Dossier d’œuvre architecture IA13006265 | Réalisé par
Corvisier Christian (Rédacteur)
Corvisier Christian

Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.

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  • enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Batterie de côte du Môle Bérouard et double caponnière de communication
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bouches-du-Rhône
  • Commune La Ciotat
  • Lieu-dit Port vieux
  • Adresse quai Ganteaume
  • Précisions
  • Dénominations
    batterie, double caponnière
  • Précision dénomination
    batterie de côte, caponnière de communication
  • Appellations
    batterie du Môle Bérouard
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

 I- Historique, topographie et typologie générale

  

            La défense active rapprochée du port de la Ciotat par des batteries d'artillerie a connu différents états successifs depuis le XVIe siècle jusqu'au XIXe siècle, matérialisés par des ouvrages fortifiés localisés pour l'essentiel à gauche de l'entrée du port, du côté de l'agglomération. Ces ouvrages d'artillerie d'intérêt public relevaient initialement de la compétence et de la maîtrise d'ouvrage de la communauté urbaine de La Ciotat, sur autorisation des rois de France. L'intérêt économique et stratégique du port fut en effet considéré plus largement, à l'échelle nationale, dès le XVIe siècle dans le cadre de la défense des côtes, mais sans aboutir à un statut de place forte d'Etat, à la différence par exemple -à échelle d'importance comparable- de la petite ville portuaire de Saint-Tropez, fortifiée "à la moderne" par la communauté urbaine jusqu'à la fin du XVIe siècle et pourvue d'une citadelle royale en 1633. Dans le cas de La Ciotat, l'enceinte urbaine construite aux XVe et XVIe siècle à la suite de la charte de commune de 1429 ne fut jamais réformée à l'initiative des représentants de la puissance publique royale, à la différence des batteries contrôlant l'entrée du port, intégralement prises en charge par la direction des fortifications de Toulon et le génie militaire de Marseille à partir de la fin du XVIIIe siècle.

            L'ouvrage défensif majeur, placé à un angle aigu de l'enceinte de la ville et conçu pour contrôler l'entrée du port en avancée, était un important bastion casematé dont la construction semble avoir été projetée à la suite d'une autorisation royale de fortification  accordée par lettres patentes de Henri II en 15471. Le 25 octobre 1551, une délibération municipale définissait le mode de financement, par institution d'un impôt sur les fruits de terre et de mer, pour la construction de ce bastion, qualifié de balouard soit boulevard, terme générique alors usuel pour qualifier des ouvrages d'artillerie, tours, barbacanes ou bastions. Ce bastion monumental à deux niveaux casematés sous plate-forme, armé de canons en batterie en capacité de battre les navires ennemis, eut d'emblée un statut particulier à l'origine des appellations ambiguës et impropres qui ont servi à le qualifier du XVIIe au XIXe siècle, au nombre desquelles "forteresse", "fort", "château de La Ciotat" et "Fort Bérouard" (micro toponyme dérivant du mot boulevard). La construction du bastion fut conduite en phase avec celle d'un nouveau môle refermant le port, en vis -à-vis, achevé ou en cours d'achèvement en 1560. L'armement du grand balouard fut en partie procuré par l'artillerie royale, à la suite de lettres patentes du roi Charles IX datées du 11 novembre 1564 qui accordaient aux consuls de La Ciotat l'autorisation d’élire tous les ans un capitaine gouverneur de la place. Cette autorisation fut confirmée sous Henri III par lettres du 15 mars 1582. L'économie du grand bastion fut complétée par la construction d'une tour à usage de phare à l'arrière et au-dessus de sa plate-forme.

            L’aspect du port et de la ville fortifiée de La Ciotat  sous Louis XIII est documenté par une vue cavalière due au cartographe et mathématicien aixois Jacques Maretz, incluse dans une planche de vues topographiques des villes et forts des côtes de Provence2. Cette série de relevés sommaires avait été réalisée entre 1631et 1633 à la demande d'Henri de Séguiran, sieur de Bouc, lieutenant général ès mers du Levant, premier président en la cour des comptes de Provence, dans le but d'illustrer son rapport d’inspection des côtes de Provence rendu à Richelieu en 1633. Le rapport de Séguiran donne quelques indications, peu détaillées, sur le port de La Ciotat et sa défense à cette date: " ...ledit port est ceint de deux quais (môles), l'un vieux et l'autre nouveau (dont) la dépense (...) qui passe quatre cent mille livres, a été faite par la communauté du lieu, et parce que la subsistance dudit port et dudit quai dépend de l'entretien (...) ladite communauté en prend un soin particulier et y dépense toutes les années environ quatre mille livres, et outre ce, pour la sûreté et adresse des naviguants, elle dépense toutes les années sept à huit cent livres à l'entretien de la forteresse bâtie sur l'entrée dudit port depuis soixante ou quatre-vingt ans, et d'un homme qui fait paraitre des lumières toute la nuit au phare qui est au donjon de ladite forteresse; ce qui rend cedit port plus facile accès et entrée, et d'autant plus assuré que ledit fort et boulevard qui est à l'embouchure du port sont munis de pièces d'artillerie"3.

            La vue cavalière montre le môle vieil, qui délimitait l'emprise intérieure du port avant la construction du môle neuf, également figuré, plus allongé, qui permit d'augmenter le port d'un avant-port. L'entrée du port ainsi agrandi passe entre la tête du môle neuf et le bastion d'angle de l'enceinte urbaine portant la "tour du fanal" légendée sur le plan, à la différence du bastion proprement dit. C'est ce dernier qui est  qualifié dans le rapport de Séguiran par les mots "forteresse", "fort et boulevard", la tour du fanal y étant désignée sous le terme ambigu de "donjon"4. Le dessin exprime la monumentalité du bastion d'angle contrôlant  l'entrée du port, qui le distingue des autres ouvrages de l'enceinte urbaine, tours et courtine ordinaires d'aspect médiéval, porte de ville avec ravelin à l'opposé du port. Seul le front de mer est figuré comme un rempart terrassé entre le bastion d'angle ou forteresse et une sorte de bastionnet carré à l'autre angle, le tout sans armement. Conformément à la description de Séguiran, la vue cavalière ne figure des pièces d'artillerie que sur le grand bastion et immédiatement à côté, sur une amorce de courtine, face à l'avant-port entre môle neuf et môle vieil, cette amorce de courtine cédant place à la suite au quai du port bordant directement les maisons et l'église de la ville close.

La Ciotat. [Vue perspective de La Ciotat, 1631.La Ciotat. [Vue perspective de La Ciotat, 1631.

            Vers 1695, d'après un plan de la rade de la Ciotat, signé du cartographe Gaulette (mort en 1698)5, l'entrée du port est défendue par "le fort" soit le grand bastion, et par deux batteries ouvertes, l'une sur le front d'enceinte de ville faisant face au large, attenante à l'arrière de la gorge du fort, légendée "batterie de six canons de 18 qui, avec le canon du fort défend les approches de l'entrée du mole". L'autre batterie, du côté opposé de l'entrée du port, face au large et à la racine du môle neuf, est légendée "le fort St Antoine de deux canons de 12, qui défend la place du cap de l'Aigle et les approches de l'île (Verte)".

