Dossier d’œuvre architecture IA13006227 | Réalisé par
Corvisier Christian (Rédacteur)
Corvisier Christian

Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.

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  • enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Batterie haute de Niolon dite de Niolon Haut
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bouches-du-Rhône
  • Commune Le Rove
  • Lieu-dit le fort de Niolon haut
  • Cadastre 2026 A 223
  • Dénominations
    batterie
  • Appellations
    batterie haute de Niolon, batterie de Niolon Haut
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

I- Historique, topographie et typologie générale

Une instruction de la commission supérieure de défense des côtes datée du 30 mai 1872, destinée à guider les Commissions mixtes d’officiers de l’artillerie, du génie et de la marine qui devront, dans chaque arrondissement maritime, procéder à la révision de l’armement du littoral, face aux  progrès parallèles de la flotte de guerre à vapeur et de l’artillerie à longue portée, désormais rayée (ce qui décuple la portée utile et précision à l’impact), ouvrait la voie à une nouvelle génération de batterie de côte, implantée désormais en altitude, pour le bombardement des vaisseaux et armée avec de l’artillerie de marine. 

S’agissant de la circonscription de Marseille, Victor Marchand, lieutenant colonel commandant du génie, et le capitaine du génie Bailly-Maître, exposaient dans le  mémoire  sur les projets pour 1873-1874 1, le principe d’un système de défense terrestre par des petits forts détachés fortement armés sur les hauteurs à ­6km de la ville, en application de l’instruction de la commission et d’une circulaire du ministre de la guerre datée du 11 juin 1872 sur le système complémentaire de défense de la France en cas d’invasion. Ils observaient qu’Il y aura beaucoup à modifier dans le système des batteries de côte commencées…

  La conception de la batterie haute de Niolon ne faisait pas encore partie des petits forts détachés alors pressentis. Conforme aux principes définis à l’échelle nationale en 1874 par le Comité de défense et son secrétaire, le général Séré de Rivières, directeur du service du génie, elle est contemporaine du projet de réorganisation de la batterie de côte de Niolon Bas, daté de décembre 1880.

Le projet de la batterie haute de Niolon a été rédigé en application  d’un ordre de l’inspecteur permanent du génie pour la défense des côtes daté du  11 novembre 1878, qui a déterminé l’emplacement, et d’une délibération de la commission de défense des côtes du 1er décembre 1879, approuvée par  le ministre de la guerre le 31 janvier 1880. Le programme, étudié conjointement dans un procès-verbal de conférence du 13 juin 1881 par le lieutenant colonel  Jules  Chéry, chef du génie de Marseille et le chef d’escadron Pion commandant l’artillerie de l’arrondissement2, consistait en premier lieu à occuper le mamelon coté 195 par un ouvrage fermé dans lequel on placera les logements et les magasins, et on organisera une batterie de quatre canons de 24cm sur affûts à pivot central dont les tirs vers le sud auraient un champ aussi ouvert que possible à l’est et à l’ouest.

Secondairement, il projetait d’installer sur la hauteur cotée 180, à l’ouest du mamelon 195, une batterie annexe de deux canons de 19 cm à pivot central, de même direction que la batterie principale, le tout desservi par une route d’accès à construire pour relier ces deux batteries avec le village du Rove. Le service de la batterie principale nécessiterait une garnison d’infanterie de 60 hommes pour résister à une attaque de vive force, l’effectif des servants d’artillerie étant de 48 hommes avec 2 sous-officiers et un officier dans la batterie principale, et 18 hommes et un sous-officier dans la batterie annexe. Deux pièces de campagne étaient demandées en plus par les conférents  pour battre le plateau autour de la batterie. Les projectiles seraient placés dans des abris sous traverses réglementaires des deux batteries, et les conférents proposaient se séparer  les 4 canons de 24cm en deux groupes de 2 au moyen d’une traverse. L’avis commun de l’inspecteur permanent des travaux du génie, le général de division Parmentier, et de celui de l’artillerie, daté du 24 avril 1882, posait diverses observations et recommandations.

La batterie principale, ayant une très grande importance stratégique, devait par conséquent être organisée très fortement contre une attaque de vive force. L’enceinte qui l’entoure devait partout atteindre une hauteur de 5m avec chemin de ronde en arrière, formée pour le front de tête et le flanc gauche d’un mur à bahut sur les escarpements naturels, et sur la gorge par la façade de la caserne. Les abris traverse de la batterie proprement dite devaient être au nombre de trois et non de deux, celui du centre remplaçant le magasin à poudre initialement proposé étant réservé aux servants, les deux extrêmes aux munitions. Les inspecteurs permanents proposaient de placer les logements et les magasins sous un parados unique, et de porter la capacité du magasin à poudre à 48.000 kg pour tenir compte du remplacement, qu’ils proposaient, des deux pièces de 19cm de la batterie annexe  par des canons de 24cm.

Ce magasin à poudre devra être placé en avant de la caserne et à 4m en contrebas de cette dernière, son vestibule donnant dans la cour basse d’entrée. La caserne sera protégée contre les coups venant du sud et de l’ouest par un massif de terre ou de rocher de 5m d’épaisseur, sa façade nord donnant sur le fossé serra organisée défensivement ; la gaine qui règne en arrière des casemates de cette caserne servira à mettre en communication la cour d’entrée avec le chemin de ronde ouest et avec l’abri aux munitions placé du même côté. Les inspecteurs proposaient, pour placer les deux pièces de campagne demandées par les conférents de la commission locale, de préparer à la pointe nord du plateau un épaulement pouvant tirer du côté de la terre, desservi par un petit chemin partant de la porte du fort et tracé sur le versant est.

Faute de conservation des plans qui étaient joints à ces avis définissant le projet, l’état réalisé est documenté par deux sources graphiques différentes. La première est constituée par les cahiers d’attachements conservés  du sieur Silvestre, entrepreneur chargé des travaux sous le contrôle du capitaine du génie Baudin, datés entre décembre 1882 et février 18853, qui témoignent de la chronologie du chantier, réalisé sous l’autorité d’un nouveau chef du génie, le lieutenant colonel Eugène Morellet (1830- ?), et du nouveau directeur du génie Louis Bernard. Le jugement d’expropriation du terrain pour cause d’utilité publique datait du 23 février 1882.

L’état achevé de la batterie haute, batterie fermée dans une enceinte retranchée, et celui de sa batterie annexe,  distante de 450m, plus petite et semi ouverte, est illustré par trois feuilles de plans, coupes et élévations d’un atlas des bâtiments militaires de mai 1886 signés du chef du génie Morellet4.

Le plan d’ensemble de la batterie  haute principale exprime l’enceinte continue enveloppant à la fois l’épaulement, face au sud et au large,  et le casernement casematé en arrière, adossé au front de gorge, le seul de l’enceinte retranché d’un fossé.

[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 70.[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 70.[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 69, détail.[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 69, détail.

