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  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Argentière-la-Bessée (L')
  • Commune Les Vigneaux
  • Cadastre 1938 B1 180
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Laurent

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

L'église s'élève à la bordure orientale du village, sur la rive sud de la rue principale. Complètement isolée, elle est bordée par l'ancien cimetière au sud, où se trouve le porche d'entrée.

Matériaux

Le gros-œuvre, visible çà et là, est un blocage irrégulier de moellon et de cailloux roulés de toutes sortes recouvert à l'extérieur d'un enduit rustique.

Vue partielle prise du sud-ouest.Vue partielle prise du sud-ouest. Vue partielle de la façade sud, de face.Vue partielle de la façade sud, de face.

- Les chaînes d'angles, les arcatures, les piles, les ogives de l'église, la voûte du porche et les fenêtres du clocher sont appareillées en tuf.

- Les chaînes d'angles du chœur et du clocher sont appareillées, en assises plus minces (10 à 20 cm) de calcaire.

- Le portail est appareillé en marbre rose de Guillestre.

- Les colonnes du porche et les chapiteaux et culots de l'intérieur sont taillés dans du marbre gris.

- Les pierres (tuf) d'encadrement des fenêtres du chevet étaient disposées à pierre nue, c'est-à-dire affleurant l'enduit rustique ; comme à Saint-Apollinaire de l'Argentière, les joints sont soulignés d'un trait lisse de mortier qui ici a perdu (ou n'a jamais eu) sa couleur.

-Dans son ensemble, l'édifice apparaît moins soigné d'exécution, moins cohérent, à l'exception du portail.

Structure

L'édifice, orienté, ne semble pas homogène. On peut reconnaître cinq étapes de construction qui correspondent aux cinq parties suivantes : la nef, le clocher, le chœur, la sacristie, le porche.

- La nef, dont la largeur englobe le chœur et la sacristie, comprend quatre travées voûtées en berceau brisé ; quatre doubleaux reposent sur des culots, le doubleau central sur une pile à colonne engagée, tous ces éléments reliés par un cordon chanfreiné ; celui du côté sud est interrompu par deux fenêtres et l'emplacement de la tribune qui occupait la première travée. Le portail s'ouvre au sud sous le quatrième doubleau.

- La tour du clocher semble solidaire de la maçonnerie de la nef sur une hauteur qui correspond à la petite salle voûtée en berceau accessible de l'intérieur par une porte en plein-cintre ; au-dessus, ce sont les deux côtés du pignon ouest de la nef qui viennent butter sur les faces latérales du clocher.

- Le chœur voûté d'ogives retombant sur des culots est désaxé vers la droite de la nef ; l'arc triomphal qui retombe sur deux colonnes engagées est flanqué à sa gauche d'un arc brisé entièrement recouvert d'un enduit moderne correspondant à la largeur de la sacristie.

Un tirant de bois (scié) se trouve à l'intérieur du chœur, contre l'arc triomphal, aux deux-tiers de celui-ci. Il semble avoir été remplacé par un tirant en fer moderne placé dans le dernier doubleau de la nef.

- La sacristie, accessible par une porte en plein-cintre, est voûtée en berceau.

Le porche de l'église, le monument aux morts et l'ancien cimetière.Le porche de l'église, le monument aux morts et l'ancien cimetière.

- Le porche, de plan carré, a été accolé contre la façade sud de la nef, dans la moitié est. Sa voûte d'ogives repose sur deux culots et deux colonnes. Il semble qu'il a été édifié après le portail lui-même, le logement des deux culots étant, d'ailleurs très proprement, entaillé dans l'archivolte du portail. Mais on ne peut dire si ce dernier, qui ne fait pas corps (ne serait-ce que par son matériau) avec la nef, a été ajouté ou prévu à cet emplacement qui ne correspond à rien dans la structure de l'édifice : il est à cheval sur deux travées et sa position a imposé de repousser au maximum vers l'est la dernière fenêtre dont les assises ne correspondent pas à celles du pilastre de l'angle sud-est.

Élévations extérieures

- Façade antérieure sud

- La nef. Élévation en deux travées encadrées par des pilastres nus reliés par un couronnement d'arcatures en plein cintre dont un enduit lisse badigeonné de blanc recouvre le fond, surmontées par un cordon creusé d'un cavet en retour sur les pignons.

