I. Commentaire historique
I.1. Importance historique des sources de l'Estang
Le quartier de l'Estang, situé au fond de la petite vallée du même nom, à deux kilomètres environ au nord du bourg de Rosans, est remarquable par ses sources. Elles alimentent le torrent de l'Estang, dont le débit régulier a permis l'installation de plusieurs installations hydrauliques dès le Moyen-Age : moulins (à farine et à huile) au quartier de l'Estang et en amont du Lastic, moulin à foulon en amont du quartier du Pont (au sujet de ces moulins, voir les chapitres dédiés aux activités artisanales dans la partie historique du dossier IA05001650), tanneries, moulins (à farine, à huile, à vernis), scierie et micro-centrale hydroélectrique au quartier du Pont (voir dossiers IA05001086, IA05001087 et IA05001088). On note que le nom de ce cours d'eau change en aval des installations artisanales et proto-industrielles du quartier du Pont, en devenant le torrent de Merdaric.
Le torrent de l'Estang alimentait également des canaux d'arrosage, en amont du bourg sur ses rives droite et gauche, et en aval du quartier du Pont : prés et chènevières. Dans les années 1930, quatre groupements de propriétaires étaient organisés pour gérer ses eaux (E. Bégou, 2016), qui alimentent aussi la fontaine dite Fontaine Ladoucette (voir dossier IA05001633) et le lavoir dit Lavoir de la Place (voir dossier IA05001634).
Véritable richesse pérenne, les eaux de l'Estang, qui assurent un approvisionnement régulier aux activités agricoles et artisanales, expliquent sans doute en partie l'implantation du bourg de Rosans à son emplacement. L'hypothèse est d'ailleurs émise que le nom même de Rosans serait à rapprocher d'une vieille racine « roz » signifiant « eau », que l'on retrouve dans l'ancienne appellation provençale « lou Rose » pour désigner le fleuve Rhône (R. Maillot, 2019).
I.2. Le captage des sources au 19e siècle et au 20e siècle
Le dessin du plan cadastral de 1839 (bord de la parcelle 1839 D13 65) montre un aménagement sur le ruisseau qui passe à proximité immédiate de l'actuel captage, manifestement un bassin destiné à alimenter un canal d'arrosage. Ce quartier est appelé par le micro-toponyme « la Roulane ».
Le captage de l'une des plus importantes sources de ce quartier de l'Estang est réalisé vers 1925, pour assurer l’approvisionnement en eau potable pour le bourg (E. Bégou, 2016).
Localisation supposée du bassin d'après le cadastre de 1839 (section D13). Echelle d'origine 1/2 000e.
Localisation d'après la carte IGN de 2021. Echelle d'origine 1/25 000e.
II. Description architecturale
La source se trouve au-dessus de la ferme de l'Estang, à une altitude d'environ 930 mètres. Elle est notée « source captée de Rozans » sur la carte IGN au 1/25 000e. Rénové au début des années 2010, le captage est aujourd'hui entièrement enterré, sans aucune construction visible ; le terrain est fermé par un enclos grillagé.
Plan de situation, d'après le cadastre de 2021 (section 000D). Echelle d'origine 1/500e.
Plan de situation du captage et du bassin 1, d'après le cadastre de 2021 (section 000D). Echelle d'origine 1/500e.
Quatre anciens bassins intermédiaires existent. Leurs édicules d'accès sont construits sur le même modèle et avec des dimensions identiques. Ces bassins étaient complétés par un cinquième bassin, situé entre le Lastic et le réservoir terminal, aujourd'hui démoli. Les édicules sont construits en maçonnerie de moellons calcaires équarris et épannelés, avec des faux joints gravés. Le couvrement, bombé, est constitué d'une dalle de béton faisant aussi office de couverture, renforcée par une chape de ciment. La baie de visite est fermée par un portillon métallique. En certains endroits, apparaissent des vestiges de l'ancienne canalisation en fonte.
Bassin intermédiaire n° 1, au quartier de l'Estang. Vue de face.
Bassin intermédiaire n° 2, au quartier de l'Estang. Vue d'ensemble.
Bassin intermédiaire n° 3, au quartier du Lastic. Vue d'ensemble.
Bassin intermédiaire n° 4, au quartier du Lastic. Vue d'ensemble.
Un réservoir de stockage, situé au-dessus du bourg, fait office de château d'eau. Toujours en fonctionnement, il est bâti en béton armé. Son édicule d'accès, formant une excroissance, est fermé par un portillon métallique.