Dossier collectif IA06004674 | Réalisé par
Vidal Julie (Contributeur)
Vidal Julie

Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.

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  • inventaire topographique
Maisons de la commune de Gattières
Auteur
Copyright
  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    maison
  • Aires d'études
    Pays de Vence
  • Adresse
    • Commune : Gattières

I. Contexte de l’enquête

I.1. Eléments étudiés

Ce dossier concerne les maisons de la commune de Gattières (Pays de Vence, canton de Nice, département des Alpes-Maritimes). Le terme « maison » désigne les édifices totalement dévolus à l’habitation, ainsi que ceux comprenant une partie d’habitation et une partie agricole (étable, remise, fenil…), artisanale ou commerciale (boutique, atelier) réunies sous un même toit.

Village de Gattières, vue d'ensemble prise du sud.Village de Gattières, vue d'ensemble prise du sud.

I.2. Les conditions de l’enquête

I.2.a. Déroulement de l’enquête

Le repérage des maisons de la commune de Gattières s’est déroulé entre octobre et décembre 2023. Le recensement du bâti s’est fait à partir du cadastre actuel, comparé avec le cadastre napoléonien levé en 1833. Celui-ci a notamment servi de point de repère et de comparaison pour les édifices antérieurs à cette date. L'ensemble des états de section de ce cadastre a été consulté ainsi qu’une partie des matrices cadastrales (1834-1913 et 1911-1940). Toutes les constructions portées sur le cadastre actuel ont été vues, au moins de l'extérieur.

I.2.b. Repérage et sélection des œuvres

Le repérage a été effectué à l’aide d’une grille de description morphologique propre aux maisons et décrivant :

- la ou les fonction(s) visible(s) du bâtiment,

- la présence éventuelle et la caractérisation des espaces libres,

- la mitoyenneté,

- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre,

- la forme du toit et la nature de la couverture et de l'avant-toit,

- le nombre d'étages visibles,

- la description des élévations et des baies,

- les décors extérieurs,

- les aménagements intérieurs (escalier, cheminée, cloisons…)

- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions.

Cette grille de repérage a donné lieu à l’alimentation d’une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

Sur les 273 maisons identifiées dans le village (section B), 73 maisons ont pu être repérées.  Au total, 10 maisons ont été sélectionnées et font l’objet d’un dossier individuel, ce qui représente 14 % du corpus repéré.  

I.2.c. Qualité du corpus architectural

Le repérage est toujours confronté à la question de l'état du bâti. Ainsi, ont été repérés les bâtiments ayant subi quelques modifications de détail n'affectant pas leur lecture architecturale. Les bâtiments ruinés mais dont le parti pris architectural d'origine restait lisible ont également été repérés. En revanche, les bâtiments s’inscrivant dans un cadre temporel allant au-delà de la chronologie de l’étude définie (Première Guerre mondiale) ont été écartés du corpus d’étude. Cela concerne les maisons construites entièrement et celles très remaniées à compter de cette période, rendant illisibles leurs caractères architecturaux vernaculaires d’origine (élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les baies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d'origine, restructuration intérieure totale ou profonde…).

Dans le bourg intra-muros, le repérage concerne 27 % des maisons (73 maisons sur 273). Les rénovations de bâti effectuées depuis la Première Guerre mondiale ont affecté une grande part du corpus architectural conservé, mais dans de nombreux cas, cela n’empêche pas leur lisibilité.

Village de Gattières. Maisons repérées et étudiées.Village de Gattières. Maisons repérées et étudiées.

II. Localisation

Les maisons repérées se situent toutes dans le bourg intra-muros de Gattières (section B du cadastre ancien et actuel). La faible superficie du territoire communal n’a pas induit la création d’écart. Il existait en revanche quelques habitations dispersées, mais celles-ci étaient intégrées dans des domaines agricoles et relèvent de la famille architecturale des fermes. Dans l’état des sections du cadastre napoléonien de 1833, elles sont d’ailleurs indiquées comme « bastide » et seule une maison est relevée au lieu-dit les Prés et le Féraillon (1833 D 85 ; 2024 D 1624). Après enquête sur le terrain, il s’agit également d’une ferme puisque ses parties agricoles sont plus importantes que celles dédiées au logis.

Plan de situation du village de Gattières d'après le cadastre de 2025 (section B).Plan de situation du village de Gattières d'après le cadastre de 2025 (section B).

III. Contexte historique et éléments de datation

Gattières, vue aérienne zénithale du village (le nord est en bas du cliché). Gattières, vue aérienne zénithale du village (le nord est en bas du cliché).

Le castrum de Gattières s’est formé au Moyen Age, autour du château seigneurial situé au plus haut point du site. Il est mentionné vers 1200 (voir le dossier de présentation de la commune de Gattières : IA06004676). Quelques maisons, situées dans la partie nord-ouest du bourg, à proximité du château, conservent d'importantes chaînes d'angle en pierre de taille qui pourraient dater de la fin du Moyen Age, alors que les parties supérieures étaient construites en pan de bois (1833 B 58, 2025 B 126 ; 1833 B 106, 2025 B 65). Aucun autre élément tangible relié à cette époque n'a pu être identifié dans le bâti et seule la morphologie du village avec des îlots organisés de manière concentrique autour du château attestent d'une implantation ancienne (voir le dossier village de Gattières : IA06004677).

