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Place forte de Toulon

Dossier IA83003208 réalisé en 2009

Fiche

 

Sommaire

Toulon, l'émergence d'une place-forte portuaire majeure du royaume, de 1514 à 1678

Jusqu'au cours du XVIe siècle, la ville de Toulon demeura étroitement close dans son enceinte médiévale de dimensions restreintes, jalonnée de tours et de tours-portes de plan carré, la croissance de la population entraînant le développement limité de faubourgs extra muros. La situation littorale et la configuration générale de la ville invitent à comparer le cas de Toulon à celui d’Antibes, petite ville épiscopale enfermée dans l’enceinte obsolète d’un castrum du Bas-Empire : dans les deux cas, les préoccupations d’auto-défense et la prospérité de la ville n’étaient pas suffisantes pour justifier, de la part des échevins, un effort coûteux d’agrandissement et de reconstruction de l’enceinte. Mais Toulon comme Antibes était voué à devenir des places-fortes portuaires de l’État moderne dès le siècle de la renaissance, du fait des avantages stratégiques que son port pouvait offrir à la flotte royale. C’est donc d’abord le port et la rade de Toulon que la puissance publique royale, avec le concours du corps de ville, entreprit de mettre en sûreté, par un ouvrage de défense garantissant l’entrée ; et ce n’est que dans un second temps, au terme de plusieurs tentatives avortées, que les représentants du roi de France parvinrent à convaincre les échevins de financer en partie de nouvelles fortifications urbaines.

La Grosse Tour, unicum du temps de François Ier, et les projets inaboutis d'enceinte de ville "à la moderne".

La première étape de la mise en défense du port de Toulon est concrétisée par la construction de la Grosse Tour ou tour Royale sur un cap contrôlant du côté est la passe d’entrée de la petite rade. Ce vaste « torrione » circulaire est un puissant ouvrage d'artillerie conçu par l' ingénieur italien Giovanni Antonio della Porta peu avant l’invention du système bastionné, commencé sous Louis XII en 1514 et achevé sous François Ier en 1524. C'est un ouvrage unique en son genre sur le territoire français, notamment par la géométrie interne de son plan, le plus ancien ouvrage de fortification moderne et royale de Toulon, et plus généralement de Provence. Il est à cet égard antérieur au Château d'If, bâti sur ordre de François Ier en 1529-1530 pour défendre l'entrée de la rade de Marseille, et de conception plus traditionnelle.

Toulon. Vue de la tour royale depuis la mer.Toulon. Vue de la tour royale depuis la mer.

En octobre 1531, Renzo da Ceri, dit seignor de Ransé, capitaine milanais qui avait participé à la défense de Marseille assiégée par les troupes de Charles de Bourbon, fut missionné à Toulon au nom du roi de France pour étudier la possibilité d’une extension et d’une modernisation de l’enceinte de la ville, ce que le conseil de ville rejeta en raison des destructions de faubourgs qu’un tel projet aurait entraîné. Les délibérations municipales de novembre 1531 renseignent sur un projet alternatif proposé par le même commissaire royal, projet tout aussi inacceptable pour les toulonnais, qui consistait à créer une ville neuve fortifiée sur la presqu’île du Mourillon, dont la Grosse Tour aurait été le réduit, avec obligation aux habitants de participer au lotissement, en acceptant d’abandonner leur maison dans la ville de Toulon en cas de péril pour s’installer dans la nouvelle place forte.

Le premier projet de reconstruction "à la moderne" de l'enceinte médiévale de Toulon, c'est à dire avec des fronts bastionnés, remonte à 1552. Il avait été conçu à la demande de Claude de Savoie, comte de Tende-Sommerive, gouverneur de Provence, par Jean de Saint-Rémy, commissaire de l'artillerie et ingénieur militaire français pionnier du bastion, auteur de la fortification royale de Saint-Paul-de-Vence.

La première enceinte bastionnée de la ville et du port, 1589-1637

Ajourné faute d'approbation du corps de ville, qui recula devant la dépense, le projet de principe de 1552 ne fut relancé qu'en 1580, par le nouveau gouverneur de Provence Henri d'Angoulême, fils naturel du roi Henri II, qui sollicita à nouveau les consuls de Toulon. Après quatre ans d'ajournement, le conseil de ville, désormais disposé à financer les travaux en l'échange de privilèges fiscaux, fit appel à l'ingénieur militaire piémontais Ercole Negro, au service du roi de France, qui élabora un nouveau plan avec front de terre à six bastions. Ce projet est réalisé entre 1589 et 1595, revu à la baisse (revêtements maçonnés moins hauts, cinq bastions seulement). Les bastions sont à orillons et flancs actifs casematés, et l'enceinte comporte deux portes de ville (Saint-Lazare à l'est, Notre Dame à l'ouest). Considérablement agrandie (passant d’un peu plus de trois hectares à un peu plus de treize, intra-muros), la ville n'était close que côté terre. Le front de mer, renfermant la darse et participant à la défense de la petite rade, n’étant pas traité. Le dessin en fut défini et réalisé seulement à partir de 1604 par Raymond de Bonnefons, ingénieur du roi pour la Provence, auteur de l'enceinte d'Antibes, qui comportait le même type de front bastionné, et continué par son fils et successeur Jean de Bonnefons. La construction des môles fortifiés au tracé tenaillé symétrique fermant le port, relancée en 1625, ne fut achevée qu'en 1637, avec deux plates-formes d'artillerie encadrant la passe et sa chaîne. Dans l'intervalle, le port avait été affecté aux galères royales par ordre d'Henri IV, la vocation d' arsenal pour la marine de guerre, dans la partie nord-ouest de la darse émergeant sous Louis XIII à l'initiative du cardinal ministre Richelieu.

Deux nouvelles tours-batterie pour la défense de la rade , 1634-1678

Parallèlement, une tournée d’inspection des ports et places fortes des côtes de Provence faite en 1632 et 1633 par Henri de Séguiran, premier président de la cour des comptes de Provence, sur ordre de Richelieu, donne lieu à un rapport proposant l'amélioration de la défense de l'approche maritime de la rade de Toulon, jusqu’alors assurée seulement par la Grosse Tour royale. La proposition adoptée, mise en œuvre de1634 à 1636, fut de bâtir une « petite tour », sur la pointe de Balaguier, en pendant de la Grosse Tour du côté opposé de la passe, le principe des tirs d'artillerie croisés équilibrant la défense de l’entrée de la petite rade contre les navires susceptibles de forcer la passe. D'autre tours-réduit du même type furent bâties à la suite par ordre de Richelieu en divers points des côtes provençales, entre Toulon et Antibes, notamment dans les Iles d'Hyères, mais celle de Balaguier est la première bâtie du dispositif.

Le projet d'une troisième tour destinée à croiser les feux de la Grosse Tour et de la tour Balaguier et pour renforcer l'entrée de la petite rade de Toulon est lancé en 1651 dans un rapport d'inspection du futur architecte Francois Blondel , ingénieur ordinaire de la marine au début de sa carrière. En 1672 François Gombert, ingénieur toulonnais en charge des travaux d’aménagement de l’arsenal maritime de Toulon, concevait une batterie au bout de la pointe de l’Aiguillette, dont la construction fut confiée en 1674 à l'entrepreneur toulonnais Gaspard Chaussegros, sous la forme d'une tour achevée après 1678. Cette tour fut complétée à la suite d'une batterie basse, formée de deux ailes symétriques en chevron. Parallèlement, Gombert fit renforcer les défenses de la Grosse Tour et de la tour Balaguier par des ailes de batterie basse plus réduites, dont la conception fut sévèrement critiquée par Vauban en 1679 et 1701.

La Seyne-sur-Mer. Batterie dite fort Balaguier.La Seyne-sur-Mer. Batterie dite fort Balaguier. La Seyne-sur-Mer. Fort de l'Aiguillette vu depuis le sémaphore de la Croix des Signaux.La Seyne-sur-Mer. Fort de l'Aiguillette vu depuis le sémaphore de la Croix des Signaux.

L'apport de Vauban à Toulon 1679-1707

Projets et réalisations pour l'enceinte du corps de place et l'arsenal

Entre 1667 et 1678, plusieurs projets furent étudiés à la demande de Colbert pour l'agrandissement de l'Arsenal situé à l'ouest de la Darse, et pour l'extension de l'enceinte. Pierre Puget, architecte, Nicolas de Clerville, alors commissaire général aux fortifications, Arnoul père et fils, intendants des fortifications de Provence, François d'Aspremont, ingénieur, voient successivement leurs propositions rejetées ou ajournées par Colbert, qui finit par dépêcher Vauban en 1679 et lui confier l'ensemble du projet. Son premier mémoire général « sur les réparations plus nécessaires des fortifications de Toulon, forts et batteries d’alentour de la rade et dessein d’un arcenal de marine », rédigé l'année même, est complété de plans de l'enceinte agrandie projetée, puis de ceux du nouvel arsenal en 1681et 1682.

C’est ce dernier projet, proposant l’agrandissement vers l’ouest de l’arsenal et, dans une moindre mesure, de la ville, qui est choisi. Le nouvel arsenal est associé à une nouvelle darse, principe avancé dès 1679 : la darse neuve contiguë à l’ancienne, et enclose par des fronts maritimes bastionnés, raccordés au front sud tenaillé des Bonnefons. L’arsenal est tracé de façon orthogonale et symétrique ; il est centré sur le chantier de construction navale. La corderie constitue l'élément majeur et structurant de l’arsenal de Vauban.

