Dossier collectif IA83003503 | Réalisé par
Cérède Agathe (Contributeur)
Cérède Agathe

Chargée de mission Inventaire et médiation du patrimoine pour la Provence Verte Verdon.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, patrimoine religieux de Provence Verte Verdon
Eglises et chapelles de La Roquebrussanne
Auteur (reproduction)
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
  • (c) Provence Verte Verdon
  • (c) IGN

Dossier non géolocalisé

  • Dénominations
    église, chapelle
  • Aires d'études
    Pays de la Provence Verte
  • Adresse
    • Commune : La Roquebrussanne

Les églises de La Roquebrussanne en élévation

La Roquebrussanne compte quatre édifices de culte encore en élévation. Parmi eux, l’église paroissiale Saint-Sauveur (Référence du dossier : IA83003504), élevée à la fin du Moyen Âge, mais aussi la chapelle Notre-Dame d’Inspiration (Référence du dossier : IA83003505), première paroisse médiévale fortement remaniée à l’époque moderne, de la même manière que la chapelle Saint-André (Référence du dossier : IA83003507). Plus récente, la chapelle Saint-Louis (Référence du dossier : IA83003506), édifiée au 17e siècle puis agrandie au siècle suivant.

Eglise paroissiale Saint-Sauveur, puis de la Transfiguration, encore appelée actuellement Saint-Sauveur

L’église Saint-Sauveur (Référence du dossier : IA83003504) est édifiée au bas Moyen Âge à la demande des habitants suite au glissement du site d’habitat du castrum dans la plaine. Elle est vraisemblablement construite dans la seconde moitié du 14e siècle, possiblement remaniée dans la première moitié du 15e siècle, et succède à la première église paroissiale castrale Sainte-Marie. S’il revêt rapidement son architecture actuelle, l’édifice connait de premiers remaniements et réparations dès le début de l’époque moderne. De son côté, entre 1648 et 1653, le clocher est fortement remanié, exhaussé et sommé d’une flèche, la sacristie peut-être parallèlement agrandie. L’église continue d’être régulièrement réparée les décennies suivantes (sol, toit, portes, baies, vitres), et dotée d’un dôme en 1739 au-dessus de son maître-autel après plusieurs années d’attente. Vers 1770, le clocher est à son tour réparé par Jean-Baptiste Jean, maçon de Brignoles, sa flèche en partie ruinée. En 1780, des renforcements au couvert sont opérés par Honoré Germain, maître-maçon de Besse, probablement au niveau du bas-côté sud signalé ruiné par les eaux pluviales comme ses contreforts et arcs-boutants. Le clocher et sa flèche font à nouveau l’objet de réparations en 1787 par Pierre-Paul Olivary, maître-maçon de Tourves. Au 19e siècle, des travaux sont demandés dès les années 1840 pour l’entière reconstruction de la toiture de la nef à cause des eaux de pluie, d’autres sont menés autour de 1860 pour le drainage des élévations extérieures et le renforcement du clocher. Au début du 20e siècle, la toiture est à nouveau rénovée. Quelques restaurations sont menées vers 1930. Dans la seconde moitié du siècle, toiture et clocher bénéficient d’une importante campagne de restauration, complétée dans les années 1990. Dernièrement, le portail a également fait l’objet d’une restauration en 2019.

Eglise paroissiale Sainte-Marie, puis Notre-Dame de Châteauvieux, actuellement chapelle Notre-Dame d'Inspiration, appelée Notre-Dame

Au Moyen Âge, l’emplacement de la chapelle Notre-Dame d’Inspiration (Référence du dossier : IA83003505) est occupé par l’église Sainte-Marie, paroisse du castrum de Rocha relevant probablement du Moyen Âge central. Entre la fin du 13e et le début du 14e siècle, le déplacement de l’habitat dans la plaine entraine l’abandon du site et du lieu de culte. Après la construction la nouvelle église Saint-Sauveur dès la seconde moitié du 14e siècle dans le village, la première paroisse perd son statut et prend un temps le titre de Notre-Dame de Châteauvieux dans le deuxième quart du 15e siècle. Si l’édifice, annexé d’un ermitage, est menacé par les guerres de religion au siècle suivant, il se voit en 1601 restauré, exhaussé, doté d’une voûte en plein cintre et son ermitage également fortement restauré. La chapelle Notre-Dame d’Inspiration, en tant que paroisse primitive, connait une attention particulière et des réparations y sont régulièrement menées au 18e siècle. Après la Révolution, l’édifice et le site qui l’entoure sont rapidement acquis par la commune. Dans la seconde moitié du 19e siècle, la façade est ornée de statues, des gradins en amphithéâtre sont aménagés ainsi qu’un jardin pour l’ermitage. Par son importance locale, le lieu culte est déclaré chapelle de secours en 1865. Au 20e siècle, l’édifice fait l’objet d’une campagne de restauration vers 1929. Atteint par un obus en 1944, il est plusieurs fois restauré dans les années 1960 et 1970. Dernièrement, en 2018, les toitures de la chapelle et de son ermitage ont bénéficié d’une restauration. 

