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fournils du Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var

Dossier IA04000243 réalisé en 2004

Fiche

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Définition du corpus

Terminologie

Définitions extraites du Thésaurus de la désignation des œuvres architecturales et des espaces aménagés. Inventaire général du patrimoine culturel. Ministère de la culture et de la communication. Collection Documents et Méthodes n°7 (réédition revue et complétée, 2013) :

- fournil : local (généralement de dimensions habitables) où l'on fabrique la pâte à pain et dans lequel se trouve le four.

- four à pain : ouvrage dans lequel on fait cuire le pain.

Le langage courant désigne ces deux types de construction sous l'appellation unique de "four à pain". Le présent dossier traite à proprement parler des fournils indépendants, soit communaux, soit appartenant à l'origine à une association de particuliers liés par un consortage, à l'exclusion des bâtiments ou locaux compris dans un édifice privé (ferme, maison).1

Corpus

Le repérage du bâti sur le territoire du Pays a été effectué entre 2003 et 2014. Le recensement s'est fait à partir du cadastre le plus récent disponible. L'enquête a donné lieu à l'établissement de 35 dossiers portant sur des fournils communaux ou collectifs localisés dans 21 communes : Allons, Allons, Angles, Annot, Blieux, Castellane, Castellet-lès-Sausses, Colmars, Entrevaux , La Garde, La Mure-Argens, La Palud-sur-Verdon, Lambruisse, Le Fugeret, Moriez, Rougon, Saint-André-les-Alpes, Saint-Julien-du-Verdon, Sausses, Thorame-Basse, Ubraye, Vergons. Par ailleurs, 12 autres fournils ont été repérés, portant le total des fournils recensés à 47.

Fournils repérés

- Allos : à Villard Haut et au Seignus Haut.

- Colmars : à Chaumie Haut.

- Beauvezer : à Villars-Heyssier

- Demandolx : à Aco de Chaix et à Ville (ruines).

- Peyroules : aux Ricards, aux Girauds et à Ville (ruines).

- Soleilhas : dans le village.

- Thorame-Haute : au village et à Ondres.

Beauvezer. Fournil de Villars-Heyssier.Beauvezer. Fournil de Villars-Heyssier. Peyroules. Ville. Ruines du fournil.Peyroules. Ville. Ruines du fournil. Peyroules. fournil des Girauds.Peyroules. fournil des Girauds. Soleilhas, fournil du village.Soleilhas, fournil du village. Thorame-Haute. Fournil d'Ondres, vue de volume.Thorame-Haute. Fournil d'Ondres, vue de volume.

Fournils documentés

Les enquêtes de terrain et le dépouillement des archives ont par ailleurs établi un complément d'information pour les communes suivantes :

- Beauvezer : les fournils en consortage de la Combe et du Plan signalés dans l'état de section de 1827, ont disparu. Celui appartenant à la "commission syndicale du moulin", aujourd'hui transformé en maison, n'a pas été visité. Les archives signalent que la commune de Beauvezer fait refaire son four communal en 1901 par Félix Granelle2 fabricant à Biot. Or aucun fournil communal n'a été identifié lors de l'enquête de terrain. On peut émettre l'hypothèse que ce four communal ait été aliéné au profit d'un boulanger professionnel. En effet, un four de boulanger situé dans la maison de la parcelle D394, dans le village, présente de fortes similarités avec les fours de Biot, notamment la stéréotomie de la coupole. Voir le dossier village de Beauvezer.

- Braux : le fournil communal signalé dans l'état de section du cadastre ancien, existe toujours, très transformé (section C, parcelle 257). En 1911 le conseil municipal y a fait effectuer des réparations, probablement par le fabricant de Biot Nicolas Granelle. L'ampleur des réparations n'est pas précisée dans les archives mais il est possible que Granelle ait livré un four complet.

- Chaudon-Norante : le fournil du village de Norante a disparu au cours des années 1950.

- Méailles : le fournil communal a été démoli au début des années 1970.

