Photographe Inventaire général.
- enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bouches-du-Rhône
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Commune
Cassis
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Lieu-dit
pointe de la Cacau
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Adresse
,
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Cadastre
2026
CS
25
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Précisions
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Dénominationsbatterie
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Précision dénominationbatterie de côte
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Appellationsbatterie de Cacao
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Dossier dont ce dossier est partie constituante
I- Historique, topographie et typologie générale
La batterie de Cacao, implantée à la pointe d'une petite presqu'île entre deux calanques étroites mais abordables, dites de Port-Pin et Port-Miou, est une des rares batteries de côte des baies de Marseille, Cassis et La Ciotat fondée ex nihilo durant la période des guerres révolutionnaires. Elle n'était pas encore commencée ni projetée en l'an 3 de la République, à la différence de celle de Riou. La première mention la concernant se trouve dans un mémoire raisonné sur l'état actuel des fortifications du secteur de Marseille et de La Ciotat, rédigé par Jean-François Sorbier, directeur des fortifications à Toulon et Boyer, sous-directeur1, daté du 15 frimaire an 9. Très succincte, cette mention signale des réparations a faire aux ouvrages inachevés endommagés par des vents impétueux, et précise qu' on n'y a fait encore aucun logement, et que pour le service, une bastide existant sur le site a été louée à un particulier, mais que celle-ci n'est pas hors d'eau. La construction d' une caserne, avec agrandissement de la batterie, était proposée dans les projets pour l'an 12.
En 1804 , un état nominatif des batteries de côte dépendant de la direction de Toulon depuis Cassis jusqu'au Cap Sicié 2 précise que la batterie de Cacao, qui défend l'entrée du golfe de Cassis, les approches de la côte et le mouillage de Port-Miou, est une batterie ouverte revêtue de maçonnerie, armée de 3 pièces, une de 24, une de 18 et une de 12. Il n'en dépend alors qu'un seul bâtiment servant de caserne et de magasin à poudre, tenu à loyer (soit la bastide mentionnée en l'an 9).
Cette batterie de côte isolée subit des dommages importants en 1813, perpétrés par des contingents anglais débarqués sur la côte, comme celles de Morgiou la même année, et celles de l'ïle Verte en 1812. Le rétablissement de la batterie de Cacao et l'amélioration du château de Cassis, proposés par le chef du génie de Marseille et sous-directeur des fortifications Jean-Joseph Amable Tournadre, dit Tournadre aîné, firent l'ordre du jour d'une séance du comité central des fortifications du 14 septembre 1813 présidée par le général du Génie Andreossy3. La reconstruction de la batterie, prise et détruite la nuit du 2 au 3 aout dernier, occasionnerait une dépense estimée à 14600 francs. Les améliorations proposées comportaient un mur crénelé fermant la batterie à la gorge, que le comité jugeait d'une médiocre défense, d'autant que son développement exigerait une garnison plus forte que le nombre d'hommes nécessaire au service des pièces. L'isolement des divers bâtiments portés au projet paraissait également peu convenable à la défense, en conséquence de quoi les membres du comité jugèrent préférable de défendre la gorge de cette batterie par une tour-modèle n°4 qui flanquerait les deux murs crénelés destinés à fermer la batterie (...) Le chef du génie fit connaitre qu'il ne pouvait être affecté dans l'immédiat à la défense du golfe de Cassis que 10.000 francs, ce qui permettait de faire de suite les murs crénelés, le glacis de la tour, les fondations de cette tour et les murs jusqu'à hauteur nécessaire pour avoir la citerne, le magasin à poudre et le magasin des vivres. De l'avis général, la tour pouvait être achevée dans l'exercice annuel suivant.
Dès le 8 octobre 1813 Tournadre aîné donnait une planche de plans et profils du projet de reconstruction de la batterie, contresigné par Dianous, directeur des fortifications .
[Plans et profils du projet de rétablissement de la batterie de Cacao],1813.
