Dossier d’aire d’étude IA06004676 | Réalisé par
Vidal Julie (Contributeur)
Vidal Julie

Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.

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  • inventaire topographique
Présentation de la commune de Gattières
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  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Pays de Vence
  • Adresse
    • Commune : Gattières

I. Cadre géographique

I.1. Localisation

La commune de Gattières fait partie de l’arrondissement de Grasse et du canton de Nice. Elle s’étend sur une superficie de 10,3 kilomètres carrés. Elle est bordée par les communes de Saint-Jeannet au sud, Bézaudun-les-Alpes à l’ouest, Le Broc et Carros au nord, Nice et Colomars à l’est.

Vue de situation du village de Gattières au sein de l'aire communale, prise de l'ouest. Vue de situation du village de Gattières au sein de l'aire communale, prise de l'ouest.

I.2. Topographie

Le territoire communal s'étend comme une lanière triangulaire, perpendiculaire au fleuve Var, dont le grand côté borde les rives du cours d'eau et la pointe se termine du côté des montagnes. L’altitude varie entre 48 mètres à l’est et 950 mètres à l’ouest. Ces variations induisent une diversité de paysages au sein de l’aire communale, que l’on peut répartir selon trois thèmes définis dans l’Atlas des Paysages des Alpes-Maritimes : la basse-vallée du Var, le piémont et les plans ou plateaux d'altitude.

[Gattières]. RD1, route de la Baronne, les Fontaines, RD2209, Saint-Michel, le Camp Dalmas, les Conques, les Siouaïres, le Camps de Cugens, vallon d’Aspres. [Gattières]. RD1, route de la Baronne, les Fontaines, RD2209, Saint-Michel, le Camp Dalmas, les Conques, les Siouaïres, le Camps de Cugens, vallon d’Aspres.

La basse-vallée du Var, à l’est de la commune, se caractérise par un large couloir en fond de vallée orienté selon un axe nord-sud, et dont l’emprise communale s’étire sur environ 500 mètres le long de la rive droite du Var. L’écoulement du fleuve a été maintes fois remanié au cours du temps pour répondre aux enjeux naturels (menaces de crues) et socio-économiques (endiguement de la plaine pour l’exploitation agricole, puis industrielle).

Vue de situation de la plaine du Var prise du nord-ouest. Vue de situation de la plaine du Var prise du nord-ouest.

La zone de piémont concerne la partie comprise entre la plaine du Var et la montagne et constitue le centre du territoire communal. Elle est marquée par un relief collinaire doux, séparé par des vallons plus ou moins profonds où s’écoulent des sources (Saint-Martin, la Fontaine, les Prés, Font d’Eyrard, vallon du Ruth et du Caroubier). C’est là que, à mi-pente, se trouve le chef-lieu perché sur son socle rocheux à 295 mètres d’altitude. Afin de garantir l’intégrité paysagère du site, le village et ses abords, d’une superficie de 37 hectares, ont été inscrits au titre des Sites protégés le 6 février 1967. Autour, les côteaux anciennement aménagés en terrasses de cultures ont progressivement été urbanisés.

Village de Gattières, vue d'ensemble prise du sud.Village de Gattières, vue d'ensemble prise du sud.

Enfin, la zone des plans concerne la partie la plus élevée à l’ouest du territoire avec la montagne du Chier, marquée par le sommet de Peysseguier à environ 900 mètres d’altitude. Cet espace, qui constitue un des premiers reliefs préalpins, fait partie du périmètre du parc naturel régional des Préalpes d’Azur.

I.3. Géologie

Dans la basse-vallée du Var, le delta du paléo-fleuve a accumulé des couches de sable et de graviers soulevés à plus de 300 mètres lors de mouvements géologiques. Le cours d’eau y a creusé son lit et s’est encaissé entre deux hauteurs de poudingues du Pliocène. Il s’agit du seul exemple en Europe de sédimentation marine de type ria. Ces sols chargés d’alluvions sont très riches et favorables aux cultures maraîchères. 

Plus haut, les sols de la zone de piémont se sont formés essentiellement au Jurassique Moyen, sur une roche calcaire fragmentée formant en surface un rankosol constitué de nombreux éléments grossiers (graviers, pierres, cailloux), donnant un calcaire gréseux. Plus au sud, la nature du sol évolue vers des rendosols. La roche calcaire très fissurée a libéré beaucoup de carbonate de calcium ce qui donne un sol souvent argileux, caillouteux, très séchant et perméable.

Enfin, pour la zone haute des plans, les sols sont formés d’un calcaire jurassique dur, gris et compact, issu de l’accumulation d’une centaine de mètres de sédiments apportés au cours de l’Ere secondaire lorsque la mer recouvrait cette zone. La nature karstique de ce calcaire a entraîné la création de dépressions circulaires appelées dolines et de formations rocheuses en forme de rainures superficielles dénommées lapiaz. Ces phénomènes sont dus à l’érosion et à la dissolution des calcaires de surface, notamment en raison du ruissellement des eaux.

I.4. Climat

Le climat de Gattières est de type méditerranéen avec des étés tempérés chauds et secs, ce qui induit une végétation spécifique adaptée à la sécheresse et nécessite la présence d'un réseau d'irrigation pour permettre une mise en valeur agricole. Les hivers sont particulièrement doux et ensoleillés. Les précipitations sont relativement rares mais intenses. Il convient cependant de souligner que le couloir de la basse vallée du Var est une zone plus humide que celles du piémont et des plans, à la fois du fait de la présence du fleuve et de l’effet de convection des masses d’air, frais en amont et plus chaud en aval. Ainsi, on observe régulièrement des épisodes brumeux dans la vallée, phénomène qui s’intensifie à mesure de l’industrialisation du secteur.

 I.5. Réseau viaire

Une ancienne voie romaine traverse partiellement le territoire de Gattières, depuis le gué du Var, à proximité de la chapelle Notre-Dame-du-Var, seule zone franchissable à pied jusqu’à la construction du pont de la Manda au début du 20e siècle. La voie se poursuit ensuite vers le sud et gagne le territoire de Saint-Jeannet. Ce chemin constitue aussi un des itinéraires de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Aujourd'hui, le GR 653A suit le tracé de cette voie historique, mais ne constitue plus un axe de circulation important.  

Deux axes routiers majeurs traversent le territoire du nord au sud : sur la crête à l’ouest, la route de Vence à Carros desservant le village, aménagée à la fin du 19e siècle en parallèle d’un axe plus ancien, et qui relie les chefs-lieux des villages limitrophes ; à l’est, en bordure du fleuve Var, la route de la Baronne mise en service en 1938. Seul le pont de la Manda, à la limite des communes de Gattières et de Carros, permet de franchir le Var. Entre ces deux axes, le chemin de Provence constitue une troisième voie importante, bien que secondaire, créé à la fin du 19e siècle pour accueillir le réseau ferroviaire, puis transformé en axe routier après la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs routes perpendiculaires à ces axes principaux permettent d’accéder aux différents quartiers et se calquent sur les réseaux anciens : la route des Sauces et le chemin des Serres à l’ouest, le chemin de la Halte et le chemin des Fontaines à l’est.

Aire communale de Gattières.Aire communale de Gattières.

II. Développement historique

 II.1. Les origines

Les vestiges les plus ancien identifiés sur le territoire de Gattières remontent à l’Antiquité. Il est cependant fort probable que les nérusiens, peuple celto-ligure installé dans la région de Vence, y aient séjournés auparavant. Le toponyme les "Castellas" au nord du territoire suggère une potentielle occupation humaine protohistorique de ce secteur, mais aucune fouille n'a permis de le confirmer à l'heure actuelle. Des fragments de sépultures retrouvés autour de la voie antique attestent de l’occupation du territoire sous l’époque romaine. Il s’agirait d’un passage d’importance qui aurait relié Cimiez à Vence, sans doute un axe secondaire de la voie Iulia Augusta. Sa présence s’explique notamment par la présence du gué facilement franchissable dans le lit du fleuve Var.

Un linteau et un bloc appartenant à un mausolée dit des Condamines, connu depuis le 16e siècle, sont conservés dans le jardin public Julien Béranger, en bordure du bourg ancien. L’édifice se trouvait à environ 500 mètres au nord de l’actuel village, au quartier des Condamines, le long d’un petit chemin dominant le vallon éponyme. Ce monument a disparu mais l’inscription sur le linteau atteste de sa fonction funéraire : Q(uinto) Vibio Secundiano q(ui) v(ixit) a(nnos) XII / m(enses) VI d(ies) VIII Q(unitus) Vibuis Quir(ina tribu) Salin(iensis) Capito / filio supra modum aetatis pientissimo / sibi posterisque suis vivus fecit”. “ A Quintus Vibius Secundianus qui a vecu 12 ans, 6 mois et 8 jours, Quintus Vibius Capitos, de la tribu Quirina, originaire de Salina, à son fils, plus dévoué encore qu’on a l’habitude de l’être à cet âge, a élevé (le monument) de son vivant pour lui et ses descendants”. Cette épitaphe est datée du 3e siècle. Le dédicant, Quintus Vibius Capito serait originaire de Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) et avait une résidence autour de Vence.

 II.2. Le Moyen Age

La première mention de Gattières apparait en 1037 dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, « villa Gateiras », puis en 1060, « Sancto Martino ad Gateiras », qui fait sans doute référence à un édifice de culte dédié à Saint-Martin. Celui-ci n’est plus indiqué dans les sources écrites médiévales, mais le lieu demeure : la source qui en porte le nom est l'une des principales qui alimentent le village.

Le lieu de Gattières dépend de la seigneurie d’Entrevène, au moins depuis le 12e siècle. Son seigneur, Guillemus de Cateiras est cité entre 1109 et 1125. A partir de 1200, le castrum de Gatteriis apparait dans les textes, puis en 1235 le lieu est indiqué comme étant fortifié. Celui-ci ne semble pas avoir été concerné par les luttes entre le comte de Provence et les seigneurs locaux du début de ce siècle.  

En 1247, une bulle du pape Innocent IV confirmant les possessions du monastère Saint-Pons de Nice indique l’existence d’un prieuré rural sur le territoire lui appartenant : “in diocesi Venciensi, Sancte Marie de Gatteriis”, désigné ensuite comme "Notre-Dame-de-dessous-Gattières".

