• inventaire topographique, Inventaire du parc naturel régional des Baronnies provençales
maison et moulin à huile Mathieu, puis maison, moulin à huile et scierie Hugues
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
  • (c) Parc naturel régional des Baronnies Provençales

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc naturel régional des Baronnies provençales - Serres
  • Hydrographies torrent de l'Estang
  • Commune Rosans
  • Lieu-dit le Moulin
  • Adresse R. D. 25
  • Cadastre 1839 E1 87, 87bis  ; 2013 000E 1157  ; 2024 000E 1157
  • Dénominations
    moulin à huile, maison, scierie
  • Parties constituantes non étudiées
    atelier, lavoir

I. Commentaire historique

I.1. Les moulins seigneuriaux du Pont avant la Révolution

La présence d'un moulin à farine au pied du bourg de Rosans est attestée dès le milieu du 15e siècle. Dans les années 1570, chacun des deux co-seigneurs de Rosans y possèdent un moulin : la famille des Rosans-Alauson (également seigneur de L'Epine) et celle des Morges (également seigneur du Pègue). Dès cette époque, et encore aujourd'hui, ce quartier est appelé indifféremment le Moulin ou le Pont, du fait de la présence conjointe de ces constructions.

Le cadastre de 1699 mentionne comme propriété du seigneur François d'Yze un « moulin à huille », accompagné d'un jardin et d'un pré, ensemble foncier situé au Pont (AD05 3 E 6470, f° 228, 232 v°). Il ne s'agit pas du bâtiment étudié ici, mais de l'ancien moulin à farine des Rosans-Alauson reconverti en moulin en huile au 17e siècle (voir dossier IA05001088) : à cette époque, seul le moulin de Colombet (voir dossier IA05001090) est autorisé à moudre les céréales.

De fait, on ignore si le moulin étudié ici existait déjà à l'Epoque moderne. Peut-être correspond-il à l'ancien moulin des Morges, mais rien ne permet de l'affirmer car ce moulin pouvait aussi se trouver plus en amont, vers l'actuel pont du Fer-à-Cheval où existait un moulin à foulon cité dans le cadastre de 1839. Il est donc possible que la construction du bâtiment actuel ne soit pas antérieure à la Révolution. A cette époque, le moulin est probablement actionné par une roue horizontale.

I.2. Le moulin à huile d'après le cadastre de 1839

Le bâtiment actuel est attesté de façon sûre dans le cadastre de 1839. Il est alors divisé en deux parcelles. La petite (1839 E1 87bis), ayant une emprise au sol de seulement 20 mètres carrés, est initialement mentionné comme un « moulin à huile » mais cette mention est ensuite corrigée en « pressoir à huile ». Il s'agit d'huile de noix, aucune production d'olive n'étant signalée à Rosans. L'autre parcelle (1839 E1 87), qui correspond au reste du corps du bâtiment, est une grande maison ayant une emprise au sol de 100 mètres carrés, imposée dans la 5e classe fiscale et comprenant 8 ouvertures. L'ensemble appartient à Antoine Mathieu, « meunier au Pont », qui possède un autre moulin à proximité avec son réservoir mentionné comme une « écluse » (voir dossier IA05001088). D'ailleurs, le micro-toponyme cadastral nomme les lieux « l'Ecluse ».

Sur le plan de ce cadastre, le bâtiment du moulin est représenté selon un plan trapézoïdal. Collé contre la maison, il est bordé par le torrent de l'Estang dont les eaux sont dérivées en amont par deux canaux. La surverse de ces canaux alimente manifestement le bassin-réservoir du moulin à farine situé en contrebas, en passant sous la chaussée du chemin.

Plan de situation, d'après le cadastre de 1839 (section E1) (version des Archives départementales). Echelle d'origine 1/2 000e.Plan de situation, d'après le cadastre de 1839 (section E1) (version des Archives départementales). Echelle d'origine 1/2 000e. Plan de masse, d'après le cadastre de 1839 (section E1) (version des Archives communales). Echelle d'origine 1/2 000e.Plan de masse, d'après le cadastre de 1839 (section E1) (version des Archives communales). Echelle d'origine 1/2 000e.

I.3. Le moulin à huile durant la seconde moitié du 19e siècle ; la scierie au début du 20e siècle

En 1857, les bâtiments passent à Louis Chambon, fils de Jean. En 1868, celui-ci transforme environ un tiers de la maison pour agrandir le moulin (parcelle 1839 E1 87P, avec une emprise au sol de 33 mètres carrés, mentionnée comme « moulin » et « construction nouvelle »). Ces travaux pourraient correspondre à l'installation de nouveaux équipements plus volumineux.

En 1880, l'ensemble moulinier passe à Clotilde Laget, épouse Bessier demeurant à Montferrand, et à Jean Béranger, ancien cantonnier. Puis en 1886, à Jean Béranger, fils de Jean, désigné comme « meunier au Pont ». Le meunier Baptiste Hugues en devient propriétaire en 1892. Il adjoint la même année un « lavoir » sur l'emprise de la parcelle de la maison. En 1902, il déclare une la construction d'une « scierie mécanique », mitoyenne à l'ouest du moulin et édifiée au-dessus du lit du torrent de l'Estang.