Chapelle Saint-André

Le site de la Tour des Orris, où se situe la chapelle Saint-André (Référence du dossier : IA83003507), pourrait correspondre par sa localisation au premier castrum de Rocha qui apparait dans les textes en 1180 où une église de Rupis est mentionnée en 1143. En ce sens, la chapelle Saint-André, qui apparait dans les textes dans la seconde moitié du 14e siècle, pourrait avoir remplacé l’église primitive à son emplacement. Le site, alors qualifié de « Vela la Vieilla », est déjà connu comme un ancien habitat. En ce sens, la chapelle aurait réemployé une partie des pierres de la première église, des moellons taillés en petit appareil visibles sur les élévations de blocs bruts. De la même manière, l’édifice aurait été partiellement voire en grande partie reconstruit au 16e siècle. De son côté, la tradition, que rapporte Malausse, veut que la chapelle ait été construite - plus probablement reconstruite - sous l’impulsion d’un marin qui aurait fait édifier le lieu de culte en remerciement d’un vœu fait pendant un naufrage. Prénommé André, il aurait ainsi laissé son nom à l’édifice. Dans le dernier quart du 18e siècle, la chapelle figure bien sur la carte de Cassini. A la Révolution, l’édifice fait encore partie des lieux de culte estimés comme biens nationaux en 1798. Il y est alors défini comme chapelle rurale, située au « quartier des Baumes », composée d’un « batiment et regale par devant ». Par la suite probablement laissée à l’abandon du fait de sa situation en écart et en hauteur, la chapelle ne figure déjà plus parmi les chapelles rurales dans une notice rédigée en 1838 faisant état des lieux de culte de la paroisse. En 1867, Millou constate bien la ruine de l’édifice, qui « ne réclame guère que sa toiture et ses fermetures », faute de réparations d’entretien. Aujourd’hui, la chapelle est toujours présente sur le site.

Chapelle, puis église succursale, actuellement chapelle Saint-Louis

La chapelle Saint-Louis (Référence du dossier : IA83003506) est édifiée à l’époque moderne à la demande des habitants du hameau des Molières, investi par plusieurs maisons et bastides, du fait de l’éloignement de l’église paroissiale. Après l’autorisation diocésaine donnée en 1668, l’édifice est construit au début des années 1690. Dédié à Saint-Louis, le lieu de culte est voué à accueillir six messes à l’année. Malgré des dégradations causées par l’invasion austro-sarde en 1707, la chapelle accueille un temps les messes prévues jusqu’à une nouvelle requête des habitants d'y établir le service religieux sous le statut d’église succursale. L’autorisation diocésaine est une nouvelle fois délivrée en 1765 à condition que l’édifice soit agrandi et annexé d’un presbytère conformément à son nouveau statut. Après plusieurs plans et devis proposés, les travaux sont entrepris entre 1768 et 1770 selon le projet de Jean-Baptiste Marchand, maître-maçon de Signes. L’édifice est fortement élargi et allongé, une partie réemployée comme chœur de l’église succursale. Suite à la Révolution, le hameau et son église, après seulement une courte période de service cultuel, sont progressivement abandonnés. Au début du 20e siècle, malgré la déshérence du lieu, l’édifice est entièrement restauré en 1904, investi jusque dans les années 1920 puis à nouveau laissé à la ruine. Malgré la perte de sa voûte, la chapelle fait finalement l’objet d’une importante restauration dans les années 1960 et 1970 avant de connaitre ponctuellement des travaux d’entretien.