- Saint-Benoît : le fournil communal (non localisé) a été reconstruit en 1927.

- Saint-Pierre : l'état de section du cadastre de 1817 ne mentionne qu'un seul four pour toute la commune. Il s'agit d'un four privé implanté à l'entrée du village et alors en ruine. D'après les archives, cette situation perdure jusqu'au 20e siècle. Le 12 décembre 1936, le conseil municipal décide "... d'autoriser le maire à faire dresser par Mr Lalauze ingénieur conseil de la commune, un projet de four municipal...". La situation est alors critique pour la commune, productrice de blé et propriétaire d'un moulin à farine, mais qui est obligée de se pourvoir en pains à Puget-Théniers. Un fournil en ruine a été repéré lors de l'enquête, dans la partie haute du village (1935 A2 276 ) : s'agit-il de la réalisation souhaitée en 1936 ?

- Tartonne : un fournil communal existait au hameau du Viable, attesté par des travaux d'entretien en 1895.

- Thorame-Basse : les fournils communaux signalés dans l'état de section de 1827 à La Bâtie ont disparu, ceux du village, de Moustiers et de Château-Garnier, inaccessibles et/ou transformés, n'ont pas été étudiés.

- Thorame-Haute : les fournils en consortage de La Royère et de la Rivière, ainsi que le fournil communal du Riou, signalés dans l'état de section de 1827 ont disparu, de même que les deux fours des anciennes commune de Peyresq et La Colle Saint-Michel.

- Villars-Colmars : tous les fournils signalés dans l'état de section de 1827 ont disparu.

Cas particuliers

- A La Rochette, le cadastre de 1818 mentionne un four en consortage dans le village, en rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitation (1818 G 99 familles Drogoul, Fabre et Olivier, chacune pour un tiers). Il a été remplacé au début du 20e siècle par un nouveau four, fabriqué à Biot, installé à l'étage de ce même bâtiment. Sur la porte du four, inscription : "FELIX GLs / A Biot". Voir dossier collectif maisons de La Rochette (IA04001721).

- Le fournil communal de La Garde occupe le rez-de-chaussée d'une maison. Il s'agit d'un ancien four de boulanger que la commune a racheté en 1868 en remplacement de l'ancien fournil communal qui venait d’être détruit. (IA04001418)

- Le four communal de Rougon est inclus dans un des corps de bâtiment de la mairie. La pièce dans laquelle ouvre la bouche du four a été très transformée et il n'est pas possible de déterminer si à l'origine il s'agissait d'un fournil.

- Le fournil communal de Sausses est à l'origine privé, il a été donné à la commune en 1858. Il occupe le rez-de-chaussée surélevé d'une maison qui compte en outre deux étages de soubassement et un étage carré. (IA04000753)

- Le fournil communal du village d'Ubraye a été surmonté dans le courant du 19e siècle (après 1831 date de la levée du cadastre) d'une maison dont il constitue l'étage de soubassement.

Évolution historique

Les données du cadastres napoléonien

Les états de section du cadastre dit "napoléonien", levé suivant les communes entre 1811 et 1838, ont été intégralement dépouillés pour 16 communes tests réparties sur l'ensemble du territoire, dans le but d'établir une coupe chronologique d'état des lieux au début du 19e siècle.

Liste des communes tests dont l'état de section a été dépouillé : Allos, Barrême, Blieux, Braux, Castellane, Clumanc, Demandolx, Entrevaux, La Rochette, Le Fugeret, Peyroules, Saint-André-les-Alpes, Saint-Pierre, Thorame-Haute, Vergons et Villars-Colmars. Concernant les fournils toutefois, le dépouillement de la commune de Braux a donné des résultats inutilisables tant le chiffre anormalement élevé des fours strictement privés par rapport aux autres communes risquait de fausser les statistiques (49 fours privés dont 2 en consortage et seul four communal).

