Photographe Inventaire général.
- enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bouches-du-Rhône
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Commune
Bouches-du-Rhône
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Précisions
oeuvre située en partie sur la commune Marseille ;
oeuvre située en partie sur la commune Martigues ;
oeuvre située en partie sur la commune Le Rove ;
oeuvre située en partie sur la commune Port Saint Louis du Rhône ;
oeuvre située en partie sur la commune Cassis ;
oeuvre située en partie sur la commune La Ciotat ;
oeuvre située en partie sur la commune Septèmes les Vallons ;
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Dénominationsplace forte
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Parties constituantes étudiéescaserne (IA13006220), batterie (IA13006274), ligne fortifiée (IA13006283), batterie (IA13006271), caserne (IA13006222), édifice logistique (IA13006224), batterie, poste d'observation (IA13006250), fort, batterie (IA13006233), réduit, poste d'observation (IA13006251), tour (IA13006264), batterie, poste d'observation (IA13006252), batterie (IA13006235), batterie (IA13006272), batterie (IA13006230), fortification d'agglomération (IA13006217), batterie (IA13006268), fort (IA13006269), fort (IA13006236), batterie (IA13006238), château fort, batterie (IA13006267), batterie (IA13006229), batterie (IA13006228), batterie, poste d'observation (IA13006243), caserne (IA13006221), fort (IA13006215), fort, château fort, batterie (IA13006232), batterie (IA13006240), batterie (IA13006234), batterie, ensemble fortifié (IA13006266), citadelle (IA13006216), batterie (IA13006227), batterie (IA13006282), batterie (IA13006275), batterie (IA13006286), batterie (IA13006241), batterie (IA13006280), batterie (IA13006270), batterie (IA13006226), batterie (IA13006248), batterie (IA13006239), batterie (IA13006273), batterie (IA13006249), batterie (IA13006242), caserne (IA13006219), batterie, poste d'observation (IA13006237), fort (IA13006218), batterie, double caponnière (IA13006265)
Historique, typologie générale et Description
En tant que place-forte d'Etat, dans la définition qui émerge au XVIIe siècle sous l'autorité de Vauban, avec l'organisation du corps du Génie, Marseille est assez atypique. Le territoire de compétence de la chefferie du génie de Marseille, relevant de la direction des fortifications de Toulon, couvre dès la seconde moitié du XVIIe siècle le segment de littoral méditerranéen allant d'ouest en Est des embouchures du Rhône à La Ciotat, secteur correspondant depuis 1790 aux limites Est-Ouest du département des Bouches-du-Rhône. Marseille et sa baie constituent historiquement le secteur stratégique majeur au sein de ce territoire, privilégié au fil des siècles en terme de priorité de mise en défense par la puissance publique de l'Etat, en dépit du fait que la ville de Marseille ait toujours préservé son indépendance, et que la vocation commerciale du port ait été prééminente sur sa dimension militaire, à la différence du cas de la place-forte de Toulon. Hors de ce secteur central autour de Marseille, le secteur littoral ouest, autour de Martigues, et le secteur Est, autour des petites villes portuaires de Cassis et La Ciotat, sont restées, à peu d'exceptions près, très secondaires, dans la logique de fortification publique d'Etat jusqu'à la Révolution française, inégalité de traitement qui perdure dans une certaine mesure jusqu'au début du XXe siècle.
L'organisation défensive de ce territoire de la place-forte de Marseille, présente quelques particularités notables, demeurées constante au fil de son histoire militaire, du XVIe au XXe siècle. La première est que cette organisation appuyée sur des ouvrages d'artillerie, forts et batteries, est exclusivement littorale, composée essentiellement de batteries de côte, de peu peu de forts, tous côtiers, et dépourvue d'ouvrages dévolus à la défense terrestre, excepté pour le front de terre des trois forts de Marseille contrôlant à la fois le port, le large et la ville.
L'autre particularité tient à l'indépendance de cette ville, qui a toujours empêché la réalisation d'une véritable ville forte faute de concrétisation de la prise en charge de la fortification urbaine par l'Etat.
Les deux premiers forts de Marseille sous François Ier
Le siège de Marseille en aout et septembre 1524 par une armée impériale de Charles Quint, serait à l'origine du projet de François Ier de faire construire deux petites forteresses royales hors les murs de la ville, l'une au large dans l'île d'If, l'autre sur la colline de la Garde. A cette date de 1524 venait d'être achevée la plus ancienne fortification royale de Provence, conçue pour la défense du port de Toulon, la Grosse Tour, puissant ouvrage d'artillerie circulaire conçu par l' ingénieur italien Giovanni Antonio della Porta. L'intention du pouvoir royal était, pour la fortification insulaire d'If, d'exercer un contrôle défensif des approches du port par voie maritime et, pour celle de Notre-Dame de La Garde, de disposer d'une position combinant ce contrôle avec une capacité de regard sur une ville portuaire riche et libre, potentiellement foyer de contre-pouvoirs.
Sur l’île d’If, les travaux de construction, financés à partir de 1527, n’ont commencé qu’en avril 1529, pour s’achever en 1533, après deux phases de construction distinctes. La première phase, achevée en 1530, consista en la construction de la « Tour d’If », ouvrage d’artillerie casematé de plan carré de 28m de côté, plus large que haut, avec cour intérieure, pourvu de deux niveaux de batterie, dont un sur la plate-forme. Sa mise en œuvre était moins luxueuse et sa conception moins savante que celles de la Grosse tour royale de Toulon. La seconde phase, réalisée entre 1531 et 1533, non prévue au programme initial, consista à ajouter des tours cylindriques casematées et percées de canonnières aux angles de la tour carrée, l’une étant une grosse tour plus haute que les autres d’un étage. Cet ouvrage compact aux formes de tradition encore médiévales fut plus tard renommé château d'If, puis donjon du château (ou fort) d'If.
Vue du donjon du château d'If, du côté de l'entrée
S'agissant du fort de Notre Dame de La Garde, la chronologie de réalisation, immédiatement postérieure, est échelonnée en plusieurs étapes, du fait de la contrainte de devoir intégrer, sur un site d'éminence étroit, une église prieurale très fréquentée par les fidèles, sans devoir sacrifier cet édifice ni en condamner l'accès public. L'occupation militaire est effective dès avant 1534, et des travaux importants sont en cours en 1536, permettant de placer de l'artillerie. Le fort fut achevé à l'occasion d'une seconde campagne à la fin du règne de François Ier. Largement financée, en cours en 1545 et 1546, cette campagne, qui comporta la mise en place d'un bastion à orillons, fut réalisé conjointement avec celle de l'enceinte urbaine de Saint-Paul de Vence et bénéficia très probablement de la compétence de l'ingénieur royal français Jean de Renaud de Saint-Rémy, concepteur de cette enceinte, novatrice par l'emploi exclusif de fronts bastionnés.
Quelques fortifications bastionnées seconde moitié XVIe siècle initiées par des villes
L'état de l'enceinte de la ville de Marseille à la fin du XVIe siècle est documenté par une vue cavalière détaillée dessinée sous le règne de Henri IV en 1591 par l'ingénieur militaire piémontais Ercole Negro. Elle montre les murailles médiévales enveloppant la ville alors assez peu étendue et exclusivement implantée du côté nord du port, complétées de façon limitée par trois ouvrages modernes, dont deux proto-bastions et un véritable bastion à orillons, terrassé, vraisemblablement construit un peu après celui du fort Notre-Dame de La Garde, à l'initiative et aux frais de la ville.
A La Ciotat, un bastion casematé qui aurait été construit avant 1560 par la communauté urbaine à un angle de l'enceinte de la ville, pour la défense de l'entrée du port, a subsisté jusqu'au 1892.
Martigues, autre ville littorale, nouvellement constituée en commune en 1581, prit le parti de la Ligue en 1588, dans le contexte de la huitième guerre de Religion. En 1592, favorisée dans ce choix politique par la nomination d'un gouverneur de Provence ligueur, Gaspard de Pontevès, la communauté urbaine recruta un jeune ingénieur et architecte arlésien, Antoine Borel, pour concevoir des fronts d'enceinte bastionnés retranchant l'agglomération du côté des terres. Elle le chargea de dessiner aussi un front bastionné pour la Tour de Bouc, construite au XVe siècle à l’initiative du comte de Provence René d’Anjou, isolée sur la passe d'entrée du port de Bouc, position défensive en principe tenue par un capitaine relevant du pouvoir royal. Le dessin de Borel pour la Tour de Bouc, avec front d'entrée à deux demi-bastions à orillon, était influencé par le plan de la citadelle de Valence, réalisée peu avant sur les plans d'Ercole Negro.
Set le portr(ait) de la Tour de Bouc et fortificacions d'icelle faict en l'année 1592.
Fortifications savoyardes et florentines à Marseille et dans des îles du Frioul à la fin du XVIe siècle
A Marseille, le fort de Notre-Dame de La Garde joua un rôle dans le contexte troublé de l'alliance du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier, en 1589-1591 avec le parti ligueur marseillais et aixois hostile à Henri IV, représenté par Charles de Cazaulx, prétendant à la charge de premier Consul. Le duc appuya de façon éphémère ses ambitions sur Marseille par la maîtrise du fort et la soumission de son gouverneur. Il chargea en 1591 son architecte et ingénieur Ascanio Vittozzi, de dessiner des projets alternatifs d'amélioration défensive et d'agrandissement du fort, dont ne fut réalisé qu'un petit ouvrage détaché à front en tenaille.
Cette même année 1591, pour faire pièce à cette occupation du fort Notre-Dame de La Garde par les hommes du duc de Savoie, le gouverneur du château d’If sollicita une puissance alliée également venue d’Italie, celle du prince florentin Ferdinand Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, pour renforcer les défenses de l’île et du château. Des travaux de construction d’une enceinte bastionnée suivant les contours de l’île furent alors entrepris par un contingent de cent florentins.
[Vue cavalière du château d'If], c. 1591
S'étant substitués à la garnison française du château d’If, les florentins projetèrent en 1596 la fortification plus large des îles du Frioul, par la construction d’un fort avec tour-réduit circulaire entourée d'une petite enceinte bastionnée sur la hauteur de chacune des deux îles de Ratonneau et Pomègues. Les projets de ces forts sont attribués à Alessandro Pieroni, architecte et peintre au service des grands ducs. Les troupes du duc de Savoie ayant évacué le fort Notre-Dame de La Garde dès 1592 et le contexte politique local ayant évolué les années suivantes en faveur de l’allégeance à Henri IV, l'occupation florentine des îles du Frioul devint progressivement indésirable, tant pour les marseillais que pour les représentants du roi. La construction du fort de Pomègues, dit San Giovanni, fut cependant réalisée en 1597, peu avant la conclusion d’un traité accordant aux Florentins une contrepartie financière à l’évacuation des îles. Ce fort se limitait à une grosse tour circulaire de 23m de diamètre, plus simple que le projet initialement dessiné, l’enceinte bastionnée projetée autour n'ayant pas été réalisée. Dans le cas de Ratonneau, la présence défensive des marseillais sur l’île cette même année 1597 semble avoir empêché la réalisation du fort Santa Christiana.