La moitié nord de l’enceinte enveloppant le casernement est de plan rectangulaire orthogonal, et dégage une cour basse à l’ouest, dans laquelle s’ouvre le portail d’entrée à pont-levis, complètement à l’ouest du front de gorge, flanqué par une caponnière formant tourelle bastionnée (dite bastion ou bastionnet  nord). La moitié sud de l’enceinte, autour de l’épaulement de batterie, a un tracé très irrégulier s’adaptant à l’escarpement rocheux naturel.

L’épaulement ou batterie proprement dite, de plan en anse de panier, comporte deux plates-formes ou sections d’artillerie desservies par une rampe depuis un terre-plein légèrement  plus bas, chacune pouvant accueillir deux ou trois pièces. Elles sont défilées par trois traverses, une centrale et deux latérales, chacune recouvrant un abri casematé semblable. Fondé sur le point haut du socle rocheux, le casernement, de grand axe est-ouest, est recouvert et largement enveloppé sur deux côtés, sud et est, d’une masse couvrante, important rempart de terre profilé en talus le mettant à l’épreuve des tirs d’artillerie venus de la mer.

[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 71, détail casernement.[Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 71, détail casernement.

Sur les deux autres côtés, au nord et à l’ouest, ce casernement comporte deux façades percées de baies : Celles du nord, des fenêtres, donnent jour à quatre grandes casemates transversales affectées à des chambrées et aux magasins de matériel, distribuées par un corridor casematé traversant sous rempart au sud, celles de l’est, portes et fenêtres, sont au service de trois petites casemates occupant l’équivalent d’une grande, affectées à la cuisine et à des chambres d’officiers, desservies par une coursive-balcon surplombant la cour Est et y descendant par un escalier.

Le corridor sud, accessible par la coursive-balcon et débouchant sur le chemin de ronde ouest, dessert au passage un étroit couloir  casematé à l’ouest des casemates, débouchant en poterne dans la façade nord au-dessus du fossé. La disposition générale de ce casernement casematé couvert et protégé d’un épais rempart sur les deux côtés vulnérables, avec couloirs enveloppants sur les mêmes côtés, semble inspirée de celle des corps de garde crénelés type 1846 tels que remaniés autour de 1880, dont la batterie basse de Niolon offre le plus proche exemple, achevé en 1881. Le magasin à poudre est creusé en caverne dans le roc sous le rempart sud du casernement, à un niveau inférieur à celui des casemates, de plain-pied avec la cour sur laquelle il s’ouvre, sous l’escalier montant au casernement.

 [Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 71, détail magasin à poudre. [Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe], 1886. Feuille 71, détail magasin à poudre.

Dès 1892, la réorganisation de la batterie haute de Niolon fit l’objet d’une conférence entre les représentants territoriaux de l’artillerie et du génie, Joseph Lucien Cauvin, chef du génie de Marseille et Desq, chef d’escadron commandant l’artillerie de l’arrondissement, avec procès verbal daté du 19 mars5. L’état de l’armement comprenait alors six canons de 24cm mle 1876 répartis en deux groupes, l’un de quatre pièces, en deux sections d’artillerie, dans la batterie principale, l’autre de deux dans la batterie annexe. Cette artillerie était complétée de quatre canons de 95mm mle 1888, non encore installés. Ces deux pièces légères et mobiles étaient destinées à être placées sur le petit épaulement existant mentionné par les inspecteurs de 1882, figuré sur les plans de 1886 côté terre en avant du front de gorge de la batterie, et tôt abandonné. Quoiqu’il en soit, les conférents précisaient que leur intention initiale avait été de réunir les six canons de 24cm dans la batterie principale pour réserver la batterie annexe aux pièces de 95mm, mais qu’ils y avaient renoncé, l’espace utilisable dans la batterie principale leur paraissant trop exigu, d’où le parti de maintenir la répartition des six pièces entre les deux batteries, les canons de 95 étant à installer dans une nouvelle batterie accolée à la batterie annexe. Le principe de réorganisation de 1892, illustré d’un plan de la batterie principale, observait que le magasin à poudre actuel, transformé en 1890, creusé dans le rocher, n’est protégé du côté dangereux que par 4m de roc, et proposait la création d’un nouveau magasin à poudre (de 6,50m x 4,25m avec vestibule, pour 22624 kg), creusé en caverne 14 m en contrebas sous la plate-forme gauche de la batterie. Le magasin existant serait utilisé comme magasin aux projectiles de temps de guerre.

[Plan de projet de réorganisation de la batterie haute de Niolon], 1892. Détail.[Plan de projet de réorganisation de la batterie haute de Niolon], 1892. Détail.

Deux puits de monte-charge seraient installés dans l’abri n°2 sous la traverse centrale, elle-même remplacée par un abri en béton de ciment large de 4mX8,90. L’un des puits desservirait la gaine souterraine passant sous la plate-forme d’artillerie de gauche et desservant au passage le nouveau magasin perpendiculaire (d’après le plan, avant de déboucher en poterne hors enceinte en E). Le 2e puits de monte-charge serait relié par une galerie souterraine au magasin à poudre existant réaffecté aux projectiles. Les parapets en pierraille de l’épaulement seraient épaissis de 8m à 10m, en sable et terre. Un magasin aux projectiles du temps de paix serait construit dans la cour d’entrée contre le mur d’enceinte à bahut surélevé à cet effet (f du plan).

            L’avis des inspecteurs permanents des travaux de l’artillerie et  du génie du 17 octobre 1892, fut reformulé de manière définitive le 30 janvier 1894 à la demande du ministre de la guerre  pour servir de base à une nouvelle étude, avec plan  du projet alternatif demandé6 exprimant les modifications projetée par des traits d’une teinte plus dense.

[Plan de projet de réorganisation de la batterie haute de Niolon],1893.[Plan de projet de réorganisation de la batterie haute de Niolon],1893.

Les inspecteurs rejetèrent le principe de la répartition des 6 pièces de gros calibre sur les deux batteries, recommandant de réserver la batterie annexe pour les pièces de 95mm et de réfectionner les plates-formes de 24cm de la batterie principale pour accueillir des 6 pièces, en formant trois groupes de deux pièces sur pivot central (sur 11m de largeur, espacées de 5,50m d’entre axe) avec 2 traverses pare-éclats intermédiaires de 5,85m d’épaisseur, chacune pourvue de deux niches à munitions de 1,20m x 1,30m pour 10 coups par pièce à leur queue, deux niches semblables étant ménagées dans les retours de droite et de gauche (saillie des abris 1 et 3). Ce projet entraînait la démolition et le comblement de la traverse abri centrale, n°2. Le talus à rampe à la gorge des deux plates-formes existantes était à remplacer, après création des trois nouvelles plates formes, par un mur de soutènement, pour permettre le levage par potence des obus amenés sur le terre-plein bas par wagonnets sur rails Decauville. Chacune des trois plates-formes devait être reliée au terre-plein bas par un escalier. L’escalier existant montant de la cour au terre plein bas de la batterie  était à remplacer par une rampe de 1,70m de large à 1/7e. Le général commandant du génie, d’avis différent de celui des inspecteurs, désapprouva l’emploi de potences de levage, qui ralentissaient la vitesse de ravitaillement requise d’un coup par  pièce toutes les 3 minutes. Il proposa de réduire à 8m la profondeur des plates-formes, de ménager à 0,50m en contrebas une banquette de circulation de 2m de large desservant les niches des traverses pour coups de sureté, de relier la banquette de circulation au terre-plein bas par un escalier central et par des rampes au 1/9e, enfin de faire communiquer ce terre-plein bas avec les abris par des rampes au 1/9e, pouvant recevoir des voies Decauville.

