Dossier d’œuvre architecture IA83003505 | Réalisé par
Cérède Agathe (Contributeur)
Cérède Agathe

Chargée de mission Inventaire et médiation du patrimoine pour la Provence Verte Verdon.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
  • enquête thématique régionale, patrimoine religieux de Provence Verte Verdon
Eglise paroissiale Sainte-Marie, puis Notre-Dame de Châteauvieux, actuellement chapelle Notre-Dame d'Inspiration, appelée Notre-Dame
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
  • (c) Provence Verte Verdon

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays de la Provence Verte - La Roquebrussanne
  • Commune La Roquebrussanne
  • Lieu-dit Notre-Dame
  • Cadastre 1830 B4 657  ; 2022 B4 289
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Sainte-Marie, Notre-Dame de Châteauvieux, Notre-Dame d'Inspiration
  • Appellations
    Notre-Dame
  • Destinations
    chapelle
  • Parties constituantes non étudiées
    oratoire

Historique détaillé

Moyen Âge : l’église Sainte-Marie, première paroisse du territoire

Au Moyen Âge, l’emplacement de l’actuelle chapelle Notre-Dame d’Inspiration est vraisemblablement occupé par l’église Sainte-Marie, probablement érigée au cours du Moyen Âge central et première paroisse du castrum de Rocha. Par son statut, l’église est alors vraisemblablement accompagnée d'un cimetière paroissial. Entre la fin du 13e et le début du 14e siècle, le site d’habitat de hauteur, peu à peu déserté, glisse progressivement au bas de la colline, dans la plaine traversée par la rivière Issole. Ce nouveau site, connu sous le nom de Ville Dieu mais appelé communément Roca Brussanna, se développe rapidement. Le seigneur, prieur de l’abbaye de La Celle, y fait construire une maison seigneuriale. Quelques décennies plus tard, la visite pastorale de 1340 confirme la déshérence du site de hauteur et par conséquent de la paroisse : nombre d’habitants ne se rendent plus à l’église pour les offices et les inhumations posent également problème du fait de l’éloignement du cimetière et de la pénibilité de la montée. En ce sens, les habitants demandent la construction d’une église au sein du nouveau site. L’autorisation diocésaine donnée, un nouvel édifice est vraisemblablement érigé au cours de la seconde moitié du 14e siècle (Référence dossier : IA83003504).  Dès 1380, l’église paroissiale est déjà considérée comme un édifice secondaire du territoire au profit de la nouvelle église. Néanmoins, en 1418, le vicaire réside toujours avec quelques habitants près de la paroisse sur le site du castrum, poussant l’archevêque à ordonner son déménagement à proximité du nouvel édifice. Les années suivantes, dans le deuxième quart du 15e siècle, le titre de paroisse glisse définitivement de l’église castrale à l’église du village de plaine. En 1448, l’ancienne église paroissiale prend en outre l’appellation de « Nostra Dona del Castel Vieilh », Notre-Dame de Châteauvieux, témoignant bien de son changement de statut. L’édifice, bientôt reconnu en tant que chapelle, est rapidement annexé d’un ermitage, certainement construit sur l’emprise de l’ancien cimetière paroissial contre l’édifice.

16e et 17e siècles : la chapelle et son ermitage, réhabilitation de l’ancienne paroisse

Dès le 16e siècle, la chapelle, par son ancien statut paroissial, est le seul édifice encore en élévation parmi les vestiges de l’ancien site d’habitat castral. Son ermitage est voué à sa surveillance et entretien. Cependant, les guerres de religion menacent la pérennité de l’édifice dans la seconde moitié du siècle. En effet, la communauté envisage un temps la destruction des dernières fortifications du site castral et du lieu de culte qui pourraient servir de camps de base stratégiques. Suite à l’application de l’Edit de Nantes, la chapelle est finalement préservée.