La tour modèle n°4 proposée, implantée à l'arrière de sa gorge, retranchée par un fossé taillé dans le roc y est reliée à l'épaulement du côté gauche de celui-ci par un mur crénelé fossoyé formé d'une courtine entre deux demi-bastionnets. Du côté droit, le mur de fermeture était proposé directement sur l'escarpement naturel du cap. Le plan de l'épaulement proposé, formé d'un parapet maçonné épais, était en anse de panier, soit un front rectiligne face au large prolongé de branches en retour symétriques avec angle arrondi, adapté à cinq pièces sur affut de côte et une pièce sur affut marin, pour laquelle était prévu une unique embrasure dans le retour droit du parapet. La tour proposée, de plan rectangulaire tendant au carré, intégrait en rez-de-chaussée (en fait soubassement, au niveau du fossé), les différents magasins, à poudre, d'artillerie, à vivres, le logement du gardien et un puisart pour la citerne en sous-sol. L'étage (niveau de la porte d'entré) décloisonné, avec pilier central, aux murs percés de créneaux rapprochés, était dédié au logement de 40 hommes. Deux petits canons étaient prévus dans cette pièce, un de chaque côté de la porte, pour chasser l'ennemi de la batterie s'il était parvenu à y pénétrer. un étage supérieur formé d'un parapet crénelé à bretèches était prévu, enveloppant le toit encaissé sur charpente de la tour.
Le projet évolua rapidement, comme le montre, signé des mêmes Tournadre aîné et Dianous, un plan du cap de la Cacao et de la batterie qu'on propose d'y reconstruire, daté du 20 décembre 1813, donnant l'état d'avancement du projet trois mois après les avis du comité central des fortifications.
Plan du cap de la Cacao et de la batterie qu'on propose d'y reconstruire,1813.
La batterie, placée sur le pointe du cap rocheux, se compose toujours du même épaulement en maçonnerie pour six pièces de canon (A), fermé à la gorge par un mur d'enceinte crénelé (C) formant dans cette nouvelle version deux courtines latérales chacune encadrée de deux demi bastionnets flanquants, reliant l'épaulement au fossé d'une tour modèle n° 3 modifiée de manière à pouvoir loger les canonniers de la batterie (B). La tour modèle, de plan carré et implantée dans un axe différent du précédent projet, intègre au niveau de soubassement en quatre compartiments égaux carrés le dessus de la citerne, un magasin d'artillerie, un magasin à poudre et un magasin à vivres, et au niveau d'entrée, cloisonné un corps de garde et le logement du gardien. La tour est teintée en lavis jaune, ce qui indique que sa construction n'est pas commencée, ce qui est aussi le cas de l'épaulement. Seul, le mur crénelé, teinté en rouge, est réalisé à cette date. Le plan figure aussi, un peu à l'arrière de la batterie, un petit bâtiment existant, loué, qui servait de corps de garde, et, encore en arrière, la carrière de pierre de Cassis exploitée depuis 1720 sur le côté est de la pointe de Cacao, carrière qui contribuait au retranchement de la batterie.
Un état des lieux circonstancié de la batterie de Cacao, justifiant son utilité est donné, peu après la fin de l'Empire, par Tournadre aîné dans son mémoire sur l'état de situation de la place de Marseille et dépendances 4 rédigé le 20 novembre 1816 :" Cette batterie, une des plus importantes de la côte avait pour objet 1° de défendre l'entrée du port et le golphe de Cassis, 2° d'assurer à nos bâtiments l'entrée d'une grande anse nommée Port Miou très enfoncée dans les terres et ou des vaisseaux de guerre même peuvent trouver un asile contre tous les vents (...) près de là sont encore deux anses, celle de Port-Pin et des Vaux qui offrent de bonnes relâches à nos navires et qu'il était important d'interdire à l'ennemi qui venait y cacher ses embarcations et ses corsaires. 3° éloigner l'ennemi qui aurait voulu faire une tentative sur le port de Cassis et le forcer à aller débarquer fort loin et a traverser des montagnes presque impraticables. Malgré tous ces avantages cette batterie avait été laissée dans un état de faiblesse bien surprenant, un petit épaulement en maçonnerie était tout ce qui la constituait, il n'y avait ni corps de garde ni magasin à poudre ces établissements ainsi que le logement du gardien étaient placés dans deux petites cabanes louées par le gouvernement aux carreyeurs qui exploitent la belle pierre dite de Cassis que l'on tire de là. Toute imparfaite qu'était cette batterie, son armement était à l'avenant, elle gênait assez les anglais pour les décider à venir la détruire, ce qu'ils firent d'autant plus aisément que ce poste isolé et très désagréable à occuper était presque toujours sans défenseurs, le petit nombre qui s'y trouvait à ce moment furent faits prisonniers, les canons furent jetés à la mer, les affuts brisés, l'épaulement renversé et les mauvais logements dévastés. Des ordres furent donnés pour le rétablissement de cette batterie qu'on décida devoir être armée de 6 pièces, divers projets ont été faits pour sa reconstruction, mais leur discussion ayant trainé en longueur on est ainsi arrivé au moment ou il devenait inutile de les exécuter et la batterie en est restée là, ce serait néanmoins une des premières à rétablir si on se trouvait à nouveau exposé à une guerre maritime.