Les inspecteurs permanents excluaient le projet d’un nouveau magasin à poudre souterrain, estimant que celui existant, long de 11m, pouvait recevoir 60 caisses à poudres par mètre courant, ce qui suffisait largement pour l’approvisionnement des six canons de 24cm , et qu’il était peu exposé, seulement aux tirs plongeants de navires, improbablement dangereux  à cette distance. L’entrée de ce magasin par la cour basse étant jugée insuffisante, les inspecteurs proposaient un deuxième débouché sur le terre plein bas de la batterie par une rampe casematée coudée partie dans le roc partie en maçonnerie. Ils estimaient qu’en temps de guerre, la totalité des obus de 24cm pouvait être emmagasinée dans les deux abris sous traverse existants (1 et 3, le n°2 devant être supprimé) et admettaient que pour le temps de paix il sera nécessaire de construire un hangar léger aux projectiles à mélinite à l’ange nord-ouest de la cour supérieure près du débouché des locaux casematés. Ils précisaient toutefois : les conférents estiment que la construction du hangar peut être remise et que les obus chargés en mélinite pourraient être emmagasinés en temps de paix dans une des casemates logements comme cela a été indiqué pour  la batterie de Caveaux. On disposerait à cet effet de la chambre ouest (…)Le hangar (s’il était construit, comme figuré sur le plan) et les débouchés du magasin à poudre devront être reliés aux terre-pleins hauts par des voies Decauville. Les obus de rupture pouvaient être conservés en temps de paix dans les abris sous traverses.

La réalisation des travaux pour la réorganisation de la batterie, en 1894, suivit les recommandations des inspecteurs permanents, exprimés sur le plan, en intégrant les changements demandés par le général commandant du génie, notamment en ce qui concerne la batterie proprement dite, la profondeur des plates-formes ayant été réduite, et leur largeur un peu augmentée en empiétant au dessus des abris latéraux n° 1 et 3. Le hangar ne fut jamais réalisé, en revanche, un nouveau bâtiment militaire fut construit à l’extérieur de l’enceinte sur le chemin d’accès peu en avant de l’entrée. En 1899, ce bâtiment extérieur était qualifié de « bureau » sans précisions, et un baraquement en matériaux légers, plus étendu, fut construit en contrebas nord du site de la batterie sur un terrain privé acquis par l’état le 3 février 19007.

En  1905, une nouvelle citerne de 50m cubes et un nouveau lavoir furent aménagés dans la cour, à côté du portail d’entrée8. Cette citerne inférieure, couverte de petits voûtains sur poutrelles métalliques, complétait celle existant sous une des casemates du casernement.

L’armement de la batterie fut réformé en 1913 en réduisant de six à trois le nombre des canons de 24cm, désormais placés au centre des  trois plates-formes de 1894 sur de nouveaux affuts mle 19119,  permettant une cadence de tir supérieure pour un nombre restreint de servants. En 1914, cette artillerie était complétée de pièces mobiles plus légères pour le  24cm étaient toujours en place en 192710.

En septembre 1939, la Marine commença à installer dans la batterie de Niolon Haut alors désarmée deux affûts de 100 mm/45 calibres CAD Mle 1931 pour canon de 100mm Mle 1930, en coulant un socle de béton portant les sous-sellettes des affûts sur la moitié extérieure des deux plateformes latérales de la batterie de 24cm, neutralisant les deux affûts mle 1911. Elle construisit au dessus du terre-plein couvrant le casernement, cimenté à l’occasion, un poste de direction de tir avec cuve pour le télémètre. Cette nouvelle batterie fut abandonnée avant sa mise en service, ses affûts ayant été prélevés le 1er mars 1940, pour compléter l’artillerie antiaérienne du cuirassier Richelieu11.

Pendant l’occupation allemande  de 1942-1944, la batterie haute désarmée ne fit l’objet d’aucune prise en charge ou aménagement de la part de l’occupant, et fut à la suite laissée à l’abandon, sans démolition volontaire. Une photographie aérienne de 1960 montre l’ensemble en bon état, excepté le bâtiment extérieur à l’enceinte, dont le toit avait déjà disparu. L’ancienne batterie est en possession du conservatoire du littoral depuis 1980.

[Vue aérienne verticale de la batterie de Niolon Haut], 1960.[Vue aérienne verticale de la batterie de Niolon Haut], 1960.

II- Description

Préservée par sa situation en hauteur (191m d’altitude moyenne) sur un site aride accessible par des chemins carrossables mais non revêtus, l’ancienne batterie principale de Niolon-Haut est très bien conservée dans son gros œuvre architectural, sans mutilation notable, dans un état de délabrement relatif. Seuls ont disparu les menuiseries des baies et le toit du bâtiment extérieur à l’enceinte.

Le plan de la batterie, de son enceinte et l’organisation de ses sous-ensembles, cour, casernement sous masse couvrante, traverses-abri, etc, ont été décrit dans le chapitre historique ci-dessus en commentaire des plans d’archives et sont clairement lisibles en photographie aérienne.

[Vue aérienne oblique de la batterie de Niolon Haut prise du nord], 2020.[Vue aérienne oblique de la batterie de Niolon Haut prise du nord], 2020.

La topographie du site et de ses reliefs est plus explicite en vue générale depuis  la  batterie annexe, soit depuis l’est.

Vue de la batterie depuis l'Est.Vue de la batterie depuis l'Est.

L’ensemble de la batterie renfermée dans son enceinte occupe la moitié sud du sommet d’une éminence rocheuse naturelle de grand axe nord-sud. Le fossé de son front de gorge la retranche de la moitié nord de cette éminence, qui elle-même se décroche au nord par un front de falaise vertical haut d’une vingtaine de mètres, retranchement naturel infranchissable. Cette partie nord du site apparemment non fortifiée est bordée à l’est par le chemin d’accès à la batterie, décrivant deux lacets en rampe, le segment supérieur assis sur  un talus artificiel de pierrailles à pente coulante. Ce segment se prolonge vers le nord au-delà du coude desservant la rampe de la porte de la batterie pour desservir le bâtiment extérieur, seul édifice construit sur cette partie du site. Après ce bâtiment, un sentier muletier monte sur la crête de la moitié nord de l’éminence : il desservait le petit épaulement de batterie construit en pierre sèche  au-dessus de la falaise, porté sur le plan de 1886, aujourd’hui complètement dégradé mais encore reconnaissable sur la photographie aérienne de 1960.