Dans ce contexte plus favorable, la chapelle connait un regain d’attention dès le début du 17e siècle. En 1601, l’édifice est restauré, exhaussé et doté d’une voûte en plein cintre. Une partie des pierres utilisées sont issues des vestiges du castrum. L’ermitage est également fortement restauré. Le mobilier est de son côté enrichi. Le bénitier, portant l’inscription 1615, est vraisemblablement installé cette même année. Encore en 1664, un nouveau maître-autel et un retable seront ajoutés, encore en place aujourd’hui. Si la chapelle prend vraisemblablement le vocable de Notre-Dame d’Inspiration au début de l’époque moderne, elle continue d’être connue sous différentes appellations récurrentes au fil des décennies et siècles suivants. Visité en 1632, le lieu de culte est notamment confirmé en tant qu’ « eglise vieille de nostre dame ». Quelques années plus tard, la visite pastorale de 1657 définit cette fois-ci le lieu comme « chapelle de notre dame de misericorde ou estoi autrefois lantienne paroisse dud lieu ». L’édifice y est décrit en bon état, comprenant deux portes, doté d’une tribune et d’un bénitier de marbre. Un ermite y réside. En 1681, à l’occasion d’une nouvelle visite pastorale, la chapelle est cette fois-ci définie comme « chapelle de notre dame de l’hermitage ». La dernière visite pastorale du siècle, en 1698, mentionne une nouvelle fois la chapelle comme « Lancienne eglise de notre dame qui estait autrefois l’eglise paroissialle […] » et son importance au sein du terroir « […] qui doit estre par cette raison plus frequentee par les paroissiens ». Le statut d’ancienne paroisse associé à la chapelle est ainsi maintes fois souligné, confirmant l’importance du lieu de culte à l’échelle locale.

18e siècle : une chapelle et paroisse par intérim

Au 18e siècle, la chapelle connait toujours une attention particulière au sein du paysage religieux local. Elle est par ailleurs encore fréquemment mentionnée sous l’appellation chapelle Notre-Dame de Châteauvieux faisant écho à son ancien statut. En 1721, alors que la peste sévit au village, un sacrement du baptême est donné dans la chapelle plus éloignée de l’épidémie. En 1761, le curé étant malade, la communauté demande qu’une « grand messe » de Noël puisse être tenue à la chapelle, confirmant encore son statut privilégié aux côtés de l’église paroissiale parmi les lieux de culte locaux. Le site connait en parallèle quelques réparations au cours du siècle. En 1779, la communauté délibère de porter un secours financier aux recteurs de l’édifice pour assurer les réparations nécessaires. En 1787, la chapelle et l’ermitage, endommagés par la foudre, font l’objet de travaux après subvention de la communauté « attendu que [la chapelle] est la paroisse ancienne du village ». Malgré une attention particulière accordée au lieu de culte, ce dernier et son ermitage sont cependant vendus comme biens nationaux à la Révolution en 1791.

Du 19e siècle à aujourd'hui : un site cultuel local reconnu

Néanmoins, dès le début du 19e siècle, l’intérêt historique que représente le site pousse la commune à racheter la chapelle et le bois qui l’entoure en 1802. La dévotion liée au lieu de culte est toujours aussi importante au fil des décennies. L’esplanade de la chapelle est à ce titre également investie, des gradins en amphithéâtre aménagés de 1848 à 1864 par un habitant, M. Borme à partir des pierres du castrum en remerciement d’une grâce. Vers 1857, Borme passe en outre requête pour l’installation d’un autel expiatoire sur l’esplanade de la chapelle étant donné sa fréquentation ; demande qui sera néanmoins refusée par l’abbé en place témoignant de l’existence déjà suffisante de la tribune. Par la suite, son fils, Daniel Borme, travaillant chez un fabricant de verre à Paris, confectionnera les vitraux des quatre baies de la chapelle. Quelques années plus tard, en 1864, le legs d’un terrain attenant à la chapelle pousse à réenvisager le statut de l’édifice, qui ne peut recevoir la donation que s’il est reconnu chapelle de secours. Le conseil de fabrique passe ainsi requête dès 1865, démontrant que le lieu, propriété communale, « [est] en grande vénération dans le pays », soulignant en outre son ancienneté et son investissement régulier lors des célébrations liturgiques. A la fin de l’année, un décret érige ainsi la chapelle Notre-Dame d’Inspiration de La Roquebrussanne en chapelle de secours. En 1867, Millou confirme déjà la présence de trois statues ornant la façade principale de l’édifice, offertes selon l’auteur par le révérend père Etienne, prieur de la Chartreuse de Montrieux de Méounes. En ce sens, celles de Saint-Bruno de la Sainte Vierge auraient été sculptées par un frère chartreux méounais, Dom Alphonse, tandis que celle de Saint-Etienne serait l’œuvre d’un Roquier, M. Portanier. Si les statues des deux saints sont toujours présentes sur la façade, celle de la Vierge a depuis été remplacée par une statue mariale contemporaine. De son côté, l’ermitage est doté au sud-est d’un jardin accueillant quelques vignes et arbres fruitiers.

