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- enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bouches-du-Rhône
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Commune
Marseille 8e arrondissement
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Lieu-dit
les Goudes
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Adresse
chemin de la Batterie
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Cadastre
2026
D
416
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Dénominationsbatterie
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Précision dénominationbatterie de côte, batterie de mortiers
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Appellationsfortin des Goudes
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Dossier dont ce dossier est partie constituante
I- Historique, topographie et typologie générale
Le Cap Croisette est l'un des dix sept sites littoraux de la baie de Marseille choisis en 1695 pour établir des batteries de côte, et l'un des treize non antérieurement fortifiés. C'était, comme la plupart des autres crées alors, un simple épaulement, en l'occurrence le plus petit de la série, adapté à seulement 2 canons de 25 livres1. Cette première batterie sommaire semble avoir été abandonnée dans le dernier tiers du XVIIIe siècle.
Le 20 mai 1812, Dianous, colonel directeur des fortifications, et Ponge sous-directeur d'artillerie, signaient un rapport de la commission mixte chargée de déterminer la position et l'armement d'une batterie au cap Croisette2, afin de remplir par une nouvelle batterie la grande lacune qui existe entre celles de Montredon et de Riou. Les rapporteurs n'y évoquent pas la batterie de 1695. Il s'agissait selon eux d'établir sur le Cap Croisette, point le plus favorable permettant de défendre les approches du mouillage d'Endoume et de la plage de l'Evonne, une batterie de 6 pièces de 36 sur affut de côte dont 3 pouvant tirer vers Montredon et Pomegue, les 3 autres du côté de Riou et de Jaïre, et un mortier de 12 pouces. Le principe de cette nouvelle batterie avait été demandé par les principaux négociants de la ville de Marseille, et relayé par le général Jean Ambroise de Lariboisière premier inspecteur général de l'artillerie, dans une lettre au ministre, du 8 décembre 1811, qui proposait une batterie de 2 pièces de 36 ou de 24 et d'un mortier de 12, avec un réduit en forme de tour modèle n°2. Les rapporteurs de 1812 jugeaient la tour difficile à implanter sur le site choisi, la batterie devant occuper la totalité du mamelon élevé destiné à la recevoir. Le 26 juin 1812, un rapport du directeur des fortifications au ministre demandait 9200 francs pour la batterie du cap Croisette telle que définie par la commission mixte du 20 mai, dont 3800 francs pour sa fermeture, 4000 pour son corps de garde, 1400 pour son magasin à poudre. Cette nouvelle batterie fut construite à la suite. Le mémoire sommaire sur la place de Marseille3rédigé le 10 juillet 1814 par Jean-Joseph Amable Tournadre, chef du génie de Marseille et sous-directeur des fortifications de Toulon, signale que la batterie de Croisette, construite en 1812,est en très bon état ainsi que les établissements qu'elle renferme. Sa gorge est retranchée par un mur crénelé. Elle est fort utile au commerce et aux convois de petits bâtiments. Un autre mémoire du même auteur, daté du 20 novembre 18164, précise qu'elle était élevée de 50 m au-dessus du niveau de la mer sur le sommet du cap, contenait une caserne de 25 hommes avec citerne, un logement de gardien, un magasin à poudre, et qu'elle était armée dans la dernière guerre de 2 pièces de 36, 2 de 18 et d'un mortier de 12 pouces. Un atlas de batteries de côte réalisé en 1818, toujours par Tournadre, produit une planche de plan et profils, et une description détaillée de la batterie du Cap Croisette5. La description précise que sa situation souffre du voisinage de l'île rocheuse de Mayre, dans laquelle il conviendrait d'établir un poste permanent pour éviter que des ennemis ne s'y retranchent en portant préjudice à la batterie de Croisette.
Le Cap Croisette et sa batterie, mal entretenue après l'Empire, redeviennent une position sensible dans le cadre du vaste programme général de réorganisation et réarmement des batteries de côte selon les nouvelles normes définies à la suite des études de la commission mixte d’armement des côtes, de la Corse et des iles instituée en février 1841. A ce titre, la batterie du Cap Croisette fait l'objet du 15° article du Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 1846 rédigé par le chef du génie Marie-Tranquille Lebas, sous l’autorité du directeur des fortifications de Toulon le colonel Joseph-Alexandre Picot6. La batterie de 1812 était à adapter en remployant son parapet, pour quatre pièces de canon, et en y construisant une tour-réduit type n° 3 (de la typologie provisoire de 1845), le tout pour un coût estimé entre 22000 francs et 23300 francs. Ajourné, ce projet fut représenté en 1849 dans l’état estimatif de la dépense à faire pour l'organisation des batteries de côte7, sous l’autorité du Chef du Génie Lebas dont il constitue le 1° article, illustré d'une planche de plans datée du 17 février sur laquelle est proposée une réfection à neuf du parapet d'artillerie, pour 10500 francs, le coût de la tour-réduit type 1846 n° 3 étant estimé à 34000 francs. En dépit de dimensions restreintes, le plan de la batterie de 1812, avec son mur de gorge crénelé était conservés par ce projet. L'ensemble des projets des batteries de côte du secteur de Marseille ayant été ajourné durant dix ans, un nouveau projet pour organiser la batterie de La Croisette, assez différent du précédent dans sa forme, fait l'objet de l'article 8 des fortifications dans le Mémoire des projets pour 1859-1860, rédigé par le chef du génie Boubée de Lespin le 14 mars 1859, avec plans dessinés par le capitaine du génie Hamel8. Reportée plusieurs fois, le projet d'organisation de la batterie du Cap Croisette est encore à l'ordre du jour dans l'article 14 du Mémoire sur les projets de 1861-18629, mais pour une dépense minorée à 30.000 francs, sans construire de tour-réduit, remplacé par une réparation du corps de garde de 1812 ; le chef du génie de Marseille Alexandre Guillemaut, auteur du mémoire, estimait qu'il s'agissait de la batterie la moins importante de la rade de Marseille et que son traitement pouvait être repoussé à 1863.