Toulon. Bastion de la darse. Bassin de radoub de 1778 dit bassin Groignard.Toulon. Bastion de la darse. Bassin de radoub de 1778 dit bassin Groignard. Toulon. La corderie de l'arsenal.Toulon. La corderie de l'arsenal.

La construction de l'extension ouest de l'enceinte fut lancée dès 1680 sous la direction de l'ingénieur territorial Antoine Niquet, futur directeur des fortifications de Provence, destinée surtout à enclore la nouvelle darse et le nouvel arsenal, extension comportant trois bastions à orillons et flancs retirés concaves et une porte, dite Royale, remplaçant la porte Notre-Dame. Les travaux de l'enceinte de terre furent confiés aux l'entrepreneurs Boussonnel de 1680 à 1684, puis Boyer à partir de 1685. L'ensemble des môles formant enceinte était conçu pour accueillir une série continue de magasins de désarmement adossée au revêtement. En 1693 et 1701, Vauban préconisa la création de dehors, demi-lunes et tenailles, qui, excepté la demi-lune de la porte Royale, construite en 1686, faisaient défaut pour les fronts de terre. Fossé et chemin couvert étaient à peu près achevés en 1707, mais sans les dehors proposés.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le parcellaire urbain de Toulon, « plein comme un œuf » pour citer l’expression de Vauban, ne laissait aucune place intra-muros, hors de l’arsenal de la Marine, pour de véritables bâtiments militaires non incorporés aux ouvrages de l’enceinte; ces derniers se limitaient à comme la fonderie de la Marine, dans le bastion 9, le parc d’artillerie dans le bastion 8, le magasin à poudres, dans le bastion 6, tous remontant au plus tôt à l’époque de Vauban.

Une nouvelle tour-batterie, le "Fort Saint-Louis"

Toulon. Fort Saint-Louis.Toulon. Fort Saint-Louis. Dans le cadre de son projet général de 1692, qui concernait exclusivement la défense de la rade, Vauban proposa une « tour et batterie » à la mer sur le port des Vignettes, point vulnérable au nord de la petite rade. Revu et estimé par Niquet, l’ouvrage fut bâti par l’entrepreneur César Aiguillon entre 1692 et 1697, le suivi du chantier étant assuré par l’ingénieur Cauchy de Chaumont. Ses dispositions, batterie en arc de cercle avec front de gorge rentrant en tenaille emboîtant au centre une tour-réduit à deux étages de plan « en amande », répondent à la recherche d’un modèle-type de batterie à tour côtière que Vauban voulait définir, fruit de sa collaboration avec les ingénieurs territoriaux. Peu d'exemplaires de ces batteries à tour furent réalisés, la « Tour Dorée » de Camaret en Bretagne, dessinée en 1689, achevée avant 1695, le fort d'Ambleteuse dans le Nord, bâti entre 1685 et 1690, et le Fort Chapus, en Aunis, barrant le pertuis d’Oléron, contemporaine du fort des Vignettes ou "fort saint-Louis" de Toulon. Le modèle-type recherché de batterie à tour peut être vu comme le perfectionnement, dans un ouvrage de conception homogène adapté à une implantation en mer, des tours antérieures de type Balaguier ou l'Aiguillette, adaptées après coup par l'adjonction d'ailes de batterie.

Un chapelet de batteries de côte non pérennes

L'idée d'une mise en défense planifiée de la presqu'île de Saint-Mandrier (alias de Cépet) et des côtes aux abords de la rade à l'est de Toulon n'émerge dans les projets de Vauban qu'en 1695, liée à la menace d'une croisière anglaise en Méditerranée. La stratégie de Vauban consistait en effet, non seulement de placer une série de batteries de côte sur les points jugés stratégiques, mais aussi de barrer les points de débarquement potentiels, soit les plages situées dans des parties basses et rentrantes de la côte, par des retranchements en terre et pierre sèche pouvant servir de chemin couvert aux défenseurs. Une carte des rades de Toulon sur laquelle on a marqué les batteries des environs pour empescher le bombardement exprime ce projet de Vauban, affiné l'année même par son collaborateur et relai local Antoine Niquet directeur des fortifications de Provence, auteur d'une carte plus détaillée, associée à un mémoire sur l'état des batteries à faire et à réparer sur la côte des rades de Toulon.

En 1695-1696, la mise en œuvre des ouvrages projetés comporte, au sud de Saint-Mandrier, un retranchement en pierre sèche sur plage de la Coudoulière, un autre barrant la plage sud de l'isthme des Sablettes, complété de trois petites batteries sommaires sur le cap Saint-Elme. La construction de douze batteries ouvertes est confiée à l'entrepreneur toulonnais Aguillon, dont sept sur les côtes de Saint-Mandrier, deux à l'extérieur ouest de la presqu'île, à Fabrégas (dite alors La Verne) et au Bau Rouge (dite alors Faubregas). Les autres batteries de côte hors presqu'île , réparties à l'Est des rades jusqu'à la Grosse Tour, comptent notamment celle du Cap Brun, la plus distante, croisant ses feux à l'entrée de la grande rade avec les batteries de la pointe du Puits et à celle de Mord'huy à l'est de la presqu'île. Dans le secteur ouest, au-delà de Fabrégas, la question de l'utilité de la défense de la rade du Brusc était considérée par Vauban comme indépendante de celle de la rade de Toulon, et confiée au maréchal de Tourville, lieutenant-général des armées navales, chargé du commandement des côtes de Marseille à Toulon devant la menace de croisière anglaise de l’amiral Russel. Touville arrêta la construction de trois batteries ouvertes, armées en temps de guerre, au cap de La Cride, au cap Nègre et sur l’île des Embiez, dont la construction fut assurée sous la responsabilité des consuls de Sanary et de Six-Fours .En 1726, Niquet fera compléter ce dispositif de la rade du Brusc par deux batteries supplémentaires à Portissol et au Rayollet.

En 1701, dans sa deuxième et dernière « addition » à son projet concernant Toulon et la défense de la rade, Vauban avait proposé de substituer à certaines des batteries ouvertes de 1695-1696, simples épaulements, des batteries fermées plus élaborées, notamment au cap Brun et aux pointes des Frérets et du Puits dans la presqu'île de Saint-Mandrier. Ces projets ne furent pas réalisés.

Le XVIIIe siècle, après Vauban

Les premiers ouvrages extérieurs de défense terrestre, redoutes ou forts

L’intérêt d’occuper par des ouvrages de défense permanents les hauteurs dominant immédiatement Toulon au nord et au nord-est, dont le Mont Faron, n’avait pas été perçu par Vauban, qui s’était davantage intéressé aux ouvrages côtiers. Lors du siège de Toulon de juillet 1707 par la coalition formée par l’Empire, l’Angleterre, la Hollande et la Savoie, le maréchal de Tessé, commandant en chef de l’armée française des Alpes chargé de contrer les entreprises militaires terrestres du duc et prince Eugène de Savoie, constatait le déséquilibre défensif en résultant, et écrivait au roi que Toulon "n’était pas une place, mais un jardin", où l’on n’avait jamais songé aux fortifications du côté de la terre, tandis que tout ce qui regardait la mer était en bon état. La stratégie d'investissement mise en œuvre par les troupes savoyardes, fortes de 40.000 hommes, notamment par l'occupation de positions hautes (La Valette, Artigues, Sainte-Catherine) au nord du corps de place de Toulon et de son retranchement avancé dit camp de Sainte-Anne, démontra notamment l’utilité d’ouvrages défensifs contrôlant le passage à l’ouest du Mont-Faron, par la vallée du Las dite gorge de Dardennes. Après la levée du siège, seule la hauteur d’Artigues fut occupée, dès 1708, par une redoute pérenne, conçue par Antoine Niquet. Ce dernier lança simultanément la construction d'un véritable fort bastionné quadrangulaire sur la hauteur de Lamalgue, plus proche de la mer, qui venait d’être occupé avantageusement par l’ennemi. Ce fort, qui devait être relié à l’enceinte de la ville par une communication retranchée ne fut alors qu'amorcé, compte tenu du coût élevé de sa mise en place.

Rien d'autre ne fut entrepris avant que la menace d’une nouvelle offensive de l’armée austro-savoyarde contre Toulon, en 1746, dans le cadre de la guerre de succession d’Autriche, ne suscite un effort de fortification préventive, organisé par le maréchal Charles-Louis Fouquet de Belle-Isle. Ce dernier fit élever des retranchements et des redoutes en pierres sèches entre les pentes ouest du Faron et les hauteurs proches du Bau de Quatre Aures, dont celle dite des Pomets. A la suite, le nouveau directeur des fortifications de Toulon, Honoré d’Antibes de Bertaud, proposa d’édifier un petit fort pérenne, en remplacement de la redoute provisoire des Pomets, ce qui fut réalisé de la fin 1748 à 1752. Il s'agit d'un ouvrage d'ampleur assez modeste de type redoute dont l'enceinte de plan trapézoïdal combine tracé bastionné et tracé tenaillé. Des redoutes en pierre sèches avait également été élevées sur ordre de Belle-Isle sur la hauteur de Sainte-Catherine, proche du fort d'Artigues, et sur l'emplacement du fort commencé à Lamalgue.