Les églises de La Roquebrussanne disparues ou à l’état de vestiges

Outre ces témoins visibles de l’histoire religieuse locale, la commune a également connu d’autres églises et chapelles aujourd’hui disparues ou à l'état de vestiges, élevées au gré de l’évolution de son territoire entre le Moyen Âge et l’époque moderne. Au Moyen Âge, ce dernier est en effet occupé par plusieurs sites d’habitat de plaine ou de hauteur, plus ou moins fortifiés, qui possèdent chacun leur propre lieu de culte. A l’époque moderne, l’habitat s’étant principalement concentré sur la plaine et resserré autour de l’église paroissiale, de nouveaux édifices de culte émergent à ses abords. A ce jour disparus suite à la Révolution et à l’évolution de l’habitat à l’époque contemporaine, ces lieux de culte perdurent dans la mémoire et la toponymie du village.

Les églises médiévales

Au Moyen Âge, le territoire roquier est disséminé en plusieurs sites d’habitat pour certains déjà occupés pendant l’Antiquité. La villa de Fiossac en plaine, premier site à apparaitre dans les textes au 10e siècle, coexiste avec le site proche de Peyboulon en crête ou les sites moins documentés des Neufs Fonts ou de Saint-Jean. Chacun y possède alors un lieu de culte autour duquel gravitent quelques habitations. Au 12e siècle, le castrum de Rocha en hauteur et fortifié apparait à son tour dans les textes, supplantant au fil des décennies les autres sites d’habitat.     

Eglise Saint-Martin, dite Saint-Martin de Fiossac

Le site de Fiossac est le premier site roquier à apparaitre dans les textes, mentionné à la fin du 10e siècle comme villa de Fiossac. De ce fait, l’église Saint-Martin, dite Saint-Martin de Fiossac, fait probablement partie des plus anciens lieux de culte chrétiens du territoire, citée comme « sancti Martini de Filziaco » en 1143 dans les biens de la collégiale de Pignans puis confirmée en 1152. Un siècle plus tard, en 1267, la moitié des revenus de l’église passe aux mains de l’abbaye de La Celle. Dans le même temps, la villa de Fiossac est progressivement délaissée au profit du castrum de Rocha apparu dans les textes à la fin du 12e siècle. Dans ce contexte, la visite pastorale de 1340 décrit une église rurale dégradée, réclamant la fermeture et destruction de la tribune alors occupée par des litières où se reposent les habitants. Un siècle plus tard, en 1421, l’édifice est dépeint en très mauvais état. Alors que le site de Fiossac n’abrite plus de maisons dès la fin du 15e siècle, d’après Millou, ce dernier et son lieu de culte sont finalement incendiés lors de l’invasion des troupes austro-sardes en 1707. Bien que n’ayant laissé aucun vestige apparent, l’emplacement de l’édifice est vraisemblablement rattaché au sud du territoire, plus particulièrement au domaine viticole du Loou situé aux abords du chemin de Fiossac. En effet, son cimetière a été découvert lors de la construction de la cave du domaine en 1971. En ce sens, il est possible que les pierres issues des ruines de l’édifice aient été ensevelies pour laisser place à la plantation des vignes au cours des dernières décennies.

Eglise, dite église du Peyboulon

Le site de Peyboulon, situé en crête entre le hameau des Molières et le vallon du Cendrier, déjà habitat fortifié à l’Âge du Fer, est toujours occupé dans l’Antiquité tardive puis dans le haut Moyen Âge, associé ensuite au site du Castellum Gardinum. L’église dite du Peyboulon, tout comme l’église Saint-Martin de Fiossac, fait a priori également partie des premiers lieux de culte chrétiens du territoire. Vers la fin du Moyen Âge, à l’instar du site de Fiossac, le site de Peyboulon et son lieu de culte sont peu à peu abandonnés, cette fois-ci en faveur du site des Molières situé en contrebas. L’église se dégrade ainsi progressivement et à l’époque moderne, l’édifice figure en ruine sur la carte de Cassini. Selon une fouille du site de Pey Boulon réalisée en 2009, l’édifice est toujours présent à l’état de vestiges à l’extrémité sud-est du site. Orienté, il présente une nef, vraisemblablement rythmée par trois travées au vu des bases de piliers encore présentes au nord, terminée par une abside en fer à cheval. Les élévations, pour certaines conservées sur plus d’un mètre, sont montées en moellons liés au mortier de chaux. Une ouverture est identifiable au centre de l’élévation sud au vu de la présence d’un piédroit. Un bâtiment lui est accolé.

