Dossier d’œuvre architecture IA13006239 | Réalisé par
Corvisier Christian (Rédacteur)
Corvisier Christian

Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.

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  • enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Batterie de côte de la Pointe d'Endoume
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bouches-du-Rhône
  • Commune Marseille 7e arrondissement
  • Lieu-dit Endoume
  • Adresse 18 chemin du Génie
  • Cadastre 2026 L 242
  • Dénominations
    batterie
  • Précision dénomination
    batterie de côte
  • Appellations
    batterie de la Point d'Endoume
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante

 I- Historique, topographie et typologie générale

            La pointe de Doume est l'un des dix sept sites littoraux de la baie de Marseille choisis en 1695 pour établir des batteries de côte, et l'un des treize non antérieurement fortifiés. Il est l'un des sept sites définis dans le même but le 27 septembre 1694 par une commission d'experts, au nombre desquels Le chevalier de Ressons, commissaire général de l'artillerie de la marine du Levant à Toulon, auteur d'un mémoire sur les précautions à prendre contre les menaces de croisière anglaise de l'amiral Russel. Ce rapport d'expertise, en forme de projet pour assurer la sûreté de Marseille et de sa baie1, posait et justifiait le principe d’une série de batteries de côtes armées de préférence de canons de 24 livres de balles, mais de 11 pieds de long pour chasser plus loin,  ou de 36 livres, certaines à établir dans les forts déjà existants sur les îles (If, Ratonneau, Pomègues), les autres à créer, alors limitée à sept :  "... on ne peut assurer la navigation des galères de sa Majesté, le commerce des marchands et empêcher les ennemis de venir mouiller dans ces rades qu'en établissant quantité de batteries de canons et de mortiers sur toutes les pointes qui les commandent " La dépense assez grande devait être compensée par la suppression du risque de dommage que pourrait subir la ville si on laissait aux ennemis la possibilité de la bombarder. Le rapport décrit sommairement en seconde position de la liste le  mouillage de Dome, avec un projet sur la pointe de terre ferme d'une grosse tour portant canons défendant toute la rade; la tour proposée aurait été à bâtir sur le modèle de celle des Vignettes à Toulon avec batterie basse en manière de fausse braye, 12 pièces de canon et 4 mortiers en tout. Les experts recommandaient de commencer la construction par la batterie basse en attendant que l'on puisse travailler au massif de la tour. On notera que le modèle de la batterie compacte à tour réduit conçu par Vauban pour certaines batteries de côte et réalisé en Méditerranée seulement à Toulon état adapté à une implantation en basses eaux plutôt que sur un cap rocheux. Au demeurant, Vauban ne semble pas avoir approuvé ce projet. Il n'en fait pas mention dans son mémoire sur les précautions à prendre contre les attaques de Marseille daté du Havre 6 décembre 16942, dans lequel il préconisait l’établissement de six batteries extraordinaires les plus nécessaires, formées d’épaulements retranchés à la gorge, en terre, sans ouvrages maçonnés.

La réalisation du programme de principe, lancée et bientôt amplifié, fut placée sous l’autorité du maréchal de France Anne Hilarion de Tourville, lieutenant-général des armées navales, vice-amiral du Levant, nommé par Louis XIV le 30 mars 1695 au commandement des côtes de Marseille à Toulon. Tourville n'accorda pas d'intérêt particulier à la batterie de la pointe de Dome, qui fut réalisée sous forme d'un simple épaulement de plan semi-circulaire assez large ouvert à la gorge, mais il décida d'implanter une batterie supplémentaire sur l'îlot voisin de Dome, auquel son nom sera attaché à certaines périodes de l'histoire postérieure. Plusieurs cartes de la baie datées de cette même année 1695, dont une du 16 mai3, témoignent du déploiement de 16, puis 17  batteries de côte, destinées à inquiéter le bombardement. Celle du  Cap de Dome  était armée de 8 canons de 24 et placée sous le commandement de Monsieur de Tourrettes, servie par le maître canonnier Jean Monier, employant 8 canonniers et 24 matelots pour le service des canons. Ces informations détaillées sont données par un état des batteries associé à la carte du 16 mai 1695. La légende des autres cartes contemporaines et de plans de détail des batteries associés deux de ces cartes confirment cet armement, mais avec mention de 9 canons pour celle du cap de Dome4.  Cette batterie n'était pas considérée comme importante par Vauban, à la différence de celle de l'îlot de Dome et de cinq autres pour lesquelles il avait confié en 1701 à l’ingénieur Antoine Niquet, directeur des fortifications de Provence, le soin de dessiner et chiffrer des projets de réfection et renforcement qui ne virent jamais le jour. Deux nouvelle cartes de la rade avec les batteries, objet de plans de détail sommaires inclus, une dûe à Antoine Niquet, sans doute un peu postérieure à 1701, une autre signée Pierre Chevallier et contresignée par le seigneur de Montmort, intendant des galères de France et des fortifications de Provence le 21 septembre 17055, précisent que la batterie du cap de Dome, inchangée, est armée de 6 canons de 24 livres.

Une carte de partie de la baye de Marseille, incluse dans un recueil de cartes dessinées et réunies pour Louis XIV et réputé dater de 17006, donne une information contradictoire. La batterie de l'îlot de Dome, réalisée en 1695, n'y est pas figurée, la batterie de la pointe de Daume est bien en place, et une autre batterie de canon est exprimée à proximité au sud du Cap.  Cette seconde batterie du cap n'est jamais portée sur les autres cartes de la rade de Marseille dans les décennies suivantes, à la différence de la batterie de la pointe de Doume, qui fut pourvue en 1756 d'un corps de garde pour 50 hommes et d'un petit magasin à poudre7. L'emplacement de la seconde batterie correspond à celui de la future batterie des Lions, fondée en l'an 2 de la République (1794).

            Le 30 fructidor an 3, un  mémoire de l'inspecteur général des fortifications donnant l'état des batteries de côte des environs de Marseille8 dans le cadre d'un programme général de remise en état alors en cours, qui comportait la construction de nouvelles batteries, consacre quelques lignes laconiques aux batteries de Rocas Blanc, des Lions, Endoume et Pharo, précisant que les deux premières sont en bon état ainsi que leurs corps de garde, et qu' il manque partout des magasins à poudre que proposera le directeur.  Six ans plus tard, un mémoire raisonné sur l'état actuel des fortifications signé des sieurs Boyer et Sorbier, respectivement sous-directeur et directeur des fortifications à Toulon, daté du 15 frimaire an 9, donne plus de précisions. La batterie d'Endoume était en bon état pour ce qui est de  la plate-forme, des parapets et du fourneau (à rougir les boulets). La couverture des casernes était à remanier et la souche des cheminées à reconstruire. Magasin à poudre en bon état. Le logement du garde magasin a les couvertures partie à renouveler. A la suite est mentionnée la  Batterie des Lions, dont la plate-forme et le parapet étaient en assez bon état, les charpente et couvertures du corps de garde et du logement du gardien ayant un besoin urgent de réparations.