Achèvement des fortifications du Frioul et de la Tour de Bouc sous Henri IV et Louis XIII par les Bonnefons, ingénieurs royaux
Le perfectionnement des ouvrages de fortification réalisés par les florentins à Pomègues, Ratonneau et If fut confiée en 1600 à Raymond de Bonnefons, ingénieur pour le roi en Provence, auteur des enceintes urbaines de Toulon et d'Antibes. Son apport au château (ou fort) d’If, non documenté, ne concerne que l’enceinte bastionnée, dont il améliora jusqu’en 1607 les élévations murales par surhaussement. S'agissant de Ratonneau, Raymond de Bonnefons conçut un fort complètement différent du projet florentin, avec un donjon casematé à deux niveaux de plan hexagonal, portant plate-forme d’artillerie et flanquée de trois tourelles d’angle cylindriques. Ce donjon était une variante réduite et sans cour intérieure de celui de la citadelle de Saint-Tropez, conçu et réalisé à partir de 1602 par le même Bonnefons. Il était inclus dans une petite enceinte non bastionnée, complétée de trois dehors irréguliers plus étendus et plus bas que ce corps de place, échelonnés de part et d’autre. Le donjon de Ratonneau était achevé en 1605, mais les travaux du fort durèrent jusqu’en 1610, soit trois après la mort de l’ingénieur royal, remplacé dans ses fonctions par son fils Jean de Bonnefons.
[Plan et profil du corps de place du fort de Ratonneau, détails d'une planche], 1702.
A partir de 1604, Raymond de Bonnefons fut aussi chargé de construire ou achever les fortifications de la Tour de Bouc, en partant d'un état du front d'entrée bastionné vraisemblablement en partie réalisé dans la décennie précédente conformément au dessin fait par Antoine Borel en 1592. Le projet mis en œuvre pour l'enceinte de la tour, avec demi-lune d'entrée, est documenté par une vue cavalière dessinée avant1610 par François Martelleur, ingénieur du roi, mais seul le front d'entrée à deux demi-bastions était achevé à la mort de Raymond de Bonnefons. L'enceinte du fort de Bouc ne fut achevée que sous Louis XIII entre 1634 et 1640, sous l'autorité Claude de Nargonne, gouverneur en titre du fort, et probablement sous la maitrise d'œuvre de l'ingénieur Honoré de Bonnefons.
Vue du front d'entrée à deux demi bastions du fort de Bouc
Cette campagne de travaux faisait suite à une tournée d'inspection des côtes de Provence faite sur ordre du cardinal de Richelieu par Henri de Séguiran, lieutenant général ès mers du Levant, premier président en la cour des comptes de Provence. Suite au rapport de Séguiran, le cardinal de Richelieu ordonna la construction de tours-réduits armées d'artillerie en divers points des côtes provençales entre Toulon et Antibes, notamment dans les Iles d'Hyères, ce qui n'eut en revanche aucun équivalent dans le secteur littoral entre le Rhône et La Ciotat, excepté l'achèvement des fortifications déjà existantes de la Tour de Bouc.
La citadelle de Marseille et le fort Saint Jean face à la ville au début du règne de Louis XIV
La décennie 1660 concrétisa une nouvelle étape du rapport de force entre les représentants du pouvoir royal et ceux de la ville de Marseille, s'agissant de la défense du port. Les premiers reprirent la stratégie inaugurée en 1536-1546 consistant à contrôler l'entrée du port par un ouvrage fortifié royal indépendant de la ville. La nouveauté était l'ambition beaucoup plus grande donné à ce programme en 1660, avec la création d'une importante citadelle extra-muros, au sud de la bouche du port, complétée d'un fort du côté nord, retranché de la ville pour la tenir en respect. Les troubles civils survenus à Marseille pendant la minorité de Louis XIV, révélateurs d'une insoumission des consuls locaux, aboutirent à cette reprise en main du contrôle stratégique de la ville et du port par le pouvoir central. Fin novembre 1659, le duc de Mercœur, gouverneur de Provence, écrivait au cardinal Mazarin que la création d'une citadelle à Marseille était la meilleure voie pour y assurer l'autorité du Roi, à la suite de quoi Louis XIV donna des instructions formelles pour la construction. La conception et le choix d'implantation furent confiés à l'ingénieur militaire et hydraulicien Louis-Nicolas de Clerville, alors promu commissaire général des fortifications. La citadelle Saint-Nicolas occupa une butte dominant au sud la passe d'entrée du port. Le réduit central quadrangulaire bastionné de la citadelle, qualifié par la suite de donjon et abritant le casernement, fut construit en premier de février 1660 à fin mai 1661 -date à laquelle Jean-Baptiste Colbert avait succédé à Mazarin. La faible disponibilité de Clerville justifia le recrutement d'un architecte expérimenté, Nicolas Desjardins, maître d'œuvre par délégation, dont le rôle a été sous-estimé, mais à qui l'on doit l'introduction sur les élévations extérieures bastionnées d'un décor architectural de pilastres à bossage inusité dans la fortification contemporaine, que le même Desjardins reprit et amplifia au Château-Trompette de Bordeaux, autre citadelle royale commandée à Clerville en 1664. La citadelle Saint-Nicolas de Marseille, emboîtant le "donjon" dans deux enceintes successives, celle du "haut fort" à cinq bastions et trois demi-lunes, et l'enceinte extérieure du Bas-Fort, irrégulière, en avancée sur la passe d'entrée du port, ne fut achevée qu'après 1676 après une période d'arrêt des travaux, Desjardins ayant été remplacé dix ans plus tôt par le jeune ingénieur Jean-Louis du Cairon, promu lieutenant et major de la citadelle de Marseille.
[Le haut fort de la citadelle de Marseille], c. 1670. Plan-relief.
Le principe de renforcer la sécurité de l'entrée du port aussi du côté nord de la passe par un réduit défensif retranché implanté à la pointe nord-ouest de la ville close médiévale, fit l'objet d'un premier projet dessiné par Clerville en 1661. Le site de ce fort Saint-Jean projeté était ponctué de deux grandes tours préexistantes, la tour Saint-Jean bâtie en 1447-1452 au droit de la chaine barrant l'entrée du port, à l'initiative du prince Valois René d'Anjou, comte de Provence, et la tour du Fanal, bâtie face au large en 1646 sous l'autorité de la ville. L'intégration de ces deux tours dans un fort royal n'était pas sans intérêt stratégique, mais l'implantation du fort comportait d'autres contraintes retardant l'exécution, à savoir l'expropriation de maisons du quartier de la Tourrette et surtout l'intégration en principe sans destruction d'une importante commanderie de l'ordre des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, contigüe à la tour du XVe siècle. La concentration des financements royaux sur la construction de la citadelle Saint Nicolas ne permit pas d'amorcer avant 1668 celle du fort Saint Jean, pourtant programmée par Colbert en 1665, mais différée aussi du fait de la priorité alors accordée à l'agrandissement de l'enceinte de la ville par l'intendant des fortifications de Provence et des galères de France Nicolas Arnoul. La construction du fort, aboutie en 1671 se fit sur la base d'un nouveau projet probablement dû à Jean-Louis du Cairon, avec un front de terre à deux grands demi-bastions d'angle encadrant une courtine percée d'une porte centrale précédée d'une demi-lune et d'un chemin couvert sur la contrescarpe du fossé, selon un parti rappelant celui réalisé plusieurs décennies plus tôt au fort de Bouc à Martigues.
Vue cavalière du fort Saint Jean du côté de la ville [Est], novembre 1671.
L'agrandissement de l'enceinte urbaine, et par contrecoup celui de la ville, à l'est et au sud-est, arrêté par lettres patentes royales du 10 juin 1666, présentait en principe l'avantage pour la puissance publique d'inclure dans le périmètre clos et fortifié l'ancien arsenal des galères et le nouveau -alors en cours d'achèvement- implanté au fond du port. Dans les faits, la réalisation de cette nouvelle enceinte marque un échec du pouvoir royal à imposer ses vues aux échevins, qui obtinrent juridiquement en 1668 pour la ville le statut de propriétaire maître d'œuvre et maître d'ouvrage de l'entreprise d'agrandissement de son périmètre et de la construction de la nouvelle enceinte associée, avec faculté de choix sur son tracé. Cette enceinte urbaine ne constitua donc jamais effectivement le corps de place de la place forte royale de Marseille (à la différence du cas de Toulon), et la réalisation entre 1670 et 1676 (front sud excepté) intégra des fronts bastionnés conformes aux préconisations de l'intendant Nicolas Arnoul, à la différence du nouveau front Est traité comme un simple mur non retranché, sans aucun bastion.
En mars 1679, Vauban, nouveau commissaire général des fortifications, passa à Marseille pour juger des amélioration à apporter aux deux fortifications royales conçues par son prédécesseur Clerville. Son bref rapport de visite consista essentiellement à juger la citadelle comme "un assemblage fort magnifique de tout ce qui a jamais passé d’extravagant et de ridicule par la tête des plus méchants ingénieurs du monde", le fort Saint Jean étant considéré avec plus d'indulgence. Vauban estima cependant pertinent de faire établir des fausses braies autour des de l'ensemble des fronts de la première et du front de mer du second. Entre cette date et 1684, plusieurs bâtiments militaires complétèrent la caserne construite en 1671 dans la partie haute du fort Saint-Jean, indépendamment de la commanderie.
La fermeture sud-ouest de l'enceinte de ville de Marseille fut laissée en attente jusqu'en 1685, date de commencement de la construction au sud du port d'un nouvel arsenal décuplant les capacités de celui achevé en 1669, et intégrant un vaste chantier de construction navale prévu avec quatre bassins de radoub. Ce nouvel arsenal justifia la réalisation d'un projet plus étendu pour achever du côté sud l'enceinte de la ville agrandie, en allant se raccorder à la citadelle Saint-Nicolas et en incorporant l'abbaye de Saint Victor. La construction de ce front sud de l'enceinte, de juin 1692 à l'été 1701, fut dirigée par les officiers royaux, Jean-Louis Habert de Montmort, successeur d'Arnoul dans ses fonctions d'intendant et Antoine Niquet, directeur des fortifications de Provence, auteur des plans, qui se distinguent par le recours à un véritable front bastionné régulier.
Le programme des batteries de côte de 1695
Le 27 septembre 1694 une commission d'experts, au nombre desquels le chevalier de Ressons, commissaire général de l'artillerie de la marine du Levant à Toulon, auteur d'un mémoire sur les précautions à prendre contre les menaces de croisière anglaise de l'amiral Russel, rendait un rapport en forme de projet pour assurer la sureté de Marseille et de sa baie. Le principe posé postulait que l'on pouvait "assurer la navigation des galères de sa Majesté, le commerce des marchands et empêcher les ennemis de venir mouiller dans ces rades qu'en établissant quantité de batteries de canons et de mortiers sur toutes les pointes qui les commandent ". Certaines de ces batteries de côte, armées de préférence de canons de 24 livres ou de 36 livres, étaient à établir dans les forts déjà existants sur les îles (If, Ratonneau, Pomègues), les autres à créer, alors limitée à sept. Dans un rapport sur les précautions à prendre contre les attaques de Marseille en équilibrant les bombes et canons de mer aux bombes et canons de terre daté du Havre 6 décembre 1694, Vauban préconisait l’établissement de six batteries extraordinaires les plus nécessaires, formées d’épaulements retranchés à la gorge, en terre, sans ouvrages maçonnés.