Dans les faits, la batterie fut réparée sommairement et armée dans la décennie 1860, et l'attention se porta bientôt sur un autre projet, complètement renouvelé.
Une instruction de la commission supérieure de défense des côtes datée du 30 mai 1872, était destinée à guider les Commissions mixtes d’officiers de l’artillerie, du génie et de la marine qui devaient, dans chaque arrondissement maritime, procéder à la révision de l’armement du littoral, face aux progrès parallèles de la flotte de guerre à vapeur et de l’artillerie à longue portée, désormais rayée (ce qui décuple la portée utile et précision à l’impact). Cette instruction ouvrait la voie à une nouvelle génération de batterie de côte, implantée désormais en altitude, pour le bombardement des vaisseaux, et armée avec de l’artillerie de marine.
S’agissant de la circonscription de Marseille, Victor Marchand, lieutenant colonel commandant du génie, et le capitaine du génie Bailly-Maître, exposaient dans le mémoire sur les projets pour 1873-187410, le principe d’un système de défense terrestre par des petits forts détachés fortement armés sur les hauteurs à 6km de la ville, en application de l’instruction de la commission et d’une circulaire du ministre de la guerre datée du 11 juin 1872 sur le système complémentaire de défense de la France en cas d’invasion.
La conception de la batterie de Croisette, faisait partie des petits forts détachés qui avaient été pressentis dès 1873, à en juger par l'introduction de l'état sommaire des projets pour 1873-1874 consacré à la question des fortifications, dans lequel, après avoir observé qu' il y aura beaucoup à modifier dans le système des batteries de côte commencées… le chef du génie précise : Nous avons pensé à relier la défense de terre à celle de mer au moyen de deux forts placés l'un sur les sommets du Cap Croisette, l'autre sur les hauteurs de Niolon.
Les projets de la place de Marseille pour 1874 et 1875 furent exclusivement consacrés aux bâtiments militaires, le chapitre des fortifications étant ajourné, sans doute en attente de pouvoir mettre en application les principes définis à l’échelle nationale en 1874 par le Comité de défense et son secrétaire, le général Séré de Rivières, directeur du service du génie.
S'il faut attendre 1881 pour voir formuler un projet concret suivi d'exécution pour la batterie haute de Niolon, la réalisation de la batterie de mortiers de Croisette est encore plus tardive, puisqu'elle ne commence qu'en 1890. A cette date, les principaux grands chantiers de réorganisation et construction des batteries de côte de la place de Marseille selon les principes de Séré de Rivières avaient été réalisés, au cours de la décennie 1880, dans les îles du Frioul : forts de Ratonneau et de Pomègues, batterie de Mangue, de Croix, de Caveaux (cette dernière créée ex nihilo), et sur la côte : batterie basse de Niolon, batterie du Pharo. La nouvelle batterie de Croisette est contemporaine de celle de Figuerolles, à l'autre extrémité de la baie de Marseille, près des batteries de Niolon. L'une comme l'autre furent conçues pour être armées du nouveau modèle de mortier lourd de 270mm Mle 1885 de Bange, alors en cours d'adaptation à la défense côtière.
L'avis de la commission d'études pour la défense du littoral approuvé par le ministre le 11 novembre 1888 demandait l'établissement de deux batteries dans les environs du Cap Croisette : 1° une batterie de 4 canons de 24cm avec en plus 4 canons de 95mm, en remplacement de la batterie du Roucas-Blanc et destinée à reporter la défense plus loin de la ville. 2° une batterie de mortiers de 270mm pour protéger cette position contre les attaques de flanc et de revers.
Les emplacements des deux batteries devant être choisis de façon conjointe, le chef d'escadron Faure, commandant de l'artillerie de l'arrondissement de Marseille fit un rapport le 15 juin 1889 formulant les solutions examinées à ce sujet par lui et le chef du génie Joseph Cauvin11. La première consistait à établir la batterie de canons sur l'emplacement de la vieille batterie de Croisette, et la batterie de mortier vers le sémaphore (dit de Cannelongue, construit en 1864 au sud-est du cap Croisette), ce qui avait l'inconvénient rédhibitoire de devoir déplacer ce sémaphore. La seconde solution ne changeait que pour la batterie de mortiers, qui serait à placer à peu près à la cote 150m sur la crête qui descend de la hauteur de Marseilleveyre vers l'usine des Goudes et la vieille batterie, ce qui lui assurait de belles vues sur la rade sud à l'ouest de la ligne Montrose - Château d'If. Une troisième solution consistait à inverser la position des deux batteries proposée dans la seconde. Le rapporteur estimait en conclusion que la seconde solution était préférable, d'autant que la position, de surface restreinte, était mieux adaptée à accueillir trois positions de mortiers distantes de 25m d'axe à axe que huit positions de canons.