Carte de France dite carte de Cassini, 3e quart 18e siècle [Pey Boulon, La Roquebrussanne].Carte de France dite carte de Cassini, 3e quart 18e siècle [Pey Boulon, La Roquebrussanne].

Chapelle Sainte-Madeleine

Un édifice de culte dédié à Sainte-Madeleine n’est à ce jour pas connu dans les archives ou la documentation. En 1934, l’abbé Saglietto signale pourtant une côte Sainte-Madeleine devant son appellation à la présence de « derniers pans de mur ayant appartenu à une ancienne chapelle » de même appellation. En 2009, une campagne de fouilles visant à vérifier l’édifice signalé révèle plutôt la présence d’un petit site d’habitat fortifié médiéval, probablement satellite du castrum de Rocha, les vestiges apparentés à la chapelle ne présentant pas les caractéristiques d’un édifice de culte. Les vestiges de l’édifice, envahis par la végétation, seraient situés sur le ressaut de colline bordant la route de Mazaugues, près de l’entrée des gorges des Neuf Fonts, au-dessus d’un oratoire de même dédicace érigé sûrement en mémoire du lieu de culte signalé.

Chapelle Saint-Jean

De la même manière que la chapelle Sainte-Madeleine, l’abbé Saglietto suggère en 1934 l’existence d’une chapelle Saint-Jean au sud du territoire, au bord de la route de Toulon, plus précisément au-dessus des vestiges d’un oratoire situé à un ancien tournant appelé tournant de l’oratoire. Cette mention est reprise par Malausse, indiquant que l’édifice a disparu mais existé au lieu-dit du même nom au sud du territoire. Dernièrement, François-Francis Bus évoque à son tour une chapelle Saint-Jean des Pennes au haut Moyen Âge.

Chapelle Saint-Antoine

Une chapelle Saint-Antoine apparait en 1475 dans le registre dit d’Antoine Réginéri. Le lieu de culte est par la suite une nouvelle fois mentionné dans un acte d’arrentement de 1544. En 1587, le conseil de communauté décide l’aliénation des biens de l’édifice, signant son abandon. Aujourd’hui disparu, son emplacement se situe vraisemblablement dans la rue du même nom au centre du village, au début de la voie qui menait et mène encore à la chapelle Notre-Dame d’Inspiration depuis le cœur villageois.

Les églises modernes

Entre la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne, les différents sites d’habitat médiéval disséminés sur le territoire sont progressivement abandonnés au profit du village de plaine de Ville Dieu concentré autour de la maison seigneuriale et de l’église paroissiale Saint-Sauveur. Dans ce contexte, plusieurs chapelles sont élevées aux abords de la paroisse, certaines nées de la volonté de figures locales. D’autres émergent sous l’impulsion de confréries locales portées par l’essor des dévotions, qui souhaitent édifier leurs lieux de culte dans la périphérie de la paroisse. Enfin, un site d’habitat secondaire se développe, appelant l’érection d’un lieu de culte associé.

Chapelle Saint-Sébastien

La chapelle Saint-Sébastien apparait tardivement dans les archives communales, relevant donc possiblement du bas Moyen Âge ou du début de l’époque moderne. En 1557, elle est déjà déclarée en ruine, et le conseil de communauté propose sa reconstruction au moyen d’une quête de blé. Deux siècles plus tard, les comptes trésoraires de 1738 puis de 1774 révèlent des réparations faites à l’édifice, notamment sur l’un de ses angles. Figurant sur la carte de Cassini, le lieu de culte est encore mentionné à la Révolution : un inventaire des meubles des chapelles locales est dressé vers 1794.

Carte de France dite carte de Cassini, 3e quart 18e siècle [St Sébastien, La Roquebrussanne].Carte de France dite carte de Cassini, 3e quart 18e siècle [St Sébastien, La Roquebrussanne].Plan de masse et de situation de la chapelle Saint-Sébastien dite ancienne chapelle d'après le cadastre de 1830 (section B4, parcelle 752).Plan de masse et de situation de la chapelle Saint-Sébastien dite ancienne chapelle d'après le cadastre de 1830 (section B4, parcelle 752).