Non identifié dans les archives mais caractéristique de la fin du XIXe siècle, le bâtiment militaire extérieur, étroit et longiligne, en simple rez-de-chaussée, se compose dans ses deux tiers antérieurs d’un corps principal construit avec soin, de quatre travées tendant au carré séparées par des murs de refend, suivi dans le tiers postérieur d’un corps secondaire décloisonné de mise en œuvre plus négligée avec issue charretière, de type garage ou remise.

Bâtiment militaire extérieur, fin XIXe siècle.Bâtiment militaire extérieur, fin XIXe siècle.

L‘ensemble est construit en blocage de moellons enduit, avec emploi de brique aux encadrements. Le corps principal comporte dans son mur-pignon une fenêtre couverte d’un arc surbaissé, surmontée d’un oculus dans le pignon, et en façades latérales une baie par travée, soit, côté est, deux portes aux travées 1 et 4, et deux fenêtres aux travées 2 et 3, ce qui indique une partition interne d’origine en deux fois deux pièces locatives. La mise en œuvre emploie la pierre de taille en soubassement et aux angles et encadrement des baies, ou elle alterne avec des assises et claveaux d’arcs en briques. Cette combinaison brique et pierre est reproduite dans la corniche.

Le portail d’entrée de la batterie s’ouvre sur la cour Est, dominée à l’ouest par le massif du casernement casematé. Il est ménagé dans un segment de l’enceinte limité à un mur crénelé léger retranché par le fossé.

Portail d'entrée de la batterie, vue extérieure.Portail d'entrée de la batterie, vue extérieure.

Le portail proprement dit se compose de deux piliers carrés en pierre de taille formant bossages en table, d’inspiration néo-classique, sans caractère apparent propre à l’architecture militaire. Cependant, la fermeture de ce portail était assurée non par une grille ouvrante à deux battants comme dans l’état actuel, mais par le tablier du pont-levis à bascule franchissant le fossé, à l’emplacement du tablier fixe actuel. Du côté intérieur du portail, dans la cour, la fosse de rabattement de la partie intérieure de la charpente porteuse du tablier d’origine formant contrepoids, est toujours en place, refermée par un plancher de construction récente.

Portail d'entrée de la batterie, vue intérieure.Portail d'entrée de la batterie, vue intérieure.

Le contrepoids, aux dimensions de la fosse, était plus étroit et plus court que le tablier proprement dit, ce qui est clairement figuré sur le plan de la batterie de 1886 ; il était lesté et pouvait être bloqué en position verticale par un dispositif de calage non lisible aujourd’hui. A gauche du portail en entrant, le mur crénelé forme, à l’angle nord-est de l’enceinte, un petit saillant carré dont les créneaux de fusillade encadrés en pierre comme ceux du reste du mur, assuraient la défense rapprochée des derniers segments du chemin ou rampe d’accès, et le flanquement du front Est de l’enceinte, dont le revêtement se limite à un simple mur-bahut plus bas et non crénelé.

Vue d'ensemble de la batterie avec son mur crénelé.Vue d'ensemble de la batterie avec son mur crénelé.

La totalité des parements des constructions de la moitié nord de la batterie : mur d’enceinte et ses organes, murs du massif de casernement, contrescarpe du fossé, se caractérise par l’emploi d’un appareil polygonal, caractéristique des années 1880, en l’occurrence de facture rustique, sans chainages de pierre de taille, mais avec utilisation ponctuelle de la brique pour des arcs de couvrement ou des encadrements de baies.

  La défense du fossé de retranchement, et celle, flanquante, du portail, étaient assurés par la caponnière ou tourelle bastionnée de plan pentagonal qui fait saillie sur le front d’entrée à droite du portail, et s’adosse sur l’angle nord-est du massif de la caserne casematée. Bordé d’un mur de contrescarpe sur tout son développement, soit devant tout le front nord, le fossé, de largeur limitée mais constante, contourne cette tourelle caponnière, et son fond se rehausse vers l’ouest à la faveur de deux décrochement successifs : sous le pont-levis, il est à la cote 178m, devant les faces et le flanc ouest de la caponnière, il monte à 184m, et devant la façade nord de la caserne à 189m, en décroissant ensuite d’un mètre à l’angle nord-ouest de l’enceinte.

Défense du fossé de retranchement. Défense du fossé de retranchement.

La hauteur du mur de contrescarpe s’adapte aux ressauts de niveau du fond du fossé et à la hauteur du rocher au nord, les creux au revers de cette contrescarpe étant comblés par remblai de pierre sèche. La tourelle bastionnée caponnière comporte deux niveaux de défense superposés, percés de créneaux encadrés en briques.  

Tourelle bastionnée caponnière.Tourelle bastionnée caponnière.

Le premier, accessible depuis la cour par une rampe longeant le revêtement Est du massif de casernement, est une petite casemate voûtée en berceau, percée de dix créneaux permettant des tirs de défense et de flanquement  du fossé –mission normale d’une caponnière- dans les parties de ce fossé dont le fond est haut, soit au nord et  à l’ouest. Vers l’Est, les tirs de cette casemate, par des créneaux plus plongeants, ne flanquent pas le fossé, beaucoup trop bas, mais le portail d’entrée. Le second niveau de tir de la tourelle bastionnée, à ciel ouvert est accessible par la coursive-balcon qui distribue la caserne en bordant le soubassement de sa façade Est ; un peu plus bas que cette coursive, il y communique par un petit escalier. Les créneaux de ce second niveau assurent la défense rapprochée des abords, notamment vers la partie nord haute du site, au-delà du fossé.

Ce côté Est du massif de casernement présente une haute élévation au dessus de la cour (cour qui elle-même remonte en pente ascendante douce depuis le portail vers le sud, soit vers la batterie proprement dite).

Massif de casernement vu de l'Est avec son balcon coursive.Massif de casernement vu de l'Est avec son balcon coursive.