Le projet prioritaire était celui de la batterie de mortiers, à créer ex nihilo sur un site vierge. Les principes adoptés en juin 1889 étaient de la doter d'un magasin à poudre de 7000 kg, un atelier de chargement, un abri télégraphique et un hangar à projectiles sur une citerne, les contenances devant permettre l'approvisionnement de 150 coups par pièce. L'isolement de la batterie justifiait de la clore entièrement d'un mur ou d'en escarper le pourtour pour la mettre à l'abri de l'escalade, mais provisoirement, la seule cour des magasin pouvait être close. Des baraquements étaient à prévoir à proximité des mortiers pour abriter les hommes de la garnison.
Le premier plan du projet de la batterie de mortiers joint au procès-verbal de conférence du 15 juin 188912, proposait de placer sur le site choisi, arête assez contraignante, les 3 plates-formes circulaires des mortiers à des niveaux différents (variation de 6m d'altitude), chacun desservi individuellement par un chemin d'accès tortueux. Ce plan ne figurait pas d'enceinte, seuls les bâtiments y étant resserrés dans une petite cour close, indépendante de la batterie dans son accès. Ce projet fut rejeté sans appel par le colonel Pion directeur d'artillerie de l'arrondissement de Marseille, et dans les avis commun des inspecteurs permanents (général de Cossigny, général Pothier pour l'artillerie, general Dewulf pour le génie) datés du 25 juillet et du 21 septembre 1889, ce qui renvoyait à une nouvelle étude. Celle-ci fut exposée dans un procès-verbal de conférence du 26 octobre 1889, avec plan joint, entre le chef du génie Cauvin, le commandant de l'artillerie Faure et les directeur Lemaire et Pion. L'emplacement choisi pour la batterie de mortier avait été manifestement été remplacé par un autre, très peu distant, sur le même versant rocheux, soit une éminence isolée de forme ovale un peu plus bas placée en altitude, plus près de la côte et plus facile à aménager. Le plan fut amélioré, les trois plates-formes en hémicycle régnant désormais à niveau constant (70m), reliés par un chemin de ronde, avec des niches à munitions intermédiaires. Le magasin à poudre de 10000 kg, l'atelier de chargement , la niche aux détonateurs et l'abri télégraphique se trouvaient intégrés dans un souterrain caverne, débouchant dans une cour basse abritée des vues accueillant le hangar a projectiles.
Le plan du projet revu joint au procès-verbal de conférence du 26 octobre13, figure les trois emplacements de tir circulaires conformes à l'état qui sera réalisé, le plan du souterrain à peu près conforme, le magasin aux projectiles étant dans la courette d'entrée encaissée au nord, l'ensemble renfermé dans un mur d'enceinte de plan hexagonal irrégulier sans organes flanquants.
[Plan de projet de la batterie de mortiers de Croisette],1889.
Dans son avis joint au procès-verbal, le directeur du génie Lemaire préconise d'élargir et allonger la cour basse, de manière à démasquer complètement le logement et le bureau télégraphique du chef de batterie, et à donner plus d'extension au hangar aux projectiles dans lequel serait réservée une travée pour le logement des hommes. Il ajoutait que pour prévenir la malveillance, il serait à désirer que la clôture de l'ouvrage, qui ne doit pas être habité en temps de paix par un gardien de batterie (la surveillance aurait été assuré par le gardien de la batterie de Montrose), ne fût pas ajournée.
L'avis du colonel Pion, directeur de l'artillerie, demandant une plus grande extension des magasins souterrains, joint aux demandes du génie pour un agrandissement de la cour d'entrée, donna lieu à une conférence le 23 décembre 1889, et à un dessin de projet alternatif14 proposant des souterrains plus étendus incluant les dépôts de projectiles, une branche de souterrain desservant le magasin à poudre dépassant au nord les limites de l'enceinte polygonale, sur deux angles de laquelle sont proposés des bastionnets ou caponnières. Sur ce plan, les bâtiments de la cour d'entrée sont implantés à l'extérieur du polygone de l'enceinte de la batterie, desservis par le chemin d'accès, cette partie de chemin étant enveloppé d'un mur de sûreté, selon une configuration adoptée à la même époque pour la batterie de Figuerolles, également créée pour trois mortiers de 270mm.
[Plan de projet de la batterie de mortiers de Croisette], 1889.
