Dossier d’œuvre architecture IA05001734 | Réalisé par
Aycard Julie (Contributeur)
Aycard Julie

Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.

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  • enquête thématique régionale, Patrimoine religieux de Serre-Ponçon Guillestrois-Queyras
Eglise paroissiale Saint-Eusèbe
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes de Serre-Ponçon - Chorges
  • Commune Puy-Saint-Eusèbe
  • Lieu-dit l'Eglise
  • Cadastre 1845 A 264  ; 2024 ZB 80
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Eusèbe
  • Parties constituantes non étudiées
    cimetière

I- Historique

L’histoire ancienne de l’église Saint-Eusèbe n’est pas connue. Elle est mentionnée dans les archives à partir de 1599 à la faveur de la nomination d’un nouveau chapelain pour la chapelle Notre-Dame. En 1633, des réparations y sont faites. En 1765, de nouveaux travaux sont engagés et l’intérieur est blanchi.

En 1857, une modification de la pente de la toiture découvre la partie haute des faces nord et ouest du clocher. Le plafond qui couvrait la nef est alors détruit et remplacé par une voûte ogivale en lattis de bois. En 1863, la foudre s'abat sur la flèche du clocher qui doit être détruite en 1864. Ce désastre brise le toit de l'église. En 1865, Joseph Philipe répare la toiture, démolit ce qui subsiste de la flèche et consolide le clocher. Une nouvelle sacristie est projetée en 1870. Elle est installée dans la partie basse du clocher et nécessite le percement d'une porte extérieure. En 1877, les façades nord et ouest du clocher mises à nu quelques années auparavant sont entièrement dégarnies d'enduit. L'église, alors adossée contre un talus au nord, est sujette aux infiltrations d'eau et ses enduits sont détruits sur une hauteur de deux mètres de haut. Des travaux ont lieux mais on ignore la date d'agrandissement du cimetière qui va repousser le talus et mettre l'église hors d'eau. En 1891, le beffroi est réparé pour accueillir une nouvelle cloche.

En 1989, le vitrail de la fenêtre sud du chœur réalisé par le maître verrier Henri Bertrand est installé. En 1991 et 1992, une grande campagne de travaux est lancée sur le clocher dont la partie supérieure et la flèche sont reconstruits ; le cadran solaire restauré. Enfin, la toiture de l’édifice est refaite en 1993.

 

II- Description

L'église Saint-Eusèbe s'élève au centre de l'ancien chef-lieu du village.

Plan de masse et de situation d'après le cadastre de 1845 (section A, parcelle 264). Echelle d'origine 1/1000.Plan de masse et de situation d'après le cadastre de 1845 (section A, parcelle 264). Echelle d'origine 1/1000.

L'église est formée d'une nef unique qui se prolonge par un chœur carré à chevet plat. Celui-ci est accosté sur son flanc sud par la tour du clocher.

Plan de l'église, [v.1870].Plan de l'église, [v.1870].

1- L'élévation extérieure

La façade occidentale

La façade occidentale est traitée en pignon. Une porte simplement encadrée de piédroits en pierre de taille et pourvue d’un linteau reposant sur des coussinets moulurés ouvre sur la nef. Elle surmontée d’un tympan niché dans un arc en plein cintre. Un oculus est percé dans le pignon

Le clocher

La tour du clocher a une base talutée, accessible par une porte située à environ deux mètres de hauteur desservie par un escalier droit de cinq marches. Les niveaux supérieurs de la tour sont bordés de bandeaux moulurés. Le niveau bas est percé sur chacune de ses faces d’une large baie en arc plein cintre, le niveau haut de baies géminées dont les arcs en plein cintre retombent sur des colonnettes. Ces percements n’ont aucune mouluration et leurs arcs se fondent dans le plat du mur.

La tour est sommée par une flèche octogonale maçonnée sur un haut tambour. Ses angles sont agrémentés de petits pyramidons qui rappellent ceux de l’église de Saint-Sauveur (référence documentaire IA05001709) mais sont reliés à la tour par un gros massif de maçonnerie.

 Vue du clocher.Vue du clocher.

Les murs latéraux

Recouvert d’enduit, le mur sud percé de deux baies en arc plein cintre et d’une porte identique à celle de la façade. Le mur nord est aveugle.

Le chevet

Le chevet plat est percé sur ses murs nord et sud d’une baie. La fenêtre du mur sud est en arc plein cintre. Elle est décentrée vers l’est à cause de la présence du clocher. Ses ébrasements biais sont maçonnés en pierre de taille. La fenêtre du mur nord est en arc plein cintre également, ses ébrasements sont droits et recouverts d’enduit.

 

2- L'élévation intérieure

La nef

La nef est formée d’un vaisseau unique couvert d’une voûte en berceau continu retombant sur une corniche moulurée. A mi-longueur, deux chapelles sont creusées dans l’épaisseur du mur, selon une tradition qui se retrouve dans l'église Sainte-Marie-Madeleine des Orres (référence documentaire IA05001716) et Saint-Marcellin de Châteauroux-les-Alpes (référence documentaire IA05001732).Coupe latérale [de l'église présentant la voûte de la nef à créer et la flèche du clocher à reconstruire, vers 1870].Coupe latérale [de l'église présentant la voûte de la nef à créer et la flèche du clocher à reconstruire, vers 1870].

