Dossier d’œuvre architecture IA00064460 | Réalisé par
Gontier Claudie (Contributeur)
Gontier Claudie

Ingénieur d'étude-chercheur au service régional de l'Inventaire général de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1974 à 2015.

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Fray François (Contributeur)
Fray François

Conservateur du Patrimoine au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1968 à 2004.

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  • inventaire topographique
église paroissiale Saint-Jean-Baptiste
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Dracénie Provence Verdon agglomération - Vidauban
  • Commune Vidauban
  • Adresse place de la République
  • Cadastre 1976 B 474
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Jean-Baptiste

I. Historique

L'église Saint-Jean-Baptiste aurait des substructions du 14e siècle. Pourtant, en 1512, lors du repeuplement de la communauté, il fut question de construire une église. Lors du sac de 1707, elle fut épargnée. Au 18e siècle, des auteurs en disent qu'elle est "peu de chose".

Les archives communales font état, au 19e siècle, des travaux divers effectués au bâtiment de l'église ou à ses abords et des achats de mobilier :

- 1826 : construction d'une tribune dans l'église. Devis dressé par Joseph Alliez, maître-maçon ; adjudicataire : Auguste Lavagne, maître-maçon à Vidauban. Travaux reçus en octobre 18261. ;

- 1827 : construction d'une sacristie. Devis dressé par Joseph Alliez, maître-maçon à Vidauban2 ;

- 1830 : agrandissement et exhaussement du sanctuaire. Plan et devis par Esprit Lantouin (ou Lantoin), architecte du département du Var ; adjudicataire : Louis Gimbert, maître-maçon à Vidauban. Travaux reçus en 18353 ;

- 1830-32 : construction d'une chapelle latérale à l'église pour l'autel Saint-Pons. Plan et devis d'Esprit Lantouin, architecte, novembre 1830. Adjudicataire : Auguste Roux, maître-maçon à Gonfaron. réception des travaux : 18324.

Le clocher a été construit (ou reconstruit ?) à la fin du 19e siècle (1892-1898 ?), par l'architecte B. Reinier.

Inscription relevées sur le clocher :

- Troisième niveau, face sud, base. Signature gravée dans l'enduit : B. REINIER 1898

- Troisième niveau, face sud. Plaque en fonte :

CLOCHER/DU A LA LIBERALITE/DE LA CHATELAINE/Jne REYNARD MARTIN/D'ASTROS

OBTEU PAR LE ZELE/ET LE DEVOUEMENT DE/CHles BLANC CURE

CONSTRUIT D'APRES LES PLANS/DE BENJAMIN REINIER/L'ARCHITECTE ET CONSTRUCTEUR/DES TRAVAUX

- Troisième niveau, face est. Plaque en fonte :

CONSTRUCTEURS/AGRICOL JULIEN/ENTREPRENEUR EN MACONNERIE/EUGENE SAURIN/ENTREPRENEUR EN FERRONNERIE

- Troisième niveau, face nord. Plaque en fonte. Inaccessible.

II. Description

1. Situation

L'église s'élève à la limite sud-est du village, à l'est de la place de la République sur laquelle donne sa porte principale. Elle est entourée de ruelles au nord et à l'est, d'une rue plus large au sud, débouchant au sud sur une place en limite de la campagne (en 1982).

2. composition d'ensemble

L'édifice forme une masse compacte de tracé légèrement irrégulier du fait du ressaut du collatéral droit, du volume du clocher et de la position de la sacristie entre le choeur et ce collatéral. Le clocher est le seul élément à caractère monumental.

3. Matériaux

L'ensemble des maçonneries est enduit et peint. Quelques chaînages sont visibles sur la façade ouest, en calcaire gris. Le sol est recouvert de carreaux polychromes industriels du 19e siècle. La structure du dôme du clocher est une charpente métallique composée de huit demi-fermes à croix de saint André en fer plat (5 x 0,6 cm) et en fer en L (6 et 4 x 0,6 cm) rivetées alternant avec 16 fers en T englobés dans la maçonnerie de brique creuse. La structure est renforcée par une ceinture de béton en bas ainsi qu'une ceinture métallique en haut sur laquelle est boulonné le lanternon métallique, lui-même riveté.

La couverture du lanternon et la statue de la Vierge sommitale sont en fonte, l'abat-son du clocher (troisième et quatrième niveaux) en ardoise. les décors du clocher sont façonnés sur une âme de brique creuse.