Le 7 février 1890, le ministre donnait son approbation aux conclusion d'un avis commun des inspecteurs permanents de la défense des côtes du 17 janvier au sujet de la construction de la batterie de mortiers du Cap Croisette. Le plan finalement adopté et validé restait dans la logique de celui dessiné le 26 octobre, sans dépassement des contours de l'enceinte hexagonale, et sans agrandissement du souterrain -caverne. Les angles de l'enceinte étaient flanqués de quatre bastionnets et d'un épi. La cour d'entrée, agrandie, accueillait désormais deux bâtiments, le magasin au projectiles, plus allongé que prévu (mais sans intégrer une travée de logement) et un petit magasin aux armements, au-dessus de la citerne.
La construction fut lancée en phase avec l'acquisition du terrain (2 ha 5a 75 c) à la Compagnie du chemin de fer du Vieux Port de la banlieue sud, par jugement d'expropriation prononcé le 31 mai 1890. Un registre d'attachements des travaux des batteries de Montrose et de Croisette15 documente, dans sa première partie visée par l'inspecteur général du 1er arrondissement du génie le 27 juin 1891, les ouvrages en cours depuis l'été 1890. Il s'agit, pour la batterie de Croisette, du décaissement des trois plates-formes de mortiers et de leur chemin de ronde, des fondations du front sud de l'enceinte avec deux bastionnets, le déblai du fossé de gorge, y compris l'angle nord-ouest et les 2 bastionnets ouest. Les attachements suivant, datés de juillet 1892, concernent la construction de la citerne et des magasins souterrains en caverne. Deux autres à la suite, datés de mars 1893 concernant les fondations des magasins aux projectiles et aux armements.
Parallèlement, la batterie de canons à construire sur l'emplacement de l'ancienne batterie du Cap Croisette fit l'objet de dessins de projets et contre-projets en avril 1890. Ils ne furent pas suivis d'exécution, du fait d'une décision prise en février 1891 de déplacer la batterie de 4 canons de 24cm et 4 de 95mm sur un autre site, plus distant et au nord de la batterie de mortiers, dit position de l'Escalette, ce qui donna lieu à la création de la batterie de l'Escalette.
L'état achevé de la batterie de Croisette pour trois mortiers de 270mm Mle 1889 de Bange monté sur afft ûG de côte à châssis circulaire permettant un tir horizontal, est documenté par une planche de plans, coupes et élévation d'atlas des bâtiments militaire datée du 15 novembre 1896, signée du chef du génie16.
[Relevés de la Batterie de Croisette],1896.
Le plan du souterrain -caverne y figure en détail, il inclut le magasin à poudre de 2400kg, les niches aux projectiles et aux détonateurs, les ateliers de chargement et d'amorçage, un garage et l'abri télégraphique. On note sur le plan d'ensemble le fossé bordant l'enceinte, seulement recoupé par l'esplanade d'entrée desservant la porte, celle-ci ne comportant pas de pont-levis.
[Relevés de la Batterie de Croisette],1896. Détail.
On note la présence d'un poste de commandement de tir (i) avec télémètre et téléphone au-dessus du débouché du monte-charge du souterrain, et d'un petit poste auxiliaire (j) a l'autre extrémité des plate-formes des mortiers. Une cuisine (g) est en place dans le demi-bastionnet de l'angle nord-est de l'enceinte, une latrine (h) à l'angle nord-ouest, mais aucun des deux bâtiments de la cour d'entrée, magasin aux projectiles (b) et aux armements (c), n'intègre une fonction accessoire de logement, pour le personnel ou pour le gardien de batterie. Cette anomalie a été corrigée sans doute peu après 1896 par la surélévation du magasin aux projectiles d'un étage complet.
A la veille de la seconde guerre mondiale, l'ancienne batterie de mortiers de Croisette avait repris du service comme batterie de semonce, armée de deux pièces de 95mm modèle 188817. C'est sans doute dans cette circonstance, et parallèlement aux travaux de entrepris en 1933 pour rétablir la batterie du Cap Corbière sous le nom de "fort Napoléon", que le poste de commandement, les sols des plates-formes et du chemin de ronde les desservant ont été refaits en béton. La batterie de Croisette n'a pas été réarmée en 1943 par l'occupant allemand, à la différence du "fort Napoléon".
II- Description
Implantée à une altitude de 59 m (cour d'entrée) à 70 m (emplacements de tir des mortiers) sur une éminence rocheuse de forme ovalaire aux versants faiblement escarpés, la batterie de mortiers de Croisette est aujourd’hui dans un état d'abandon et de ruine, touchée par le vandalisme, mais conserve la majeure partie de ses aménagements d’origine. L'enceinte de plan hexagonal irrégulier, les trois plates-formes en hémicycle des mortiers face au sud/sud-ouest, avec leur poste de commandement, le souterrain-caverne et la cour d'entrée, encaissée au revers des positions de batterie avec son mur de soutènement, sont encore parfaitement reconnaissables.
Vue aérienne oblique de la batterie de Croisette ou des Goudes.