Dans les 15 communes retenues, les fours partagés – sous le régime du consortage ou sous le régime communal –, représentent 75 % du total, soit une prédominance très large. Outre Braux, seulement quatre des 16 communes tests possédaient au moins un four en propre (Demandolx, Entrevaux, Thorame-Haute et Vergons). La majorité des fournils étaient donc des bâtiments collectifs sous le régime du consortage et les fours privés individuels étaient nettement minoritaires. On a vu ci-dessus que la commune de Saint-Pierre n'a envisagé de se doter d'un four à pain communal qu'en 1936. En revanche, l'enquête d'inventaire a recensé sur ces mêmes communes un grand nombre d'édifices communaux qui n'existaient pas au moment de la levée du cadastre napoléonien, à Blieux, Castellane, Entrevaux, Le Fugeret, Peyroules et Vergons. Pour ces communes, alors que seulement 2 fournils communaux étaient signalés dans les états de section, 13 ont été repérés lors de l'enquête.

Cette évolution du corpus s'explique de deux façons cumulatives : des constructions ex nihilo entre 1840 et 1940 et l'acquisition progressive par les communes des fournils en consortage. Certaines acquisitions sont documentées telle celle du fournil de Moriez en 1849, d'autres apparaissent par identification sur le terrain de bâtiments aujourd'hui communaux et signalés en multipropriété dans l'état de section du cadastre napoléonien : à Castellane (écart de la Baume), Ubraye, La Palud-sur-Verdon (écarts de Michels et de Subis), Rougon (écart d'Enc) ...

Les constructions anciennes : du 15e au 18e siècle

Le fournil le plus ancien est celui du village d'Annot. Accolé extra muros en partie basse d'un élément de fortification de la ville, il est datable de la fin du Moyen Age (15e-16e siècle ?).

Dix-huit fournils qui figurent sur le plan cadastral napoléonien pourraient dater au moins du 18e siècle. Celui d'Ubraye remonterait peut-être au 17e siècle, ceux de Moriez et Castellet-lès-Sausses ont été remaniés ou partiellement reconstruits au 19e siècle. Les fournils d'Entrevaux et de Chaumie-Bas à Colmars, qui remontent au 18e siècle, ont des fours refaits au début du 20e siècle.

Castellet-les-Sausses, fournil du village.Castellet-les-Sausses, fournil du village. Annot, village, intérieur du fournil.Annot, village, intérieur du fournil.

Les constructions des 19e et 20e siècles

Dix-huit fournils ont été construits au 19e siècle, avec trois édifices précisément datés à Chabrières (commune du Fugeret, 1873), au village de Thorame-Haute (1886) et Lambruisse (1898). Neuf fournils sont datés du début du 20e siècle, et 7 d'entre eux sont documentés par les archives ou portent une date gravée et parfois une signature de fabricant. Les constructions précisément datées s'échelonnent entre 1905 et 1931. Le four de Chasteuil (commune de Castellane), dont le fournil date du 19e siècle, a été refait en 1908.

Les fabricants de Biot au début du 20e siècle

Les délibérations communales et les devis, ainsi que les marques de fabricants sur les portes, permettent d’identifier deux principaux constructeurs : Campedieu et Nicolas Granelle, tous deux fabricants de fours à Biot (Alpes-Maritimes). On sait d'une manière générale que cette localité s'était fait à la fin du 19e et au début du 20e siècle une spécialité dans la construction de fours à pains, exploitant ainsi la qualité de ses grès. Les grands blocs taillés étaient pré assemblés dans l’atelier avec une numérotation des pièces, puis livrés en pièces détachées et ré assemblés sur place.

Campedieu

- village d'Entrevaux, 1905 : réfection du four avec remplacement de la sole, de la bouche, de la porte et peut-être aussi de la coupole (marque "Campedieu Père et Fils").

- village de Rougon, dans la mairie, 1908 (marque "CAMPEDIEU A BIOT" sur la porte du four).

- écart de Chasteuil (Castellane), 1908 : remplacement du four (marque "CAMPEDIEU A BIOT" sur la porte du four).