Le mémoire sommaire sur la place de Marseille9 rédigé le 10 juillet 1814  par Jean-Joseph Amable Tournadre, dit Tournadre aîné, chef du génie de Marseille et sous-directeur des fortifications de Toulon, précise que les Batteries d'Endoume et des Lions sont contigues, protègent le mouillage d'Endoume ou peuvent stationner des vaisseaux de guerre, (...) sont en assez bon état et ouvertes à la gorge. Le même Tournadre aîné, dans un autre mémoire du 20 novembre 181610, ajoute que  ces deux batteries sont distantes de seulement 200 m défendent un mouillage (...) qui se trouve entre le continent et l'île de Doumes sur laquelle était construite une batterie ayant le même but, qui est abandonnée et n'a point été armée dans la dernière guerre, et croisent aussi leurs feux avec ceux du château d'If .  Il précise que la batterie d'Endoume était armée dans la dernière guerre de 4 pièces de 36, et un mortier de 12 pouces celle des Lions de 2 pièces de 36. Les bâtiments de la batterie d'Endoume comportaient alors une caserne avec citerne, un corps de garde, un magasin à poudre, un autre  pour les effets d'artillerie, un logement pour le gardien et un fourneau à réverbère. Il n'y a, à la batterie des lions, qu'un seul bâtiment servant de corps de garde et de logement du gardien.  Tournadre proposait de réparer les retranchements de la batterie d'Endoume, de creuser un fossé en avant de son épaulement, et de construire un magasin à poudre dans son enceinte en remplacement de l'actuel qui est au dehors. Une campagne de relevés des batteries de côte programmée en 1817 par ce chef du génie aboutit l'année suivante à la réalisation d'un atlas qui comporte une planche de plan et profils de la batterie d'Endoume 11, et une description détaillée des deux batteries contigües, qui pouvaient être regardées comme n'en formant qu'une. L'épaulement de la batterie d'Endoume était celui de 1695 remis en état, de plan en arc de cercle large de plus de 50m mais peu profond, avec prolongement rectiligne en retour du côté gauche, mur de revêtement extérieur peu élevé et mur genouillère bordant la plate-forme. Celle ci était dallée en pierre de taille, élevée de 17,50m au dessus du niveau de la mer, susceptible de recevoir un armement de 4 pièces de gros calibre sur affût de côte (...) aussi un ou deux mortiers. Le revêtement intérieur du parapet avait été formé de gabions, qui se sont pourris, devrait être rétabli en maçonnerie et élevé à 1,60m pour recevoir l'armement en affûts de côte. Le fourneau à réverbère était établi immédiatement à la gorge de cet épaulement. Le petit magasin à poudre, non voûté, était en contrebas du côté droit, et le bâtiment principal, à 80m à l'arrière et en contre-haut de la batterie, de plan allongé, incluait, d'après la description, une salle de casernement de 40 hommes, un corps de garde, un logement pour le gardien, un autre pour le chef de poste et un petit magasin pour les effets d'artillerie. Le plan indique aussi une cuisine et la citerne.

Plan et profils de la batterie d'Endoume,1818.Plan et profils de la batterie d'Endoume,1818.

La batterie des Lions, beaucoup plus petite, sur la pointe de l'extrémité gauche du cap d'Endoume, avait un épaulement rectiligne de 18m de long pouvant recevoir 3 pièces sur affûts marins, et un corps de garde pour 8 hommes et un gardien.

            En 1841, une commission mixte d’armement des côtes, de la Corse et des îles fut instituée par décret du 11 février  pour étudier la réorganisation générale des batteries de côte et la modernisation de leur armement. La commission travailla en particulier, pour les batteries isolées, sur la définition de réduits-type défensifs. Une première série de réduits comportant des  tours carrées et des corps de garde fut définie et proposé le 13 septembre 1845, avec une diffusion limitée, puis retravaillée par le comité des fortifications, pour aboutir aux modèles-type fixés le 31 juillet 1846 et diffusé dans les différentes chefferies du génie. Ces réduits-type 1846 comportaient deux options : tours crénelées à deux niveaux casematés ou corps de garde crénelés à un niveau, aux murs moins épais, les unes comme les autres de plan rectangulaire et déclinées en trois tailles, n° 1 pour batterie de 12 pièces (60 hommes), n° 2 pour 8 pièces (40 hommes) et n° 3 pour 4 pièces (20 hommes).

            Le vaste programme général de réorganisation et réarmement des batteries de côte selon les nouvelles normes donna lieu à des projets pour le secteur de Marseille à partir de 1846, rédigés par le chef du génie Marie-Tranquille Le Bas, sous l’autorité du directeur des fortifications de Toulon le colonel Joseph-Alexandre Picot. Dans ce cadre, la construction d’une batterie dite de la pointe de Doume fit l’objet du 20e article du Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 1846 12 rédigé par le chef du génie, pour un coût estimé de 31200 francs, et accompagnée d'un plan de projet.

[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume], 1846.[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume], 1846.

Le coût élevé de ce projet tenait au principe, demandé par la commission d'armement, d'implanter la nouvelle batterie en avant de celle existante, sur la pointe nord du plateau en face de l'écueil du Canoubier. L'intention était d'optimiser son action sur les approches du port de Marseille et de ses nouveaux bassins. L'épaulement projeté reprenait en plan une forme analogue à celle de l'ancienne batterie, soit en arc de cercle défilée sur la gauche par une traverse continuant le parapet, avec une plate-forme pouvant accueillir six canons. Le réduit de batterie proposé était une tour n°3, selon le modèle-type de 1845 (le mémoire et les plans datent du 2 juin 1846), incluse dans une aire close d'un mur d'enceinte crénelé et fossoyé fermant la batterie à la gorge, composé de deux courtines en retour d'angle aigu avec bastion d'angle. Aucune réutilisation des bâtiments de l'ancienne batterie, trop éloignés, n'était envisagée. Dans son apostille au projet, le directeur des fortifications préconisait de réduire le coût de la nouvelle batterie à 23000 francs, en supprimant le fermeture à la gorge ainsi que l'a fait le comité pour la plupart des batteries de côte, ce qui équivalait à une économie de 3600 francs, et en reportant l'épaulement 2m en arrière pour remplacer l'escarpe maçonnée par un talus à terres coulantes. Il proposait de reculer l'emplacement de la tour n°3, estimée à 20.000 francs, à 30m de la batterie et de l'enfoncer d'un mètre de plus pour mettre la plate-forme au niveau de la ligne de feu.