Maison (1833 B 58, 2025 B 126). Chaîne d'angle sud-ouest en pierre de taille.Maison (1833 B 58, 2025 B 126). Chaîne d'angle sud-ouest en pierre de taille.Maison (1833 B 106, 2024 B 65). Chaîne d'angle sud-ouest en pierre de taille.Maison (1833 B 106, 2024 B 65). Chaîne d'angle sud-ouest en pierre de taille.

Le bourg ayant été à de nombreuses reprises pillé et détruit (particulièrement au cours de sa période italienne entre 1388 et 1760), les maisons ont sans doute été reconstruites au fur et à mesure de ces démolitions. L'analyse du bâti confirme cette hypothèse avec des constructions dont l'emprise s'étend sur un parcellaire très restreint hérité du Moyen Age, mais dont les élévations traduisent des reconstructions qu'il convient de rapprocher de l'Epoque moderne (mise en œuvre, forme des encadrements). Une maison conserve un montant de croisée que l'on peut rattacher à cette époque (1833 B 89, 2025 B 82).

Maison (1833 B 89 ; 2025 B 82). Détail d'un montant de baie à croisée conservé dans la maçonnerie.Maison (1833 B 89 ; 2025 B 82). Détail d'un montant de baie à croisée conservé dans la maçonnerie.

Les témoignages architecturaux sont nombreux à compter de la seconde moitié du 18e siècle, tout au long du 19e siècle, et même encore au début du 20e siècle, ce qui suggère une importante période de mise en chantier du village. Les dates portées relevées sur 28 encadrements de porte, comprises entre 1760 et 1916, mais également les enduits et les décors peints sur les façades confirment ce renouveau. Cela s'explique notamment par une période au climat politique apaisé, favorisant le développement économique du bourg. Ce phénomène se confirme par une augmentation significative de la population : entre 1765 et 1856, on passe de 415 à 777 habitants.

Maison (1833 B 64, 2025 B 835). Date portée sur la clé de l'arc : 1760.Maison (1833 B 64, 2025 B 835). Date portée sur la clé de l'arc : 1760.Maison (1833 B 143, 2025 B 196). Date portée sur la clé de la plate-bande : 1914.Maison (1833 B 143, 2025 B 196). Date portée sur la clé de la plate-bande : 1914.

Dans l'état des sections du cadastre napoléonien rédigé en 1834, 7 maisons sont indiquées "en cours de construction". Plus tard, les matrices cadastrales comprises entre 1834 et 1940 fournissent aussi ces indications : "nouvelle construction" sur la parcelle 1833 B 232 en 1845, sur la parcelle 1833 B 246 en 1877. Les recensements de population relèvent parfois ces travaux : en 1856 par exemple, trois maisons sont signalées en cours de construction.

Maison indiquée "en construction" en 1833 (1833 B 51, 2025 B 87).Maison indiquée "en construction" en 1833 (1833 B 51, 2025 B 87).Maison indiquée "en construction" en 1833 (partie droite sur la photo : 1833 B 87, 2025 B 833).Maison indiquée "en construction" en 1833 (partie droite sur la photo : 1833 B 87, 2025 B 833).

Toujours dans le cadastre napoléonien de 1833, 42 maisons (soit un quart de la totalité des maisons du village à cette époque) sont désignées comme "maison rurale" et sont imposées selon la même valeur que les entrepôts agricoles, ce qui pose question sur l'usage exclusivement agricole de ces bâtiments. En revanche, on ne retrouve presque plus ces mentions lors des révisions des matrices cadastrales de 1913, ce qui semble suggérer qu'elles ont été de nouveau habitées par la suite, et peut-être réhabilitées en ce sens (voir les dossiers individuels suivants : IA06004642, IA06004645, IA06004650, IA06004659).

Les indications fournies dans le recensement de population de 1856 sur l'occupation des maisons abondent en ce sens : sur un total de 228 maisons (soit 28 de plus qu'en 1833), 176 maisons sont habitées entièrement (77 %), 15 maisons sont habitées partiellement (7%), 34 maisons ne sont pas du tout habitées (15%) et 3 maisons sont en cours de construction (1%). Il est précisé que les granges, étables, écuries, hangars, magasins ou ateliers en sont exclus.

Ensemble de deux maisons désignées comme "maison rurales" en 1833 (1833 B 211-212, 2023 B 292-293).Ensemble de deux maisons désignées comme "maison rurales" en 1833 (1833 B 211-212, 2023 B 292-293).

A la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, plusieurs maisons sont construites à l'extérieur du bourg, formant peu à peu un faubourg linéaire le long de l'axe principal menant au village (rue Torrin et Grassi). Cette évolution urbaine est bien illustrée sur les cartes postales anciennes. Certaines traduisent la condition bourgeoise de leur propriétaire avec des façades agrémentées d'éléments de décors tels des enduits et des encadrements peints ou sculptés. La maison du maire Léon Mouraille (1904-1944) située le long de cet axe (1833 B 107-108, 2025 B 63), à l'entrée du village, est un exemple caractéristique. D'après le cadastre de 1833, il s'agit à l'origine de deux entrepôts agricoles. les bâtiments sont réunis au début du 20e siècle, agrandis et étendus vers l'ouest, l'ensemble réhabilité en maison cossue. Par ailleurs, plusieurs maisons de villégiature sont construites aux alentours du village, Gattières ayant été une station climatique d'importance au début du siècle. Celles-ci ne sont pas concernées par l'étude qui est consacrée au patrimoine vernaculaire.

