I. Contexte de l'enquête
I.1. Le repérage
Ce dossier concerne les entrepôts agricoles de la commune de Rosans (canton de Serres, Parc naturel régional des Baronnies provençales, département des Hautes-Alpes), ancien chef-lieu de canton jusqu'en mars 2015.
Le terme « entrepôt agricole » correspond aux édifices destinés à stocker des denrées agricoles (foin notamment) ou de l'outillage (remise). Souvent, ils comprennent également une partie destinée au bétail (étable, bergerie, écurie…) ou à l'homme (logis saisonnier). Ce corpus comprend également une trentaine de « cabanons », petites constructions multifonctionnelles bâties entre le début du 19e siècle et le milieu du 20e siècle. Intégrées à l'analyse globale sur les entrepôts agricoles, leurs caractéristiques propres sont néanmoins détaillées au sein de chaque chapitre de ce dossier. Ne sont pas concernées ici les dépendances des fermes situées dans leur périphérie immédiate (voir dossier collectif fermes IA05001649).
I.2. Les conditions de l'enquête
Le repérage des entrepôts agricoles sur la commune de Rosans a été effectué en plusieurs étapes. Les bâtiments situés au bourg ont été observés au printemps et à l'automne 2019, ceux dispersés sur le territoire communal au printemps et à l'automne 2020, avec quelques compléments au printemps 2021. L'ancien plan cadastral de 1839 et le plan cadastral mis à jour en 1984 ont servi de points de repère et de comparaison. Les autres documents cadastraux ont également été consultés : états de sections (1840), matrices cadastrales (1839 à 1914). Enfin, les cadastres d'anciens régimes (1570 et 1699) ont régulièrement pu fournir des renseignements, apportant une profondeur historique supplémentaire pour un certain nombre de bâtiments.
Le repérage a été effectué à l'aide d'une grille de description morphologique propre aux entrepôts agricoles et décrivant :
- la ou les fonction(s) visible(s) du bâtiment, niveaux par niveaux,
- la mitoyenneté,
- les accès,
- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre,
- la forme du toit, la nature de la charpente, de la couverture et de l'avant-toit,
- le nombre d'étages visibles,
- la description des élévations et des baies,
- les aménagements intérieurs,
- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions…
Les résultats de cette grille de repérage ont été versés dans une base de données permettant l'élaboration d'un traitement statistique et cartographique.
Le repérage est toujours confronté à la question de l'état du bâti. Ainsi, ont été repérés les bâtiments ayant subi quelques modifications de détail n'affectant pas leur lecture architecturale. Les bâtiments ruinés mais dont le parti pris architectural d'origine restait lisible ont également été repérés. En revanche, les bâtiments ayant subi des transformations majeures rendant illisibles leurs caractères architecturaux n'ont pas été retenus. Les bâtiments non retenus sont principalement ceux qui ont été très remaniés à une période récente, selon des normes de construction, des matériaux et un vocabulaire architectural très éloignés de ceux de l'architecture locale : élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les baies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d'origine, restructuration intérieure totale ou profonde…
Dans le cadre de l'enquête, 95 entrepôts agricoles ont été repérés sur l'ensemble de la commune de Rosans, 40 au bourg et 55 dispersés. 32 d'entre eux ont été sélectionnés (33 % du corpus total) et font l'objet d'un dossier d'inventaire individuel : 18 au bourg et 14 dispersés.
La qualité de conservation architecturale du corpus communal est assez bonne puisque 40 % des entrepôts agricoles ont pu être considérés comme « préservés » et 17 % comme « restaurés ». A l'inverse, 15 % ont été « dénaturés » et 28 % doivent être considérés comme « ruinés » (il s'agit dans ce cas uniquement de la ruine de la toiture et d'une partie des aménagements intérieurs, qui n'empêche pas la saisie des critères de repérage essentiels).
Seulement 4 % des entrepôts agricoles sont encore en activité, 56 % sont désaffectés et 40 % sont réutilisés.
II. Localisation et contexte historique
II.1. Localisation
Il existe deux types d'emplacement pour les entrepôts agricoles. Ils peuvent être associés à d'autres constructions dans le village, comme c'est le cas pour 42 % des bâtiments agricoles de la commune. Les autres sont isolés et dispersés dans les terres agricoles, les prés de fauche ou les pâturages. Aucun entrepôt agricole n'a été observé au hameau de Raton, constitué d'une agglomération de quelques fermes.
LOCALISATION | En village | En hameau | Dispersés |
Rosans | 41 % | 0 % | 59 % |
dont « cabanons » | 3 % | 0 % | 97 % |
Localisation des entrepôts agricoles sur le territoire communal.
Localisation des « cabanons » sur le territoire communal.
Localisation des entrepôts agricoles situés au bourg de Rosans.
Localisation des « cabanons »
La tradition orale indique qu'au moins une soixantaine de « cabanons » existaient dans les années 1950-1960 sur le territoire de la commune de Rosans. L'étude d'inventaire topographique a pu en recenser une petite cinquantaine (47 précisément).
Tout d'abord, 29 « cabanons » ont été identifiés et repérés sur le terrain ; 10 d'entre eux font l'objet d'une étude individuelle (voir les dossiers IA05001593, IA05001594, IA05001595, IA05001596, IA05001599, IA05001600, IA05001601, IA05001602, IA05001603, IA05001604). Les observations réalisées in situ sur ces édifices ont été confrontées aux archives cadastrales (période allant de 1839 aux années 1910). En outre, 18 « cabanons » supplémentaires ont été localisés. Mais, aujourd'hui rasés ou totalement ruinés, ils n'ont pu être intégrés au corpus du bâti observé. Pour les deux tiers d'entre eux, leur souvenir se limite à l'emprise parcellaire dessinée sur le plan cadastral de 1984 ou à leur figuration sur d'anciennes cartes topographiques des années 1970-1990. Cependant, pour le dernier tiers de ces « cabanons » disparus (6 bâtiments) les archives cadastrales de la fin du 19e siècle et du tout début du 20e siècle ont pu fournir quelques informations historiques. Ainsi, le tableau présenté en Annexe 1 regroupe à la fois les constructions observées et celles décrites par les archives cadastrales, soit 35 « cabanons ».
Hormis un « cabanon » situé en périphérie immédiate du bourg, tous les autres sont dispersés dans la campagne. On observe que ces édifices sont installés sur des parcelles agricoles de qualité : terres labourables souvent irriguées, vignes ou prés de fauche.
ASSOCIATION FONCIERE | aire à battre | terre labourable | dont terre labourable arrosable | vigne | pré |
construction faite avant 1839 | - | 7 | 6 | 1 | - |
construction faite après 1839 | 1 | 19 | 6 | 4 | 3 |
Vue de situation d'un « cabanon », à Luzerne.
Vue de situation d'un « cabanon », à Saint-Jaume.
Vue de situation d'un « cabanon », au Merdaric.
Petit « cabanon » ruiné, au Serre des Costes.
Petit « cabanon », à Pié Léger.
II.2. Contexte historique
Seuls trois bâtiments (3 % du corpus communal) possèdent une date portée. La plus ancienne date est peinte sur un enduit. Malheureusement incomplète, elle remonte aux dernières décennies du 19e siècle (IA05001601). Les deux autres dates sont du 20e siècle : 1903, gravée sur un four à pain (IA05001609) et 1959 (IA05001614).
Date portée peinte (incomplète), « cabanon » aux Coings.
Date gravée (1903) sur la porte de la bouche d'un four à pain, entrepôt agricole au bourg.
Sur l'ensemble de la commune, 42 % des entrepôts agricoles paraissent trouver leur origine au 16e siècle, 17e siècle ou 18e siècle. Mais la situation est très différente entre celle du bourg, où une datation originelle de l'Epoque moderne concerne les trois quarts des bâtiments (76 %), et celle du corpus dispersé où cette époque ne concerne même pas un quart des bâtiments (17 %).