La réalisation du programme de principe, lancée et bientôt amplifié à un nombre de dix-sept à dix neuf batteries de côte destinées à inquiéter le bombardement, dont treize sur des sites non antérieurement fortifiés, armées de canons (de 24 ou 36 livres) et de mortiers, fut placée sous l’autorité du maréchal de France Anne Hilarion de Tourville, lieutenant-général des armées navales, vice-amiral du Levant, nommé par Louis XIV, le 30 mars 1695, au commandement des côtes de Marseille à Toulon. Les plans de détail accompagnant les cartes de répartition des batteries alors dessinées, montrent que la plupart étaient formées d'un épaulement en terre de plan en fer-à-cheval, pour le tir a barbette, certaines avec embrasures, et à de rares exceptions près laissées ouvertes à la gorge.
Ces batteries de côte alors construites à neuf dans la baie étaient celles de Niolon-Bas, Corbière, Maurepiane, la Pinède, pointe d'Arenc, Tête de Maure (futur Pharo), pointe d'Endoume, Ile de Dome, Cap Gros (futur Roucas Blanc), Montredon, Pointe de Ratonnau (futur cap de Croix), pointe de Pomègues, Cap Croisette Certaines de ces batteries furent désarmées et abandonnées dès le second quart du XVIIIe siècle.
Au delà de la baie de Marseille, plus à l'Est, le programme des batteries de côte dirigé par Tourville en 1695 comporta la création de batteries contrôlant sur deux côtés l'entrée du port de Cassis sur la pointe de la Lecque et la pointe des Lombards (le château de Cassis étant aussi armé à l'occasion), laissées au XVIIIe siècle par la direction des fortifications à la charge et à l'initiative de la commune de Cassis. Trois batteries furent construites dans l'île Verte pour défendre la rade de La Ciotat. Ces batteries furent précocement abandonnées au XVIIIe siècle, celles existant sur le port de la Ciotat, dont le bastion du XVIe siècle, étant armées et entretenues par la ville, avec l'appoint ponctuel de la puissance publique, pour la défense du royaume.
Le projets de Vauban pour Marseille en 1701 non suivis d'effet , et le défaut de réalisations au XVIIIe siècle
Le mémoire de Vauban intitulé Projet de Marseille daté du 11 avril 1701, long et détaillé, passe en revue les amélioration jugées nécessaires pour l'ensemble des fortifications de la ville, des îles, les batteries de côte de 1695 faisant l'objet d'un additif daté du 1er septembre 1701. Cinq de ces batteries, dont celles de Niolon, Corbière, Pointe Ratonneau (Croix) et de l'île de Doume, étaient estimées devoir être armées plus puissamment et pour ce faire reconstruites en les fortifiant solidement, avec revêtements maçonnés, mur de retranchement bastionné à la gorge adossé d'un bâtiments voûté, ce qui donna lieu à des plans de projet dessinés par Antoine Niquet.
Plan du cap de Niolon et de la batterie proposée à y faire [projet de Niquet et Vauban] 1701.
Aucune d'eux ne fut exécuté. Les articles du projet de Vauban consacrés à l'amélioration des forts des îles du Frioul, également liés à un projet d'augmentation de leur artillerie, ne furent pas davantage réalisés. S'agissant de la Citadelle Saint Nicolas, Vauban ne croyant pas à une amélioration significative de cette "très mauvaise place" sans reconstruction radicale, il ne proposa que des corrections limitées, pour tenter d'imposer en contrepartie la création d'une nouvelle citadelle en enveloppant le petit fort de Notre-Dame de la Garde et sa butte d'une ample enceinte pentagonale bastionnée avec fausses braie et vastes bâtiments militaires, projet financièrement indéfendable tant son coût élevé était dissuasif.
Ce projet allait de pair, en terme de dépense irréaliste, avec celui d'un nouveau front sud de l'enceinte urbaine, plus étendu que celui nouvellement construit.
Plan du Fort de NE Dame de la Garde. [Projet de Vauban pour une citadelle], 1701.
A la suite, au cours du XVIIIe siècle, on constate un entretien minimum d'une partie des batteries de côte (d'autres étant désarmées et abandonnées), certaines complétées d'un corps de garde et d'un magasin à poudre qui n'existaient pas en 1695 (batterie de la pointe d'Endoume). Les forts de Marseille et de Bouc sont occupés, armés et entretenus, mais ne font l'objet d'aucune modification importante dans leur architecture et leur armement, au mieux de l'adjonction de nouveaux bâtiments militaires, comme un nouveau grand magasin à poudres construit extra-muros de la citadelle Saint-Nicolas, ou une chapelle et un fanal ajoutés au Fort de Bouc.
Les seuls projets significatifs de quelque ampleur formulés durant cette période se trouvent dans le mémoire des projets pour Marseille rédigé en 1774 par Charles François Marie d'Aumale, directeur des fortifications de Provence. Il s'agit notamment d'un projet de grand retranchement bastionné reliant la citadelle Saint-Nicolas à la batterie de la Tête de Maure (futur Pharo), ce retranchement incluant le nouveau magasin à poudres étant inspiré de celui proposé par Vauban en 1701. Le mémoire de 1774 comportait aussi un projet de refonte du fort de Pomègues, avec une petite enceinte à bastionnets autour de la tour et magasin à poudre dans un dehors, et des projets d'amélioration plus limités aux forts de Ratonneau, au Château d'If. Aucun de ces projets de 1774 ne fut réalisé.
A la fin du siècle, la Révolution se manifeste par un coup destructeur porté à un ouvrage fortifié emblématique de la férule royale sur les citoyens marseillais. La citadelle Saint-Nicolas, "monument odieux d'un despotisme superbe", évacuée en avril 1790 par la plupart des garnisons qui l'occupaient fut démantelée à la suite par la population, sous le contrôle de commissaires nommés par la municipalité, puis par des ouvriers carriers ou maçons rémunérés. Abandonnées en juin par décret de l'Assemblée Nationale, les démolitions s'étaient concentrés sur le haut fort, 2e enceinte et donjon, et sur ses fronts d'où l'artillerie de pouvait directement battre la ville de ses tirs.
Réhabilitation des fortifications côtières pendant la Révolution et l'Empire
La période des guerres révolutionnaires (1793-1802) amorcée lors de la Première Coalition ,voit la reprise en main directe des batteries de côte par l'Etat. La plupart des batteries alors réhabilitées à partir d'infrastructures plus ou moins conservées du programme de 1695, ou reconstruites, ou encore créées à neuf, comportaient un four à réverbère, accessoire usuel à l'époque pour rougir les boulets, mentionné dans divers mémoires d'état des lieux. La conception des ces batteries de côte ,y compris celles construites à neuf, différait assez peu de celle des batteries de 1695, composées d'un épaulement en terre au mieux sommairement revêtu, le plus souvent ouvertes à la gorge, mais pourvues a minima d'un petit corps de garde et d'un petit magasin à poudres. Leur armement ordinaire restait constitué principalement de canons de 24 livres.
Un mémoire de l'inspecteur général des fortifications daté du 30 fructidor an 3 (16 septembre 1795) donne l'état des batteries de côte des environs de Marseille dans le cadre du programme général de remise en état alors en cours depuis l'an 2. Il atteste notamment du fait que les trois batteries des petites villes portuaires de Cassis (La Lecque, Les Lombards) et de La Ciotat, jusque là détenues et entretenues par les autorités municipales, furent alors prises en charge par la puissance publique, intégrées aux ouvrages de la compétence du Génie, réarmées et réorganisées. La batteries du Cap Gros, renommée Le Roucas Blanc, celle de la Tête de More, renommé Le Pharo, celles de la pointe d'Endoume, de Corbière entre autres, étaient en cours de réhabilitation ou en passe de l'être, tandis que d'autres, comme celles de Niolon, de l'ilôt de Doume, de Corbière ou du Four de Caux, jugées non indispensables, restaient à l'abandon.
La batterie de Riou fut l’une des rares créations ex nihilo de la période. Elle complétait le dispositif en protégeant un mouillage stratégique, comblant le vide laissé dans la défense côtière à mi-distance entre le sud-est de la baie de Marseille et le port de Cassis. En 1795, la construction était en cours à grands frais, avec plate-forme à canons et casernement, selon un parti assez ample, mais sans fermeture à la gorge Plus à l'Est, la batterie de Cacao est une autre création neuve à la pointe d'une presqu'île entre deux calanques, réalisée plus sommairement et plus tard (en l'an 9). En l'an 4 (novembre 1795), Garavague, directeur des fortifications de Toulon, avait proposé un projet de retranchement bastionné doté d’une batterie rasante autour de la tour fanal défensive dite Saint Louis ou des Bouches-du-Rhône, construite en 1737 par la ville d'Arles pour contrôler les embouchures du fleuve. Ce projet ne fut pas réalisé, mais une batterie sommaire fut mise en place.
Plan et profil de la tour des Bouches du Rhône [Etat projeté]. An 4.
Le premier Empire, à l'initiative de Napoléon Ier, initia une phase secondaire de réorganisation des batteries de côte avec définition de nouvelles normes, concernant en particulier la conception de réduits de batterie défensifs en forme de tour casematée de plan carré. Les modèles-types de ces tours de l'Empire, déclinées en trois tailles, en fonction de l'importance de l'armement de la batterie et du nombre d'hommes à y loger, furent définis et leur mise en place programmé en juin 1811 en divers points du littoral de la France. La réalisation, aléatoire, était à l'appréciation à la convenance des chefs du génie, des directeurs des fortifications et de l'artillerie.
A l'occasion de cette nouvelle campagne, certaines des batteries de côte de 1695 qui n'avaient pas été réhabilitées pendant les guerres révolutionnaires furent restaurées ou reconstruites, telle celle de Niolon , objet d'un projet du sous-directeur des fortifications en avril 1811, sur un nouveau plan, ressemblant à celui du projet non réalisé proposé par Vauban en 1701, avec un épaulement en arc de cercle adapté à huit bouches a feu et un front de gorge à deux demi-bastionnets. L’épaulement était réalisé en 1814, mais à la place du corps de garde, avait été commencée la construction d’une tour n°2 pour 30 hommes. Cette tour ne fut pas continuée, et le corps de garde fut construit en 1815. Une tour n°3 qui était aussi projetée à la proche batterie de Corbière pour 1812 ne fut pas réalisée.
La construction à neuf de plusieurs batteries, en principe avec tour-modèle, fut lancée en 1811 selon les vues de l'Empereur dans le secteur entre l'Est de la baie de Marseille et La Ciotat suite à une instruction du général Jean-Ambroise de Lariboisière, inspecteur général de l’artillerie, exécutée par le général Gassendi. L'une, au Cap Croisette, occupait le site d'une batterie sommaire de 1695, une autre à la pointe de la Mounine étant en contrebas de l'ancienne batterie abandonnée du Four de Caux; elles furent construites en 1812, sans tour-réduit. La batterie du Cap Croisette, à 53 m d’altitude, pour six pièces de 36 et un mortier, était enveloppée d'une petite enceinte revêtue irrégulière et fermée à la gorge, avec corps de garde. Celle de la Mounine, initialement proposée en remplacement de la proche batterie de Riou, fut finalement réalisée en appui de cette dernière, sur un plan régulier évoquant les projets de Vauban de 1701, comme dans le cas de Niolon.