La batterie de Cacao ne figure pas dans l'atlas des batteries de côte réalisé en 1818 sous la direction du même Tournadre, ce qui indique implicitement qu'elle était alors considérée comme trop ruinée et qu'on avait renoncé à la réhabiliter.
Elle fut remise aux Domaines le 1 Juin 1820.
L'ancienne batterie de Cacao redevint une position sensible dans le cadre du vaste programme général de réorganisation et réarmement des batteries de côte selon les nouvelles normes définies à la suite des études de la commission mixte d’armement des côtes, de la Corse et des iles, instituée en février 1841. A ce titre sa "reconstitution", pour un coût estimé de 16.300 francs fit l’objet du 10e article du Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 18465 rédigé le 2 juin par le chef du génie de Marseille Marie-Tranquille Le Bas, sous l’autorité du directeur des fortifications de Toulon le colonel Joseph-Alexandre Picot, et accompagné d'une planche de plans.
[Plan et profil du projet de reconstruction de la batterie de Cacao],1846.
Une note du mémoire mentionne qu'il existait autrefois une batterie sur l'emplacement de celle à construire, on en découvre encore les vestiges. Lorsqu'elle a été abandonnée, le terrain n'ayant pas été vendu, il doit encore appartenir à l'Etat. Dans l'exposé du projet, le chef du génie précise que l'on retrouve encore les vestiges de fondations de son parapet qui était en maçonnerie et un plan de 1811 lui donne la forme que nous avons adoptée; un autre plan de l'an XII contient un projet de fermer cette batterie à la gorge par un mur crénelé bastionné. Le plan de 1811 contient le projet d'une tour modèle qui occupe à peu près la même position que nous donnons au corps de garde défensif. Le dessin joint au mémoire montre que le plan de l'épaulement projeté était assez différent de celui de l'ancienne batterie, avec un parapet sur trois côtés égaux, adapté à quatre pièces non alignées, deux en position frontale et une sur chacun des deux retours latéraux. Le corps de garde défensif projeté, enveloppé d'un fossé, était conforme à la typologie des réduits de batterie définie et proposé le 13 septembre 1845, avec une diffusion limitée, et qui fut remplacée par les modèles-type fixés le 31 juillet 1846, pratiquement sans réalisation des modèles antérieurs. Le plan du projet ne montre aucune fermeture à la gorge pour la nouvelle batterie, d'où un commentaire du chef du génie : Il est à regretter que la commission n'ait pas jugé convenable de fermer cette batterie par un mur crénelé de forme bastionnée réunissant les deux escarpements (du parapet) de droite et de gauche. Le directeur des fortifications proposait dans son apostille de retrancher la batterie à la gorge par un fossé relié à celui du corps de garde projeté, et de prolonger les deux faces letérales du parapet de la batterie pour former traverses jusqu'à ce fossé.
Ajourné, le projet ne fut pas représenté dans l’état estimatif de la dépense à faire pour l'organisation des batteries de côte pour l'année 1849, qui concerne seulement la baie de Marseille, jugée de première importance, mais dans le mémoire sur les projets, de travaux pour la défense des côtes pour 1850, rendu le 28 février 1849 par le capitaine du génie Alfred Schoennagel et le chef du Génie Le Bas, concernant les baies de La Ciotat et de Cassis6. Les rédacteurs y précisent que les batteries de ce secteur étaient de 2° et 3° importance. Le projet de la batterie de Cacao, inchangé excepté le corps de garde défensif , désormais n°3 du modèle type 1846, était alors estimé à une dépense de 30.000 francs.
