Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.
- inventaire topographique
- (c) SIVOM Pays de Vence
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Pays de Vence
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Commune
Gattières
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Adresse
22 rue du 8 Mai 1945
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Cadastre
1833
B
211 ; 212
;
2024
B
292 ; 293
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Dénominationsmaison
-
Parties constituantes non étudiéesremise, étable, cellier
I. Commentaire historique
L’existence de cette construction remonte au moins à l’Epoque moderne. A l’origine, il s’agissait de plusieurs maisons qui ont ensuite été rassemblées au cours du temps. L'îlot dans lequel elle se situe est représenté sur plusieurs cartes levées au 18e siècle, notamment le plan topographique du Var en 1759 et la carte des frontières Est de la France entre 1764 et 1778.
En 1833, au moment de la levée du cadastre napoléonien, il s’agit de deux maisons distinctes. Coté nord, la maison appartient à Honoré Raynaud, aubergiste (parcelle 1833 B 211). Elle comprend 10 ouvertures imposables et relève de la première classe du cadastre, ce qui suppose qu’il s’agit déjà à cette époque d’une demeure d’importance. La maison accolée au sud de la précédente (parcelle 1833 B 212), appartient à deux propriétaires : Gaspard Nirascou possède le sol et Monique Vermeil, possède une partie de la maison. L’ensemble compte trois ouvertures imposables et relève de la quatrième classe d’imposition.
Plan de masse et de situation d'après le cadastre de 1833 (section B, parcelles 211 et 212).
A partir de 1889, Jean-Louis Edouard Raynaud réuni progressivement les deux parcelles pour ne former qu’une seule maison : il hérite d’abord d’une partie de la parcelle 211 avec 9 ouvertures imposables, puis en 1898 il obtient la parcelle 212 dans son intégralité avec 6 ouvertures imposables, enfin en 1901, il récupère la dernière partie de la parcelle 211 avec deux ouvertures imposables.
Il est à l'origine d'une importante campagne de travaux ayant donné à la maison son aspect actuel, peut-être dès 1898, plus vraisemblablement en 1900 comme le suggère la date portée sur l’encadrement de la porte du logis accompagnée de ses initiales. Si la dernière acquisition est datée de 1901 dans le cadastre, ce léger décalage par rapport à la date portée n’infirme pas la possible réalisation des travaux légèrement avant la déclaration du changement de propriété. Les deux parcelles sont ensuite inscrites sur une seule ligne ce qui confirme qu’elles ont bien été unifiée. En 1932, Charles Raynaud, ingénieur à Champigny sur Marne, hérite de cette maison.
Aujourd’hui, la maison est close et n’a pas été occupée depuis plusieurs décennies d’après les habitants du village.
II. Analyse architecturale
1. Organisation générale et mise en œuvre
Plan de masse et de situation d'après le cadastre de 2024 (section B, parcelles 292 et 293).
Vue aérienne prise du sud.
Vue aérienne prise de l'est.
Cette maison a été construite à l’est du bourg intra-muros, au sein d’un îlot longitudinal bordé à l’ouest par la rue du 8 Mai 1945, à l’est par la Carriera Dou Cantoun. Installée perpendiculairement au sens de la pente, la maison est traversante d’ouest en est et mitoyenne de deux maisons au nord et au sud. Elle s’étend sur deux parcelles cadastrales dont la superficie totale est de 81 mètres carrés : la parcelle nord (1833 B 211 ; 2024 B 293) fait 52 mètres carrés au sol, celle au sud (1833 B 212 ; 2024 B 292) fait 29 mètres carrés au sol. La maison s’élève sur quatre niveaux avec un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés. Les façades occidentale et orientale se développent sur quatre travées régulières, mais dont l’ampleur inégale traduit l’existence de plusieurs maisons à l’origine.
Vue d'ensemble prise du nord-ouest.
Vue d'ensemble prise du sud-est.
Vue d'ensemble prise du nord-est.
L’ensemble est construit en maçonnerie de moellons calcaires et couvert d’un enduit lisse de couleur jaune. Le soubassement est rehaussé d’une haute plinthe mouchetée de couleur grise. Les façades ont été agrémentées de décors peints, essentiellement autour des baies, avec des cadres blancs ornés de liserés rouges. Au dernier niveau, ces décors se poursuivent sous les avant-toits créant un cadre de façade.
Elévation est, deuxième niveau. Travée nord, baie de logis. Détail du décor peint.
Elévation est, quatrième niveau. Travée nord, cadre de façade.
Les encadrements de portes sont en pierres de taille calcaires ou en brique, ceux des baies sont façonnés au mortier. Les avant-toits se composent de deux rangs de génoises peints en jaune. La toiture, à longs pans, est couverte de tuiles creuses.
2. Description des façades
La porte du logis se situe à l’extrémité nord de la façade principale, côté ouest. Son encadrement est en pierres de taille calcaires, bouchardées et ciselées, avec un couvrement en plate-bande lisse. L’inscription 1900 R.L a été sculptée en creux dans des cartouches sur la clé.
Elévation ouest, premier niveau.
Elévation ouest, premier niveau. Porte du logis.