La même année, le seigneur de Gattières, Guillaume de Mostier d’Entrevènes, vend le territoire de Gattières à l’évêque de Vence, Guillaume II Ribotti. Celui-ci se déclare vassal du comte de Provence en 1271. En 1278, les habitants de Gattières rendent hommage à leur seigneur, l’évêque de Vence, Guillaume de Sisteron. A cette occasion, l’église du village, dédiée à Saint-Nicolas, est mentionnée.

A la fin du 14e siècle, la situation change radicalement en raison de la guerre de l’Union d’Aix (1381-1388). Lors de la dédition de Nice en 1388, Gattières est occupée par des troupes ralliées au gouverneur de Nice, Jean Grimaldi, baron de Beuil, artisan du rattachement de Nice à la Savoie. C’est sans doute pour cette raison que leur chef, Allégret de Mauléon, vend ce territoire et tous ses biens au comte de Savoie, Amédée VII, au prix de 2 000 florins. Ce dernier s’offre ainsi un avant-poste au sein de la Provence, situation qui perdure ensuite pendant presque quatre siècles et crée de nombreuses difficultés politiques, militaires et économiques pour les gattiérois. En 1390, la seigneurie de Gattières est attribuée à une branche de la famille Grimaldi. Cependant, l’évêque de Vence demeure le chef spirituel des lieux et les gattierois lui rendent hommage en 1404. Les pouvoirs sont ainsi partagés sur le territoire entre la Savoie pour le temporel et la Provence pour le spirituel ce qui donne lieu à de nombreux litiges1.

La situation géographique de Gattières, en tant qu’enclave savoyarde en rive droite du Var, fait l’objet de convoitises par la Provence, puis par le Royaume de France à partir de 1481. En conséquence, ce petit territoire est régulièrement assiégé, envahi et traversé par les troupes des deux royaumes riverains2. C’est dans ce contexte difficile que la transition vers l’Epoque moderne s’opère.

II.3. Epoque moderne

Du 16e siècle à la seconde moitié du 18e siècle, la vie des gattierois est marquée par de nombreux affrontements entre les troupes savoyardes et françaises, qui provoquent des périodes de misères, de famines et d’importantes destructions : les guerres d’Italie (1494-1547)3, les troubles de la Ligues (1589-1594), la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697)4, la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714)5, enfin la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). Les dommages sont considérables et le château et les maisons doivent être plusieurs fois reconstruits. Deux épisodes ont été particulièrement destructeurs : en 1556, la France récupère le territoire de Gattières pendant trois ans après la trêve de Vaucelles conclue avec la Savoie. Le château ayant été détruit, Henri II accorde aux habitants une remise de taille pendant 10 ans pour permettre sa reconstruction ; en février 1747, le village est occupé par les troupes françaises de l’armée du maréchal de Belle Ile qui pillent et détruisent le château et les maisons du village. Le château n'est pas reconstruit ensuite.

Village de Gattières, vue aérienne prise du sud-ouest. Au centre, les vestiges du château seigneurial. Village de Gattières, vue aérienne prise du sud-ouest. Au centre, les vestiges du château seigneurial.

En 1760, le village de Gattières est rattaché à la Provence après un accord entre le roi de France, Louis XV, et le roi de Sardaigne, Charles-Emmanuel III, ayant débouché sur le traité de Turin. Il permet de régulariser la frontière entre les deux royaumes, notamment pour harmoniser l’administration civile et religieuse, puisque les frontières des évêchés ne correspondaient pas aux frontières politiques. La nouvelle frontière se calque sur les limites naturelles du fleuve Var. Administrativement, Gattières dépend désormais de la viguerie de Saint-Paul.  

Jusqu’à cette date, la communauté de Gattières était soumise au régime sarde. Elle s’administre par une assemblée de syndics qui répartissent l’impôt, collectent et gèrent la communauté en dépit des désordres réguliers. Ainsi, on trouve la mention de la construction et de l’entretien des fours à pains et des moulins à huile et à farine par la communauté aux 17e et 18e siècles.

Le ralliement de Gattières au royaume de France en 1760 entraine de graves difficultés financières pour la communauté. Celle-ci, qui a déjà accumulée de nombreuses dettes du temps où elle appartenait au Comté de Nice, se voit désormais débitrice des dettes de la Provence, auxquelles s’ajoute les taxes françaises deux à trois fois plus élevées qu’auparavant. En conséquence, un arrêt du Conseil du Roy du 27 janvier 1764 exempte la communauté des impositions des années 1761 à 1764. Cette exemption temporaire ne suffit cependant pas pour que la communauté retrouve un équilibre budgétaire. C'est dans ce contexte de pauvreté qu'elle accueille la Révolution.

 II.4. Epoque contemporaine

La Révolution française n’entraine pas de nouveau bouleversement de frontières à Gattières. Le conseil général de la commune remplace les syndics de l'Ancien Régime et devient la seule autorité locale. Sa première action est de réclamer l’extinction des dettes de 1760, ce qui est approuvé par l’Etat trois ans plus tard. La vente des Biens Nationaux bénéficie à la classe bourgeoise de Gattières qui se partage les biens du clergé et de la noblesse (le château en ruine et ses dépendances, l'ancienne ferme seigneuriale appelée la Bastide, deux édifices religieux et leurs dépendances, quelques terrains de rapports, des moulins). La commune conserve trois moulins, un four, trois pressoirs à vin, quelques maisons, des jardins et des terres.

Le 19e siècle se caractérise par une époque de centralisation de l’administration favorisant le progrès, ce qui améliore les conditions de vie des administrés. Des normes sont adoptées en matière d’hygiène, de santé, mais aussi d’instruction (voir le dossier Village : IA06004677).

En 1860, le Comté de Nice est rattaché à la France ce qui modifie les frontières administratives départementales. La commune de Gattières est intégrée dans le nouveau département des Alpes-Maritimes. De grands projets voient le jour et permettent aux communes jusque-là situées aux confins du Var de sortir de l’isolement. Le premier, et sans doute le plus impactant, concerne la création de la ligne de chemin de fer du Sud de la France, reliant Nice à Meyrargues en 1892. Le tronçon entre la Manda et Grasse traverse Gattières où une halte ferroviaire est créée. A l’origine, cette ligne avait une vocation militaire en cas d’attaque du littoral afin de constituer une zone de repli et de ravitaillement dans le moyen pays, d’où le choix d’installer des voies métriques plus étroites que le réseau habituel. Si cette vocation première n’a pas d’utilité, l’installation du chemin de fer marque en revanche un tournant pour les modes de vie locaux et pour l’essor économique des gattierois qui peuvent désormais exporter leur production vers Grasse (plantes à parfums) et Nice (cultures maraîchères). L’aménagement de cette voie nécessite la construction du viaduc d’Enghieri (autrefois appelé pont d’Augely). A cette même période, un nouvel axe de circulation est créé reliant Saint-Jeannet à la Manda en passant devant le bourg ce qui participe aussi à l’ouverture du village vers les autres communes.

 GATTIERES. (A.-M.). Alt. 286 m. – Pont d’Augély. GATTIERES. (A.-M.). Alt. 286 m. – Pont d’Augély. Ancienne halte ferroviaire de Gattières (2025 C 3050). Ancienne halte ferroviaire de Gattières (2025 C 3050).

Le deuxième chantier d’importance concerne l’endiguement de la rive droite du fleuve Var entre 1871 et 1922. Il a permis de gagner 90 hectares de terrains sur le lit du Var. Les sols sont cultivés à compter de 1922 et cultures maraîchères, pépinières et vergers s’y sont depuis développés.

Au premier plan, terrains cultivables acquis grâce à l'endiguement de la rive droite du Var. Au fonds, le village perché de Gattières.Au premier plan, terrains cultivables acquis grâce à l'endiguement de la rive droite du Var. Au fonds, le village perché de Gattières.

Grace à ces aménagements, Gattières bénéficie du passage des premiers hivernants qui arrivent en train, puis en voiture. La commune étant proche de Nice et désormais reliée par le pont de la Manda, de nombreux visiteurs viennent la découvrir. Plusieurs hôtels de voyageurs ouvrent dans le village (hôtel parcelle 2023 B 156, 1833 B 340-342, référence du dossier : IA06004662, Le Chalet Suisse parcelle 1833 B 152bis, 2024 B 92) et à proximité (Hôtel Béranger à la sortie du village parcelle 1833 C1 211, 2024 B 5).

GATTIERES. (A.-M.). Alt. 262 m. – Entrée du village – Hôtel Bérenger.GATTIERES. (A.-M.). Alt. 262 m. – Entrée du village – Hôtel Bérenger.

Des maisons de villégiature sont construites dans des styles très différents et reflètent l’installation d’une nouvelle population bourgeoise (le Château-Fort (2025 B 942) construit en 1906 et la villa Nour Alek en 1935 (2025 D 1900)).

Maison dite le château-fort (2025 B 942). Maison dite le château-fort (2025 B 942). Villa dite Nour Alek (2025 D 1900). Villa dite Nour Alek (2025 D 1900).

La reprise économique qui s’amorce au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et le début des Trente Glorieuses transforment le territoire, sa manière d’y habiter et d’y vivre. Les voies de communication ferroviaire sont abandonnées et démantelées. Le tronçon qui traverse Gattières est transformé en route. Le territoire est désormais bien desservi ce qui participe à sa mutation et à son peuplement. L’après-guerre et le retour à la paix entraînent une période de croissance économique et démographique sans précédent : en un demi-siècle, la population du territoire a presque été multipliée par cinq (631 habitants en 1954 et 2 997 habitants en 1990), créant de nouveaux enjeux en matière de gestion du territoire. 

L’agriculture, largement en baisse depuis les années 1950-60, est concurrencée par le développement de l’habitat résidentiel et pavillonnaire. Cela induit un mitage exponentiel des campagnes. Cette évolution se fait sans politique d’aménagement concerté du territoire ce qui provoque une urbanisation aléatoire.