            Ajourné, le projet fut représenté en 1849 dans l’état estimatif de la dépense à faire pour l'organisation des batteries de côte13, sous l’autorité du Chef du Génie Lebas dont il constitue le 6° article. Il fit l'objet d'une  planche de plans de projet datée du 17 février. Le plan de situation inclus dans la planche montre à la fois la nouvelle batterie projetée (en teinté jaune), l'ancienne batterie (en pointillé, exprimant un ouvrage à abandonner), sa caserne, à conserver (prêtée au service des douanes), et, hors des limites du terrain militaire, l'ancienne batterie des Lions, objet d'un litige depuis les années 1830 entre l'Etat et les descendants des propriétaires privés des terrains occupés par cette batterie.  L'épaulement de batterie du projet de 1849, destiné à porter les 4 pièces de canon, était plus resserré qu'en 1846, de plan polygonal irrégulier et entièrement en terre, sans revêtement maçonné, d'où un coût estimé assez modeste de 4000 francs. La tour réduit n°3, selon le modèle type 1846, était estimée à un coût de 34.000 francs.

[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, plan de situation],1849.[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, plan de situation],1849.

            Ce projet n'a reçu aucun commencement d'exécution, et l'ancienne batterie est restée en place, dans le même état qu'en 1817, comme le montre un plan du terrain militaire de la batterie d'Endoume, daté du 30 janvier 1851, établi à propos d'une maison privée construite sur ce terrain, en bordure de côte, avec un mur de terrasse, par le sieur Gaubert, par autorisation ministérielle de janvier 1846, sous condition d'évacuer les lieux et de faire place nette à la première réquisition dès que l'autorité militaire le jugera convenable, ou d'abandonner le bâti au département de la guerre sans indemnité.

[Plan d'etat des lieux de la batterie d'Endoume pour affermage du terrain militaire], 1851.[Plan d'etat des lieux de la batterie d'Endoume pour affermage du terrain militaire], 1851.

            L'ensemble des projets des batteries de côte du secteur de Marseille ayant été ajourné durant dix ans, un nouveau projet pour organiser la batterie de La Pointe des Domes fait l'objet de l'article 11 des fortifications dans le Mémoire des projets pour 1859-1860, rédigé par le chef du génie Boubée de Lespin le 14 mars 1859, avec plans dessinés par le capitaine du génie Hamel14.

[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume], 1859.[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume], 1859.

Dans le nouveau projet, conforme au rapport du général de brigade Noizet du 25 février 1853, l'épaulement de la batterie, toujours pour 4 bouches à feu, est beaucoup plus important que celui proposé en 1849, adoptant un plan en U allongé, du fait du grand développement donné aux deux traverses latérales parallèles prolongeant en retour d'angle le parapet à trois pans, ces deux traverses étant conçues dans une fonction de parados pour encadrer et défiler la tour-réduit n°3. La dépense estimée pour l'épaulement s'élève à 20.000 francs, et celle de la tour à 45.000 francs. L'importance de la dépense incitait le chef du génie à proposer l'exécution du projet sur les exercices ultérieurs, bien que le principe de cette nouvelle batterie ait été jugé de première urgence en juillet 1858 par le directeur et l'inspecteur général des fortifications. Sur le plan de situation inclus dans la planche de plan du projet, exprimant l'état des lieux avec l'ancienne batterie et un tracé sommaire pour l'implantation de la nouvelle, une surcharge ajoutée au crayon exprime un dessin de projet alternatif pour la nouvelle, probablement tracé après avis apostillé du directeur des fortifications Bichot, dans lequel le front de l'épaulement n'est plus à trois, mais à deux pans en chevron, et les traverses parados latérales légèrement convergentes. L'implantation du projet présenté recouvrait l'emplacement du magasin à poudre ruiné de l'ancienne batterie, mais celui du projet alternatif était décalé en orientation et emprise au sol, recoupant l'épaulement de l'ancienne batterie en épargnant l'ancien magasin à poudre. Dans les deux cas, l'ancienne caserne restait à l'usage des douanes. C'est le projet alternatif, validé par décision ministérielle du 27 juin 1859, qui a été réalisé. La batterie était en construction en 1860, son achèvement, chiffré à 20.000 francs faisant l'objet du 20e article du mémoire sur les projets des fortifications pour 1860-1861, rédigé par le chef du génie Alexandre Guillemaut le 12 février. Le chef du génie précisait dans son mémoire que la batterie achevée serait armée de deux mortiers, en plus des quatre canons. A cette date, une dépense de 28.500 francs avait permit d'achever les parapets et traverses  et de  commencer la tour, montée jusqu'au premier étage. On notera que le qualificatif de tour employé dans le mémoire n'était plus d'actualité, le réduit-type 1846 ayant été finalement construit et achevé en 1861 sous la forme d'un corps de garde crénelé n° 3, apparemment agrandi pour un effectif de 30 hommes, au service de six pièces d'artillerie dont les deux mortiers mentionnés. Ce changement de parti de tour à corps de garde ayant aussi été choisi simultanément à l'exécution pour le réduit n° 3 de la batterie de l'îlot de Doume.

[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, détail du plan de situation et état des lieux], 1859.[Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, détail du plan de situation et état des lieux], 1859.

            L'état achevé de la nouvelle batterie de la pointe d'Endoume est figuré sur un plan exprimant (en teinté vert) l'emprise du domaine militaire sur le Cap d'Endoume en juillet 1867, avec la batterie des Lions supprimée15.

[Plan terrier militaire d'état des lieux des batteries d'Endoume et des lions supprimée], 1867.[Plan terrier militaire d'état des lieux des batteries d'Endoume et des lions supprimée], 1867.

Ce plan montre que la traverse parados de gauche de la batterie neuve achevée en 1861 avait été rallongée à sa construction au point d'atteindre une longueur de 135 mètres, soit trois fois plus que la traverse de droite. L'épaulement de plan en chevron, revêtu en maçonnerie à l'extérieur, avec parapet et plate-forme desservis par deux rampes, faisait face au nord/nord-ouest.  L'ancien magasin à poudre, à l'extérieur de la traverse parados de droite, avait été réhabilité, mais pour un autre usage, le nouveau, contenant 2250 kg en 45 barils en 1869 étant intégré dans le corps de garde. Une partie du terrain militaire entre les deux batteries (non teinté sur le plan, délimité par un trait jaune), incluant la caserne de la douane, avait été cédée au ministère de l'intérieur en juin 1860.