Plus proche de nous, la période du 19e siècle, associée à la charnière du 19e siècle et du 20e siècle, peut être considérée comme celle de la première construction pour près d'un quart (23 %) des bâtiments agricoles de la commune. Mais là aussi, les proportions varient beaucoup entre le bâti regroupé au bourg et celui qui est dispersé. En effet, seuls 10 % des entrepôts agricoles agglomérés datent de cette période, alors qu'elle correspond à un tiers (33 %) de ceux isolés dans la campagne. A elle seule, la charnière du 19e siècle et du 20e siècle regroupe 11 % des bâtiments agricoles de la commune, 7 % au bourg et 13 % dans la campagne.
Enfin, près d'un quart (24 %) des entrepôts agricoles de la commune datent du 20e siècle. Ils sont seulement 7 % au bourg, mais plus d'un tiers (37 %) dans le dispersé.
1ère DATATION | 16e ou 17e siècle (non précisé) | 17e siècle | 18e siècle | 19e siècle (non précisé) | 1ère moitié 19e siècle | 2ème moitié 19e siècle | limite 19e – 20e siècles | 1ère moitié 20e siècle | milieu 20e siècle |
commune | 12 % | 9 % | 21 % | 6 % | 7 % | 10 % | 11 % | 22 % | 2 % |
bourg | 29 % | 15 % | 32 % | 0 % | 0 % | 10 % | 7 % | 7 % | 0 % |
dispersé | 0 % | 4 % | 13 % | 11 % | 13 % | 9 % | 13 % | 33 % | 4 % |
Ces datations d'origine doivent néanmoins être nuancées, puisque si 38 % des entrepôts agricoles de la commune ont été datés d'une seule période historique, tous les autres ont connu au moins une reprise depuis leur construction initiale. Cependant, la situation est là encore très différente entre les entrepôts agricoles situés au bourg, où seuls 12 % des bâtiments ont été datés d'une seule période, et ceux du corpus des bâtiments dispersés, où cette proportion est 57 % - phénomène logique puisque ces derniers sont d'une manière générale plus récents.
Le 19e siècle et le début du 20e siècle correspondent à une période de reprise, d'agrandissements ou de remaniements pour les deux tiers des entrepôts agricoles concernés au bourg. Dans le corpus dispersé, c'est la fin du 19e siècle et le 20e siècle qui regroupent près des deux tiers des modifications.
DATATION (reprises) | 18e siècle | 19e siècle | limite 19e – 20e siècles | 1ère moitié 20e siècle | 2ème moitié 20e siècle |
commune | 10 % | 44 % | 14 % | 22 % | 14 % |
bourg | 11 % | 53 % | 14 % | 19 % | 8 % |
dispersé | 9 % | 31 % | 13 % | 26 % | 22 % |
Nota : ces chiffres ne prennent en compte que les bâtiments concernés par une ou plusieurs reprises du bâti. Certains d'entre eux ayant connu plusieurs phases de reprise(s), les totaux dépassent 100 %.
Surélévation et extension d'un « cabanon », à Pigranier.
Surélévation d'un « cabanon », à Saint-Jaume.
Surélévation d'un « cabanon », au Serre des Costes.
Surélévation d'un entrepôt agricole, au Collet.
Une extension ancienne par collage de maçonnerie a été observée pour 17 % du corpus communal, et la trace d'une surélévation pour 10 %. En outre, le remploi d'éléments lapidaires a été constaté sur 26 % des bâtiments. Il s'agit principalement d'éléments d'encadrements datant de l'Epoque moderne, éventuellement retaillés, dont la provenance semble celle des maisons du bourg. En effet, les bâtiments qui remploient le plus ces blocs ont été bâtis entre la seconde moitié du 19e siècle et le début du 20e siècle, période durant laquelle le bourg intra muros a connu un déclin significatif entraînant la ruine de plusieurs maisons : leurs matériaux paraissent avoir été réutilisés pour ces nouvelles constructions agricoles.
Collage de maçonnerie sur un entrepôt agricole, au bourg.
Collage de maçonnerie sur un « cabanon », au Serre des Costes.
Collage de maçonnerie sur un entrepôt agricole, à Pié Léger.
Encadrement en pierre de taille remployé sur un « cabanon », au Serre des Costes.
Elément lapidaire (colonnette) en remploi, « cabanon » au bourg.
La deuxième moitié du 20e siècle voit l'apparition de plusieurs grands hangars en structure métallique, implantés soit directement à proximité d'une ferme, soit installé isolément dans la campagne. Certains d'entre eux conservent la plaque de leur fabricant fixée sur le toit : Félix Eysseric à Nyons (Drôme), Etablissements Mariton à Cavaillon et Avignon (Vaucluse).
Vue d'ensemble d'un hangar métallique, à la Ribière.
Plaque de fabricant sur un hangar métallique, à la Ribière.
Plaque de fabricant sur un hangar métallique,aux Basses Graves.
Contexte historique des « cabanons »
Au moins 8 « cabanons » (soit 23 % d'entre eux) existent déjà lors de la rédaction du cadastre en 1839, mais leur construction paraît être postérieure à la Révolution. Plus de la moitié d'entre eux sont partiellement ou totalement ruinés, sinon rasés. Malgré cela, 6 de ces cabanons ont pu être observés et intégrés au repérage du bâti, et 2 d'entre eux, suffisamment bien conservés, ont été étudiés (voir dossiers IA05001594 et IA05001599).
La période située entre le dernier quart du 19e siècle et le premier quart du 20e siècle correspond à celle de la construction de 69 % des « cabanons » repérés ou documentés par les archives. Enfin, ceux qui paraissent être les plus récents, édifiés autour du milieu du 20e siècle, sont bâtis en bois (voir dossiers IA05001604).
La plupart des « cabanons » sont bâtis en bordure de parcelle – de manière à empiéter le moins possible sur les terres cultivables – ou sur une parcelle mitoyenne de moindre valeur agraire.
Près de la moitié des « cabanons » construits entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle sont installés sur une limite parcellaire qui n'existe pas sur le plan cadastral de 1839. Leur édification semble alors accompagner une évolution foncière résultant d'une partition d'anciennes parcelles beaucoup plus étendues, ayant une superficie comprise entre 0,6 et 6 hectares en 1839. Ces morcellements ont probablement été réalisés à la suite de successions intrafamiliales ou de ventes-acquisitions. Ainsi, alors que ces bâtiments apparaissent dans le paysage comme implantés au beau milieu des terres cultivées, ils sont en réalité les marqueurs et les bornes de ces nouvelles limites foncières.
CONSTRUCTION : « cabanons » | 1er quart 19e siècle | 4ème quart 19e siècle | limite 19e siècle 20e siècle | 1er quart 20e siècle | 1ère moitié 20e siècle | milieu 20e siècle |
8 | 6 | 3 | 15 | 1 | 2 | |
% | 22 % | 17 % | 9 % | 43 % | 3 % | 6 % |
Les archives cadastrales les désignent régulièrement sous l'appellation « pavillon », marquant ainsi la spécificité de ces constructions. Les termes plus génériques de « bâtiment rural », « cabane » ou « masure » peuvent également être employés.
DESIGNATION : « cabanons » | pavillon | maison | bâtiment rural | masure | cabane | NSP |
avant 1839 | 1 | 1 | 4 | 1 | 1 | - |
après 1839 | 6 | - | - | - | - | 21 |
Vue de situation d'un « cabanon », à la Longeagne.
Vue d'ensemble d'un « cabanon », au Grand Pré.
Vue d'ensemble d'un petit « cabanon », au Lastic.
Vue d'ensemble d'un « cabanon » en bois, au Grand Pré.
III. Caractères morphologiques
III.1. Implantation et composition d'ensemble
III.1.1. Implantation et composition d'ensemble : l'implantation
L'intégralité des édifices dispersés ne possèdent pas de mur mitoyen. Au bourg, seulement 10 % des entrepôts agricoles sont sans murs mitoyens, 35 % ont un mur mitoyen et 45 % ont deux murs mitoyens : ceux-ci sont perpendiculaires (installation en angle) dans 39 % des cas et parallèles dans 61 % des cas. Enfin, 10 % des bâtiments agricoles du bourg étaient entourés par trois murs mitoyens.