 Vue intérieure depuis l'entrée.Vue intérieure depuis l'entrée.

Le chœur

Le chœur est un volume rectangulaire voûté d’ogives quadripartites profilées d’un long filet formé de contre-courbes successives et terminées par un méplat. Leurs retombées reposent sur des culots d’angle. Les ogives sont identiques à celle de la chapelle Notre-Dame de l’église de Chorges datée de 1500 (référence documentaire IA05001718).

Vue intérieure : le choeur.Vue intérieure : le choeur.

Sa fenêtre nord, traitée en arc plein cintre à l’extérieur, adopte une forme en arc brisé à l’intérieur.

Une porte percée dans le mur nord mène à la sacristie installée sous le clocher.

 

Conclusion

Grâce aux similitudes relevées avec la chapelle Notre-Dame de l'église Saint-Victor de Chorges, le choeur peut être daté de la première décennie du 16e siècle. La nef, quant à elle, a peut-être été reconstruite dans le premier tiers du 17e siècle.

Il est vraisemblable que le chœur et le clocher datent des années 1500. La nef a , quant à elle, pu être érigée au 17e siècle. En 1863, la foudre s'abat sur la flèche du clocher qui est détruite en 1864. Les travaux sont effectués par Joseph Philippe, maître maçon à Embrun. C'est à cette époque que le décor peint a pu être réalisé par l'atelier Scala ainsi que le suggère la comparaison avec d'autres décors locaux. En 1891, le beffroi est réparé pour accueillir une nouvelle cloche. La flèche ne sera rebâtie qu'en 1992.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 16e siècle , daté par travaux historiques , (incertitude)
    • Principale : 17e siècle , daté par travaux historiques , (incertitude)
    • Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1891, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Philipe Joseph
      Philipe Joseph

      Maître maçon d'Embrun qui répare la toiture de l'église de Puy-Saint-Eusèbe et démolit la flèche endommagée par la foudre en 1865.

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      maître maçon attribution par source
    • Auteur :
      Atelier Scala (1850 - 1900)
      Atelier Scala

      Les "fratelli Scala" sont originaires de Gérone, en Italie. Ils réalisent les décors des églises du Briançonnais, de l'Ubaye et de l'Embrunais à partir de 1850. Ils semblent être installés à Gap dans la seconde moitié du 19e siècle. Le travail de l'atelier des frères Scala a été repéré par signature et par analyse stylistique dans la quasi-totalité des églises de l'Embrunais

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      peintre (incertitude), attribution par analyse stylistique

L'église a un plan allongé composé d'une nef à vaisseau unique voûtée d'un berceau plein-cintre continu et d'un chœur voûté d'ogives quadripartites. Les deux volumes sont couverts par une toiture unique à longs pans recouverte de tuiles plates. La flèche octogonale du clocher est maçonnée.

  • Murs
    • maçonnerie enduit
  • Toits
    tuile plate, pierre en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • flèche polygonale
  • Techniques
    • peinture
    • sculpture
  • Précision représentations

    L'église possède dans la nef, un décor en trompe-l’œil dans lequel des pilastres en faux marbre soutiennent de faux arcs doubleaux. Ce décor peint enrichit une architecture extrêmement sobre. Une niche en trompe-l'œil est aménagée dans l'angle nord-ouest grâce à un décor de stuc peint pour accueillir les fonds baptismaux. Dans le chœur, les voûtains sont couvert d'aplats colorés rehaussés d'arabesques florales et de cartouches. Les ogives sont également recouvertes d'un décor de faux marbre gris, veiné de noir.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune,

Documents d'archives

  • Mémoire fait par le curé Antoine Bertrand au sujet des réparations à faire à l'église, 1633-1636. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 442.

  • Quittances de travaux, 1768. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 708.

  • Exposé du projet de réparations à l'église paroissiale, 1857. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7004.

  • Mémoire pour la reconstruction de la toiture suite à l'écroulement de la flèche, 1865. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 2 O 751.

  • Estimatif des travaux urgents à faire à l'église et au clocher, 1876. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7004.

  • Projet de restauration intérieure de l'église, dossier de subventions, 1997. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 1419 W 13

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de Puy-Saint-Eusèbe, 1843. / Dessin à l'encre et au lavis sur papier par Jourdan, géomètre-expert. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1088.

    section A, 2e feuille, parcelle 264
  • Plan de l'église, [vers 1870]. / Dessin à l'encre et au lavis sur calque, [vers 1870]. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7004

  • Coupe latérale [de l'église présentant la voûte de la nef à créer et la flèche du clocher à reconstruire, vers 1870]. / Dessin à l'encre et au lavis sur papier. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : O 7004

Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 2024
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
Aycard Julie
Aycard Julie

Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.

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