4. Structure

Eglise orientée à nef de quatre travées voûtées en berceau sur doubleaux (oculus circulaire percé dans la voûte da la quatrième travée) et choeur semi-circulaire en cul-de-four. Dans chaque travée de la nef, des arcs en plein-cintre ouvrent sur un collatéral, plus étroit au nord qu'au sud ; chaque travée y est voûtée d'un arc en plein-cintre perpendiculaire à la nef. les travées sont reliées entre elles par des passages en plein-cintre aménagés au revers des piles de la nef.

Une tribune occupe une partie de la première travée de la nef. On y monte par un escalier de 18 marches situé à l'extrémité du collatéral sud. Cet escalier aboutit, après 7 marches supplémentaires, à un étage sous le comble du collatéral. On peut également y accéder par l'escalier en vis en bois situé près de la sacristie qui conduit après 19 marches à l'étage carré de la sacristie puis après 4 marches supplémentaires. De cet étage, 7, 7 et 17 marches en ciment à nez de bois conduisent à une plateforme dans le clocher, puis 13, 9 et 11 autres marches mènent à une plateforme octogonale ; de là, une échelle en fer de 23 marches, puis 6 et 10 autres aboutissent dans le dôme où se trouve le mécanisme de l'horloge. Une échelle monte enfin à la passerelle qui fait le tour du lanternon.

5. Elévations

a. Elévation ouest

Elévation de la nef et aménagement récent (néo-gothique). A droite, en ressaut, le volume de la cage d'escalier de la tribune, avec une sorte de contrefort taluté au nord-ouest, et une porte murée, en plein-cintre ; fenêtre ébrasée, en plein-cintre. Crépi rustique récent.

b. Elévation sud

Elévation banale, enduite, avec ces baies en plein-cintre, à l'exception de la porte de l'escalier de la tribune qui est rectangulaire.

c. Elévation du clocher

Elle interrompt la précédente. Elle comprend quatre niveaux. Les deux premiers, talutés, ont des chaînes d'angle à bossages en table ; fenêtre à chaque niveau, en plein-cintre avec larmier retourné ; forte corniche sur consoles avec agrafe, portant blason et linge pendant à des branches de végétal indéterminé. Au-dessus, élévation octogonale : au troisième niveau, plaques en fonte (?) sur les faces cardinales, fenêtres en plein-cintre sur les faces obliques, devant lesquelles s'élèvent, sur les socles, les statues en fonte des quatre évangélistes. Au quatrième niveau, huit fenêtres en plein-cintre avec larmier retourné et forte corniche sur consoles.

Marques et inscriptions : au troisième niveau, face ouest, plaque en fonte : A MON FRERE/MAXIMIN MARTIN/J. REYNARD MARTIN

d. Elévation est

Pignon plat du chevet. Percements murés. Elévation banale de la sacristie.

e. Elévation nord

- côté du choeur : lunette semi-circulaire ;

- débarras : fenêtres en plein-cintre ;

- collatéral : cinq fenêtres en plein-cintre alternent avec quatre contreforts dont deux percés d'une porte (le premier, muré).

6. Comble et couverture

- nef : pannes non équarries reposant sur les doubleaux ;

- collatéraux et sacristie : appentis. Tuile creuse ;

- dôme du clocher : revêtement en ciment noirci, nervures façonnées en ciment.

7. Distribution intérieure

L'ensemble est badigeonné en beige, la voûte en blanc-crème, les doubleaux et la corniche en marron.

a. La nef

- première travée : tambour de porte ; deux grosses colonnes de pierre soutiennent une tribune ;

- tribune : vitrail en façade figurant Jeanne d'Arc.

Sur les faces tournées vers la nef des trois premiers piliers est et ouest : stations du chemin de croix. De part et d'autre du tambour de la porte : stations du chemin de croix. Quatrième pilier : Christ en Croix.

b. Le choeur

Lambris ; bancs de fabriciens côté ouest ; chaire à prêcher en noyer, côté est. Les panneaux de la cuve sont ornés des quatre évangélistes. Le panneau fixé au mur est orné de la colombe représentant l'Esprit saint. Une plaque indique sa provenance : "DON DE Mme VEUVE MACHIS, NEE GAYOL, 17 MAI 1877". Autel de marbre.

c. Collatéral ouest

- première travée : elle est fermée par une grille en fer forgé. Cuve baptismale en marbre avec couvercle en bois. Vitrail : baptême du Christ ;

- deuxième travée : simple table en bois, croix et chandeliers ;

- troisième travée : autel de marbre blanc dédié à l'Immaculée Conception ; de part et d'autre, des statues sont placées sur une console, à gauche, statue de Jeanne d'Arc, à droite, statue de sainte Thérèse ;

- quatrième travée : autel de marbre blanc dédié à sainte Brigitte ; à gauche, statue de femme vêtue d'une robe noir fleurdelisée ; à droite du groupe, sainte Anne et la Vierge ;

- cinquième travée : autel de marbre dédié au Sacré-Coeur. cet autel porte la signature de J. B. Toppia, marbrier-sculpteur, Draguignan. Dans une niche couverte d'une voûte en cul-de-four creusée sur la face sud du pilier séparant la cinquième travée du choeur, sur une console décorée, statue de saint Joseph.

d. Collatéral est

- deuxième travée : autel en marbre noir et blanc, reposant sur des pattes de lion. Le devant de l'autel est orné d'un sablier et d'une faux. Au-dessus est placée une Pietà.