MITOYENNETE | 0 mur | 1 mur | 2 murs | dont 2 murs // | dont 2 murs T | 3 murs |
Commune de Rosans | 62 % | 15 % | 19 % | 39 % | 61 % | 4 % |
bourg | 10 % | 35 % | 45 % | 39 % | 61 % | 10 % |
dispersé | 100 % | 0 % | 0 % | - | - | 0 % |
Un quart des entrepôts agricoles sont implantés en terrain plat, mais cette proportion est plus faible au bourg (15 %) que pour le corpus dispersé (30 %), situation logique au vu du relief de l'agglomération. On note que 41 % des « cabanons » sont installés en terrain plat.
Mais d'une manière générale, la très grande majorité des bâtiments agricoles sont installés en terrain pentu. Au bourg, ceux qui sont concernés sont le plus souvent adossés parallèlement au sens de la pente (70 %), sinon perpendiculairement (30 %). Pour le corpus dispersé, la situation est inverse, avec 54 % des bâtiment adossés perpendiculairement au sens de la pente et 46 % adossés parallèlement. Si l'on observe les seuls « cabanons », 71 % de ceux qui sont adossés à la pente le sont parallèlement au sens de celle-ci, et seulement 29 % perpendiculairement. Ces dispositions se traduisent par la présence fréquente d'un ou deux étages de soubassement.
IMPLANTATION | Adossés à la pente | dont adossés // à la pente | dont adossés T à la pente | Terrain plat |
Commune de Rosans | 76 % | 57 % | 43 % | 24 % |
bourg | 85 % | 70 % | 30 % | 15 % |
dispersé | 70 % | 46 % | 54 % | 30 % |
« cabanons » | 59 % | 71 % | 29 % | 41 % |
Vue d'ensemble d'un entrepôt agricole, au bourg.
Vue d'ensemble d'un entrepôt agricole, au bourg.
Vue d'ensemble d'un entrepôt agricole, au bourg.
Vue d'ensemble d'un entrepôt agricole, aux Coings.
III.1.2. Implantation et composition d'ensemble : les espaces libres et équipements annexes
La présence d'une aire à battre mitoyenne n'a été relevée que pour 11 % des bâtiments, de façon assez équivalente pour le bâti aggloméré et le dispersé (mais jamais pour les « cabanons »). Une cour est présente dans les mêmes proportions (12 %), mais elle est un peu plus fréquente au bourg. Il s'agit d'une cour ouverte, parfois non matérialisée au sol ; les cours fermées par un muret sont rares (une seule, au bourg).
Un jardin accompagne 12 % des entrepôts (21 % des « cabanons »). Dans un quart des cas il est fermé par un muret ou un mur haut (ces derniers seulement au bourg). Parfois, le portillon du jardin peut être équipé de piédroits en pierre de taille. Au bourg, quelques-uns de ces jardins accueillent un petit bassin d'arrosage.
Aucun enclos à ovins n'a été repéré à proximité immédiate des entrepôts agricoles repérés.
Aire à battre d'un entrepôt agricole, aux Basses Graves.
Mur de soutènement d'une aire à battre mitoyenne d'un entrepôt agricole, au Villard.
Mur de jardin et portillon, entrepôt agricole au bourg.
Jardin devant un entrepôt agricole, au bourg.
Jardin avec bassin d'arrosage, entrepôt agricole au bourg.
Petit bassin d'arrosage maçonné, dans le jardin d'un entrepôt agricole au bourg.
III.1.3. Implantation et composition d'ensemble : l'environnement végétal
Parfois, les entrepôts agricoles sont accompagnés d'un ou deux arbres. Les plus fréquents sont les tilleuls (IA05001594, IA05001601, IA05001602) mais d'autres essences ont été parfois notées, notamment les marronniers. Certains bâtiments sont proches d'un verger : poiriers, pommiers, cognassiers.
Une treille de vigne peut être installée le long d'une élévation, éventuellement soutenue par une structure métallique formant pergola (IA05001594, IA05001601).
« Cabanon » entouré d'arbres, à Pigranier.
Tilleul planté à côté d'un « cabanon », à Pigranier.
Grand marronnier planté devant un entrepôt agricole, aux Coings.
III.2. Matériaux et mise en œuvre
III.2.1. Matériaux et mise en œuvre : les maçonneries
87 % des entrepôts agricoles sont construits en maçonnerie de moellons montés à la chaux, en opus incertum. Des moellons calcaires sont présents dans la maçonnerie de 76 % des bâtiments, des moellons de grès dans 82 %, et plus des deux tiers (67 %) des constructions mêlent les deux. D'autres matériaux y sont très ponctuellement associés (4 % du corpus) : tuf (un cas au bourg), bois, béton et/ou parpaings de béton. Un contrefort taluté vient parfois renforcer la construction, mais ce dispositif est assez rare sur la commune de Rosans. Un seul bâtiment agricole fait principalement appel au béton : hangar à la Grande Coste (IA05001614).
Maçonnerie mêlant moellons de grès et quelques moellons calcaires, entrepôt agricole au bourg.
Maçonnerie mêlant moellons de grès et de calcaire, entrepôt agricole au bourg.
Contrefort taluté sur un « cabanon », à Pigerolles.
Au bourg, 10 % des bâtiments ne montrent pas de chaînes d'angle car leur construction n'est pas dissociée de celle des bâtiments mitoyens, lorsque les îlots ont été construits de façon concertée. Pour le reste, dans plus de 90 % des cas les chaînes d'angles sont en moellons, dont 80 % avec gros moellons équarris, les deux modules pouvant être associés. Parfois, il s'agit de très gros blocs installés au départ de la chaîne d'angle.
Les chaînes d'angles en pierre de taille ne concernent que 15 % du corpus communal, la proportion étant un peu plus élevée au bourg que dans le dispersé. Une chaîne d'angle associant moellons et parpaings de béton a été repérée au quartier du Lastic.
Chaîne d'angle en moellons équarris, entrepôt agricole au bourg.
Chaîne d'angle d'un « cabanon » en très gros moellons équarris, aux Basses Graves.
11 % des entrepôts agricoles sont bâtis en pierre sèche : 70 % en calcaire (versants dans la partie nord de la commune) et 30 % en grès (quartiers de Baudon et du Pas du Terme).
Maçonnerie en pierre sèche calcaire, bergerie au Pas du Terme.
Chaîne d'angle en pierre sèche calcaire, entrepôt agricole à Combe Cristol.
Maçonnerie en pierre sèche de grès, entrepôt agricole à Pié Léger.
L'usage du bois (ossature bois et planches de bardage) n'a été observé que pour deux « cabanons » datant du milieu du 20e siècle, installés au quartier du Grand Pré (IA05001604).
« Cabanon » en bois, au Grand Pré.
« Cabanon » en bois, au Grand Pré.
Essentage en planches d'un « cabanon » en bois, au Grand Pré.
Quelques bâtiments sont de type hangar ou remise ouverte. Un hangar supporté par 20 piliers en béton a été étudié à la Grande Coste (IA05001614). Trois remises ouvertes ont été repérées, toutes munies d'au moins un mur porteur complété par un pilier (Saint-Jaume), deux piliers (bourg, IA05001609) ou trois piliers maçonnés (la Longeagne).
Vestiges d'un hangar sur piliers maçonnés, à Montlahuc.
Hangar sur piliers en béton, à la Grande Coste.
Les enduits anciens sont conservés dans 80 % des cas : 67 % au bourg et 89 % en dispersé. 33 % des bâtiments du bourg possèdent des types d'enduits différents selon les façades, mais seulement 11 % pour le dispersé.