Les plinthes des pilastres ne sont pas reliées entre elles.

- Le portail et le porche occupent la majeure partie de la deuxième travée, interrompant d'une manière aléatoire les arcatures.

Le portail présente la composition des portails de l'ancien diocèse d'Embrun, avec un développement limité de la sculpture : fleurons à six pétales et cœurs sur les bandeaux de couronnement des colonnettes ; simple feuille sous les coussinets dont les extrémités des rouleaux s'ornent, comme à Saint-Apollinaire de l'Argentière, d'un fleuron. Le tympan portait une fresque dont ne subsistent que quelques traces.

Le porche a été ajouté au portail. Plus haut et doté d'arcs brisés, il se juxtapose assez mal au plein-cintre de l'archivolte entamée par les deux culots supportant la croisée d'ogives. Sur ces culots sont sculptés, à gauche, une tête d'ange, à droite, une tête de diable. Les ogives (en plein-cintre) sont creusés de deux cavets ; la clé s'orne d'une croix. A l'extérieur, des pilastres d'angle reposant sur les tailloirs des culots et des chapiteaux composites sont reliés par des bandes d'arcatures et un cordon creusé d'un cavet. Le fond des arcatures est badigeonné de blanc.

L'intervalle entre le portail et la voûte du porche est occupé par une fresque en assez bon état représentant l'Annonciation. Sur le formeret est peinte une inscription.

- Le chevet. La face sud est un simple mur sans couronnement percé d'une fenêtre centrale, ébrasée, en plein-cintre ; elle en remplace une autre, semblable mais plus petite, dont l'ébrasement portait un décor peint (rinceaux rouges sur fond jaune).

La moitié supérieure de ce mur porte une fresque représentant sur deux registres les Vices et leur châtiment.

- Chevet

- Pignon de la nef

Couronné de la bande d'arcatures suivant les rampants et dont le fond est badigeonné de blanc. Au retour sur les goutterots, le cordon mouluré contourne le logement (ici démesuré) de la sablière ; ce logement a été modifié et peut-être déplacé (et actuellement sans objet) sur l'angle sud-est, du fait de la présence de l'auvent protégeant les peintures.

- Pignon du chœur

Nu. La fenêtre, vaguement ébrasée et arrondie, est en mortier,peut-être repercée dans une fenêtre plus ancienne.

- Sacristie

Appentis. La fenêtre logée dans un ébrasement de mortier a un chambranle de pierre assemblé comme un chambranle de bois. La traverse du bas porte la date 1653. Au-dessous, remploi d'une pierre en demi-cercle portant le monogramme IHS dans un cercle.

- Façade nord

- Sacristie

Mur aveugle.

- Nef

Mur aveugle couronné de la bande d'arcatures sans pilastres d'angles.

- Pignon ouest de la nef

- Côté nord

Partie inférieure faisant corps avec le clocher.

Partie supérieure collée contre celui-ci et percée d'une niche (ou baie murée) en arc brisé. Retour de la bande d'arcature rampante.

- Côté sud

Pilastre d'angle, logement de la sablière et arcatures rampantes. La quasi totalité de l'élévation est collée contre le clocher.

- Clocher

La tour comprend, au-dessus de la plinthe chanfreinée, un très haut niveau percé, à des hauteurs différentes, au nord et au sud d'un jour vertical étroit, puis trois autres niveaux séparés par des cordons chanfreinés : le deuxième percé de jours verticaux et du cadran de l'horloge au sud ; le troisième, de fenêtres géminées avec double colonnette carrée ; le quatrième, de fenêtres triples.

Vue d'ensemble prise du nord-est.Vue d'ensemble prise du nord-est. Le porche et le chevet, vus du sud-est.Le porche et le chevet, vus du sud-est.

Deux cadrans solaires effacés sont placés au sud et au nord du premier niveau ; trous de boulins par paires sur chaque face. Flèche octogonale percée de fenêtres et cantonnée de gâbles pyramidaux aux angles de la tour. Croix en fer sur une boule de cuivre.

Une croix de consécration est peinte en blanc sur la face sud au premier niveau.

Comble et couverture

Comble non visité, accessible par une lucarne au sud. Bardeaux.