            Un plan sommaire du port et de la rade de La Ciotat daté de 17476 est lié à un mémoire sur le même objet du maréchal de France Charles-Louis-Auguste Fouquet de Belle-Isle, alors chargé du commandement des armées royales en Provence et Dauphiné dans le cadre de la guerre de Succession d'Autriche. Ce plan précisément légendé documente un état d'armement optimal arrêté par le maréchal de  Belle-Isle dans la rade de La Ciotat, pour la défense du royaume. Le bastion dit "Le fort" est crédité de 6 pièces de canon dont deux de calibre 12, deux du 6 et deux du 8, avec trois autres embrasures qui battent la ville, garnies de trois pierriers et un petit canon. A droite du fort, du côté de l'entrée du port sont signalées deux batteries désarmées, dont celle déjà portée sur la vue cavalière de 1633, à quatre embrasures, dite de la Gardet, l'autre à deux embrasures. A gauche du fort, face au large, la batterie ouverte déjà portée sur le plan Gaulette de 1695, mais agrandie, est légendée : baterie de la tasse percée à onze embrasures garnie de dix canons du calibre du 18 avec deux mortiers sans affûts. Elle se termine par le bastionnet terminant ce front de mer de l'enceinte de ville, légendé "le fort St Martin percé de trois embrasures garnies de deux canons. La batterie ouverte située à la racine du môle neuf est légendée : Le fort Jofroid percé à huit embrasures garnie de quatre canons, dont deux du calibre du 24 et deux du 18.

            Cet armement lié à un contexte de guerre n'avait pas vocation à être pérennisé, mais les trois principales batteries de La Ciotat, celle du grand bastion ou fort, celle, contiguë, dite de la Tasse, et celle du môle neuf (dite de St Antoine ou Jofroid) demeurèrent, désarmées ou très faiblement armées, à charge de la communauté, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

            En 1755,  la légende de la  Carte de la côte de Provence depuis l'embouchure du Rhône jusques au port de Villefranche, signée de  Nicolas-François Milet de Monville7 directeur des fortifications de basse Provence, comptait toutefois le château de la Ciotat (soit le grand bastion ou fort) et la batterie contiguë au nombre des forts et batteries de la coste de Provence qu'il conviendroit d'armer pour en protéger la navigation et pour interdire le mouillage des rades à une armée navale ennemie, en préconisant 6 canons et deux mortiers pour le château, et 6 canons pour la batterie.

            L'aspect du grand bastion en 1776 est documenté par une vue de La Ciotat par Nicolas Ozanne, peintre illustrateur des ports de France, gravée par Yves-Marie Le Gouaz. On y reconnait la haute élévation de l'ouvrage, qui parait isolé et assimilable à un fort, avec des embrasures à canon dans le parapet et au niveau de l'étage casematé, le tout surmonté par la tour circulaire élancée du phare.

 Le port de La Ciotat vu en dehors des moles dans le Sud-Est, 1776. Le port de La Ciotat vu en dehors des moles dans le Sud-Est, 1776.

            La prise en charge  définitive de ces batteries du port de La Ciotat par la puissance publique de l'Etat commence avec la Révolution française et les guerres révolutionnaires amorcées en 1793 lors de la Première Coalition.

            Les premiers travaux de remise en état sont réalisés en 1794-1795 et concernent la batterie ouverte du front de mer, attenante au grand bastion, désormais constamment qualifié de "château" ou "vieux château", alors considéré comme délabré et obsolète. Ces circonstances sont précisées dans un mémoire du 30 fructidor an 3 rédigé par l'inspecteur général des fortifications : "La batterie de la Tasse a été revêtue l'année dernière par l'architecte Ponge8 et n'en tombe pas moins en ruines dans une partie à cause de son peu d'épaisseur; le canon m'y paroit mal placé, l'autre partie s'est conservée, et l'on pourrait se servir des deux pièces qui s'y trouvent jusqu'à la confection de la batterie qui sera proposée sur l'emplacement du vieux château qu'on refera de même que ses voûtes prêtes à écrouler observant d'y conserver les bâtiments et poudrières qui sont en bon état. " 9

            Un projet radical du chef de brigade Garavague , directeur des fortifications de Toulon, exprimé par une planche de plan et coupe du 3 germinal an 3 et un mémoire du 6 frimaire an 4 fut proposé à la suite, en partie  influencé par l'idéologie des temps. Il consistait à déraser sur  les deux tiers de son élévation le "ci-devant château ou fortin de La Ciotat" en supprimant ses deux niveaux casematés dont la réédification coûterait beaucoup, afin de le réduire à une plate-forme d'artillerie pour une batterie de 6 pièces de canon de 24, dont trois battraient du coté du golphe et 3 défendraient l'entrée du port. Le rapporteur précisait que le fourneau à reverbère de la batterie de la Tasse pourrait servir aussi à cette nouvelle batterie. Le plan et la coupe  montrent que l'impératif de conserver le phare qui s'élevait sur l'angle d'épaule droit du bastion (dit château) dérasé par ailleurs nécessitait la construction d'une sorte de chemise (E) contrebutant la tour, et d'une importante cage d'escalier (G) adossée au flanc droit du bastion, conçue avec un certain luxe dans le projet. Cet escalier aurait participé de nouveaux bâtiments (F-K-L) dont une poudrière et un corps de garde joignant un magasin d'artillerie préexistant, disposés autour d'une petite cour, le tout renfermé dans un mur crénelé pour la mousquetterie. Ce projet coûteux abandonné, le mémoire raisonné sur l'état actuel des fortifications du secteur de Marseille et de La Ciotat, rédigé le 15 frimaire an 9  par Jean-François Sorbier, directeur des fortifications à Toulon et Boyer, sous-directeur10, ne mentionne à La Ciotat que les batteries de la Tasse, dont une grande partie du parapet s'est éboulé, limitée à sa la partie droite pour deux canons avec fourneau à réverbère en bon état, et la batterie d'Antoine, en passable état.

Plan du ci-devant château ou fortin de La Ciotat servant de phare avec projet (...) d'une batterie, an 3.Plan du ci-devant château ou fortin de La Ciotat servant de phare avec projet (...) d'une batterie, an 3.

            En 1804, un état nominatif des batteries de côte dépendant de la direction de Toulon depuis Cassis jusqu'au Cap Sicié11 qualifie le château de La Ciotat qui défend l'entrée du port de batterie fermée revêtue de maçonnerie, armée de 2 pièces, une de 12, une de 4b, comportant un bâtiment servant de caserne et de magasin à poudre. La batterie de la Tasse, attenante au château, protégeant le mouillage au nord, est une batterie ouverte revêtue de maçonnerie, armée de 4 pièces, une de 36, 2 de 13 et un mortier de 12 pouces. La batterie d'Antoine n'est pas armée.