Campedieu a également réalisé un four à pain dans une maison du village de Rougon en 1908 (IA04001930).

Nicolas Granelle

- village d'Allons, 1909 (plans et devis de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Ygoulin)

- village de Braux (?), 1911

- écart de Chaumie Haut (Colmars), 1908 (marque "N. GRANELLE/BIOT/1908 A. M." Colmars. Chaumie Haut. Porte du four avec marque du fabricant.Colmars. Chaumie Haut. Porte du four avec marque du fabricant.

- écart de la Palud (Castellane), 1912 (marque "N. GRANELLE. BIOT.")

- village de Saint-Julien-du-Verdon, 1922 (marque "GRANELLE BIOT" sur la plaque en fonte de commande du tirage)

Granelle a également réalisé un four à pain à la ferme de Fabre à La Rochette : marque Ms (maison ?) GRANELLE. Voir le dossier collectif fermes de La Rochette IA04001722.

L'inscription : "FELIX GLs / A Biot" sur la porte du four repéré à La Rochette (voir ci-dessus, cas particuliers) pourrait être une abréviation de "FELIX-GRANELLE" et indiquerait l'existence d'une ancienne association entre deux fabricants de Biot, Félix et Granelle, également fournisseur du four documenté par les archives à Beauvezer.

Si les fabricants des fours proprement dits sont assez fréquemment identifiés au début du 20e siècle, il est très rare de disposer du nom du maçon local qui a construit le fournil. Le seul cas répertorié dans le Pays est celui de Bonnet Vérin à qui la tradition orale locale attribue la construction du fournil de la Béouge au Fugeret en 1911.

Caractères morphologiques

Sur les 47 fournils repérés, trois à l’état de ruine (Demandolx, Peyroules, Rougon), n'avaient conservé que des éléments du four proprement dit (bouche du four, coupole). Celui du village de Moriez, transformé en gîte, n'a rien conservé de son architecture d'origine. Onze autre fournils n'ont pas pu être visités.

Le fournil

Les fournils sont des bâtiments de plan rectangulaire, couverts d'un toit à un pan ou à longs pans dans des proportions sensiblement égales. La mise en œuvre de la maçonnerie est la même que pour le bâti environnant. Les murs sont montés en moellons, le plus souvent sans chaîne d'angle en pierre de taille, ils peuvent être enduits.

Le calcaire en gros œuvre et la tuile creuse en couverture prédominent dans le Moyen Verdon (Angles, Castellane, La Mure-Argens, Peyroules, Soleilhas, La Palud-sur-Verdon, Saint-André-les-Alpes). A l'est, vers la vallée du Var (Annot, Braux, Le Fugeret), une demi douzaine de fournils sont construits en moellons de grès et couverts soit de bardeaux de mélèze, soit de lauzes de grès.

Une douzaine d'édifices, répartis ponctuellement dans le haut et le moyen Verdon, ainsi que dans le sud du Pays, ont des appareils mixtes calcaire/grès.

Dans la zone alpine, à Allos et Colmars, certains fournils présentent un pignon en planches, à l'instar des petits entrepôts agricoles ou des cabanes d'alpage. Une douzaine de toitures d'origines ont été remplacées par de la tôle ondulée, du fibro ciment ou du bac acier.

La Palud-sur-Verdon, fournils des Périers.La Palud-sur-Verdon, fournils des Périers. Allos, fournil du Seignus Haut.Allos, fournil du Seignus Haut. Le Fugeret, fournil de la Béouge.Le Fugeret, fournil de la Béouge. Castellane, fournil de la Baume.Castellane, fournil de la Baume.

Le four

L'architecture du four proprement dit ne connaît que peu de variantes. La bouche est précédée d'une banquette en maçonnerie qui sert à poser les ustensiles et surmontée dans la quasi totalité des cas d'un avaloir externe, construit soit en maçonnerie légère de bois et plâtre (8 cas), soit en moellons (9 cas). Deux avaloirs en maçonnerie de lauzes de grès ont été vus au Fugeret, à Argenton et au Touron.