Désaffecté selon le cadastre de 1830 et laissé à la ruine, il est finalement racheté en 1975 par la coopérative vinicole La Roquière (Référence dossier : IA83001367) qui l’utilise comme remise. Rapidement mis en location, en 1982, l’édifice subit quelques travaux intérieurs pour accueillir une ébénisterie. Toujours dans les années 1980, l’aménagement du chemin menant au quartier du Pical, à proximité de l’édifice, entraîne l’arasement de ce dernier. Quelques années plus tard, en 1997, des travaux effectués à la coopérative à proximité de l’ancien lieu de culte mettent parallèlement à jour une tombe, impliquant la programmation d’une fouille de sauvetage. Des ossements humains et deux vases datés du 3e ou 4e siècle sont ainsi étudiés, suggérant une occupation antique du site peut-être liée à l’existence de la villa antique de la Frise à quelques centaines de mètres. L’emplacement de la chapelle, à l’entrée sud du village, se retrouve à ce jour à proximité de l’intersection de l’avenue de Saint-Sébastien et du chemin du Pical. Sa mémoire perdure dans la toponymie de l’avenue Saint-Sébastien et du lieu-dit environnant connu comme quartier éponyme.

Chapelle Sainte-Anne

La chapelle Sainte-Anne relève probablement aussi de la fin du Moyen Âge ou du début de l’époque moderne. Elle est rapidement investie par la confrérie des pénitents blancs locale du Saint-Esprit. Tout au long des 17e et 18e siècles, des archives communales témoignent de l’existence de la chapelle et de la confrérie associée. En 1610, la voûte de l’édifice, menaçant ruine, est remplacée. Entre la fin des années 1610 et les années 1620, la chapelle est en outre agrandie, comme confirmé par le conseil en 1625 évoquant l’acte de prix-fait de l’agrandissement de l'édifice. En 1632 comme en 1657, la chapelle est visitée par l'archevêque aux côtés de l’église paroissiale. Elle est décrite avec son autel surmonté d’un tableau de la Vierge et sainte Anne et ses ornements. En 1659, l’édifice fait l’objet d’une importante campagne de réparations. En 1681, le prix-fait d'un projet d’aménagement de chœur est passé à François Olivier, membre de la confrérie également à l’origine des plans proposés. Vers la fin du siècle, les registres paroissiaux de la communauté font état d’inhumations à la chapelle, notamment en 1684 et 1687. En 1714, la chapelle est vendue à un particulier. En 1716, les archives communales font état d’une demande de réparation au toit de l’édifice. Mais dans les années 1720, l’édifice est reconverti en infirmerie à l’occasion de l’épidémie de peste. Vingt ans plus tard, en 1746, la communauté délibère de bailler un prix-fait de réparations faites à l’édifice. Un procès-verbal de réception des travaux mentionné dans les archives communales confirme lesdites réparations. Le lieu de culte est toujours en usage dans la seconde moitié du 18e siècle, la visite pastorale de 1760 passant requête d’un tabernacle pour l’édifice. En 1779, les archives communales témoignent cette fois-ci de réparations à la tribune de la chapelle. En 1792, des travaux sont opérés sur l’édifice.

Carte de France dite carte de Cassini, 3e quart 18e siècle [Ste Anne, La Roquebrussanne].Carte de France dite carte de Cassini, 3e quart 18e siècle [Ste Anne, La Roquebrussanne].Plan de masse et de situation de la chapelle Sainte-Anne dite ancienne chapelle d'après le cadastre de 1830 (section B4, parcelle 771).Plan de masse et de situation de la chapelle Sainte-Anne dite ancienne chapelle d'après le cadastre de 1830 (section B4, parcelle 771).

A la Révolution, le lieu de culte est désaffecté et sert un temps de salle de réunion au comité de surveillance local avant d’être vendu comme bien national. En effet, un procès-verbal de perpétuation de la confrérie des pénitents locaux dressé après la Révolution confirme que « les freres penitents de cette paroisse possedaient au midi du village et sur une hauteur au quartier de ste anne, une chapelle très bien ornée », à présent « habitation particulière ». Ladite confrérie, qui se reconstitue vers 1805, investit alors l’autel Notre-Dame-des-Sept-Joies de l’église paroissiale, qu'elle place à son tour sous le titre de Sainte-Anne, y faisant poser une représentation de la sainte. De son côté, la chapelle Sainte-Anne, désaffectée, se dégrade progressivement. En 1934, l’abbé Saglietto signale les ruines de la chapelle, « dans une ruelle, un peu avant les écoles, sur la droite ». Selon lui, l’édifice présentait encore quelques années auparavant l’inscription « sancta anna 1659 ora pro nobis » sur le cintre de sa porte. D’après un article de journal, les ruines de l’édifice sont détruites dans le cadre du réaménagement du quartier du Pical en 1985. Aujourd’hui, un pan de mur marquant l’emplacement de l’édifice subsiste encore sur l’actuelle carraire Victor Barthelemy. La chapelle a longtemps marqué la toponymie, l’actuelle avenue Saint-Sébastien précédemment dénommée avenue Sainte-Anne.