Le projet général pour la défense de Toulon établi en 1763-1766 par Nicolas Milet de Monville, directeur des fortifications de Provence, incluait un programme de fortification du Mont Faron. Une première redoute casematée pentagonale sans bastions, futur Fort Faron, complétée d’une lunette devant son front de tête, fut conçue par l'ingénieur Louis d’Aguillon en 1766, et partiellement réalisée. La lunette achevée reçut de l’artillerie mais la redoute ne fut élevée que sur 3m. Cet ensemble, avec la caserne retranchée qui, achevée, lui servait d’annexe provisoire, est pourtant le plus abouti des ouvrages projetés sur le Mont Faron à cette génération. L'autre projet de redoute pour 500 hommes proposée au Grand Saint Antoine en 1764, soit un petit ouvrage pentagonal faisant pendant au fort Faron à l’Ouest de la montagne, prend forme en 1768 mais reste aussi inachevé. Des retranchements en pierres sèches sont simultanément réalisé au Pas de Leydet et à La Croix-Faron.

En 1764, Milet de Monville, conseillé par Pierre-Joseph (de) Bourcet, directeur des fortifications du Dauphiné, reprit la construction du Fort Lamalgue, et projeta celle de la redoute Saint-Catherine. Le premier, ouvrage bastionné de plan rectangulaire allongé avec caserne-cavalier et dehors (demi-lunes dont une double, contregarde, lunette), le plus important des forts extérieurs de la place-forte, était presque achevée en 1771; les travaux de la seconde furent dirigés par d'Aguillon entre 1766 et 1773, sans atteindre la perfection. En 1770, une redoute en pierre sèche fut commencée à l'opposé, l'ouest de la ville, sur la hauteur de Malbousquet, deux à trois fois plus éloignée de l'enceinte du corps de place que Lamalgue et Sainte-Catherine.

Toulon. Fort Lamalgue. Façade sur place d'armes de l'ancien pavillon d'entrée.Toulon. Fort Lamalgue. Façade sur place d'armes de l'ancien pavillon d'entrée. Toulon. Caserne du Faron.Toulon. Caserne du Faron. Toulon. Fort des Pomets.Toulon. Fort des Pomets.

L'amélioration de l'enceinte du corps de place, ville et port.

Dès 1759, Milet de Monville avait lancé une nouvelle campagne de reconstruction des fronts de terre du XVIe siècle de l'enceinte de ville de Toulon, par chemisage des bastions existants, pour augmenter leur surface, avec galeries casematées intermédiaires entre ancien et nouveau revêtement ; les bastions ainsi agrandis reprenaient le modèle Vauban à orillons et flancs concaves. Cette refonte de l'enceinte, amorcée en 1762, se prolongea après la mort de Milet en 1773, sous l'autorité de son successeur à la direction des fortifications de Toulon et de Basse Provence, Charles-François-Marie d’Aumale, et dura jusqu'en 1791; la fin du chantier vit la reconstruction à neuf de l'ancienne porte Saint-Lazare, recentrée et renommée porte d'Italie, sur un projet d'Aumale de 1776.

Les batteries de côte, projets de renforcement inaboutis

En avril 1743, alors que la guerre de succession d’Autriche fait peser de nouvelles menaces sur le secteur de Toulon, l'inspection des ouvrages de la rade de Toulon faite par Milet de Monville, précise que les plages de la Verne et de Fabrégas sont couvertes par une redoute pour 500 hommes établie sur le plateau de la Verne, cette redoute étant associée à la batterie de la Verne (future batterie de Fabregas).

Toujours s'agissant des batteries de côte le Mémoire pour servir au projet général de 1764 de Milet de Monville, mentionne, dans ses observations générales, ses intentions de principe pour l'amélioration des défenses des batteries, non intégrées au projet. Au nombre de celles-ci, on note : " retrancher solidement par la gorge les batteries de Faubregas (Bau Rouge), de la Verne (Fabrégas),  soutenir par des redoutes sur les hauteurs dominantes les batteries du Puits, de Mord'huy, de St Mandrier et de la Coudoulière". De même, le mémoire évoque accessoirement l'importance des batteries de la rade du Brusc pour la défense des approches de la rade de Toulon, et la nécessité de les renforcer : "...il est de nécessité indispensable d'établir sur l'isle des Embiez des batteries de gros calibre et de mortier, bien fortifiées, pour interdire le mouillage et l'usage de la rade du Brusq (...) en établissant des batteries sur l'isle des Embiez (ou avait existé une batterie sommaire de 1695), il faut fortifier celles de Portissol et du Rayolet qui déffendent la même rade et l’anse ou plage de Bandol".

Dans son Mémoire sur Toulon de 1768, d'Aguillon dénombrait sept batteries armées en temps de guerre pour augmenter les défenses que procurent à la rade les forts et batteries fermés armés en permanence. La première mentionnée de ces batteries désarmées en temps de paix est celle du Cap Brun. Les autres batteries sont celles de la Croupe Lamalgue (surplombant la Grosse Tour) et de Fabrégas, et, sur la presqu’île de Saint-Mandrier, celles de Saint-Mandrier, de Saint Elme, de Mord’huy, du Puits. Aguillon développe un argumentaire sur la nécessité de stabiliser de manière plus formelle l’état de ces batteries, en les transformant en batteries fermées à enceinte maçonnée, ce qui ne sera réalisé que pour la batterie de Saint-Mandrier. Il proposait aussi sur la côte est de la grande rade, d'occuper de façon pérenne, en l'adaptant à une batterie de côte, le château de Sainte-Marguerite, moins éloigné que le Cap Brun, mais son statut de bien privé empêcha de donner suite à ce projet.

Ces batteries de côte ouvertes et sans armement permanent ne sont pas mentionnées en 1775 dans l'atlas militaire de Toulon de Charles-Marie d’Aumale, qui ne décrit que des ouvrages existants permanents ou fonctionnels, ou objets de projets. C'est le cas de la batterie basse de Lamalgue, complétant le fort en bord de côte et liée à lui par une communication directe, commencée en 1769 et en attente d'achèvement jusqu'en 1783. C'est le cas aussi de la batterie amorcée sur la hauteur de Malbousquet, pour laquelle d'Aumale proposait la transformation en un fort d'une certaine étendue, projet relancé en 1791.

La Révolution et l'Empire

Projets autour de la prise de Toulon de 1793, les batteries de côte.

Durant la période révolutionnaire, en 1793, les compagnies anglo-espagnole débarquées dans la rade de Toulon grossies de troupes napolitaines et piémontaises prirent position dans la plupart des ouvrages de défense de la rade, et établirent des ouvrages de campagne sur les hauteurs de Malbousquet et du Caire. Ce dernier, dite redoute Mulgrave, surplombant au point le plus haut les forts Balaguier et de l’Aiguillette, était capable de battre la grande et la petite rade de 20 pièces d’artillerie de marine prises dans les vaisseaux français désarmés, et pouvait abriter 800 hommes. Prise le 17 décembre par les troupes républicaines du général de brigade Dugommier, secondé par le capitaine d’artillerie Napoléon Bonaparte et le chef de bataillon du génie Armand-Samuel de Marescot, la redoute Mulgrave fut aussitôt remaniée pour en inverser les défenses. Dès janvier 1794, la place et le port de Toulon étant repris aux anglais, était formulé le projet de remplacer cet ouvrage de campagne par un fort pérenne, ayant pour effet de neutraliser les possibilités qu’avait un ennemi à prendre position dans ce secteur pour bombarder l’arsenal.

Parallèlement, Marescot, dans une inspection du front de mer, dressait la liste des batteries existant (en état d'être armées) et nommées dans la presqu’île de Cépet (Saint Mandrier), soit "la vieille batterie (batterie de la Vieille), la Carraque (nom alors donné à la batterie de Saint-Mandrier), les Frères (qui prendra le nom de la Carraque, définitivement après fusion avec celle de Saint-Mandrier en 1812), le Puy, le Morduy, la Coudoulière (...) et la batterie du cap St Elme "précisant qu'elles "ne sont autre chose que des plate-formes, presque toutes en briques, bordées d'un petit parapet de quelques pouces seulement de hauteur (...)qu'il serait à propos de les enceindre de murs crénellés ainsi qu'il a été pratiqué à la batterie de la Carraque" . A la suite, une commission de quatre experts examina l'état de situation des batteries de l’entrée et de l’intérieur de la rade du Port de la montagne (nouveau nom de Toulon à partir de la Convention), pour augmenter la défense de ce port par des ouvrages extérieurs. Le mémoire préconisait le renforcement des fortifications de la presqu'île de Cépet en occupant par des ouvrages pérennes les hauteurs de La Croix des Signaux, du Lazaret et des Sablettes (SaintElme), avec un fort carré en ce dernier point.

Ces projets restèrent sans suite, mais en revanche, une nouvelle batterie fut établie entre 1794 et 1796 au cap Marégau, emplacement préconisé par Milet de Monville dès 1759.

Une liste antérieure des batteries de côte établie en 1791 par la direction des places des départements du Var et des Bouches du Rhône mentionnait dans le secteur de la rade du Brusc deux batteries ouvertes non encore en place en 1764, dites de la Lauve et du Cros. Deux autres devaient être construites plus à l'est, sur le cap Sicié après 1794, en application du programme défini au lendemain du siège de Toulon par le général Bonaparte pour la réorganisation de la défense des côtes de Provence, et la constitution d'un armement régulier mieux entendu : il s'agit de la batterie du Cap Vieux et de celle du Jonquet, qui furent définitivement abandonnées dès les années 1820.