Peyroules, fournil des Ricards. Banquette et bouche du four.Peyroules, fournil des Ricards. Banquette et bouche du four. Ubraye, Rouainette. Avaloir en maçonnerie légère de bois et plâtre.Ubraye, Rouainette. Avaloir en maçonnerie légère de bois et plâtre.Le Fugeret, le Touron. Avaloir en maçonnerie de lauzes de grès.Le Fugeret, le Touron. Avaloir en maçonnerie de lauzes de grès.

L'arc d'ouverture de la bouche est le plus souvent appareillé (25 cas), en arc arrondi (15 cas) parfois en arc brisé (5 cas). Six linteaux monolithes ont été repérés. Les portes conservées sont soit en pierre, montées sur des potences métalliques (11 cas), soit en fonte ou en tôle (12 cas). Il est probable que plusieurs des portes métalliques remplacent les portes d'origine en pierre comme à Saint-Julien-du-Verdon où la porte d'origine en pierre a été déposée et conservée après son remplacement par une porte en métal.

Peyroules, Ville. Bouche du four appareillée en arc brisé.Peyroules, Ville. Bouche du four appareillée en arc brisé. Colmars. Chaumie Haut. Bouche du four appareillée en arc en plein-cintre et porte en grès fixée sur une potence métallique.Colmars. Chaumie Haut. Bouche du four appareillée en arc en plein-cintre et porte en grès fixée sur une potence métallique. Vergons, l'Iscle. Porte de four en tôle métallique.Vergons, l'Iscle. Porte de four en tôle métallique.

L'intérieur des fours est voûté en coupole, avec un appareillage majoritairement en pierre de taille (16 cas sur 28 coupoles vues), le plus souvent en grand appareil (14 cas). Les autres coupoles sont soit construites en briques réfractaires (5), soit en moellons irréguliers (5). Deux fours à Castellane (la Baume et Blaron), ont une coupole en galets.

Vergons, village. Coupole en grand appareil.Vergons, village. Coupole en grand appareil. La Mure-Argens, Argens. Coupole en briques.La Mure-Argens, Argens. Coupole en briques. Demandolx. Ville. Coupole en moellons.Demandolx. Ville. Coupole en moellons.

lien dossier

commune

lieu-dit

datation

fabricant

statut à l'origine

murs

toit

avaloir

bouche

porte

coupole

IA04002954

Annot

village

15e ? 16e ?

communal

grès

tuile creuse

remanié

linteau délardé en arc segmentaire

métal

non vue

IA04001325

Ubraye

village

17e ?

consortage

calcaire/grès

non significatif

bois et plâtre

arc appareillé, brisé

fonte

moellons

IA04001236

Blieux

village

18e

communal

calcaire

fibo-ciment

bois et plâtre

arc monolithe

métal

non vue

repéré

Braux

village

18e

communal

grès

tuile creuse

intérieur non vu

/

/

/

IA04000980

Castellane

la Baume

18e

consortage

calcaire

tuile creuse

bois et plâtre

arc appareillé, arrondi

métal

galets

IA04001062

Castellane

Blaron

18e

?

calcaire

tuile creuse

bois et plâtre

arc appareillé, arrondi

/

galets

IA04000914

Castellane

Taloire

18e

?

calcaire

tuile creuse

intérieur non vu

/

/

/

IA04003108

Colmars

Chaumie Bas

18e ; four refait au 20e

Nicolas Granelle ?

consortage

calcaire/grès

tôle ondulée

interne

arc appareillé, arrondi

pierre

grand appareil

repéré

Demandox

Ville

18e ?

?

calcaire

ruine

ruine

ruine

/

moellons

IA04002106

Entrevaux

village

18e four refait en 1905

Campedieu

communal

calcaire/grès

tuile creuse

moellons

non renseigné

pierre

briques

IA04000425

La Mure-Argens

Argens

18e

?

calcaire

tuile creuse

métal

arc appareillé, arrondi

pierre

briques

IA04002683

La Palud-sur-Verdon

Subis

18e

consortage

calcaire/tuf

tuile creuse

moellons

encadrement rectangulaire appareillé

/

moellons

repéré

Peyroules

Ville

18e ?