Un plan dessiné en 1908 (AD05 O 7217), montre bien l'organisation des lieux et l'emprise des constructions. Le corps de bâtiment enjambant le cours d'eau est désigné comme un « hangar couvert scierie mécanique », le reste du bâtiment étant indiqué comme « maison d'habitation, scierie et moulin à huile ». On note aussi le départ du canal qui alimente le bassin-réservoir du moulin à farine situé en aval, en passant sous la route à l'entrée du pont.

[Localisation des moulins sur un plan de 1908. Pas d'échelle d'origine.][Localisation des moulins sur un plan de 1908. Pas d'échelle d'origine.] [La scierie et le moulin à huile Hugues sur un plan de 1908. Pas d'échelle d'origine.][La scierie et le moulin à huile Hugues sur un plan de 1908. Pas d'échelle d'origine.]

D'après E. Bégou (2016), la scierie appartenait au début du 20e siècle à Raymond Hugues. Quand l'établissement cesse de fonctionner dans le courant des années 1950, il est détenu par Raymond Hugues. Dès la fin des années 1930, une autre scierie avait été installée plus haut le long de la R. N. 94 (actuelle R. D. 994), au quartier de la Boule d'Or : abandonnant la force hydraulique, ce nouvel établissement est alimenté en électricité par une micro-centrale hydroélectrique (voir dossier IA05001086).

Aujourd'hui, le bâtiment du moulin à huile sert d’habitation et la scierie est à l'état d'abandon. Deux petites meules volantes de l'ancien moulin à huile sont remployées comme support d'un escalier dans le bâtiment voisin du moulin à farine (voir dossier IA05001088).

II. Description architecturale

Ce moulin est situé en contrebas du bourg de Rosans, le long de la R.D. 25 qui mène à Montferrand-la-Fare (Drôme). Installé en rive gauche du torrent de l'Estang, il est placé à l'amont immédiat d'une cascade enjambée par le pont, mais se trouve au pied d'une rupture de pente mineure sur la cours d'eau qui permettait un débit d'eau suffisant pour actionner son mécanisme.

Il est composé d'un bâtiment principal, installé le long du cours d'eau, qui est le plus ancien et où se trouvent le moulin à huile et l'habitation. Le bâtiment de la scierie, plus récent est implanté au-dessus du torrent, qu'il enjambe.

Localisation sur le plan IGN de 2024. Echelle d'origine 1/5 000e.Localisation sur le plan IGN de 2024. Echelle d'origine 1/5 000e. Plan de masse, d'après le cadastre de 2024 (section 000E). Echelle d'origine 1/500e.Plan de masse, d'après le cadastre de 2024 (section 000E). Echelle d'origine 1/500e. Vue d'ensemble prise de l'ouest.Vue d'ensemble prise de l'ouest.

II.1. Bâtiment principal

Le bâtiment principal, adossé à la pente sur son côté oriental au pied de la dépendance agricole d'une ferme mitoyenne, comporte deux étages de soubassement et un étage carré. Il n'a pas été visité mais la chambre de la roue (très vraisemblablement horizontale) paraît occuper la partie nord du premier étage de soubassement. On distingue l'ouverture cintrée de son canal de fuite au premier niveau de l'élévation ouest.

Le bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires et de grès, les encadrements des fenêtres disposent d'appuis saillants. Les élévations reçoivent un enduit à la tyrolienne. Le toit à pan est couvert en plaques ondulées de fibro-ciment.

Vue d'ensemble prise du sud.Vue d'ensemble prise du sud. Bâtiment principal. Elévation ouest.Bâtiment principal. Elévation ouest. Bâtiment principal. Elévation ouest, partie nord.Bâtiment principal. Elévation ouest, partie nord. Bâtiment principal. Elévation ouest, premier niveau. Ouverture du canal de fuite.Bâtiment principal. Elévation ouest, premier niveau. Ouverture du canal de fuite.

II.2. Bâtiment de la scierie

Le bâtiment de la scierie, édifié au-dessus du lit du torrent de l'Estang qu'il couvre d'une voûte, comporte un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé. L'étage de soubassement est occupé par les systèmes de transmission : courroies, roues en bois et en métal. Au rez-de-chaussée surélevé se trouve l'atelier, avec son banc de coupe et quelques autres machines et établis. L'énergie mécanique était peut-être prise sur l'axe de la roue du moulin à huile.

Le bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires et de grès, les élévations reçoivent un enduit au ciment. Les sols sont des planchers sur solives. La charpente à ferme avec poinçon supporte le toit à longs pans. La couverture en tuiles creuses posées sur des chevrons taillés en quartons.

Batiment de la scierie. Elévation sud.Batiment de la scierie. Elévation sud. Bâtiment de la scierie. Elévation nord.Bâtiment de la scierie. Elévation nord. Bâtiment de la scierie. Couvrement du torrent de l'Estang, vue prise du sud-est.Bâtiment de la scierie. Couvrement du torrent de l'Estang, vue prise du sud-est.