La batterie réformée en 1878-1880

A partir de 1876, la batterie d'Endoume fit l’objet d’une importante campagne de réorganisation pour l’adapter aux progrès de l’artillerie rayée à  longue portée, en appliquant les principes définis à l’échelle nationale en 1874 par le Comité de défense et son secrétaire le général Séré de Rivières, directeur du service du génie. Dans son état de 1861 la batterie d'Endoume ne comportait que quatre canons deux mortiers, et était donc la moins armée de celles de la baie de  Marseille réformées selon les normes de 1846, en sorte qu'à la différence de ces autres batteries, la refonte amorcée en 1878 sous l'autorité du chef du Génie Ernest Léon Alexandre Rousset  n'a pas abouti à  réduire le nombre des pièces d’artillerie, mais à les remplacer par des canons rayés de dernière génération, plus forts en calibre et plus performants en portée, en l'occurrence 4 pièces de 24 cm modèle 1876 et 2 de 19 cm modèle 1878, sur affûts G PC. Cette réorganisation, dans laquelle les positions des canons étaient plus espacées, réparties en trois sections de deux pièces, toutes séparées par des traverses-abri, entraîna donc un agrandissement et une transformation radicale de la batterie de 1861, avec des travaux de terrassement considérables.

Comme dans la plupart des autres batteries de côte de la place de Marseille réorganisées antérieurement selon les principes de 1846  (Niolon Bas, Corbière, Le Pharo, , Mangue, Cap de Croix)  la mise aux normes du corps de garde crénelé (intégrant les magasins à poudre) nécessitait, pour renforcer sa résistance aux tirs ennemis, de l’envelopper sur au moins deux côtés -les plus exposés- par un couloir casematé occupant l’ancien fossé, recouvert d’un fort rempart de terre profilé en glacis et débordant la hauteur du parapet crénelé. Cette adaptation fut faite à la batterie d'Endoume dès l'été 1878, comme en témoigne une page de registre d'attachements co-signé du capitaine du génie Morey en charge du projet et de l'entrepreneur16.

[Plan et coupe du parados sur voûte construit contre deux faces du corps de garde d'Endoume],1878.[Plan et coupe du parados sur voûte construit contre deux faces du corps de garde d'Endoume],1878.

Le rempart de terre formant parados massé sur les deux côtés bordés du couloir voûté en demi-berceau enterrait aussi le parapet crénelé de ces deux côtés du corps de garde et rechargeait le sol de la plate-forme. Le registre d'attachements témoigne aussi de la construction des abris casematés de la nouvelle batterie de mars à juillet 1878. La refonte des formes la batterie de 1861 et la redistribution de ses emplacements de tir est exprimée sur un plan d' état des lieux après exécution du projet, feuille d'atlas des fortifications daté de 189617.

[Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume après exécution du projet], 1896.[Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume après exécution du projet], 1896.

L'épaulement en chevron de la batterie de 1861, face au nord/nord-ouest était conservé et adapté, sans ses traverses latérales supprimées. Il accueillait sur sa branche droite une première section d'artillerie de deux emplacement de tir pour les pièces de 19 cm, défilée à gauche, au centre du chevron, par une grosse traverse-abri lui servant de magasin à projectiles. Au delà de cette traverse-abri, une deuxième section d'artillerie, pour deux pièces de 24cm face à l'ouest, était construite entièrement hors emprise des limites de la batterie de 1861, à l'arrière des faces remparées du corps de garde. Ses deux emplacements de canon de plan en fer à cheval, entourés d'un épais parapet de terre en tourelle semi-circulaire saillante, étaient espacées et séparés par un abri enterré de 5 petites travées casematées, affectées au magasin à projectiles. La troisième section d'artillerie, pour deux pièces de 24cm face au sud/sud-ouest, se développait sur une branche de rempart à l'est/sud-est du corps de garde, reliée à la seconde section par un segment de rempart formant parados. Cette troisième section, comportant deux traverses-abri magasins à projectiles, à droite des positions de tir, avait été implantée sur l'alignement de l'ancienne longue traverse parados gauche de la batterie de 1861.

Un état de l'armement des ouvrages permanents du littoral du secteur de Marseille au 1er juin 1898 précise que les six pièces de la batterie d'Endoume devait être complétées par deux canons à tir rapide, non livrés. Le commentaire indique que cette batterie était à transformer quand aux abris et aux parapets, et à pourvoir en outre d'un magasin à poudre sous caverne ou en béton de ciment18.

Un tirage de plan de 192719 donne un état des lieux inchangé, montrant que les transformations proposées n'avaient pas été exécutées.

[Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume avec ses abris casematés], 1927.[Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume avec ses abris casematés], 1927.

Il complète l'information sur les dispositions de la batterie au début du XXe siècle, exprimant notamment le réduit et les abris en pointillé et les socles circulaires des affûts tournants des canons. On y remarque que la batterie avait été sommairement refermée à la gorge par une clôture en palissade à deux pans avec porte au nord-est flanquée d'une guérite de gardien et d'un baraquement. Ces dispositions sont très lisibles sur une photographie aérienne IGN de 1923, qui montre les six emplacements de tir désarmés. Dès avant cette date, la croissance urbaine avait entraîné un lotissement dense des parcelles immédiatement voisines de la batterie, occupées par un habitat privé aggloméré.

[Vue aérienne verticale de Marseille, quartiers d'Endoume et de Malmousque], 1923. Détail : batterie de la Pointe d'Endoume.[Vue aérienne verticale de Marseille, quartiers d'Endoume et de Malmousque], 1923. Détail : batterie de la Pointe d'Endoume.

En avril 1927, la batterie d'Endoume fit l'objet d'un avant-projet de batterie d'artillerie légère de 75mm Mle 190820, initialement prévue à la batterie du Pharo, mais déplacée du fait de l'extension du port. L'armement d se composait, comme aux batteries légères alors installées à la batterie de Corbières, à celles de Croix et de Mangue et au château d'If, de deux pièces de 75mm, ici destinées à battre ensemble, sur une amplitude de 175°, une aire allant de la batterie de Niolon-Bas à l'île Maire. Elles étaient implantées sur la 2e section d'artillerie antérieurement dévolue à deux pièces de 24cm, occupée en 1927 par deux pièces de 95mm à supprimer, le reste de la batterie étant désarmé. L'installation des pièces de 75mm nécessitait la construction de deux plates-formes en béton armé modèle 1925, permettant aux pièces une rotation de 360°. Ces deux pièces furent effectivement mises en place à la suite, visibles sur une photographie aérienne de 1930; à cette époque la batterie présentait un aspect d'abandon, du fait de la croissance d'une végétation parasite sur les versants en terre des parapets, parados et traverses. Les deux pièces de 75mm d'Endoume, toujours en service en 1940, furent déplacées vers l'Algérie avant l'armistice du 22 juin.

