voie ferrée des Chemins de fer de Provence dite du Train des pignes
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton voie ferrée de la ligne Nice - Digne-les-Bains
  • Commune Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Précisions oeuvre située en partie sur le département 06 ;  ; oeuvre située en partie sur le département 04
  • Dénominations
    voie ferrée
  • Appellations
    voie ferrée des Chemins de fer de Provence, Train des pignes

présentation de l'étude de la voie ferrée Chemins de fer de Provence - IA00141297

présentation de l'aire d'étude de la voie ferrée des Chemins de fer de Provence - IA00141311

voie ferrée des Chemins de fer de Provence dite du Train des pignes

ponts des Chemins de fer de Provence - IA00141301

tunnels de la voie ferrée des Chemins de fer de Provence - IA00141300

gares des Chemins de fer de Provence - IA00141299

matériel de transport ferroviaire (ensemble de trois autorails ABH) - IM04001606

section Nice - Puget-Théniers de la voie ferrée des Chemins de fer de Provence - IA06001659

Nice 000+000 gare du Sud - IA06001651

Nice 004+222 souterrain de Bellet - IA06001654

Levens 025+170 pont de la Vésubie - IA06001653

[Levens 025+170 pont Durandy - IA06001655]

Malaussène 030+248 pont ferroviaire de la Mescla - IA06001658

Malaussène 030+335 souterrain de la Mescla - IA06001652

[Malaussène 030+500 pont de La Mescla - IA06001657]

Puget-Théniers 058+347 gare de Puget-Théniers - IA06001656

machine à lever à bâti fixe (grue) - IM06001072

section Puget-Théniers - Saint-André-les-Alpes de la voie ferrée des Chemins de fer de Provence - IA04002116

Entrevaux 059+924 pont de La Trinité - IA04000626

Entrevaux 065+004 galerie couverte d’Entrevaux - IA04002082

Entrevaux 068+750 aqueducs-galeries dits les éléphants des Cornillons - IA04000642

Saint-Benoît 070+128 pont de Gueydan - IA04000627

Saint-Benoît 074+556 viaduc du Gros-Vallon - IA04000629

Saint-Benoît 075+681 viaduc de La Donne - IA04000624

Annot 075+954 galerie couverte des Scaffarels - IA04000637

Annot 076+126 souterrain des Scaffarels - IA04000637

Annot 078+122 gare d’Annot - IA04000641

machine à marquer (composteur) - IM04001607

Annot 078+841 viaduc de la Beïte - IA04000625

Le Fugeret 082+119 viaduc de Fontbouisse - IA04000622

Le Fugeret 082+402 viaduc des Rayets - IA04000628

Le Fugeret 083+842 voie ferrée (les lacets du Fugeret) - IA04000638

Méailles 087+547 viaduc de la Guillaumasse - IA04000630

Méailles 088+290 viaduc de Maouna - IA04000631

Thorame-Haute 090+500 souterrain de la Colle Saint-Michel - IA04000621

mire dite pyramide de la Colle Saint-Michel - IA04000634

Thorame-Haute 093+986 pont ferroviaire sur le Verdon - IA04000643

Thorame-Haute 095+203 viaduc de Thorame - IA04000632

Thorame-Haute 095+477 gare de Thorame-Haute - IA04000640

mur de souttènement - IA04002346

machine à lever à bâti fixe (grue) - IM04001157

machine à peser dit pont-bascule - IM04001158

La Mure-Argens 103+023 pont de quarante mètres - IA04000633

section Saint-André-les-Alpes - Digne-les-Bains de la voie ferrée des Chemins de fer de Provence - IA04002117

Saint-André-les-Alpes 106+116 gare de Saint-André-les-Alpes - IA04000639

hôtel de voyageurs : Le Grand Hôtel - IA04002113

machine à lever à bâti fixe (grue) - IM04002548

Moriez 107+511 souterrain du Col de Moriez - IA04000636

Moriez 110+078 viaduc de Moriez - IA04000635

Barrême 118+758 gare de Barrême - IA04001879

Digne-les-Bains 142+850 souterrain des Hermittes - IA04002130

Digne-les-Bains 147+976 pont de la Bléone - IA04001897

Digne-les-Bains 150+047 gare de Digne-les-Bains - IA04001214

ensemble de deux machines à lever à bâti fixe (grues) - IM04001605

REMARQUE

083+842 Souterrain de Notre-Dame (191 m) - voir la notice : voie ferrée (les lacets du Fugeret) IA04000638