Plan et profils de la batterie du Cap Croisette, 1818.
Plan et profils de la batterie de Mounine, 1818.
Une tour-modèle, jamais concrétisée, fut proposée à mi-distance entre Mounine et Riou. La batterie neuve de Mounine fut définitivement désarmée dès 1820.
La refortification de l’île Verte, arrêtée dans le même contexte pour la défense de la rade de La Ciotat comporta l'établissement de deux batteries, une basse au sud/sud-est et une haute à la pointe sud, et d’une tour-modèle n°2 sur le plateau est, selon les directives de Jean-François Sorbier, directeur des fortifications de Toulon. Les travaux furent entrepris en 1812 et l’achèvement de la tour-modèle fut approuvé en 1813 sous la présidence du comte Dejean, premier inspecteur général du Génie. Avec la tour de la Croix-des-Signaux à Saint-Mandrier près de Toulon , la tour de l'île Verte est la seule autre tour-modèle conforme à la typologie de 1811 qui ait été construite en Méditerranée.
Plan et profil de la tour-modèle n°2 de l'île Verte près La Ciotat, 1818.
La batterie créé à neuf sur le cap ou presqu'île de Morgiou pour défendre les calanques de part et d'autre, conçue sous la direction de Geoffroy sous-directeur des fortifications de Toulon, comportait deux épaulements de batterie ouverts à la gorge, aux deux extrémités du cap , armés de canons de 36, 24 et 18 et de mortiers de 12 pouces, avec corps de garde, dépôt de poudre et fourneau à réverbère.
Un contre-projet en 1812 proposa de remplacer les deux corps de garde par une tour-modèle n° 2, comme aux batteries de l’île Verte. La tour fut commencée mais laissée à l'état d'excavation, et un retranchement formé d'un mur crénelé fut construit pour fermer le cap.
Batteries du Cap Morgiou, mur de retranchement crénelé du cap.
Parmi les autres projets de tours-modèle non réalisés, deux étaient projetées dans des batteries construites ou reconstruites durant les guerres révolutionnaires, à savoir projet de tour-modèle n° 3 modifiée à la batterie de Cacao, en 1813, un autre de tour-modèle n° 2 en 1814 dans la batterie du Roucas Blanc. La batterie de La Lecque à Cassis est représentative des batteries de côtes sommaires réorganisées à la Révolution et sous l'Empire, sans tour modèle mais avec un petit corps de garde et un magasin à poudre avec mur d'isolement.
Plan et profils de la batterie de La Lecque, 1818.
L'état des lieux des 24 batteries de côte réparties sur le littoral du département des Bouches du Rhône entre Port-Saint-Louis du Rhône et La Ciotat, est documenté en 1818, après la fin de l'Empire et des guerres, dans un atlas établi par le chef du génie et sous-directeur des fortifications Jean-Joseph Amable Tournadre, qui avait participé à leur perfectionnement.
Le même Tournadre avait fait réparer en 1813 les dehors du fort de Pomègues , alors reconsidéré en valorisant sa fonction de batterie de côte pour des tirs à moyenne et longue portée. Il fut aussi, de 1815 à 1830, le maître d'œuvre de la réhabilitation complète du haut fort Saint Nicolas de Marseille (le terme citadelle n'est dès lors plus employé), avec construction d'un nouveau corps de caserne.
La mise en œuvre des nouvelles batteries de côte avec réduits normatifs, de 1846 à 1863
La perspective d’hostilités possibles avec l’Angleterre en 1840 souleva la question de l’intégrité des frontières maritimes de la France. Une commission mixte d’armement des côtes, de la Corse et des iles fut instituée par décret du 11 février 1841 pour étudier la réorganisation générale des batteries de côte et la modernisation de leur armement, à l'échelle nationale. L'armement fut limité à trois types de pièces, le canon de 30 livres mle 1820 à portée utile de 1400m, l’obusier de 22 cm mle 1827 « à la Paixhans » et le mortier de 32cm à plaque portant à 4000m. La commission travailla en particulier, pour les batteries isolées, sur la définition de réduits-types défensifs renouvelant les modèles définis en 1811, ces réduits pouvant être aussi proposés au cas par cas hors batteries, sous forme de postes. Une première série de réduits comportant des tours carrées et des corps de garde défensifs de trois tailles dans chaque catégorie fut définie et proposé le 13 septembre 1845, avec une diffusion très limitée non suivie de réalisations, puis retravaillée par le comité des fortifications, pour aboutir aux modèles-types fixés le 31 juillet 1846 et diffusés systématiquement dans les différentes chefferies du génie. Ces réduits-types 1846 (comme ceux de 1845) comportaient deux options : tours crénelées à deux niveaux casematés portant plate-forme ou corps de garde crénelés à un niveau casematé portant plate-forme, aux murs moins épais, les unes comme les autres de plan rectangulaire simple (à la différence de ceux de 1845) et déclinées en trois tailles, n° 1 pour batterie de 12 pièces (60 hommes), n° 2 pour 8 pièces (40 hommes) et n° 3 pour 4 pièces (20 hommes). Ces tours et corps de garde étaient retranchés par un fossé sur leurs quatre côtés avec contrescarpe revêtue ou taillée dans le roc, fossé franchi par une passerelle desservant la porte munie d'un pont-levis et d'un sas, la plate-forme supérieure étant enveloppée d'un parapet alternant créneaux et bretèches (deux par côté), et intégrant souvent une ou deux embrasure pour obusiers. Les murs étaient percés de créneaux ventilant les casemates, plus ou moins ébrasés à l'extérieur, certaines prenant jour par des baies en forme d'arc plein-cintre. Les casemates de casernement, sur toute largeur interne des réduits, étaient au nombre de deux à trois par niveau, selon la taille du réduit, et complétées par des magasins, loge et cuisine voûtés tripartites, dits de culée, au revers des petits côtés, dont celui de l'entrée réservant la travée centrale pour la porte (et une pour l'escalier, dans les tours).
Pour le secteur de la place forte de Marseille, ce programme général de réorganisation et réarmement des batteries de côte selon les nouvelles normes donna lieu à des projets à partir de 1846, rédigés par le chef du génie Marie-Tranquille Le Bas, sous l’autorité du directeur des fortifications de Toulon le colonel Joseph-Alexandre Picot. Le premier mémoire, élaboré et illustré au début de 1846, proposait dans les batteries à réorganiser des réduits relevant de la typologie provisoire de 1845, soit des tours carrées (Corbière, le Pharo, pointe d'Endoume, îlot de Doume, Mangue, Cap Croisette, Riou, Morgiou) soit des corps de garde défensif à cornes (Le Roucas Blanc, pointe des Lombards, Cacao).
Projet pour l'organisation des batteries de côte. Batterie de Riou. [Plan], 1846.
[Plan et profil du projet d'organisation de la batterie de Cacao], 1846.
Une seule des tours projetées, sur l'île de Pomègues, n'était pas un réduit de batterie existante ou à créer mais un ouvrage isolé sur un site vierge en hauteur comme poste garde-côte. En appoint du fort de Pomègues, cette tour pouvait accueillir deux obusiers sur sa plate-forme, en complément de ceux installés sur la grosse tour ancienne du fort, au pied de laquelle était proposé un épaulement de batterie.
Dans d'autres, cas, le projet général de 1846 limitait la dépense en maintenant les bâtiments déjà existants dans les batteries, sans modifications (Château de Cassis, batterie de La Lecque, batteries de l'île Verte et de La Ciotat), ce qui était favorisé dans le cas des deux batteries de l'île Verte par la présence de la seule tour-réduit réalisée sous l'Empire dans les Bouches-du-Rhône, qui dispensait de prévoir un réduit aux nouvelles normes, le bastion XVIe siècle de la Ciotat pouvant tenir lieu de réduit. A Marseille, une batterie projetée dans le fort Saint-Jean ne nécessitait pas d'aménagements particuliers.
Presque toutes les batteries concernées par ce premier projet général intégralement ajourné sans réalisation, étaient préexistantes, excepté celle de Mangue, sur l'île de Ratonneau, seule à créer ex nihilo. Leur adaptation au nouvel armement et au nombre de pièces le composant consistait à reformer leur épaulement, d'une manière plus ou moins importante, en en conservant ou en en modifiant le plan (en hémicycle ou à pans droits). Certaines des batteries armées et fonctionnelles, voire créées, sous le premier Empire, furent exclues du programme de 1846 et de ses versions ultérieures, notamment celles situées à proximité d'une autre et jugées alors en double emploi (batterie des Lions, voisine de celle de la Pointe d'Endoume, batterie de la Mounine, proche de celle de Riou).
Une nouvelle version de ce projet général pour l'organisation des batteries de côte fut présentée en 1849 par Marie-Tranquille Le Bas, en intégrant la typologie définitive 1846 des réduits de batterie, et en faisant redessiner les nouveaux plans des épaulements, souvent selon un parti renouvelé. Le programme de 1849 concernait exclusivement les batteries de la baie de Marseille, jugées prioritaires. Certaines réorganisation de batteries, dans ce programme de 1849, s'apparentaient à une refondation complète, du fait notamment d'une implantation non superposée à celle de la batterie préexistante (pointe d'Endoume).
[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, plan de situation], 1849.
Un programme complémentaire consacré aux batteries du secteur côtier non prioritaire situé à l'Est de la baie de Marseille, depuis la batterie de Riou jusqu'à La Ciotat, fit l'objet d'un mémoire de projets illustré de plans, rédigé fin 1850 pour l'exercice 1851-1852. Les réduits de batterie proposés en 1849 et en 1850 étaient en majorité des tours crénelées, comme dans le projet de 1846, pour les mêmes batteries (avec en plus celle de Montredon), les trois corps de garde crénelés projetés étant aussi proposés dans les mêmes batteries qu'en 1846 . On observe dans le projet de 1849 des adaptations modulaires proposées, par un léger agrandissement du modèle-type choisi pour l'adapter à un nombre d'hommes supérieur de 10 à celui prévu, lié au nombre de canons programmé. Cette entorse au plan-type pouvait aboutir à donner par exemple un plan carré à une tour crénelée n°3 pour l'adapter à 30 hommes servant six pièces (batterie de l'îlot de Doume). Les adaptations du modèle-type pouvaient aussi être plus limitées, liées à l'adaptation à un site en pente justifiant un surhaussement d'un parapet ou un renfoncement plus important dans le terrain sur un côté, pour assurer le défilement de la plate-forme. Du fait du principe de conformité au modèle-type, les dessins illustrant les projets de tours et corps de garde sont rarement détaillés en plan, davantage en coupe.
[Plan de projet de reconstruction de la batterie de Corbière pour 6 pièces], 1849.
[Plan et coupe du projet de reconstruction de la batterie de Cacao pour 1851-1852].