?

calcaire

en ruine

en ruine

arc appareillé, brisé

/

en ruine

IA04001643

Moriez

village

18e

consortage

calcaire

tôle ondulée

transformé en gîte

/

/

/

IA04001928

Rougon

Enc

18e ?

consortage

calcaire

en ruine

en ruine

arc appareillé, arrondi

/

moellons

IA04003077

Thorame Basse

la Valette

18e

communal

calcaire/grès

bardeaux

moellons

arc appareillé, brisé

métal

petit appareil

repéré

Thorame Haute

Ondres

18e

communal

calcaire/grès

tôle ondulée

moellons

arc appareillé, arrondi

/

non vue

IA04001324

Ubraye

Rouainette

18e

communal

calcaire/grès

tuile creuse

bois et plâtre

arc appareillé, arrondi

fonte

grand appareil

IA04001279

Vergons

l'Iscle

18e

communal

calcaire/grès

fribro ciment

moellons

arc appareillé, segmentaire

fonte

grand appareil

IA04000390

Castellet-lès-Sausses

Aurent

18e/19e

consortage

calcaire

tuile creuse

ruiné

arc appareillé, segmentaire

/

briques

IA04000417

Angles

Jardins

19e

communal

calcaire

tuile creuse

intérieur non vu

/

/

/

IA04001815

Annot

les Scaffarels

19e

?

calcaire/grès

tuile plate mécanique

ruiné

arc appareillé, arrondi

pierre

grand appareil

repéré

Beauvezer

Villars Heyssier

19e

consortage

calcaire/grès

tôle ondulée

moellons

arc appareillé, arrondi

métal

non vue

IA04000925

Castellane

Chasteuil

19e ; four refait en 1908

Campedieu

communal

calcaire

tuile creuse

non renseigné

non renseigné

pierre

non renseigné

IA04001035

Castellane

la Palud (1)

19e

?

calcaire

tuile plate mécanique

intérieur non vu

/

/

/

IA04003094

Colmars

Clignon-Bas

19e

consortage

calcaire/grès

tôle ondulée

moellons

arc appareillé, arrondi

/

grand appareil

IA04003095

Colmars

Clignon-Haut

19e

consortage

calcaire/grès

pignon planches

tôle ondulée

intérieur non vu

/

/

/

repéré

Demandolx

Aco de Chaix

19e ?

?

calcaire

tuile plate mécanique

moellons

linteau monolithe délardé en arc segmentaire

/

non vue

IA04001418

La Garde

village

19e

privé

calcaire/grès

non significatif

bois et plâtre

arc appareillé, arrondi

pierre

grand appareil

IA04002684

La Palud-sur-Verdon

Michels

19e

consortage

calcaire

tuile creuse

intérieur non vu

/

/

/

IA04002682

La Palud-sur-Verdon

le Périer

19e

consortage

calcaire

tuile creuse

intérieur non vu

/

/

/

IA04000405

Lambruisse

village

1898

communal

calcaire/grès

fibro ciment

briques

arc monolithe

métal

briques

IA04002309

Le Fugeret

Argenton

19e

?

grès

bardeaux

lauzes

arc appareillé

/

briques

IA04002310

Le Fugeret

Chabrières

1873

?

grès

lauzes

moellons

arc appareillé, arrondi

/

grand appareil

repéré

Peyroules

les Girauds

19e

?

calcaire

tuile creuse

intérieur non vu

/

/

/

repéré

Peyroules

les Ricards

19e

?

calcaire

tuile creuse

interne

arc appareillé, brisé

métal

non vue

repéré

Soleilhas

village

19e

?