III. Evolution démographique6

Année

Nombre d'habitants

1263-1264

18 feux soit entre 54 et 90 habitants + 38 feux à Gattières supérieur soit entre 114 et 190 habitants

1315-1316

34 feux soit entre 102 et 170 habitants

1666

800 habitants

1765

415 habitants

1792

600 habitants

1831

711 habitants

1851

798 habitants

1905

529 habitants

1954

631 habitants

1968

1 005 habitants

1990

2 997 habitants

2025

4 330 habitants

IV.  L’occupation du territoire et l’évolution du bâti

 IV.1. Le village

Le village de Gattières s’est installé sur un éperon rocheux perché à 295 mètres d’altitude. Le bourg, tel qu’il est visible aujourd’hui, résulte d’une organisation sans doute déjà établie au Moyen Age. Les ruines du château au centre de la partie sommitale de la butte, l’organisation concentrique des îlots et la ligne de maisons-rempart attestent de cette implantation ancienne. Le bourg intra-muros se compose de 27 îlots de bâtiments mitoyens, d’ampleur et de morphologie variés. A l’ouest, les îlots sont concentriques, implantés de manière aléatoire, tandis qu’à l’est, quatre îlots parallèles de même longueur et de largeur proche semblent être le fruit d’un programme urbain concerté, sans doute défini au cours de l’Epoque moderne (voir le dossier Village : IA06004677).

Gattières, vue aérienne zénithale du village (le nord est en bas du cliché). Gattières, vue aérienne zénithale du village (le nord est en bas du cliché).

Au sud-ouest du village, la rue Torrin et Grassi constitue l’axe principal menant au bourg. Elle a été progressivement urbanisée à compter de la fin du 19e siècle. La rue des Anciens Combattants, contournant le village par le nord et permettant d’y accéder par la montée du Château résulte d’un aménagement de 1904.

A l’extérieur des anciennes murailles, sous le village au sud et à l’est, des jardins ont été aménagés sur une vingtaine de terrasses successives soutenues par des murs en pierre sèche.

Village de Gattières et ses jardins en terrasses. Vue aérienne prise du sud-est.Village de Gattières et ses jardins en terrasses. Vue aérienne prise du sud-est.

IV.2. Les écarts

Si l’existence d’un écart à proximité de la chapelle Notre-Dame-du-Var est indiqué dans les archives au Moyen Age et à l’Epoque moderne, celui-ci n’existe plus sur les plans du 18e siècle et sur le cadastre napoléonien de 1833. Aucun autre regroupement d'habitat extra-muros n'est connu.

 IV.3. L’habitat dispersé

L’habitat dispersé est rare à Gattières. La faible superficie du territoire permettant aux habitants de le traverser pour effectuer leur travail journalier. Le cadastre napoléonien levé en 1833 indique l’existence de deux fermes en dehors du village. La première, située au quartier des Prés et des Feraillons compte plusieurs bâtiments disjoints : le bâtiment du logis (1833 D 85 ; 2025 D 1625), une bergerie (1833 D 86 ; 2025 D 649), un entrepôt agricole et une aire de battage (actuellement réhabilitée en maison, parcelle 2025 D 1624).

La deuxième ferme isolée est une maison de maître seigneuriale qui existe au moins depuis le 18e siècle. Elle est indiquée que le plan topographique du cours du Var comme « bastide de monsieur le Comte » et sur la carte de Cassini comme « la bastide ». A la Révolution, elle est vendue comme Bien National, et rachetée par deux propriétaires : Frédéric Euzière et Jean-François Féraud. Sur le cadastre napoléonien, le bâtiment est désigné comme "bastidon" et imposé comme un entrepôt agricole. Les terrains alentours sont plantés de vignes et d’oliviers (2023 C 731 ; 1833 C 1101-1102). Son aspect actuel résulte donc très probablement d’une campagne de travaux ultérieure.

Ferme dite la Bastide (2023 C 731 ; 1833 C 1101-1102). Ferme dite la Bastide (2023 C 731 ; 1833 C 1101-1102).

D’après les témoignages oraux, il existait deux autres fermes, sans doute construites entre 1833 et le début du 20e siècle. La première se situait au lieu-dit Saint-Martin et la seconde au lieu-dit Notre-Dame. Enfin, une ferme est construite au lieu-dit Saint-Estève dans la première moitié du 20e siècle pour la culture des fleurs. Leur activité cessa au lendemain de la Seconde Guerre mondiale7. L’enquête sur le terrain n’a pas permis de les identifier.

Les entrepôts agricoles sont plus nombreux en milieu dispersé. Sur le cadastre napoléonien, 120 bâtiments de ce type sont signalés : "bastidon", "bergerie", "cabane", "masure" (en ruine). Seuls 14 d’entre eux ont pu être repérés dont une bergerie et 13 entrepôts agricoles multifonctionnels.

Entrepôt agricole multifonctionnel au quartier des Fontaines. (1833 D 714, 2024 D 136). Entrepôt agricole multifonctionnel au quartier des Fontaines. (1833 D 714, 2024 D 136). Au second plan : bergerie au quartier des Sauces (1833 D 186-188, 2024 D 666).Au second plan : bergerie au quartier des Sauces (1833 D 186-188, 2024 D 666).

En 1926, un ensemble standardisé de six bâtiments agricoles est établi le long de la route nationale reliant Vence à la Manda : incluant chacun une remise et un fenil, ils partagent les mêmes matériaux et la même disposition structurelle (2025 B 613, 614, 615, 617 et 957)8. Ces bâtiments sont représentatifs du changement de mode de vie et de la mutation du territoire : leur implantation en bordure de la route carrossable et leurs larges portes charretières reflètent l'importance prise alors par le transport à roue sur le territoire communal.

Entrepôts agricoles multifonctionnel édifiés en série en 1926 (2025 B 613, 614, 615, 617 et 957).Entrepôts agricoles multifonctionnel édifiés en série en 1926 (2025 B 613, 614, 615, 617 et 957).

Sur la montagne du Chier, trois cabanes en pierre sèche à vocation agropastorale ont été repérées au lieu-dit du Rut et de l’Hubac de la Sine (voir le dossier : IA06004761). Jean Lafitte en avait repéré 7 en 2005, mais plusieurs, déjà ruinées à l'époque, n'ont pas pu être repéré au cours de l'inventaire. Leur présence indique une activité pastorale dans cette partie haute du territoire, associée parfois à des petites parcelles anciennement cultivées.

Cabane dite du Castou (2023 A 25).Cabane dite du Castou (2023 A 25).Commune de Gattières, emplacements des cabanes en pierre sèche repérées. Commune de Gattières, emplacements des cabanes en pierre sèche repérées.

IV.4. L’analyse de la toponymie

Le cadastre napoléonien, levé en 1833 à Gattières, indique les toponymes des différents quartiers et fourni ainsi de précieux indices sur l’occupation ancienne du territoire.

Tableau d'assemblage du cadastre de 1833 de la commune de Gattières figurant les toponymes de chaque quartier. Tableau d'assemblage du cadastre de 1833 de la commune de Gattières figurant les toponymes de chaque quartier.

Origine

Nom

Section du Cadastre napoléonien de 1833

Explication9

Lieu de culte

 

 

 

Notre-Dame

D

Chapelle Notre-Dame-du-Var mentionnée dès 1247.

 

Les Saints-Martin ; Saint-Martin

A2 ; C1 ; D

Fait sans doute référence à un édifice de culte mentionné pour la première fois en 1060, ainsi qu’aux sources de Saint-Martin mentionnées dès le 15e siècle et qui alimentent toujours le village aujourd'hui.

 

Saint-Michel

D

Quartier limitrophe de Saint-Jeannet. Fontaine de Saint-Michel et vallon de Saint-Michel également indiqués sur le plan topographique du cours du Var en 1759. Fait référence à une source.

 

Saint-Estève

D

Egalement appelé Saint-Etienne. Eglise du terroir, mentionnée au Moyen Age, qui pourrait être la première paroisse de Gattières. A partir de 1312 elle est mentionnée comme appartenant au territoire limitrophe de La Gaude.

Géographie

 

 

Exposition au soleil

L’Hubac de la Sine

A1

Versant de la montagne le moins exposé au soleil. La Sine désigne une courbe ou un pli, une dépression. Cette zone se situe à l’ouest du sommet de Pesseguier.

 

Les Adrechts

C1

Versant de la montagne disposant de la meilleure exposition au soleil. Quartier situé au nord-est du village.

 

Siouraires

C1

De suieria en provençal = exposé au soleil.

 

La Pierre de Fresquet

D

Fresquiero en provençal = lieu frais.

En lien avec l’eau

Gattières

B

Fait peut-être référence au gué du Var qui constitue, jusqu’au 20e siècle, le seul passage permettant de rallier la rive gauche du fleuve Var et revêt ainsi une importance stratégique.

 

Les Sausses

A2

Pourrait provenir de « Sauces » qui indique un écoulement.

 

Les Fonderasses

C1

Fait référence à la source Font d’Eyrard. Font = fontaine, source

 

Les Fontaines

D

Source abondante appelée la Fontaine et irrigant tout le quartier.

 

Font Cailloure

D

Source de Cailloure (cailloux ?) = source avec des pierres

 

Labéou

C2

Vient du provençal abéourar qui signifie abreuver. Fait référence à un tronçon du canal de la Fontaine qui dessert plusieurs moulins de ce quartier.

 

La Clue

C2

Resserrement d'un vallon au passage d'une échine rocheuse.

Reliefs

Les Conques

C2

Trou, excavation, dépression.

 

Camp de Cugens

C1

Camp = espace plat, champs, plus étendu que le « clot » ; Cugens = Nom propre ? ou cuge en provençal  = courge.

 

Les Camps Dalmas

C2

Camp = espace plat, champs, plus étendu que le « clôt » ; Dalmas = Nom propre.

 

Colle Basse

A2

Colle = passage, col en montagne ; Basse = dépression, lieu bas.

 

Les Serres

D

Désigne une crête étroite et allongée. Ce quartier se situe en face du village côté sud, séparé de celui-ci par le vallon de l’Entrouos.

 

Les Cotes

A2

Relief, front de plateau.

 

Les Escaputeous

C1

Esca = relief.

 

Les Rêtes

C1

Raidillons.

 

Les Peirones

C1

Zone où le calcaire affleure.

 

Le Rut

C1

Rute = En pente.

 

Les Valières

C1

Petite vallée.