La mise en œuvre de l'ensemble du programme des batteries de côte fut à nouveau ajournée durant dix années, les nouveaux projets reformulés et illustrés de plans étant présentés en trois phases successives, privilégiant la baie de Marseille au détriment du secteur Est. La première phase, en mars 1859 dans le mémoire pour 1859-1860 rédigé par le capitaine du génie Hamel sous la direction du chef du génie Boubée de Lespin, comportait quelques articles présentés comme non urgents et reportés aux exercices ultérieurs (batterie de Mangue), ou ne présentant pas, pour la même raison, certains articles proposés depuis 1846 (tour garde-côte de Pomèguet). La seconde et la troisième phase, qui débouchèrent sur la réalisation des projets, furent formulés dans le mémoire sur les projets de 1860-1861, puis dans celui sur les projets de 1861-1862 rédigés par le nouveau chef du génie Charles-Alexandre Guillemaut. Ces mémoires et les plans de projets associés intégraient des changements au cas par cas apportés aux projets de 1859, pour certaines batteries, induits notamment du fait d'une réévaluation de l'armement fixée par une décision ministérielle en septembre 1859, et en prenant en compte des demandes de modification formulées par le directeur des fortifications Bichot. L'une des nouveautés significatives des projets formulés entre 1859 et 1861, matérialisée par la mise en œuvre des travaux à partir de 1860, concerne les réduits type 1846. Par un retournement de proposition, la préférence fut alors donnée aux corps de garde crénelés, à telle enseigne que les tours crénelées restant d'actualité et effectivement réalisées se limitèrent à deux exemplaires seulement, celle de la batterie du Pharo, et la tour de Pomeguet, cas particulier parce que non associé à une batterie.
Vue de la tour crénelée type 1846 n°2 de Poméguet, poste garde-côte de l'île de Pomègues.
Tous les autres réduits de batterie réalisés sont des corps de garde, y compris ceux des deux batteries neuves supplémentaires projetées sur l'île de Ratonneau, celle du Cap de Croix (à l'emplacement d'une ancienne batterie de 1695 abandonnée), construite en 1860, et celle du cap de Banc réalisée en 1861-1862, en appoint de la précédente. Le corps de garde de la batterie de l'île de Doume est le seul qui soit retranché par son fossé sur trois côtés seulement, le quatrième étant attenant à la muraille d'enceinte ou revêtement de la batterie, exceptionnellement haute, ce qui s'explique par l'étroitesse de l'îlot.
Vue du corps de garde crénelé type 1846 n°3 modifié de la batterie de l'ilôt de Doume.
Les projets rédigés et devisés dans la même période 1859-1861 n'avaient pas retenu la plupart des les batteries du secteur Est, à partir de celle du Cap Croisette et dans les baies de Cassis et La Ciotat, écartées parce que classées en 3e degré d'importance, à l'exception de la batterie de La Lecque (Cassis), de celles de l'île Verte et de celle dite du fort Bérouard, sur l'ancien bastion XVIe siècle casematé de La Ciotat (devant lequel un parapet d'artillerie avait été construit en 1839 sur le môle Bérouard), classées en 2e degré d'importance. La batterie de la Lecque, seule n'ayant pas déjà un réduit ancien, était prévue alors avec un corps de garde non défensif, non conforme aux normes des réduits 1846 et beaucoup moins coûteux. En dépit de ces restrictions, aucune des batteries de ce secteur Est, tant celles considérées dans les projets de 1846 à 1851-1852 que les trois encore prises en compte en 1861-1862 ne virent la réalisation des projets les concernant.
Le programme général des batteries de côte lancé en 1846 était achevé et clos en 1863, avec réalisation de onze réduits normatifs type 1846, à Niolon-Bas, Corbière, le Pharo, Mangue, Cap de Croix, Banc, Poméguet, pointe d'Endoume, îlot de Doume, Le Roucas Blanc, Montredon , plusieurs d'entre eux conçus légèrement agrandis pour ajuster leurs capacité à l'effectif.
Parallèlement, des travaux de réorganisation furent apportés aux positions de batteries du fort de Pomègues en 1860 et 1862-1864, et des ouvrages plus atypiques, co-conçus par des ingénieur des Ponts et chaussées, furent réalisés, à savoir les batteries sur casemates magasins construites à Marseille sur la digue du large fermant les nouveaux avant-port de la Joliette et le bassin Napoléon, en 1853-1856 et en 1858-1862.
Façade sur quai d'une des batterie de la digue du large du port de Marseille (Joliette/Napoléon)
Remaniements aux forts et création de casernes neuves à Marseille ville, 1860-1866
Toujours à Marseille, les années 1861 à 1866 furent consacrées à d'importants travaux de réparations au fort Saint-Jean. La façade extérieure donnant sur l'entrée du port du bâtiment sud, ancien logement du commandant et du major, fut reconstruite à neuf en 1862 avec 11 travées régulières de fenêtres et créneaux sur trois niveaux.
La même année, le fort Saint Nicolas fut coupé en deux sous-ensembles par la percée d'un nouveau boulevard rectiligne reliant le port à la nouvelle résidence impériale du Pharo, et traversant le bas fort. Le chef du génie Guillemaut redéfinit les nouvelles limites, du haut fort, préservé comme ensemble défensif autonome dont l'enceinte fortifiée devait être solidement refermée et retranchée, avec une nouvelle porte à pont-levis sur un petit fossé recoupant la rampe ouverte sur la nouvelle avenue. En revanche, le bas fort, diminué en surface et mais contenant une large place d'armes et divers bâtiments, était plus spécialement dévolu aux fonctions de logements d'officiers et de casernement, avec la construction d'un nouveau corps de caserne. L'Etat major étant exclusivement installé dans le bas fort, le casernement du haut fort avaient été reconvertis dès la décennie 1860 en prison militaire.
Des conférences ouvertes en 1858 entre les services du département de la guerre et la ville de Marseille avaient pour objet la réorganisation, sur de nouveaux emplacements, de la plupart des établissements militaires en ville, en particulier les casernes, devenues inadaptées ou promises à la démolition. Par une convention négociée en 1859, l’Etat abandonnait divers immeubles à la ville en échange du financement par celle-ci de l’aménagement d’un nouveau quartier militaire sur le plateau de Saint Charles, près de la gare, comportant principalement une caserne d'infanterie de 2400 hommes, une caserne pour deux batteries d'artillerie, et un nouvel arsenal d’artillerie. Les édiles marseillais posaient comme condition que la nouvelle caserne d'infanterie aurait un aspect monumental pour contribuer à l'embellissement de la ville. Le chef du génie Guillemaut, qui avait été le maître d’œuvre de la caserne Napoléon construite à Paris, à l’initiative de Louis-Napoléon Bonaparte, donna les plans de la grande caserne dite Saint-Charles ou du Muy, réalisée entre 1860 et 1863. Elle était composée d’un corps à trois pavillons dont un central plus haut avec frontons, et de deux ailes symétriques terminées par deux pavillons. Les pavillons dessinés, furent réalisés avec un surcroît de monumentalité ostentatoire suite à un avis du comité des fortifications et à une dépêche ministérielle de janvier 1861. Cette évolution du projet en cours de construction ajouta au pavillon central un dôme carré à belvédère et un décor sculpté abondant, et donna un surcroit d’élévation et de décor aux quatre pavillons d’angle.
Vue des façades et pavillons de la caserne Saint Charles.
La caserne d'artillerie conçue en 1860 pour 300 hommes et 100 chevaux, d'une architecture plus sobre et discrète fut construite entre 1862 et 1864 (nommée caserne Busserade).
Quelques années plus tôt, en 1856, le précédent chef du génie Boubée de Lespin avait été chargé de proposer sur le terrain de l'artillerie –initialement destiné à un nouvel arsenal- sous le fort St Nicolas, une nouvelle caserne d’infanterie de deux à trois bataillons. Ce projet de caserne Saint Victor, qui devait compenser la démolition annoncée de la caserne du Lazaret, propriété de la ville de Marseille mise à disposition de l’armée, fut reformaté trois fois entre 1856 et 1859, le dernier, pour deux bataillons d’infanterie (1530 hommes), adopté pour l'exercice 1859-1860, mais incomplètement réalisé, l'un des deux corps de casernes symétriques n'ayant jamais été construit.
Vue de la façade postérieure du corps de la caserne Saint Victor.
Nouvelle réforme des batteries de côte initiée par le programme Séré de Rivières
L'instruction de la commission supérieure de défense des côtes datée du 30 mai 1872, destinée à guider les commissions mixtes d’officiers de l’artillerie, du génie et de la marine pour la révision de l’armement du littoral, face aux progrès parallèles de la flotte de guerre à vapeur et de l’artillerie à longue portée, désormais rayée, ouvrait la voie à une nouvelle génération de batterie de côte, implantée en altitude. Ces nouvelles batteries étaient adaptées au bombardement pour le tir plongeant sur les ponts des navires, les batteries préexistantes à réorganiser, plus basses et proches de la côte étant des batteries de rupture, pour le tir tendu contre les coques des navires. Ce contexte a donné lieu, à partir de juillet 1874, au programme général de réorganisation du système défensif de la France conçu par le comité de défense sous l’autorité du général Séré de Rivières, directeur du service du génie. L’un des aspects constants des réorganisations réduisait considérablement le nombre des pièces d’artillerie des batteries, pour les doter de canons rayés de dernière génération, plus forts en calibre et plus performants en portée.
Les nouvelles normes de l'architecture militaire alors instituées, mises en œuvre par le Génie dans la chefferie de la place Marseille à partir de 1877, rendaient en partie obsolètes l'organisation des batteries de côte projetée et mises en œuvre entre 1846 et 1863. La réforme de leur armement entraina la réorganisation des épaulements, redistribués en sections d'artillerie simples ou doubles pour canons de 24 ou de 19 cm, séparées par des traverses importantes intégrant un abri casematé à usage de magasin.
Projets pour 1881, fortifications. Réorganiser la batterie de Niolon [plans], 1880.
L'une des vulnérabilités de ces batteries "type 1846" tenait à trop grande visibilité de leurs réduits, tours (plus hautes mais minoritaires) et corps de garde crénelés. La plupart des corps de garde crénelés des batteries de la chefferie de Marseille furent conservés mais réformés dans la décennie 1880, notamment sous l’autorité du chef du génie Eugène Morellet, en même temps que l'armement des batteries était réformé selon des principes redéfinis en 1879. La modification des réduits 1846 consista à recouvrir sous un rempart de terre deux à trois de leurs quatre faces, les plus exposés vers la mer, en transformant les parties de fossé concerné en galerie souterraine casematée, ce qui fut fait aux batteries de Mangue, de Niolon-Bas, de Corbière, du Pharo, de la pointe d'Endoume.
[Relevés de la batterie du Cap Mangue, état des lieux], 1886.
corps de garde crénelé type 1846 n°1 modifié de la batterie de Mangue, enterré sur 2 côtés en 1880
Le corps de garde de la batterie du Cap de Croix fut enterré sur ses quatre côtés et sur le dessus, donc invisibilisé, sa porte condamnée et remplacée par un passage traversant une de ses casemates pour assurer la continuité d’une rue intérieure encaissée desservant les deux groupes de la batterie. Certains réduits type 1846 ne furent pas remaniés, car situés dans des batteries alors jugées inadaptées et donc déclassées, celles de Banc, de l'îlot de Doume, du Roucas-Blanc et de Montredon. La tour du poste de Poméguet, qui n'était pas un réduit de batterie et dont la visibilité depuis la mer ne pouvait être masquée du fait de sa position et de sa hauteur, fut de même simplement abandonnée du fait de sa trop grande exposition aux tirs ennemis.