Au 20e siècle, les actions de la communauté en faveur de l’édifice, site cultuel majeur de la commune, continuent. En 1929, le legs d’un habitant en faveur de la paroisse permet à la chapelle de bénéficier d’une nouvelle campagne de restauration. Parallèlement, la commune, consciente de l’intérêt historique de l’édifice, entreprend dans les années 1930 l’inscription de la chapelle sur la liste des Sites pittoresques du Var. Dans cette ascension, un obus américain atteint le clocher de la chapelle le 19 mai 1944. Malgré le contexte, de nouvelles campagnes de restauration sont menées dès la seconde moitié du siècle. Dans les années 1960, l’édifice bénéficie de diverses restaurations, notamment sous l’impulsion de l'association Lou Cepoun Roquier en 1960 ou de chantiers jeunes/routiers en 1968. La fiche de pré-inventaire de l’édifice rédigée en 1976 mentionne sa restauration en cours, ainsi que la restauration des élévations extérieures par l’association Lou Cepoun Roquier en 1970-1971. Selon un article de presse, les élévations extérieures de l’édifice sont restaurées en 1982. Encore aujourd’hui, le site bénéficie de travaux pour sa préservation. En 2018, les toitures de la chapelle et de l’ermitage ont notamment fait l’objet d’une restauration. L’ermitage, de son côté, est occupé plus ou moins régulièrement jusqu’à ces dernières années.

Description détaillée

Extérieurs

La chapelle est située à l’est du village, sur le site du castrum de Rocha, connu aussi comme lieu-dit de Châteauvieux. L’édifice domine la colline des Ferrages également appelée colline Notre-Dame. Il est accessible depuis le sud par un chemin jalonné par un ensemble d’oratoires, débutant au cœur du village rue Saint-Antoine puis traversant une pinède.

Vue extérieure de situation depuis l'ouest.Vue extérieure de situation depuis l'ouest.

La chapelle est desservie à l’ouest par une esplanade ceinte de gradins en amphithéâtre.

Vue extérieure de l'esplanade.Vue extérieure de l'esplanade.

Elle est annexée à l’est de l’ermitage occupant vraisemblablement l’emprise du cimetière paroissial et lui-même accompagné d’un jardin au sud-est.

Vue extérieure de l'ermitage.Vue extérieure de l'ermitage.

Orienté, l’édifice présente un plan allongé terminé par un chevet plat. Ses élévations extérieures, entièrement crépies, sont recouvertes d’un toit à longs pans à tuiles creuses. L’ensemble est soutenu par deux contreforts au sud.

Vue extérieure d’ensemble depuis le nord.Vue extérieure d’ensemble depuis le nord.Vue extérieure d'ensemble depuis le sud.Vue extérieure d'ensemble depuis le sud.

Le clocher, à l’est, est de plan carré. Egalement crépi, il est percé de quatre baies plein-cintre et couvert d’un toit en pavillon.

La chapelle est éclairée par quatre baies latérales. La façade principale, à l’ouest, est desservie par un emmarchement à cinq degrés.

Vue extérieure d'ensemble depuis l'ouest.Vue extérieure d'ensemble depuis l'ouest.

Elle présente un portail en plein cintre encadré de colonnes moulurées supportant un fronton couronné d’une croix sculptée. L’inscription « ECCE MATER TUA » (Voici ta Mère) est gravée sur le tympan du portail.

Vue extérieure du portail depuis l’ouest.Vue extérieure du portail depuis l’ouest.

L’ensemble est entouré des statues de Saint-Etienne à gauche et de Saint-Bruno à droite, posées sur des consoles, et surmonté d’un oculus lui-même surmonté d’un cartouche gravé de la date « MCMIX ». Une statue mariale contemporaine domine le pinacle de la façade.

Détail de la statue de Saint-Etienne depuis l'ouest.Détail de la statue de Saint-Etienne depuis l'ouest.  Détail de la statue de Saint-Bruno depuis l'ouest.Détail de la statue de Saint-Bruno depuis l'ouest.