Au bourg, les enduits les plus fréquents sont les enduits rustiques (43 %) et les enduits à pierres-vues, les bâtiments non enduits étant 23 %. Dans le dispersé, les deux tiers des bâtiments sont sans enduit, 19 % avec un enduit rustique, 11 % avec un enduit à pierres-vues et 9 % avec un enduit lisse. Ces derniers sont des « cabanons » (voir dossiers IA05001594, IA05001596, IA05001598, IA05001601, IA05001602). Les enduits à la tyrolienne sont peu fréquents. Aucun enduit à inclusions de petits cailloux n'a été repéré.
ENDUITS | À pierres-vues | À inclusions | Rustique | À la tyrolienne | Lisse | Sans enduit | Enduit récent |
commune | 17 % | 0 % | 28 % | 2 % | 5 % | 48 % | 20 % |
bourg | 25 % | 0 % | 43 % | 2 % | 0 % | 23 % | 33 % |
dispersé | 11 % | 0 % | 19 % | 2 % | 9 % | 67 % | 11 % |
« cabanons » | 10 % | 0 % | 31 % | 3 % | 14 % | 50 % | 7 % |
NOTA : un même bâtiment pouvant posséder plusieurs types d'enduits, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Enduit à pierres vues et ouverture murée, « cabanon » aux Basses Graves.
Enduit à pierres vues sur un « cabanon », au Merdaric.
Détail de l'enduit rustique, entrepôt agricole au bourg.
III.2.2. Matériaux et mise en œuvre : les ouvertures
Pour 9 % du corpus communal, les encadrements des ouvertures (portes et fenêtres) ont été trop transformés pour être pertinents. On note également que 39 % des entrepôts agricoles possèdent des encadrements de différentes natures.
Sur l'ensemble de la commune de Rosans, les encadrements montés en moellons et laissés bruts sont les plus nombreux puisqu'ils représentent plus des trois quarts (77 %) du corpus communal. Les encadrements en pierre de taille de grès, au moins pour les piédroits, concernent plus de la moitié (56 %) des entrepôts agricoles du bourg, et plus d'un quart (28 %) de ceux dispersés. Les encadrements façonnés au mortier de gypse se rencontrent sur 19 % des bâtiments du bourg et 14 % de ceux dispersés, 24 % pour les seuls « cabanons ». Les encadrements en briques sont moins présents au bourg (8 %) qu'ailleurs (10 %, 14 % pour les cabanons). Le piédroit d'un encadrement en pierre de taille est parfois commun avec une chaîne d'angle (18 % des cas, par exemple IA05001584, IA05001585 IA05001605). Enfin, les encadrements en bois repérés se limitent aux deux « cabanons » qui sont entièrement construits en bois (IA05001604).
ENCADREMENTS : MATERIAUX | Brut de maçonnerie | Façonné au mortier | Pierre de taille (grès) | Brique | Béton / parpaings de béton | Bois | Non significatif |
commune | 77 % | 16 % | 40 % | 9 % | 0 % | 3 % | 9 % |
bourg | 75 % | 19 % | 56 % | 8 % | 0 % | 3 % | 10 % |
dispersé | 78 % | 14 % | 28 % | 10 % | 0 % | 4 % | 9 % |
« cabanons » | 59 % | 24 % | 24 % | 14 % | 0 % | 7 % | 10 % |
NOTA : un même bâtiment pouvant posséder plusieurs encadrements de natures différentes, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Encadrement en pierre de taille de grès, entrepôt agricole au bourg.
Porte d'étable avec piédroits en pierre de taille de grès et linteau en bois, entrepôt agricole au bourg.
Piédroit d'encadrement commun avec la chaîne d'angle, « cabanon » à Pigerolles.
Jour en fente, entrepôt agricole à Pié Léger.
Jour d'un fenil-séchoir, entrepôt agricole au bourg.
Fenêtre de logis saisonnier et baie de pigeonnier, « cabanon » au Serre des Costes.
Fenêtre d'un logis saisonnier, « cabanon » à la Longeagne.
ENCADREMENTS : COUVREMENTS | Linteau droit monoxyle | Linteau droit monolithe | Arc plein-cintre | Arc segmentaire | Poutrelle métallique | Non significatif |
commune | 77 % | 40 % | 0 % | 6 % | 7 % | 13 % |
bourg | 86 % | 36 % | 0 % | 14 % | 17 % | 10 % |
dispersé | 66 % | 44 % | 0 % | 2 % | 0 % | 15 % |
« cabanons » | 59 % | 52 % | 0 % | 0 % | 0 % | 10 % |
NOTA : un même bâtiment pouvant posséder plusieurs couvrements d'encadrement de natures différentes, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Les couvrements les plus fréquents sont les linteaux droit en bois : on les retrouve dans 86 % des bâtiments agricoles du bourg et 66 % de ceux dispersés. Mais les linteaux droits en pierre concernent 44 % de ces derniers, et 36 % de ceux agglomérés. Pour les « cabanons », ces deux types de couvrements sont à peu près égaux. On relève plusieurs arcs segmentaires au bourg, beaucoup moins ailleurs. Enfin, des couvrements réalisés par une poutrelle métallique (type IPN) ont été repérés sur 17 % des entrepôts agricoles du bourg. Une petite dizaine d'encadrements présentant un chanfrein et/ou un quart-de-rond, ont été repérés, presque tous au bourg. Il s'agit très souvent d'éléments en remplois.
Encadrement de porte avec piédroits en moellons et couvrement en briques en arc segmentaire, « cabanon » aux Basses Graves.
Détail d'un couvrement en arc segmentaire en brique, entrepôt agricole au bourg.
Encadrement de porte avec piédroits en pierre de taille et couvrement en poutrelle métallique, entrepôt agricole au bourg.
Les portes d'étables, de remises, de resserres ou de fenils peuvent être équipées de menuiseries à planches croisées renforcées de clous (IA05001584, IA05001594, IA05001605). Sur les « cabanons », les portes des logis saisonniers sont généralement assez simples.
Menuiserie d'une porte du logis saisonnier, « cabanon » au Merdaric.
Détail de la menuiserie d'une porte, entrepôt agricole au bourg.
Détail de la poignée d'une porte, entrepôt agricole au bourg.
Détail de la menuiserie d'une porte, entrepôt agricole au bourg.
Certaines baies d'envol des pigeonniers disposent d'un appui saillant constitué d'une lauze de grès (IA05001580, IA05001602). Elles peuvent être équipées d'une grille en menuiserie (IA05001594, IA05001602). L'encadrement de cette baie est parfois accompagné d'un enduit lissé, mais il peut être aussi protégé par d'épaisses dalles formant saillie (IA05001600).
Baie de pigeonnier, « cabanon » à Pigranier.
Baie de pigeonnier, « cabanon » au Serre des Costes.
Baie de pigeonnier, « cabanon » à Pigranier.
Baie de pigeonnier, « cabanon » aux Rosières.
III.2.3. Matériaux et mise en œuvre : les décors extérieurs
Les décors de façade ne concernent que 6 % du corpus communal : 3 % au bourg, 9 % dans le dispersé, 14 % pour les seuls « cabanons ». Il s'agit avant tout de décors peints (faux encadrements, cadres de façade, bandeaux d'avant-toit).
III.3. Aménagements intérieurs
Remarque : ces données n'ont pu être renseignées, au moins de manière partielle, que pour la moitié du corpus communal : un quart des bâtiments du bourg, les deux tiers des bâtiments dispersés, les trois quarts des « cabanons ».
III.3.1. Aménagements intérieurs : voûtes et couvrements
L'absence d'une voûte a été attestée pour les trois quarts des bâtiments de la commune dont les intérieurs ont pu être observés : 55 % au bourg et 87 % des bâtiments dispersés. La séparation des éventuels étages supérieurs se fait alors par des planchers rustiques sur solives.
Un couvrement voûté n'a été repéré que dans des bâtiments ayant deux niveaux ou plus. Dans un quart des cas, il s'agit d'une voûte en berceau (plein-cintre ou segmentaire), dans 44 % des cas d'une voûte d'arêtes (retombant éventuellement sur un pilier central en pierre de taille) et pour le reste de voûtains. Ceux-ci reposent généralement sur des poutrelles métalliques mais, dans certains cas, ils retombent sur des solives en bois.