211 – GATTIERES (Alpes-Maritimes). – Vue générale. [Faubourg à l'ouest du village, avant 1913]. 211 – GATTIERES (Alpes-Maritimes). – Vue générale. [Faubourg à l'ouest du village, avant 1913]. Maison (1833 B 107-108, 2025 B 63). Vue d'ensemble prise du sud.Maison (1833 B 107-108, 2025 B 63). Vue d'ensemble prise du sud.

En 1936, le recensement de population indique que la commune ne compte plus que 598 habitants avec 164 maisons occupées dans le bourg intra-muros et 14 maisons en dehors. Dans le village, beaucoup de petites parcelles ont été fusionnées, ce qui explique pour partie la diminution du nombre de maisons. Un dépeuplement progressif du village intra-muros est quand même à signaler, compensé par un début d'urbanisation des campagnes. La diminution progressive des activités agricoles a ensuite conduit à l'apparition d'un habitat pavillonnaire sur l'ensemble du territoire communal. Ce nouveau corpus de maison déborde largement de la chronologie de l'étude du patrimoine vernaculaire et n'est pas abordé dans le présent dossier.

IV. Caractères morphologiques

IV.2. Implantation et composition d’ensemble

IV.2.a. Implantation des maisons

Dans le village, 97 % des maisons sont regroupées au sein d’îlots de bâtiments mitoyens : 88% d’entre elles ont au moins deux côtés mitoyens (10 % en ont un seul, 59% en ont deux, 29% en ont trois). Les maisons sont des blocs en hauteur adossés à la pente dans 99 % des cas. Seule une maison fait exception, mais elle occupe la partie haute d’un îlot qui s’inscrit parallèlement au sens de la pente. Beaucoup de maisons sont traversantes et bordées d’une rue basse et d’une rue haute qui les desservent à différents niveaux. Ce contexte pentu influe sur l'organisation des niveaux de chaque maison, avec 72 d'entre elles qui possèdent entre un et deux étages de soubassements : 62 n’en possèdent qu’un (86%) ; 10 en ont deux (14%).

IV.2.b. Les passages couverts

Village de Gattières. Localisation des passages couverts. Village de Gattières. Localisation des passages couverts.

Dans l'agglomération intra-muros, 17 passages couverts d’une voûte ou d’un plancher ont été relevés, qui concernent 26 maisons. Ces passages édifiés au-dessus d'une voie publique (rue ou ruelle) sont une réponse au manque de place disponible dans un contexte urbain très dense et offrent une alternative à la surélévation des bâtiments. Ils permettent de gagner de l’espace habitable sans empiéter sur les espaces libres. Ce procédé n’est pas le fruit d’une réflexion concertée, mais le résultat de besoins ponctuels et récurrents d’agrandissement des maisons. Le plus souvent, la construction édifiée au-dessus du passage couvert constitue l’extension d’une seule maison s’appuyant à celle(s) qui lui fait face : c’est le cas pour 13 bâtiments. Dans les autres cas, un premier passage couvert a servi d’appui à l’édification d’un suivant, créant une galerie plus ou moins longue pouvant abriter plusieurs entrées de maisons ou de caves (voir le dossier : IA06004656) : c’est le cas de cinq passages couverts à Gattières, dont l’exemple le plus spectaculaire concerne la rue des Etagères, couverte par une succession de six extensions de maisons accolées. Les constructions établies au-dessus de ces passages accueillent au maximum quatre niveaux. Parfois, un escalier à vis a été intégré à l’intérieur pour desservir les maisons de part et d’autre de la rue. Dans certains cas, le passage couvert permet en effet de relier deux parcelles appartenant à un même propriétaire (2025 B 45 et 84 ; 2025 B 842 ; 2025 B 318).

Rue des Pontis, maisons (1833 B 252-253-254-255-267-, 2025 B 303-306-307-309). Passage couvert soutenant trois extensions de maison.Rue des Pontis, maisons (1833 B 252-253-254-255-267-, 2025 B 303-306-307-309). Passage couvert soutenant trois extensions de maison.Rue de la Place, passage couvert d'une maison (1833 B 175, 2025 B 209). Vue d'ensemble prise du sud.Rue de la Place, passage couvert d'une maison (1833 B 175, 2025 B 209). Vue d'ensemble prise du sud.

D’un point de vue formel et structurel, plusieurs variétés de passages couverts ont été relevées : 15 sont couverts d’un plancher, 11 sont couverts d’une voûte. Les plafonds sont sur solives, les voûtes sont en berceau plein cintre ou segmentaire. Certains longs passages couverts, résultant d'extensions successives, associent parfois ces deux types de couvrements. Dans ce cas, la lecture du bâti montre que le couvrement voûté est systématiquement plus récent que le couvrement planchéié (2025 B 241 ; 2025 B 131 ; 2025 B 303-306-307-308-309, référence du dossier : IA06004656).