Intérieurs

A l’intérieur, la nef présente une voûte en berceau plein cintre soulignée par un cordon courant le long des élévations latérales.

Vue intérieure vers le chœur.Vue intérieure vers le chœur.

Le chœur est accessible par un emmarchement à deux degrés et délimité par un arc plein-cintre. L’abside, voûtée en cul-de-four, est peinte. Une porte permettant d’accéder à l’ermitage est présente au sud-est.

Vue intérieure du chœur.Vue intérieure du chœur.

Une tribune, à l’ouest, est desservie par un escalier à retour dans l’angle sud-ouest.

Vue intérieure vers l'ouest.Vue intérieure vers l'ouest.

Les quatre petites baies en plein cintre sont, hormis pour une, ornées de vitraux. Le sol est pavé de carreaux de marbre.

Conclusion

Au vu de l’état des sources et de l’observation de l’édifice, on peut corroborer une reconstruction quasi, si ce n’est totale, d’une première église médiévale au profit d’une chapelle moderne. En outre, la visite pastorale dressée à la moitié du 17e siècle confirme la présence d’éléments que l’on retrouve dans l’édifice actuel, tels que la présence des deux portes, de la tribune, de l’ermitage ou du bénitier daté de 1615. La chapelle, comme son environnement, porte également les traces de remaniements contemporains. Si elle a bien fait l’objet d’importantes campagnes de restauration dans les deuxième puis troisième quarts du 20e siècle, l’inscription 1909 « MCMIX » présente sur la façade principale interroge quant à une possible campagne de travaux menée à cette date.

Détail du cartouche depuis l'ouest.Détail du cartouche depuis l'ouest.

Un chemin d'oratoires à la chapelle Notre-Dame d'Inspiration

Huit oratoires conduisent à la chapelle depuis le village, formant une série d’oratoires jalonnant la voie appelée à juste titre chemin de la chapelle Notre-Dame. D’après une fiche de pré-inventaire dressée en 1976, de premiers oratoires auraient à l’origine été construits après la construction de la nouvelle église paroissiale pour relier celle-ci à l’ancienne paroisse. En effet, les comptes de la fabrique mentionnant la confection d’une niche dédiée à Saint-André entre 1730 et 1735 et les comptes trésoraires de 1751-1752 citant le pavage d’une rue « depuis la place Ste Margte jusque a loratoire de st andré alant a notre dame », confirment déjà la présence d’édicules le long du chemin menant à la chapelle. Les oratoires actuels, ayant de ce fait possiblement succédé à de précédents édicules, remontent de leur côté au moins à la seconde moitié du 19e siècle. Cette datation est avancée d’une part par la tradition orale interrogée dans la fiche de pré-inventaire, qui souligne déjà le manque de documentation écrite pouvant aiguiller la datation. D’autre part, Millou, mentionne déjà en 1867 de « nombreux oratoires » sur le chemin menant à la chapelle. D’après l’auteur, ce dernier débute rue Notre-Dame qui se poursuit par le chemin de la chapelle. L’auteur précise qu’à proximité du huitième oratoire se trouve la principale porte de l’ancien castrum mais décrit un chemin à neuf stations, le dernier édicule se trouvant à côté de l’esplanade de la chapelle, interrogant le nombre d’oratoires présents sur le chemin. Quelques années plus tard, des notes rédigées en 1882 sur la chapelle mentionnent encore neuf stations. De son côté, l’auteur de la fiche de pré-inventaire inclue les oratoires-niches présents au cœur du village, à savoir de la Vierge, rue des Cloches, et de Saint-Antoine, dans la rue du même nom. Il ajoute en outre que douze oratoires auraient été construits à l’origine. Dans cette idée, certains oratoires, peut-être oratoires-niches, auraient disparus de l’ensemble. Ce fait pourrait laisser penser à un premier chemin d’oratoires à quatorze stations, conformément à la tradition du chemin de croix, suggérant même le remplacement d’un chemin de croix originel. Cette question mise de côté, les huit oratoires relevés dans la seconde moitié du 20e siècle sont tous restaurés par des familles roquières sous l’impulsion de l’association Lou Cepoun Roquier dans les années 1960.