En revanche, les deux forts de hauteur anciens des îles du Frioul, caractérisés un plan irrégulier allongé échelonné en profondeur, firent l'objet à partir de 1879 de projets de réorganisation lourde, adaptée à la nouvelle artillerie et selon les nouvelles normes, avec plusieurs sections d'artillerie séparées par des traverses-abris, certaines plates-formes pour un canon adoptant un plan en hémicycle enveloppé d'un épais rempart de terre revêtu de maçonnerie. Ces projets réalisés dans la décennie 1880 entrainèrent la démolition complète de la tour florentine du fort de Pomègues et du donjon du fort de Ratonneau, œuvre de Raymond de Bonnefons, sacrifiés du fait de leur trop grande visibilité qui en faisaient des points de mire potentiels pour l'artillerie marine ennemie.
Une seule des batteries aux normes de 1846, celle du Pharo, la première réorganisée, dès 1877-1879, le fut en l'agrandissant et en créant à côté, à moins de 100m, sur le point haut du site, une nouvelle batterie de quatre canons, ce qui équivaut à une refondation partielle, la batterie existante avec sa tour type 1846 étant maintenue comme batterie basse annexe.
Le programme de réorganisation des batteries de côte mis en œuvre dans la chefferie de Marseille à partir de 1877 et dans la décennie 1880, comporta la création ex nihilo de trois batteries neuves sur des sites jugés stratégiques, à une altitude moyenne supérieure à celle des batteries de la génération précédente, et d'une conception dissemblable dans l'organisation. Bâtie en 1883-1884, la batterie de Caveaux, sur l'île de Pomègues (70m d'alt.), autour d'un sémaphore, se compose de trois batteries distinctes de chacune deux canons, deux d'entre elles dans une enceinte fermée et retranchée, la troisième détachée, accessible depuis la partie close par une poterne et une tranchée. Le casernement n'est plus un réduit défensif retranché par un fossé mais un bâtiment casematé invisible depuis le large, enterré sur deux côtés sous un important rempart ou masse couvrante, défilé sur un troisième par une haute traverse-abri recouvrant le magasin à poudre.
[Plan d'état des lieux de la batterie de Caveaux avec projet de souterrain-caverne], 1890.
La batterie haute de Niolon, bâtie entre 1882 et 1885 à 175 / 191m d'altitude, au-dessus de la batterie (basse) de Niolon, mais nettement en arrière de la côte, se compose de deux sous-ensembles, une batterie principale fermée dans une enceinte retranchée, aves deux doubles sections d'artillerie, une caserne casematée sous masse couvrante avec façades sur ses deux côtés opposés à la côte, et une batterie annexe ouverte, à 200m de distance, accueillant une double section d'artillerie.
[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886.
Les réalisations d'architecture militaire de cette génération, comme de la précédente, ne comportant dans la chefferie de Marseille que des batteries de côte et aucun fort, les caractéristiques architecturales des forts dits Séré de Rivière ne s'y retrouvent, de manière limitée et moins robuste, que dans certains aménagements des deux batteries fermées neuves de Caveaux et de Niolon Haut, à savoir, le revêtement d'enceinte avec fossé de retranchement (et caponnière à Niolon Haut), et les façades du casernement. La troisième batterie neuve alors fondée est celle de Figuerolles, conçue en 1889-1890, pour compléter l’action de l’artillerie lourde de marine de la proche batterie haute de Niolon par une batterie de mortiers de 270mm modèle 1885. Il s'agit d'une batterie plus sommaire, non renfermée dans une enceinte.
Cette batterie de Figuerolles appartient déjà à la décennie 1890, qui intègre de nouvelles contraintes défensives et apporte des remaniements aux batteries conçues avant 1886. A cette dernière date, l'apparition de l'obus torpille, chargé à la mélinite (explosif brisant deux fois plus puissant que la poudre noire) ne permet plus aux masses couvrantes de terre protégeant les casernements et les magasins (traverses-abris) des ouvrages Séré de Rivières de garantir leur sécurité. Les batteries de côte exposées qui venaient d'être réorganisées, comme, entre autres, celles de Niolon-Bas, de Mangue durent être pourvues de nouveaux magasins à poudre et munitions, ateliers et soutes creusées en caverne dans le substrat rocheux à 10m de profondeur. Les sections d'artillerie furent dans certains cas renforcées en proposant des traverses pare-éclats maçonnées.
[Plans du projet de réorganisation de la batterie de Niolon Bas pour son nouvel armement], 1890.
L'obsolescence constatée de diverses batteries de côte exposées dont la réforme n'avait pas été accomplie autour de 1880, et n'était pas envisagée, entraina une série de déclassements définitifs en 1888 (plus de 15 batteries, dont certaines désarmées de longue date), la plupart déjà proposés dès 1882. Ces déclassements concernèrent les batteries situées hors la baie de Marseille à l'Est (désarmées) soit toutes celles de la baie de La Ciotat et de la baie de Cassis, celles de Riou et Morgiou, celle de l'îlot de Doume. La batterie du Cap Croisette, bien qu'obsolète, n'est pas déclassée, sa situation étant jugée sensible et objet potentiel d'un nouveau projet. A Marseille furent déclassées les batteries de la digue du large, et, dans le grand secteur ouest, peu défendu, le fort de Bouc et la Tour de Port Saint Louis du Rhône.
En contrepartie, la décennie 1890 voit encore la création, à l'Est de la baie de Marseille, sous l'autorité du chef du génie Lucien Cauvin, de trois nouvelles batteries de côte, dont deux en hauteur et en retrait, proposées en 1888 par la commission d'études pour la défense du littoral. Peu exposés aux tirs ennemis, ces deux batteries, sont conçues (comme celles de Niolon-Haut et de Figuerolles sur l'ouest de la baie), l'une pour des canons, l’autre pour trois mortiers de 270 mm. Leur architecture est assez rétrograde. La seconde, dite batterie de mortiers de Croisette, au lieu dit Les Goudes, est renfermée dans une enceinte polygonale flanquée de bastionnets, avec casernement non casematé abrité par un terre-plein formant parados est.
Vue aérienne oblique de la batterie de Croisette ou des Goudes
La batterie de canons, dite de l'Escalette, se compose de deux batteries contigües de quatre canons chacune, la plus forte de quatre plates-formes pour pièces de 24cm, l'autre de deux doubles plates-formes pour pièces de 95mm. L'ensemble n'est pas renfermé dans une enceinte continue, mais ouvert à la gorge, celle-ci étant dominée par un réduit défensif crénelé cubique inspiré des tours crénelées type 1846, capable de battre les abords.
Réduit défensif crénelé de la batterie de l'Escalette
La troisième batterie neuve de ce secteur de la baie est celle du Mont-Rose, plus exposée sur bord même de la côte, bâtie en 1889-1890. Il s'agit d'une batterie fermée, conçue pour cinq pièces de 24cm, réparties en trois plates-formes hautes, deux basses, au-dessus d'un souterrain desservant des magasins en caverne.
[Relevés de la batterie du Mont Rose, état des lieux], 1896.
La batterie de Caveaux à Pomègues, l'une des plus importantes créées à neuf dans la première moitié de la décennie 1880, fut complétée à partir de 1895 de deux batteries annexes de chacune trois canons de 95mm à tir rapide, l'une contiguë à la batterie principale, l'autre distante de 300m, dite de Caveaux-Est, à un emplacement près duquel fut déplacé en 1904 le sémaphore de Pomègues. Cette dernière se distingue par sa conception à double crête, bidirectionnelle ou réversible, permettant une rotation complète (360°) des pièces d'artillerie, disposition rare, présente dans une des batterie de 270mm créée alors dans le fort de Ratonneau, et à la batterie haute du Lazaret, à Saint-Mandrier près de Toulon (1882).
Enfilade des quatre plates-formes de canon à double crête de la batterie de Caveaux-Est
Les postes photo-électriques et ultimes retouches de batteries autour de 1900
Après accomplissement de l'effort de réorganisation défensive des batteries de côte dans les deux dernières décennies du XIXe siècle, la prévention des attaques nocturnes par des navires de guerre ennemis, rendue possible sans risque d'accident par les progrès techniques de la flotte de guerre, fut à l'ordre du jour. La solution fut la mise en place, plus ou moins planifiée à partir de 1899, d'un réseau de postes de projecteurs, dits postes photo électriques, répartis le long des côtes et éclairant les secteurs de la baie de Marseille battus par les batteries de côte actives et récemment réorganisées, ce qui permettait le réglage du tir de nuit de ces batteries. Ces postes photo-électriques était conçus selon des dispositions assez normatives, avec abri de combat en tête, bétonné, de plan en fer-à-cheval, couvrant le projecteur, relié à l'arrière par un court chemin ferré à un abri de repos souvent en partie creusé en caverne, et complété d'un local technique avec salle des machines, abri du personnel et magasin à pétrole, et d'un poste de commandement.
Deux postes photo-électriques assez rapprochés furent construits en 1902-1903, l'un sur le cap Croisette, en contrebas de l'ancienne batterie de 1812 désarmée et abandonnée, l'autre en avant, sur l’île Maïre, complété de bâtiments militaires pour le logement du personnel. Ces deux postes étaient dédiés à l’éclairage nocturne des batteries récentes de Croisette (ou fortin des Goudes) et de l'Escalette, pour le secteur ouest. Un autre poste construit dès 1899-1900, en contrebas de la batterie voisine du Mont-Rose, fut agrandi en 1903 et 1906. Au Roucas-Blanc, le poste photo-électrique mis en place vers1900 au pied de l'ancienne batterie qui venait d'être déclassée, après avoir été désarmée en 1895, éclairait les tirs à longue portée vers le nord / nord-ouest des nouvelles batteries de Croisette, de l'Escalette et du Mont-Rose. Celui de la batterie du Pharo, fut construit en 1902 contre l'enceinte même de la batterie basse, avec galerie souterraine et abris annexes.
Plusieurs postes photo-électriques furent mis en place sur les îles du Frioul, face au large. L'un fut construit en 1899, à 50m et en contrebas de la batterie de Mangue (île de Ratonneau), laquelle avait été renforcée en 1893 d' une batterie annexe ouverte contigüe pour quatre canons de 95mm.
[Plans et coupes du poste photo-électrique de Mangue], c. 1900
Deux autres furent bâtis vers 1900 en deux points du cap Caveaux (île de Pomègues), le premier en contrebas de la nouvelle batterie annexe de Caveaux-Est, à une centaine de mètres de distance, l'autre, à l'opposé, à une distance équivalente de la batterie principale du cap Caveaux.
Poste photo-électrique de Caveaux-Est, vue plongeante prise du sémaphore
Après mise en place de ce dernier poste, cette batterie principale fut profondément réorganisée, sur projet de 1905, en une batterie unique rectiligne pour quatre canons de 240 mm modèle 1903, encadrés par cinq magasins de combat en béton armé type 1901, remplaçant les traverses-abris des générations précédentes. Les bâtiments (caserne, corps de garde) furent aussi en partie reconstruits à l'occasion. Cet exemple de modernisation d'une batterie peu après 1900 avec magasins de combat est unique dans le secteur de Marseille.