Rue des Ferrailles, maison (1833 B 340-342, 1833 B 156). Passage couvert d'un plancher. Rue des Ferrailles, maison (1833 B 340-342, 1833 B 156). Passage couvert d'un plancher.

IV.2.c. Espaces libres

Dans le bourg intra-muros, la densité d’habitat n'a laissé que très peu de place aux espaces libres attenant aux maisons. Au total, 7 maisons repérées présentent des espaces libres. Il s’agit de cours pour 6 maisons, de jardin pour une maison, une maison possédant les deux (2023 B 156 ; 1833 B 340-342). Ces cours et ces jardins concernent des maisons situées sur la frange extérieure du bourg (exemple : 1833 B 25, 2025 B 50 ; 1833 B 264, 2025 B 675), à l’exception d’une maison dont le jardin est situé au cœur d’un îlot, mais dont l'aménagement remplace sans doute une construction disparue (1833 B 266, 2025 B 329). Pour pallier ce manque de place disponible intra-muros, les habitants ont aménagé les pentes situées à l’extérieur du village, à l’est, pour y créer une succession de jardins en terrasses (voir le dossier de présentation de la commune de Gattières : IA06004676).

Maison (1833 B 264, 2025 B 675). Cour fermée à l'est, jardin à l'ouest.  Maison (1833 B 264, 2025 B 675). Cour fermée à l'est, jardin à l'ouest.

IV.3. Matériaux et mise en œuvre

IV.3.a. Maçonnerie et enduits

À chaque fois que les maçonneries sont visibles, c’est-à-dire pour 89% des maisons repérées – les autres étant intégralement enduites – les murs sont en pierre calcaire. Il s’agit toujours de moellons. La pierre de taille n’est utilisée que pour les chaînes d’angles de quelques maisons (10 maisons) ou pour les encadrements des baies.

Les enduits anciens conservés sont à pierres vues pour 75 % du corpus – parfois rehaussés de gypse allié à des inclusions de briques, de galets ou de brèches calcaires pour les maisons les plus modestes – rustiques pour 15 % des bâtiments, lisses pour 29 %. Par ailleurs, on note la présence régulière d’enduits à la tyrolienne, caractéristiques de la première moitié du 20e siècle, pour 20% des maisons repérées. Parfois, cela ne concerne que le soubassement, tandis que l’enduit en partie haute est lisse.

Enfin, il convient de signaler que dans 55 % des cas, plusieurs types d’enduits sont relevés pour une même maison (sur différents niveaux ou façades), dont beaucoup d’enduits récents et non significatifs pour l’étude.

IV.3.b. Encadrements, baies et balcons

La pierre de taille constitue le matériau dominant pour les encadrements des baies. C’est le cas pour 40% des encadrements des portes de logis (37 % des cas ne sont pas significatifs, 15 % ont été façonnés au mortier, 7% sont en moellons et 5 % sont en brique), 29% des encadrements des parties commerciales et 40% des autres encadrements (portes agricoles, baies).

Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Porte charretière et porte piétonne avec encadrements en arc segmentaire et piédroit commun en pierre de taille calcaire. Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Porte charretière et porte piétonne avec encadrements en arc segmentaire et piédroit commun en pierre de taille calcaire.

Les encadrements en pierre de taille sont généralement plus soignés pour les portes de logis. La forme du couvrement varie et fournit des indications en matière de datation (voir III. Contexte historique et éléments de datation) :

Forme des encadrements des portes de logis

Arc plein cintre

Linteau seul

Arc segmentaire

Plate-bande

Total

Nombre total

2

4

13

10

29

Pourcentage total

7%

14%

45%

34%

100%

Typologie des encadrements en pierre de taille des portes de logis.

Ce tableau fait ressortir le phénomène décrit plus tôt, à savoir un mouvement de rénovation d’importance qui intervient dès la seconde moitié du 18e siècle et qui se traduit notamment par la mise en place d’encadrements couverts d’arcs segmentaires, puis de plates-bandes caractéristiques de cette période. Pour les arcs segmentaires, la date portée la plus ancienne relevée dans le village remonte à 1793, la plus tardive à 1880. Pour les plates-bandes, la date portée la plus ancienne remonte à 1832, la plus tardive à 1916.

Maison (1833 B 268, 2025 B 329). Date portée sur la clé de la plate-bande : 1832. Vantail avec menuiserie ouvragée.Maison (1833 B 268, 2025 B 329). Date portée sur la clé de la plate-bande : 1832. Vantail avec menuiserie ouvragée.

Certain de ces encadrements ont été décorés de motifs géométriques et végétaux. Cela s’observe pour deux plates-bandes à clé (2025 B 251 ; 2025 B 188).

Maison (1833 B 132, 2025 B 188). Encadrement en pierre de taille avec motifs sculptés et vantail avec menuiserie ouvragée.Maison (1833 B 132, 2025 B 188). Encadrement en pierre de taille avec motifs sculptés et vantail avec menuiserie ouvragée.Maison (1833 B 230, 2025 B 251). Encadrement en pierre de taille avec motifs sculptés. Maison (1833 B 230, 2025 B 251). Encadrement en pierre de taille avec motifs sculptés.