Seuls deux « cabanons » possèdent un couvrement intérieur voûté en berceau maçonné, et deux autres un couvrement en voûtains de briques. Tous les autres, soit les trois quarts des « cabanons » ne disposent que de planchers sur solives.
Voûte d'arêtes sur piliers dans l'étable-remise d'un ancien entrepôt agricole, au bourg.
Voûte d'arêtes d'une étable-remise, entrepôt agricole au bourg.
Etable voûtée en berceau, entrepôt agricole au bourg.
Resserre-cellier voûté dans un entrepôt agricole au bourg.
Resserre-cellier voûté dans un « cabanon », à Saint-Jaume.
Couvrement en voûtains dans l'étable-remise d'un entrepôt agricole au bourg.
Couvrement en voûtains dans l'étable d'un « cabanon », au Merdaric.
Couvrement en voûtains dans l'étable d'un « cabanon », au Merdaric.
Etable-remise couverte par un plancher sur solives, entrepôt agricole au bourg.
Solives et plancher d'un étage de comble, entrepôt agricole au bourg.
III.3.2. Aménagements intérieurs : les parties agricoles et les logis saisonniers
Le sol de l'étable ou de la remise est généralement en terre battue, plus exceptionnellement caladé (IA05001608). Dans les pièces à usage de logis saisonnier, de fenil ou de séchoir, il peut être constitué d'une chape de mortier (repérée dans 13 % des bâtiments visités) ou d'un plancher rustique (26 %). Les mangeoires sont généralement installées sur une banquette maçonnée, plus rarement sur des corbeaux en bois. Elles disposent d'un râtelier dont l'alimentation peut être assurée par des trappes d'abat-foin (IA05001584, IA05001605, IA05001608). Les murs peuvent accueillir des niches à poules (IA05001593).
Vue de volume d'une étable-resserre dans un « cabanon », à la Longeagne.
Mangeoire sur banquette dans l'étable-resserre d'un « cabanon », au Merdaric.
Dans près des deux tiers (64 %) des bâtiments visités, les murs intérieurs restent bruts de maçonnerie. Dans les autres cas, ils sont enduits, notamment dans les pièces de logis saisonnier où un décor de plinthe a été relevé plusieurs fois dans des « cabanons » (IA05001595, IA05001601, IA05001602).
Quelques rares cas de sols en lauzes ou en dalles de grès ou de calcaire (IA05001599, IA05001605) ont été observés. Dans certains fenils, le sol est directement constitué de l'extrados de la voûte située en-dessous, complété par la terre formant le tas de charge sur les reins de celle-ci (IA05001608). En d'autre cas, le sol peut être constitué d'une chape de mortier coulée sur l'extrados des voûtains.
L'absence de cloison intérieure a été relevée pour près de la moitié (48 %) du corpus communal. Lorsqu'il y en a une, celle-ci est construite en maçonnerie légère, éventuellement confortée par une ossature en pans de bois, plus rarement par des planches.
Intérieur d'un logis saisonnier, « cabanon » à Pigranier.
Intérieur d'un logis saisonnier, « cabanon » à Pigerolles.
Intérieur d'un logis saisonnier, « cabanon » aux Coings.
Sol en plancher d'un logis saisonnier, « cabanon » aux Rosières.
Sol dallé, entrepôt agricole au bourg.
La présence certaine d'une cheminée a été repérée pour seulement 17 % du corpus, tous les bâtiments concernés étant pourvu d'un logis saisonnier – dans les deux tiers des cas, il s'agit d'un « cabanon ». Le plus souvent simplement adossée à un mur, elle peut aussi occuper un angle (IA05001595) ou être engagée dans la maçonnerie. Le manteau et le conduit sont généralement montés en maçonnerie : lauzes sur chant, briques, etc. Les logis saisonniers peuvent être également équipés d'un placard-niche et d'une pile d'évier, dont l'évacuation est prolongée vers l'extérieur par une tuile creuse (IA05001594, IA05001599). La souche de cheminée est parfois simplement constituée d'une section de canalisation en terre cuite (IA05001598).
Pile d'évier dans le logis saisonnier d'un « cabanon », à Saint-Jaume.
Evacuation de la pile d'évier d'un logis saisonnier, « cabanon » à Pigerolles.
Dans les pigeonniers, les boulins peuvent être constitués de petits caissons en menuiserie (IA05001617) ou de demi-corbeilles de vannerie suspendues à des clous (IA05001594).
Boulin en vannerie dans le pigeonnier d'un « cabanon », à Pigranier.
Boulins en menuiserie, entrepôt agricole au Collet.
III.4. Structure, élévation, distribution
III.4.1. Structure, élévation, distribution : façades et structuration des niveaux
Pour 83 % des entrepôts agricoles du bourg, la façade principale est en mur gouttereau, et pour le reste elle est en pignon. Cette disposition est imposée par l'intégration des bâtiments dans des îlots, la mitoyenneté se faisant souvent par les murs pignons.
Façade en gouttereau, entrepôt agricole au bourg.
Façade en gouttereau, entrepôt agricole au bourg.
Façade en pignon d'un entrepôt agricole, au bourg.
La situation est différente pour les bâtiments dispersés, dont la façade est majoritairement en pignon (52 %) plutôt qu'en gouttereau (48 %), ce phénomène étant à mettre notamment au compte des « cabanons » pour lesquels la proportion de façades en pignon monte à près des trois quarts des cas (72 %).
FACADES MURS | Mur gouttereau | Mur pignon |
commune | 63 % | 37 % |
bourg | 83 % | 17 % |
dispersé | 48 % | 52 % |
« cabanons » | 28 % | 72 % |
Façade en pignon d'un « cabanon », aux Basses Graves.
Façade en pignon d'un « cabanon », à Montlahuc.
Façade en pignon d'un « cabanon », au Merdaric.
Façade latérale d'un « cabanon », au Serre des Costes.
Un peu moins de la moitié (44 %) des entrepôts agricoles dispersés comportent un seul niveau, un tiers (33 %) deux niveaux, et près d'un quart (23 %) trois niveaux. Au bourg, seulement 8 % des bâtiments comportent un seul niveau, près des trois quarts (70 %) deux niveaux, 20 % trois niveaux et un bâtiment compte quatre niveaux. Les « cabanons » disposent de façon assez égale d'un, deux ou trois niveaux.
NIVEAUX | Un | Deux | Trois | Quatre |
commune | 28 % | 49 % | 22 % | 1 % |
bourg | 8 % | 70 % | 20 % | 2 % |
dispersé | 44 % | 33 % | 23 % | 0 % |
« cabanons » | 31 % | 38 % | 31 % | 0 % |
III.4.2. Structure, élévation, distribution : structuration des étages
Du fait d'un relief marqué, plus de la moitié des entrepôts agricoles possèdent un étage de soubassement (56 % au bourg, 60% dans le dispersé, 52 % des « cabanons ») et 8 % des bâtiments du bourg en comptent deux.
D'une manière générale, la disposition « étage de soubassement + rez-de-chaussée surélevé OU + étage de comble » est la plus répandue, regroupant 29 % du corpus communal. La seconde disposition la plus fréquente est celle d'un unique étage de soubassement (17 % du corpus). Pour les seuls « cabanons », c'est la disposition « rez-de-chaussée + 1 étage carré OU + 1 étage de comble » qui est la plus courante (41 % des cas).
ETAGES DE SOUBASSEMENT | Un étage de soub. | Deux étages de soub. | Trois étages de soub. | Sans objet |
commune | 59 % | 3 % | 0 % | 38 % |
bourg | 56 % | 8 % | 0 % | 36 % |
dispersé | 60 % | 0 % | 0 % | 40 % |
« cabanons » | 52 % | 0 % | 0 % | 48 % |
Entrepôt agricole avec deux étages de soubassement, au bourg.