084+488 Souterrain du Fugeret (509 m) - voir la notice : voie ferrée (les lacets du Fugeret) IA04000638

La ligne ferroviaire du « Train des Pignes » qui relie Nice à Digne-les-Bains est la dernière ligne en service de l’ancien réseau des Chemins de fer du Sud de la France. Ce réseau à écartement métrique a la particularité de n’avoir jamais été exploité par la Compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) ni par la SNCF créée en 1938. Il s’est constitué dans le dernier quart du 19e siècle et n’a été achevé que peu avant la Première Guerre mondiale. Dès les années 1860, un premier projet de voie ferrée entre Nice et Digne-les-Bains, portion d’une voie entre Lyon et Nice par les Alpes, est imaginé par le célèbre ingénieur Beau de Rochas. En 1883, un premier chantier est ouvert. Il s’agit d’une ligne Digne-les-Bains - Draguignan, dont les travaux commencent entre Digne-les-Bains et Saint-André-les-Alpes. Cette ligne devait offrir à terme une liaison Nice - Digne-les-Bains en passant par Castellane, Draguignan et Grasse. Au même moment se dessine le projet d’une voie ferrée longeant le Var pour désenclaver Puget-Théniers en établissant une liaison ferroviaire avec Nice. En 1884, devant l’explosion du coût des travaux, les autorités décident que ces nouvelles voies ne seront pas construites avec l’écartement normal entre les deux rails comme cela était jusqu’alors prévu, mais avec un écartement d’un mètre seulement. Ce dernier système permet en effet de réduire les coûts de construction. Cette modification sera lourde de conséquence : les trains du nouveau réseau ne pouvant pas rouler sur les voies du PLM, ce dernier décide se retirer du projet. Une nouvelle compagnie, chargée de réaliser et d’exploiter ce réseau spécifique, doit alors être constituée. Ce sera fait en décembre 1885, avec la naissance de la Compagnie des chemins de fer du sud de la France. Les chantiers des autres lignes concédées à cette compagnie progressent rapidement dans les années 1880 et 1890. Sont ainsi construites la ligne de Nice à Meyrargues, au nord d’Aix-en-Provence, passant par Grasse, Draguignan et le centre Var (cette ligne prendra le nom de « Central Var ») et la ligne de Toulon à Saint-Raphaël par le littoral varois. Il en va tout autrement pour les lignes du nord. Malgré l’élan insufflé par le vaste programme de construction ferroviaire du ministre Charles de Freycinet en 1878-1879, la rigueur budgétaire l’emporte vite. Il apparaît alors que les travaux déjà engagés dans le département des Alpes-de-Haute-Provence (qui s’appelle encore les Basses-Alpes) et celui des Alpes-Maritimes peuvent facilement offrir une liaison entre Nice et Digne-les-Bains en passant par Puget-Théniers, ce qui permet de sacrifier à bon compte la ligne Digne-les-Bains - Draguignan. La portion déjà construite dans les Alpes-de-Haute-Provence, entre Digne-les-Bains et Saint-André-les-Alpes, devient ainsi l’extrémité de la ligne Nice - Digne-les-Bains par Puget-Théniers. Achever cette jonction prendra des années. Dès 1892 la portion Digne-les-Bains - Saint-André-les-Alpes est mise en service, tout comme celle qui va de Puget-Théniers à Nice. Mais il faut attendre 1911 pour voir un premier train circuler entre Saint-André-les-Alpes et Puget-Théniers. Car la liaison entre ces deux villes distantes de 31 km à vol d’oiseau impose de franchir un relief imposant, la première étant située dans la vallée du Verdon, affluent de la Durance, et la seconde dans celle du Var. Mais cette ligne peu rapide connait très vite d’importantes difficultés financières. Son exploitation est reprise, sous séquestre, par l’administration des Ponts-et-Chaussées en 1933. Le matériel roulant est progressivement remplacé et la voie de chemin de fer connait un véritable renouveau, notamment pendant la guerre, aussi bien pour le trafic des marchandises que pour celui des voyageurs. Malgré les pénuries et les restrictions en tout genre, la période du conflit reste celle de la plus grande activité de la ligne. Le trafic est alors à son apogée, et le train joue un rôle important dans la mise en place et la conduite des actions de la Résistance dans cette partie du territoire. Les bombardements alliés et les destructions opérées par l’armée allemande en retraite en 1944 portent un coup fatal à l’ancien réseau des Chemins de fer du sud de la France. Les destructions nombreuses qu’ils occasionnent entraînent en effet l’arrêt définitif du « Central Var ». La ligne du littoral ferme, quant à elle, en 1948. Seule reste en état de marche la ligne du nord, dans les Alpes-de-Haute-Provence et dans les Alpes-Maritimes. Après-guerre, l’Etat continue d’assurer son exploitation. Il en reprend même l’entière propriété en 1952. Mais durant toute la seconde moitié du 20e siècle, de sérieuses menaces s’amoncellent. À plusieurs reprises, des rapprochements sont envisagés avec la SNCF, qui n’aboutissent pas. Le train subit la concurrence de la route et le trafic baisse régulièrement. En 1968, devant la volonté de l’État de se désengager et face aux menaces de fermeture de la ligne, les collectivités locales se regroupent en un Syndicat mixte Méditerranée-Alpes (SYMA) et interviennent pour garantir la viabilité de l’exploitation qui est alors confiée à une nouvelle entreprise privée. Cette compagnie, les Chemins de fer et transports automobiles, a depuis recréé la Compagnie ferroviaire du Sud-France qu’elle a chargée d’exploiter la ligne. Dans ce nouveau cadre administratif, la ligne connait une relative pérennité, et survit à plusieurs crises exceptionnelles, comme la destruction de larges pans de la voie par la crue de 1994. Après des décennies d’expectatives, un plan de modernisation est finalement adopté en 2000. En 2007, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur remplace le SYMA et reprend à son compte le plan de modernisation. La Compagnie ferroviaire du Sud-France, qui assure toujours l’exploitation commerciale de la ligne, est une filiale de Veolia Transport.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle

La ligne des Chemins de fer de Provence est une ligne de moyenne montagne qui traverse des territoires peu propices au passage d'une voie ferrée. Elle relie Nice à Digne-les-Bains sur un parcours de 150 km aménagé en voie unique, les évitements qui permettent aux trains de se croiser étant réservés aux gares. Elle suit sur presque toute sa longueur le couloir naturel formé par le cours des rivières qui ont creusé les vallées fortement encaissées des Alpes du sud, ce qui la contraint malgré tout à devoir traverser de nombreuses clues. De Nice à Digne-les-Bains, la ligne commence par remonter le cours du Var sur une soixantaine de kilomètres, puis ceux de ses affluents le Coulomp et la Vaïre, avant de changer de bassin versant pour descendre les cours du Verdon puis de l'Asse. Elle quitte cette rivière à Châteauredon d'où elle part à travers les terres sur une dizaine de kilomètres avant d'arriver à Digne-les-Bains. C'est donc une ligne qui rencontre de très nombreux obstacles naturels. Les changements d'altitude (de 20 m à Nice à 610 m à Digne-les-Bains, en passant par un point culminant à 1 022 m à la sortie du tunnel de la Colle Saint-Michel) ont imposé des pentes très fortes qui sont pourtant parmi les principaux ennemis des ingénieurs ferroviaires. Le relief accidenté a par ailleurs entrainé la construction d'un très grand nombre d'ouvrages d'art. Malgré sa faible longueur, la ligne compte ainsi une trentaine de tunnels dont 7 de plus de 500 m. On dénombre aussi une cinquantaine de ponts de plus de 10 m de longueur dont 10 viaducs de plus de 100 m. Encore faut-il ajouter à ces viaducs et ponts de grande dimension une myriade de ponceaux ainsi que les digues, travaux d'enrochement et surtout les nombreux murs de soutènement construits soit pour porter la voie, soit pour la protéger des terres qui la surplombent.