Aujourd’hui, ces huit oratoires, formant une série, suivent à peu de variantes près une même architecture. Si presque tous sont des édicules indépendants, le 2e est érigé contre un mur de propriété et le 7e sur un muret. De section carrée sauf le 1er de section rectangulaire, les édicules sont montés en moellons enduits, hormis le 7e. Tous sont massifs et hauts de plus de deux mètres, le 5e un peu plus bas que les autres. Les niches sont en arc plein-cintre ou surbaissé sauf celles des 6e et 8e oratoires rectangulaires, toutes protégées par des grilles. Si la majorité des édicules abrite des statues, les 6e et 8e contiennent des carreaux peints, le 5e une gravure et le 1er une croix. Les couvrements sont de forme pyramidale, le 7e un peu moins haut. Tous sont couronnés d’une croix, le 1er et le 8e dotés également d’une sphère.

Au Moyen Âge, l’emplacement de la chapelle est occupé par l’église Sainte-Marie, paroisse du castrum de Rocha relevant probablement du Moyen Âge central. Entre la fin du 13e et le début du 14e siècle, le déplacement de l’habitat dans la plaine entraine l’abandon du site et du lieu de culte. Après la construction d’une nouvelle église dès la seconde moitié du 14e siècle dans le village, la première paroisse perd son statut et prend un temps le titre de Notre-Dame de Châteauvieux dans le deuxième quart du 15e siècle. Si l’édifice, annexé d’un ermitage, est menacé par les guerres de religion au siècle suivant, il se voit en 1601 restauré, exhaussé, doté d’une voûte en plein cintre et son ermitage également fortement restauré. La chapelle Notre-Dame d’Inspiration, en tant que paroisse primitive, connait une attention particulière et des réparations y sont régulièrement menées au 18e siècle.

Après la Révolution, l’édifice et le site qui l’entoure sont rapidement acquis par la commune. Dans la seconde moitié du 19e siècle, la façade est ornée de statues, des gradins en amphithéâtre sont aménagés ainsi qu’un jardin pour l’ermitage. Par son importance locale, le lieu culte est déclaré chapelle de secours en 1865. Au 20e siècle, l’édifice fait l’objet d’une campagne de restauration vers 1929. Atteint par un obus en 1944, il est plusieurs fois restauré dans les années 1960 et 1970. Dernièrement, en 2018, les toitures de la chapelle et de son ermitage ont bénéficié d’une restauration. 

  • Période(s)
    • Principale : Milieu du Moyen Age , daté par source , (détruit)
    • Secondaire : 2e quart 15e siècle , daté par travaux historiques , (incertitude), , (détruit)
    • Principale : 1er quart 17e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 2e moitié 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 2e quart 20e siècle , daté par source
    • Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1601, daté par travaux historiques
    • 1929, daté par source

La chapelle est située à l’est du village, sur le site du castrum de Rocha, connu comme lieu-dit de Châteauvieux. Elle domine la colline des Ferrages aussi appelée colline Notre-Dame, accessible depuis le cœur du village par un chemin jalonné par une série d’oratoires. L'édifice est desservi à l’ouest par une esplanade ceinte de gradins en amphithéâtre. Il est annexé à l’est d'un ermitage occupant vraisemblablement l’emprise du cimetière paroissial et lui-même accompagné d’un jardin au sud-est. Orienté, l'édifice présente un plan allongé terminé par un chevet plat. Ses élévations extérieures, entièrement crépies, sont recouvertes d’un toit à longs pans à tuiles creuses. L’ensemble est soutenu par deux contreforts au sud. Le clocher, à l’est, est de plan carré. Egalement crépi, il est percé de quatre baies plein-cintre et couvert d’un toit en pavillon. La chapelle est éclairée par quatre baies latérales. La façade principale, à l’ouest, est desservie par un emmarchement à cinq degrés. Elle présente un portail en plein cintre encadré de colonnes moulurées supportant un fronton couronné d’une croix sculptée. L’ensemble est entouré des statues de Saint-Etienne à gauche et de Saint-Bruno à droite, posées sur des consoles, et surmonté d’un oculus lui-même surmonté d’un cartouche gravé de la date « MCMIX ». Une statue mariale contemporaine domine le pinacle de la façade.   