Entrepôt agricole avec un étage de soubassement, au bourg.
Vue de volume d'un grand « cabanon » à Montlahuc : fenil sur étable-resserre en étage de soubassement.
III.4.3. Structure, élévation, distribution : fonctions des étages
Le premier niveau des entrepôts agricoles (étage de soubassement ou rez-de-chaussée selon les cas) est dédié à une fonction unique pour 27 % du corpus communal (35 % au bourg, 22 % dans le dispersé), sinon il associe de deux à quatre fonctions.
Ce premier niveau est utilisé comme remise agricole (trois-quarts du corpus dispersé et près des deux-tiers du corpus aggloméré), comme étable (deux-tiers du corpus aggloméré et la moitié du corpus dispersé) ou comme bergerie (7 % des bâtiments dispersés).
Dans plus de la moitié des bâtiments dispersés, ce premier niveau peut aussi servir de resserre, ce qui est également le cas dans un quart des bâtiments du bourg. La présence d'un cellier a été repérée dans quelques bâtiments. Il est éventuellement complété par un cuvage, dont l'existence passée se limite souvent à une trappe vinaire ménagée dans le couvrement pour faire passer la vendange dans la cuve de fermentation (IA05001599, voir aussi le dossier thématique dédié à la viti-viniculture dans l'est des Baronnies provençales : IM05004629). Enfin, 15 % des entrepôts agricoles dispersés disposent d'un logis saisonnier au premier niveau, proportion qui concerne un quart des « cabanons ».
Parmi ces derniers, on note que l'association « remise + resserre » est observée dans 72 % des cas, complétée par une troisième fonction dans près des deux-tiers des cas (étable, logement, poulailler). La multifonctionnalité est d'ailleurs l'une des caractéristiques importantes de ces « cabanons », malgré l’exiguïté relative des pièces.
Quelques autres fonctions ont ponctuellement été repérées : poulailler, étable à cochon, séchoir, fenil, four à pain (deux cas au bourg) ou pigeonnier (un cas en dispersé). Dans certains entrepôts agricoles du bourg, une source captée ou un bassin recueillant les eaux de percolation ont été repérés (IA05001579).
FONCTIONS DU 1er NIVEAU | remise | étable | bergerie | resserre | cellier | cuvage | logement |
commune | 71 % | 57 % | 7 % | 41 % | 5 % | 4 % | 8 % |
bourg | 65 % | 68 % | 0 % | 23 % | 7 % | 5 % | 0 % |
dispersé | 75 % | 49 % | 13 % | 55 % | 4 % | 4 % | 15 % |
« cabanons » | 86 % | 66 % | 0 % | 79 % | 3 % | 3 % | 24 % |
NOTA : le premier niveau pouvant posséder plusieurs fonctions différentes, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Localisation des « bergeries » sur le territoire communal.
Vue d'ensemble d'une bergerie, au Pas du Terme.
Vue de volume d'une bergerie, au Pas du Terme.
Vue de volume d'une bergerie, au Col de l'Archimbaou.
Niches à poules dans le mur d'une étable-resserre, « cabanon » au Moulin.
Etable-remise-resserre dans un petit « cabanon », à Pié Léger.
Lorsqu'il existe, le deuxième niveau des entrepôts agricoles (rez-de-chaussée surélevé, étage carré ou étage de comble selon les cas) est dédié à une fonction unique pour 30 % des bâtiments du bourg et 63 % de ceux qui sont dispersés.
Au bourg, ce deuxième niveau est avant tout utilisé comme fenil (81 %) et/ou comme séchoir (54 %). Dans le dispersé, il s'agit en revanche principalement d'un logis saisonnier (67 %) et/ou d'un séchoir, cette proportion montant à 80 % pour les « cabanons ». Un pigeonnier a été repéré dans deux « cabanons ».
FONCTIONS DU 2ème NIVEAU | fenil | séchoir | remise | resserre | logement | pigeonnier |
commune | 57 % | 35 % | 7 % | 7 % | 36 % | 3 % |
bourg | 81 % | 54 % | 14 % | 11 % | 11 % | 0 % |
dispersé | 27 % | 43 % | 0 % | 3 % | 67 % | 7 % |
« cabanons » | 5 % | 35 % | 0 % | 5 % | 80 % | 10 % |
NOTA : le deuxième niveau pouvant posséder plusieurs fonctions différentes, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Lorsqu'il existe, le troisième niveau des entrepôts agricoles (étage carré ou étage de comble selon les cas) est dédié à une fonction unique pour 44 % des bâtiments du bourg et 67 % de ceux du dispersé.
Ce troisième niveau est avant tout utilisé comme séchoir (trois quarts des cas, que ce soit au bourg ou dans le dispersé) et/ou comme fenil (plus de la moitié des cas au bourg mais seulement 8 % ailleurs). La présence d'un logis saisonnier au troisième niveau a été relevée pour la moitié des bâtiments dispersés. Dans près des deux tiers des « cabanons » disposant d'un troisième niveau, celui-ci accueille un pigeonnier.
Vue de volume d'un fenil en deuxième et troisième niveaux, entrepôt agricole au bourg.
Vue de volume d'un fenil en deuxième et troisième niveaux, entrepôt agricole au bourg.
FONCTIONS DU 3ème NIVEAU | fenil | séchoir | logement | pigeonnier |
commune | 29 % | 76 % | 0 % | 33 % |
bourg | 56 % | 78 % | 0 % | 11 % |
dispersé | 8 % | 75 % | 0 % | 50 % |
« cabanons » | 0 % | 75 % | 0 % | 63 % |
NOTA : le troisième niveau pouvant posséder plusieurs fonctions différentes, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Dans le seul bâtiment disposant d'un quatrième niveau (situé au bourg), celui-ci est occupé par un fenil-séchoir et un pigeonnier.
Sur l'ensemble du corpus dispersé, tous étages confondus, la présence d'un logis saisonnier concerne 51 % des bâtiments, proportion qui monte à 79 % pour les seuls « cabanons ». On en trouve également deux au bourg. Quant à la présence d'un pigeonnier, elle se rencontre dans 16 % des bâtiments dispersés (24 % des « cabanons ») et dans 5 % de ceux agglomérés.
III.4.4. Structure, élévation, distribution : accès et circulations
L'accès au bâtiment s'effectue grâce à une porte unique pour 55 % du corpus dispersé, 48 % des « cabanons » et 23 % du corpus du bourg. Au bourg, cette porte est percée très majoritairement dans le mur gouttereau (78 % des cas). Mais pour les bâtiments dispersés, il s'agit surtout du mur pignon (73 % des cas, 79 % pour les « cabanons »).
Dans le cas d'entrepôts possédant plusieurs portes d'accès percées sur une seule et même élévation (3 % du corpus aggloméré, 4 % des « cabanons », 7 % du dispersé), celles-ci percées indifféremment sur le mur gouttereau ou sur le mur pignon.
Les bâtiments possédant plusieurs portes percées sur des élévations différentes correspondent à 75 % du corpus du bourg, à 48 % des cabanons et à 36 % de celui du dispersé. Ces portes permettent un accès orthogonal dans 47 % des cas au bourg et 55 % des cas ailleurs (seulement 43 % des « cabanons »). Sinon, elles sont affrontées en gouttereau (40 % des cas au bourg, 25 % en dispersé, 21 % des « cabanons ») ou en pignon (13 % au bourg, 20 % en dispersé, 36 % des « cabanons »).
La présence de baies fenières concerne 83 % des entrepôts agricoles du bourg, mais seulement 16 % de ceux dispersés. Au bourg, elles sont percées en façade arrière (45 % des cas), en façade principale (29 % des cas) ou en façade latérale (26 %) ; très ponctuellement, elles se trouvent sur deux façades. Pour le dispersé, elles sont percées en façade arrière (50 %), latérale (38 %) ou principale (12 %). Au bourg, ces baies fenières consistent en une porte basse pour 64 % des bâtiments, sinon une porte haute (27 %) et, en quelques cas, les deux types de portes peuvent être associés voire même superposés pour un cas. Dans le dispersé, la répartition se fait à égalité entre porte basse et porte haute. Un seul « cabanon » dispose d'une baie fenière, placée en façade arrière.