            Un rapport sur le château de La Ciotat, daté de Marseille le 25 novembre 1811 par le capitaine du génie en chef Poitevin Dubousquet, à la demande du directeur des fortifications Sorbier12, avait pour objet d'examiner l'état des voûtes de la plate-forme pour savoir si elles pouvaient porter des pièces d'artillerie. Le rapporteur y ayant fait dépaver une partie de dalles endommagée, posées sur terres de remblai, jusqu'à dégarnir les reins de voûte, put y reconnaître une épaisseur de voûte d'un pied et demi en maçonnerie très solide. Il proposait en conséquence, aux emplacements dévolus aux  pièces d'artillerie sur les deux faces de l'ouvrage, de déposer et renouveler  les parties de dallage correspondant en remplaçant  les terres de remblai par un massif de maçonnerie, le tout  lié au ciment, afin de supprimer les filtrations d'eaux pluviales. Les voûtes des casemates du 1er étage sous la plate-forme, étaient à revêtir d' un enduit couvrant au mortier. Il proposait d'armer la face sud de la plate-forme de deux pièces battant le passage entre le bec de l'aigle et l'île Verte, de deux autres sur la face Est, pour battre le golfe, chacune des deux faces comportant en outre au premier étage casematé trois embrasures permettant des tirs dans les mêmes directions que celles de la terrasse. Le rapporteur estimait que le château, outre l'usage de batterie, devait servir de réduit, dans lequel les canonniers pourraient, si nécessaire, tenir plusieurs jours. Dans ce but, il proposait de construire à sa gorge, un petit mur crénelé pour masquer la porte d'entrée, ainsi qu'un petit corps de casernement pour 30 hommes, et un corps de garde sur la plate-forme.

            La planche de dessins  jointe au rapport de 1811 montre les bâtiments projetés et donne le plan détaillé des trois niveaux de l'ancien bastion.

[Plans du château de La Ciotat et projet d'améliorations],1811.[Plans du château de La Ciotat et projet d'améliorations],1811.

Elle documente les dispositions de l'ouvrage, assez inusitées, d'autant qu'il s'agissait d'un bastion très précoce dans le contexte de la fortification bastionnée en France puisque réputé construit sous sa forme définitive entre 1551 et 1572, soit peu après ceux de l'enceinte de Saint-Paul-de-Vence et celui du fort de  Notre-Dame de la Garde à Marseille, œuvres conçues à la fin du règne de François Ier par l'ingénieur militaire français Jean Renaud de Saint-Remy. A la gorge du grand bastion de La Ciotat, la porte d'entrée, resserrée entre deux amorces de courtines dégageant de part et d'autre de larges flancs droits, ouvrait sur une très étroite cour/puits de lumière (n°3) de plan ovoïde intégrée au bastion et desservant au rez-de-chaussée trois casemates peu spacieuses (n°4), à usage de magasins d'artillerie, aveugles, voûtées en berceau dont une de plan coudé allongé, bordant à la fois le flanc et la face gauche du bastion. Il est probable que les deux casemates des flancs avaient été conçues dans l'état XVIe siècle du bastion pour desservir chacune une embrasure de flanc, condamnée dans l'état 1811. On note que ces flancs étaient larges et dépourvus d'orillons, à la différence de la plupart de ceux des bastions construits dans la seconde moitié du XVIe siècle13, et en retour d'angle droit des faces, (disposition préconisée par Jean Errard de Bar-le-Duc dans son traité de fortification publié en 1600). Un escalier à rampes droites au revers de la casemate du flanc gauche desservait le  premier étage, pourvu de deux casemates de flanc aveugles (n°1 magasin à poudre, n°2 prison) cloisonnées d'une grande casemate occupant les trois quart du volume interne, couverte de voûtes d'arêtes complexe (hautes de 16 pieds) retombant sur un double pilier central, cette casemate desservant les trois embrasures à canons percées dans les murs de chacune des deux faces du bastion. L'escalier à rampes droites montait ensuite à la plate-forme, bordée dans l'état 1811 d'un parapet d'artillerie maçonné percé d'embrasures, trois dans la face gauche (nord), deux dans le flanc gauche, trois dans le flanc droit.

            Estimées à un coût de 13500 francs, les réparations du château de La Ciotat sont représentées en octobre 1813, les travaux réalisés cette même année ayant consisté à augmenter les fortifications de ce château d'un tambour en murs crénelés qui couvre la porte d'entrée et allonger un petit corps de garde extérieur qui peut de cette manière contenir 16 hommes. Le mur crénelé partant de l'angle d'épaule droit du bastion avait été construit conformément au plan du projet Garavague du 3 germinal an 3, avec  prolongement formant tambour pour couvrir la gorge et la porte du bastion, réalisé plus ample que le petit tambour proposé en 1811, pour dégager une cour plus spacieuse renfermé dans les murs crénelés. Le corps de casernent prévu en 1811 n'avait pas été réalisé, remplacé par l'agrandissement d'une travée neuve d'un magasin d'artillerie déjà existant en 1794, converti en corps de garde, donnant sur la cour enveloppée par les murs crénelés.

            Dans son mémoire sur l'état de situation de la place de Marseille et dépendances 14 rédigé le 20 novembre 1816, Jean-Joseph Amable Tournadre, chef du génie de Marseille, signalait que les réparations du château de La Ciotat, représentées en 1815, ayant été ajournées depuis 1811 pour insuffisance de fonds, la dégradation  des voûtes des casemates de l'étage s'était aggravée. Tournadre, représentant cette réparation  urgente dans l'article 7 des fortifications du projet pour 1817, considérait ledit château, qui était armé pendant la guerre de 2 pièces de 18 et d'une de 8, comme un point fort important pour la défense de ce port et pour celle de tout le golphe (pouvant)  croiser ses feux sur ce dernier avec toutes les batteries qui le bordent et avec celle basse de l'Ile Verte. La plate-forme pavée en dalles de pierres de taille pouvait accueillir cinq pièces sur affuts de côte, savoir 2 sur la face N-O qui a de plus 3 embrasures au premier étage; elles verraient très bien l'île Verte et le passage entre cette île et le Bec de l'Aigle, et 3 pièces sur la face au sud qui a aussi trois embrasures au premier étage qui porteraient leurs feux sur toute l'étendue du Golphe et verraient très bien le débarcadère de St Pierre à l'ïle Verte.  Le chef du génie proposait en outre de faire du château un réduit ou pourraient se retirer les garnisons des autres batteries si elles avaient été forcées et y faire une assez longue résistance pour attendre des secours (...) le premier étage convenablement arrangé pourrait loger une cinquantaine d'hommes. Son propos signalait enfin, sans y accorder d'importance, au pied du château le long de l'ancien mur de cloture de la ville une batterie nommée de La Tasse dont les feux sont en grande partie masqués par la masse du château qui la remplace avantageusement, on y avait construit un fourneau à réverbère qui, ainsi que tous les autres répandus sur la côte n'a jamais servi.

            Une campagne de relevés des batteries de côte programmée en 1817 par ce chef du génie aboutit l'année suivante à la réalisation d'un atlas qui comporte une planche de plan et profils des batteries du château de La Ciotat et de La Tasse15 .

Plan et profils des batteries du château de La Ciotat et de la Tasse, 1818.Plan et profils des batteries du château de La Ciotat et de la Tasse, 1818.