- sur la ceinture du lanternon du clocher, graffiti au crayon :

ORTIZ. PH/FAUCHERIE. A/le 12.3.82/Cable clocle

BARICE CH/2.3.82/VERRIERE

III. Conclusion

L'église semble avoir eu dans un premier état une seule nef, l'aménagement des chapelles et des collatéraux paraissent être une reprise. Le choeur était au départ de plan carré et possédait la même corniche que celle qui subsiste dans la nef. Elle a été supprimée lorsqu'on a élevé le choeur arrondi actuel. Il en reste un vestige dans un réduit situé à l'angle nord-est et éclairé par la demi-lune visible sur la façade nord.

D'autre part, l'escalier de la tribune est une adjonction tardive dans ce qui a pu être une chapelle : on aperçoit des traces de peintures murales figurant des pilastres.

Enfin, l'adjonction du clocher à la fin du 19e siècle illustre l'utilisation d'une structure métallique industrielle bien réalisée mais masquée par un décor. L'église porte la marque, comme d'autres édifices et édicules communaux de l'évergétisme local, celui de la famille propriétaire du château d'Astros.

L'architecte du clocher est l'auteur d'autres constructions sur le terroir de Vidauban.

L'auteur de la plaque commémorative des morts de la guerre de 1914-1918. Ch. Seasal est également auteur des deux monuments aux morts de la commune de Gonfaron.

1A. C. Vidauban, série M1.2A. C. Vidauban, série M3.3A. C. Vidauban, série M4.4A. C. Vidauban, série M10.

Substructions probablement du 14e siècle ; construction début 16e siècle ; 1826 : construction d'une tribune ; 1827 : construction d'une sacristie : devis dressés par Joseph Alliez, maître-maçon ; en 1830 agrandissement, construction d'une chapelle latérale par Lantouin, architecte, Louis Gimbert et Auguste Roux, maîtres-maçons ; en 1892 et probablement 1898 construction du clocher par B. Reynier, architecte.

Située place de la République, l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste est construite en maçonnerie de moellon calcaire enduit. Elle présente un plan allongé à trois vaisseaux et quatre travées, voûte en berceau en couvrement, coupole et abside en cul-de-four. Le toit à longs pans est couvert en tuile creuse, le clocher par du métal.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse, métal en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • cul-de-four
    • coupole
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Techniques
    • sculpture
    • vitrail
  • Représentations
    • Evangéliste
    • Vierge
    • sainte Jeanne d'Arc
    • Baptême du Christ
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Construction d'une tribune dans l'église de Vibaudan, 1826. Archives communales, Vidauban : M1.

    Devis dressé par Joseph Alliez, maître-maçon ; adjudicataire : Auguste Lavagne, maître-maçon à Vidauban. Travaux reçus en octobre 1826.
  • Construction d'une sacristie à l'église de Vidauban, devis dressé par Joseph Alliez, maître-maçon à Vidauban, 1827. Archives communales, Vidauban : M 3.

  • Construction d'une chapelle latérale à l'église de Vidauban pour l'autel Saint-Pons, 1830-1832. Archives communales, Vidauban : M 10.

    Plan et devis d'Esprit Lantouin, architecte, novembre 1830. Adjudicataire : Auguste Roux, maître-maçon à Gonfaron. Réception des travaux : 1832.
  • Agrandissement et exhaussement de l'église de Vidauban, 1830-1835. Archives communales, Vidauban : M 4.

    Plan et devis par Esprit Lantouin (ou Lantoin), architecte du département du Var. Adjudicataire : Louis Gimbert, maître-maçon à Vidauban. Travaux reçus en 1835.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de Vidauban, 1834 / Dessin à l'encre sur papier par Fouque Léandre, Granet, Henry et Sabatier père, 1834. Archives départementales du Var, Draguignan : 3PP_148 / 01 à 39.

Date d'enquête 1986 ; Date(s) de rédaction 1987
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Gontier Claudie
Gontier Claudie

Ingénieur d'étude-chercheur au service régional de l'Inventaire général de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1974 à 2015.

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Fray François
Fray François

Conservateur du Patrimoine au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1968 à 2004.

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