Dossier d’œuvre architecture IA06004645 | Réalisé par
Vidal Julie (Contributeur)
Vidal Julie

Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.

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  • inventaire topographique
Maison et fournil
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays de Vence
  • Commune Gattières
  • Adresse 21 montée de la Vieille Commune
  • Cadastre 1833 B 126  ; 2024 B 182
  • Dénominations
    maison, fournil
  • Parties constituantes non étudiées
    four à pain, séchoir

Cette maison se situe dans un îlot dont l’emplacement et la configuration suggèrent une construction ancienne, remontant peut-être déjà à la fin du Moyen-Age.

En 1833, le cadastre napoléonien indique que le bâtiment appartient à deux propriétaires distincts. Jean Passeron, regretier, possède la majeure partie de la maison avec huit ouvertures imposables, ainsi qu’un espace comprenant un four à pain. Il y exerce probablement son activité commerciale. Une autre partie de la maison, appartenant au ménager Boniface Nirascou, est indiquée comme maison rurale. Elle est imposée comme un entrepôt agricole et sans doute utilisée à cette fin.

Les archives communales indiquent qu’il existe un seul four communal dans le village, situé dans la partie haute du bourg (1833 B 59). En revanche, les habitants ont signalé qu'il existait également une boulangerie dans le bâtiment étudié. Un recensement de la population effectué en 1856 abonde en ce sens puisque deux boulangers exerçaient leur activités dans deux établissements distincts. Aucun autre four n'étant indiqué dans le cadastre, c'est donc bien dans cette maison que le deuxième boulanger pratiquait son activité privée déjà à cette époque.

Entre 1858 et 1869, le propriétaire du bâtiment Jacques-Emmanuel Audibert réalise d'importants travaux dans la maison, comme le suggère la mention « augmentation de construction » dans les matrices cadastrales en 1869. A compter de cette date, la maison est indiquée avec 14 ouvertures imposables : 13 pour la partie maison et 1 pour la partie avec le four. Il est possible que les baies boutiquières aient été installées à cette époque en remployant des éléments des précédentes ouvertures (blocs des comptoirs en remploi). Le style de l’encadrement, en arc segmentaire, correspond par ailleurs aux formes en vigueur à cette époque. A cette même période, la partie de la maison imposée jusque-là comme un entrepôt agricole a sans doute été réaménagée en logis, ce qui a fait augmenter le nombre d’ouvertures imposées. Il n’y a pas de traces de surélévation visible sur la maçonnerie, mais cela n’exclut cependant pas pour autant cette possibilité.

La terrasse en tropézienne a été aménagée à la place de la partie sud de l'étage de comble, entre 1913 (date d'édition terminus puisque la société l'ayant produite change de nom cette année là) et 1954 (date du cachet postal), comme l’atteste deux cartes postales montrant cette transformation. La boulangerie cesse son activité vers 1950 (témoignage oral de plusieurs habitants). Depuis, les parties commerciales de la maison ont été converties en remise. Le reste du bâtiment sert de logis.

  • Période(s)
    • Principale : Fin du Moyen Age , (incertitude)
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
  • Dates

Cette maison a été construite dans un îlot situé au sud-ouest du village, proche de l’entrée du bourg ancien. Mitoyenne de deux maisons à l’ouest et à l’est, elle est traversante et bordée au sud par la rue Torrin et Grassi, au nord par la montée de la Vieille Commune.

Elle est construite perpendiculairement au sens de la pente sur une parcelle de 60 mètres carrés et s’élève sur cinq niveaux avec un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un étage de comble. La maison est construite en maçonnerie de moellons calcaires, avec un enduit à pierres vues. La chaîne d’angle sud-ouest est constituée de longs blocs de pierre de taille calcaire massifs, faisant sans doute partie de la construction originelle. La disposition des blocs suggère cependant que la façade sud de la maison a été reculée, car celle-ci ne se situe plus dans leur prolongement.

Chaque façade présente deux travées régulières avec deux baies par niveau.

