dite Maison Miellou
- maison dite maison Truphême ou Truphémus
- maison et moulin à huile Mathieu, puis maison, moulin à huile et scierie Hugues
- maison seigneuriale dite maison du Liotier
- maison, dite maison de la Confrairie, puis maison de Ville ou maison de la communauté
- maison, puis entrepôt agricole
- maison, puis entrepôt agricole, puis atelier de menuiserie et maison
- maison, puis entrepôt agricole, puis maison
- maison, puis entrepôt agricole, puis maison
- maison, puis entrepôt agricole, puis maison
- maison, puis gendarmerie, puis maison
- maison, puis maison et auberge dite Auberge Aumage, puis maison et café dit Café Lombard
- maison, puis maison et café dit Café Arnaubec
- maison, puis maison, magasin de commerce et café dit Café et Epicerie Achard
- monument aux morts
- monument commémoratif dit Monument des Résistants du Maquis Morvan
- moulin à farine seigneurial dit Moulin de Veysselo ou Moulin dou Veyssellet, puis moulin à huile, moulin à foulon et moulin à vernis seigneurial, puis moulin à farine Motte, puis moulin à farine Mathieu, puis moulin à farine et scierie Hugues, dit Moulin du Pont
- remise à véhicules, dite Remise de l'Hôtel de l’Ecu de France
- station de captage de la source de la Catelane ou Catalane
- tour-donjon seigneuriale, puis fournil communal, puis fournil privé, dite Tour du Four
- tour-donjon seigneuriale, puis maison, dite Tour Carrée
- école primaire de Rosans
- église paroissiale Saint-Arey, puis mairie, actuellement salle de spectacle
Chercheur Inventaire Région Sud, à partir de février 2013.