Pan de mur marquant l'emplacement de la chapelle Sainte-Anne.Pan de mur marquant l'emplacement de la chapelle Sainte-Anne.

Chapelle de la Présentation

La chapelle de la Présentation Notre-Dame est vraisemblablement construite à la fin de l’époque moderne dans le dernier quart du 18e siècle, bénie au cours de l’été 1781, pour accueillir la congrégation des femmes et jeunes filles locale. Seulement dix ans après sa construction, la chapelle est cependant désaffectée à la Révolution. D’après une notice de la paroisse rédigée en 1864, l’édifice est ainsi un temps reconverti en magasin de salpêtre et de cendres avant d’être vendu comme bien national puis remanié. Un siècle plus tard, Malausse associe à la chapelle de la congrégation féminine en charge de l’éducation des jeunes filles la dédicace de Saint-Thomas de Villeneuve, ladite congrégation certainement placée sous cet ordre. L’édifice de culte disparu, son emplacement se situe au centre du village, au bord du ruisseau de la Latte, vraisemblablement à l’actuel 24 rue de la Latte.

Sur douze édifices religieux repérés, quatre - l'église paroissiale Saint-Sauveur, la chapelle Notre-Dame d'Inspiration, la chapelle Saint-Louis et la chapelle Saint-André - sont toujours existants, les huit autres étant disparus ou à l'état de vestiges.

  • Toits
  • Décompte des œuvres
    • étudiées 4
    • repérées 12

Documents d'archives

  • Autres meubles de la chapelle ste anne des penitents blancs commune de La Roquebrussanne. [Vers 1794.] Archives départementales du Var, Draguignan : E dépôt 27/139 – 5 P 1.

  • Bulle d'Eugène III concernant les biens de la collégiale de Pignans. 1152. Archives départementales du Var, Draguignan : 6 G 2.

  • La Roquebrussanne, Copie du procès-verbal de la perpétuation de la confrérie des pénitents de Ste Anne. [Après la Révolution.] Archives départementales du Var, Draguignan : 1 J 287.

  • La Roquebrussanne. Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790. 1403-1790. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 MI 212 R1 - 2 MI 212 R2.

    Mention des registres de délibérations du Conseil de communauté de La Roquebrussanne : BB 6 : f° 655, 1625. Mention des comptes trésoraires du Conseil de communauté de La Roquebrussanne : CC 148 : f° 6, 1738. CC 185 : f° 22, 1774. Mention des registres paroissiaux de la communauté de La Roquebrussanne : GG 4 : f° 154, 1684 ; f° 208, 1687. Mention des dossiers liés aux cultes de la communauté de La Roquebrussanne : GG 18 : f°22-26, 1681. GG 20, 1716. GG 23, 1746. GG 32, 1779 et 1792.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1627-1638. 1632. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1 G 1334.

    Paroisse de La Roquebrussanne, f° 28-29 et 62-67, 1632.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1656-1657. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1 G 1338.

    Paroisse de La Roquebrussanne, f° 281-292, 1657.
  • [Fiche sur la chapelle Saint-Anne de La Roquebrussanne]. Années 1960-1970. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : fonds Chanoine Louis Malausse, FR AEC 83 / 1F 04. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/6644>. Date de consultation : 2025.

    Agrandissements de la chapelle en 1617 et 1628.
  • [Fiche sur la chapelle de la Présentation de La Roquebrussanne]. Années 1960-1970. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : fonds Chanoine Louis Malausse, FR AEC 83 / 1F 04. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/6637>. Date de consultation : 2025.

    Mention du vocable de la chapelle.
  • [Fiche sur la chapelle Saint-Jean de La Roquebrussanne]. Années 1960-1970. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : fonds Chanoine Louis Malausse, FR AEC 83 / 1F 04. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/6646>. Date de consultation : 2025.

  • La Roquebrussanne - Notice sur la paroisse. 27 décembre 1864. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : FR AEC 83 / 2F017. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/20048#?c=&m=&s=&cv=>. Date de consultation : 2025.