Ces dessins et la description détaillée incluse dans l'atlas complètent et précisent les informations données en 1816 : "Le château de La Ciotat (...) a la forme d'un bastion dont l'angle saillant est fort aigu et la gorge très étranglée; Il est formé d'un rez-de-chaussée précédé d'une petite cour et d'un étage voûtés et couverts d'une plate-forme pavée en dalles de pierre de taille sur laquelle on peut placer 5 pièces de canon sur affuts de côte et du côté de la gorge 2 pièces de 4 pour défendre les avenues du château. La plate-forme est élevée de 12 mètres au-dessus du niveau de la mer et bordée d'un parapet de maçonnerie de 2 mètres d'épaisseur (...) Le 1er étage divisé en trois pièces pourrait (...) contenir un logement d'officiers et pour 40 hommes couchés dans des lits, ou en temps de presse pour une soixantaine d'hommes (...) il y a de plus un corps de garde  sur la plate-forme qui sert provisoirement de logement au gardien, et à côté s'élève un phare destiné à indiquer l'entrée du port. A l'extérieur se trouve un corps de garde pouvant contenir 12 hommes, précédé d'une cuisine; ces deux pièces qui sont crénelées forment, avec un bout de mur crénelé aussi et qui se rattache à l'ancien mur d'enceinte, un tambour couvrant la porte d'entrée du château, qui est également enveloppé du côté de la mer par un mur crénelé suivant les sinuosités du rocher (...) Il y a dans l'intérieur du château une bonne citerne qui reçoit les eaux de la plate-forme. Les voûtes qui portent la plate-forme du château outre qu'elles sont peu épaisses (0,50 d'épaisseur) sont dans le plus mauvais état; le pavé de dalles qui les recouvre est très détériorée et laisse filtrer les eaux qui séjournent dans les terres dont les reins de ces voûtes sont chargées, se répandant dans le 1er étage (...) ce qui rend ces logements inhabitables. Le château est du reste en bon état.

            La batterie de la Tasse n'est qu'une espèce de quai (...) bordé d'un épaulement en terre contenu dans un coffre de maçonnerie en très grande partie écroulée. La plate-forme en pierre de taille est élevée de 6m au-dessus du niveau de la mer, elle peut recevoir 3 pièces de canon dont une sur affut de marine y ayant une embrasure ouverte, les deux autres masquées, et un ou deux mortiers... L'atlas intègre aussi La batterie d'Antoine  (qui) n'est autre qu'un petit réduit quadrangulaire bâti à la racine du môle neuf, son épaulement est en maçonnerie. La plate-forme en pierre peut recevoir 3 pièces montées sur affuts marins, elle est élevée de 5m au-dessus du niveau de la mer. La batterie n'a aucun établissement, elle est fermée d'un petit mur de clôture à la gorge.

            Les travaux de réparations du château furent sans doute réalisés dans les années suivantes sous l'autorité de Tournadre, à en juger par une brève mention en avril 1836 dans un Mémoire d'état des lieux des batteries de côte de la baie de La Ciotat, joint aux projets de la place de Marseille, signé du capitaine du génie Lolier16: à l'exception du château de la Ciotat, qui est en bon état, toutes sont plus ou moins dégradées, parapets ruinés.

            En novembre 1837, la démolition d'une partie limitée de l'ancienne enceinte de ville qui aboutissait au quai du fond du port et séparait la ville proprement dite de son faubourg fit l'objet d'un compromis entre la municipalité, auteur des démolitions, et le génie militaire, le directeur des fortifications ayant formulé un avis défavorable au principe du démantèlement de l'enceinte. Cette circonstance est documentée par une planche de plans comportant un projet de restauration d'un tronçon démoli proposé par le chef du génie, et un plan d'ensemble de la ville et du port sur lequel l'ancienne enceinte est bien exprimée avec ses tours, bastionnet dit fort St Martin, porte et poterne, ainsi qu'un projet de principe (non réalisé) d'extension du mur de l'enceinte autour du faubourg, suivant le tracé d'un canal de retranchement déjà existant. Ce plan donne accessoirement l'état des batteries : celle à la racine du môle neuf dite d'Antoine est notée "presque en ruines", la batterie de La Tasse est figurée mais notée "détruite"; une petite batterie de deux embrasures indiquée en 1747 sur le quai du port côté ville, à droite du grand bastion ou château, est encore en place, désarmée, sans annotation.

[Plan général du port, de l'enceinte de ville de La Ciotat avec le môle Bérouard et détails d'un projet de reconstruction d'un segment d'enceinte],1837.[Plan général du port, de l'enceinte de ville de La Ciotat avec le môle Bérouard et détails d'un projet de reconstruction d'un segment d'enceinte],1837.

 La commission de défense ayant délibéré le 29 mars 1838 en faveur d'une cession de propriété de l'enceinte de la ville à l'Etat, sans toutefois donner lieu à un classement comme place militaire, le ministre de la guerre formula cette demande à la municipalité le 15 juillet 1839, mais les conditions exigées en contrepartie par le conseil municipal le 27 octobre, en termes de travaux à y réaliser aux frais de l'Etat et de droits divers demandés en faveur de l'économie du port fit abandonner ce projet après quelques années de tractations.

            Entre 1837 et 1840, fut construit un nouveau môle de 90m de longueur en avant de l'angle de capitale du grand bastion dit fort Berouard (par l'administration civile) ou château de La Ciotat (par le Génie militaire), sur le rocher sous-marin formant des écueils qui s'avançaient dans la passe. Ce môle du fort Bérouard, déjà figuré "en construction" sur le plan de  novembre 1837, fut financé par l'Etat à hauteur de 350.000 francs accordés par une loi du 19 juillet 1837. Le projet comportait un feu à l'extrémité du môle, non destiné à remplacer celui du fort, à 110m de distance,  mais à en compléter l'action. Ce feu de portée équivalente fut mis en service au 1er novembre 1839  au sommet d'une tourelle de moindre hauteur que celle du fort17.

            Le môle -bientôt renommé môle Bérouard- et son phare, intégraient dès leur construction une batterie constituée d'une plate-forme d'artillerie de plan en fer-à-cheval asymétrique formée d'un parapet maçonné de 2m de hauteur et 1,60m d'épaisseur percé de 5 embrasures, édifiée sous la maîtrise d'ouvrage des Ponts-et-Chaussées sur le musoir du môle18,  devant le phare et à sa gauche, conformément à un projet du génie militaire annexé à un procès verbal de conférence du 4 juillet 1839, approuvé le 26 août suivant par la commission mixte des travaux publics. Le môle comportait en outre un ouvrage de protection et de défense rapprochée  active, constitué d'une muraille bâtie au centre  des quais et berges pour porter un chemin de ronde surhaussé bordé d'un parapet crénelé continu, soit régnant sur les deux côtés et enveloppant le phare à la manière d'un mur de chemisage circulaire. Cette muraille du môle, son chemin de ronde et son parapet crénelé gauche (vers l'intérieur du port) longeaient la face droite du bastion dit fort Bérouard, et partaient de la cour créée en 1813 à l'arrière dudit fort. Une porte percée en 1839 dans le mur crénelé de 1813 renfermant la cour, près de l'angle d'épaule droit du bastion, donnait accès au chemin de ronde crénelé desservant le phare. Une autre porte ménagée dans la partie circulaire chemisant le pied du phare, vers le quai du port,  accédait à une cave circulaire sous le phare, sans communication verticale avec la tour du phare proprement dit. Cet ouvrage crénelé pour le fusil, donc à caractère défensif, constituait donc l'équivalent d'une caponnière de communication entre le fort Bérouard et le phare implanté à l'extrémité du môle19, contraignant à pénétrer d'abord dans la cour fermée de la gorge du fort (relevant du domaine militaire), pour pouvoir accéder en toute sécurité au phare (relevant des Ponts et Chaussées, commission des phares). Cette servitude d'accès du phare, avec passage obligé par le fort, ne faisait, au demeurant, que reconduire le principe de celle concernant le phare principal, édifié dès la seconde moitié du XVIe siècle en superstructure du grand bastion et accessible seulement depuis la plate-forme supérieure dudit bastion.