Cette élévation murale imposante se compose d’abord d’un mur de revêtement portant le balcon-coursive de distribution de la caserne à 7,50m au-dessus de la cour. Ce mur opaque qui revêt l’escarpement du rocher sur lequel est fondée la caserne est percé de nombreuses chantepleures sur toute son élévation. Dans le tiers sud de son développement, il décroit en hauteur et devient rampant, pour s’adapter à l’escalier qui monte au balcon-coursive depuis la gorge de la batterie et la partie haute de la cour. Sous le point de transition entre balcon et escalier, le mur de revêtement est percé d’une large arcade en plein-cintre extradossée à claveaux appareillés en moellons équarris, refermée d’un mur de remplage percé d’une porte piétonne encadrée en briques : c’est l’entrée du sas du magasin à poudre creusé dans le substrat rocheux du massif du casernement12. Les deux façades Est et nord du casernement règnent au-dessus du niveau du balcon-coursive, celle du nord surmontant directement l’escarpe du fossé. Dans l’élévation Est, le parement de la façade du casernement surmontant le balcon-coursive de 5m, comporte une chaîne d’angle verticale à l’extrémité sud, marquant  la transition de cette façade (construite dans une première phase du chantier de 1882-1885) avec le mur aveugle qui la prolonge (construit dans une seconde phase), pour former revêtement du profil en talus de l’épais rempart qui s’adosse aux côtés sud et ouest. Ce rempart ou masse couvrante mettant le casernement à l’épreuve des bombes s’étend au-dessus des voûtes de ce casernement sur une épaisseur de 3m, formant un toit terrasse en terre amorti en talus régulier au-dessus des façades, revêtu d’une chape de ciment. Sur les côtés sud et ouest du massif, le talus du rempart, en sable compacté non enduit et haut de 10m au sud au-dessus du terre-plein de la gorge de la batterie proprement dite (Fig. 17), masque complètement la présence du casernement casematé aux vues du large.

Talus du rempart, côtés sud et Ouest.Talus du rempart, côtés sud et Ouest.

La  rampe montant de la cour vers la gorge de batterie contourne l’angle sud-est du massif et de son rempart en talus , desservant au passage, successivement  la porte du magasin à poudre, l’escalier montant au balcon-coursive distribuant le casernement, et, dans un pan coupé sous la base du talus, sous une arcade en pierre de taille couverte d’un arc plein-cintre extradossé, l’issue secondaire souterraine du magasin à poudre, créée en 1894 pour fluidifier l’approvisionnement de la batterie.

Rampe montant vers la gorge de batterie.Rampe montant vers la gorge de batterie.

Le balcon-coursive du casernement dessert d’abord, en haut de l’escalier, l’entrée de la galerie de distribution des grandes casemates transversales prenant jour en façade nord, puis les trois petites casemates Est, ayant chacune en façade, dans leur mur de remplage sous arc de décharge en brique, une fenêtre et une porte de plain-pied avec le balcon. La porte de la galerie et les trois casemates sont surmontées chacune d’une baie circulaire en brique, débouché d’évents ou cheminées de ventilation. Les trois petites casemates, voûtées en berceau surbaissé, aux parois enduites au ciment et sol carrelé, sont identiques (larges de 3,30m, profondes de 4,45m). Les deux premières avaient à la fin du XIXe s la fonction de chambres d’officiers de marine, la troisième, superposée à la citerne du casernement, étant affectée à la cuisine. Dans l’état actuel, cette ancienne cuisine conserve des vestiges dégradés de ses aménagements : un évier de pierre brisé, près de la fenêtre, l’emplacement de la pompe qui captait l’eau de la citerne située en sous-sol, et la cheminée des fourneaux.

Cuisine avec son un évier de pierre.Cuisine avec son un évier de pierre.Cuisine avec emplacements de la pompe à eau et des fourneaux.Cuisine avec emplacements de la pompe à eau et des fourneaux.

Une porte percée dans le mur de fond, à côté de la cheminée communique à la première grande casemate du casernement. Des annotations postérieures sur les plans de 1886 montrent que les petites casemates ne communiquaient pas directement avec les grandes, et que cette porte avait été percée après coup lors de l’installation d’une « chambre des maîtres » (terme de marine en référence aux maîtres d’équipage) dans la partie postérieure de la première grande casemate. La galerie casematée rectiligne distribuant les grandes casemates, accessible par la porte donnant sur le balcon-coursive, couverte d’un arc plein-cintre en brique, traverse la totalité du massif du casernement. 

Galerie casematée distribuant les grandes casemates.Galerie casematée distribuant les grandes casemates.

Elle débouche en poterne à l’autre extrémité, sur le chemin de ronde ouest, engagée dans le versant ouest du rempart taluté, formant une arcade couverte en plein cintre avec encadrement en brique simulant l’aspect d’un appareillage et claveaux de pierre saillants 1 sur 2.

Poterne du chemin de ronde Ouest.Poterne du chemin de ronde Ouest.

Cette arcade s’ouvre dans un petit pan de mur en pierre renfoncé entre deux retours ou murs de profil avec chantepleures et arases en briques. Un escalier en béton ajouté sur le rampant du mur de profil de droite monte au poste de direction de tir et cuve du télémètre construits sur la terrasse supérieure en 1939. La galerie casematée proprement dite est couverte d’un voûtement complexe, constitué dans la partie médiane par le prolongement des voûtes transversales des quatre grandes casemates de casernement, les trois murs de refend intermédiaires entre ces casemates étant percés dans l’axe de la galerie d’une arcade plein-cintre.

Voûtement de la galerie casematée.Voûtement de la galerie casematée.

Les deux extrémités de la galerie sont couvertes d’une voûte en berceau longitudinale, celle du côté Est plus haute à la clef que celle de l’est, pour dégager la place de l’évent au dessus de la porte d’entrée. Les grandes casemates de casernement, couvertes d’une voûte en berceau très surbaissé, larges de 5m pour 13,30m de profondeur, sont donc refermées sur la galerie par un simple mur de remplage ne montant pas jusqu’à l’intrados de la voûte, percé d’une porte centrée couverte d’un arc segmentaire.

Casemate de casernement.Casemate de casernement.

Immédiatement à la suite de la quatrième casemate (ouest), la galerie de distribution dessert une autre galerie casematée d’axe perpendiculaire, voûtée en berceau continu, à la fois beaucoup plus étroite et plus bas sous voûte.

Galerie de distribution secondaire voûtée en berceau continu.Galerie de distribution secondaire voûtée en berceau continu.

Cette galerie secondaire n’a d’autre fonction que de se terminer par une poterne ménagée dans la grande façade nord du casernement, petite porte dépourvue de tout vantail, couverte d’un arc plein-cintre en brique et surplombant le fossé.

Poterne ménagée dans la grande façade nord du casernement.Poterne ménagée dans la grande façade nord du casernement.

Faute de passerelle pérenne, cette poterne pouvait, le cas échéant, être reliée à la contrescarpe du fossé par  un tablier  amovible, voire permettre de descendre dans le fossé avec une échelle mobile. L’ordonnance architecturale de la façade nord est caractéristique de l’architecture des casernes casematées des ouvrages de la génération « Séré de Rivières », par la mise en évidence des quatre travées de casemates dans le parement extérieur : la voûte et les murs latéraux débouchent dans la façade, l’une terminée par un grand et large arc de tête en brique, extradossé, les autres formant des piédroits en pierre, le tour refermé par un mur de remplage en léger retrait de ni, percé de deux fenêtres couvertes d’un arc surbaissé en brique. La brique se retrouve à l’appui des mêmes fenêtres, à l’encadrement rectangulaire horizontal d’un évent sous l’intrados du grand arc de tête, et dans le cordon qui souligne en façade la transition entre le niveau de sol des casemates et galeries et le soubassement formant escarpe du fossé. En haut de cette façade régnait une corniche également en brique, aujourd’hui très ruinée. Les oculi des cheminées de ventilation haute, en brique et garnis d’un parapluie en tôle, s’ouvrent au dessus des écoinçons entre les grands arcs de tête des voûtes des casemates : ils sont placés au débouché d’un vide technique voûté ménagé au dessus des retombées des reins des voûtes, et dans lequel pouvait se brancher les tuyaux des unités de chauffage mobile des casemates.