Pendant l’occupation, en 1943, la batterie fut réutilisée par les allemands, comme importante batterie anti-aérienne lourde, sous le nom de code Stp 145, armée de 6 canons de 8,8 cm Flak 36 installées sur plates-formes ou cuves bétonnées avec centre télémétrique. La défense rapprochée était assurée par 3 canons de 20 Flak 30 et quelques canons  de 5cm Kwk L160. L'état des lieux après la guerre est documenté par une photographie aérienne IGN de 1950. La batterie, récupérée par l'armée, était alors en bon état d'entretien, trois des anciennes positions de canons, une dans chaque section d'artillerie de 1878-1880 était occupées par une importante cuve en béton allemande, la plate-forme du corps de garde de 1861 était dégagée du débord du rempart de 1878 et accueillait un bâti découvert. Le reste de la batterie proprement dite était occupé par des bâtiments logistiques de taille diverse couverts en tôle, hangars, entrepôts, magasins, un secteur limité à gauche de l'entrée accueillant des jardins. Deux des principaux bâtiments en place en 1950, l'un hors batterie dans le périmètre du terrain militaire, n'existaient pas encore en 1946 et avaient été construits en 1949, d'autres bâtiments importants de même nature furent construits en 195421.

[Vue aérienne oblique de Marseille, de la Pointe d'Endoume au Roucas Blanc], 1950.  Détail : batterie de la Pointe d'Endoume.[Vue aérienne oblique de Marseille, de la Pointe d'Endoume au Roucas Blanc], 1950. Détail : batterie de la Pointe d'Endoume.

Les aménagements allemands, les bâtiments militaires construits entre 1943 et 1954, et la majeure partie des infrastructures de la batterie de 1878-1880 ont été  détruits ou remblayés sous des terrassements entre 1969 et 1972, en partie pour céder place à des barres d'immeubles collectifs dans la partie sud du terrain militaire. L'ancien corps de garde, utilisé pour un centre de repos de la légion étrangère, est la principal élément architectural de l'ancienne batterie qui ait survécu à ces transformations.

II- Description

            L'ancienne batterie est implantée à une altitude moyenne de 14m sur la pointe du Cap d'Endoume, dans un secteur aujourd'hui très urbanisé.

            Une grande plate-forme terrassée de plan en chevron, aménagée en partie en aire de stationnement automobile, enveloppant l'ancien corps de garde au nord et à l'ouest, occupe incomplètement l'emplacement des deux premières sections d'artillerie de la batterie de 1878-1880, dont les parapets en terre, emplacements de canons et traverses ont été détruits, dérasés à l'horizontale en conservant certaines infrastructures. La branche droite (nord) de la plate-forme actuelle correspond à l'emprise de la première section d'artillerie, qui réoccupait l'épaulement de 1861, la branche gauche occupant les trois-quarts de l'emprise de la seconde section. Aucun vestige ne subsiste en revanche de la troisième section, qui a cédé place aux barres d'immeubles résidentiels de 1972. Le contour extérieur de la plate-forme actuelle, du côté de la mer, est délimité par un mur bas qui, excepté à l'extrémité nord pérennisant la branche droite de l'épaulement en chevron de 1861, ne reproduit pas les contours des revêtements de l'ancienne batterie.

Batterie d'Endoume, vue aérienne actuelle Batterie d'Endoume, vue aérienne actuelle

Seul le mur de terrassement intérieur de la plate-forme, de plan rentrant irrégulier, réemploie certains segments de murs de la batterie, avec des abris casematés toujours en place sous la terrasse actuelle. Le principal vestige est le mur de façade du large abri casematé de cinq travées qui séparait les deux emplacements de canon de la seconde section d'artillerie.

Batterie d'Endoume, mur de façade d'un ancien abri casematé de la 2e section d'artillerie de 1878-1880Batterie d'Endoume, mur de façade d'un ancien abri casematé de la 2e section d'artillerie de 1878-1880

Ce mur a conservé l'un de ces deux angles arrondis (côté emplacement de canon gauche) et son parement en appareil polygonal irrégulier à joints épais, caractéristique des ouvrages défensifs des décennies 1870 et 1880. Les portes d'entrée des cinq casemates, anciens magasins à munitions, sont toutes remaniées et défigurées22, l'une des casemates (à gauche) conservant deux créneaux encadrés en briques de chaque côté de la porte. Un peu plus vers le nord, après l'angle rentrant du mur intérieur de la grande plate-forme, un redan constitue le vestige de l'ancienne traverse-abri dérasée de la première section d'artillerie, avec son mur de façade latérale droite, dans lequel est conservée intacte la porte d'entrée de l'ancien abri à munition des canons de 19cm.  Cette porte se caractérise par son encadrement en briques couvert en arc plein-cintre extradossé avec clé en pierre, accueillant un vantail en bois à pentures de fer, ensemble encore surmontée d'une tôle cintrée ancienne scellée dans le mur formant parapluie.

Batterie d'Endoume, porte d'entrée de l'ancien abri sous traverse de la première section d'artillerie Batterie d'Endoume, porte d'entrée de l'ancien abri sous traverse de la première section d'artillerie

            Le corps de garde crénelé type 1846 n°3 est bien conservé, toujours enveloppé sur deux côtés (nord-ouest et sud-ouest) par le rempart de 1878 formant parados sur couloir casematé voûté en demi-berceau. Le rempart de terre profilé en glacis, qui était très volumineux, a été écrêté, donc réduit en hauteur, et remanié en retaillant son enveloppe extérieure et en adoucissant ses pentes, en 1944 et dans la seconde moitié du XXe s siècle. Le mur de soutènement de hauteur variable qui en enveloppe le pied est lié à ces remaniements, et deux petites plates-formes promenoir desservies par trois escaliers en béton ont été aménagées sur la partie haute du terrassement, l'une d'elle portant une antenne. De part et d'autre des deux faces du corps de garde laissées dégagées (sud-est, côté de l'entrée, et nord-est), les deux murs de profil en retour d'angle droit qui délimitent ce rempart en sont l'élément architectural apparent le plus significatif. 

Batterie d'Endoume,faces dégagées du corps de garde crénelé type 1846,  et murs de profil du rempart adossé aux 2 autres facesBatterie d'Endoume,faces dégagées du corps de garde crénelé type 1846, et murs de profil du rempart adossé aux 2 autres faces

Ces deux murs traversant et dépassant largement le fossé sont parementés en appareil polygonal, sous une tablette d'arase en grandes pierres de taille de Cassis, horizontale au raccord avec le parapet du corps de garde et rampante sur les deux-tiers restant du mur, selon le profil en glacis d'origine du rempart. Chacun des deux murs de profil est percé d'une porte à chambranle de pierre de taille couvert d'un arc surbaissé, de plain-pied avec le fond du fossé, qui communique au couloir casematé adossé aux deux autres faces du corps de garde.

            Les dimensions hors œuvre de ce corps de garde, soit environ 17m x 15m, ne sont conformes à celles d'aucun des trois modèles-type 1846. Sa longueur est intermédiaire entre celle des modèles de corps de garde crénelés  n°3 et n°2, ce qui est logique pour un n° 3 agrandi pour 30 hommes, mais la largeur atteint celle du modèle-type n° 1 (pour 60 hommes). Il en résulte des proportions moins allongées que dans les trois modèles-type de corps de garde, plutôt évocatrices des tours crénelées. L'élévation à un seul niveau casematé sous plate-forme et la distribution interne, avec deux casemates transversales et des casemates de culée tripartites antérieures et postérieure, n'en sont pas moins celles d'un corps de garde.