 

Les Bréguières

C2

Breguiera = gare. Lieu de passage (proche du Gué, en aval du pont de la Manda)

Usage de la terre

 

 

Cultures

Le Clos de Piquet

A1

Clos = pièce de terre entourée de haies ou de murs, donc espace cultivé ; piquet = bâton pointu que l’on fiche en terre. Il pourrait donc s'agir d'une zone où les terres étaient cultivées et protégées par des enclos.

 

Le Claous

A2

Enclos, replat.

 

Les Prés et le Ferraillon

D

Ferrage = terrain planté en fourrage, en orge ou seigle semés pour les bêtes et récoltés verts.

 

Condamine

C2

Bonne terre réservée dans un domaine. Ici pâture, vignes, oliviers essentiellement. C’est un lieu exploité par plusieurs personnes en accord avec le seigneur, avec des droits réduits ou supprimés.

 

Pesseguier

A1

Pesseguiero = lieu planté de pêchers

 

Les Suvéries

C2

Suvarricia = lieu planté de chêne-liège. Suve – liège en Provence.

Vignes / vin

Les Vignes

C2

Référence à la culture de la vigne.

Construction

 

 

 

Le Béal

C2

Canal ou petit cours d’eau ; bief de moulin. Travaux humains pour domestiquer l’eau. Fait référence au canal du moulin alimentant les moulins du quartier éponyme et prenant naissance dans le vallon des Escaputéous.

 

La Bastide

C2

Désigne une habitation isolée. A Gattières, cela concerne la ferme seigneuriale du quartier du même nom.  

 

L’Oustaou

C1

Oustau = hôtel, belle maison ; Oustal = en occitan, maison de campagne, ferme, grange attenante à la ferme.

 

Les Moulins

C2

Référence à trois moulins qui existaient dans ce quartier au moins depuis l’Epoque moderne.

 

Les Castellas

C1

Occupation humaine protohistorique sur un relief isolé.

Non identifié

Les Vengeri

C1

 

La Bessière

A2

V.  Vie locale

 V.I. Economie rurale

V.I.1. Agriculture

L’économie rurale de Gattières repose essentiellement sur l’agriculture. Dès le Moyen Age, des mentions relatives aux différentes cultures apparaissent dans les textes pour préciser les droits et les taxes prélevées sur celles-ci. C’est le cas pour le blé en 1321 et pour les vignes en 1422. Le détail des autres cultures n’est pas précisé dans les textes de cette période, mais on sait qu’un réseau d’irrigation d’importance existe au moins depuis le 15e siècle, ce que confirme ensuite l’acte du 25 avril 1518 relatif à l’usage de l’eau à Gattières (voir le dossier sur les aménagements hydrauliques de Gattières : IA06004595).

A compter de l’Epoque moderne, l’oléiculture et la viticulture deviennent les cultures dominantes à Gattières, comme dans les autres communes limitrophes. Un rapport de l’intendant Joani de 1752 le confirme : la commune « produit quelques quantités de vin et d’huile ». La première mention connue d’un moulin à huile date de 1697, on en dénombre six au 19e siècle (voir V.II. Activité artisanales et commerciales).

Terrasses de culture plantées d'oliviers sous le village. Terrasses de culture plantées d'oliviers sous le village.

Pour le vin, il existe des pressoirs communaux mentionnés à partir du 18e siècle10. Le cadastre de 1833 les mentionne également : par exemple, il indique que la maison de la parcelle 1833 B 177 contient une pièce désignée comme "pressoir". Lors de l'inventaire, l’observation de nombreux celliers-cuvages dans le village a confirmé la réalité de cette activité et illustre son importance.

Maison (1833 B 308, 2025 B 171). Cellier-cuvage avec une cuve vinaire maçonnée.Maison (1833 B 308, 2025 B 171). Cellier-cuvage avec une cuve vinaire maçonnée.

Les autres ressources semblent avoir été en déficit de tout temps. Le rapport de l’intendant Joani de 1752 rend compte de la pauvreté du village : les habitants de la communauté s’occupent des travaux des champs, mais seuls 131 sacs de froment et 110 sacs de seigle ont pu être récoltés cette année-là pour environ 500 habitants. Les épisodes de famines sont fréquents, ce qui oblige la communauté à emprunter régulièrement pour acheter de la nourriture à d’autres territoires.

A la Révolution, les taxes établies sur les cultures donnent plus d’indications sur les productions : fruits, grains, olives, haricots, légumes, graines de terre, cèbes, figues sèches, bleds, vin. Le terroir produit à cette époque de la vigne, du froment, de l’orge, du seigle, de l’avoine, des fèves, des lentilles, du chanvre et du lin mais toujours en quantité insuffisante pour subvenir aux besoins de toute la population11.

Les statistiques agricoles de 1817 relatives aux céréales et farines confirment cette tendance : 480 hectolitres de froment, 104 hectolitres de légumes secs, 60 hectolitres d’autres grains et 360 hectolitres de pommes de terre. Ces ressources sont insuffisantes pour subvenir aux besoins des 570 habitants. Le déficit de ressources s’élève à 868 hectolitres de froment, 114 hectolitres de seigle, 70 hectolitres d’avoine, 52 hectolitres de légumes secs et 25 hectolitres d’autres grains. Au total, le manque s’élève à 1 129 hectolitres.

Les recensements de population indiquent la part d’habitant exerçant une activité agricole et confirment la place quasiment exclusive de l’agriculture : en 1856, sur 777 habitants, 733 personnes sont concernées avec 680 propriétaires habitants leurs terres et les faisant valoir eux-mêmes, 21 métayers et 32 journaliers ou ouvriers agricoles.  

La situation ne s’améliore qu’à compter de la fin du 19e siècle avec le développement d’autres cultures plus lucratives comme la fleur d’oranger. A Gattières, le quartier Notre-Dame est entièrement dédié à cette production, qui constitue rapidement la culture la plus rémunératrice dans la région, notamment pour les besoins de la parfumerie grassoise. Elle devient la culture principale de la commune en 1881.

L’arrivée du chemin de fer en 1891 et l’endiguement de la rive droite du Var au début du 20e siècle participent largement au renouveau économique du territoire. Tandis que la production d’huile d’olive et de vin diminue (épidémie de mildiou et de phylloxéra pour les vignes et concurrence étrangère pour les huiles), l’horticulture connait un essor inédit : les fleurs d’orangers sont envoyées à Grasse, complétées par les fleurs de jasmin, de roses et de violettes. Les fleurs coupées comme l’œillet, l’anémone et la giroflée sont acheminées au marché de Nice, de même que les cultures maraîchères et les vergers qui recouvrent la plaine du Var (légumes comme des poireaux et des blettes, arbres fruitiers comme des pruniers et des pêchers)12.

Ces activités déclinent à compter de la seconde moitié du 20e siècle, notamment après le gel de 1956 qui marque la chute voire la fin de nombreuses cultures (oliviers, orangers). L’espace agricole se réduit ensuite progressivement face à la pression foncière.  

Répartition des cultures sur le territoire communal

Les données du cadastre de 1833 indiquent la nature des parcelles non bâties de manière plus ou moins précises, ce qui permet d’avoir une idée des différentes cultures sur le territoire et de leur répartition13. Les zones d’altitudes, à savoir la section A dite de la Montagne, sont majoritairement occupées par des « essarts » et des « labours ». Les premiers sont des terrains cultivés seulement tous les 10, 15, 20 voire 30 ans, et ne fournissent le reste du temps que quelques pacages ou pâturages en raison de leur mauvaise qualité. Les labours sont des terrains exploités, plantés ou non. D’après les témoignages oraux, les légumineuses (haricots secs, pois chiches et lentilles), le blé et le lin y étaient cultivés, ce que semble confirmer la présence de terrasses aménagées par des murs de soutènement en pierre sèche (par exemple parcelles : 2024 A 13, 2024 A 123, 2024 A 281). Les glands et la lavande sauvage y étaient également prélevés.

Les vignes et les oliviers, davantage imposés que les terres labourables, sont indiquées dans l’état des sections du cadastre. On trouve des vignes sur toute la partie basse du territoire et jusqu’à 600 mètres d’altitude aux lieux-dit les Saint-Martin et les Côtes par exemple. Aujourd’hui, on peut encore observer quelques parcelles de vignes (au quartier du Castellas par exemple, parcelles 2024 C 363-364). Les oliviers sont plantés jusqu’à 450 mètres d’altitude à Gattières, au lieu-dit des Sauces. Ces deux cultures coexistent avec d’autres terrains labourables accueillant diverses productions, essentiellement des arbres fruitiers (orangers, figuiers, cerisiers, muriers).

Terrain planté de vignes au quartier des Castellas (2024 C 363-364). Terrain planté de vignes au quartier des Castellas (2024 C 363-364). Terrasses de culture plantées d'oliviers au quartier des Claous (2024 A 281). Terrasses de culture plantées d'oliviers au quartier des Claous (2024 A 281). Verger planté d'oliviers, de cerisiers et d'orangers sous le village (1833 B 367, 2024 B 358). Verger planté d'oliviers, de cerisiers et d'orangers sous le village (1833 B 367, 2024 B 358).

Le cadastre émet une distinction entre les terrains « arrosables » ou non, ce qui impacte considérablement la valeur de l’imposition, qui va jusqu’à doubler. Les nombreux canaux d’irrigation présents sur le territoire alimentent des terrains cultivés qui sont alors indiqués comme « arrosable ». On trouve ainsi régulièrement les mentions « labour arrosable », « olivier arrosable », « vigne arrosable », « oranger arrosable ». A titre d’exemple, les parcelles d’oliviers sont imposées 40 francs pour 1 hectare, tandis que celles indiquées comme « olivier arrosable » sont imposées 85 francs pour 1 hectare (voir le dossier « aménagements hydrauliques de Gattières : IA06004595).

Enfin, de nombreux jardins potagers ont été aménagés dans différents quartiers de la commune. Dans le cadastre napoléonien, les « jardins ou labours arrosables » sont seulement indiqués en contrebas du village (section B du cadastre de 1833). Pourtant, l’observation du terrain révèle que de nombreuses petites parcelles de même type, indiquées comme « labour arrosable », accueillent aussi des jardins potagers : au quartier des Conques (section C2 du cadastre de 1833) et au quartier des Fontaines (section D développement du cadastre de 1833). Le plus souvent, il s’agit de petites parcelles aménagées en terrasses, closes par un mur en pierre sèche ou maçonné, irriguées par des canaux et parfois équipées de bassin d’arrosage. Ces jardins assurent un complément indispensable à l’alimentation quotidienne de chaque foyer. Installés dans des zones très pentues, ils sont alimentés par l’eau des canaux selon un système de répartition strictement encadré par un règlement et géré par un conducteur des eaux, déjà mentionné en 1650.