Du côté Est de la grande rade, un état des batteries de côtes distantes ou extérieures à la place forte, daté du 21 mars 1794, proposait l’établissement d’une batterie pour quatre canons de 36 et pour un mortier à grande portée à la pointe de Carqueiranne, permettant d' interdire aux frégates ennemies de venir jusqu’à l’entrée du goulet et y observer ce qui se passe en grande rade ».Cette batterie de Carqueiranne, la plus éloignée de Toulon vers l'est, fut construite en 1795-1796.

Le fort Napoléon, la tour de la Croix des Signaux et le début des ouvrages-type normatifs sous l'Empire.

Le projet du fort de la hauteur de Caire fut relancé en septembre 1809 par Jean François Sorbier, directeur des fortifications de la place de Toulon, à la demande de l'Empereur Napoléon Ier. Sorbier considéra l’hypothèse d’occuper deux autres points voisins moins élevés placés par une redoute, la priorité étant de bâtir le « Fort Napoléon », appellation arrêtée dès 1810. L'implantation état soit sur la hauteur de Balaguier (projet de Sorbier) soit sur celle du Caire, point culminant, choisie par l'Empereur, qui imposa aussi le principe d’un fort ou redoute de plan carré, fossoyé, entièrement casematé, à quatre bastions, de 50m de côté, portant batterie sur la totalité de l’ouvrage, permettant des tirs dans toutes les directions. Ce parti reprenait presque à l’identique, sur une moindre échelle, celui du « fort de la Sommité » (futur fort Liédot), sur l’île d’Aix, au large de Rochefort, également imposé par l’empereur au début de 1810. Dès le début de 1811, le comité des fortifications avait fait du modèle du fort de la Sommité le prototype d’une redoute-modèle pour 500 hommes, susceptible d’être reproduite soit comme ouvrage détaché, soit comme réduit d’une fortification plus importante. L’impossibilité de réaliser sur la hauteur de Caire, trop étroite, la même redoute-modèle (dont la capacité dépassait d’ailleurs les besoins déjà définis pour Toulon), porta le comité à en définir une variante plus petite, pour 250 hommes, la redoute modèle n° 2. La première et unique réalisation en fut le fort Napoléon, comme le fort Liédot resta le seul exemplaire de la redoute modèle n°1.

Cette même année 1811, Napoléon validait l'ensemble des propositions du comité des fortifications organisant à sa demande un projet général de mise en défense des côtes à l'échelle du territoire de l'Empire, jusqu'aux Pays-Bas au nord, et jusqu'à l'Italie et la Dalmatie au sud-est. Le programme définissait des modules architecturaux normalisés pour les batteries de côte, et en particulier, pour les réduits de batteries. Ces réduits, en forme de tour cubique voûtée à l'épreuve, inspirées de celles bâties en 1801, lors de la campagne d'Egypte, pour défendre la place conquise du Caire, constituent des “tours-modèles” incluant tous les locaux de service de la batterie. Cinq tailles de tours étaient prévues, les trois premières casematées : n°1 pour 60 hommes; n°2 pour 30 hommes; n°3 pour 18 hommes. Cent soixante de ces tours devaient être construites sur l'ensemble du littoral, dans un délai de dix ans, dont à peine plus d'une dizaine a été réalisée. Cinquante quatre étaient prévues sur les côtes de la Méditerranée.

Le plan de la presqu'île de Cépet pour 1811 montre que si les projets de 1794, dont un fort à Saint-Elme, n'y avaient pas été réalisés (seule une redoute/retranchement de pierre sèches y sera bâtie en 1813), l'implantation d'une "tour n° 3" était proposé à peu de distance à l'est entre la plage des Génois et la batterie de Maregau, et celle d'une "tour n° 2", au-dessus du Cap Cépet et de sa batterie.

Le programme annoncé dans le rapport de la séance du comité central des fortifications du 11 avril 1812 planifiait la construction de six tours modèles pour la place de Toulon, réparties entre les Embiez et Carqueiranne, dont une seule du type n°1, sur la hauteur de la Croix des Signaux, à l'appui de la batterie de la Carraque, quand à elle puissamment renforcée et doublée du fait de l'intégration de l'artillerie de l'ancienne batterie voisine de Saint-Mandrier, abandonnée. L'empereur en personne, par lettre adressé au duc de Feltre, ministre de la guerre, ordonne la construction à La Carraque d'une très grande batterie de 100 bouches à feu face au nord, battant les rades, protégé à l'arrière par la tour-modèle à construire. Le projet d'ensemble du "camp retranché" de la Croix des Signaux et de la Carraque fut élaboré par les colonels Dianous et Tournadre, respectivement directeur et sous-directeur des fortifications de Toulon. La tour-modèle n°1 construite en 1813 à la Croix des Signaux sera la seule réalisée en Provence, aucune autre du programme projeté, y compris celles des modèles n°2 et n°3 n'ayant été construite, ce qui, joint au cas du Fort Napoléon, souligne l'exemplarité de Toulon pour la réalisation des ouvrages-modèles de l'Empire.

S'agissant des autres batteries de côte, on note le renforcement en 1813, sous l'autorité du colonel Dianous, de celles de Fabrégas et du Bau Rouge, où il n'était plus question d'ajouter une tour-réduit, comme proposé jusqu'en 1812 aussi à la Cride et à Saint-Pierre des Embiez en rade du Brusc, mais de les renforcer en les retranchant à la gorge par un mur d'enceinte crénelé de tracé bastionné, ce qui fut réalisé, selon le principe mis en œuvre simultanément aux batteries de La Cride, du Cap Nègre ou à la batterie du Cap Brun. Cette dernière batterie et plusieurs autres non refermée à la gorge, notamment sur les côtes de Saint-Mandrier (Mord'huy, Le Puits), sont alors complétées de corps de garde pérennes et de magasins à poudres, lorsque ces équipements n'existaient pas déjà depuis la période révolutionnaire.

La Seyne-sur-Mer. Fort Napoléon.La Seyne-sur-Mer. Fort Napoléon. Saint-Mandrier-sur-Mer. Fort de la Croix des Signaux.Saint-Mandrier-sur-Mer. Fort de la Croix des Signaux.

Batteries de côte et forts de la décennie 1840

Remise aux normes des batteries de côte et diffusion des réduits normatifs de 1846

La plupart des batteries de côte de Toulon, dont celles de la presqu'île de Saint-Mandrier et de la rade du Brusc furent laissées sans changement pendant un quart de siècle, certaines abandonnées. La nouvelle commission de défense des côtes, en 1841, lançait un programme général de remise aux normes de ces batteries de côte, en plaçant au premier degré d'importance, dans la presqu'île de Saint-Mandrier, celles de Saint-Elme et de La Carraque, mais en formulant des préconisations générales pour toutes. Une seule fut vouée à l'abandon, celle de Marégau, remise par le Génie aux Domaines en 1857. L’armement devait être normalisé, constitué de canons de 30 livres et d’obusiers de 22 cm en nombre égal, complété par des mortiers de 32 cm, et non plus de pièces d’artillerie hétérogènes débarquées des vaisseaux, comme dans la situation antérieure.

La réalisation du programme fut confiée, après 1843, au colonel Picot, directeur des fortifications de Toulon, et au chef du génie Corrèze.

En 1845 était arrêté à l'échelle nationale la mise en place de modèles-type de réduits de batterie normatifs, mais cette typologie déclinée en deux catégories, tour (à deux niveaux voûtés) ou corps de garde crénelé (un niveau voûté), fut réformé en 1846, sans qu'aucun échantillon des modèles de 1845 n'ait eu le temps d'être construit sur l'ensemble du territoire national.

Saint-Mandrier-sur-Mer. Batterie de la Coudoulière.Saint-Mandrier-sur-Mer. Batterie de la Coudoulière. Saint-Mandrier-sur-Mer. Batterie de Mord'huy.Saint-Mandrier-sur-Mer. Batterie de Mord'huy.Le Pradet. Batterie de Carqueiranne.Le Pradet. Batterie de Carqueiranne.

La batterie de la Coudoulière fut la première de la place-forte de Toulon à être pourvue, en 1846 d'une tour crénelée du nouveau modèle type 1846 n°2 pour 40 hommes, capacité correspondant au service d'une batterie de huit pièces. A la batterie de Mord'huy, en revanche le corps de garde crénelé type 1846, n° 3, pour vingt hommes, soit adapté à une batterie de quatre pièces, ne fut construit qu'en 1849-1851, en remplacement d'un corps de garde antérieur adapté de celui réalisé sous l'Empire.

A la batterie de Fabrégas, le projet, en 1846, d’un corps de garde crénelé du n°2 de la nouvelle typologie, adapté à 40 hommes et, théoriquement, à une batterie de 8 pièces, est réalisé en 1849-1850 sou la forme d’un corps de garde n° 1, pour 30 hommes.

Les autres réduits type 1846 alors mis en place sont, pour les batteries de côtes situées à l'Est de la grande rade, en vis-à-vis de celles du front nord-est de Saint-Mandrier, celui de la batterie du Cap Brun, à savoir un corps de garde crénelé n°1 modifié pour 80 hommes, et celui de la batterie de Carqueiranne, la plus éloignée (entre grande rade de Toulon et rade de Giens), soit un corps de garde crénelé n° 3 pour 20 hommes. Du côté Ouest du littoral toulonnais, ce sont, dans le secteur de la rade du Brusc et de Bandol, ceux des batteries du Cap Nègre et de La Cride, chacune pourvue d'une tour crénelée n°2 pour 40 hommes, pour le service de 8 à 9 pièces. Pour la batterie insulaire de Saint-Pierre des Embiez, le corps de garde crénelé pour 50 hommes, compromis entre un n° 1 pour 60 hommes desservant 12 pièces, et un n° 2 pour 40 hommes et 8 pièces, est le dernier construit dans le secteur de Toulon, en 1863-1864, du fait de longues hésitations sur les projets depuis 1841 quand à l'établissement, à l'emplacement de la batterie Saint-Pierre ou sur celui du château, au point haut de l'île des Embiez, d'un fort bastionné qui ne fut jamais réalisé.