Le poste de direction de tir construit en 1939 à l’ouest de la terrasse supérieure du massif du casernement, de plan asymétrique (rectangulaire avec saillant semi-circulaire) est assez bien conservé dans son gros œuvre en béton armé enduit au ciment. Il est constitué d’un niveau unique d’observatoire couvert d’une dalle plate avec fenêtre horizontale regardant vers le sud. A l’arrière et plus haut placée, la cuve du télémètre, de  plan circulaire, desservie par un escalier suspendu en béton, est en médiocre état ; elle n’a jamais reçu le matériel qui lui était destinée, et son couvrement, absent, n’avait probablement pas été achevé.

Poste de direction de tir construit en 1939.Poste de direction de tir construit en 1939.

Le magasin à poudre est entièrement creusé en caverne dans le socle rocheux du casernement, enveloppé et masqué sur les quatre côtés du massif par les murs des façades nord et est et les remparts sud et ouest. Il se compose d’une salle principale de 11m sur 7,50 m dont les parois et la voûte sont restées brutes de déroquetage, sans habillage maçonné, et d’un  double sas d’entrée séparé de la salle par deux murs de refend.

Magasin à poudre.Magasin à poudre.

Le sas intérieur, profond de 2,50m, immédiatement contigu à la salle, y communique par une porte centrée dans le mur de refend, porte en vis-à-vis de laquelle le second mur de refend est percé d’un créneau à lampe desservi depuis un petit local technique réservé au centre du sas extérieur entre ce second mur et le mur de façade d’entrée donnant sur la cour. La porte dans ce mur de façade étant placée latéralement à droite (côté nord), l’entrée dans le magasin se fait en chicane depuis cette porte, desservant d’abord latéralement le local de la lampe, puis le sas intérieur. A gauche (sud) du local de la lampe, la deuxième portion  du sas extérieur est décloisonnée du sas intérieur et n’a plus d’issue dans le mur de façade depuis 1894, la seconde porte ayant été alors supprimée et remplacée par une autre issue, soit la galerie creusée en caverne qui débouche au dehors dans l’angle sud-est du massif.

Les trois sections ou plates-formes d’artillerie de la batterie proprement dite sont conservées dans leurs infrastructures issues de la réorganisation de 1894 remaniée en 1913 pour réduire le nombre de grosses pièces de 23cm à trois au lieu de six, et encore modifiée en 1939 en bétonnant la moitié extérieure des deux sections latérales pour placer sur chacun des deux socles carrés alors créés un affut pour canon de 100mm. En vision générale à la gorge depuis la terrasse du massif central du casernement, on reconnait, de gauche à droite, la façade de l’ancienne traverse abri n° 1 de 1882-1885, donnant sur la cour, surmontée par la plate-forme d’artillerie gauche de 1894 remaniée en 1913 et 1939, puis la première traverse pare-éclat de 1894 avec ses deux niches à munitions, la section d’artillerie centrale de  1894 remaniée en 1913, suivie de la seconde traverse pare-éclat et de la section d’artillerie de droite.

 Les trois sections de la plate-forme d’artillerie, vue panoramique partie 1. Les trois sections de la plate-forme d’artillerie, vue panoramique partie 1.  Les trois sections de la plate-forme d’artillerie, vue panoramique partie 2. Les trois sections de la plate-forme d’artillerie, vue panoramique partie 2.

A l’extrême droite, la façade de l’ancien abri sous traverse n°3 de 1882-1885 est en contrebas du terre plain de gorge de la batterie, et donne sur une petite cour encaissée. Les parements des ouvrages de 1882-1885 et de 1894 soit les façade et murs des abris, les traverses pare-éclats, le mur de genouillères des trois plates formes, sont tous réalisés en appareil polygonal rustique, avec emploi de pierre de taille dure pour les tablettes de couvrement d’arases et l’encadrement des baies et niches à munitions. Les plates-formes, de plan  rectangulaire aux angles arrondis, sont desservies chacune à leur gorge par deux volées convergentes symétriques de rampe maçonnées mises en place en 1894. Cette disposition est bien conservée pour la plate-forme centrale, qui n’a été remaniée qu’en 1913 en la revêtant d’une chape de ciment et en coulant au centre le tambour d’appui circulaire en béton à deux ressauts adapté à l’ affût mle 1911 du canon de 24cm, dont les tiges filetées de fixation restent en place. Dans le cas des deux plates-formes latérales est et ouest, on reconnait la niche a munition de 1894 qui était ménagée sur le retour du mur extérieur de la genouillère, mais le bétonnage en surcharge de 1939 conçu pour porter les affuts de 100mm, montant jusqu’à hauteur de la genouillère, a recouvert plus de la moitié de la plate-forme et du tambour de l’affût de 1913, et prolongé l’une des volées de la rampe de 1894, pour monter à la plate-forme pour le canon de 100mm. La corolle d’acier boulonnée d’où l’affut a été démonté en 1940 sans avoir servi, est bien conservée sur ces deux plates-formes surhaussées de 1939.

La façade de l’ancien abri sous traverse gauche (n° 1) de 1882-1885 est bien dégagée et visible au fond de la cour depuis le portail d’entrée  et depuis le balcon-coursive du casernement.

Façade de l’ancien abri sous traverse gauche de 1882-1885.Façade de l’ancien abri sous traverse gauche de 1882-1885.

Elle est constituée d’un mur de revêtement couronné d’une tablette horizontale et rampante sur les côtés, adaptée aux profils de la traverse de terre qui la surmontait et qui a été en partie recoupée par la plate-forme gauche de la batterie en 1894. Selon les schémas-type des années 1880 déjà vus pour la façade du magasin à poudre en caverne et la façade nord de la caserne casematée, la voûte en berceau de l’abri se termine en façade par un grand arc de tête en plein-cintre, extradossé et très épais (chaque claveau composé de deux pierres). Le mur de remplage refermant en façade l’abri proprement dit est occupé presque entièrement par une haute et large porte à encadrement en pierre de taille couvert d’un arc segmentaire extradossé ; cet arc recoupe une partie du clavage du grand arc en tête de la voûte, car il a été construit lors des remaniements de 1894 en remplacement d’une porte piétonne encadrée en brique, figurée sur les relevés de 1886. Deux petits créneaux en chicane ménagés sous les sommiers du grand arc de tête appartiennent en revanche à l’état d’origine. La salle intérieure de l’abri, entièrement revêtue d’un enduit couvrant au plâtre, a conservé ses dispositions d’origine, adaptées à l’usage de magasin de munitions : le quart postérieur de sa profondeur est isolé par un mur de refend percé d’une porte centrée, avec petit évent au-dessus, et deux niches latérales sont ménagées de chaque côté à l’entrée de la salle, voûtées en berceau avec pénétration dans la voûte de la salle. La niche de gauche, plus profonde, recloisonnée après coup, dessert un réduit mural ayant prise de jour en façade. La cheminée de ventilation qui traversait la voûte de la salle dans l’état initial  a été supprimée.