            La contiguïté de cette muraille formant caponnière crénelée, relevant des Ponts-et-Chaussées, et de la gorge de la batterie du môle, relevant du génie, suscita une controverse en 1841 entre la commission d'armement et le comité des fortifications. La commission proposait de supprimer purement et simplement la batterie, la jugeant  trop étroite pour une bonne manœuvre des pièces et risquant de subir des éclats de pierre en cas de canonnade visant le mur crénelé ; le comité, qui eut gain de cause, fit valoir au contraire l'efficacité de son implantation pour battre le port, les approches de la ville et le mouillage sous l'île Verte.

            Le vaste programme général de réorganisation et réarmement des batteries de côte selon les nouvelles normes issues des travaux  de la commission mixte d’armement des côtes, de la Corse et des îles instituée en février 1841 donna lieu à des projets pour le secteur de Marseille à partir de 1846, rédigés par le chef du génie Marie-Tranquille Le Bas, sous l’autorité du directeur des fortifications de Toulon le colonel Joseph-Alexandre Picot. Dans ce cadre, l'organisation de la batterie du château de La Ciotat fit l’objet du 3e article du Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 184620 rédigé le 2 juin par le chef du génie, et accompagné d'une planche de plans, commune au 4eme article, ayant pour objet l'organisation de la batterie du môle de La Ciotat.

[Plan du projet d'organisation de la batterie du môle et d'amélioration de la batterie du château de La Ciotat], 1846.[Plan du projet d'organisation de la batterie du môle et d'amélioration de la batterie du château de La Ciotat], 1846.

             Le chef du génie définissait alors le château  comme composé d'un corps de garde en deux parties réuni par un mur crénelé à une grosse tour (le bastion) . La commission d'armement des côtes proposait d'armer de 4 canons la batterie casematée au 1er étage, ce qui nécessitait un agrandissement des embrasures voûtées, objet du projet dessiné.  Le chef du génie était d'avis de placer les 4 canons au-dessus, sur la plate-forme, les voûtes de l'étage casematé étant assez solides pour les porter. Dans son apostille au projet, le directeur des fortification estimait que la dépense devait être portée de 500 francs à 1500 francs, pour approprier l'étage au logement de 20 canonniers et organiser la batterie sur la plate-forme.

            La batterie du môle de La Ciotat, objet du 4e article, était à réorganiser. En juin 1846, le chef du génie proposait de déraser les merlons de ce parapet de 1m pour placer les canons directement sur le sol du musoir, et non sur un terre plein, et d'armer la batterie de pièces sur affûts de côte (à barbette). Il considérait qu'en temps de guerre, on pourrait de remparer de terre glaise et fumier l'espace extérieur au parapet maçonné jusqu'à l'enrochement qui le garantissait des lames de mer, en élevant ce rempart jusque 1,60m.  Le directeur des fortifications dans son apostille préférait boucher les embrasures du parapet et relever  le terre-plein intérieur sur 6m de largeur pour tirer au-dessus des anciens merlons. Accessoirement, le chef du génie proposait de placer dans la tour du nouveau phare (au rez-de-chaussée ?) un petit dépôt de munitions au service de la batterie du môle.

            Ces projets furent ajournés et à nouveau présentés, en 2e degré d'urgence, une première fois, sans précisions, pour 1850, puis, plus formellement, dans le Mémoire sur les Projets pour 1851-1852, daté du 14 décembre 185021 illustrés d'une nouvelle planche de plans et coupes. Le chef du génie ayant révisé son opinion sur la résistance des voûtes des casemates du château  revenait au parti de placer de ne pas placer les 4 pièces de canon sur la plate-forme mais au premier étage casematé en agrandissant les embrasures.  Le projet d'organisation de la batterie du môle est aussi représenté selon les préconisations du directeur des fortifications, pour 4 canons à barbette, et en bouchant les 5 embrasures,  mais ces deux articles sur les batteries du port, évalués à 10.000 francs pour celle du château, 2000 francs pour celle du môle, ne faisaient pas l'objet de demande de fonds sur l'exercice concerné.

Travaux pour la défense des côtes. Projets pour 1851 et 1852. Organiser la batterie du mole de La Ciotat. [Plan et coupe du projet d'organisation des batteries du château et du môle de La Ciotat pour 1851-1852], 1850.Travaux pour la défense des côtes. Projets pour 1851 et 1852. Organiser la batterie du mole de La Ciotat. [Plan et coupe du projet d'organisation des batteries du château et du môle de La Ciotat pour 1851-1852], 1850.

            Le 1er avril 1848, le feu du fort Bérouard fut supprimé, en laissant en place la tour du phare, le fanal à feu fixe du bout de la jetée, alors d'une portée de 9 milles, étant jugé suffisant22.

            L'état de l'armement recommandé par la commission de défense en 1859 prévoyait pour la batterie du  château de la Ciotat, jugée de 1ere importance, 4 pièces, dont 2 deux canons rayés en fonte de 30 cm et deux obusiers à âme lisse de 22 cm, le même armement étant proposé pour la batterie du môle, complété de 2 mortiers de 32 cm. Il est précisé que 8 obusiers de 32cm sont alors entreposés au château sans affûts.

            L'ensemble des projets des batteries de côte du secteur de Marseille ayant -sauf exception- été ajourné durant dix ans, et davantage pour celles de la baie de La Ciotat, un nouveau projet pour organiser la batterie du château de La Ciotat pour 4 bouches à feu, et  pour construire la batterie du môle, pour 6 bouches à feu,  fit l'objet des  articles 7 et 8 des fortifications dans le Mémoire des projets pour 1861-1862. Rédigés par le chef du génie Alexandre Guillemaut le 10 février 186123, ces articles sont illustrés d'une planche de plans et coupes. Le projet pour la batterie du château, évalué à 40.000 francs, revenait au principe proposé par le chef du Génie Le Bas en 1846, consistant à placer les canons sur la plate-forme dallée en pierre, le nouveau chef du génie proposant de les organiser  "comme aux batteries de le Joliette" (soit les deux batteries de la digue du port de la Joliette à Marseille, construites en 1853-1855). S'agissant de la batterie du môle, le nouveau projet, évalué à 50.000francs, soit plus coûteux que la batterie du château, proposait la suppression complète de la batterie de 1839, et son remplacement par une nouvelle batterie plus étendue sur l'enrochement du côté du large, avec épaulement à gros parapet rectiligne revêtu, avec terrassement surélevé, organisée pour 4 canons et 2 mortiers, qui ne pouvaient être mis sur le château,  les six alignés sur un même axe.

Projets pour 1861-1862. Construire la batterie du môle de La Ciotat pour 6 bouches à feu. [Plans du projet de reconstruction],1861.Projets pour 1861-1862. Construire la batterie du môle de La Ciotat pour 6 bouches à feu. [Plans du projet de reconstruction],1861.