Jardins potagers aménagés en terrasses sous le village. Jardins potagers aménagés en terrasses sous le village.

 V.I.2. Elevage

Les textes relatifs aux activités pastorales sont très rares à Gattières. Le rapport de l’intendant Joani de 1752 indique que la communauté possède des pâturages situés au quartier de la Colle en altitude, qu’elle loue à des particuliers. Dans le cadastre napoléonien de 1833, très peu de parcelles dédiées aux pâturages sont indiquées. La forte proportion d’essarts suggère en revanche que ces terrains sont utilisés à cette fin. La présence de 12 bergeries, presque toutes accompagnées d’un enclos, atteste de cette activité sur le territoire en complément de l’agriculture. Leur superficie est comprise entre 67 et 240 mètres carrés, ce qui suppose des troupeaux taille moyenne. Une seule bergerie a pu être repérée (2024 D 668 ; 1833 C 190), bien que dans un état de ruine avancé. Les autres ont disparu ou ont été remaniées en habitation. Les nombreux entrepôts agricoles multifonctionnels comprenant une étable dans le village mais également en dehors, confirment également la présence importante d'un petit cheptel par famille. Bien que modeste, le pastoralisme a donc joué un rôle dans l’économie locale du territoire.

V.II. Activités artisanales et commerciales

L’activité artisanale et commerciale du village de Gattières reflète, jusqu’à la fin du 19e siècle, l’isolement et la pauvreté de la localité. Le rapport Joani de 1752 indique qu’il n’y a aucun commerce, aucune foire, ni même un marché à Gattières. Le repérage du village a confirmé cette tendance avec moins de 10 % des maisons comprenant des parties commerciales (seulement sept maisons concernées). Les commerces se limitent aux besoins essentiels tel boulangerie (1833 B 126, 2024 B 182 ; référence du dossier : IA06004645) ou épicerie (1833 B 146, 2024 B 194 ; référence du dossier : IA06004641).

Maison et fournil (1833 B 126, 2024 B 182). Baies boutiquières, à droite l'ancienne boulangerie avec le four à pain. Maison et fournil (1833 B 126, 2024 B 182). Baies boutiquières, à droite l'ancienne boulangerie avec le four à pain.

Les recensements de population confirment cette tendance en indiquant les professions des habitants avec une faible part relevant de l’artisanat et du commerce : en 1856, le village compte 2 tailleurs, 4 cordonniers, 6 barbiers, coiffeurs ou perruquiers, 2 boulangers, 1 boucher, 3 aubergistes et 2 maréchaux-ferrants pour une population de 777 habitants.  

L’essentielle de l’activité artisanale consiste en la transformation des productions locales : le territoire compte jusqu’à 7 moulins au 19e siècle, 3 fours et 4 pressoirs. Si plusieurs de ces installations sont privées, la municipalité joue un rôle important dans la mise en place et le maintien de ces activités. Au 19e siècle, elle possède 3 moulins, 1 four et les 4 pressoirs à raisin.

V.II.1. Les fours

La communauté de Gattières possède un four à cuire le pain, indiqué dans les archives à partir de 1640, sur lequel le seigneur Grimaldi possède une franchise. Au 19e siècle, ce four communal est situé dans une maison au cœur du village, rue du Four (1833 B 59, 2024 B 115). En 1922, en raison de son état de délabrement et de son emplacement jugé dangereux car enchevêtré dans plusieurs habitations, il est décidé de faire construire un nouveau fournil place du Puy, à l'emplacement de l'ancien lavoir récemment détruit (1833 B 376, 2025 B 340).

Deux autres fours à pains privés sont signalés sur le plan du cadastre napoléonien (1833 B 126, 2023 B 182 ; 1833 B 237, 2023 B 321). D’après des témoignages oraux, celui situé rue Torrin et Grassi accueillait une boulangerie jusque dans les années 1950 (1833 B 126, 2023 B 182 , référence du dossier : IA06004645)14.

V.II.2. Les moulins

Au moins sept moulins ont existé sur le territoire de Gattières. Les premiers sont mentionnés à partir du 16e siècle dans une sentence arbitrale du 25 avril 1518 réglant l’usage des eaux entre la communauté et le seigneur des lieux : « L’eau des sources est réservée aux moulins en hiver et peut être utilisée par la communauté en été, du 15 mai au 15 octobre, pour l’arrosage ». Les archives du 18e siècle fournissent davantage d’informations à leur sujet. Ils apparaissent notamment sur plusieurs cartes. En 1726, sur une carte délimitant les frontières du Comté de Nice, le bâtiment d’un des moulins à farine, son canal et son réservoir sont figurés proches du Var. En 1759, cinq moulins sont indiqués sur le plan topographique du cours du Var dressé par les ingénieurs du roi de Sardaigne : le moulin de la Fontaine, le moulin de la Piessa et les moulins de la Serre. Ils apparaissent encore sur la carte des frontières Est de la France, levée par les ingénieurs militaires entre 1764 et 1778, autour du « vallon des moulins ».

Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). [Détail : Gattières, 1759]. Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). [Détail : Gattières, 1759]. Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. [Détail de la feuille 194-8 : village de Gattières, 1764-1778].Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. [Détail de la feuille 194-8 : village de Gattières, 1764-1778].

Lors de la vente des biens nationaux à la Révolution française, un état des lieux est dressé : il existait trois moulins à farine et deux moulins à huile sur le territoire.

Les moulins à huile communaux du Cairanq et de Labéou

Initialement, ces moulins appartiennent au seigneur Grimaldi et sont soumis au droit de banalité. La commune les rachète en 1791 pour la somme de 5 452 livres et 10 sous. Ils apparaissent ensuite lors de la vente des biens nationaux avec leur localisation : ils sont situés au quartier de Labéou et des Cairas. Il est précisé que l’un des deux sert à la ressence15.

En 1807, le conseil municipal décide de faire reconstruire le moulin à huile de Cairanq. La date portée sur la clé de l’arc de la salle du moulin, bien que refaite récemment, en conserve le souvenir. En 1833, ils sont figurés dans le cadastre napoléonien (le moulin du Cairanq : 1833 D 726, 2024 D 2509, et le moulin de Labéou : 1833 C 1476, 2024 C 1197).

Moulin dit du Cairanq (2024 D 2509) et canal d'irrigation de l'Abéou.Moulin dit du Cairanq (2024 D 2509) et canal d'irrigation de l'Abéou.Moulin dit du Cairanq (2024 D 2509). Porte du moulin, détail de l'inscription partielle sur la clé de l'arc : 1808 / C.S.L.M. / DEMoulin dit du Cairanq (2024 D 2509). Porte du moulin, détail de l'inscription partielle sur la clé de l'arc : 1808 / C.S.L.M. / DE

Ces deux moulins sont aliénés en 1879 pour permettre à la commune de rassembler les fonds nécessaires à la construction d’une mairie-école. Leur vente est motivée par le fait que leur « emploi pour l’avenir a déjà été reconnu comme parfaitement inutile dans les délibérations de 1878 », ce qui suppose une baisse de l’activité oléicole. Des plans et coupes des élévations des deux bâtiments sont levés à cette occasion. Ils ont ensuite été convertis en habitation. Celui du Cairanq conserve une meule et les bancs de pressoirs installés à l’extérieur.

Moulin n°1. Coupe A.B. Plan du moulin. Plan des lieux. [Moulin dit de Labéou, parcelle 1833 C 1476, 2024 C 1197].Moulin n°1. Coupe A.B. Plan du moulin. Plan des lieux. [Moulin dit de Labéou, parcelle 1833 C 1476, 2024 C 1197].

Moulin n°2. Plan des lieux. [Moulin dit de Cairanq, parcelle 1833 D 726, 2024 D 2509].Moulin n°2. Plan des lieux. [Moulin dit de Cairanq, parcelle 1833 D 726, 2024 D 2509].Moulin n°2. Coupe A.B. Coupe C.D. Plan du moulin. [Moulin dit de Cairanq, parcelle 1833 D 726, 2024 D 2509].Moulin n°2. Coupe A.B. Coupe C.D. Plan du moulin. [Moulin dit de Cairanq, parcelle 1833 D 726, 2024 D 2509].

Les moulins à farine du Var

D’après les registres de la Révolution, il existait trois moulins à farine à Gattières en 1791. La commune en possédait un au bord du Var, mais le seigneur Grimaldi avait une franchise dessus. Ce seigneur possédait aussi le moulin dit du Mitan sur le Var ainsi que le moulin Neuf du Var.

Aucun moulin sur le Var n’a pu être identifié au cours de l’inventaire et le cadastre napoléonien de 1833 n’en fait pas mention non plus. Sur ce document, deux moulins sont figurés à proximité du Var : un moulin à farine (1833 C 1508, 2024 C 1151), alimenté par un réservoir et une cuve de charge16 et un moulin à huile accolé à l’est du précédent (1833 C 1509, 2024 C 1152). Le premier est décrit dans un rapport de l’état des lieux du moulin à farine réalisé le 4 janvier 1810 alors qu’il appartenait encore à la commune : il comprenait un canal, un réservoir, une cuve de charge, une roue hydraulique avec ses mécanismes, une meule volante et une meule tournante.

Plan de masse et de situation des moulins du quartier des Moulins d'après le cadastre de 1833 (section C, parcelles 1508-1509). Plan de masse et de situation des moulins du quartier des Moulins d'après le cadastre de 1833 (section C, parcelles 1508-1509).

La commune l’a probablement vendu peu après17 puisqu’en 1833 il appartient à plusieurs propriétaires, regroupés plus tard, entre 1849 et 1876, en « Société du moulin à farine ». Après cette date, il est indiqué comme démoli et l’ensemble est transmis à des particuliers. Son activité semble ainsi avoir cessé au cours du troisième quart du 19e siècle.