Dans le secteur ouest de la baie de Marseille, des postes photo-électriques furent mis en place l'un au pied de la batterie de Corbière, un autre, en 1900, à 1200m à l’ouest de la batterie de Niolon-Bas, au service desdites batteries et de celles, plus hautes, de Niolon Haut et de Figuerolles.
L'état des batteries de côte avant la seconde guerre mondiale, réarmement et constructions neuves.
Le contexte de la première guerre mondiale n'a pas eu d'impact significatif sur l'état des batteries de côte du secteur des Bouches du Rhône. On peut toutefois mentionner à Port St Louis du Rhône la mise en place, en 1915-1916, d'une batterie de circonstance dite des Cabanes du Levant pour trois canons de 95 mm modèle 1888 sur la rive droite du Rhône, à 5km en aval de la tour du XVIIIe siècle.
Le 21 septembre 1917, la Marine française obtenait par décret la compétence exclusive sur la défense côtière, auparavant assurée par le génie ou partagée.
Un nouveau programme d'ensemble concernant les batteries de côte, réforme de l'armement et constructions neuves, est entrepris et réalisé entre 1924 et 1939. Le premier cas est celui de Batterie basse de Niolon, dont l’épaulement fut réformé en 1924 pour recevoir une batterie d’artillerie légère de quatre pièces de 120mm, mle 1878 logées dans des cuves béton.
Le scénario a minima pour certaines batteries de côte, à partir de 1927, semble avoir été leur réarmement avec deux canons de 75mm, mle 1908 placées en cuves béton sur des plates formes préexistantes (notamment de 95mm), avec un petit poste de direction de tir. C'est ce que l'on constate dans les batteries de Méjean, de Corbière, du Château d'If, du Cap de Croix (île de Ratonneau), de Caveaux annexe (île de Pomègues), de la Pointe d'Endoume.
cuve béton de canon de 75mm dans la batterie du Cap de Croix
La batterie de mortiers de Croisette (Les Goudes), transformée en batterie de semonce, fut réarmée de deux canons de 95 mm modèle 1888.
Des cas plus complexes, ou des choix de calibres différent furent mis en œuvre dans d'autres batteries. Au Fort de Bouc dit alors fort Vauban, l'armement décidé en 1930 était de quatre canons de 75mm de 10km de portée, mis en cuves béton avec soutes entre 1935 et 1937, un poste de direction de tir étant installé en haut de la tour du XVe siècle à côté du fanal.
Plan d'état des lieux après guerre du fort de Suffren de Bouc dit fort Vauban], 1945.
La batterie de Mangue (île de Ratonneau) était armée en 1939 de deux pièces de 75mm modèle 1897, de deux autres de 24cm modèle 1884 déclassées, sa batterie annexe conservant ses quatre pièces de 95mm, replacés sur affuts modèle 1904.
La batterie principale du Cap Caveaux, réorganisée en 1905, fut à nouveau réformée en 1927-1928, pour recevoir quatre pièces de 138mm modèle 1910 sur affut de côte modèle 1919. Afin d'obtenir un plus grand espacement des pièces, deux plates-formes sur quatre de la batterie de 240mm furent adaptées en cuves circulaires bétonnées.
Au sein de ce programme, se détachent deux cas de construction d'une puissante et performante batterie neuve, l'une à l'ouest, hors de la baie de Marseille, l'autre à l'extrémité sud-Est de la même baie. La première est la batterie de La Couronne, sur un site choisi peu avant 1933 pour déployer un armement de quatre pièces de 138mm modèle 1910, en cuves modèle 1925, implantées pour assurer des tirs d'une portée de 18km. Seule de sa catégorie alors créée ex nihilo dans le secteur de Marseille-Fos, elle remédiait à l'absence d'artillerie principale moderne sur l'aile ouest de la côte. les quatre cuves, armées en juillet, et le poste de direction de tir, furent garnis de voiles de camouflage conçus par le peintre de la marine Pierre Gatier, celui du PDT en ciment modelé sur grillage imitant le rocher, celui des cuves constitué d'un parapluie métallique découpé pour simuler des ramures végétales.
La seconde batterie neuve, encore qu'implantée en partie sur le site d'une ancienne batterie de l'Empire, celle du Cap Croisette, est la batterie dite Fort Napoléon, aménagée à partir de 1929, pour le même armement que celui de la batterie de La Couronne, soit de quatre canons de 138 mm modèle 1910, en cuves béton modèle 1925, . L'ensemble était organisé sur un linéaire étendu à partir de l'ancienne batterie, qui accueillait une des cuves, les autres étant échelonnées en arrière, espacées, servies par un poste de direction de tir tripartite (télémétrie, calcul, observation) et des magasins souterrains en caverne. La batterie principale était complétée d'une section éclairante de deux pièces de 75mm modèle 1897 un peu plus à l'arrière et en contrebas. un poste de direction de tir auxiliaire fut installé entre 1930 et 1934 sur le point haut de l'île Maïre à 134m d'altitude.
Parallèlement, la défense antiaérienne française donna lieu, à l'entrée en guerre de 1939, à la construction et à la mise en service d'une série de batteries de DCA (défense contre aéronefs) sur des sites isolés, parfois très en retrait de la côte, dont huit dans le secteur de Marseille, plusieurs autres dans ceux de Martigues, Fos et Port-Saint-Louis. Construites à la hâte, avec des aménagements souvent sommaires, elles furent pour la plupart armées de canons de 75 mm antiaériens sur affût rotatif C.A. Mle 15 (1915) pièces remontant à la première guerre mondiale, réutilisées et installées en cuves selon les normes en vigueur à cette époque, peu performantes, certaines bénéficiant de modèles un peu plus récents. Ces batteries de DCA furent pour la plupart désarmées définitivement et dissoutes en aout 1940, à la suite de l'armistice, après moins d'un an de service, et ont laissé peu de restes significatifs dans le paysage, à l'exception notable de celle de Septèmes-les Vallons, seule bien conservée avec ses affuts métalliques rotatifs restés en place dans les cuves.
Cuve pour canon de 75mm de la batterie de DCA de Septèmes-les-Vallons avec châssis-affut pivotant.
Les batteries et ouvrages allemands du Südwall
Voir le sous-dossier consacré à cette thématique : IA13006283.
L'organisation défensive étatique du territoire de la place-forte de Marseille (actuel département des Bouches-du-Rhône), s'est appuyée de façon constante au fil de son histoire militaire, du XVIe au XXe siècle, sur des ouvrages fortifiés exclusivement littoraux, contrôlant les approches maritimes, essentiellement des batteries de côte, peu de forts, tous côtiers. Aucun de ces ouvrages d'artillerie n'était dévolu à la défense terrestre, excepté pour le front de terre des trois forts de Marseille contrôlant à la fois le port, le large et la ville de Marseille. L'indépendance de cette ville a toujours empêché la réalisation d'une véritable ville forte faute de concrétisation de la prise en charge de la fortification urbaine par l'Etat.
Cette histoire de la fortification publique d'Etat dans l'étendue de la place forte de Marseille (baie de Marseille, secteur ouest des Bouches du Rhône et Martigues, secteur Est : baies de Cassis et de La Ciotat) se décompose sommairement en plusieurs grandes phases :
-Fin du règne de François Ier : création de deux petites forteresses marseillaises portant artillerie, le château d'If, insulaire, de conception traditionnelle, et le fort Notre-Dame de La Garde, bastionné.
-Période de la Ligue : fortification des îles du Frioul par les contingents florentins du grand duc de Toscane Ferdinand Ier de Médicis, appelés au secours par les officiers royaux contre l'alliance des ligueurs marseillais et du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier.
-Fin du règne d'Henri IV : achèvement des fortifications florentines du château d'If et des forts de Pomègues et Ratonneau par Raymond de Bonnefons, ingénieur du roi en Provence, également maître d'oeuvre du front bastionné du fort de Bouc à Martigues, sur un projet antérieur.
-Début du règne de Louis XIV : création de la citadelle ostentatoire Saint-Nicolas et du fort Saint-Jean, contrôlant l'entrée du port de Marseille, confiée à Louis-Nicolas de Clerville commissaire général des fortifications. Ces deux forts affirmaient la reprise en main du contrôle stratégique de la ville et du port par le pouvoir central.
-1695 : conception et mise en œuvre d'un programme de construction de batteries de côte sommaires pour assurer la sureté de la navigation des galères royales et des flottes de commerce dans la baie face aux menaces de croisière anglaise de l'amiral Russel. Réalisation confiée au Maréchal de Tourville, lieutenant-général des armées navales, étendue aux baies de Cassis et La Ciotat, aboutissant à la création d'une vingtaine de batteries.
-1701 : projet général de Vauban pour la place forte de Marseille, avec notamment celui d'une nouvelle citadelle au fort Notre-Dame de La Garde et celui du renforcement de cinq des batteries de côte de 1695. Aucun des articles de ce projet ne sera réalisé, d'où une absence d'ouvrages initiés par Vauban dans la place forte de Marseille.
-Guerres révolutionnaires et premier Empire : Réhabilitation et réarmement, en deux phases (An3-an 9, puis 1811-1815), de la majeure partie des batteries de côte de 1695, avec création de quelques nouvelles batteries. Projets de tours-modèles de type défini en 1811 pour servir de réduits de batterie défensifs ; une seule sera réalisée dans la territoire de la place forte de Marseille (à l'île Verte de La Ciotat).
-1846-1863 : projets successifs et mise en œuvre de nouvelles batteries de côte, soit créées ex nihilo (minoritaires), soit sur des batteries antérieures réorganisées, avec modernisation de l'armement à plus longue portée. Ces batteries appliquent des normes fixées en 1846, en particulier concernant les réduits défensifs, déclinés en deux catégories de trois tailles chacune, en fonction du nombre de canons et d'hommes : tours crénelées (deux niveaux casematés) ou corps de garde crénelés (un niveau casematé). Onze réduits normatifs, dont deux tours et neuf corps de garde, certains modifiés pour leur donner une taille intermédiaire, ont été réalisés, pour l'essentiel entre 1859 et 1863.
-1860-1866 : Remaniements aux forts et création de casernes neuves à Marseille ville. Le fort (ex citadelle) Saint Nicolas est coupé en deux par une avenue reliant le port au palais impérial du Pharo. De nouvelles casernes, dont celle de Saint-Charles, à l'architecture monumentale, sont construites aux termes d'accords entre l'Etat et la ville.
-1877-1895 : Nouvelle réforme des batteries de côte initiée par le programme Séré de Rivières, en deux phases : 1° Modernisation et renforcement des défenses d'une sélection de batteries face à l'artillerie rayée, avec traverses-abris, enterrement partiel des réduits de batterie type 1846, construction de trois batteries neuves en plus haute altimétrie que celles préexistantes, à l'ouest de la baie et dans l'île de Pomègues. 2° Obsolescence constatée des batteries les plus exposées, face à la crise de l'obus-torpille, déclassement définitif d'une série de batteries, dont celles des baies de Cassis-La Ciotat, creusement de magasins souterrains en caverne dans plusieurs batteries récemment réorganisées, création de trois autres nouvelles batteries en plus haute altimétrie, à l'Est de la baie.