Reportée aux exercices ultérieurs, l'organisation de la batterie de Cacao est détaillé sous une forme renouvelée, toujours sous la direction du chef du génie Le Bas dans le 13e article du Mémoire sur les Projets pour 1851-1852, daté du 14 décembre 18507 accompagné d'une planche de plan et coupe.
[Plan et coupe du projet de reconstruction de la batterie de Cacao pour 1851-1852],1850.
Excepté le corps de garde défensif n°3 type 1846, placé 30m en arrière de l'épaulement, le plan du projet diffère assez peu de celui présenté par le même chef du génie en 1846, s'agissant de la forme de l'épaulement pour quatre pièces, et du fait du rejet des propositions alternatives du directeur des fortifications et du principe de fermeture à la gorge par le comité des fortifications dans sa séance du 21 janvier 1847. Le coût total du projet montait alors à 53.000 francs, dont 29.000 pour construire à neuf l'épaulement et 24.000 pour le corps de garde. Classé en 3eme degré d'importance, sans demande de fonds pour l'exercice en cours, ce projet ne fut pas réalisé, et ne fut pas non plus reformulé dix ans plus tard, comme ceux de la plupart des batteries des baies de Cassis et de La Ciotat de même degré d'importance, et à la différence de celles de 2e importance, telles celles de la Lecque à Cassis, de l'île Verte ou du môle Bérouard du port de La Ciotat.
On note que dans la décennie 1850 l'exploitation en carrière à ciel ouvert de la pierre de Cassis était en pleine activité autour de la calanque de Port-Miou et sur la côte Est de la presqu'ile de Cacao, avec construction de "trémies" en bord de côte, soit des postes de chargement des navires destinées au transport maritime de la pierre de Cassis. On ignore dans quelle mesure cette activité pouvait être considérée comme défavorable ou compatible avec le service de la batterie.
Un état de l'armement recommandé par la commission de défense en 1859 prévoyait pour la batterie de Cacao, jugée alors de seconde importance, deux canons rayés en fonte de 30 cm et deux obusiers à âme lisse de 22 cm.
Les derniers projets inaboutis concernant la rade de la Ciotat et Cassis seront abandonnés dès 1865-1866 le mémoire sur les projets de cet exercice entérinant la clôture du programme des batteries de côte, aucun article ne les concernant plus.
Le déclassement défensif et militaire des batteries de la baie de Cassis, celles défendant le port et celles de Riou, Morgiou et Cacao, est inscrit dans un projet de loi présenté à la chambre des députés en séance du 29 juin 1882; il fut confirmé par un avis du conseil supérieur de la guerre du 3 décembre 1888.
L’occupation allemande du secteur de Marseille Cassis et La Ciotat et l'intégration d'anciennes batteries françaises au système défensif du Südwall en 1943 comporta la réalisation d'aménagements défensifs limités sur la pointe de Cacao et sur l'ensemble de la presqu'ile, à partir du fond de la calanque de Port-Pin. Aux abords immédiats des vestiges de l'ancienne batterie furent créés deux emplacements de tir ou cuves sommaires apparemment adaptés au canon de campagne de 75mm (modèle 1897), ce qui suggère qu'elles pourraient être antérieures à l'occupation allemande et mises en place la défense française par peu avant la guerre, circonstance non documentée. Plus en retrait, sur la plate-forme inférieure de l'ancienne carrière, furent construits un abri de personnel et un rideau de grillage anti débarquement, et de part et d'autre du chemin d'accès, deux autres plates formes de canons de campagne et un poste pour mitrailleuse MG (42?) avec abri. Enfin, répartis sur l'ensemble des contours de la presqu'île et dans la calanque de Port-Pin, plusieurs tobrouks (ou Ringstand), des trous abris de combat et des abris passifs sommaires couverts en tôle métro, desservis par des tranchées.
Lors de l'abandon de cette position, il semble y avoir eu un début de sabordage, dont témoignerait l'explosion d'un tobrouk.