Le moulin à huile accolé appartient aux mêmes propriétaires que le moulin à farine. Il s’agit peut-être du moulin dit du Mitan (dont l’appellation signifie le moulin du milieu), autrefois à farine, converti en moulin à huile ultérieurement. Celui-ci a fait l’objet d’agrandissements importants puisque son emprise actuelle est deux fois plus grande que celle figurée sur le cadastre de 1833. Il n’est pas indiqué comme démoli comme son voisin en 1876. Son activité a ainsi pu perdurer plus longtemps.

Ces deux moulins sont aujourd’hui dans un état de ruine très avancé, mais quelques installations restent visibles : cuve de charge, meule dormante, roue verticale du moulin à huile, pressoirs, bacs de décantation…

Moulin à huile en ruine (2024 C 1151). Moulin à huile en ruine (2024 C 1151). Moulin à farine en ruine (2024 C 1151).Moulin à farine en ruine (2024 C 1151).

Les moulins privés

Les cartes levées au 18e siècle18 figurent deux autres moulins qui ne sont ni mentionnés parmi les bien du seigneur local ni parmi ceux de la communauté. Il devait donc s’agir de moulins privés.

Le premier est le moulin de la Fontaine (1833 D 650bis, 2024 D 115), alimenté par la source de la Fontaine dont il tire son nom. D’après les témoignages oraux, il était dédié à la fabrication de l’huile d’olive et était équipé d’une roue hydraulique verticale. Il a fonctionné jusque dans les années 1960, puis a été converti en logis (il n’a pas pu être visité).

Un autre moulin à huile est indiqué sur le plan du cadastre napoléonien, en contrebas du village (1833 B 385 ; 2024 B 346). Il se situe à proximité immédiate des canaux d’irrigation et devait probablement avoir un fonctionnement à énergie hydraulique. Mais sa destruction complète empêche cependant de l’affirmer : il a été arasé et seul le soubassement subsiste.

Village de Gattières. Evolution du bâti et aménagements hydrauliques. Village de Gattières. Evolution du bâti et aménagements hydrauliques.

 V.III. Autres ressources naturelles

 Outre celles des activités agricoles, pastorales et artisanales, la commune de Gattières bénéficiait de quelques autres ressources disponibles sur place, utiles à la vie quotidienne et à l’économie rurale.

Au 18e siècle, l’intendant Joani explique que la commune est en partie recouverte de forêts et exporte le bois vers Nice. Lors de la levée du cadastre napoléonien en 1833, les parcelles de bois se situent essentiellement aux quartiers des Saint-Martin, des Valières et des Escaputeou. Un siècle plus tard, en 1926, une délibération du conseil municipal décide du reboisement des parcelles communales en zone de montagne (partie ouest proche de la limite avec Saint-Jeannet).

A la fin du 18e siècle, la commune ouvre une plâtrière et une minière au quartier du Verger. Elle fonctionne entre 1790 et 1806 mais est revendue faute de revenus suffisants. Il existe également quelques carrières sur le territoire communal signalées entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle : au quartier des Sausses en 1889, au quartier de la Terre Gaste en 1903 et au quartier de Fongéry en 1906. Des charbonnières sont aussi établies dans les bois en 1931.

Concernant les ressources en eau, la commune de Gattières est particulièrement bien alimentée à l’inverse des communes limitrophes, ce qui lui a permis de développer un réseau d’irrigation d’importance au moins depuis le 16e siècle. De nombreux aménagements hydrauliques ont ainsi pu être créés sur le territoire tels fontaines, lavoirs, moulins, canaux d’irrigations, etc. (voir le dossier thématique « aménagements hydrauliques de Gattières » : IA06004595).

 V.IV. Vie religieuse

Le territoire de Gattières dépend de l’évêché de Vence jusqu’à la Révolution française. L’évêque de Vence est le seul seigneur de Gattières de 1247 à 1388, puis seigneur spirituel jusqu’en 1789 après l’attribution de la seigneurie de Gattières à la famille Grimaldi (voir II. Développement historique). Plusieurs édifices religieux ont existé sur le territoire, mais seuls deux sont encore visibles aujourd’hui.

V.IV.1. L’église paroissiale Saint-Nicolas

Eglise paroissiale Saint-Nicolas-et-Saint-Blaise (1833 B 148, 2025 B 195). Eglise paroissiale Saint-Nicolas-et-Saint-Blaise (1833 B 148, 2025 B 195).

L’église, dédiée à Saint-Nicolas, est mentionnée pour la première fois en 1278, lorsque les habitants de Gattières rendent hommage à leur seigneur, l’évêque de Vence, Guillaume de Sisteron.

L’analyse architecturale de l’édifice révèle plusieurs phases de construction. La plus ancienne concerne l’abside (partiellement masquée aujourd’hui), de style roman, qui remonte sans doute à la fin du 13e siècle. Il s’agissait peut-être à l’origine d’une chapelle castrale accessible directement depuis le château. La nef avec ses voûtes d’ogives est à attribuer à une campagne de travaux qui s’est déroulée entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle. Les collatéraux sont ajoutés dans la première moitié du 17e siècle, avant 1631.

V.IV.2. La chapelle Notre-Dame-du-Var

Chapelle Notre-Dame-du-Var (1833 D 805, 2024 D 300), nef. Chapelle Notre-Dame-du-Var (1833 D 805, 2024 D 300), nef.

Mentionnée en 1247, cette chapelle était autrefois un prieuré rural dépendant de l’abbaye Saint-Pons de Nice. Son aspect actuel résulte sans doute d’une campagne de travaux des 17e ou 18e siècles (voir le dossier sur la chapelle : IA06004686). Une procession et une messe y sont toujours célébrées chaque année le 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge.

V.IV.3. Les édifices religieux disparus

Quatre autres chapelles ont existé sur le territoire de Gattières mais ont disparu depuis plusieurs siècles.

Localisation des édifices religieux sur le territoire de Gattières. Localisation des édifices religieux sur le territoire de Gattières.

Une des premières mentions de Gattières concerne « Sancto Martino ad Gateiras » dans le cartulaire de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Plus tard, sur le plan topographique du cours du Var, on trouve l’indication “masure de la chapelle de Saint-Martin".

Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). [Détail : Gattières, masure de la chapelle Saint-Martin, 1759.]. Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). [Détail : Gattières, masure de la chapelle Saint-Martin, 1759.].

La chapelle Saint-Estève, également désignée comme chapelle Saint-Etienne, faisait initialement partie du territoire de Gattières avant d’être rattachée à celui de La Gaude au plus tard en 1312. Elle est figurée sur les plans levés au 18e siècle, cependant elle est signalée « entièrement ruinée et abandonnée depuis longtemps » au cours d’une visite pastorale de 1716.

Enfin, il existait une chapelle placée sous le vocable de Saint-Sébastien, qui est relevée au cours des visites pastorales du début du 18e siècle : en 1715, elle est indiquée « hors du village, interdite parce qu’en mauvais état », en 1719 « abandonnée depuis longtemps », puis en 1726, elle est murée pour y empêcher l’accès. Sur le plan topographique du Var levé en 1759, une chapelle est indiquée à l’ouest du village, à l’intersection entre la route de Saint-Jeannet et celle contournant le village au nord. Elle est encore mentionnée parmi les biens du seigneur Grimaldi vendus à la Révolution en 1791. En 1900, on apprend que la chapelle Saint-Sébastien se situait à l’emplacement de l’actuelle maison Savone, dont les plans nous permettent de confirmer sa situation (2025 B 07). Sur le cadastre napoléonien, une croix est indiquée à cet emplacement (voir le dossier : IA06004678). La chapelle a donc été détruite entre temps et remplacée par une croix commémorant sans doute l’existence de cet édifice de culte disparu. La date de 1806, gravée sur son socle, indique certainement l’année de son installation.

V.IV.4. Les croix et oratoires

Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. [Détail de la feuille 194-8 : village de Gattières, croix de chemin, 1764-1778]Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. [Détail de la feuille 194-8 : village de Gattières, croix de chemin, 1764-1778]Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). [Détail : Gattières, croix et oratoires, 1759.]. Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). [Détail : Gattières, croix et oratoires, 1759.].

Sur les plans du 18e siècle, cinq croix sont indiquées sur le territoire de Gattières : la croix de Peysseguier visible au point culminant de la montagne éponyme, la croix de Mongioia au quartier de la Bessière, la croix de la Gardiolles sur la route menant à Carros, une croix figurée au Castellar, enfin une croix dans le village (référence du dossier : IA06004681). Cette dernière est complétée au 19e siècle par deux autres croix : une à l’entrée principale du village, rue Torrin et Grassi à l’origine installée à l’emplacement de la chapelle Saint-Sebastien, et une sur la place des Ormeaux (référence du dossier : IA06004682). Celle-ci est la seule à ne pas avoir été déplacée. Si leur origine semble différente, la répartition spatiale de ces trois croix, entourant le bourg ancien et marquant ses trois entrée, semble indiquer un usage complémentaire à la fois de borne territoriale et de protection religieuse. Leur implantation, sans doute entre la fin du 18e siècle et le début du 19e siècle (l’une portant la date de 1806) intervient à une époque où les missions se multiplient, Gattières ayant été particulièrement marquée par les mouvements anticléricaux pendant la Révolution.

Village de Gattières, emplacements des croix de chemin.Village de Gattières, emplacements des croix de chemin.

Trois oratoires sont également figurés sur le plan topographique du cours du Var de 1759 : un sur la route reliant Saint-Jeannet à Gattières, un sur le chemin reliant Nice à Gattières et un sur le chemin reliant Carros à Gattières. Ils n'existent plus. Dans le village, quatre niches-oratoires ont été repérées sur les façades de plusieurs maisons (2025 B 132, 322, 833) et sur la place André Garbiès (cette dernière est la seule a avoir conservée sa statue).

GATTIERES. (A.-M.).  Alt. 286 m. / Rue Notre-Dame [Niche-oratoire avec une statue de la Vierge, avant 1927]. GATTIERES. (A.-M.). Alt. 286 m. / Rue Notre-Dame [Niche-oratoire avec une statue de la Vierge, avant 1927].