calcaire

tuile creuse

non renseigné

non renseigné

non renseigné

grand appareil

repéré

Thorame Haute

village

1886

communal

calcaire/grès

non renseigné

bois et plâtre

arc monolithe arrondi

pierre

grand appareil

IA04001280

Vergons

village

19e/20e

?

calcaire/grès

non significatif

bois et plâtre

arc monolithe

pierre

grand appareil

IA04000411

Allons

village

1909

Nicolas Granelle

communal

calcaire

fibro ciment

intérieur non vu

/

/

/

IA04000712

Allos

le Villard Bas

1931

consortage (syndicat du four)

enduit

bardeaux

intérieur non vu

/

/

/

IA04001036

Castellane

la Palud (2)

1912

Nicolas Granelle

communal

calcaire

tuile creuse

non renseigné

non renseigné

pierre

grand appareil

repéré

Colmars

Chaumie Haut

1908

Nicolas Granelle

consortage

calcaire/grès

non significatif

moellons

arc appareillé, arrondi

pierre

grand appareil

IA04002307

Le Fugeret

la Béouge

1911

Bonnet Vérin, maçon

?

grès

lauzes

moellons

arc appareillé, arrondi

métal

moellons

IA04002308

Le Fugeret

le Touron

20e

?

grès

lauzes

lauzes

arc appareillé, arrondi

métal

petit appareil

IA04002590

Saint-André-les-Alpes

les Coustelles

1911

communal

calcaire

tuiles creuses

briques

arc appareillé, arrondi

/

grand appareil

IA04001380

Saint-Julien-du-Verdon

village

1922

Nicolas Granelle

communal

calcaire/grès

non significatif

bois et plâtre

arc appareillé, brisé

pierre

grand appareil

Fournils repérés documentés

1Ces parties constituantes d'édifices domestiques se distribuent selon trois cas de figure : - les fours au sens propres ne possédant pas de fournil. Dans ce cas, la bouche du four ouvre directement dans une pièce du logis, en majorité la cuisine. - Les fournils aménagés dans une pièce d'un bâtiment d'habitation, en étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé ou même au premier étage. - les fournils implantés dans les espaces libres d'une ferme, à proximité ou mitoyen d'une maison de village. Parfois le fournil est constitué d'un simple auvent abritant la bouche du four.2ou s'agit-il de l'association Félix-Granelle ? Voir ci-dessous les fabricants de Biot au début du 20e siècle.
Aires d'étudesPays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominationsfournil
Adresse

Le fournil le plus ancien est celui du village d'Annot, datable de la fin du Moyen Age (15e ou 16e siècle). Dix-huit fournils qui figurent sur le plan cadastral napoléonien pourraient dater au moins du 18e siècle.

Dix-huit fournils ont été construits au 19e siècle, avec trois édifices précisément datés 1873, 1886 et 1898. Huit fournils sont datés du début du 20e siècle, et 7 d'entre eux sont documentés par les archives ou portent une date gravée et parfois une signature de fabricant. Par ailleurs, certains fournils (Entrevaux, Chaumie-Bas à Colmars), qui datent probablement du 18e siècle, possèdent un four reconstruit au début du 20e siècle. Les constructions du 20e siècle précisément datées s'échelonnent entre 1905 et 1931. Les fabricants identifiés sont des artisans spécialisés de Biot : Campedieu (auteur de 3 fours) et Nicolas Granelle (auteur de 4 fours signés ou documentés et probablement d'un cinquième qui peut lui être attribué par comparaison avec ses fours attestés).

Période(s)Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Les fournils sont des bâtiments de plan rectangulaire, couverts d'un toit à un pan ou à longs pans dans des proportions sensiblement égales. Les murs sont montés en moellons de calcaire et/ou de grès, le plus souvent sans chaîne d'angle en pierre de taille, ils peuvent être enduits. Les toits sont couverts de tuiles creuses ou de tuiles plates mécaniques. Dans la partie nord et à l'est subsistent des toitures en bardeau de mélèze. Plusieurs toitures d'origines ont été remplacées par de la tôle ondulée, du fibro ciment ou du bac acier.