Seul le plus petit des deux bâtiments de la cour d'entrée, qui était le magasin aux armements, a été détruit et n'est plus matérialisé que par ses décombres, à la différence de l'ancien magasin au projectiles surmonté d'un étage de casernement, délabré mais toujours en place. Les profils et contours semi-circulaire de l'épais parapet en remblai enveloppant les trois plates-formes des mortiers sont aujourd'hui dégradés, formant des éboulis de pierres coulantes du côté de la gorge, au-dessus de la cour d'entrée encaissée et de la partie nord-ouest de l'enceinte.
Le mur d'enceinte, de faible hauteur, constante, mais inégalement fondé sur le terrain naturel aménagé, est très bien conservé avec son parement en appareil polygonal irrégulier à joints ciment et ses arases dont la tablette a été remplacée par un revêtement en ciment. Il enveloppe un périmètre d'une longueur maximum de 90m dans l'axe est-ouest, et d'une largeur maximum de 65m dans l'axe nord-sud, ce qui en fait un ouvrage relativement peu étendu, d'où, sans doute, l'appellation alternative de "fortin", dans l'usage local. Cette enceinte se compose de deux fronts : Le premier est un front de tête ou d'attaque face au sud, formé par quatre des six courtines de l'hexagone, reliées entre elles par trois angles obtus flanqués chacun d'un bastionnet sommaire, non casematé. Ce front jadis bordé à l'extérieur d'un fossé continu de médiocre largeur et profondeur, aujourd'hui comblé, s'élève vers l'intérieur, devant les positions de batterie, à la hauteur d'un simple parapet garde-corps, sans créneaux et sans chemin de ronde.
Le second front de l'enceinte, face au nord, plus bas fondé sur le terrain, est un front de gorge formé de deux courtine plus longues, reliées entre elles par un angle obtus non flanqué, et reliées aux courtines latérales du front de tête par deux angles aigus occupés l'un (est/nord-est) par un demi-bastionnet, l'autre (ouest) par un saillant flanquant composite associant un demi-bastionnet et un épi se joignant en angle rentrant "en tenaille". La courtine de gauche du front de gorge est composée de deux segments désalignés formant un tracé en chicane ou en baïonnette, afin de placer la porte d'entrée de la batterie dans un retour de mur à angle droit, face à l'est et à l'arrivée du chemin d'accès en lacets, entre les deux segments, et non en position frontale18.
Le demi-bastionnet qui termine cette courtine à l'angle est/nord-est présente son unique flanc face à la porte, pour en assurer la défense rapprochée, limitée à un tir d'infanterie par dessus le parapet garde-corps. La courtine de droite du même front de gorge adopte un profil pendant régulier pour compenser la différence de niveau avec le front de tête, et se termine par le flanc de l'épi du saillant composite "en tenaille" de l'angle ouest. Du côté gauche de l'enceinte, c'est la courtine latérale Est du front de tête, entre demi-bastionnet est/nord-est et bastionnet, qui compense le dénivelé par un profil pendant très marqué, qui se continue toutefois modérément sur une partie du segment gauche de la courtine gauche du front de gorge.
Vue ouest-nord-ouest du front de gorge prise du pied de l'éminence , courtine droite, saillant d'angle ouest tenaillé
Vue de la partie Est du front de tête, bastionnets, courtine pendante et demi-bastionnet est-nord-est
Cette courtine gauche en chicane du front de gorge est la seule qui soit pourvue d'une série de créneaux de fusillade, sommairement percés en plein mur, sans traitement de l'encadrement , répartis seulement dans ses segments qui renferment la cour d'entrée, principalement le segment de courtine à droite de l'entrée. Dans ces segments, le mur étant aussi haut côté intérieur vers la cour, qu'à l'extérieur et non réduit à un simple garde-corps, favorisait la mise en place de ces créneaux de défense rapprochée, dont le service était assuré par le personnel de batterie, qui après 1896 logeait à l'étage du bâtiment principal de la cour encaissée.
Le portail d'entrée de l'enceinte de la batterie est le seul élément bénéficiant d'un traitement plus classique, par ses deux piliers d'encadrement en pierre de taille de moyen appareil à joints fins refendus, aujourd'hui ruinés du fait de la démolition partielle de leurs assises supérieure et de leur amortissement monolithe, dont les pierres gisent au sol à proximité. La cour d'entrée bordant la façade du bâtiment du magasin des projectiles et du casernement dessert la rampe, en retour à 180° de l'entrée, qui monte aux plates-formes des mortiers en longeant le segment gauche de la courtine. Les sols actuels de la cour et de la rampe sont jonchés de gravats et de petits éboulis.
Vue extérieure de la courtine gauche en chicane du front de gorge et de la porte d'entrée
Intérieur de la cour d'entrée vue de l'ouest, courtine crénelée, port, rampe montante et façade du bâtiment
La façade du bâtiment, en blocage enduit au ciment, est percé sur ses deux niveaux de cinq baies encadrées en brique avec clefs et sommiers en pierre de taille. Au premier niveau, ancien magasin, quatre de ces baies sont des fenêtres à appui en pierre monolithe surhaussé, elles encadrent deux à deux la baie centrale, ancienne porte du magasin, remaniée pour le transformer en fenêtre semblable aux autres. A l'étage, les cinq fenêtres reprennent le modèle de celles du premier niveau, mais avec un appui plus bas et en briques. L'unité d'aspect de cette façade et du bâtiment ne révèle pas qu'ils résultent de deux campagnes de construction, l'une de 1893 ou 1894 pour le magasin, l'autre postérieure à 1896 pour l'adjonction de l'étage de logement.