II- Description
L'ancienne batterie construite durant la période des guerres révolutionnaires occupait l'extrémité escarpée à la verticale de la pointe rocheuse du Cap Cau, alias Cacao ou Cacau, à 19m d'altitude au-dessus du niveau de la mer. Il n'en reste aujourd'hui qu'un vestige dérasé de l'épaulement formé d'un parapet en maçonnerie épais de moins de 2m, composé d'un segment de front rectiligne faisant face au sud-est, prolongé après un angle arrondi en quart de cercle par une branche droite en retour d'équerre, au bord même de l'escarpement ouest.
Ce vestige, qui s'interrompt nettement à ses deux extrémités, est l'équivalent d'une moitié droite de l'épaulement de plan an anse de panier tel que figuré à l'état de projet sur les plans de projet du génie datés de 1813, ce qui autorise à supposer que la moitié gauche avait été prévue en agrandissement de l'état premier de l'épaulement, mais n'a pas été réalisée. Quoiqu'il en soit l'état actuel de cet épaulement a conservé son revêtement extérieur sur une hauteur d'un peu moins de 2m, mis en œuvre en blocage de moellons, de grand gabarit avec joints épais dans les deux tiers inférieurs de l'élévation et de petits moellons de tout venant dans le tiers supérieur.
Restes de l'épaulement de la batterie, parapet maçonné, détail du parement du revêtement.
Ce tiers supérieur a été manifestement construit dans un second temps en surélévation des deux tiers inférieurs, sans doute lors de la réfection projetée en 1813, au-dessus d'un premier état d'arase profilée en glacis du parapet maçonné d'origine, comme on l'observe sur la tranche gauche de ce parapet entre revêtement extérieur et genouillère. De ce côté gauche de l'épaulement subsistent les fondation d'un mur ou traverse en retour d'angle droit qui semble aussi avoir été bâti dans un second temps.
Restes de l'épaulement de la batterie, parapet maçonné, mur de genouillère et traverse.
Le parement de genouillère reste apparent dans l'état actuel, mais plus ou moins masqué par un léger remblai qui recouvre l'aire intérieure, ancienne plate-forme, en cailloutis provenant de la dégradation de l'élévation supérieure du parapet. La plate-forme ne semble pas avoir été pavée, mais assise directement sur l'affleurement rocheux horizontal.
Deux petites plates-formes d'artillerie ou cuves sommaires maçonnées pour canons de 75mm datant de la seconde guerre mondiale sont conservées au bord des escarpements du cap à environ 80m en arrière de l'épaulement de la batterie ancienne et en contrebas de 4m, sur la partie du cap dont le sol a été abaissé par l'exploitation de la carrière. Celle située au nord de l'épaulement, au bord de l'escarpement ouest à l'entrée de la calanque de Port-Pin et au pied du front de taille retranchant la partie haute du site, est bien conservée.
Elle se compose d'un parapet maçonné bas et maigre, de plan en arc de cercle dont le parement de genouillère emploi des pierres de tailles prélevées sur la carrière, d'un socle circulaire en béton dont le diamètre correspondait à l'espacement des roues du canon de campagne, guidant sa rotation, et, à la gorge d'une assise basse en segment de cercle opposé à celui du parapet, qui servait de guide à la rotation de l'extrémité de la flèche de l'affut ou crosse. La seconde cuve de 75, bâtie sur le site de la carrière au bord de l'escarpement de la côte Est face au large et à la baie de Cassis, présente les mêmes caractéristiques, mais son parapet est surhaussé en garde-corps sur son extrémité droite, pour limiter l'amplitude de rotation du canon en direction de la baie de Cassis. Elle est encombrée par un débris de béton provenant de l'explosion d'un tobrouk implanté a proximité immédiate, au pied du front de taille.
Plate-forme Est pour canon de 75mm, à l'arrière de l'ancienne batterie
Ruine d'un tobrouk sabordé près de la plate-forme Est pour canon de 75mm.
Dans un renfoncement angulaire du front de taille voisin du tobrouk ruiné et de la cuve de 75, un abri de personnel de plan rectangulaire évoquant un petit corps de garde est intégralement construit avec des pierres brutes d'équarissage prélevées sur la carrière, mises en œuvre de manière assez aléatoire par des maçons sans compétences d'appareilleurs.