La commission de défense des côtes estimait que la défense de la grande batterie de la Carraque devait être renforcée par un véritable fort la surplombant sur la hauteur de la Croix des Signaux et non seulement par la tour-modèle bâtie en ce point en 1812-1814, ce qui induisait la réalisation d' une liaison des deux ouvrages par un mur de retranchement. Objet de plusieurs projets entre 1844 et 1848, le fort de la Croix des Signaux fut réalisé de 1849 à 1853 avec une enceinte polygonale peu étendue à bastionnets casematés et parapets d'artillerie, le tout enveloppant la tour-modèle préexistante. La batterie de La Carraque fut réorganisée pour 50 pièces, et pourvue, vers le haut du retranchement, en contrebas du fort. d'une petite tour réduit adoptant un des modèle-type de réduits de batteries fixés en 1846, soit une tour crénelée n°3, pour 20 hommes. Quand à la caserne édifiée à l'entrée de la batterie, elle est une adaptation du modèle-type de corps de garde n°1, adapté à 60 hommes, dont elle se distingue par l'absence de fossé et par l'adjonction d'un étage qui en double la capacité . Les travaux de construction s'étalèrent de 1846 à 1856.

Parallèlement à ce renouvellement normatif, l'ancien château de Sainte-Marguerite, à l'extrême est du littoral toulonnais, acquis par l'Etat dès 1817, fut aménagé en batterie de côte en 1846, fermée mais sans réduit défensif.

Autres forts de défense terrestre, renforcés ou créés à neuf

Le renouvellement des projets généraux d’amélioration des fortifications des fronts de terre de Toulon se fit jour de manière non systématique dès la décennie 1830. Cet effort se manifesta en tout premier lieu par l’amélioration du fort Sainte-Catherine, jugé très imparfait, entre 1831 et 1839, consistant à transformer l'ouvrage existant en fort à quatre bastions plus spacieux incorporant les dehors de la redoute antérieure.

A la suite, à partir de 1836, fut programmé l’achèvement des redoutes du XVIIIe siècle, plus ou moins avortées, du Mont Faron, qui deviendront le fort du Grand Saint-Antoine et le fort Faron. Ce dernier fit l’objet de projets détaillés à partir de 1839, comportant trois, puis quatre bastions, conçus par plusieurs capitaines sous la direction du chef du génie A. Louis. Le directeur des fortifications imposa le principe de mâchicoulis-arcades. En 1844 le fort était achevé et sa lunette retouchée. Au Grand Saint-Antoine, le nouveau fort bastionné en pentagone allongé dessiné en 1841 par le chef du génie réoccupa l’emplacement de l’ouvrage antérieur sans en reprendre le plan, et en détruisant ses infrastructures. Le gros des travaux fut exécuté entre 1843 et 1845, intégrant des retouches du nouveau chef du génie Dautheville.

Un crédit de 4,6 millions de francs alloué par l'Etat en 1841 pour le renforcement des fortifications terrestres de Toulon permit de soutenir l'effort engagé et de favoriser la création de nouveaux forts.

Le comité des fortifications avait approuvé un crédit d’un million de francs en décembre 1838 pour les acquisitions de terrains nécessaires à la mise en œuvre d’un fort sur la hauteur du Cap Brun, au-dessus de la batterie de côte existant depuis 1695. Le premier projet de ce fort du Cap Brun date de 1841 comme celui du Grand Saint-Antoine. Ce projet initial à cinq bastions avec cavalier d’artillerie et caserne, lent à être mis en œuvre du fait des difficultés du terrain, fut maintenu en 1843 par chef du génie Dautheville fit l'objet de quelques améliorations par le capitaine Adolphe Séré de Rivières en 1846, sous l’autorité du chef du génie Corrèze. Il ne fut réalisé pour l'essentiel qu'en 1848-1852.

Toulon. Fort Faron.Toulon. Fort Faron. Toulon. Fort du Grand-Saint-Antoine.Toulon. Fort du Grand-Saint-Antoine. Toulon. Fort du Cap Brun.Toulon. Fort du Cap Brun.

Comme dans le cas de La Croix des Signaux, le projet du fort du cap Brun avait été favorisé par sa contiguïté avec une batterie de côte, ces dernières faisant aussi l'objet d'un effort particulier de remise aux normes depuis 1841. C'est aussi le cas pour le fort de Saint-Elme, dans la presqu'ile de Saint-Mandrier, préconisé par le comité de défense des côtes dès 1838, dont le plan de projet fut également confié dès 1845 par le chef du génie au capitaine Séré de Rivières. Bâtie sur un ancien camp retranché de 1813, cette grande redoute pentagonale flanquée aux angles de petites tours bastionnées, avec parapet d'artillerie continu en terre sur les quatre côtés, est assez spacieuse et élaborée pour mériter le qualificatif de fort. Les ouvrages de défense terrestres du Mont Faron réalisés dans cette même décennie 1840 ne se limitaient pas à deux forts, mais comportaient des bâtiments casematés défensif d'appoint capable d'héberger des soldats, soit en forme de tour, soit en forme de caserne ou corps de garde défensifs, crénelés. Dans les deux cas, les modèles architecturaux choisis différaient de ceux des modèles-types hérités de l'Empire autant que de ceux définis en 1845 et 1846 pour les réduits de batterie de côte. La première tour ainsi conçue et réalisée sur le point haut de la Croix-Faron, occupant un retranchement existant, adopte une forme originale de plan en « fer à cheval » offrant un front de gorge rentrant encadré de deux demi bastions, définie en février 1840 par le chef du génie A. Louis, la construction s'échelonnant jusqu'en 1844. Ce modèle, comportant des mâchicoulis-arcade dans la partie circulaire fut repris pour d'autres projets de tours sur le Mont Faron, le seul réalisé étant la tour Beaumont, bâtie entre 1843 et 1845.

La tour de l'Hubac, comparable mais de plan complètement circulaire plus réduit, fut bâtie en 1845 après plusieurs projets divergents. Une tour semblable avait été proposée en 1842 au Pas de la Masque, mais ce projet fut remplacé en 1844 par celui d'une caserne défensive à étage, fossé et échauguettes, dessinée par le capitaine Séré de Rivières, dont ce fut la première réalisation de début de fonction à Toulon.

Saint-Mandrier-sur-Mer. Fort Saint-Elme.Saint-Mandrier-sur-Mer. Fort Saint-Elme. Toulon. Batterie dite tour de l'Hubac.Toulon. Batterie dite tour de l'Hubac.

Evolution du corps de place, enceintes de la ville, du port et de l'Arsenal

Sous l'Empire, il n'était plus question de travaux de perfectionnement de l’enceinte du corps de place des XVIe et XVIIe siècle, dont le chemin couvert sud-ouest restait inabouti. Les projets ambitieux d’extension urbaine à l’est du port ou à l’est/sud-est de la ville étaient ajournés. Dans son rapport général de 1807, Marescot, alors chef du génie de Toulon jugeait cette enceinte indéfendable parce que trop dominé par les hauteurs proches, dont le Mont-Faron, et concluait qu'il "eût mieux valu ne fermer Toulon que par un simple mur crénelé, utile pour la police de la ville et du port, et employer l’argent dépensé pour ses remparts à bâtir des forts détachés au loin". Les efforts de défense furent donc, comme on l'a vu, exclusivement consacrés aux batteries de côte et aux forts défendant la rade, jusque vers 1840. Seule exception : les retouches apportées vers 1820 à la Porte d'Italie et à sa courtine bâties à neuf en 1791, consistant à y adosser côté ville une série de dix casemates et deux pavillons.

Il faut attendre 1839 pour voir revenir de nouveaux projets d’amélioration du front bastionné nord du corps de place et de son fossé jamais vraiment achevé. Alors furent programmés, sous l’autorité du colonel A. Louis, chef du génie, l’achèvement du revêtement maçonné de la contrescarpe, la finition du chemin couvert, et la mise en place de tenailles devant les courtines depuis le bastion nord-est 7 jusqu’à la demi-lune de la porte de France (ex porte royale).

Le projet général de 1841 comportait de nouvelles constructions logeables au revers de la porte de France (pavillon, casemates) et l’amélioration du fort Malbousquet, proche autour d’une lunette pérenne édifiée en 1814 sur l'ancienne redoute. En cours de construction et augmenté en 1844, ce projet du fort Malbousquet avait été proposée initialement pour 1841 en lien avec la construction du couronné de Castigneau, ouvrage de fortification en terre à quatre bastions et deux demi-bastions avec fossé inondé, raccordée à l’enceinte de ville sur la gauche de la porte de France, qui se rapprochait du site de Malbousquet. Ce couronné était destiné à retrancher vers l’ouest une aire importante située immédiatement hors l’enceinte de la darse neuve (ou darse Vauban) dans la plaine littorale de Castigneau, destinée à accueillir une extension de l’arsenal avec une nouvelle darse.