            Ces derniers projets du génie militaire ne furent pas réalisés, la batterie du môle Bérouard restant dans son état inabouti de 1839, les casemates du fort Bérouard, entretenues a minima, qui avaient servi occasionnellement de prison pour prisonniers politiques en 1852, étant utilisées sous le second empire pour loger une compagnie de soldats de ligne24.

            Les derniers projets inaboutis concernant  la rade de la Ciotat et Cassis  seront abandonnés dès 1865-1866  aucun article ne les concernant plus dans le mémoire sur les projets de cet exercice, entérinant la clôture du programme des batteries de côte.

            L'ancienne enceinte de la ville, sans statut militaire à l'exception du fort Bérouard ou batterie du château, fut démolie progressivement par la municipalité pour l'essentiel entre 1856 et 1866, excepté certaines parties détruites dans la décennie 1870.

            L'état du môle et des deux batteries en 1873 est documenté par une vue du port due au photographe Claude Gondran25: la batterie du môle, non armée, et le mur crénelé de la communication au phare sont alors bien entretenus, le bastion et l'ancien phare présentant en revanche un aspect délabré.

[Vue du môle Bérouard, de sa batterie et du "fort", à l'entrée du port de La Ciotat], 1873. [Vue du môle Bérouard, de sa batterie et du "fort", à l'entrée du port de La Ciotat], 1873.

            Le déclassement défensif des batteries de la baie de La Ciotat, dont celles du château et du môle, est inscrit dans un projet de loi présenté à la chambre des députés en séance du 29 juin 1882; confirmé par un avis du conseil supérieur de la guerre du 19 février 1886, il fut ajourné jusqu'en 1888. Cette dernière année, la séance des délibérations du Conseil général des Bouches-du-Rhône du 21 août formulait une demande au gouvernement pour prioriser le déclassement du fort Bérouard, à l'emplacement duquel la ville de La Ciotat prévoyait de construire  la gare de La Ciotat-ville depuis le premier projet de déclassement de 1882. Le procès-verbal de 1888 précisait que" tout ajournement de la destruction prévue de cette ruine sans valeur compromet les intérets du département et retardant l'établissement des voies de quais pouvant relier la gare de La Ciotat avec les ateliers des Messageries Maritimes."[26

            Le projet municipal et départemental aboutit en 1892, date du début de la démolition de l'ancien bastion du XVIe siècle, nullement considéré à l'époque comme un bien patrimonial. La démolition s'étendit à celle de l'extrémité du mur de communication en caponnière au phare qui longeait la face gauche du bastion, cette partie de mur crénelé étant partiellement reconstruite sur un autre axe, en retour d'angle droit vers la gauche pour refermer et isoler de l'accès au quai du port  la partie du môle régnant du côté du large.

La Ciotat - Les Jetées Entrée du port. [Vue plongeante du môle Bérouard prise du beffroi de l'hôtel de ville], c.1910.La Ciotat - Les Jetées Entrée du port. [Vue plongeante du môle Bérouard prise du beffroi de l'hôtel de ville], c.1910.

            Dans l'état des lieux en 1931, une branche latérale du chemin de fer desservant la gare de La Ciotat ville (construite à l'emplacement du bastion rasé) se prolongeait jusqu'à l'intérieur de la batterie du môle construite en 1839, dont le parapet maçonné était bien conservé avec ses 5 embrasures.  Cette branche de la voie ferrée subsista jusqu'à la fin  les années 1960, après la désaffectation de la gare de La Ciotat ville en 1955.

[Vue aérienne oblique de la ville et du port de La Ciotat prise du sud], 1931. Détail : le môle Bérouard.[Vue aérienne oblique de la ville et du port de La Ciotat prise du sud], 1931. Détail : le môle Bérouard.

            En 1971-1972, du fait du développement des chantiers navals de La Ciotat et des manœuvres des navires entrant dans le port, l'extrémité du môle fut raccourcie, ce qui entraîna l'amputation de l'extrémité arrondie de la batterie de 1839 et la démolition des murs crénelés  de la partie terminale semi-circulaire de la communication crénelée en caponnière qui enveloppait  le phare, la tour du phare étant déplacée 10,40m  mètres en arrière sans déconstruction, puis enveloppée dans un mur circulaire non crénelé de moindre diamètre que celui d'origine détruit. En 1978, le côté du môle regardant le large, sur enrochement, fut élargi de l'équivalent de la largeur totale du môle d'origine, et aménagée en esplanade et parc de stationnement automobile.

II- Description

            La longue et complexe histoire architecturale des fortifications publiques du port et de la ville de La Ciotat n'est plus matérialisée aujourd'hui que par de rares vestiges mutilés  et remaniés, exclusivement localisés sur le môle Bérouard.

            Le principal ouvrage conservé, construit par l'administration des Ponts et Chaussées mais relevant de l'architecture défensive, conçu en relation avec le génie militaire, est la caponnière de communication qui, en dépit de la destruction du "fort Bérouard" en 1892-1895 et par-delà les remaniements de 1972, demeure passage obligé pour accéder au phare dans l'état actuel du môle.

Vue générale du môle Berouard et de son phare prise du môle du côté opposé de l'entrée du portVue générale du môle Berouard et de son phare prise du môle du côté opposé de l'entrée du portLe quai et la caponnière de communication crénelée du môle Bérouard, côté port, vue prise de l'entrée du môleLe quai et la caponnière de communication crénelée du môle Bérouard, côté port, vue prise de l'entrée du môle

Il s'agit d'un muraille épaisse à la base de 4,50m construite sur le quai du môle dont elle suit le plan en arc de cercle, conservée sur une longueur actuelle d'environ 70m. Cette muraille est conçue pour porter sur toute sa longueur un double chemin de ronde bordé d'un parapet crénelé tant du côté du port (côté rentrant du plan semi-circulaire) que du côté du large. Dans l'état actuel, les créneaux de fusillade, régulièrement espacés sur un rythme serré, sont au nombre de trente et un de chaque côté, auxquels s'ajoutaient jusqu'en 1971 ceux de la partie alors détruite pour reculer le phare de  plus de 10m, et qui incluant l'enveloppement circulaire du phare à son ancien emplacement par le chemin de ronde et son parapet crénelé, non reproduits par la partie alors reconstruite. Le chemin de ronde principal, large de 2m, assurant la communication au phare, a un sol pavé régnant environ 2,50m au dessus du sol extérieur d'origine de la jetée du côté du large.

Vue intérieure plongeante du chemin de ronde crénelé de la caponnière de communication, prise du phareVue intérieure plongeante du chemin de ronde crénelé de la caponnière de communication, prise du phare

Il dessert au passage une série de créneaux, dont l'ébrasement intérieur part du sol, ménagés dans le surcroît d'élévation murale formant un  parapet  haut de 2,40m au-dessus du pavé. Le chemin de ronde secondaire, parallèle au premier mais plus haut, est en réalité une sorte de banquette de tir d'infanterie desservant  la série des créneaux  qui surplombent le quai du port. Il est formé d'une marche ou gradin continu en pierres de taille  haut de 60cm au-dessus du pavé du chemin de ronde principal, bordé d'un second gradin de même hauteur qui semble avoir servi d'accoudoir pour le service des créneaux de fusillade du côté du port, beaucoup plus hauts à l'appui que ceux du côté du large. Là fente extérieure des créneaux du côté du large, desservis par le chemin de ronde pavé, est  longue et fortement plongeante ce qui favorisait les tirs fichants. Dans le parement extérieur du mur, construits en carreaux de moellons de pierre dure, les pierres de taille blanche de Cassis encadrant les fentes de ces créneaux s'élèvent sur  9 assises, en comptant l'assise monolithe du bas de la fente.