Ruine d'un abri en pierre de Cassis de la carrière, près de la plate-forme Est pour canon de 75mm.
Cette mise en œuvre approximative analogue avec celle du parapet des cuves de 75 montre qu'il s'agit bien d'un abri au service de la défense et non à l'usage des carriers. La vaste plate-forme monolithe a basse altitude le long de la côte Est de la presqu'île par l'exploitation de la carrière est encore jalonnée des restes des fers dits "queues de cochon" sur lesquels étaient tendus des réseaux ou grillages de fil de fer barbelés anti-personnel.
D'autres tobrouks subsistent sur le bord de la côte Est, en vue de l'entrée de la calanque de Port Miou, et dans la calanque de Port-Pin, bien conservés malgré le comblement de l'escalier d'accès de certains d'entre eux.
Tobrouk de la côte ouest de la presqu'il de Cacao, côté calanque de Port-Miou.
Tobrouk de la côte Est de la presqu'il de Cacao, dans la calanque de Port-Pin.
Sur la côte Est, en retrait de la presqu'ile, dans la calanque de Port-Miou, le chemin côtier actuel portant sur un mur de soutènement s'élargit en plate-forme semi-circulaire qui semble avoir été le support d'une cuve pour canon, aujourd'hui effacée. Ct emplacement est immédiatement surplombé, de l'autre côté du chemin, par un petit abri cubique en maçonnerie de moellons de tout-venant liés au ciment, couvert d'une dalle de béton armé, réputé associé à un poste MG , position de protection pour mitrailleuse.
La batterie de Cacao, établie sur la pointe d'une presqu’île entre les calanques de Port-Pin et Port-Miou est une des rares batteries de côte des baies de Marseille, Cassis et La Ciotat fondée ex nihilo durant la période des guerres révolutionnaires. D’abord sommairement installée avant l'an 9 en logeant le personnel dans une bastide louée, elle était armée en 1804 de trois pièces de différents calibres (24, 18 et 12). L'exploitation d'une carrière de pierre de Cassis sur la presqu'île contribuait au retranchement de la position de la batterie.
Cette batterie de côte isolée subit des dommages importants en août 1813, perpétrés par des contingents anglais débarqués sur la côte, comme celles de Morgiou la même année, et celles de l'île Verte en 1812. Son rétablissement proposé par le chef du génie de Marseille et sous-directeur des fortifications Tournadre aîné, fut examiné par le comité central des fortifications du 14 septembre 1813 présidée par le général du Génie Andreossy. Les améliorations proposées comportaient un mur crénelé de fermeture à la gorge avec demi-bastionnets, et un épaulement de plan en anse de panier adapté à cinq pièces sur affût de côte et une pièce sur affût marin. Le réduit projeté était constitué d'une tour modèle n° 3 modifiée, pour loger les canonniers de la batterie. Ce projet resta inachevé, sans commencement de la tour, la batterie désarmée étant remise aux domaines dès 1820.
En 1846, en application du programme national de réorganisation des batteries selon les nouvelles normes issues des travaux de la commission mixte d’armement des côtes de 1841, le chef du génie de Marseille Marie-Tranquille Lebas proposa la reconstruction de la batterie de Cacao, avec un corps de garde défensif à l'emplacement où était projetée la tour modèle n° 3 en 1813, et un épaulement différent de celui de 1813. Ajourné, le projet fut représenté pour 1850 et pour 1851-1852, avec un corps de garde défensif n°3 du modèle type 1846. Classé en 3eme degré d'importance, il ne fut pas réalisé ni reformulé dix ans plus tard, comme ceux de la plupart des batteries des baies de Cassis et de La Ciotat de même degré d'importance, et à la différence de celles de 2e importance.
Le déclassement définitif des batteries de la baie de Cassis, dont Morgiou, Cacao, inscrit dans un projet de loi dès 1882 fut arrêté le 3 décembre 1888.
Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1943, les Allemands intégrèrent la presqu’île de Cacao à leur dispositif du Südwall, avec des cuves pour canons de 75 mm, des abris de personnel, des postes de mitrailleuses et des tobrouks. Les cuves, adaptées à des canons de campagne de 75mm modèle 1897, pourraient avoir été mises en place par la défense française peu avant la guerre, circonstance non documentée.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 18e siècle, limite 18e siècle 19e siècle , daté par source
- Secondaire : 1er quart 19e siècle , daté par source
- Secondaire : 2e quart 20e siècle
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Dates
- 1813, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Tournadre Jean-Joseph-Amable , dit(e) dit Tournadre aînéingénieur militaire attribution par sourceTournadre Jean-Joseph-AmableCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Chef de bataillon du génie. Sous-directeur des fortifications de Toulon à partir de 1812; chef du génie de la place de Marseille. Supervise dans le secteur de Toulon les travaux du fort de la Croix des Signaux, du fort Saint-Elme, des batteries de la Carraque et de Marégau. Dans le secteur de Marseille, il participe aux travaux des batteries de côte en 1812-1813 et dirige la réhabilitation du haut fort de la citadelle Saint Nicolas de Marseille de 1814 à 1830. Auteur d'un atlas des batteries de côte du secteur de Marseille à La Ciotat en 1818.
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Auteur :
Les vestiges actuels de la batterie de Cacao se concentrent sur la pointe rocheuse du cap, à 19 m d’altitude. les restes de l'épaulement, de faible élévation, consistent en un segment de parapet maçonné représentant la moitié droite d'un plan en anse de panier, témoin de la batterie de la période révolutionnaire, avec parement en gros moellons et surélévation postérieure datant probablement de 1813. La plateforme d’artillerie, directement posée sur le rocher, ne montre pas de pavage.
A l'arrière, en contrebas du front de taille de la carrière qui retranchait la batterie, subsistent deux cuves maçonnées pour canons de 75 mm datant de la Seconde Guerre mondiale, l’une dominant Port-Pin, l’autre tournée vers la baie de Cassis. Ces ouvrages présentent des parapets en arc de cercle, des socles en béton et des dispositifs de rotation du canon. On y trouve aussi un abri de personnel construit avec des pierres équarries prélevées dans la carrière voisine, des "queues de cochon", témoins d'un grillage barbelé anti-débarquement, plusieurs tobrouks bien conservés, ainsi qu’un poste pour mitrailleuse couvert en béton sur la côte est, près de Port-Miou.
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Murs
- calcaire moellon
- béton béton armé
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Typologiesbatterie fermée
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État de conservationvestiges
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Statut de la propriétépropriété de l'Etat (incertitude)
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Intérêt de l'œuvreà signaler, vestiges de guerre
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Sites de protectionparc naturel national, loi littoral, site classé
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Protections
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Précisions sur la protection
Massif des calanques classé par arrêté du 27 décembre 1976
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Ministère de la Défense
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Ministère de la Défense
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- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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Mémoire raisonné sur l'état actuel des fortifications du secteur de Marseille et de La Ciotat, par Jean-François Sorbier, 15 frimaire an 9. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 5.
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[Rapport au comité central des fortifications sur le rétablissement de la batterie de Cacao et l'amélioration du château de Cassis] par Tournadre aîné, 14 septembre 1813. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 13.
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Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 1846 par Marie-Tranquille Lebas, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1084, n°1.
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Place de Marseille. Mémoire sur les projets pour 1851-1852, par Marie-Tranquille Lebas, 14 décembre 1850. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1086.
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[Plans et profils du projet de rétablissement de la batterie de Cacao] ./ dessin aquarellé par Tournadre aîné, 8 octobre 1813. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 13.
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Plan du cap de la Cacao et de la batterie qu'on propose d'y reconstruire./ dessin aquarellé par Tournadre aîné, 20 décembre 1813. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 13.
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[Plan et profil du projet de reconstruction de la batterie de Cacao]./ Dessin aquarellé par Lebas, chef du génie, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1084, n° 1
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[Plan et coupe du projet de reconstruction de la batterie de Cacao pour 1851-1852]./ Dessin aquarellé par le capitaine du génie Roulet, dirigé par Lebas, chef du génie, 14 décembre 1850. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1086
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.