Les agrandissements et reconstructions des enceintes de 1849 à 1870

A la demande du conseil municipal de Toulon et du conseil général du Var le comité du génie valida en 1844 une proposition d'extension du périmètre clos de la ville au nord, partant de l'extension ouest de Castigneau, dont les travaux avaient commencé. Ce changement de programme fit l'objet d'un projet combinant les deux extensions en une seule enceinte, dû à Edouard Picot, directeur des fortifications de Toulon, datée du 9 février 1845. Ambitieux mais réaliste, il substituait l’extension nord de la ville à l'idée antérieure (remontant à 1774) d’amélioration de l’enceinte de l’ancien retranchement Sainte-Anne. L'extension urbaine nord conçue en 1845 occupant une surface à exproprier par achat de 39 hectares 85 ares était incluse dans de nouveaux fronts bastionnés prolongeant sans discontinuité au nord-est ceux du « couronné de Castigneau ». L’ensemble cumulé constituait une nouvelle et vaste enceinte, jalonnée de onze bastions neufs (cotés A à M) et de deux demi-lunes, qui enveloppait à distance variable l’ensemble des anciens fronts bastionnés ouest et nord des XVIe et XVIIe siècles, dehors compris, jusqu’au bastion 7 (nord-est) point de raccordement. Ce projet condamnait à la démolition cette partie de l'ancienne enceinte, de la courtine 7-8 à la courtine 11-12, soit quatre bastions, quatre courtines, la porte de France et sa demi-lune (ce qui rendait caduc le projet de 1841 sur cette porte), les fossés et chemin couvert correspondant, libérant 16 hectares dans la nouvelle emprise intra-muros pour le nouveau parcellaire urbain directement en contact avec l’ancien. La partie ouest et sud-ouest de l'ancienne enceinte, incluse dans l'aire de l'arsenal, était maintenue en place pour séparer la "darse Vauban" qu'elle enveloppait, de la nouvelle darse de Castigneau. Le nouveau programme comportait la construction sur l’enceinte neuve, en limite de la ville et de l’aire close de la nouvelle darse de Castigneau, d’une porte remplaçant la porte de France en avant au nord-ouest et en reprenant le nom. A l’extrémité est de la nouvelle enceinte une autre porte de ville, secondaire (future porte Notre-Dame), était projetée a proximité de la porte d’Italie. La clôture de séparation entre l'aire de la darse Castigneau, extension de l'arsenal, et la ville agrandie, faisait partie du programme, au sud-ouest de l'axe viaire de la porte de France (nouvelle à bâtir et ancienne à détruire). Ce vaste projet fut réalisé pour l'essentiel entre 1849 et 1861, en commençant par les fronts bastionnés de Castigneau, avec quelques adaptations. Parmi celles-ci, on note le remploi, à l'angle nord de l'enceinte neuve d'une lunette construite sous l'Empire transformée en bastion atypique (coté K) incluant une caserne casematée formant cavalier, et en 1858-1861, la création d'une porte de ville supplémentaire à l'ouest dite Porte Impériale, pour s'adapter au tracé viaire du plan d'urbanisme. La construction de l'enceinte dut s’adapter en cours de chantier, en 1857-1858, à la mise en place de la section Marseille-Toulon de la voie de chemin de fer de Marseille à Nice, traversant en deux points les fronts bastionnés.

Dès 1855, le conseil d’amirauté envisageait de porter les limites de l’arsenal au-delà de celles de Castigneau, la généralisation de la marine à vapeur laissant présager l’insuffisance des darses et équipements existants. De plus, le nombre limité des casernes et leur dissémination en ville compliquaient le transit des troupes. La marine demanda donc une nouvelle extension de l'Arsenal vers l’ouest, jusque dans la plaine de Missiessy, comportant une nouvelle darse avec ses équipements. Le temps nécessaire aux acquisitions et expropriations de terrains différa la présentation du projet, rédigé et dessiné en avril 1860 sous la direction du chef du génie Antoine Long. La nouvelle enceinte de Missiessy-Malbousquet comportait trois fronts bastionnés échelonnant neuf bastions à flancs droits, comparables à ceux de l’extension nord de l’enceinte de la ville, mais moins réguliers, désignés par une numérotation chiffrée de 1 à 10.

Le front de terre nord, le plus long, se greffait sur le bastion E de l’enceinte de ville, en ménageant au raccord une porte d’eau pour l’inondation des fossés nord par les eaux de la darse Missiessy. Après 1864, l’idée de démolir à terme le front ouest de Castigneau (bastions C-D), devenue inutile, étant admise, la nouvelle enceinte ouest fut considérée comme continue avec l’enceinte nord, ce qui porta à simplifier les circulations de ronde. Incluant une vaste aire intérieure partagée entre le département de la guerre (à l'ouest/nord-ouest) et celui de la Marine, cette nouvelle enceinte comportait trois portes : la porte Missiessy ou du Las, au nord, la porte Malbousquet au nord-ouest, accédant à la partie affectée à la guerre, et la porte de Lagoubran à l'ouest/sud-ouest, a la fois routière et ferroviaire, pour un chemin de fer à l'usage de la Marine desservant les darses Missiessy et de Castigneau. Les deux premières portes, du Las et de Malbousquet, étaient d'un modèle semblable à celui des portes de ville de la nouvelle enceinte nord. Les travaux de l’enceinte s’achevèrent par la finition des ponts-levis des deux portes, en juin 1870.

Toulon. Extension extension nord-ouest de la fortification d'agglomération. Façade côté ville de la porte Sainte-Anne.Toulon. Extension extension nord-ouest de la fortification d'agglomération. Façade côté ville de la porte Sainte-Anne.Toulon. Extension Malbousquet de la fortification d'agglomération. Porte Malbousquet.Toulon. Extension Malbousquet de la fortification d'agglomération. Porte Malbousquet.

Déploiement de nouveaux ouvrages de « fortification polygonale » des années 1870-1900, application du système Séré de Rivières

Les forts et ouvrages terrestres

Au mois de mai 1867, le comité des fortifications avait défini un projet général de vaste camp retranché autour de la place forte de Toulon contribuant à mettre ses établissements maritimes à l'abri d'un bombardement. Ce programme de défense terrestre prévoyait d'occuper les hauteurs du nord-est, du Cap Brun au Faron, et celle de l'ouest jusque Six-Fours. Sa réalisation avait été lancée avec la redoute de La Croix-Faron, conçue en 1870 et réalisée à l’échelle d’un fort à partir de 1872, en intégrant la "tour" de 1844 dans une enceinte de plan irrégulier en partie bastionnée.

Ce premier programme fut entièrement renouvelé à une plus vaste échelle sur la base d’un rapport rédigé en mars 1873 par le colonel Le Masson, directeur des fortifications, intégrant les enseignements tirés, entre temps, de la guerre de 1870 qui avait révélé les faiblesses de l'artillerie française. Le rapport Le Masson préconisait d’occuper solidement les points principaux d’où (l’ennemi) pourrait opérer un bombardement, faisant en sorte d’élargir le rayon d’investissement, d’isoler et de rendre bien plus difficiles les attaques par l’est et par l’ouest… Dès le mois suivant, le comité des fortifications proposait de renforcer les défenses du Mont Faron, et d’occuper les hauteurs autour de Toulon, avec un espacement d’un ouvrage à l’autre pouvant aller jusqu’à 6 km (portée normale des canons de gros calibre de cette génération), soit, du nord à l'ouest, Mont Caume, Cap Gros, Croupatier, Gros Cerveau et Six-Fours et, dans le secteur nord-Est, à partir de la redoute en construction à La Croix-Faron : Mont Coudon, Thouars et La Colle-Noire, ce dernier point, à l'extrême Est mais plus proche du littoral, sur une hauteur surplombant à l'est l'entrée de la grande rade et la batterie de Carqueiranne. La ceinture des ouvrages de défense terrestre ainsi définie couvrait d’est en ouest une amplitude de plus de 30 km.

Toujours en 1873, à l’échelle nationale, le Comité de Défense créé l’année précédente pour programmer la réorganisation défensive des frontières terrestres et maritimes de la France était placé sous la direction du général Raymond-Adolphe Séré de Rivières, commandant et grand ingénieur du génie, qui avait débuté sa carrière à Toulon dans la décennie 1840, travaillant notamment aux fort du Cap Brun et de Saint-Elme. On lui doit une instruction datée du 9 mai 1874, fondatrice d’une nouvelle typologie de forts et batteries détachés à distance des places fortes, armés de canons permettant des tirs à longue portée (6-9km). Ces ouvrages généralement retranchés par un fossé continu ou discontinu, autant que le site le permet, ce qui est plus difficile à mettre en œuvre sur des sites de sommet assez resserrés, tendent à un modèle de plan pentagonal, qui n'est plus bastionné mais flanqué de caponnières simples ou double, et abritant un corps de caserne casematé avec façade ouvrant sur une cour intérieure et des souterrains à l'épreuve. L'adaptation de ce schéma de principe, pour les ouvrages terrestres réalisés pour la défense éloignée de la place de Toulon entre la fin de la décennie 1870 et les années 1890 comporte de nombreuses variations liées à l'adaptation à des sites contraignants (géométrie du plan, présence de pseudo bastionnets, de saillant de forme organique) ou/et à un parti économique (enceinte légère et bâtiments de casernement non casematés dans certains cas). Les ouvrages bâtis, achevés ou retouchés après 1885, date de la "crise de l'obus-torpille" comportent très généralement un souterrain caverne creusé dans le roc abritant les magasins à poudre et à munitions.