            Il est entièrement bâti en pierre calcaire blanche dure de Cassis, les parements courants en assises réglées de petit appareil, la pierre de taille étant réservée aux chaines d’angles harpées en besace de hauteur d'assise double de celle du parement courant, aux encadrements des baies et créneaux et aux bretèches en totalité. Il existe d’autres différences avec les  modèles-types de corps de garde 1846 : la première est la forme de l’escalier montant du niveau casematé unique à la plate-forme, qui n’était pas une simple volée en bois placée dans la première des deux grandes casemates de casernement et traversant sa voûte, mais un escalier en pierre a quart tournant logé dans la casemate de culée à gauche de la porte d'entrée, comme dans les tours-type 1846, qui comportent deux escaliers semblables, symétriques. On retrouve cette particularité de l'escalier en travée de culée près de la porte dans d'autres corps de garde de batterie de la chefferie de Marseille construits autour de 1860, celles de l'îlot d'Endoume, de Niolon-Bas, de Mangue et Cap de Croix.

Conformément au modèle-type de corps de garde n°3, les deux casemates de casernement transversales de celui d'Endoume, voûtées en berceau légèrement surbaissé, sont relativement étroites et prenaient jour à chaque extrémité par une fenêtre demi-circulaire placée au-dessus de deux créneaux, simple fente courte avec ébrasement intérieur de moindre hauteur, avec appui plongeant et comportant une feuillure de volet ; cette disposition est bien conservée sur le côté sud-ouest des deux casemates, dont les baies s'ouvrent sur le couloir casematé adossé à ce côté du corps de garde en 1878. Du côté opposé (nord-est), ces baies ont été modifiées au XXe siècle pour les transformer en portes, en abaissant l'appui des deux fenêtres jusqu'au sol intérieur, ce qui a supprimé les créneaux.

Batterie d'Endoume, intérieur du corps de garde crénelé type 1846, une des deux casemates transversales de casernementBatterie d'Endoume, intérieur du corps de garde crénelé type 1846, une des deux casemates transversales de casernement

Batterie d'Endoume, face extérieure nord-est du corps de garde créneléBatterie d'Endoume, face extérieure nord-est du corps de garde crénelé

Le parapet crénelé comporte deux bretèches par face, conformément aux modèles-type, reposant sur trois consoles, celle du milieu à deux ressauts. Ses créneaux y sont répartis à raison de trois entre bretèches et un à l'extérieur de chaque bretèche sur les longs côtés, ces deux créneaux proches des angles n'existant pas sur les deux côtés plus courts, dont celui de l'entrée. De ce dernier côté, sud-est, sous les bretèches, la fenêtre en demi-cercle a aussi été remaniée par abaissement de son appui en supprimant le créneau unique qu'elle surmontait.

Batterie d'Endoume, face extérieure  sud-est du corps de garde crénelé, avec porte d'entrée Batterie d'Endoume, face extérieure sud-est du corps de garde crénelé, avec porte d'entrée

            La porte du corps de garde y est conforme à celles du modèle-type, avec double sas et conçue pour intégrer un pont-levis qui se rabattait dans le tableau rectangulaire en creux formant l’encadrement extérieur (traité en simple chambranle) de la première arcade d’entrée, couverte d'un arc plein-cintre. Le pont-levis est remplacé par un tablier fixe en béton du XXe siècle, et l'arcade d'entrée pourvue d'une menuiserie à deux vantaux et tympan récente, sans rapport avec l'état ancien.

             Les parapets crénelés à bretèches sont bien conservés sur les deux côtés dégagés du corps de garde, avec leurs créneaux à fente plongeante et embrasure très basse sur appui monolithe.

Batterie d'Endoume, plate-forme supérieure du corps de garde avec son parapet crénelé conservé sur deux côtés Batterie d'Endoume, plate-forme supérieure du corps de garde avec son parapet crénelé conservé sur deux côtés

Les deux autres côtés sont détruits, mais l'ancienne guérite du débouché de l'escalier, à l'angle sud, est conservée (murée), attenante à une bretèche du côté de l'entrée. Le sol actuel de la plate-forme est un peu rechargé et revêtu de toile bitumée. Au niveau casematé, les casemates de culées postérieures tripartites sont conformes au modèle-type de corps de garde n°2, avec casemate centrale (dévolue au magasin d'artillerie) commandant l'accès aux deux casemates latérales (dévolue au magasins à poudre), par deux portes de gabarit piéton couvertes d'un arc plein-cintre, et accessible depuis le seconde grande casemate de casernement par une porte analogue.  Le sol de ces casemates de culée est revêtu d'un carrelage du XIXe siècle en terre cuite de briquettes disposées en chevron, et les murs ont conservé un enduit couvrant blanchi à la chaux.

Batterie d'Endoume, intérieur du corps de garde crénelé , casemates de culée postérieures tripartites, casemate centrale et ses portes Batterie d'Endoume, intérieur du corps de garde crénelé , casemates de culée postérieures tripartites, casemate centrale et ses portes

            A l'extérieur des façades dégagées du corps de garde et à l'angle Est qui les relie, le fossé taillé en négatif dans le roc a conservé sa contrescarpe peu remaniée, avec parties laissées brutes de déroquetage et parties parementées en blocage grossier.  

Batterie d'Endoume, angle sud du fossé du corps de garde crénelé, vu du pont de la porte d'entréeBatterie d'Endoume, angle sud du fossé du corps de garde crénelé, vu du pont de la porte d'entrée