D’autres, plus tardifs, sont agrémentés de motifs moulés en ciment (2025 B 179 ; 2025 B 63).

Maison (1833 B 303, 2025 B 179). Encadrement avec motif façonné au ciment sur le linteau. Maison (1833 B 303, 2025 B 179). Encadrement avec motif façonné au ciment sur le linteau. Maison (1833 B 107-108, 2025 B 63). Encadrement avec motif façonné au ciment sur le linteau. Maison (1833 B 107-108, 2025 B 63). Encadrement avec motif façonné au ciment sur le linteau.

 Menuiseries des vantaux

Il convient de noter que pour quelques portes présentant un encadrement couvert d’une plate-bande (2025 B 188 ; 2025 B 252 ; 2025 B 329), dont une est datée de 1832 (2025 B 329), le vantail présente une menuiserie ouvragée rappelant les modèles observés à Coursegoules (voir le dossier collectif sur les maisons de Coursegoules : IA06004420) et de manière général dans les villages de cet ancien canton (voir le dossier collectif de l’aire d’étude : IA00128027). On retrouve notamment la permanence de motifs géométriques, une composition rythmée par des pilastres cannelés, des frises de modillons, des corniches moulurées, etc.

Maison (1833 B 297, 2025 B 252). Vantail avec menuiserie ouvragée.Maison (1833 B 297, 2025 B 252). Vantail avec menuiserie ouvragée.

Les baies présentent des encadrements plus ou moins variés selon les maisons, en pierre de taille (29 maisons avec essentiellement des couvrements en arc segmentaire, soit 40 % des maisons), en moellons (28 maisons soit 38%), en briques (27 maisons soit 37%), mais le plus souvent façonnés (61 maisons soit 84%). Pour les baies de logis, ce façonnage s’accompagne souvent de feuillures. Les couvrements sont en arc segmentaire (38 maisons soit 52%), en arc en plein cintre (8 maisons soit 11%), muni d’un linteau en bois (50 maisons soit 68%) ou d’un linteau monolithe (2 maisons soit 3%).

Les baies sont souvent occultées par des contrevents anciens : c'est le cas pour 60 % des maisons repérées. Il s’agit de persiennes dans la quasi-totalité des cas (44 maisons), parfois associées à des contrevents en planches pour les ouvertures plus petites, notamment pour les parties agricoles.

Maison (1833 B 340-342, 1833 B 156). Fenêtre avec persiennes articulées. Maison (1833 B 340-342, 1833 B 156). Fenêtre avec persiennes articulées.

IV.3.c. Toitures

La terre cuite est employée pour le traitement des avant-toits et des saillies de rives ainsi que pour le couvrement des toitures. Dans 77 % des cas, il s’agit de tuiles creuses, dans 27 % des cas, ce sont des tuiles plates mécaniques. Le recensement de population de 1856 indique que les 228 maisons du village sont couvertes d’un toit en tuile.

Village de Gattières, îlots à l'est. Vue aérienne prise du sud, détail des toitures.Village de Gattières, îlots à l'est. Vue aérienne prise du sud, détail des toitures.

IV.3.d. Intérieurs

Quelques maisons ont pu être visitées, mais le plus souvent très partiellement (en général, seul l’étage de soubassement a été vu). Trois maisons présentent une partie voûtée en berceau plein cintre, trois en berceau segmentaire, une à voûtains. Les planchers à pannes sur solives sont plus nombreux avec 18 maisons concernées pour leur étage de soubassement. Les cloisons sont maçonnées. Les murs des parties agricoles ou utilitaires ne sont généralement pas enduits à l’inverse des espaces de logis. Les sols sont couverts de carreaux de terre cuite (carrés, rectangulaires ou tomettes), de même que la majorité des marches d'escaliers. Aucun comble n’a pu être observé.

Ensemble de deux maisons (1833 B 211-212, 2023 B 292-293). Etage de soubassement, plafond.Ensemble de deux maisons (1833 B 211-212, 2023 B 292-293). Etage de soubassement, plafond.Maison (1833 B 179, 2025 B 208). Escalier dans-oeuvre maçonné avec marches couvertes de carreaux de terre cuite.Maison (1833 B 179, 2025 B 208). Escalier dans-oeuvre maçonné avec marches couvertes de carreaux de terre cuite.

IV.4. Structure, élévation, distribution

IV.4.a. Niveaux

Les maisons repérées ont de deux à six niveaux :

Nombre de niveaux

2

3

4

5

6

Nombre de maisons

1

21

38

12

1

Rapport en pourcentage

1%

29%

52%

17%

1%

Répartition du nombre de niveaux par maison en 2023.

Une majorité très nette de maisons à quatre niveaux se détache et s’explique par l’importante déclivité du terrain sur lequel a été construit le village au Moyen Âge, en situation de perchement, mais aussi pour compenser la faible superficie des parcelles. Celles qui présentent le plus de niveaux se situent dans la partie est du bourg et au sud, sur ce qui devait être l’ancienne ligne de fortification. Concernant la répartition des étages, le cas le plus fréquent est le suivant : un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé ; deux étages carrés ; un étage de comble. Cependant, il convient de noter qu’un grand nombre de maisons ont été surélevées assez tardivement, au 19e et au 20e siècles. Ce phénomène concerne 24 maisons soit 33% du corpus repéré. Ces surélévations sont parfois indiquées dans les matrices cadastrales.