Elévation extérieure d'un segment du mur crénelé de la caponnière de communication, du côté de la merElévation extérieure d'un segment du mur crénelé de la caponnière de communication, du côté de la mer

La fente des créneaux du côté du port, comporte aussi une plongée mais elle est plus courte, avec 6 assises en pierre de taille. Le parapet crénelé, de hauteur constante, est couronné d'une tablette en pierre de taille de Cassis, saillante sur le nu extérieur du parement.

Détail des fentes à appui plongeant de deux créneaux du mur côté port de la caponnière de communication du môle BérouardDétail des fentes à appui plongeant de deux créneaux du mur côté port de la caponnière de communication du môle Bérouard

            Le second vestige d'ouvrage défensif en partie encore en place  sur le môle est un tronçon du parapet maçonnée de la batterie construite en 1839. Depuis les démolitions de 1971, il ne reste plus de ce parapet qu'une partie de la branche rectiligne faisant face au large, avec deux embrasures à ébrasement extérieur d'axe sensiblement biaisé, et le tableau gauche d'une troisième embrasure, le reste du parapet qui affectait un plan en segment de cercle avec deux autres embrasures ayant complètement disparu. Deux vieux canons ont été placés dans les embrasures de façon maladroite, pour évoquer la fonction défensive de ce vestige peu significatif pour le public.

 Segment subsistant du parapet maçonné à embrasures de la batterie du môle Bérouard, vue plongeante prise du phareSegment subsistant du parapet maçonné à embrasures de la batterie du môle Bérouard, vue plongeante prise du phare 

1 Antonin Palliès, La Ciotat, dans Petites annales de Provence, N°12 8 juillet 1894, p. 22Planche de huit vues cavalières de places de Provence. BnF,Cartes et Plans, GE SH 18E PF 71 DIV 3 P2/1 Res.3Eugène Sue (ed.), Correspondance de Henri d’Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, chef des conseils du roi en l’armée navale (...), Paris 1839, t. III, (voyage et inspection de Henri de Séguiran, p. 223-317), p. 258.4A partir du XVIIe siècle, le mot donjon peut servir à qualifier tantôt le réduit d'un fort ou d'une citadelle (comme à la citadelle Saint-Nicolas de Marseille, au château d'If ou au fort de Ratonneau), tantôt, selon une définition non défensive, une simple tour élevée en superstructure d'un ouvrage plus bas.5BNF Cartes et plans, GE SH 18 PF 75 DIV 5 P 5 D6BNF Cartes et plans, GE SH 18 PF 75 DIV 5 P 8 D7BNF Cartes et plans, GE C-6128Ponge est mentionné à la même époque avec le titre de capitaine du génie à propos de la batterie du château de Cassis. Il semble s'agir de Joseph-Noël Ponge, architecte et ingénieur à Marseille en 1791 auteur de dessins de la citadelle Saint Nicolas démantelée.9SHD Vincennes 1VH1079 n°110SHD Vincennes 1VH1079 n°511BNF Cartes et plans, GE SH 18 PF 72 P 4-4 D12SHD Vincennes 1VH1079 n°913On ne peut exclure que des orillons aient existé et été supprimésdès le début du XVIIe siècle, mais une telle hypothèse est improbable et invérifiable, le bastion ayant été détruit en 1895.14Vincennes SHD, 1VH 1079, n° 1415Archives départementales des Bouches du Rhône 2 J 14, pl. n°3416 SHD Vincennes, 1VH 1082, n° 217P-M. Roux, dir., Répertoire des travaux de la société statistique de Marseille, t. III,  Marseille, 1839, p. 484. Gazette nationale ou le moniteur universel, 25 mai 1837, p. IV et 23 aout 1840, p. 186418Les représentants du génie militaire n'emploient jamais l'appellation "môle Bérouard", en usage localement, mais "môle de la Ciotat", du fait que ce môle seul relève alors de leur compétence, les autres anciennes batteries du port, dont celle dite d'Antoine, liée au "môle neuf", ayant été supprimées.19Qui pourrait être comparée, par exemple, à Calvi en Corse, à la courtine portant communication en caponnière qui relie la ville close bastionnée dite citadelle à la "tour du Sel", tour génoise détachée extra-muros. On peut aussi évoquer20SHD Vincennes, 1VH 1084, n° 121SHD Vincennes, 1VH 108622Gazette nationale ou le moniteur universel, 3 décembre 1847, p. 291423SHD Vincennes, 1VH 108924Marius Deidier, Histoire de La Ciotat des origines à nos jours, La Ciotat 1965, p. 1858.25Publiée dans Léonce Reynaud, LesTravaux Publics de la France, Paris, Rotschild, 1883, t. IV, pl. 3926Conseil général des Bouches-du-Rhône, sessions de 1888. Procès verbaux des délibérations, Marseille 1888, p. 17 et p. 350-351.

            La défense du port de La Ciotat s’est développée du XVIᵉ au XIXᵉ siècle à partir d'un bastion monumental construit de 1551 à 1560 par la communauté urbaine à l'angle de l'enceinte de la ville qui contrôlait le côté droit de l'entrée du port, en vis-à-vis d'un môle construit simultanément du côté gauche. Désigné sous l'appellation de balouard (boulevard) puis fort Bérouard, c'était un ouvrage d'artillerie très moderne pour son temps, abritant deux niveaux casematés, le second et la plate-forme au-dessus comportant des embrasures pour canon en batterie en capacité de battre les navires ennemis. Ce bastion était surmonté d'un phare.  

            En 1695, l'entrée du port était défendue par le fort Bérouard, et par deux batteries ouvertes, l'une de six canons sur le front d'enceinte de ville faisant face au large,  à l'arrière de la gorge du fort, l'autre de deux canons, du côté opposé de l'entrée du port et à la racine du môle neuf.

            En 1747, le maréchal de Belle-Isle, commandant les armées royales en Provence et Dauphiné dans le cadre de la guerre de Succession d'Autriche, recommandait d'armer le fort de La Ciotat de six canons et trois pierriers, la batterie ouverte à l'arrière de la gorge du fort, dite de la Tasse, de dix canons et deux mortiers et celle du môle neuf de quatre canons. Cet armement de guerre n'avait pas vocation à être pérennisé, les trois batteries du port de La Ciotat, à charge de la communauté en temps ordinaire étant désarmées ou très faiblement armées dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La prise en charge  durable de ces batteries du port de La Ciotat par la puissance publique de l'Etat commença avec les guerres révolutionnaires amorcées en 1793 lors de la Première Coalition.

            Désormais nommé  « château de La Ciotat », le bastion ou fort fit  l’objet de plusieurs projets inaboutis en l'an 4, en 1811, 1813 et 1817 pour y optimiser l'intégration de l'artillerie et le logement des troupes. Les deux batteries ouvertes qui complétaient la défense du port furent désarmées et finalement supprimées dans les années 1830.