La bouche du four est précédée d'une banquette en maçonnerie qui sert à poser les ustensiles et surmontée dans la quasi totalité des cas d'un avaloir externe, construit soit en maçonnerie légère de bois et plâtre, soit en moellons. L'arc d'ouverture de la bouche est le plus souvent appareillé, en arc arrondi ou brisé. Six linteaux monolithes ont été repérés. Les portes sont soit en pierre, soit métalliques, en fonte ou en tôle.

L'intérieur des fours est voûté en coupole, avec un appareillage majoritairement en pierre de taille. Quelques coupoles sont construites en briques réfractaires ou en moellons irréguliers.

Toitstuile creuse, calcaire en couverture, grès en couverture, tuile plate mécanique, bardeau
Murscalcaire moellon
calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille
grès moellon
grès moellon sans chaîne en pierre de taille
brique
Décompte des œuvresrepéré 47
étudié 35

Références documentaires

Documents d'archives
  • Commune de Tartonne. Hameau du Viable. Travaux d'établissement et d'entretien du four du Viable. Acte d'association, 1895. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 7 M 47

    L'acte d'association est dressé par l'ingénieur Tourniaire à Castellane le 13 mai 1895. "Les propriétaires du four du Viable ... se réunissent en association syndicale du four du Viable pour assurer l'exécution et l'entretien des travaux de construction du four du Viable sur le territoire de la commune de Tartonne et concourir, chacun en proportion de son intérêt, aux dépenses à faire pour lesdits travaux ...".
  • Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Beauvezer. Réfection du four communal, 12 mai 1901. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 54

    Le conseil municipal approuve le traité de gré à gré passé entre le maire et Félix Granelle fabricant à Biot pour la réfection du four communal.
  • Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Braux. Réparation à faire au four communal. 18 février 1911. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 70.

    Le 18 février 1911, le conseil municipal traite de la question des réparations à faire au four communal. Le maire, Grac, lit la lettre de M. Granelle de Biot à qui il s'était renseigné. Le coût total s'élèverait à 700 francs.
  • Four à pain communal de Braux. Lettre de Nicolas Granelle, fabricant à Biot, à Monsieur le maire de Braux, 19 janvier 1911. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 70.

    Le 19 janvier 1911, Nicolas Granelle (Nicolas Granelle Père et Fils fabricants - carrières de pierres réfractaires de Biot - fours pour boulangers et pâtissiers - bardages pour fours et fourneaux en touts genres - fours viennois de toutes dimensions) répond par courrier à une demande du maire. Il y exprime la qualité des travaux qu'il est capable d'exécuter et qu'il est connu dans les Basses-Alpes. Le coût d'un four rendu à la gare d'Annot serait de six cents francs. A ce prix, l'artisan se déplacerait pour la pose avec l'aide de la manoeuvre locale.
  • Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Braux. Réparation à effectuer au four communal, 26 juillet 1911. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 70.

    Le 26 juillet 1911, le conseil municipal traite de la question des réparations du four. On y apprend que les travaux ont été exécutés et s'élèvent à 897 francs. Il n'est pas mentionné le nom du maître d'oeuvre.
  • Saint-Benoît. Travaux communaux : four communal 1924-1927. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 397.

    Réparation au four communal en 1926, achat d'un four 3 500 frs. En 1927, démoliton et reconstruction du four communal
  • Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Saint-Pierre. Construction d'un four, 1936. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 431

Documents figurés
  • Commune de Tartonne. Hameau du Viable. Travaux d'établissement et d'entretien du four du Viable. Plan des lieux. / Dessin à l'encre sur calque, 13 mai 1895, signé Tourniaire. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 7 M 47.

(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Sauze Elisabeth - Laurent Alexeï - Pelletier Olivia - Brunet Marceline - Mosseron Maxence
Mosseron Maxence (1976 - )

Chercheur au Service régional de l'Inventaire de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (2007- )


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- Del Rosso Laurent