Maison (1833 B 235, 2025 B 275). Surélévation visible du dernier niveau.Maison (1833 B 235, 2025 B 275). Surélévation visible du dernier niveau.

Cette tendance s'accompagne d'un agrandissement général des espaces de logis en parallèle de la diminution de la part des espaces agricoles. A partir du milieu du 19e siècle, le parcellaire ancien, de modeste proportion, est souvent modifié et fusionné en parcelles de plus grandes dimensions. Les espaces agricoles des parties hautes des maisons sont progressivement remplacés par des terrasses ou aménagés en logis (voir dossier IA06004659). Il est à ce titre intéressant de comparer ces chiffres avec le recensement de population effectué en 1856 qui indique le nombre total de maisons dans le village ainsi que le nombre d'étage pour chacune :

Nombre de niveaux

2

3

4

5

6

Total

Nombre de maisons

34

104

84

6

0

228

Rapport en pourcentage

15%

45%

37%

3%

0%

100%

Répartition du nombre de niveaux par maison en 1856.

En 1856 et en 2023, on constate que 8 maisons sur 10 comptent 3 ou 4 niveaux. En revanche, la proportion s'inverse entre ces deux dates : en 1856, les maisons à 3 niveaux sont majoritaires, en 2023, ce sont celles à 4 niveaux qui sont plus nombreuses. le repérage effectué en 2023 rend également compte de l'augmentation significative de la part des maisons à cinq niveaux. Le phénomène de surélévation décrit plus haut est donc bien confirmé par les chiffres statistiques.

IV.4.b. Largeur des façades

Largeur des maisons

1 travée

2 travées

3 travées

4 travées

Nombre de maisons

35

27

9

2

Rapport en pourcentage

48%

37%

12%

3%

Répartition du nombre de travées par maison.

La plupart des maisons présentent des façades très étroites, alignées sur le parcellaire ancien très restreint sur lequel elles ont été bâties. Elles se développent sur une travée unique dans une large majorité des cas (48 % des maisons repérées). Par ailleurs, 85 % des maisons n’ont pas plus de 2 travées. Dans le village, les façades des deux maisons les plus larges n’excèdent pas 4 travées. Il s’agit de maisons de notable, où un soin particulier a été apporté à l’alignement des baies et aux décors des façades. Pour l'une d'elles, la façade a été harmonisée et embellie après la fusion de deux maisons préexistantes, toutes deux faisant initialement 2 travées (1833 B 211-212, 2025 B 292-293 ; référence du dossier : IA06004655).

Maison (1833 B 170, 2025 B 215). Façade à travée unique.Maison (1833 B 170, 2025 B 215). Façade à travée unique. Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Façade à quatre travées.Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Façade à quatre travées.

IV.4.c. Distribution

Dans le cas de la maison-bloc traditionnelle avec un ou plusieurs étages de soubassements (99% des cas), les premiers niveaux sont généralement accessibles indépendamment depuis l’extérieur grâce au dénivelé. Néanmoins, sur les 73 maisons repérées, 11 disposent d’un escalier de distribution extérieur maçonné (24%). Dans 5 cas, il est installé parallèlement à la façade, dans 6 cas, il lui est perpendiculaire (2023 B 714). Il convient de noter l’existence d’un grand nombre de degrés de quelques marches, rattrapant la déclivité du terrain.

Maison (1833 B 98, 2025 B 72). Escalier extérieur à retour, parallèle à la façade, avec palier filant sur logette.Maison (1833 B 98, 2025 B 72). Escalier extérieur à retour, parallèle à la façade, avec palier filant sur logette.

Des escaliers dans-œuvre ont été vu dans sept maisons. Dans six cas, cet escalier est placé en position latérale, dans un angle de la parcelle. Il se développe parallèlement ou perpendiculairement à l'orientation de celle-ci. Sa structure est droite (3 cas), à retour (3 cas) ou en équerre (1 cas). Le plus souvent, les marches sont maçonnées et couvertes de carreaux de terre cuite (carrés ou tomettes hexagonales) avec le nez-de-marche en bois.

Maison (1833 B 224, 2025 B 242). Escalier dans-œuvre maçonné en équerre. Maison (1833 B 224, 2025 B 242). Escalier dans-œuvre maçonné en équerre.

IV.4.d. Occupation des espaces intérieurs et répartition des fonctions 

Les maisons de Gattières ont systématiquement des fonctions agricoles et/ou commerciales et/ou artisanales en parties basses, et très souvent des fonctions agricoles en parties hautes (38 maisons soit 52% du corpus repéré).

L’analyse du bâti a permis de localiser ces différentes fonctions agricoles ou commerciales grâce à plusieurs indices (type d’ouvertures, ampleur des espaces, aménagements restant tel mangeoire, cuve vinaire, etc.). En façade, un certain nombre de balcons anciens en ferronnerie, portant parfois les initiales de leur propriétaire (2025 B 640), ont été relevés (11 maisons soit 15 % du corpus). Situés au niveau du rez-de-chaussée surélevé ou d’un étage carré, ils signalent ainsi des espaces de logis. Les parties agricoles, artisanales ou commerciales sont elles aussi facilement repérables à travers des portes charretières et des jours en fente et les soupiraux en partie basse (étables, remises, celliers-cuvages, ateliers ou boutiques), des baies de séchoir, des baies fenières et des grilles d’envol de pigeonnier en partie hautes.