1Par exemple en 1444, un procès-verbal et une sentence du juge de la cour royale déclare que l’évêque de Vence possède la haute et basse juridiction sur le lieu de Gattières ; entre 1495 et 1508, un procès oppose l’évêque de Vence au seigneur Jacquet de Grimaldi devant le conseil du duc de Savoie contre les prétentions de ce dernier sur le lieu de Gattières. En 1670, l’évêque Antoine Godeau doit se rendre à Turin, puis à Rome pour retrouver la terre lui ayant été usurpée à Gattières.2En 1403-1404, le village est occupé par les troupes de Savoie après une rébellion du seigneur de Gattières.3Passage des troupes de Bourbon en 1524, occupation en 1536, en 1544 et en 1551.4Le village est occupé en 1691 et 1696.5Le village est occupé en 1703 et 1704 et évacué en 1707.6Ce tableau présente l’évolution démographique de Gattières en croisant les données récoltées par Monsieur Baratier en 1951, Directeur des Archives des Bouches-du-Rhône, celles rassemblées par Jean Faraut dans « Les Gattiérois et leur espace » publié en 2020, enfin, les données issues des recensements réguliers de population depuis 1793.7Témoignage oral recueilli par Jean Faraut auprès de Julien Béranger.8Leur création fait notamment suite à un règlement de 1921 du conseil municipal demandant « d’éliminer les écuries du village, en les construisant à l’extérieur, car elles servent de foyer d’infection et sont toujours un élément de malpropreté ».9HONORAT, 1846-1848 ; PEGORIER, 2006.10Les archives communales indiquent que la communauté possède un pressoir en 1752, trois pressoirs en 1813 et quatre pressoirs en 1846.11Par exemple, 250 quintaux de grains sont produits sur le territoire alors qu’il en faudrait 700.12Témoignages oraux de Marcel Cavallo et Félicie Audibert, habitants de Gattières.13Ces données sont complétées par les archives communales et des témoignages oraux.14Témoignage de Félicie Audibert, habitante du village.15Production d'huile d'olive obtenue après une seconde presse, cette huile moins qualitative est destiné à la fabrication de produits non alimentaires comme les savons.16Ce moulin est déjà représenté sur plusieurs plans du 18e siècle en 1702, 1726 et 1759. 17Peut-être cédé à la caisse d'amortissement pour éponger ses dettes en 1813 ?18Plan topographique du cours du Var en 1759 et carte des frontières Est de la France entre 1764 et 1778.

Le territoire de Gattières est occupé au moins depuis l'Antiquité comme en attestent des fragments de sépultures retrouvés autour d’une voie romaine secondaire identifiée près du gué de Gattières, ainsi que le linteau d'un mausolée au quartier des Condamines. Les premières mentions de Gattières apparaissent dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Victor de Marseille en 1037, puis en 1060, sans doute référence à des édifices religieux. Gattières dépend de la seigneurie d'Entrevène, puis à comtper de 1247 de l'évêque de Vence. Son castrum est mentionné à cette période, ainsi que l'église Saint-Nicolas. Au 14e siècle, à l'issue de la guerre de l'Union d'Aix, Gattières est rattachée à la Savoie en 1388 et dépend désormais d'une branche de la famille Grimaldi jusqu'en 1760, date du traité de Turin qui rectifie les frontières entre le royaume de France et le roi de Sardaigne à l'occasion duquel Gattières redevient française. Cette situation a causé de nombreux troubles pour la communauté de Gattières, d'ordre militaire car le territoire était régulièrement envahi et traversé par les troupes des deux royaumes rivaux, mais aussi d'ordre juridique entre les deux seigneurs du lieu : le territoire est à la fois en terre savoyarde mais aussi sur le diocèse de Vence. Ces troubles induisent une situation de grande pauvreté dont la commune sort difficilement à partir du 19e siècle. On assiste à une amélioration notable des conditions de vie des administrés en cette période de progrès (hygiène, santé, instruction). En 1860, le Comté de Nice est rattaché à la France ce qui modifie de nouveau les frontières administratives : la commune est intégrée au nouveau département des Alpes-Maritimes. De grands projets voient le jour et permettent aux communes jusque-là situées aux confins du Var de sortir de l’isolement : création de la ligne de chemin de fer du Sud de la France dont un tronçon traverse Gattières à partir de 1891 ; endiguement de la rive droite du Var entre 1871 et 1922. Ces chantiers permettant d'exporter les cultures locales et de développer les activités horticoles et maraîchères. Grace à ces aménagements, la commune de Gattières devient rapidement un lieu de villégiature et développe quelques structures d'hébergement, dont la pérennité est cependant mise à mal par les deux guerres mondiales. L’après-guerre et le retour à la paix ouvrent la voie à une période de croissance économique et démographique sans précédent : en un demi-siècle, la population du territoire a presque été multipliée par cinq (631 habitants en 1954 et 2 997 habitants en 1990), créant de nouveaux enjeux en matière de gestion du territoire. L’agriculture, largement en baisse depuis les années 1950-60, est concurrencée par le développement de l’habitat résidentiel et pavillonnaire qui induit un mitage exponentiel des campagnes.

  • Sites de protection
    site inscrit

La commune de Gattières fait partie de l’arrondissement de Grasse et du canton de Nice. Elle s’étend sur une superficie de 10,3 kilomètres carrés, avec une altitude minimale de 48 mètres à l’est et maximale de 950 mètres à l’ouest. Ce dénivelé important offre une remarquable diversité paysagère au sein de l’aire communale, que l’on peut répartir selon trois thèmes définis dans l’Atlas des Paysages des Alpes-Maritimes : la basse-vallée du Var (couloir de fonds de vallée à l'est traversée par le fleuve Var), le piémont (relief collinaire au centre du territoire), et les plans ou plateaux d'altitude (montagne du Chier à l'ouest). Le chef-lieu s'est installé à mi-pente, perché sur un socle rocheux à 295 mètres d’altitude. Afin de garantir l’intégrité paysagère du site, le village et ses abords, d’une superficie de 37 hectares, ont été inscrits au titre des Sites protégés le 6 février 1967. Autour, les côteaux anciennement aménagés en terrasses de cultures ont été progressivement urbanisés.

Documents d'archives

  • Copies de l’acte de la vente de la terre de Gattières faite par Guillaume de Mostier d’Entrevènes, à Guillaume, evêque de Vence (5 décembre 1247). Ces copies sont du 17 siècle. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : G 1530.

  • 1. Homme des habitants de Gattières à Guillaume de Sisteron évêque de Vence (20 novembre 1278). Copie exécutée par Jacques de Guigues, notaire à Vence de 1665 à 1693. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : G 1531.

    Mention de l’église paroissiale dédiée à Saint-Nicolas à l’occasion de l’hommage des habitants de Gattières à l’évêque de Vence.
  • Statuts synodaux du diocèse de Vence. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : G 1285.

    Assistent au synode : “Les prieurs de Gattières, de Notre-Dame de dessous Gattières” ; mention de la chapelle Saint-Etienne à La Gaude.
  • 2. Vente faite par Isnard Cornillon, damoiseau, à Pierre évêque de Vence, du droit qu’il possède de percevoir un quarton sur les blés dépiqués dans ses terres de Gattières, moyennant 12…de blé (23 mars 1321). Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1531.

    Mention de la culture du blé à Gattières.
  • 1.Donation de ladite terre (Gattières) par le comte de Savoie à Napoléon de Grimaldi (6 décembre 1390). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : G 1536.

  • 5.Donation par les commissaires d’Amédée VII, comte de Savoie, à Napoléon de Grimaldi des lieux de Gattières, Tourrettes et Revest, sous cette réserve que ledit Napoléon devra rendre le lieu de Gattières audit comme si celui-ci pour une raison hommage rendu par ledit Napoléon au procureur du Comte (27 novembre 1391). Copie exécutée par Jaques de Guigues, notaire. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : G 1531.

  • 4. Hommage rendu par les habitants de Gattières à l’évêque de Vence auquel ils reconnaissent devoir tous les ans une redevance de 14 florins payables à la Saint-Michel (30 décembre 1404). Copie exécutée par Jacques de Guigues, notaire à Vence. Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1532 4.

  • 1.Vente par Rostang Comvitials (Sic), de Gattières, à Rostang Sicard de Saint-Laurent, d’une terre et d’une vigne sises à Gattières pour le prix de dix livres et lausime de la vente par le procureur de l’évêque de Vence (15 février 1422). Copie exécutée par De Guigues, notaire à Vence. Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1533-1.

    Mention de la culture de la vigne sur le territoire de Gattières en 1422.
  • 4. Mémoire par articles présenté par Aymar de Vesc, évêque de Vence, devant le conseil du duc de Savoie contre les prétentions de Jacquet de Grimaldi sur le lieu de Gattières (1495-1508). Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1533.

  • Lettre patente du roi Henri II affranchissant la municipalité de toutes tailles pendant dix ans suite aux grandes dépenses faites pour les réparations du château (1556). Archives départementales des Alpes-Maritimes : E-Dépôt 5 1 AA 1.

  • 4. Brouillon d’une requête de Godeau, évêque de Vence, à Charles Emmanuel II, duc de Savoie, corrigé de sa main, pour obtenir la restitution du lieu de Gattières (1666-1670). Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1534.

  • 6-7. Consultation faite à Rome par Christophe Torrent au sujet de la terre de Gattières usurpée à l’évêque de Vence (10 mars 1671). Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1534.

  • 10. Procès-verbal fait par le juge royal de Grasse (11 février 1444). A ce mémoire qui est conservé en triple exemplaire, et dont la liasse contient une copie manuscrite sans les pièces justificatives, est joint un exemplaire du texte du traité entre le roi et le roi de Sardaigne conclu à Turin le 24 mars 1760 (Paris 1760). Archives départementales des Alpes-Maritimes : G 1536.

  • DD 1. Acte de vente par la communauté de Gattières à Pierre Allochio du terrain du four communal (11 novembre 1640). DD2. Acte d’achat par la communauté de Gattières du canal du nouveau moulin situé sur les terres d’Erigio Chiaudo : acte notarié (12 mars 1651). DD 3. Pouvoir donné à la communauté concernant le projet de construction d’un moulin à huile près de la source ou de tout autre lieu jugé utile : acte notarié (11 aout 1697). DD 4. Procès-verbal de la visite à la ferme de la vigne appartenant à André Chiaudi fils d’Erigion Chiaudo pour la délimitation entre les terrains appartenant à André Chiaudo et le canal du nouveau moulin situé sur ses terres (26 avril 1700). DD 6. Parcelle des travaux faits au moulin à grains par Augustin Vial, maréchal de forge (1763, 1764). DD 7. Etat des ouvrages et réparations faits au moulin à huile (1767). DD 8. Achat de meules pour le moulin à farine : délibération (1782). DD 10. Actes de reconnaissance des biens de la communauté et des particuliers de Gattières (1720-1721). Archives départementales des Alpes-Maritimes : E-Dépôt 5 22 DD 1-10.