1MM de Viviers, de Ressons, Saint Louis et Cleron de Querdren, Projet des ouvrages que l'on a jugé nécessaires pour la seureté tant de la ville de Marseille que de ses rades, 27 septembre 1694. SHD Vincennes, 1VH1076, n° 142SHD Vincennes, 1VH1076, n° 163Carte de la côte des rades de Marseille ou sont marquées les batteries pour inquiéter le bombardement, à Marseille, le 16 may 1695 Vincennes, SHD, Bibliothèque (ancien fonds Marine), fonds Nivard, Ms. 144 , n°414La Rade de Marseille avec les batteries de canons et mortiers pour inquiéter le bombardement, avec un plan de chaque batterie particulière avec dénombrement des canons et mortiers, Vincennes, SHD, 1VH1076, n° 21.5Plan de la baye et des rades de Marseille avec les batteries des canons et mortiers pour sa defance. SHD Vincennes, Bibliothèque (ancien fonds Marine), fonds Nivard, Ms. 1446Inclus dans le recueil: Cartes des environs de plusieurs places (...), 1700, BNF C&P GE DD-4586 (6) pl. n° 18.7SHD Toulon 2K2 237, légende historique du plan terrier fait le 1 juillet 1867.8SHD Vincennes 1VH1079 n°19SHD Vincennes, 1VH 1079, n° 1410SHD Vincennes, 1VH 1079, n° 1411Archives départementales des Bouches du Rhône 2 J 14, pl. n°1812SHD Vincennes, 1VH 1084, n° 113SHD Vincennes, 1VH 108514SHD Vincennes, 1VH 108815SHD Toulon 2K2 237, plan terrier du 1 juillet 186716Registre d'attachement, Archives départementales des Bouches du Rhône, 2J1717SHD Toulon 2K2 237, plan n° 1818SHD Vincennes, GR7N 191419SHD Vincennes, GR V 10620SHD Vincennes, GR V 10621[1] MM de Viviers, de Ressons, Saint Louis et Cleron de Querdren, Projet des ouvrages que l'on a jugé nécessaires pour la seureté tant de la ville de Marseille que de ses rades, 27 septembre 1694. SHD Vincennes, 1VH1076, n° 14 [2] SHD Vincennes, 1VH1076, n° 16 [3] Carte de la côte des rades de Marseille ou sont marquées les batteries pour inquiéter le bombardement, à Marseille, le 16 may 1695 Vincennes, SHD, Bibliothèque (ancien fonds Marine), fonds Nivard, Ms. 144 , n°41 [4] La Rade de Marseille avec les batteries de canons et mortiers pour inquiéter le bombardement,  avec un plan de chaque batterie particulière avec dénombrement des canons et mortiers, Vincennes, SHD, 1VH1076, n° 21. [5] Plan de la baye et des rades de Marseille avec les batteries des canons et mortiers pour sa defance. SHD Vincennes, Bibliothèque (ancien fonds Marine), fonds Nivard, Ms. 144 [6] Inclus dans le recueil: Cartes des environs de plusieurs places (...), 1700, BNF C&P GE DD-4586 (6) pl. n° 18. [7] SHD Toulon 2K2 237, légende historique du plan terrier fait le 1 juillet 1867. [8] SHD Vincennes 1VH1079 n°1 [9] SHD Vincennes, 1VH 1079, n° 14 [10] SHD Vincennes, 1VH 1079, n° 14 [11] Archives départementales des Bouches du Rhône 2 J 14, pl. n°18 [12] SHD Vincennes, 1VH 1084, n° 1 [13] SHD Vincennes, 1VH 1085 [14] SHD Vincennes, 1VH 1088 [15] SHD Toulon 2K2 237, plan terrier du 1 juillet 1867 [16] Registre d'attachement, Archives départementales des Bouches du Rhône, 2J17 [17] SHD Toulon 2K2 237, plan n° 18 [18] SHD Vincennes, GR7N 1914 [19] SHD Vincennes, GR V 106 [20] SHD Vincennes, GR V 106 [21] D'après les photographies aériennes IGN de 1949, 1952, 1955.22[1] Casemates non visités, locaux techniques interdis d'accès.

La batterie de la Pointe d’Endoume s’inscrit dans le vaste programme de défense de la rade de Marseille initié à la fin du XVIIe siècle. Elle est l’un des dix-sept emplacements retenus en 1695 pour l’implantation de batteries de côte, et l’un des treize sites jusque-là non fortifiés. Dès 1694, une commission d’experts militaires propose l’édification d’un réseau de batteries armées de canons de 24 à 36 livres pour défendre la navigation et les mouillages contre la menace anglaise de l’amiral Russell. Dans ce cadre, la pointe d’Endoume est pressentie pour recevoir une tour défensive à batterie basse, sur le modèle de celle des Vignettes à Toulon. Toutefois, ce projet n'est pas retenu par Vauban. La batterie réalisée en 1695, sous l’autorité du maréchal de Tourville, vice-amiral du Levant, nommé au commandement des côtes de Marseille à Toulon par Louis XIV,  prend la forme d’un épaulement semi-circulaire ouvert à la gorge, armé de 8 canons de 24 livres, selon les cartes de la même année. Elle est commandée localement par Monsieur de Tourrettes, avec Jean Monier comme maître canonnier. Ce premier aménagement, sans structure maçonnée importante, n’évolue guère durant le XVIIIe siècle.

Des rapports rédigés sous la Révolution et l’Empire, notamment par le chef du génie Jean-Joseph Amable Tournadre en 1815-1817 confirment l’état fonctionnel de la batterie. À cette époque, elle partage son rôle défensif avec la batterie des Lions voisine. Elle est dotée de 4 pièces de 36 et d’un mortier de 12 pouces, et comprend plusieurs bâtiments : caserne, citerne, magasin à poudre, logement du gardien et fourneau à réverbère. Un atlas dressé en 1818 détaille précisément l’état de la batterie, qui remploie  les structures de 1695. L’épaulement est en arc de cercle, avec parapet et plate-forme dallée pouvant recevoir jusqu’à quatre pièces de gros calibre. L’ensemble est complété par une caserne située à 80 m en arrière.

À partir de 1846, un programme national de réorganisation des batteries de côte est engagé. Sous la direction du colonel Picot, directeur des fortifications de Toulon, et du chef du génie Lebas, un premier projet est élaboré, intégrant une tour crénelée de type n° 3 selon les modèles type fixés à l’échelle nationale en 1846. Un projet plus économique est présenté en 1849, mais aucun ne voit le jour. Un troisième projet, défini en 1859 par le chef du génie Boubée de Lespin, est retenu. Il prévoit un épaulement en U allongé et un corps de garde crénelé n° 3, remplaçant la tour initialement projetée. Ce projet, approuvé par décision ministérielle du 27 juin 1859, est achevé en 1861. La nouvelle batterie comprend quatre canons et deux mortiers, et le corps de garde est conçu pour 30 hommes. La batterie des Lions est supprimée à cette occasion.

Dans le cadre du programme de défense nationale dirigé par général Séré de Rivières, la batterie est profondément remaniée entre 1876 et 1880 pour intégrer l’artillerie rayée et son impact sur les ouvrages. Sous la direction du chef du génie Rousset et du capitaine Morey, elle est réorganisée en trois sections d’artillerie, armées de canons de 24 cm (modèle 1876) et de 19 cm (modèle 1878), séparées par des traverses-abris. Le corps de garde est renforcé sur deux côtés par un rempart de terre recouvrant un couloir casematé.

En 1927, un projet prévoit l’installation de deux pièces de 75 mm Mle 1908 sur plateformes en béton armé, remplaçant deux canons de 95 mm alors en place. Ces armes seront en service jusqu’en 1940, avant leur transfert en Algérie. Pendant l’occupation allemande, en 1943, la batterie est transformée en site antiaérien lourd sous le nom de code Stp 145, équipée de six canons Flak 36 de 8,8 cm, de pièces Flak 30 de 20 mm et de canons KwK de 5 cm.