Bâtiment de la scierie. Etage de soubassement, salle des courroies. Vue de volume prise du sud.Bâtiment de la scierie. Etage de soubassement, salle des courroies. Vue de volume prise du sud. Bâtiment de la scierie. Etage de soubassement, salle des courroies. Détail.Bâtiment de la scierie. Etage de soubassement, salle des courroies. Détail. Bâtiment de la scierie. Rez-de-chaussée surélevé, atelier. Vue de volume prise du nord.Bâtiment de la scierie. Rez-de-chaussée surélevé, atelier. Vue de volume prise du nord.

Le cadastre de 1839 atteste de l'existence de ce moulin à huile de noix : accolé à une maison, il est alors désigné comme un « pressoir à huile » et il appartient au même propriétaire que le moulin à farine voisin (voir dossier IA05001088).

Les installations moulinières sont agrandies en 1868. Un lavoir lui est adjoint en 1892 (aujourd’hui disparu). En 1902, une scierie est installée dans une extension enjambant le cours d'eau. Les installations hydrauliques semblent avoir fonctionné jusque dans les années 1950.

Aujourd'hui, le bâtiment du moulin à huile sert de maison et la scierie est à l'état d'abandon.

  • Période(s)
    • Principale : limite 18e siècle 19e siècle , (incertitude)
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1868, daté par source
    • 1892, daté par source
    • 1902, daté par source

Situé en contrebas du bourg de Rosans, au quartier dit du Moulin ou du Pont, ce moulin est installé sur la rive gauche du torrent de l'Estang dont les eaux l'alimentaient en énergie motrice. Il est composé d'un bâtiment principal le long du cours d'eau, qui regroupe le moulin à huile et la maison, et d'un bâtiment secondaire qui enjambe le torrent et où se trouve la scierie.

Le bâtiment principal comporte deux étages de soubassement, le premier accueillant la chambre de la roue hydraulique horizontale, et un étage carré. Le bâtiment de la scierie, installé sur une voûte établie au-dessus du torrent, comporte un étage de soubassement, qui accueille notamment les engrenages et les courroies, et un rez-de-chaussée surélevé où se trouve l'atelier de la scierie.

Les bâtiments sont construits en maçonnerie de moellons calcaires et de grès, les élévations reçoivent un enduit. Le toit à un pan du bâtiment principal est couvert en plaques ondulées de fibro-ciment. Celui à longs pans de la scierie, avec une charpente à ferme, est couvert en tuile creuse.

  • Murs
    • grès moellon enduit
    • calcaire moellon
  • Toits
    tuile creuse, ciment amiante en couverture
  • Étages
    2 étages de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à un pan
  • Énergies
    • énergie hydraulique produite sur place roue hydraulique horizontale
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Cadastre general des batimens fondz et proprietes de tous les habitans et possedans biens au lieu et terrain de presant lieu de Rosans. Experts jurés en 1698-1699 : Antoine Perrin, châtelain de Sahune et Jean-André Bonnet, de Bellegarde. Procédure de révision en 1702, experts jurés : Antoine Bérenger et Guillen Armand. Révision de la valeur cadastrale des biens en avril-mai 1755 (apparaît en marge, anonyme). [registre relié, 243 f° ; supplément de 1702, 10 f°.] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 E 6470.

    F° 228, 232 v°.
  • Matrices cadastrales de la commune de Rosans, 1839-1911. [registre papier] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1241 à 3 P 1243.

  • Etat des sections cadastrales de la commune de Rosans, 1840. [registre papier]. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1240.

    Section E1 dite de Saint-Etienne.
  • Matrices cadastrales des propriétés bâties de la commune de Rosans, 1882-1911. [registre papier] Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1244.

  • Installation d'un poids public au quartier du Pont, 1908. Travaux communaux (1895 à 1923), 1908. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7217.

Bibliographie

  • BEGOU, Edouard. Rosans et le Rosannais dans l'histoire. Rosans : auto-édition, 2016.

    P. 148.
  • FAURE-VINCENT, David. Les moulins de Rosans. In : Lettres aux amoureux du patrimoine n° 80 : Rosans. Association de Sauvegarde du Patrimoine du Pays du Buëch et des Baronnies. Serres (Hautes-Alpes) : 2e trimestre 2019.

    P. 8 à 18.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de Rosans. / Dessin, encre et lavis par Truchy, géomètre, 1839. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1239.

    Section E1 dite de Saint-Etienne.
  • Plan cadastral de la commune de Rosans [Archives communales]. / Dessin, encre et lavis par Truchy, géomètre, 1839. Archives communales, Rosans : non coté.

    Section E1 dite de Saint-Etienne.
  • [Plan pour l'installation d'un poids public au quartier du Pont.] / Dessin, 1908. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7217.

Date(s) d'enquête : 2013; Date(s) de rédaction : 2024
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