Aire à battre et porte fenière d'un entrepôt agricole au bourg.
Baie fenière sur un entrepôt agricole au bourg.
Baie fenière sur un entrepôt agricole au bourg.
La présence d'un escalier de distribution extérieur a été notée pour seulement 20 % des entrepôts agricoles du bourg et 18 % de ceux dispersés. Pour les seuls « cabanons », cette proportion monte à 28 %. Dans tous les cas, il s'agit d'un escalier maçonné, qui peut être installé parallèlement à la façade (cinq cas) ou plus rarement perpendiculairement. Certains escaliers peuvent être prolongés d'un palier extérieur (quatre cas) installé sur une logette (IA05001595, IA05001598, IA05001605, IA05001608).
Les escaliers intérieurs sont rares : leur absence est attestée pour plus de la moitié des bâtiments ayant deux niveaux ou plus. Quelques-uns ont néanmoins été observés, par exemple entre étable de soubassement et rez-de-chaussée (IA05001580). Dans quelques « cabanons », une échelle de meunier desservant l'étage le plus haut a été repérée.
Escalier extérieur, entrepôt agricole au bourg.
Escalier extérieur, « cabanon » au Grand Pré.
Echelle entre une étable-remise et un fenil, entrepôt agricole au bourg.
Trappe d'accès à un séchoir, prévue pour une échelle, « cabanons » aux Coings.
III.5. Toit et couverture
III.5.1. Toit et couverture : forme du toit
Au bourg de Rosans, 60 % des entrepôts agricoles sont couverts par un toit à un pan et 40 % par un toit à longs pans. Parmi les bâtiments dispersés, 86 % sont couverts par un toit à longs pans et seulement 10 % par un toit à un pan. Un bâtiment associe les deux types de toitures. Tous les « cabanons » sont couverts par un toit à longs pans, sauf un qui possède un toit en pavillon (IA05001594). On note par ailleurs que 10 % des toits à longs pans sont asymétriques.
Un « cabanon » en bois, au Grand Pré (IA05001604) dispose d'un toit à forte pente couvert en tuile plate mécanique. Tous les autres toits sont en pente douce.
TOITS | Un pan | dont 1 pan + croupe | Longs pans | dont longs pans + croupe | Un pan + longs pans | Pavillon |
commune | 33 % | 0 % | 65 % | 0 % | 1 % | 1 % |
bourg | 60 % | 0 % | 40 % | 0 % | 0 % | 0 % |
dispersé | 10 % | 0 % | 86 % | 0 % | 2 % | 2 % |
« cabanons » | 0 % | 0 % | 96 % | 0 % | 0 % | 4 % |
III.5.2. Toit et couverture : charpente
L'observation de la charpente n'a été possible que pour 45 % du corpus communal, 40 % au bourg et 49 % dans le dispersé.
D'une manière générale, elle est presque toujours à pannes, parfois renforcées par des chevrons (par exemple IA05001583). Seuls quatre cas de charpentes à fermes ont été repérés. La charpente du « cabanon » à toit en pavillon (IA05001594) utilise uniquement des chevrons.
Charpente à pannes et tuiles creuses posées sur chevrons en quartons, entrepôt agricole au bourg.
Charpente à pannes et couverture en tuiles creuses sur chevrons en quartons, entrepôt agricole au bourg.
Charpente à ferme, « cabanon » en bois au Grand Pré.
III.5.3. Toit et couverture : avant-toit et saillie de rive
L'observation de ce critère n'a pas été possible pour 35 % des bâtiments repérés (30 % au bourg, 38 % en dispersé, 24 % des « cabanons »), soit à cause de la ruine de la toiture, soit à cause de sa réfection récente. Dans 10 % des cas, un même bâtiment dispose de deux types d'avant-toits différents selon la façade.
Au bourg, 14 % des avant-toits sont constitués d'un débord de lauzes de grès, 25 % d'un débord des tuiles de couvertures, 4 % d'un débord de chevrons de toiture. Ce sont les génoises qui sont les plus fréquentes : un rang (39 %), deux rangs (18 %) ou trois rangs (4 %, IA05001590).
Dans le dispersé, la situation est assez similaire avec 6 % des avant-toits constitués d'un débord de lauzes de grès, 21 % d'un débord des tuiles, 18 % du débord des chevrons. Les génoises à un rang regroupent 50 % des occurrences, celles à deux rangs 12 % et celle à trois rangs 3 %. Pour ces dernières, il s'agit du « cabanon » déjà évoqué couvert d'un toit en pavillon (IA05001594). D'une manière générale, 31 % des génoises sont peintes (54 % pour les seuls « cabanons ») : en blanc dans les trois-quarts des cas, plus exceptionnellement en beige, gris ou noir. Sur quelques bâtiments, les génoises sont agrémentées d'une rangée de briques (IA05001609).
AVANT-TOITS (corpus hors non significatif) | Débord de lauzes | Débord des tuiles | Débord des chevrons | 1 rang de génoise | 2 rangs de génoise | 3 rangs de génoise |
commune | 10 % | 23 % | 11 % | 45 % | 15 % | 3 % |
bourg | 14 % | 25 % | 4 % | 39 % | 18 % | 4 % |
dispersé | 6 % | 21 % | 18 % | 50 % | 12 % | 3 % |
« cabanons » | 5 % | 23 % | 23 % | 41 % | 9 % | 5 % |
NOTA : quelques bâtiment (10 % du corpus) pouvant posséder plusieurs types d'avant-toits différents, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Avant-toit en lauzes de grès, entrepôt agricole au bourg.
Avant-toit constitué du débord de la couverture en tuile creuse, entrepôt agricole à Pié Léger.
Avant-toit constitué d'un rang de génoise avec passage de l'angle en éventail, entrepôt agricole au Serre des Costes.
Au bourg, 7 % des saillies de rives sont constituées d'un débord de lauzes de grès, 32 % du débord des tuiles de couverture, 4 % du débord de la charpente, 28 % d'un rang de génoise et 4 % de deux rangs de génoise. 28 % des bâtiments ne sont pas concernés par ce critère car leurs murs pignons sont mitoyens.
Dans le dispersé, on relève 6 % pour les débords de lauzes, 26 % pour les débords de tuiles, 17 % pour les débords de charpente, 40 % pour un rang de génoise, 11 % pour deux rangs de génoise. 3 % des bâtiments ne possèdent pas de saillie de rive.
De façon quasi-systématique, le passage de la génoise entre l'avant-toit et la saillie de rive, au niveau de la chaîne d'angle, est traité en éventail.
SAILLIES DE RIVE (corpus hors non significatif) | Débord de lauzes | Débord des tuiles | En charpente | 1 rang de génoise | 2 rangs de génoise | Sans objet (mitoyen.) |
commune | 7 % | 28 % | 12 % | 35 % | 8 % | 13 % |
bourg | 8 % | 32 % | 4 % | 28 % | 4 % | 28 % |
dispersé | 6 % | 26 % | 17 % | 40 % | 11 % | 3 % |
« cabanons » | 5 % | 29 % | 24 % | 33 % | 10 % | 0 % |
NOTA : quelques bâtiment (3 % du corpus) pouvant posséder plusieurs types de saillies de rive différentes, les totaux sont supérieurs à 100 %.
Avant-toit et saillie de rive en lauzes de grès, « cabanon » à la Longeagne.
Avant-toit et saillie de rive en lauzes de grès, entrepôt agricole au bourg.
Saillie de rive avec un rang de génoise, façade en pignon d'un petit « cabanon » au Serre des Costes.
Saillie de rive avec un rang de génoise, entrepôt agricole au Serre des Costes.