Plusieurs parties constituantes ont souvent été identifiées pour un même bâtiment (avec le logis en position intermédiaire qui se développe généralement sur un ou deux niveaux) :

Parties constituantes

Nombre relevé

Rapport en pourcentage

Etables

64

88%

Remises

54

74%

Resserre

11

15%

Boutique

7

10%

Cellier

45

62%

Cellier avec cuvage encore existant

6

8%

Fenil

25

34%

Séchoir

15

21%

Séchoir à loggia

1

1%

Four à pain

2

3%

Pigeonnier

3

4%

Citerne

0

0%

Fonctions repérées dans les maisons. Les pourcentages dépassent 100% car les fonctions peuvent être cumulées.

Parfois, plusieurs fonctions ont pu se succéder chronologiquement dans un même espace. Lorsque l’usage d’une pièce agricole n’a pas pu être déterminé, l’option « étable, remise, resserre ou cellier » est de rigueur. Les usages agricoles ont aujourd’hui quasiment tous disparus.

Les logis n’ont pas pu être visités, cependant la mémoire orale atteste d’aménagements anciens dans les maisons tels des cuisines avec leur potager-cendrier et leur pile d’évier, les cheminées avec le bugadier (cuve à lessive) à proximité. Aucune citerne n’a pu être relevée lors de l’inventaire, cependant d’après Jean Faraut, il en aurait existé1. La création d'un réseau d'abduction au village datant seulement de 1822, cette hypothèse parait tout à fait valable (voir le dossier sur les aménagements hydrauliques de Gattières : IA06004595).

Beaucoup de maisons étaient équipées de celliers-cuvages en parties basse avec cuve vinaire et pressoir (2023 B 171 ; 1833 B 308-309). Les cuves qui ont été vues sont maçonnées et de forme cubique. Il a été indiqué qu’une maison privée était équipée de cuves cylindriques en bois et de pressoirs, et fonctionnait comme une coopérative où les habitants pouvaient venir faire presser leur raisin (1833 B 263, 2025 B674). La commune disposait également de pressoirs publics indiqués dans l’état des sections du cadastre napoléonien (1833 B 133 ; 2025 B 189)2.

Maison (1833 B 308, 2025 B 171). Etable-cellier : à droite une mangeoire, au fonds une cuve vinaire maçonnée.Maison (1833 B 308, 2025 B 171). Etable-cellier : à droite une mangeoire, au fonds une cuve vinaire maçonnée.

IV.5. Couverture

Les toits sont à longs pans dans 43 cas, soit 59 % des maisons, à un pan dans 28 cas soit 38%, exceptionnellement on note trois parties de toitures en croupe (2023 B 193, référence du dossier : IA06004641 ; 2023 B 196 ; 2023 B 251).

Village de Gattières, îlots à l'est. Vue aérienne prise du dessus.Village de Gattières, îlots à l'est. Vue aérienne prise du dessus.

La génoise règne sur les avant-toits (61 maisons repérées soit 84 % des cas), tandis qu’en saillie de rive elle se fait plus rare (9 maisons soit 12 %) où de simples débords de tuiles sont généralement préférés (42 maisons soit 57 %). On note aussi la présence d’avant-toits constitués de débords de chevrons (11 maisons soit 15%). Lorsque ce sont des génoises, elles se développent sur un rang (19 maisons), le plus fréquemment sur deux (41 maisons), exceptionnellement sur trois rangs pour la maison accueillant le presbytère (2025 B 194 ; 1833 B 147) ; en saillies de rive elles sont à 1 rang (5 maisons) ou deux rangs (4 maisons). Dans 33% cas, les génoises sont peintes en blanc (8 maisons), en jaune (10 maisons), sinon en rouge (3 maison), ce qui leur confère aussi un rôle décoratif, tout comme les débords de charpente dont les couleurs sont plus variées (rouge, vert, bleu, etc.). Les toitures sont couvertes de tuiles creuses dans 77 % des cas, de tuiles plates mécaniques dans 27 % des cas.

Maisons rue Torrin et Grassi, variété d'avant-toits. Vue prise de l'est.Maisons rue Torrin et Grassi, variété d'avant-toits. Vue prise de l'est.

IV.6. Décors

Les décors de façades sont assez fréquents à Gattières : ils concernent 20 maisons, soit 27 % du corpus. Il s’agit essentiellement de décors peints réalisés entre le 19e siècle et le début du 20e siècle sur des enduits lisses. Ceux plus anciens, s’ils ont existé, ont disparu. Ces décors ont sans doute été réalisés à l’époque du remaniement d’une grande partie des maisons du village, avec notamment la refonte des encadrements des portes (avec arc segmentaire ou plate-bande) et la peinture des rangs de génoise.