Distribution intérieure

Les deux éléments principaux de l'ornementation de l'église sont le décor sculpté et le décor peint.

- Le décor sculpté se limite aux supports de la nef et du chœur.

Dans la nef, têtes sur les deux culots du premier doubleau et sur les chapiteaux des deux piles centrales ; feuillage et tête d'ange sur les culots du quatrième doubleau, rien pour le dernier. Les deux culots du deuxième doubleau, plus bas que les autres, représentant au sud une tête d'ange, au nord un motif végétal, paraissent plus récents : mouluration classique à droite, motif d'écoinçon du XVIe ou XVIIe siècle à gauche.

Dans le chœur, les chapiteaux de l'arc triomphal sont ornés de crosses ; les culots de têtes au sud-ouest et nord-est et d'un motif végétal au nord-ouest et sud-est. Les ogives sont profilées d'un triple tore ; la clé figure une main bénissant sur le chrisme.

- Le décor peint de la nef se compose essentiellement d'un faux appareil beige à traits noirs sur les murs, moucheté de beige à traits blancs sur la voûte, d'une alternance de faux claveaux de marbre gris veiné et moucheté sur les doubleaux.

Une couche de couleur ocre jaune à traits noirs apparaît au-dessous sur certains doubleaux, ainsi que de vagues motifs ocre rouge et une fausse niche bleue du côté nord de la troisième travée. L'ensemble des murs est badigeonné en beige.

L'arc triomphal, qui a été décapé mais qui conserve quelques traces de joints rubanés blancs sur un fond gris, est entouré d'une bande peinte polychrome du XVe ou XVIe siècle.

Dans le chœur, la partie haute du mur nord et les quatre voûtains sont recouverts d'une fresque restaurée représentant : au nord le couronnement de la Vierge (registre supérieur) et six apôtres ; sur la voûte, le Pantocrator et les symboles des évangélistes.

Vue d'ensemble du choeur.Vue d'ensemble du choeur. Clé de voûte du choeur. Main de Dieu.Clé de voûte du choeur. Main de Dieu.

- Vitraux du XIXe siècle :

- Annonciation, l'oculus de la nef.

- Saint Laurent, fenêtre axiale du chœur. Signé J.-A. BESSAC, Grenoble.

- Monogramme IHS, fenêtre latérale du chœur.

- Sacré-Cœur de Marie, dernière fenêtre sud de la nef.

- Voile de Véronique et instruments de la Passion, fenêtre basse de la nef.

ANNEXES

- Marques et inscriptions :

- Porche. Formeret nord, titulus peint sur enduit : A. G. 48

- Porche. Fresque au-dessus du portail. Titulus au milieu des rinceaux du côté gauche : 1552

- Sacristie. Fenêtre est. Appui : 1653

Deux éléments en remploi sous la fenêtre de la sacristie : date de 1653 ; I.H.S.Deux éléments en remploi sous la fenêtre de la sacristie : date de 1653 ; I.H.S.

- Sacristie. Fenêtre est. Remploi : I H S

- Chœur. Vitrail axial : J.A. BESSAC GRENOBLE / ST LAURENT

- Charpente des cloches. Enfoncé en plusieurs endroits : G. B . ( répété)

- Mouton de la cloche nord-ouest, enfoncé : G. B. (répété).

Dès la fin du 12e siècle, les Augustins d'Oulx possèdent les églises Beate Marie de Vinealibus et Sancti Laurenti, et ce jusqu'à la fin du 14e siècle. On ne sait pas quand l'église a été érigée en paroisse, mais on est certain qu'elle l'était déjà en 1412. Le clocher paraît avoir été bâti vers 1300 ; il est de même structure que d'autres clochers de la région. Des travaux ont eu lieu en 1552, peintures du porche, et en 1653, ajout de la sacristie (date sur l'appui de la fenêtre est).