Le bâtiment sur cour d'entrée, vu de l'est, bordé par la rampe montant aux positions de batterie
Deux des trois autres côtés du bâtiment, mur-pignon Est et mur postérieur, sont bordés par un étroit couloir de dégagement à ciel ouvert qui les sépare du mur de soutènement de ce côté de la cour, bâti sous le versant de gorge des positions de batterie. Le toit actuel du bâtiment, simple dalle en béton armé, résulte sans doute des travaux des années 1930 et a dû remplacer un toit sur charpente à fermes semblable à celui qui couvrait le magasin à niveau unique en 1896. Le côté ou mur-pignon ouest du bâtiment, percé d'une porte au premier niveau et d'une fenêtre à l'étage, s'ouvre sur un dégagement de la partie de la cour renfoncée entre murs de soutènement. Ce renfoncement encaissé qui séparait jadis les deux bâtiments de la cour, dessert la porte d'accès principal du souterrain creusé en caverne sous les positions de batterie, porte à chambranle cimentée ménagée dans le mur de soutènement de fond, parementé en appareil polygonal.
La porte du souterrain est directement prolongée à l'intérieur par un segment de couloir maçonné voûté en berceau qui dessert au passage, immédiatement à droite de l'entrée, la porte du premier local ancien abri télégraphique, dont la voûte en berceau surbaissé et les parois sont maçonnées et enduites. Cet abri était le seul des locaux souterrains qui prenait jour par une fenêtre (aujourd'hui murée), ménagée dans le retour en angle droit du mur de soutènement, à droite de la porte d'entrée du souterrain.
Intérieur du souterrain, couloir d'entrée à voûte maçonnée et galerie brute de déroquetage
A la suite, la première branche de galerie et la niche aux détonateurs qu'elle dessert à droite sont laissée brutes de déroquetage. Elle se termine, en desservant, dans l'angle droit tournant à gauche qu'elle forme avec la seconde branche de galerie, le magasin à poudre. La porte de ce magasin, encadrée en briques dans un mur parementé en appareil polygonal irrégulier, donne accès à un sas d'entrée ou vestibule, selon la disposition usuelle dans les années 1880. L'intérieur du sas, laissé brut de déroquetage, dessert à droite la porte de la salle des poudres, ménagée dans un mur de refend maçonné.
Intérieur du souterrain, coude des galeries et porte du sas du magasin à poudre
Intérieur du souterrain, sas desservant la porte du magasin à poudre, avec créneau de lampe
En vis à vis de cette porte, une structure en ciment armé saillante sur la paroi brute du sas accueille un créneau de lampe, qui assurait l'éclairage permanent de l'entrée du magasin. La salle des poudres, creusée en caverne dans le roc, est habillée, excepté du côté du mur de refend en pierre (opus incertum) accueillant sa porte, d'un mur de briques en simple épaisseur, décollé de la paroi rocheuse, et était couverte d'une voûte en berceau segmentaire également en brique en simple épaisseur, en partie accrochée sur des arceaux de fer scellés dans la voûte déroquetée.
Intérieur du souterrain, salle du magasin à poudre, côté de l'entrée
Intérieur du souterrain, salle du magasin à poudre, vers le fond, habillage en briques
La voûte de brique est aujourd'hui entièrement écroulée. La branche de galerie secondaire, plus allongée que la première, est brute de déroquetage dans son premier segment, qui dessert d'abord deux niches creusées latéralement dans la paroi, décalées, la première à gauche (niche aux projectiles), la seconde à droite (ancien atelier de chargement), puis deux autres niches en vis à vis, également brutes de déroquetage (ancien atelier d'amorçage). Au delà de ces deux niches, le dernier segment de galerie est entièrement maçonné et voûté en berceau. Il se termine en desservant à droite le puits maçonné rectangulaire du monte-charge de la batterie.
Intérieur du souterrain, galerie secondaire, niches brutes et segment maçonné aboutissant au monte-charge
Intérieur du souterrain, vue contre-plongeant du puits du monte-charge
Le puits du monte-charge débouche en partie haute dans une niche profonde aux murs en opus incertum, couverte d'une voûte de béton décoffré en berceau surbaissé. Cette niche est ménagée dans le mur de revêtement gauche du départ du chemin de ronde en tranchée qui dessert les trois plates-formes de mortiers, en haut de la rampe d'accès à ces sections d'artillerie.