Après la guerre, la batterie est entretenue par l’armée jusqu’aux années 1950. Plusieurs bâtiments logistiques sont construits en 1949 et 1954. Entre 1969 et 1972, les installations militaires sont progressivement détruites ou recouvertes pour permettre la construction d’un lotissement d’immeubles collectifs. Seul le corps de garde crénelé de 1861, utilisé comme centre de repos de la Légion étrangère, a survécu.

L’ancienne batterie de la Pointe d’Endoume est située à une altitude moyenne de 14 mètres, au sommet du cap d’Endoume, dans un environnement aujourd’hui densément urbanisé. La partie conservée correspond essentiellement aux vestiges de la batterie réorganisée en 1878–1880 et au corps de garde crénelé construit en 1861. La plate-forme actuelle, en partie réaffectée en aire de stationnement, suit approximativement la forme de l’ancienne batterie de 1861, dont les parapets, traverses et emplacements de tir ont été en grande partie arasé, mais la troisième section d’artillerie a disparu, recouverte par les immeubles construits en 1972.

Des vestiges significatifs subsistent, notamment le mur de façade du grand abri casematé à cinq travées, situé entre les deux emplacements de la seconde section d’artillerie, en appareil polygonal irrégulier à joints épais, typique de la fin du XIXe siècle. Une porte d’accès voûtée, bien conservée, marque l’entrée de l’un de ces anciens abris à munitions. Plus au nord, un redan marquant l’emplacement de l’ancienne traverse-abri de la première section subsiste également, avec une porte  encadrée de briques encore intacte.

Le corps de garde crénelé type n° 3, construit en 1861, est l’élément architectural majeur conservé. Il est construit en pierre calcaire de Cassis, appareil régulier en petit appareil pour les parements, avec pierres de taille pour les chaînes d’angles et encadrements. Ses dimensions (environ 17 x 15 m) ne correspondent à aucun des modèles-type de 1846 : c’est un corps de garde n° 3 agrandi, au plan plus ramassé, évoquant celui des tours crénelées.

Il conserve des caractéristiques communes aux autres ouvrages similaires : l’étage casematé unique, est occupé au centre par deux casemates transversales, voûtées en berceau surbaissé, éclairées chacune sur les deux côtés par une fenêtre surmontant deux créneaux, aux extrémités et trois casemates de culée. La porte, jadis à pont-levis, s’ouvre dans la travée de culée antérieure centrale, qui abrite son double sas. L’escalier d’accès à la plate-forme est logé dans une casemate de culée latérale du côté de l’entrée, comme dans les tours-type 1846.

Le corps de garde est ceinturé sur les deux côtés nord-ouest et sud-ouest par le rempart de 1878, formant parados, partiellement arasé et remanié dans la seconde moitié du XXe siècle mais abritant toujours son couloir casematé voûté en demi-berceau. Les deux murs de profil qui le terminent, parementés en appareil polygonal et percés d’une  porte d’accès couverte en arc surbaissé, encadrent les faces dégagées du corps de garde. Ces murs, tout comme les bretèches et créneaux du parapet crénelé, sont bien conservés. Le fossé périphérique, taillé en partie dans le rocher, est encore visible, avec une contrescarpe maçonnée ou laissée brute selon les zones.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    pierre en couverture
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte en berceau segmentaire
    • voûte en demi-berceau
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours en maçonnerie
  • Typologies
    batterie ouverte
  • État de conservation
    bon état, vestiges
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat, CCPLEM - 1er régiment étranger - Légion Etrangère
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections

  • Projet des ouvrages que l'on a jugé nécessaires pour la seureté tant de la ville de Marseille que de ses rades, 27 septembre 1694. Service Historique de la Défense, Vincennes, 1VH1076, n° 14.

  • Mémoire sommaire sur la place de Marseille par Jean-Joseph-Amable Tournadre (aîné), 10 juillet 1814. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 14.

  • Mémoire sur l'état de situation de la place de Marseille et de ses dépendances par Jean-Joseph-Amable Tournadre (aîné), 20 novembre 1816. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1079, n° 16.

  • Atlas des batteries de côte des baies de Marseille et de La Ciotat, 1818. Par Tournadre aîné. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4.

  • Mémoire sur les projets d'organisation des batteries de côtes pour 1846 par Marie-Tranquille Lebas, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1084, n°1.

  • Etat estimatif de la dépense à faire pour l'organisation des batteries de côte pour 1849, par Marie-Tranquille Lebas. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1085.

  • Place de Marseille. Mémoire sur les projets pour 1859-1860 par Alphonse-Louis-Bernard Boubée de Lespin, 14 mars 1859. Service Historique de la Défense, Vincennes 1VH 1088.

  • Place de Marseille, mémoire sur les projets de 1860-1861, par Alexandre Guillemaut, février 1860. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH1088.

  • Plan et profils de la batterie d'Endoume. / Dessin aquarellé par Tournadre aîné, dans Atlas des batteries de côte de 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 4, pl. 18.

  • [Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume]. / Dessin aquarellé par Lebas, chef du génie, 2 juin 1846. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1084, n° 1.

  • [Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume pour affermage du terrain militaire]. / Dessin aquarellé, 30 janvier 1851. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J 12.

  • [Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume]. / Dessin aquarellé par le capitaine du génie Hamel, 14 mars 1859. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1088.

  • [Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, détail du plan de situation et état des lieux]. / Dessin aquarellé par le capitaine du génie Hamel, 14 mars 1859. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1088.

  • [Plan terrier militaire d'état des lieux des batteries d'Endoume et des lions supprimée]. / Dessin aquarellé, 1867. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K² 237.

  • [Plan et coupe du parados sur voûte construit contre deux faces du corps de garde d'Endoume,]. / Dessin aquarellé du capitaine Morey, (feuille d'un cahier d'attachements), 10 décembre 1878. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2J18.

  • [Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume après exécution du projet]. / Dessin aquarellé, feuille d'atlas des fortifications, 1896. Service Historique de la Défense, Toulon : 2K2 237, n° 18.

  • [Plan d'état des lieux de la batterie d'Endoume avec ses abris casematés]. / Tirage, 1927. Service Historique de la Défense, Vincennes : GR V106.

  • [Vue aérienne verticale de Marseille, quartiers d'Endoume et de Malmousque]. / Photographie,1923. Institut Géographique National, Saint-Mandé.

  • [Vue aérienne oblique de Marseille, de la Pointe d'Endoume au Roucas Blanc]. / Photographie,1950. Institut Géographique National, Saint-Mandé.

Documents figurés

  • [Plan du projet d'organisation de la batterie de la Pointe d'Endoume, plan de situation]. / Dessin aquarellé dirigé par Lebas, chef du génie, 17 février 1849. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1VH 1085.

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Corvisier Christian
Corvisier Christian

Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.

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