L’élévation sud compte deux baies boutiquières jumelles au premier niveau d'ampleur inégale : la baie orientale s'étend sur plus de 2,36 mètres, la baie occidentale sur 1,93. mètres. Leur encadrement est en pierre de taille calcaire et couvert d’un arc segmentaire. Elles possèdent chacune un comptoir disposé en symétrie, constitué d’un bloc de pierre avec un débord de forme torique. Leur intégration maladroite indique qu’il s’agit de pierres de remploi : les sous-faces ont été retaillées pour pouvoir s’insérer dans les piédroits au niveau inférieur. De plus, le bloc de la porte occidentale dépasse largement la bordure du piédroit de la baie. Les fenêtres du deuxième niveau ont été façonnées au ciment. Celle à l’est de la façade était initialement couverte d’un arc segmentaire en brique. Les autres encadrements sont en moellons et couverts de linteaux monoxyles. La baie occidentale du troisième niveau a été étendue vers le bas pour être transformée en porte-fenêtre ouvrant sur un balcon moderne. Les contrevents sont récents.

L’élévation nord comprend la porte du logis à l’ouest du premier niveau. Son encadrement, également couvert d’un arc segmentaire, a fait l’objet d’un soin particulier avec une finition smillée. La clé de l’arc a été décorée d’une fleur sculptée. La baie orientale est récente et remplace probablement une fenêtre de dimensions plus réduites. Les autres encadrements de cette façade sont identiques à ceux de l’élévation sud, en moellons calcaires et couverts de linteaux en bois. Au sommet de l’élévation, une baie de séchoir domine le centre de la façade. Les baies sont occultées par des persiennes. Seul l’élévation nord conserve un avant-toit avec deux rangs de génoises. Au sud, une terrasse en tropézienne remplace les combles avec un parapet en ciment et une balustrade en fer forgée.

La toiture, à longs pans, est couverte de tuiles creuses.

L’étage de soubassement accueillait le fournil à l’est et un local commercial à l’ouest. Seul le vestibule du rez-de-chaussée a été visité. Il dessert deux appartements : le premier s’étend seulement sur ce niveau, tandis que le second occupe les deux étages carrés et l’étage de comble. Il est desservi par un escalier maçonné dans l’angle nord-est en équerre.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit partiel
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en équerre en maçonnerie
  • Typologies
    A3b : maison avec parties agricoles ou commerciales en partie basse et parties agricoles en partie haute
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • Four à pain. – Réparations (1831-1875) ; construction (1922-1926, 1938). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice :  2 O 462.

  • Etat des sections du cadastre napoléonien de la commune de Gattières, 1834. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 556.

    Parcelle 126.
  • Matrice cadastrale des propriétés foncières de la commune de Gattières, 1839-1913. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 557.

    Folios 32, 282, 569.
  • Recensement et dénombrement de population : registre de population, états nominatifs, états récapitulatifs, états numériques (1806-1891). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : E-Dépôt 535 1F1.

    Recensement de 1856.
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de Gattières, 1881-1911. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 561.

    Cases 19 et 154.
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de Gattières, 1913-1940. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 562.

    Case 8, 10 et 181.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de Gattières, 1833. / Dessin à l’encre sur papier, par Monsieur Granet et Monsieur Léandre Fouque, géomètres du cadastre, 1833. Echelle de 1 à 1250. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25 FI 64/1/A0-A1/COM-1/A2-1/B-C1/COM-C2/COM-D/COM-DD/COM.

    Section B, parcelle 126.
  • 211 – GATTIERES (Alpes-Maritimes). – Vue générale. / Carte postale en noir et blanc, éditée avant 1913. Edition Neurdein Frères, imp. Crété, Succ : Paris-Corbeil. Collection particulière.

    Vue de la maison avant l'aménagement de la terrasse au plus tard en 1913.
  • 750 – Gattières – Vue générale. / Carte postale en noir et blanc, avant 1954. Edition AZUR. Collection particulière.

    Vue de la maison après l'aménagement de la terrasse au plus tard en 1954.
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) SIVOM Pays de Vence
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Vidal Julie
Vidal Julie

Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.

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