Batterie de mortiers, niche du débouché haut du monte-charge
Batterie de mortiers, mur à niche à l'entrée chemin de ronde des plates-formes et poste de direction de tir
Dans son état actuel, ce mur, renforcé au ciment, est percé de deux niches jointives de même aspect, la première, ouverte, était une niche aux coups de sûreté, la seconde, plus profonde (actuellement en partie murée), la niche du monte-charge. A la suite, le mur, infléchi d'un angle obtus, est percé d'une porte qui desservait le local du poste téléphonique creusé sous le poste de commande des tirs des mortiers; cette porte s'ouvre sur le segment de rampe montant à la première plate-forme. L'état actuel de l'ancien poste de commande, avec dalle de couvrement et partie des murs en béton et fenêtre panoramique (en partie rebouchée) face à l'ouest, résulte de la reconstruction intégrale qu'il a subie dans les année 1930, selon les nouvelles normes des postes de direction de tir (comparable en plus frêle à celui projeté à la même époque dans la batterie Napoléon) et adapté aux canons de 95mm modèle 1888 qui armaient alors la batterie.
Les trois plates-formes d’artillerie, de plan en segment de cercle plus ou moins outrepassé (fer-à cheval droit pour la première outrepassé pour la seconde, cercle presque complet pour la troisième), ont un diamètre intérieur de 6m et sont séparées par deux traverses pare-éclat larges de 7 à 8m, dont le mur donnant sur le chemin de ronde en tranchée est évidé d'une large niches à munitions, décentrée.
Le mur postérieur de la tranchée du chemin de ronde intègre un petit escalier en pierre à l'entrée de la troisième plate-forme. Chaque plate-forme, surhaussé d’environ 0, 90m du chemin de ronde qui les dessert, est accessible par un segment de rampe, les deux premières imposant par leur emprise un élargissement de la tranchée du chemin de ronde. Le mur de genouillère, haut de 1,50m environ, est parementé en opus incertum de moellons calibrés, et renforcé à l'extérieur par une épaisseur de maçonnerie avec arase cimentée dans les deux premières plates-formes, qui fait transition avec l'épais parapet en remblais. Ce mur de genouillère présente la particularité inexpliquée de comporter, dans les trois plates-formes, un décrochement réduisant le diamètre interne, sur un segment de cercle limité, face à l'ouest.
Batterie de mortier, 3e plate-forme et chemin de ronde, vus de l'ouest
Le sol des plates-formes est coulé en béton avec enduit de ciment, et creusé d’une série de grandes engravures transversales rectilignes d’inégale longueur correspondant apparemment à une armature de poutres de bois qui y étaient fixées par une série de tiges filetées toujours en place et qui se sont décomposées, poutre sur lesquelles étaient fixées les sous-sellettes des affûts des mortiers de 270mm.
Batterie de mortier, 1e plate-forme vue de l'est- sud-est
Le cap Croisette est l’un des dix-sept sites retenus en 1695 pour installer des batteries de côte dans la baie de Marseille, et fut armé de deux canons de 25 livres. Abandonnée au XVIIIᵉ siècle, elle fut réhabilité et augmentée en 1812, pour six pièces de 36 et un mortier de 12 pouces. Durant les années 1840-1860, plusieurs projets d’adaptation ou de reconstruction furent proposés par les chefs du génie successifs , et ajournés.
A la suite de l’instruction du 30 mai 1872 de la commission supérieure de défense des côtes préconisant des batteries de côte implantées en altitude, adaptées aux nouvelles portées de l’artillerie rayée, et de la mise en place du programme général de réorganisation du système défensif de la France sous l’autorité du général Séré de Rivières, la construction d’un petit fort détaché en hauteur au-dessus du cap Croisette fut envisagée dès 1873, sans lendemain.
Il faut attendre 1890, date à laquelle les principaux grands chantiers de réorganisation et construction des batteries de côte de la place de Marseille selon les principes de Séré de Rivières avaient été réalisés, pour que se concrétise la batterie de Croisette. L’avis de la commission d'études pour la défense du littoral de novembre 1888 prévoyait deux batteries aux environs du Cap Croisette : l’une de canons de 24 cm et 95 mm, l’autre de mortiers de 270 mm modèle 1885 de Bange. Les sites d'implantation et les plans proposés en 1889 par le chef du génie Joseph Cauvin et le commandant de l'artillerie Faure étaient sujet à discussion, la batterie de mortiers étant à construire sur un site vierge, et non sur une ancienne batterie de canons. Après plusieurs variantes, un plan définitif fut adopté en février 1890 pour la batterie de mortiers de Croisette, bien distincte de et distante de la vieille batterie du Cap Croisette. Sa conception est celle d'une batterie fermée, dans une enceinte hexagonale flanquée de bastionnets. avec trois plates-formes de mortiers au même niveau, magasins aux projectiles et aux armements sur cour, le magasin à poudre , ateliers, niches aux détonateurs et abri télégraphique étant intégrés dans un souterrain-caverne.
Les travaux furent conduits de 1890 à 1893 après expropriation. En 1896, l’état achevé était armé de trois mortiers de 270 mm modèle 1889, affûts de côte, fossé, poste de commandement et bâtiments de service. Un étage de casernement fut ajouté peu après au-dessus du bâtiment sur cour du magasin aux projectiles en temps de paix.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'ancienne batterie de mortiers Croisette, transformée en batterie de semonce avec deux canons de 95 mm modèle 1888, reçut des aménagements en béton dans les années 1930. Elle ne fut pas réarmée par l’occupant en 1943.