A l’intérieur, la nef présente une voûte en berceau plein cintre soulignée par un cordon courant le long des élévations latérales. Le chœur est délimité par un arc plein-cintre. L’abside, voûtée en cul-de-four, est peinte. Une porte permettant d’accéder à l’ermitage est présente au sud-est. Une tribune, à l’ouest, est desservie par un escalier tournant dans l’angle sud-ouest. Les quatre petites baies en plein cintre sont, hormis pour une, ornées de vitraux.

  • Murs
    • pierre moellon enduit
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
    • cul-de-four
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit en pavillon
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant en maçonnerie
  • Précision représentations

    L’inscription « ECCE MATER TUA » (Voici ta Mère) est gravée sur le tympan du portail.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Extrait de sentance servant pour les sieurs maire et consuls du lieu de la roque. 20 septembre 1698. Archives départementales du Var, Draguignan : E dépôt 27/58 - DD 39.

  • Lettre du sous-préfet au maire de La Roquebrussanne au sujet d’un legs fait à la chapelle Notre-Dame. 29 novembre 1864. Archives départementales du Var, Draguignan : E dépôt 27/139 – 1 P 3.

  • La Roquebrussanne. Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790. 1403-1790. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 MI 212 R1 - 2 MI 212 R2.

    Mention des délibérations du Conseil de communauté de La Roquebrussanne : BB 20 : f° 628, 1779. Mention des comptes trésoraires du Conseil de communauté de La Roquebrussanne : CC 162 : f° 9, 1751-1752. CC 172 : f° 14, 1761-1762. CC 190 : f° 16, 1779. CC 198 : f° 13, 1787. Mention des registres paroissiaux de la communauté de La Roquebrussanne : GG 5 : f° 173, 1721. Mention des dossiers liés aux cultes de la communauté de La Roquebrussanne : GG 16 : 2 septembre 1787 ; GG 47 : 1730-1735.
  • Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal de la commune de La Roquebrussanne. Réparations à l’église et à la chapelle. 24 juin 1929. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 Op 109/6.

  • [Demande d’inscription de la chapelle de Notre-Dame de la Nativité sur la liste des Sites pittoresques du Var.] [années 1930.] Archives départementales du Var, Draguignan : 4 T 11.

  • Extrait du registre des délibérations du Conseil de fabrique de La Roquebrussanne. Demande d’ériger la chapelle Notre-Dame d’Inspiration en chapelle de secours. 1er janvier 1865. Archives départementales du Var, Draguignan : 4 V 4.

  • Etat des Recettes et dépenses de la chapelle Notre Dame de Roquebrussanne présenté par les deux prieurs pendant l’année 1865. 28 janvier 1865. Archives départementales du Var, Draguignan : 4 V 4.

  • [Décret du Ministère de la Justice et des Cultes portant la chapelle Notre-Dame en chapelle de secours.] 21 décembre 1865. Archives départementales du Var, Draguignan : 4 V 4.

  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1627-1638. 1632. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1 G 1334.

    Paroisse de La Roquebrussanne, f° 62-67 et 28-29, 1632.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1656-1657. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1 G 1338.

    Paroisse de La Roquebrussanne, f° 281-292, 1657.
  • Procès-verbaux des visites pastorales, évêché d'Aix-en-Provence, 1681-1682. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1 G 1342.

    Paroisse de La Roquebrussanne, f° 76-78, 1681.
  • La Roquebrussanne - Projet de M. Borme d'un autel extérieur à Notre-Dame d'Inspiration. 1856-1857. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : FR AEC 83 / 2F017. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/20151#?c=&m=&s=&cv=>. Date de consultation : 2025.

  • La Roquebrussanne - Opposition à la construction d'un autel extérieur à Notre-Dame de l'Inspiration. 3 juillet 1857. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : FR AEC 83 / 2F017. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/20105#?c=&m=&s=&cv=>. Date de consultation : 2025.

  • La Roquebrussanne - Notes sur Notre-Dame d'Inspiration. Janvier 1882. Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : FR AEC 83 / 2F017. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/20052#?c=&m=&s=&cv=>. Date de consultation : 2025.

  • Dossier de pré-inventaire bénévole, chapelle Notre-Dame d’Inspiration, La Roquebrussanne. Janvier 1976. Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Direction de la Culture, Service Inventaire et Patrimoine, Marseille.