Un nouveau plan de défense de la rade de Toulon approuvé le 4 avril 1877 et révisé le 27 août, était mis en œuvre à partir de l’année 1878, en appliquant les normes du « système Séré de Rivières », pour les batteries de côte et pour une partie des ouvrages de la défense terrestre, complétant les forts déjà réalisés ou en cours d'achèvement de la Croix-Faron et de Six-Fours. Ces réalisations terrestres concernaient le secteur est, avec les forts du Coudon et de la Colle Noire, l'occupation de la hauteur intermédiaire de Thouars par un troisième fort étant abandonnée. On notera que dans les deux cas, le programme comportait un fort et un ouvrage d'appui voisin fermé et resserré qualifié de "fortin", construit dans un second temps mais avant achèvement du fort, La Gavaresse (qui peut être assimilé à une batterie de côte fermée) pour La Colle Noire, le Bau Pointu pour le Coudon.

La Valette-du-Var. Fort du Coudon.La Valette-du-Var. Fort du Coudon. Carqueiranne. Fort de la Gavaresse.Carqueiranne. Fort de la Gavaresse.

S’agissant du secteur ouest, la décision d’implantation et la réalisation du programme avaient connu une première étape plus précoce par la construction du fort de Six-Fours1, programmée en 1874 et réalisée de 1875 à 1880.

Les positions du massif du Cerveau (ouvrage du Gros Cerveau ; ouvrage de la pointe ouest du Cerveau) et du Mont Caume (ouvrage ouest du Mont Caume ; batterie annexe ouest du Mont Caume ; ouvrage Est du Mont Caume), avaient aussi été choisies dès le programme Le Masson de 1873, dans le second cas pour un fort, et confirmée en 1877, ces deux sites étant désormais voués à accueillir chacun deux ouvrages d’artillerie distincts, aucun n’ayant finalement le statut de fort, et réalisés à l'économie dans les années 1889-1891, comme des batteries fermées d'un mur sommaire, abritant un casernement non casematé et comportant au mieux (les deux ouvrages du Mont Caume) des organes flanquants voûtés et crénelés, les magasins (à poudre, à munitions, atelier de chargement) étant systématiquement intégrés dans un souterrain caverne.

Le projet d'occupation intermédiaire par un fort de la hauteur dite du Cap Gros, au sud/sud-ouest du Mont Caume, fut progressivement abandonné pour lui préférer une position plus éloignée à l'ouest nord-ouest, près du village d'Evenos, sur une hauteur où n'était d'abord projeté qu'un fortin, et où fut finalement réalisé le fort du Pipaudon, dans une position permettant de battre les gorges d'Ollioules et la plaine du Beausset, passage de la grande route de Paris à Toulon via Marseille. A la différence des forts de Six-Fours et du Coudon, le Pipaudon, dernier bâti de cette génération au sein du programme de défense terrestre de la place forte de Toulon, de 1890 à 1894, tend à se rapprocher, comme celui de la Colle-Noire, du plan-type pentagonal Séré de Rivières avec double caponnière, mais son adaptation a un sommet le prive de cour intérieure, d'où le report des façades des casemates de casernement dans les revêtements extérieurs.

Le Revest-les-Eaux. Ouvrage Est du Mont Caume.Le Revest-les-Eaux. Ouvrage Est du Mont Caume. Evenos. Fort du Pipaudon.Evenos. Fort du Pipaudon.

Les batteries de côte

Le rapport de la commission mixte de révision de l'armement du littoral de l’arrondissement maritime de Toulon du 6 mars 1873 proposant le remplacement de plusieurs batteries dirigées vers le large n'ayant pas un commandement suffisant (en altitude) par une ou deux fortes batteries de hauteur, concernait avant tout la presqu'île de Saint-Mandrier. Les nouvelles normes spécifiques aux batteries de côte posées par instruction du 18 mars 1876 ordonnaient la mise en place des pièces d'artillerie à barbette sur des plates-formes de maçonnerie séparées par des traverses-abris (une par pièce ou, au plus, par deux pièces), ce qui est appliqué également aux batteries des forts et ouvrages de défense terrestre que l'on vient d'évoquer. Selon le type de batterie, les calibres oscillent de 16 cm à 32 cm.

Un nouveau rapport de la commission de révision de l'armement du littoral daté du 28 novembre 1876, approuvé le 4 avril 1877 planifie la réorganisation générale de la défense du port et de la rade de Toulon. Il prévoit l’abandon de six à huit batteries (dont Mord'huy, Le Puits, La Coudoulière, dans la presqu'île de Saint-Mandrier, déclassées en 1888), l’adaptation de cinq à six et la création ex nihilo de neuf à dix autres, dont, pour la défense de la presqu'île de Saint-Mandrier, les batteries fermées de Cépet (réalisée en 1879-1881), du Gros Bau (1882-1883), et, au-dessus, les batteries ouvertes de la Croix des Signaux et du Lazaret. Ce dispositif couvrant la mer au large de la presqu'île et de l'isthme des Sablettes était complété, au sud-ouest, par la batterie de Peyras (déjà proposée en 1873, réalisée en 1878-1879), puissante batterie fermée bi directionelle, la plus haute en altitude, entre les Sablettes et le Cap Sicié, complétée d'une batterie annexe ouverte.

Les missions des batteries de côte alors programmées, soit anciennes adaptées aux nouvelles normes pour les sections d'artillerie (Carqueiranne, Sainte-Marguerite, La Carraque, Saint-Elme, La Basse-Malgue, etc), soit nouvelles (batteries fermées de La Bayarde, Cépet, Le Gros Bau, Peyras, batteries ouvertes du Cap Brun, du Bau Rouge (haute), du Lazaret, de la Piastre, de la Pointe Saint-Georges, batteries annexes de la Croix des Signaux, etc), se répartissaient entre des batteries de bombardement, placées en altitude, pour le tir plongeant courbe sur les ponts des navires, des batteries de rupture, pour le tir tendu bas battant l’accès des passes et des rades contre les coques des navires, ces deux catégories adaptées aux canons de gros calibre, et des batteries de moyen calibre et de mortiers (gros calibre à tir vertical parabolique), pour l’action plus rapprochée.

Carqueiranne. Batterie de la Bayarde.Carqueiranne. Batterie de la Bayarde. Construite ex nihilo en 1889-90, la batterie de la Bayarde, armée de mortiers, la plus éloignée du secteur Est de front de mer de Toulon, sur le versant est du massif de la Colle Noire et en contrebas du fort couronnant ce massif, n’était pas prévue dans le programme initial de 1877.

Les bâtiments militaires préexistants dans les batteries que l’on souhaitait mettre plus solidement à l’épreuve des bombardements furent enterrés après coup, tel le corps de garde crénelé type 1846 de la batterie de Carqueiranne (laquelle fut agrandie du triple de sa surface), ou le magasin à poudres des batteries de la Basse-Malgue et de La Carraque. Au même titre que les ouvrages terrestres, plusieurs batteries de côte sont adaptées après 1885 et 1891 par le creusement de souterrains caverne abritant les magasins à poudres et munitions (batteries Saint-Elme, de la Carraque, de la Croix des Signaux, de la Piastre, du Gros Bau, fortin de la Gavaresse)

Les postes photo-électriques

Les vaisseaux des années 1880 pouvaient sans risque d'accident conduire des attaques de nuit. Pour s’en prémunir, la marine créa un réseau de postes de projecteurs, destinés à déjouer de telles tentatives. Ces postes photo électriques, désignés par le sigle PPE, étaient répartis le long des côtes, aux approches de la grande rade et à proximité des plages susceptibles de débarquement ennemi, notamment l’anse des Sablettes d'où des vaisseaux ennemis pouvaient bombarder l’arsenal de Toulon à moins de 6 000 mètres sans avoir à se risquer en grande rade. Un navire intrus saisi par le faisceau lumineux d'un PPE pouvait être suivi par le projecteur pour permettre le réglage du tir des batteries voisines. En plus des batteries, la défense du front de mer développa dès la fin du XIXe siècle un autre moyen d’action fixe, des lignes de torpilles immergées, avec mise à feu électrique commandée depuis la terre, mission attribuée aussi aux PPE.

L’étude de création d’un réseau de postes photo électriques pour des projecteurs de 0,90 m de diamètre autour de l’anse des Sablettes commandée le 30 octobre 1887 par le ministre de la Marine en proposa initialement dans les anciennes batteries déclassées de Fabrégas et Maregau, qui furent restituées à la Marine l'année suivante pour les approprier à cette nouvelle fonction. Opérationnels avant 1898, ces deux feux chercheurs étaient coordonnés l'un avec l'autre au service des batteries de côte voisines de la dernière génération, batteries de bombardement de Cépet et du Gros Bau, et aile gauche de la batterie de Peyras. En 1904 et en 1906, les anciennes batteries de Mord'huy et du Puits (alias les Roseaux), toujours dans la presqu'île de Saint Mandrier, furent aussi réutilisées pour un poste photo-électrique. D’autres PPE furent établis sur la même côte, soit plus à l’est (Cap Brun, 1905-1907), soit plus à l’ouest (La Cride, 1911), toujours sur l’emplacement d’anciennes batteries de côte basses.

