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Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Grand Projet de Ville, l'Estaque-les Riaux
  • Adresse
    • Commune : Marseille 16e arrondissement
      Cadastre : 1978 Estaque ; 1979 Riaux

Hormis les infrastructures, le développement du secteur est le fruit d'initiatives privées. L'habitat s'est d'abord niché dans les espaces intersititiels laissés libres par les industries, avant de former un continuum bâti par recouvrement des friches industrielles et extensions périphériques.

Le secteur urbain de l'Estaque-les Riaux se caractérise par une position de banlieue extrême, en limite du terroir, par une urbanisation qui ne fut pas concertée mais est née au hasard des initiatives privées. En 1819, l'Estaque est un hameau de pêcheurs et ce secteur comporte quelques écarts agricoles. Le développement commence vers 1840-1850 avec la construction de la voie ferrée, l'arrivée des eaux du canal de Marseillle, l'exploitation de grandes carrières d'argile pour les tuileries et celles de pierres calcaires pour les chantiers et pour la fabrication des chaux et ciments. Dans la seconde partie du 19e siècle et jusqu'aux années 1960, lieu d'implantation de grandes usines chimiques, de cimenteries et de tuileries, le secteur a été habité par une population ouvrière très largement immigrée, venue du pourtour de la Méditerranée qui s'intégra par le travail. La position entre bord de mer et colline fit aussi du secteur de l'Estaque un quartier de villégiature au tournant des 19e et 20e siècles : bastides marseillaises en piémont, cabanons dans les collines, villas balnéaires sur la côte. Ce secteur a été durement touché par la déprise industrielle dans le dernier tiers du 20e siècle. La reconquête urbaine a débuté avec la création de la ZAC de Saumaty à l'emplacement des dernières tuileries démolies dans les années 1970, avec la dépollution des friches industrielles des Riaux (début 21e siècle) et la démolition de la cimenterie Lafarge.

Le secteur l'Estaque-Les Riaux, à environ 10 kilomètres du centre-ville, est limitrophe des communes du Rove, de Gignac-la-Nerthe et des Pennes-Mirabeau au nord, et du quartier de Saint-Henri au sud. Situé à l'extrémité nord du bassin de Séon, ce secteur est constitué d'une plaine littorale allant s'amoindrissant et du piémont des collines calcaires. Cet étroit secteur côtier est laniéré par les infrastructures qui franchissent la chaîne de la Nerthe en direction du nord : deux voies ferrées, la route qui longe le littoral, le chemin de la Nerthe, le canal de Marseille au Rhône avec le tunnel du Rove et, en marge, l'autoroute du Littoral. Ce socle naturel, calcaire et argileux, est très largement artificialisé par les trous des carrières et par des remblais, notamment ceux de la voie ferrée et du bord de mer. Le tout crée des micro-reliefs artificiels qui varient le paysage et cloisonnent ce secteur urbain en micro-quartiers. Le secteur possède une voirie faisant peu réseau avec des difficultés de circulation entre les divers quartiers, le seul lien étant le chemin du Littoral et le chemin de la Nerthe. Quatre types de paysage composent le secteur. Les quartiers entre le littoral, occupé par des espaces portuaires et le chemin du Littoral, et la voie ferrée et le chemin de la Nerthe sont denses : portions de l'Estaque-Plage, l'Estaque-Gare et partie de la Fontaine-des-Tuiles. Y prédominent des alignements de maisons de ville et immeubles urbains le long des rues. Dans les quartiers de piémont de collines tels le quartier de la Falaise, et ceux des Piches et du Marinier, dominent les maisons pavillonnaires et les anciennes campagnes. Ils offrent un paysage végétalisé à l'habitat plus clairsemé. Un troisième type de quartiers où dominent des logements ouvriers tels le bas des Piches et les Riaux, surtout le vallon des Riaux, est densément construits mais avec peu de respect des alignements. Enfin un dernier quartier, celui des collines de la Nerthe, est désert hormis le hameau de la Nerthe et les activités des grandes carrières.