Salle intérieure de l'abri sous traverse gauche.Salle intérieure de l'abri sous traverse gauche.

L’abri sous traverse droit (n°3) de 1882-1885 offre des dispositions internes semblables à celles de l’abri de gauche, et une façade primitivement semblable. L’accès à cette façade, encaissée dans le terre-plein de gorge de la batterie, passe par un dégagement en forme de cour étroite, profonde de 4m, limitée au nord et à l’ouest par des murs de soutènement, doublant le mur d’enceinte en dégageant le passage d’un chemin de ronde.

L’abri sous traverse droit  de 1882-1885.L’abri sous traverse droit de 1882-1885.

La campagne de réorganisation de 1894 a modifié la façade par adossement du soubassement angulaire d’une guérite associée à poste de commandement mis en place à l’arrière de la plate-forme droite en modifiant fortement la traverse sur l’abri. L’accès d’origine à la cour encaissée est un escalier de pierre descendant du terre-plein de gorge contre le mur de soutènement nord.

Accès d'origine à la cour.Accès d'origine à la cour.

Un second accès en rampe étroite à pente douce, parallèle à l’escalier, date de 1894, de même que l’autre remaniement dont témoigne la façade de cet abri, semblable à celui observé pour celui de gauche : la grande porte encadrée en pierre de taille et recoupant l’arc de tête de la voûte, construite en remplacement d’une porte plus petite encadrée en brique. Dans la moitié gauche de l’abri, une plate-forme ou banquette dallée en pierre régnant 1m au-dessus du sol se prolonge à l’extérieur de la façade, dans la petite cour ; cet aménagement sans doute lié au stockage et à la manutention des munitions est aussi lié aux travaux de 1894, car la grande porte s’y adapte, par surhaussement de la moitié gauche de son seuil. Le mur ouest de la cour, doublant le mur d’enceinte, est évidé de deux niches voûtées ouvertes sur la cour avec arc de tête en plein-cintre caractéristique de la campagne de 1882-1885 ; fermées d’un mur de remplage avec porte encadrée en brique, ces niches abritaient des cabinets de latrines.

Niches de la cour abritant anciennement des cabinets de latrines.Niches de la cour abritant anciennement des cabinets de latrines.

Le chemin de ronde du mur d’enceinte contournant la cour encaissée se continue autour de l’épaulement ou parapet de la batterie profilé en glacis, dont les contours extérieurs sont fondés plus bas sur le terrain naturel au sud-est, du fait du pendage de ce terrain. Il en résulte un plan irrégulier de ce contour extérieur, corseté partiellement dans ce secteur sud-est par un mur de soutènement de hauteur variable. Le chemin de ronde y est réservé sur une largeur très limitée, entre le mur de soutènement et le mur d’enceinte proprement dit, qui y affectent le même tracé en plan. Au droit du premier angle rentrant du segment Est du chemin de ronde, bordant le flanc de l’abri-traverse gauche (n°1), le mur de soutènement est creusé d’une niche accueillant un double cabinet de latrines, comparable à celles de la cour encaissée de l’abri de droite (n°3).

Chemin de ronde Est avec niche à cabinet de latrines.Chemin de ronde Est avec niche à cabinet de latrines.

En avant de l’épaulement, au sud, le mur d’enceinte s’adapte aux contours et à la saillie très irrégulière du socle rocheux, formant une avancée polygonale qui dégage intra-muros un espace beaucoup  plus ample qu’un chemin de ronde au pied du talus de l’épaulement. Dans ce secteur sud, le mur d’enceinte se limite à un simple mur-bahut de faible hauteur, comblant certaines failles du rocher ou en franchissant d’autre sur une voûte de décharge en brique.

Mur-bahut sud. Mur-bahut sud.

1Vincennes SHD, 1VH10912Vincennes SHD, GR 7N 19103Archives départementales des Bouches du Rhône, 2J174Toulon, SHD, 2K2 237, feuilles d’atlas n° 69, 70 et 71.5Vincennes SHD, GR 7N 1910, exposé, avis et plans du projet de 1892.6 Vincennes SHD, GR 7N 1910, exposé, avis et plans du projet pour 1893 et 1894.7SHD Toulon, 2K2 237, atlas terriers, Niolon Haut.8Archives départementales des Bouches du Rhône, 2J179M. Frijns, L. Malchair, J-J Moulins, J. Puelinckx, Index de la fortification française. Métropole et Outre-Mer, 1874-1914, Welkenraedt, Belgique, 2008, p. 34610Visibles sur une photographie aerienne verticale de l’IGN prise à cette date.11Robert Dumas, Le cuirassé Richelieu, 1935-1968, Rennes, Marine Editions 2001, p.12.12Ce mur de remplage de l’entrée du magasin à poudre a été modifié, sans doute en 1894 : en 1886 il était percé de deux portes symétriques et de deux créneaux jumelés au-dessus ; dans l’état actuel, seule existe la porte de droite.

               Le projet de la batterie haute de Niolon, répondant à un ordre de l’inspecteur permanent du génie pour la défense des côtes daté du 11 novembre 1878, qui a déterminé l’emplacement, et d’une délibération de la commission de défense des côtes approuvée par  le ministre de la guerre le 31 janvier 1880, a été conçu principalement par Jules Chéry, chef du génie de Marseille, en tenant compte des recommandations des inspecteurs permanents du génie (général Parmentier) et de l’artillerie. Ce nouvel ouvrage de défense côtière implanté en altitude pour le bombardement des vaisseaux et armée avec de l’artillerie de marine, appliquait les principes définis à l’échelle nationale en 1874 par le Comité de défense et son secrétaire, le général Séré de Rivières, directeur du service du génie. Les travaux se sont échelonnés entre 1882 et 1885, sous l’autorité d’un nouveau chef du génie, le lieutenant colonel Eugène Morellet. Le programme alors réalisé comportait deux ouvrages bien distincts, la batterie haute principale, ample et renfermée dans une enceinte retranchée d’un fossé à la gorge, adaptée à quatre ou six pièces d’artillerie de gros calibre, et une batterie annexe, plus petite et ouverte. La batterie principale dispose d’un casernement casematé enveloppé sur ses deux côtés sud et ouest face au large dans un épais rempart formant masse couvrante, à l’arrière d’un épaulement divisé en deux sections d’artillerie bordées de trois traverses-abri casematées.