Elévation ouest, premier niveau. Porte du logis, détail de la clé portant l'inscription 1900 R.L.
Sur cette façade, trois soupiraux en pierres de taille calcaires permettent d’aérer et d’éclairer les pièces de l’étage de soubassement.
Elévation ouest, premier niveau. Soupirail central.
Les baies sont occultées par des persiennes articulées de couleur grise.
Elévation ouest, deuxième et troisième niveaux. Travées nord.
Sur la façade orientale, trois portes permettent d’accéder à l’étage de soubassement : au sud, une porte charretière en brique couverte d’un arc segmentaire, au nord, deux portes piétonnes en pierres de taille calcaires en arc segmentaire. Le jambage des piédroits relie ces deux encadrements par des blocs de pierre de taille communs. Un petit jour éclaire chaque pièce desservie par ces portes.
Elévation est, premier niveau. Travées sud, porte charretière.
Elévation est, premier niveau. Travées nord, portes piétonnes.
Un balcon a été installé au troisième niveau de l'élévation, il s'étend sur les deux travées nord. Il est desservi par deux portes-fenêtres et muni de garde-corps en ferronnerie.
Elévation est, deuxième, troisième et quatrième niveaux. Travées nord.
Au quatrième niveau, chaque baie est équipée de barres en fer, sans doute pour y déposer des planches servant de balcons de séchoirs mobiles ou pour y faire sécher le linge. Toutes les baies sont occultées par des persiennes articulées de couleur ocre (à l'exception de celles refaites plus récemment qui n'ont pas été peintes).
Elévation est, quatrième niveau. Travée nord, baie de logis et supports en ferronnerie.
3. Occupation des espaces intérieurs
L’intérieur n’a pas pu être visité. L’étage de soubassement est sans doute occupé par des remises-étables ou des celliers. La pièce la plus au sud est couverte d'un plafond avec voûtains. Les trois autres niveaux accueillent le logis. Il est possible que le dernier niveau était réservé aux domestiques.
Cette maison, composée de plusieurs bâtiments rassemblés au cours du temps, existe au moins depuis l'Epoque moderne, en témoigne notamment le plan topographique du cours du Var levé en 1759 figurant l'îlot dans lequel elle se trouve. L'aspect actuel de la maison doit être attribué à une importante campagne de travaux réalisée par le propriétaire Jean-Louis Raynaud et qui s'est déroulée entre 1898 et 1901. L'inscription 1900 R.L gravée sur la clé de la plate-bande couvrant la porte du logis le confirme. La maison n'est plus habitée depuis plusieurs décennies (témoignage oral).
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Période(s)
- Principale : Temps modernes
- Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
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Dates
- 1900, porte la date
Cette maison a été construite à l’est du bourg intra-muros. Installée perpendiculairement au sens de la pente, elle s’élève sur quatre niveaux avec un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés. L’ensemble est construit en maçonnerie de moellons calcaires et couvert d’un enduit lisse de couleur jaune. La toiture, à longs pans, est couverte de tuiles creuses. A l'intérieur, l'étage de soubassement était réservé à des espaces agricoles (remise-étable, cellier). Les trois niveaux supérieurs sont dédiés au logis et desservis par un escalier dans-œuvre.
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Murs
- calcaire moellon enduit
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Toitstuile creuse
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Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
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Couvertures
- toit à longs pans
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre
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TypologiesA1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse
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Précision représentations
L'enduit de façade a été agrémenté de décors peints essentiellement autour des baies, avec des cadres blancs ornés de liserés rouges. Au dernier niveau, ces décors se poursuivent sous les avant-toits créant un cadre de façade.
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
- (c) SIVOM Pays de Vence
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice
- (c) SIVOM Pays de Vence
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Ministère de l’économie et des finances
- (c) SIVOM Pays de Vence
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice
- (c) SIVOM Pays de Vence
- Inventaire
- (c) SIVOM Pays de Vence
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Documents d'archives
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Etat des sections du cadastre napoléonien de la commune de Gattières, 1834. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 556.
Parcelles 211 et 212. -
Matrice cadastrale des propriétés foncières de la commune de Gattières, 1839-1913. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 557.
Folios 262, 325, 378, 456, 525, 528, 721, 806 et 812. -
Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de Gattières, 1881-1911. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 561.
Cases 140, 147, 148, 191 et 232. -
Matrice cadastrale des propriétés non bâties de la commune de Gattières, 1913-1940. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 559.
Case 140.
Documents figurés
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Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). / Dessin à l’encre sur papier dressé sur les lieux par Antoine Durieu et Joseph Cantu, ingénieurs topographes du roi de Sardaigne, sur instructions de l’intendant Joanini, le 19 février 1759. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 1 FI 1424.
Détail : Gattières, îlot dans le village comprenant la maison étudiée, 1759. -
Plan cadastral de la commune de Gattières, 1833. / Dessin à l’encre sur papier, par Monsieur Granet et Monsieur Léandre Fouque, géomètres du cadastre, 1833. Echelle de 1 à 1250. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25 FI 64/1/A0-A1/COM-1/A2-1/B-C1/COM-C2/COM-D/COM-DD/COM.
Section B, parcelles 211 et 212.
Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.
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