Bibliographie

  • ARNAUD, Claude, BORREANI, Marc, DE JERPHANION, Guillaume, ROBLES, Aurélie. L’habitat en Provence Verte Verdon du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Brignoles : Pays d’art et d’histoire Provence Verte Verdon, 2024.

    p. 103, église Saint-Martin citée parmi les biens de la collégiale de Pignans en 1143, acquisition de la moitié des revenus de l'église par l'abbaye de La Celle en 1267, mention des visites pastorales de 1340 et 1421.
  • Association La Roquebrussanne Se Raconte. La Roquebrussanne d’hier à aujourd’hui. Brignoles : Imprimerie Nesson, 2020.

    p. 34, achat de la chapelle par un particulier en 1714, mention de la chapelle dans la visite pastorale de 1760 et travaux à l'édifice en 1792.
  • BORRÉANI, Marc. La Roquebrussanne. Commune. Dans : Bilan scientifique du département du Var, région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 2009, p. 208-209.

  • BUS, François Francis. Histoire de la Roquebrussanne et des Roquiers en leurs temps. Nice : Ets Ciais Imprimeurs-Créateurs, 2011.

    p. 57, mention de l'église Saint-Martin de Fiossac dans la visite pastorale de 1340 ; p. 125, réhabilitation de la chapelle Sainte-Anne en infirmerie pendant l'épidémie de peste de 1720, p. 208, existence de la chapelle Saint-Jean des Pennes au Moyen Âge.
  • B. J. Le quartier de Saint-Sébastien s’anime grâce à un très habile artisan des Molières. La Roquebrussanne. Dans : Var Matin, 11 janvier 1982. Archives de la Société des Amis du Vieux Toulon : dossier La Roquebrussanne.

  • B. J. De Saint-Sébastien à Sainte-Anne. La Roquebrussanne. Dans : Var Matin, 10 novembre 1985. Archives de la Société des Amis du Vieux Toulon : dossier La Roquebrussanne.

  • CRUCIANI, Michel. Une tombe à inhumation de l’époque romaine à La Roquebrussanne. Dans : Travaux du centre archéologique du Var, 1996-1997, p. 257-263.

  • MILLOU, M. Un Pèlerinage à Notre-Dame de La Roquebrussanne. Brignoles : Imprimerie A. Vian, 1867.

    p. 121-123, mention de l'incendie de l'église Saint-Martin de Fiossac en 1707.
  • SAGLIETTO, Victor. La Roquebrussanne, Etude Archéologique et Historique. Cannes : Imprimerie Cruvès et Vincent, 1934.

    p. 97, mention d'un contrat citant l'église Saint-Martin de Fiossac en 1300, mention d'un registre de 1475 citant la chapelle Saint-Antoine, proposition de reconstruction de la chapelle Saint-Sébastien en 1557, abandon de la chapelle Saint-Antoine en 1587, remplacement de la voûte de la chapelle Sainte-Anne en 1610, agrandissement de la chapelle Sainte-Anne en 1620, restauration de la chapelle Sainte-Anne en 1659, bénédiction de la chapelle de la Présentation le 24 septembre 1781, reconstitution de la confrérie de pénitents en 1805 et mention de la chapelle Saint-Jean.
  • La Roquebrussanne (Var) : II. L’Eglise. Dans : Le nouveau glaneur du Var, février 1912, p. 17-19. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : PHI 496/1.

    Mention d'un acte d'arrentement de 1544 citant la chapelle Saint-Antoine.

Documents figurés

  • Carte de France dite Carte de Cassini. / Dessin à l'encre, carte géographique en 182 feuilles au 1/86 400e par César-François Cassini de Thury, commencé en 1756, terminée en 1815 par Jean-Dominique Cassini. Bibliothèque nationale de France, Paris.

    Feuille 154 - Lorgues.
  • Plan cadastral de la commune de La Roquebrussanne. 1830. / Dessin à l'encre sur papier par le géomètre de 1ère classe Henry, 1830. Archives départementales du Var, Draguignan : 3 PP 108 01 à 3 PP 108 20.

    Section B4, n° de plan 07, parcelles 752 et 771.
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Provence Verte Verdon
Cérède Agathe
Cérède Agathe

Chargée de mission Inventaire et médiation du patrimoine pour la Provence Verte Verdon.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.