En 1892 l’armement cumulé des deux batteries était de six canons de 24cm mle 1876 dont quatre dans la batterie principale, et quatre canons de 95mm mle 1888, non encore installés. Un projet de réorganisation fut alors l’objet de deux propositions successives différentes formulées par Joseph Lucien Cauvin, chef du génie de Marseille et Desq, chef d’escadron commandant l’artillerie de l’arrondissement, amendées par les inspecteurs permanents des travaux de l’artillerie et  du génie et par le général commandant du génie. La seconde proposition, la moins coûteuse, retenue en janvier 1894 et réalisée à la suite, réorganisa l’épaulement de la batterie en trois sections d’artillerie chacune pour deux canons de 24cm, séparées par deux traverses simples, en conservant les abris sous traverse existants des extrémités droite et gauche. Le magasin à poudre en caverne existant sous le massif du casernement reçut une seconde issue et un bâtiment militaire fut construit au nord, hors de l’enceinte de la batterie.

L’armement de la batterie fut réformé en 1913 en réduisant de six à trois le nombre des canons de 24cm, désormais placés au centre des  trois plates-formes de 1894 sur de nouveaux affuts mle 1911.

En septembre 1939, la Marine commença à installer dans la batterie de Niolon Haut deux affûts de 100 mm Mle 1931 pour canon de 100mm Mle 1930, en coulant un socle de béton sur la moitié extérieure des deux plateformes latérales de la batterie de 24cm, neutralisant les deux affûts mle 1911. Elle construisit au dessus du terre-plein couvrant le casernement, un poste de direction de tir avec cuve pour le télémètre. Cette nouvelle batterie fut abandonnée avant sa mise en service le 1er mars 1940. Non occupée par les allemands  en 1942-1944, la batterie haute fut laissée à l’abandon après guerre, sans démolition volontaire, et acquise en 1980 par le conservatoire du littoral.

La batterie haute de Niolon est entièrement conservée dans un état de délabrement limité. Son enceinte continue enveloppant à la fois l’épaulement, face au sud et au large,  et le casernement casematé en arrière, adossé au front de gorge, le seul de l’enceinte retranché d’un fossé. La moitié nord de l’enceinte enveloppant le massif remparé du casernement est de plan rectangulaire orthogonal, et dégage une cour basse à l’ouest, dans laquelle s’ouvre le portail d’entrée jadis à pont-levis, flanqué par une caponnière formant tourelle bastionnée. La moitié sud de l’enceinte, autour de l’épaulement de batterie, a un tracé très irrégulier s’adaptant à l’escarpement rocheux naturel. L’épaulement ou batterie proprement dite, de plan en anse de panier, a conservé ses trois plates-formes ou sections d’artillerie de 1894, recoupées de deux traverses avec niches à munition, dans l’état remanié en 1913 (sol cimenté, socle de l’affût unique) et en 1939. Les deux abris casematés sous traverse des extrémités droite et gauche, qui servaient de magasins à munitions, sont des reliques de la batterie de 1882-1885, un peu retouchées en 1894. L’accès de celui de droite encaissé sous le niveau de sol du terre plein entre batterie et rempart du casernement, se fait par un escalier renfermé dans une petite cour basse.

Fondé sur le point haut du socle rocheux, le casernement voûté en berceau segmentaire, de grand axe est-ouest, est recouvert et largement enveloppé sur deux côtés, sud et est, d’une masse couvrante, important rempart de terre profilé en talus qui le mettait à l’épreuve des tirs d’artillerie venus de la mer. Sur les deux autres côtés, au nord et à l’ouest, ce casernement comporte comporte deux façades percées de baies : Celles du nord, des fenêtres dominant le fossé, donnent jour à quatre grandes casemates transversales, distribuées par un corridor casematé sous rempart au sud, celles de l’est, portes et fenêtres, sont au service de trois petites casemates occupant l’équivalent d’une grande, dont une était affectée à la cuisine. Elles sont desservies par une coursive-balcon surplombant la cour Est et y descendant par un escalier. Le corridor sud partant de ce balcon dessert un couloir casematé plus étroit à l’ouest des casemates, débouchant en poterne dans la façade nord au-dessus du fossé. La disposition générale de ce casernement casematé couvert et protégé d’un épais rempart sur les deux côtés vulnérables, avec couloirs enveloppants sur les mêmes côtés, semble inspirée de celle des corps de garde crénelés type 1846 tels que remaniés autour de 1880, dont la batterie basse de Niolon offre le plus proche exemple, achevé en 1881. Le magasin à poudre est creusé en caverne dans le roc sous le rempart sud du casernement, à un niveau inférieur à celui des casemates, de plain-pied avec la cour sur laquelle il s’ouvre, sous l’escalier montant au casernement.

Sur le front de gorge nord de l’enceinte, à l’angle nord-est du massif du casernement et de ses deux façades, une tourelle bastionnée pentagonale à deux niveaux crénelés formant caponnière assurait le flanquement du fossé de retranchement et du portail d’entrée, encadré de deux piliers d’inspiration néo-classique. Le pont-levis à bascule qui fermait ce portail a disparu, mais la fosse du contrepoids demeure en place côté cour, sous les planchers actuels. Les courts segments du mur d’enceinte de chaque côté du portail sont crénelés, celui de l’est formant un saillant carré flanquant le front Est de l’enceinte.

  • Murs
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille
    • brique
    • calcaire pierre de taille
    • béton béton armé
  • Toits
    terre en couverture, ciment en couverture
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
    • voûte en berceau segmentaire
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit
  • Autres organes de circulation
    rampe d'accès
  • Typologies
    batterie fermée
  • État de conservation
    désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété d'un établissement public de l'Etat, Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Sites de protection
    loi littoral, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique, site classé
  • Précisions sur la protection

    Massif de la Nerthe classé par décret du 20 juin 2013

  • Procès verbaux de conférence et avis sur le projet de réorganisation des batteries de Niolon Haut, par Joseph Cauvin, 1892-1894, Service Historique de la Défense, Vincennes : GR 7N 1910

  • [Relevés de la batterie haute de Niolon et de sa batterie annexe]. / Dessins aquarellés, par Eugène Morellet, mai 1886. Service Historique de la Défense, Toulon : feuilles d'atlas des bâtiments militaires, n° 69-70-71, 2K2 237

  • [Plan de projet de réorganisation de la batterie haute de Niolon]. / Dessin de Joseph Cauvin, 1892. Service Historique de la Défense, Vincennes: GR 7N 1910.

  • [Plan de projet de réorganisation de la batterie haute de Niolon]. / Tirage bleu (négatif) d'un dessin de Joseph Cauvin, 1893. Service Historique de la Défense, Vincennes : GR 7N 1910

  • [Vue aérienne verticale de la batterie de Niolon Haut]. / Photographie, 1960. Institut Géographique National.

  • [Vue aérienne oblique de la batterie de Niolon Haut prise du nord]. / Photographie Google Maps 2020

  • FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française, Métropole et Outre-mer, 1874-1914. Welkenraedt : auto-édition, 2008.

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Corvisier Christian
Corvisier Christian

Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.

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