            En 1837–1839, la construction du môle Bérouard, en avant de l'angle de capitale du bastion dit fort Bérouard (par l'administration civile) ou château de La Ciotat (par le Génie militaire) intégra en tête un nouveau phare et une nouvelle batterie ouverte de cinq canons. Le bastion fut relié au phare par une muraille construite sur le môle au centre des quais et berges, portant chemin de ronde crénelé assurant une défense rapprochée à la manière d'une caponnière de communication, bâtie sous l'autorité des Ponts et chaussées. Cette servitude d'accès du phare, avec passage obligé par le fort Bérouard, ne faisait que reconduire le principe de celle concernant le phare principal, accessible seulement depuis la plate-forme supérieure du bastion ou fort.

            En 1846, en application du programme national de réorganisation des batteries selon les nouvelles normes issues des travaux  de la commission mixte d’armement des côtes de 1841, le chef du génie de Marseille Marie-Tranquille Lebas proposa une réorganisation de la batterie du môle et une réhabilitation du bastion pour placer des canons sur sa plate-forme. Ce projet ajourné connu plusieurs variantes, pour 1851-1852,  présentée par le même chef du génie puis en 1861-1862,  présentée par son successeur Alexandre Guillemaut. 

            Ces derniers projets du génie militaire ne furent pas réalisés, la batterie du môle Bérouard restant dans son état inabouti de 1839, les casemates du donjon, entretenues a minima, étant utilisées sous le second empire pour loger une compagnie de soldats de ligne.

            En 1848, le fanal  du fort Bérouard fut supprimé, celui à feu fixe du bout de la jetée d'une portée de 9 milles, étant jugé suffisant.

L'ancienne enceinte de la ville, sans statut militaire à l'exception du bastion dit batterie du château, fut démolie par la municipalité entre 1856 et 1870, le déclassement ou château ou fort et de la batterie du môle, proposé dès 1882, fut arrêté en 1888, ce qui permit à la municipalité de démolir l'ancien bastion du XVIe siècle en 1892 pour faire place à la gare de La Ciotat-ville. Les structures du môle ont été remaniées  en 1971–1972, lors des travaux portuaires qui ont imposé le recul du môle et du phare de 10,40m et la mutilation de la batterie, pour les besoins des chantiers navals.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 16e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
    • Secondaire : 4e quart 17e siècle , daté par source , (détruit)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1839, daté par source

Les vestiges actuels des ouvrages défensifs du port de La Ciotat sont limités au môle Bérouard, où subsistent deux éléments incomplets :

La caponnière de communication,  qui a survécu à la démolition du fort et demeure passage obligé d'accès au phare, est une muraille de plan en arc de cercle épaisse d’environ 4,5 m et longue de 70 m,  portant un double chemin de ronde crénelé, côté mer et côté port, percé d’une soixantaine de créneaux de fusillade à fentes plongeantes, construite en moellons avec encadrements des créneaux en pierre de Cassis. L'enveloppement du phare par un prolongement circulaire du chemin de ronde a été reconstruit sans créneaux après que le phare ait été reculé.

La batterie du môle est réduite aujourd'hui à une portion du parapet d'artillerie  maçonné, percée de deux embrasures  tournées vers le large. L’ensemble initial, amputé en 1971, était de plan en fer à cheval prolongé d'une branche rectiligne qui seule subsiste.

Bien que mutilés, ces deux ouvrages défensifs témoignent de l’articulation entre la défense rapprochée du port et les infrastructures civiles du môle, illustrant la coopération entre Ponts et Chaussées et Génie militaire dans l’architecture côtière du XIXᵉ siècle.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • calcaire pierre de taille
  • Typologies
    batterie ouverte (2e quart 19e siècle) ;
  • État de conservation
    remanié, vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    double caponnière
  • Sites de protection
    site inscrit
  • Protections

  • Précisions sur la protection

    Partie nord port de la Ciotat, quais et façades inscrit au titre des sites par arrêté du 10 février 1944

  • Rapport sur le château de La Ciotat par Nicolas Poitevin-Dubousquet, 25 novembre 1811. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 9.

  • Mémoire sur l'état de situation de la place de Marseille et de ses dépendances par Jean-Joseph-Amable Tournadre (aîné), 20 novembre 1816. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 16.

  • Atlas des batteries de côte des baies de Marseille et de La Ciotat, 1818. Par Tournadre aîné. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4.

  • Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 1846 par Marie-Tranquille Lebas, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1084, n°1.

  • Place de Marseille. Mémoire sur les projets pour 1851-1852, par Marie-Tranquille Lebas, 14 décembre 1850. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1086.

  • Place de Marseille. Mémoire sur les projets de 1861-1862, par Charles Alexandre Guillemaut, 10 février 1861. Service Historique de la Défense, Vincennes, 1VH 1089.

  • La Ciotat. [Vue perspective de La Ciotat]. / Dessin de Jacques Maretz, détail d'une planche de huit vues de places de Provence, 1631. Bibliothèque nationale de France, Paris : Cartes et Plans, GE SH 18E PF 71 DIV 3 P2/1 Res.

  • Le port de La Ciotat vu en dehors des moles dans le Sud-Est. / Gravure d'Yves-Marie Le Gouaz, d'après Nicolas Ozanne, 1776. Bibliothèque nationale de France, Paris. Estampes et photographie, EF-67-BOITE FOL

  • Plan du ci-devant château ou fortin de La Ciotat servant de phare avec projet (...) d'une batterie. / Dessin aquarellé par Jean-François Garavague, directeur des fortifications, 3 germinal an 3. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 1.

  • [Plans du château de La Ciotat et projet d'améliorations]. / Dessin aquarellé par Nicolas Poitevin-Dubousquet, 25 novembre 1811. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 9.

  • Plan et profils des batteries du château de La Ciotat et de la Tasse. / Dessin aquarellé par Tournadre aîné, feuille de l'atlas des batteries de côte de 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4, pl. 34.

  • [Plan général du port, de l'enceinte de ville de La Ciotat avec le môle Bérouard et détails d'un projet de reconstruction d'un segment d'enceinte]. / Dessin aquarellé par le chef du génie Lolier, 18 septembre 1837. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1082, n° 3.

  • [Plan du projet d'organisation de la batterie du môle et d'amélioration de la batterie du château de La Ciotat]. / Dessin aquarellé par Lebas, chef du génie, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1084, n° 1.

  • Travaux pour la défense des côtes. Projets pour 1851 et 1852. Organiser la batterie du mole de La Ciotat. [Plan et coupe du projet d'organisation des batteries du château et du môle de La Ciotat pour 1851-1852]. / Dessin aquarellé par le capitaine du génie Roulet, dirigé par Lebas, chef du génie, 14 décembre 1850. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1086.

  • [Vue du môle Bérouard, de sa batterie et du "fort", à l'entrée du port de La Ciotat]. / Photographie de Claude Gondran, 1873. Dans : "Les Travaux Publics de la France" / REYNAUD, Léonce. Paris, 1883, T.IV, pl.39.

  • La Ciotat - Les Jetées Entrée du port. [Vue plongeante du môle Bérouard prise du beffroi de l'hôtel de ville]. / Carte postale, c.1910. Collection particulière.

  • [Vue aérienne oblique de la ville et du port de La Ciotat prise du sud]. / Photographie,1931. Institut Géographique National, Saint-Mandé.

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Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Corvisier Christian
Corvisier Christian

Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.

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