Edifice orienté comprenant une nef unique voûtée en berceau brisé sur doubleaux, un choeur de plan presque carré voûté d'ogives, décalé vers le sud, et une sacristie ajoutée, voûtée en berceau plein-cintre, attenante au choeur. La voûte de la nef comprend quatre travées dont les doubleaux reposent sur des culots sauf celui du centre qui repose sur des colonnes engagées. Deux fenêtres éclairent la nef au sud dont le décor peint se limite à un faux appareil cerné de noir sur les murs, moucheté et cerné de blanc sur la voûte. L'arc triomphal repose sur deux colonnes dont les chapiteaux sont à crosses. L'entrée se fait par un porche accolé au côté sud, voûté d'ogives retombant sur deux colonnes. Il est probablement ajouté au-devant du portail à archivolte, conforme aux portails des églises du diocèse d'Embrun. Sur la hauteur de son rez-de-chaussée, le clocher est intégré à l'élévation ouest disposée en biais par rapport à la nef. Au-dessus, les deux parties de l'élévation de la nef viennent buter sur ses faces nord et sud. Il se compose d'une tour carrée dont les niveaux sont séparés par des cordons chanfreinés. Une fenêtre jumelée est percée sur chaque face de l'avant-dernier niveau, un triplet au-dessus. Une flèche octogonale couronne le tout. Les goutterots et les pignons sont couronnnés d'arcatures en série. Les chaînes d'angle, les arcatures, les piles, les ogives, la voûte du porche sont appareillées en tuf, les chaînes d'angle du choeur et du clocher en calcaire, le portail en marbre rose.

  • Murs
    • pierre
    • tuf
    • calcaire
    • marbre
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    bardeau
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte en berceau brisé
    • voûte d'ogives
    • voûte en berceau
  • Couvertures
    • flèche en maçonnerie
    • toit à longs pans
    • pignon couvert
  • Typologies
    chevet plat ; tour-clocher ; porche
  • Techniques
    • sculpture
    • peinture
  • Représentations
    • tête
    • feuillage
    • tête
    • ange
    • crosse
  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1913/09/04

Les peintures murales qui ornent le mur nord et la voûte du choeur ainsi que l'espace situé entre l'archivolte et la voûte du porche sont étudiées dans la base Palissy.

  • GIORDANENGO, Gérard. La reconstruction des églises paroissiales dans le diocèse d'Embrun (XVe siècle - milieu du XVIe siècle). Dans : Congrès archéologique de France, Dauphiné, 1972. Paris : Société française d'archéologie, 1974, p. 162-181.

    P. 162-181.

Bibliographie

  • DARTEVELLE, Guylaine. Églises médiévales des Hautes-Alpes. Taulignan : Plein Cintre éditions, 1990. 119 p.

    P. 110.
  • NOEL, Bernard. Dictionnaire des églises de France. tome II, Centre et Sud-Est, Paris : Robert Laffont, 1966.

  • SENTIS, Gabrielle. L'art du Briançonnais I : la peinture au XVe siècle. Grenoble, 1970. 157 p.

    P. 78.
  • DESVIGNES-MALLET Chantal, ENAUD, François, PARAVY, Pierrette et al. Peintures murales des Hautes-Alpes XVe-XVIe siècles. Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des Monuments et Richesses artistiques de la France ; Briançon : Société d'Etudes des Hautes-Alpes ; Aix-en-Provence : Culture et Patrimoine en Provence, Edisud, 1987. Cahiers de l'Inventaire ; 7.

  • PLAYOUST, Pierre-Yves. L'art religieux dans le Briançonnais. Briançon : Office du tourisme et du climatisme, [s.d.].

  • MERLE, Roger. Images du Briançonnais 1750-1950. Vol. 1 : les sites ; vol. 2 : les hommes. Aix-en-Provence : Edisud, 1991. 2 x 139 p.

    Vol. 1 : p. 100.
  • ALBERT, Antoine. Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun. Embrun : Pierre-François Moyse, 1783 [1786], 2 tomes, VI-501 p. Edition 1959.

  • ROMAN, Joseph. Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie nationale, 1884. 200 p.

  • SENTIS, Gabrielle. Serre Chevalier ou la vallée de la Guisane : La Salle, Villeneuve, Le Bez, Chantemerle et Saint-Chaffrey. Gap : Imprimerie Louis-Jean, 1972, 87 p.

  • GUILLAUME, Paul (abbé). Notes sur les anciennes églises du diocèse d'Embrun (Hautes-Alpes). Dans : Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes, Gap, 1884.

Date d'enquête 1983 ; Dernière mise à jour en 1998
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