Docteure en histoire de l'art (université Marc Bloch de Strasbourg), spécialiste de la peinture murale, directrice de l'Agence Picturales. Chargée de l'étude des peintures monumentales du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2024.
- enquête thématique régionale, Patrimoine religieux de Serre-Ponçon Guillestrois-Queyras
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Photographe Inventaire général.
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes de Serre-Ponçon - Embrun
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Commune
Embrun
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Adresse
rue de l' Archevêché
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Emplacement dans l'édifice
choeur ;
absidiole sud ;
2e pilier nord de la nef ;
chapelle Sainte-Anne ;
sacristie ;
tympan du portail ouest
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Dénominationspeinture monumentale
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Parties constituantes étudiées
I- Historique
La plus ancienne peinture mentionnée est celle qui ornait le porche du portail nord (référence documentaire : IA05001717). Avec le tétramorphe sculpté sur le tympan, elle participait à un cycle christique. Cette peinture aurait eu des pouvoirs miraculeux qui générèrent un pèlerinage au début du 14e siècle. Elle fut détruite par les troupes du duc de Lesdiguières en 1585. L’impact fut tel que la célèbre image de l’Epiphanie fut copiée sur d’autres portails d’églises du diocèse comme en témoigne, à Vallouise, la peinture exécutée à la limite des 15e et 16e siècles (référence documentaire : IM05003965). Après leur destruction par les troupes de Lesdiguières, la peinture du Réal a été remplacée (peut-être au 17e siècle) par un panneau de bois représentant une Adoration des Mage qui fut installé sur le tympan du portail nord. Il couvrait le tétramorphe sculpté au 13e siècle et fut retiré lors de la première grande restauration de l'édifice dans la seconde moitié du 19e siècle.
A l'exception du Réal, nous ne connaissons rien du premier décor peint exécuté dans la cathédrale. En revanche, plusieurs ensembles furent exécutés entre le 15e et le 18e siècle. Aucune de ces peintures ne peut aujourd'hui être attribuée à un artiste en particulier. Pourtant, les archives livrent des noms de peintres habitant Embrun ou travaillant à la cathédrale. Ainsi Pierre Horelli, peintre d’Embrun, est cité dans un acte daté de 1394 (A.D. 05, G 193)1. En 1454, à l'époque où le pilier du bas-côté nord est peint, maître Jean de Marcosio, peintre des Crottes, est rémunéré onze florins par le recteur de la chapellenie de Saint-Laurent (A.D. 05, G 194). Puis, le 6 février 1503, maître Claude, peintre, reçoit un florin pour réparer les verrières de l'église (A.D. 05, G 278), au moment où le tympan du portail occidental reçoit l’Annonciation. Enfin au milieu du 17e siècle, en 1664, « le sr du Pô, peintre refit les armes du vénérable chapitre qui sont au cœur, de la grand’église » (A.D. 05, G 475) mais rien ne permet de lui attribuer directement les peintures de la chapelle Sainte-Anne ou de la sacristie.
Au 17e siècle, le chapitre cathédral autorise l'archevêque Guillaume d'Hugues (1612-1648) à transformer le décor du chœur. Grand rénovateur du décor de la cathédrale après les destructions opérées par des troupes protestantes, il est peut-être à l’origine du décor de la chapelle Saint-Anne pour laquelle il commande du mobilier. En revanche, le Christ en croix de la sacristie, également exécuté au 17e siècle, ne porte aucune marque permettant de rattacher sa création à ce commanditaire. Néanmoins, la peinture est une copie d’une œuvre de Pierre Paul Rubens que l’archevêque semble avoir apprécié tout particulièrement puisqu’en 1638, il offrit à l’église de Guillestre, un tableau de l’Assomption de la Vierge inspiré d'un modèle gravé du peintre (référence documentaire : IM05002225).
Au 18e siècle, les peintures de l’abside méridionale témoignent de la volonté de renouvellement de l’ensemble peint mis en place par Guillaume IX d’Hugues un siècle plus tôt.
Les fragments (décors héraldiques) qui apparaissent à divers endroits comme la tribune de la chapelle Sainte-Anne indiquent que la cathédrale était plus largement ornée qu'aujourd'hui.