En général, les soubassements sont décorés d’une haute plinthe de couleur noire (2025 B 292-293, référence du dossier : IA06004655) et de faux encadrements sont peints autour des baies (2025 B 292-293, 2025 B 194, référence du dossier : IA06004641). Souvent, il s’agit d’un simple liseré formant un cadre de façade discret (2025 B 292-293, 2025 B 194 ; 2025 B 837 ; 2025 B 194 ; 2025 B 156).

Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Cadre de façade peint. Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Cadre de façade peint. Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Encadrement peint. Maison (1833 B 211-212, 2025 B 292-293). Encadrement peint.

Pour plusieurs maisons enduites à la tyrolienne, des parties ont été grattées à la manière du sgraffito pour créer des motifs. Deux maisons adoptent ainsi cette technique pour créer de faux encadrements, parement et chaînes d’angle imitant la pierre de taille (2025 B 287, 2025 B 302), pour une autre maison, cela permet de créer une bordure d’enseigne (2025 B 194, référence du dossier : IA06004641).

Maison (1833 B 217, 2025 B 287). Décors de faux encadrement et fausse chaîne d'angle harpée.  Maison (1833 B 217, 2025 B 287). Décors de faux encadrement et fausse chaîne d'angle harpée. Maison (2025 B 287, 2025 B 302). Enduit avec de décor gravé de faux appareil.Maison (2025 B 287, 2025 B 302). Enduit avec de décor gravé de faux appareil.

Maison (1833 B 144, 2024 B 194). Détail de l'enseigne. Maison (1833 B 144, 2024 B 194). Détail de l'enseigne.

V. Typologie

-        A1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse (44 % du corpus) : 32 maisons repérées ; 4 maisons sélectionnées (12,5 %) ;

-        A2 : maison avec partie agricole en partie haute (0% du corpus) : 0 maison repérée ; 0 maison sélectionnée ;

-        A3 : maison avec parties agricoles, artisanales ou commerciales en parties basses et hautes (55 % du corpus) :  40 maisons repérées ; 6 maisons sélectionnées (15 %) ;

-        B : maison sans partie agricole, artisanale ou commerciale (1%) : 1 maison repérée ; 0 maison sélectionnée ;

10 maisons ont été sélectionnées, ce qui représente 14 % du total repéré.

Le traitement des données statistiques issu du repérage des maisons de Gattières révèle un habitat partagé entre parties agricoles et parties de logis dans 99 % des cas. A l’exception d’une maison, toutes les autres ont leur logis installé au-dessus d’une partie agricole (38 maisons soit 95%), et très rarement artisanale ou commerciale (2 maisons soit 5%). Dans 52 % des cas, le logis est compris entre une partie basse et une partie haute à vocation agricole. Cette forte présence d’espaces agricoles au sein des maisons s’explique notamment par l’absence d’entrepôts agricoles en dehors du village, à l’exception de petits cabanons. Ce phénomène perdure assez tardivement à Gattières, malgré les tentatives de la municipalité d’y remédier pour des raisons d’hygiène. Un règlement de 1821 « demande d’éliminer les écuries du village, en les construisant à l’extérieur, car elles servent de foyer d’infection et sont toujours un élément de malpropreté »3. Cependant, cette tendance perdure encore au 20e siècle d’après les témoignages oraux.

1Faraut, p. 85.2D’après les témoignages oraux recueillis, le vin était produit localement jusque dans les années 1980.3Faraut, p. 84.

Les maisons de Gattières ont été construites entre le Moyen Age et le 20e siècle.

  • Période(s)
    • Principale : Fin du Moyen Age
    • Principale : Temps modernes, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle
    • Principale : Epoque contemporaine, 19e siècle, 20e siècle
  • Typologies
    A1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse ; A3a : maison avec parties agricoles en parties basses et hautes ; A3b : maison avec parties agricoles ou commerciales en partie basse et parties agricoles en partie haute ; B : maison sans partie agricole, artisanale ou commerciale
  • Toits
    tuile creuse, tuile plate mécanique
  • Murs
    • calcaire moellon enduit partiel
  • Décompte des œuvres
    • bâti INSEE 1 492
    • repérées 73
    • étudiées 10

Documents d'archives

  • Etat des sections du cadastre napoléonien de la commune de Gattières, 1834. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 556.

    Section B.
  • Recensement et dénombrement de population : registre de population, états nominatifs, états récapitulatifs, états numériques (1806-1891). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : E-Dépôt 535 1F1.

    Recensement de 1856.

Bibliographie

  • FARAUD, Jean. Les Gattiérois et leur espace. Recueil d’articles réalisé avec le concours de la médiathèque Marie Toesca et du service patrimoine de Gattières, 2020.

    p. 85.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de Gattières, 1833. / Dessin à l’encre sur papier, par Monsieur Granet et Monsieur Léandre Fouque, géomètres du cadastre, 1833. Echelle de 1 à 1250. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25 FI 64/1/A0-A1/COM-1/A2-1/B-C1/COM-C2/COM-D/COM-DD/COM.

    Section B.
  • 211 – GATTIERES (Alpes-Maritimes). – Vue générale. / Carte postale en noir et blanc, éditée avant 1913. Edition Neurdein Frères, imp. Crété, Succ : Paris-Corbeil. Collection particulière.

    Vue du faubourg à l'ouest du village avant 1913.
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2025
(c) SIVOM Pays de Vence
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Vidal Julie
Vidal Julie

Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.

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