  • Moulin à huile. Achat, construction, réparations : délibérations, instructions, correspondance, devis estimatifs (1791-1848). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : E-Dépôt 5 57 3M 1.

    Achat par la commune des moulins à huile situés au quartier de Labéou et des Cairas au seigneur Grimaldi en 1791 ; construction d’un nouveau moulin en 1807 au quartier des Cairas.
  • Pressoirs à vin. Réparation : délibération, arrêté préfectoral, instruction (1810-1849). Archives départementales des Alpes-Maritimes : E-Dépôt 5 57 3M 5.

  • Biens communaux. Acquisitions, aliénations, cessions, échanges, partages (An XIII – 1937). Archives départementales des Alpes-Maritimes : 2 O 465.

    Pressoirs, moulins, four.
  • Adduction d’eau. Fontaines, canaux, conduites, lavoirs (1820-1931), 2 plans, établissement d’un canal d’irrigation et d’une conduite d’eau potable (1878), 2 plans, réparations aux lavoirs (1886, 1895) ; arrosage, distribution à domicile : adjudication, réglementation (1868-1938). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 2 O 464.

    La délibération du 17 mai 1922 rappelle la sentence arbitrale de 1518 ; rapport de l’ingénieur ordinaire du service hydraulique indiquant que la culture de l’oranger est la culture principale à Gattières en 1881; rapport de la commission des eaux d’irrigation du 20 aout 1925.
  • Recensement et dénombrement de population : registre de population, états nominatifs, états récapitulatifs, états numériques (1806-1891). Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : E-Dépôt 535 1F1.

    Recensement de 1856.
  • Statistiques agricoles. Céréales (grains et farineux) : questionnaires (1817). Archives départementales des Alpes-Maritimes : E-Dépôt 5 35 3F 1.

  • Matrice cadastrale des propriétés foncières de la commune de Gattières, 1839-1913. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 P 557.

    Folio 535 : propriétaires des moulins à farine et à huile.
  • Reboisements des terrains communaux de la colline de Pesseguier, 1924-1926. Archives départementales des Alpes-Maritimes : E-Dépôt 5 2N 1.

  • Eglises et chapelles des Alpes-Maritimes. Architecture, 20 mai 1999. Inventaire dressé par Jean-Claude Poteur et Luc Thévenon. Direction de la Culture, département des Alpes-Maritimes, Nice : Non côté.

    En 1716, la chapelle Saint-Sebastien est signalée « entièrement ruinée et abandonnée depuis longtemps », en 1719 « abandonnée depuis longtemps ».
  • Les constructions en pierre sèche du Baou de Saint-Jeannet. Rando n°5 : Gattières et le Broc. Juin 2005. Inventaire dressé par Jean Laffitte. Archives de l’association Sentiers et villages des Baous.

    Recensement de 7 cabanes en pierre sèche à Gattières.

Bibliographie

  • BONIFACE, Léonce. La vente des biens nationaux dans le district de Saint-Paul-du-Var. Draguignan : Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan, 1943, 117 p.

    p. 76, 91 et 113.
  • BOUCHE, Honoré. La chorographie ou description de Provence et l'histoire chronologique du mesme pays. Aix : Charles David imprimeur du Roy, 1664, 2 tomes et 2 fasc. de suppl. reliés en 2 vol.

    page 286 : « castrum de Gatteriis ».
  • CAIS DE PIERLAS, Eugène. Chartrier de l'abbaye Saint-Pons hors les murs de Nice. Monaco : Impr. de Monaco, 1903

    Bulle du Pape Innocent IV du 13 juin 1247, pages 56-58.
  • COMPAN, André. Les noms de personne dans le Comté de Nice, XIIIe, XIVe et XVe siècles. Etude d’anthroponymie provençale. Serre Editeur, Nice 2004, 467 p.

    Page 122 : GATERII : f.a. Guillemus de Cateiras (C.C.N. f°97, 1109-1125) ; villa Gateiras (C.S.V., II, 141, an 1037) ; Sancto Martino ad Gateiras (C.S.V.I., 473, 474, année 1060) ; castrum de Gatteriis (Bouche, 286) ; villa de Gateras (C.P. 1388).
  • CONSEIL GENERAL ALPES-MARITIMES. Atlas et politique du paysage pour les Alpes-Maritimes. Paysages, richesse et atout de développement. Nice : Conseil Général des Alpes-Maritimes, s.d.

    Les plans pages 92-93, le piémont pages 100-101, la basse vallée du Var page 122-125.
  • DOUBLET, George. Monographie des paroisses du Canton de Vence. Extrait des Annales de la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, tome XVII. Typographie et lithographie Malvano, 1, rue Garnier : Nice, 1900.

    page 3 : la maison Savone a été bâtie sur l’emplacement de la chapelle Saint-Sébastien d’après M. Novi.
  • FARAUD, Jean. Les Gattiérois et leur espace. Recueil d’articles réalisé avec le concours de la médiathèque Marie Toesca et du service patrimoine de Gattières, 2020.

    Page 43 : passage des troupes de Bourbon en 1524. Occupation du village à de nombreuses reprises en 1544, 1551, en 1691, 1696, 1703-1704 ; page 50 : extinction des dettes de 1760 en 1792 ; pages 50-51 : cultures, production du terroir à la Révolution ; pages 70 et 78 : les fermes de Gattières ; page 8 : la toponymie de Gattières ; page 91 : carrières ; page 84 : règlement sur les écuries dans le village.
  • GALLEANIE, Sylvie (dir.). Passeurs de mémoire. Patrimoine des Alpes-Maritimes : coteaux provençaux du Var. Département des Alpes-Maritimes : Nice, 2015

    page 69 : en 1235, le lieu de Gattières est indiqué fortifié ; pages 70-79 : église paroissiale Saint-Nicolas.
  • HONORAT, Simon-Jude. Dictionnaire provençal-français, ou dictionnaire de langue d’oc ancienne et moderne ; suivi d’un vocabulaire français-provençal. Digne : Repos, imprimeur-libraire-éditeur, 1846-1848.

    Toponymie.
  • LAUTIER, Laurence, ROTHE, Marie-Pierre. Carte archéologique de la Gaule 06 : les Alpes-Maritimes. Paris : Editions de la Maison des sciences de l’homme, 2011. 832 p.

    Voie romaine passant par le gué de Gattières ; linteau d’un mausolée dit des Condamines à Gattières.
  • MORABITO, Stéphane. Inscriptions latines des Alpes-Maritimes. Nice : Mémoires de l’Institut de Préhistoire et d’Archéologie Alpes-Méditerranée, 2010, 530p.

    pages 60-61 : le tracé romain empruntant le gué du Var et traversant Gattières pour rallier Vence constitue sans doute un axe secondaire de la via Iulia Augusta.
  • NOULET, André. La vie communale a Gattières au XVIIIe siècle. Mémoire de maitrise sous la direction de Maurice Bordes. Unité d’enseignement et de recherche des lettres et sciences humaines de Nice, 1977.

    pages 125 à 129 le cadre de vie économique, avec notamment le rapport Joani de 1752 détaillant les biens et ressources de la communauté.
  • PEGORIER, André. Les noms de lieux en France. Glossaire de termes dialectaux. Paris : Institut Géographique National, 2006.

    Toponymes du territoire de Gattières.

Documents figurés

  • Plan topographique du cours du Var (entre Bonson et la mer). / Dessin à l’encre sur papier dressé sur les lieux par Antoine Durieu et Joseph Cantu, ingénieurs topographes du roi de Sardaigne, sur instructions de l’intendant Joanini, le 19 février 1759. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 1 FI 1424. 

  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 192 à 197.

    Feuille n°192 : Gattières.
  • Plan cadastral de la commune de Gattières, 1833. / Dessin à l’encre sur papier, par Monsieur Granet et Monsieur Léandre Fouque, géomètres du cadastre, 1833. Echelle de 1 à 1250. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25 FI 64/1/A0-A1/COM-1/A2-1/B-C1/COM-C2/COM-D/COM-DD/COM.

    Sections A, B, C et D.
  • Moulin n°1. Coupe A.B. Plan du moulin. Plan des lieux. / Dessin aquarellé par l’architecte Curti le 5 décembre 1879. Echelle 1/100e. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 2 O 465

  • Moulin n°2. Plan des lieux. / Dessin aquarellé par l’architecte Curti le 5 décembre 1879. Echelle 1/500e. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 2 O 465.

  • Moulin n°2. Coupe A.B. Coupe C.D. Plan du moulin. / Dessin aquarellé par l’architecte Curti le 5 décembre 1879. Echelle 1/100e. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 2 O 465.

  • 211 – GATTIERES (Alpes-Maritimes). – Vue générale. / Carte postale en noir et blanc, éditée avant 1913. Edition Neurdein Frères, imp. Crété, Succ : Paris-Corbeil. Collection particulière.

  • GATTIERES. (A.-M.). Alt. 286 m. – Pont d’Augély. / Carte postale en noir et blanc, avant 1928. Edition A.D.I.A. : Nice. Collection particulière.

  • GATTIERES. (A.-M.). Alt. 262 m. – Entrée du village – Hôtel Bérenger. / Carte postale en noir et blanc, avant 1925. Photographie Charpiol : Nice. Collection particulière.

  • [Gattières]. RD1, route de la Baronne, les Fontaines, RD2209, Saint-Michel, le Camp Dalmas, les Conques, les Siouaïres, le Camps de Cugens, vallon d’Aspres. / Negatif couleurs par Transacphot, 1987. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 78 Fi 002667.

Date(s) d'enquête : 2024; Date(s) de rédaction : 2025
(c) SIVOM Pays de Vence
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Vidal Julie
Vidal Julie

Chargée de mission inventaire du patrimoine culturel du Pays de Vence (06) depuis mars 2021.

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