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Période(s)
- Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
- Secondaire : 2e quart 20e siècle , (incertitude)
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Auteur(s)
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Auteur :
Cauvin Joseph Bruno Lucieningénieur militaire attribution par sourceCauvin Joseph Bruno LucienCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Chef de bataillon du génie en 1883, chef du génie de Marseille de 1889 à 1894, officier de la légion d'honneur
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Auteur :
Implantée à une altitude de 70 m sur une éminence rocheuse ovalaire, la batterie de mortiers de Croisette conserve l’essentiel de ses aménagements malgré l’abandon, le vandalisme et la ruine. L’enceinte hexagonale irrégulière, les trois plates-formes en hémicycle tournées vers le sud-sud-ouest, le souterrain-caverne et la cour d’entrée encaissée sont encore en place. Le magasin aux armements est détruit, mais le magasin aux projectiles avec étage de casernement subsiste.
Le mur d’enceinte, en appareil polygonal irrégulier, définit une aire intérieure longue de 90m dans l'axe est-ouest, et large de 65 m. Le front de tête sud, flanqué de bastionnets, était bordé d’un fossé aujourd’hui comblé. Le front de gorge nord, plus bas, comprend une courtine de plan en chicane dégageant au centre, dans un axe perpendiculaire, la porte, défendue par créneaux percés dans la courtine et un demi-bastionnet à l'angle nord-est. Les piliers de pierre de taille du portail d'entrée sont partiellement ruinés.
La cour d’entrée encaissée dessert à gauche en entrant, en retour d'angle, la rampe courbe montant aux plates-formes d'artillerie, et, en face de l'entrée le bâtiment principal, ancien magasin aux projectiles avec étage de casernement, construit en blocage enduit au ciment, percé de baies en travées encadrées en brique et pierre de taille. Le toit actuel en béton date des années 1930. Un dégagement latéral entre murs de soutènement de la cour à droite du bâtiment accueille la porte du souterrain, dont le premier abri, à droite, était celui du poste télégraphique. Les galeries en deux branches perpendiculaires, alternativement laissées brutes de déroquetage ou maçonnées, desservent des niches aux détonateurs, le magasin à poudre avec sas et voûte en berceau segmentaire doublée en brique (écroulée), niches aux projectiles et ateliers, et débouchent sur le puits maçonné du monte-charge.
En surface, le monte-charge rejoint le chemin de ronde en tranchée reliant les trois plates-formes , en débouchant sous une niche ménagée dans un mur à gauche avant la première plate-forme, sous le poste de commandement. L'aspect actuel de celui-ci, assez bien conservé est dû à une reconstruction avec dalle de toit en béton des années 1930.
De plan semi-circulaire de 6 m de diamètre intérieur, les plates-formes de mortiers sont séparée par une traverse pare-éclats avec niches à munitions. Leur mur de genouillère, enveloppé par l'épais parapet en remblai, est parementé en opus incertum. Leur sol coulé en ciment est creusé d’une série de grandes engravures transversales d’inégale longueur correspondant apparemment à une armature de poutres de bois sur laquelle était fixée la sous-sellette des affûts de mortiers de 270 mm.
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Murs
- calcaire moellon
- calcaire pierre de taille
- brique brique et pierre
- béton
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Toitsbéton en couverture
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Planssystème bastionné
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Couvrements
- voûte en berceau
- voûte en berceau segmentaire
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Élévations extérieuresélévation à travées
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Couvertures
- terrasse
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Autres organes de circulationrampe d'accès
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Typologiesbatterie fermée (4e quart 19e siècle)
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État de conservationdésaffecté
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Mesures
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Statut de la propriétépropriété publique
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Éléments remarquablesbatterie, enceinte
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Sites de protectionparc naturel national, loi littoral, site classé
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Protections
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Précisions sur la protection
Massif des calanques classé au titre des sites par arrêté du 27 décembre 1976
- (c) Ministère de la Défense
- (c) Ministère de la Défense
- (c) Ministère de la Défense
- (c) Ministère de la Défense
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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Procès verbaux de conférence et avis sur le projet de réorganisation de la batterie de mortiers de Croisette, 1889, par Joseph Cauvin et Jacques Faure. Service Historique de la Défense, Vincennes : GR 7N 1910.
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[Plan de projet de la batterie de mortiers de Croisette]. / Tirage d'un dessin de Joseph Cauvin, 26 octobre1889. Service Historique de la Défense, Vincennes: GR 7N 1910.
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[Plan de projet alternatif de la batterie de mortiers de Croisette]./ Dessin de Joseph Cauvn et David Pion, 23 décembre 1889. Service Historique de la Défense, Vincennes: GR 7N 1910.
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[Relevés de la Batterie de Croisette, feuille d'atlas des bâtiments militaires]. / Dessin aquarellé (feuille d'atlas des bâtiments militaires), par Ducray, chef du génie,15 novembre 1896. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K² 237,
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FRIJNS, Marco, MALCHAIR, Luc, MOULINS, Jean-Jacques, PUELINCKX, Jean. Index de la fortification française, Métropole et Outre-mer, 1874-1914. Welkenraedt : auto-édition, 2008.
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.