II- Localisation
Comme de nombreuses églises alpines, Notre-Dame-du-Réal possède des décors peints intérieurs et extérieurs.
A l'extérieur, les peintures du Réal ont disparu depuis longtemps, mais le tympan du portail occidental, entrée secondaire de l'édifice est orné d'une Annonciation. A l'intérieur, dans la nef, seul le pilier de la Flagellation (3e pilier nord) a conservé son décor. Le chœur en revanche est entièrement peint et l'or y a été employé à profusion. Dans l'abside, c'est un décor essentiellement ornemental tandis que sur l'arc triomphal qui la surmonte, une iconographie mariale était là encore mise à l'honneur, reflétant avec faste la titulature de l'église-mère du diocèse. L'absidiole nord a perdu son décor masque par des boiseries, celle du sud a, elle, conservé une partie de son ornementation, en particulier au niveau de son abside.
Si l'intérieur de la cathédrale, proprement dite, conserve encore des décors peints, ceux-ci sont relativement fragmentaire. En revanche, dans les parties annexes, la chapelle Sainte-Anne et la sacristie, ils sont encore très bien conservés. Ainsi, dans la chapelle Sainte-Anne, des fragments héraldiques sont encore visibles au niveau de la tribune et le chœur est orné d'un décor ornemental. La sacristie est quant à elle entièrement peinte.
La Crucifixion dans la sacristie.
Scène de procession dans la chapelle Sainte-Anne.
III- Les thèmes iconographiques
Outre les décors ornementaux, l'iconographie mariale et christique est majoritaire. A l'extérieur, le portail du Réal était dédié au Christ avec une scène de son enfance, l'Adoration des Mages, peinte sur le porche et un tétramorphe. D'autres peintures réalisées sur le porche devaient compléter l'ensemble. Le portail occidental est, quant à lui, dédié à la Vierge avec la scène de l’Annonciation qui célèbre le thème de l’Incarnation.
A l'intérieur, le chœur est, à partir du 17e siècle2, consacré à la Vierge avec la mise en place d'un grand décor marial sur l'arc triomphal, tandis qu'à la même époque, la Crucifixion de la sacristie s'accorde avec la fonction de cette pièce qui conserve les objets du culte.
Les peintures actuellement conservées dans la cathédrale ont été réalisées entre le 15e et le 18e siècle. La scène de la Flagellation date du milieu du 15e siècle, l'Annonciation du portail ouest du début du 16e siècle, le décor du chœur, celui de la chapelle sainte Anne, et le Christ en croix de la sacristie, du premier quart du 17e siècle, le décor de l'absidiole, du début du 18e siècle.
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Période(s)
- Principale : milieu 15e siècle
- Principale : 1er quart 16e siècle
- Principale : 1ère moitié 17e siècle
- Principale : 1ère moitié 18e siècle
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
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Protectionsclassé au titre immeuble, 1840
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Précisions sur la protection
Eglise Notre-Dame (ancienne cathédrale) : classement par liste de 1840
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Référence MH
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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Documents d'archives
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Acte de donation mentionnant le peintre Pierre Horelli, 1394. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 193.
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Paiement du peintre Jean de Marcosio par le recteur de la chapellenie de Saint-Laurent, 1454. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 194.
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Rémunération de maître Claude, peintre pour avoir travailler aux verrières de l'église, 1503. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 278.
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Paiement du sieur du Pô pour avoir repeint les armes du chapitre dans le chœur, 1664. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 475.
Bibliographie
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HANNE, Olivier. La cathédrale, lieu de représentation de l’autorité et enjeu de pouvoirs: les cas de Gap et d’Embrun entre le XIe et le XVe siècle. Dans : Provence Historique, 2015, t. 75 (257), p.129-145. Publication en ligne : <https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01425746>, le 25 mai 2024.
Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.
Docteure en histoire de l'art (université Marc Bloch de Strasbourg), spécialiste de la peinture murale, directrice de l'Agence Picturales. Chargée de l'étude des peintures monumentales du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2024.
Cathédrale Notre-Dame dite Notre-Dame-du-Réal puis église paroissiale
Adresse : rue de l' Archevêché
Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.