-1899-1905 : création d'un réseau de postes photo électriques, répartis le long des côtes et éclairant les secteurs de la baie de Marseille battus par les batteries de côte récemment réorganisées, pour le réglage du tir de nuit de ces batteries. Réorganisation d'une batterie du Frioul (Caveaux) avec abris de combat en béton armé.
-1927-1939 : Réforme pondérée et modernisation de l'armement des batteries de côte, placé en cuves béton. Construction de deux puissantes batteries neuves, à la Couronne (Martigues) et au fort Napoléon (Cap Croisette), avec postes de direction de tir béton et camouflage. Création d'une série de batteries de DCA en 1939, désarmée à l'armistice de 1940.
-1943-1944 : mise en oeuvre du programme de fortification côtière dit du Südwall par l'occupant allemand.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 16e siècle
- Principale : 4e quart 16e siècle
- Principale : 1er quart 17e siècle
- Principale : 3e quart 17e siècle
- Principale : 4e quart 17e siècle
- Principale : limite 18e siècle 19e siècle
- Principale : 1er quart 19e siècle
- Principale : milieu 19e siècle
- Principale : 4e quart 19e siècle
- Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
- Secondaire : 2e quart 20e siècle
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Statut de la propriétépropriété publique (incertitude)
propriété privée
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Protections
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Projet des ouvrages que l'on a jugé nécessaires pour la seureté tant de la ville de Marseille que de ses rades, 27 septembre 1694. Service Historique de la Défense, Vincennes, 1VH1076, n° 14.
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Projet de Marseille, [mémoire de Vauban sur les fortifications], 11 avril 1701. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1076, n° 33.
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Mémoire sur l'état de situation de la place de Marseille et de ses dépendances par Jean-Joseph-Amable Tournadre (aîné), 20 novembre 1816. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 16.
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Atlas des batteries de côte des baies de Marseille et de La Ciotat, 1818. Par Tournadre aîné. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4.
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Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 1846 par Marie-Tranquille Lebas, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1084, n°1.
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Etat estimatif de la dépense à faire pour l'organisation des batteries de côte pour 1849, par Marie-Tranquille Lebas. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1085.
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Place de Marseille. Mémoire sur les projets pour 1859-1860 par Alphonse-Louis-Bernard Boubée de Lespin, 14 mars 1859. Service Historique de la Défense, Vincennes 1VH 1088.
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Place de Marseille. Mémoire sur les projets de 1860-1861, par Charles Alexandre Guillemaut, 12 février 1860. Service Historique de la Défense, Vincennes, 1VH 1088
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Place de Marseille. Mémoire sur les projets de 1861-1862, par Charles Alexandre Guillemaut, 10 février 1861. Service Historique de la Défense, Vincennes, 1VH 1089.
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Set le portr(ait) de la Tour de Bouc et fortificacions d'icelle faict en l'année 1592. / Dessin, par Antoine Borel. 1592. Archivio di Stato, Biblioteca Antica, Turin : Architettura militare, disegni di piazze et fortificazioni, vol. III, f° 4.
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[Vue cavalière du château d'If]. / Dessin, c. 1591. Archivio di Stato, Biblioteca Antica, Turin : Architettura militare, disegni di piazze et fortificazioni, vol. III, f° 22
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[Plan et profil du corps de place du fort de Ratonneau, détail d'une planche]. / Dessin aquarellé par Antoine Niquet, 1702. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1076 n°33
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[Le haut fort de la citadelle de Marseille]. / Plan-relief, c.1670. Musée des Plans-reliefs Paris.
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Vue cavalière du fort Saint Jean du côté de la ville [Est]. / Dessin aquarellé, novembre 1671, Service Historique de la Défense, Vincennes : Fonds Nivard, Ms. 144 n°8 (1)
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Plan des batteries de canons & de mortiers faites le long des costes de Marseille & des Isles [...] pour la deffense de la Ville & de ses environs. / Dessin aquarellé, 1695. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1076 n°21.
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Plan du cap de Niolon et de la batterie proposée à y faire [projet de Niquet et Vauban] ./ Dessin teinté, 21 aout 1701. Service Historique de la Défense, Vincennes, 1VH1076
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Plan du Fort de NE Dame de la Garde. / Dessin par Sébastien Le Prestre de Vauban, 1701. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1076 n°33
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Plan et profil de la tour des Bouches du Rhône [Etat projeté]. / Dessin aquarellé, par le sous directeur des fortifications, dirigé par Garavague, directeur des fortifications, 6 frimaire an 4. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 2.
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Plan et profils de la batterie du Cap Croisette. / Dessin aquarellé par Tournadre aîné, feuille de l'atlas des batteries de côte de 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4, pl. 22.
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Plan et profils de la batterie de Mounine. / Dessin aquarellé par Tournadre aîné, feuille de l'atlas des batteries de côte de 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4, pl. 23.
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Plan et profil de la tour-modèle n°2 de l'île Verte près La Ciotat. / Dessin aquarellé par Tournadre aîné, feuille de l'atlas des batteries de côte de 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4, pl. 31.
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Plan de la batterie dont la construction a été ordonnée au Cap Morgiou par le décret de sa majesté du 17 9bre 1810 [...]. [Plans d'ensemble et de détail des bâtiments du projet de double batterie au cap Morgiou]. / Dessin aquarellé par François, dirigé par Geoffroy, sous-directeur des fortifications, 18 avril 1811. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079 n°10.
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Plan et profils de la batterie de La Lecque. / Dessin aquarellé par Tournadre aîné, feuille de l'atlas des batteries de côte de 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4, pl. 26.
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[Plan et profil du projet de reconstruction de la batterie de Cacao]./ Dessin aquarellé par Lebas, chef du génie, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1084, n° 1
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[Plan de projet de reconstruction de la batterie de Corbière pour 6 pièces]. / Dessin aquarellé par Auguste. Schoennagel, Marie-Tranquille Lebas, 17 février 1849. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1085
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[Plan et coupe du projet de reconstruction de la batterie de Cacao pour 1851-1852]./ Dessin aquarellé par le capitaine du génie Roulet, dirigé par Lebas, chef du génie, 14 décembre 1850. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1086
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Projets pour 1881, fortifications. Réorganiser la batterie de Niolon [plans]./ Dessins aquarellés par Jules Chéry et Victor Marchand, décembre 1880. Service Historique de la Défense, Vincennes : GR 7N 1910
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[Relevés de la batterie du Cap Mangue, état des lieux]. / Dessins aquarellés, feuille d'atlas des bâtiments militaires, par E. Morellet, chef du génie, 29 mai 1886. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K2 237.
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[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe]. / Dessins aquarellés, par Eugène Morellet, mai 1886. Service Historique de la Défense, Toulon : feuilles d'atlas des bâtiments militaires, n° 69-70-71, 2K2 237
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[Plans du projet de réorganisation de la batterie de Niolon Bas pour son nouvel armement]./ Tirage par Joseph Lucien Cauvin et Faure, 15 janvier 1890. Service Historique de la Défense, Vincennes : GR 7N 1910
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[Plans et coupes du poste photo-électrique de Mangue]. / Tirage teinté, c. 1900. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 24 (4).
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[Plan d'état des lieux après guerre du fort de Suffren de Bouc dit fort Vauban]. / Tirage, 1945. Archives communales, Martigues : non coté.
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[Trois vues de détail des pièces d'artillerie de 138mm en cuves camouflées de la batterie de la Couronne]. / Photographies ECPAD, 1944. Dans : "Südwall, batteries côtières de marine, Port-Vendres, Sète, Fos, Marseille, Toulon". / CHAZETTE, Alain, GIMENEZ, Pierre. Vertou : Editions Histoire & fortifications, 2009, p. 83.
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FAUCHERRE Nicolas et BRIGHELLI Jean-Paul, Le château d'If et les forts de Marseille, Paris, coll. Itinéraires du Patrimoine, Editions du Patrimoine, 1999.
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FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française, Métropole et Outre-mer, 1874-1914. Welkenraedt : auto-édition, 2008.
Bibliographie
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BUISSERET, David, Ingénieurs et fortifications avant Vauban, l’organisation d’un service royal aux XVIe-XVIIe siècles. – Paris : Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 2002.
Documents figurés
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Projet pour l'organisation des batteries de côte. Batterie de Riou. [Plan]. / Dessin aquarellé par Lebas, chef du génie, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1084, n° 1.
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[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, plan de situation]. / Dessin aquarellé dirigé par Lebas, chef du génie, 17 février 1849. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1085.
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[Plan d'état des lieux de la batterie de Caveaux avec projet de souterrain-caverne]. / Dessin aquarellé, 1890. Service Historique de la Défense, Toulon : 90 094 41
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[Relevés de la batterie du Mont Rose, état des lieux] . / Dessin aquarellé (feuille d'atlas des bâtiments militaires), par Ducray, chef du génie, 2 juin 1896. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 24.
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.
Parties constituantes
- Caserne d'infanterie dite caserne d'Aurelle ou caserne Saint-Victor
- Batterie de côte de Riou
- Ligne fortifiée dite ouvrages défensifs du Südwall
- Batterie de côte de la pointe des Lombards
- Caserne Audéoud
- Edifice logistique : base sous-marine allemande du cap Janet dite Bunker Martha, actuellement data center
- Batterie de côte de Mangue dite de Brégantin ou Brégantine et poste photo-électrique
- Fort puis batterie de Ratonneau
- Réduit dit poste de Pomègues ou Tour de Poméguet, puis poste d'observation
- Tour Saint Louis
- Batterie de côte de Caveaux-Est dite du sémaphore de Pomègues et poste photo-électrique
- Batterie de côte de Banc
- Batterie de côte du Cap Croisette dite Fort Napoléon
- Batterie de côte de Figuerolles, batterie de mortiers
- fortification d'agglomération
- Batterie de côte de Cacao
- Fort de Bouc
- Fort de Pomègues
- Batterie de côte du Pharo
- château fort, puis batterie
- Batterie basse de Niolon
- Batterie haute annexe de Niolon
- Batterie de côte du Mont Rose et poste photo-éléctrique
- Caserne d'artillerie Busserade
- Fort Saint-Jean
- Château d'If
- Batterie de côte de l'îlot de Doume ou Degaby, dite aussi fort Tourville
- Batterie de côte du Cap de Croix
- ensemble fortifié : batteries de côte de l'Ile Verte
- Citadelle dite fort Saint Nicolas
- Batterie haute de Niolon dite de Niolon Haut
- Batterie de DCA de Septèmes-les-Vallons
- Double batterie du Cap Morgiou (batterie de côte)
- Batterie des Cabanes du Levant
- Batterie de côte de l'Escalette
- Batterie de côte de la Couronne
- Batterie de côte de la Lecque
- Batterie de côte de Corbière
- Batterie de côte du Roucas Blanc
- Batterie de côte de la Pointe d'Endoume
- Batterie de Mounine
- Batteries de côte de la Digue du large, dite batteries de la Joliette, batteries du bassin Napoléon ou encore batteries de l'abreuvoir
- Batterie de côte de Croisette (batterie de mortiers) dite fortin des Goudes
- Caserne Saint-Charles ou du Muy
- Batterie de côte de Caveaux et poste d'observation photo-électrique
- Fort Notre-Dame de La Garde
- Batterie de côte du Môle Bérouard et double caponnière de communication
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.