    Mention de la restauration de l'édifice en 1601, de la mise en place d'un nouveau maître-autel en 1664 et des restaurations des années 1970.
  • Dossier de pré-inventaire bénévole, oratoires, La Roquebrussanne. Janvier 1976. Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Direction de la Culture, Service Inventaire et Patrimoine, Marseille.

Bibliographie

  • Association La Roquebrussanne Se Raconte. La Roquebrussanne d’hier à aujourd’hui. Brignoles : Imprimerie Nesson, 2020.

    p. 117, changement d'appellation de l'église en 1448, dégradation de l'édifice en 1944, restauration dans les années 1960.
  • B. J. Une restauration réussie : L’ermitage de Notre-Dame. La Roquebrussanne. Dans : Var Matin, 29 avril 1982. Archives de la Société des Amis du Vieux Toulon : dossier La Roquebrussanne.

  • BUS, François Francis. Histoire de la Roquebrussanne et des Roquiers en leurs temps. Nice : Ets Ciais Imprimeurs-Créateurs, 2011.

    p. 57, reconsidération du statut de l'édifice en 1380 ; p. 61, mention de la visite pastorale de1340 ; p. 67, mention de l'ordonnance diocésaine de 1418 ; p. 151, rachat de l'édifice par la commune en 1802.
  • MILLOU, M. Un Pèlerinage à Notre-Dame de La Roquebrussanne. Brignoles : Imprimerie A. Vian, 1867.

    p. 102-104, mention des oratoires sur le chemin vers la chapelle Notre-Dame d'Inspiration ; p. 110, aménagement de l'amphithéâtre de l'esplanade de la chapelle entre 1848 et 1864.
  • Chronique religieuse : La Roquebrussanne. Dans : Semaine religieuse du diocèse de Fréjus et Toulon, 27 août 1932, 66e année, n° 35, p. 526-528. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/13664#?c=&m=&s=&cv=>. Date de consultation : 2025.

  • Dans le diocèse : La Roquebrussanne. Dans : Semaine religieuse du diocèse de Fréjus et Toulon, 6 mai 1933, 67e année, n° 18, p. 271-272. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/13803#?c=&m=&s=&cv=>. Date de consultation : 2025.

Documents figurés

  • Carte de France dite Carte de Cassini. / Dessin à l'encre, carte géographique en 182 feuilles au 1/86 400e par César-François Cassini de Thury, commencé en 1756, terminée en 1815 par Jean-Dominique Cassini. Bibliothèque nationale de France, Paris.

    Feuille 154 - Lorgues.
  • Plan cadastral de la commune de La Roquebrussanne. 1830. / Dessin à l'encre sur papier par le géomètre de 1ère classe Henry, 1830. Archives départementales du Var, Draguignan : 3 PP 108 01 à 3 PP 108 20.

    Section B4, n° de plan 07, parcelle 657.
  • La Roquebrussanne – N.–D.  de la Nativité (XIIe siècle) – Entrée de la chapelle. / Carte postale noir et blanc, [premier quart du 20e siècle.] Archives départementales du Var, Draguignan : 2 FI LA ROQUEBRUSSANNE 4.

  • 5. La Roquebrussanne (Var) – Notre-Dame d’Inspiration. / Carte postale noir et blanc, Editions Paul, [début du 20e siècle.] Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : FRAEC83_2IcLRqbrsn003. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/15047#?c=&m=&s=&cv=&xywh=-171%2C0%2C1430%2C693>. Date de consultation : 2025.

  • Procession N. D. de l’Inspiration La Roquebrussanne. / Carte postale noir et blanc, Editions Alf. Mourgues, [début du 20e siècle.] Archives diocésaines de Fréjus-Toulon, Solliès-Ville : FRAEC83_2IcLRqbrsn002. Disponible en ligne : <https://fraec83-num.fr/s/public/item/14955#?c=&m=&s=&cv=&xywh=-181%2C-1%2C1421%2C689>. Date de consultation : 2025.

Annexes

  • Pratiques cultuelles associées à la paroisse de La Roquebrussanne
Date(s) d'enquête : 2025; Date(s) de rédaction : 2025
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Provence Verte Verdon
Cérède Agathe
Cérède Agathe

Chargée de mission Inventaire et médiation du patrimoine pour la Provence Verte Verdon.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.