Saillie de rive avec deux rangs de génoise et briques creuses, façade en pignon d'un « cabanon » à la Longeagne
III.5.4. Toit et couverture : couverture
Les matériaux modernes, notamment les plaques ondulées de fibrociment, représentent plus de la moitié (58 %) des couvertures des bâtiments situés au bourg et un quart (25 %) de celles situées ailleurs, proportion identique pour les seuls « cabanons ».
La tuile creuse demeure toutefois le matériau de couverture traditionnel ; on la rencontre encore sur 38 % des bâtiments du bourg et 55 % de ceux dispersés (50 % pour les « cabanons »). Dans quelques bâtiments très éloignés (la Combe, Combe Cristol...), ce sont des tuiles creuses de second choix (déformées à la cuisson) qui étaient placées sur les toits. Les tuiles sont généralement posées sur quartons, mais quelques cas de tuiles posées sur un plancher de sous-toiture ont été observés (IA05001595). Depuis le dernier quart 20e siècle, elles sont désormais posées par dessus des plaques de fibrociment.
Couverture en tuile creuse, « cabanon » à Pigerolles.
Couverture en tuile creuse, « cabanon » à Pigranier.
Tuiles creuses de second choix (déformées) tombées de la couverture d'un entrepôt agricole ruiné, à Roche Pourrie.
Tuiles creuses de second choix (déformées) tombées de la couverture d'un entrepôt agricole ruiné, à Combe Cristol.
La tuile plate mécanique est présente sur 5 % des entrepôts agricoles du bourg et 13 % de ceux dispersés (21 % pour les « cabanons »). Elle a été utilisée dès la construction des bâtiments installés à la fin du 19e siècle et au 20e siècle. Pour d'autres, elle remplace une ancienne couverture en tuiles creuses. Ces tuiles plates mécaniques peuvent provenir de diverses usines, tant locales que régionales et les productions peuvent être mélangées sur une même toiture. Ainsi, un « cabanon » au quartier du Moulin (IA05001593) utilise des tuiles provenant de sept usines différentes, implantées dans cinq localités : Lazer-Laragne, Eyguians, Avignon, Les Milles, Marseille. A la Longeagne, un autre « cabanon » (IA05001595) conserve des tuiles provenant de trois usines marseillaises distinctes et, sur un autre « cabanon » du même quartier, elles proviennent d'Avignon et de Marseille. Au Grand Pré, les deux « cabanons » en bois sont couverts en tuiles plates mécaniques provenant, pour l'un, de Gigondas (Vaucluse) et, pour l'autre, de Manosque (Basses-Alpes) et de Marseille (IA05001604).
Couverture en tuile plate mécanique, « cabanon » en bois au Grand Pré.
Couverture en tuile plate mécanique, « cabanon » au Moulin.
Couverture en tuile plate mécanique, « cabanon » au Moulin.
La tôle, présente sur 10 % des bâtiments dispersés, semble être un matériau de substitution qui remplace la tuile creuse. On note par ailleurs l'existence d'une couverture en tuiles écailles (IA05001596), dont les modules semblent tout à fait similaires à celles utilisées sur le château de Rosans.
Couverture en tuile écaille, « cabanon » au Serre des Costes.
Enfin, il faut souligner la présence de deux couvertures supposées en lauzes de grès, repérées sur des bâtiments ruinés. Ce matériau a probablement été anciennement beaucoup plus utilisé, comme en témoignent les quelques avant-toits et saillies de rive en lauzes déjà évoqués. Par ailleurs, il est possible que des couvertures végétales aient aussi existé par le passé : genêts, planches, etc.
COUVERTURES | Lauze | Tuile creuse | Tuile plate mécanique | Tôle | Matériau moderne |
commune | 2 % | 47 % | 10 % | 5 % | 39 % |
bourg | 0 % | 38 % | 5 % | 0 % | 58 % |
dispersé | 4 % | 55 % | 13 % | 10 % | 25 % |
« cabanons » | 0 % | 50 % | 21 % | 7 % | 25 % |
NOTA : quelques bâtiments (2 % du corpus) pouvant posséder plusieurs matériaux de couverture différents, les totaux sont supérieurs à 100 %.
IV. Typologie
1 – ENTREPOTS AGRICOLES UNIFONCTIONNELS
1.1 – Entrepôt agricole unifonctionnel : fenil (0 % du corpus)
(0 repéré ; 0 sélectionné)
un ou deux niveaux ; fonction unique de fenil / sous-type hangar : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)
1.2 – Entrepôt agricole unifonctionnel : remise ou étable (10 % du corpus)
(9 repérés ; 1 sélectionné (11 %))
un ou deux niveaux ; fonction unique de remise ou d'étable / sous-type hangar : structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée)
2 – ENTREPOTS AGRICOLES MULTIFONCTIONNELS
2.1 – Entrepôt agricole multifonctionnel : fenil sur étable (3 % du corpus)
(3 repérés ; 1 sélectionné (33 %))
deux niveaux ou plus ; fonction double : étable + fenil
2.2 – Entrepôt agricole multifonctionnel : polyvalent avec fenil (46 % du corpus)
(44 repérés ; 17 sélectionnés (39 %))
deux niveaux ou plus ; fonctions multiples + fenil / sous-type hangar : possibilité d'un seul niveau ; structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée).
2.3 – Entrepôt agricole multifonctionnel : polyvalent sans fenil (41 % du corpus)
(39 repérés ; 13 sélectionné (33 %)).
un à plusieurs niveaux ; fonctions multiples + absence de fenil / sous-type hangar : possibilité d'un seul niveau ; structure porteuse à piliers (éventuellement cloisonnée).
Interprétation de la classification
Les données statistiques sur la commune de Rosans montrent que la moitié des entrepôts agricoles n'incluent pas de fenil.
En effet, les entrepôts agricoles unifonctionnels sans fenil (type 1.2), qui représentent 10 % du corpus communal (14 % des bâtiments dispersé), accueillent presque tous une remise ou surtout une bergerie (trois quarts des cas). Ces bâtiments sont dispersés, un seul se trouvant au bourg. Quant aux entrepôts à fonctions multiples sans fenil (type 2.3), ils correspondent à 41 % du corpus communal, 64 % du corpus dispersé ; les « cabanons » relèvent presque tous de ce type. Ce genre de bâtiment abrite préférentiellement une remise (66 % des cas), une resserre (63 %), une étable (38 %), un logement saisonnier (46 %) et/ou un pigeonnier (15 %). La plupart des bâtiments de ce type (90 %) sont dispersés hors des agglomérations. On notera également l'absence totale de bâtiment exclusivement dédié au stockage du fourrage (type 1.1).
Les entrepôts à fonctions multiples intégrant un fenil représentent 49 % du corpus communal, divisé en deux types et 87 % du corpus aggloméré au bourg. Le type 2.1, qui correspond à une association simple de type grange-étable, ne concerne que 3 % des entrepôts agricoles de la commune, tous regroupés au bourg. Le type 2.2 représente 46 % du corpus communal, 80 % de celui du bourg mais seulement 22 % du corpus dispersé. Il correspond très fréquemment au couple étable-fenil, auquel est associé une remise (71 % des cas), une resserre (25 %), un séchoir (66 %), un logement saisonnier (16 %), etc. D'une manière générale, la disposition "fenil sur étable" facilite le nourrissage du bétail en stabulation pendant l'hiver, disposition encore améliorée par l'aménagement fréquent de trappes d'abat-foin entre le fenil et l'étable.
TYPES | 1.1 | 1.2 | 2.1 | 2.2 | 2.3 | Total |
commune | 0 % | 10 % | 3 % | 46 % | 41 % | 100 % |
bourg | 0 % | 3 % | 7 % | 80 % | 10 % | 100 % |
dispersé | 0 % | 14 % | 0 % | 22 % | 64 % | 100 % |
« cabanons » | 0 % | 0 % | 0 % | 3 % | 97 % | 100 % |
Tableau comparatif de la proportion de chaque type d'entrepôt agricole pour la commune de Rosans.
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