Le seul aménagement de PPE, qui supposait d'une manière générale des infrastructures importantes (bâtiments techniques et de cantonnement, abris de projecteur avec souterrain-caverne à rails), fut installé sur un site vierge et difficile d'accès -et non sur le site d'une ancienne batterie. Il s'agit du poste photo-électrique du Cap Sicié vraisemblablement bâti vers 1899-1900, à la suite de la construction de la batterie annexe de Peyras armée de 6 pièces de 95mm sur affûts de côte, ce qui portait de 4 à 10 le nombre de pièces de Peyras assurant des directions de tir de batterie vers les abords du Cap Sicié. En plus de ces batteries de bombardement, le cap Sicié était également dans les directions des tirs de la batterie de rupture de Saint-Elme, proche de la plage des Sablettes, armée en 1898 de dix pièces assurant des tirs à longue portée (9km.).

Saint-Mandrier-sur-Mer. Batterie de Marégau : abri de combat du projecteur du poste photo-électrique.Saint-Mandrier-sur-Mer. Batterie de Marégau : abri de combat du projecteur du poste photo-électrique. Six-Fours-les-Plages. Poste de direction de tir du massif du Mai ou de Sicié.Six-Fours-les-Plages. Poste de direction de tir du massif du Mai ou de Sicié.

La fin de la place-forte de Toulon

Le XXe siècle sonne le glas de la place-forte de Toulon dans sa conception traditionnelle. L'enceinte bastionnée du corps de place, ville et arsenal, largement reconstruite et étendue de 1849 à 1870, subit une première altération, très limitée (percées viaires dans le front ouest), à la demande de la municipalité, en 1887 et 1889. Cependant le déclassement militaire de cette enceinte, plus tardif que dans le cas d'autres places, ne fut arrêté qu'en 1921, et suivi de démantèlements partiels, échelonnés dans le temps de 1923 à 1933, aux frais de la ville ou de la SNCF (agrandissement de la gare), concernant la majeure partie du front nord-ouest et les portes de ville du front nord (portes Notre-Dame, Nationale, Missiessy).

Réutilisation des forts et batteries avant et pendant la seconde guerre mondiale

Les forts de défense terrestre et batteries de côte remis aux normes du système Séré de Rivière, souvent pourvus au début du XXe siècle d'équipements téléphoniques, étaient devenus pour l'essentiel obsolètes au plan défensif et désarmés autour de première guerre mondiale. Partie d'entre eux (dont les ouvrages anciens, XVIe-XVIIIe siècles maintenus en fonction) affectés à d'autres usages (logements de personnel, usages logistiques), par le département de la guerre, et surtout par la Marine. A la même époque certaines batteries de côte furent remises aux normes, avec magasins de combat bétonnés, avec renouvellement de leur artillerie (La Croix des Signaux). D'autres ouvrages, terrestres ou côtiers, furent laissés à l'abandon, mais aucun ne fit l'objet de destruction volontaire. La principale reconversion défensive connue par nombre de ces ouvrages est leur affectation, à partir des années 1930, à des batteries antiaériennes de DCA (Défense contre aeronefs), armées de pièces de 90mm, soit les fort de la Croix-Faron, du Grand Saint-Antoine, de Six-Fours, du Cap Brun, les batteries du Lazaret, de Peyras et de Cépet. Ce dernier site est, par ailleurs, le seul qui ait fait l'objet d'un réaménagement défensif considérable pour la défense côtière, consistant en la construction, en 1929-1930, d'une très importante batterie neuve pour pièces de marine de 340mm provenant de cuirassés, placés dans deux tourelles insérées chacune dans un imposant ouvrage de béton armé semi-enterré, complétés d'un poste central et d'un poste de direction de tir, également bétonnés. Un autre poste de direction de tir à l'usage de cette batterie fut construit à longue distance au-dessus du Cap Sicié.

A l'entrée de la guerre, en 1939, plusieurs batteries de côte secondaires étaient armées ou réarmées de pièces de moindre calibre, en appoint de la batterie de 340 de Cépet, à savoir, d'ouest en est, celles de La Cride, de Saint-Elme / Les Sablettes, de la Carraque, de La Croix des Signaux, de Cépet, du Cap Brun, de Sainte-Marguerite et de Carqueiranne. En 1940, la démilitarisation de la place navale de Toulon stipulée par la convention d'armistice franco-italienne, impose le désarmement des batteries de côte, mais l'amirauté obtient une exception pour la batterie de 340 de Cépet, la plus forte du secteur.

Le 27 novembre 1942, dans le cadre de l'opération Lila organisée par l'état-major allemand dans le but d'empêcher la flotte française de sortir du port de Toulon, le Kampfgruppe A, (armée de 3000 hommes), se déploie pour prendre possession de toutes les batteries de côte et de DCA françaises du secteur de Toulon, ce qui entraine une réaction immédiate du commandant français de la DCA qui ordonnant le sabordage des matériels, exécuté incomplètement.

Entre le 15 décembre 1942 et le 8 septembre 1943, la prise en charge des batteries de côte du camp retranché de Toulon est confiée par l'état-major allemand au Commandement militaire maritime italien en France, qui entreprend leur remise en état.

Après la capitulation italienne, à partir de novembre 1943, les allemands récupèrent les batteries et mettent en œuvre une organisation défensive occupant, armant et construisant des ouvrages bétonnés neufs dans diverses batteries françaises, réparties en batteries d'artillerie de Marine (Marine-Artillerie) et de batteries antiaériennes fixes (Marine-Flak). Les premières sont, d'est en ouest, La Cride, Six-Fours, Saint-Elme/Sablettes, Cépet 340, La Croix des Signaux, La Croupe Lamalgue, Malbousquet, Sainte-Marguerite. Les batteries de Flak sont celles de Peyras (réutilisée en l'état), Mar-Vivo (ancienne batterie de Fabrégas), La Renardière (Marégau), Sainte-Marguerite, La Piastre.

La quasi totalité des ouvrages actifs pendant la seconde guerre mondiale furent désarmés, abandonnés ou réaffectés à d'autres usages stratégiques (station radar) dans la seconde moitié du XXe siècle. Dans les années 1950, la batterie de Peyras accueillit une des deux uniques nouvelles batteries fixes de DCA de la Marine mises en place sur d'anciens ouvrages à cette époque à l'échelle nationale, avec vocation de batterie école, le poste de commandement DCA de Toulon étant installé dans l'ancienne batterie de Saint-Elme.

1Cet ouvrage n’a pas pu être étudié, le fort se situant dans une zone militaire sensible.
Dénominationsplace forte
Aire d'étude et cantonVar
AdresseCommune : Var
Précisionsoeuvre située en partie sur la commune Toulon
oeuvre située en partie sur la commune Evenos
oeuvre située en partie sur la commune Le Revest-les-Eaux
oeuvre située en partie sur la commune Sanary-sur-Mer
oeuvre située en partie sur la commune Le Seyne-sur-Mer
oeuvre située en partie sur la commune Six-Fours-les-Plages
oeuvre située en partie sur la commune Saint-Mandrier-sur-Mer
oeuvre située en partie sur la commune La Valette
oeuvre située en partie sur la commune Le Pradet
oeuvre située en partie sur la commune Carqueiranne
Période(s)Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle
Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • LE PRESTRE DE VAUBAN SEBASTIEN. Mémoire sur les réparations plus nécessaires des fortifications de Toulon,... et dessein d'un arsenal de marine... 10 mars 1679. Service Historique de la Défense, Vincennes : Art. 8, carton 1 (1 VH 1831), n°1bis.

  • LE PRESTRE DE VAUBAN Sébastien. Addition au mémoire de 1679 sur les réparations à faire aux fortifications de Toulon, 1er mars 1693. Service historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Série 1V, Toulon, Art 8, sect.1, carton 1 n°19.

  • NIQUET, Antoine. Mémoire sur l'état des batteries à faire et à réparer sur la côte des rades de Toulon, 22 mars 1695. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1831 n°23, 25.

  • Mémoire pour servir au projet général des fortifications de la ville de Toulon, des forts et des batteries retranchées qui en dépendent... 8 janvier 1764. Service Historique de la Défense, Vincennes : Art. 8 sect 1 carton 4 (1 VH 1834).

  • AUMALE, CHARLES-FRANCOIS MARIE D'. Atlas des places fortes, Toulon et ses forts extérieurs. Par Charles-François Marie d'Aumale, directeur des fortifications de Toulon et de Basse Provence, 1775. Service Historique de la Défense, Vincennes : Bibliothèque du Génie, Atlas des places fortes n° 64.

  • MARESCOT, ARMAND-SAMUEL DE. Mémoire détaillé de l’état actuel des fortifications tant de la place [de Toulon] que des forts extérieurs, 2 février 1794. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Toulon, Art. 8, carton 9 (1 VH 1839) n° 26.

  • Sur un nouveau plan d'ensemble de la défense du port de Toulon, 4 avril 1877. Commission de révision de l'armement, 1876. Service Historique de la Défense, Vincennes : DD 2 1045.

Documents figurés
  • [Carte des batteries à faire et à réparer sur la côte des rades de Toulon] / Dessin, plume et aquarelle, signé Antoine Niquet, 22 mars 1695. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1831 1679-1701, n°25.

  • Carte des rades de Toulon. / Dessin aquarellé, attribué à Vauban, 1695. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1831, plan n°23.

  • [Plan de masse du projet de l’arsenal de Toulon.] / Dessin à l'encre, par Sébastien Le Prestre de Vauban, mars 1681. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1831 n° 8.

  • [Deuxième plan de masse du projet de l'arsenal de Toulon]. / Dessin à l'encre aquarellé, par Sébastien Le Prestre de Vauban, mai 1682. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1831 n° 9.

(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Corvisier Christian
Corvisier Christian

historien de l'architecture


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