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village d'Antonaves

Dossier IA05001499 réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Aux origines du village d'Antonaves

La mémoire orale précise qu'une tombe sous tegulae a été mise à jour lors de travaux de construction, tout à fait en haut du village, indiquant une occupation du site dès l'antiquité ou l'antiquité tardive.

Le prieuré d'Antonaves a été « fondé dès le Xe siècle par l'abbaye de Montmajour », et à cette même époque est implanté le « castrum Antonavi » (M.-P. Estienne, 2008). En décembre 963, Conrad, roi de Bourgogne et de Provence, confirme que Montmajour possède la celle d'Antonaves, ce qui sera à nouveau précisé en décembre 965 : « cellam Antunnavam ». Une église Sainte-Marie d'Antonaves (« ecclesiam Sancte Marie de Antonavis ») est mentionnée en avril 1152 (abbé Fillet, 1886). On notera d'ailleurs qu'un sceau aux armes de Montmajour a été trouvé à proximité de l'église (J. Chevallier, communication personnelle, 2018).

Sur l'échine située dominant le haut du village, on observe dans le bois de pins ce qui semble être un front de taille de plusieurs mètres de long, qui a décaissé la brèche calcaire en place ; il pourrait s'agir d'une carrière ou d'une assise pour un bâtiment aujourd'hui disparu (château ?). Mais peu de traces de l'agglomération médiévale sont visibles dans le village actuel.

Vue d'ensemble prise du sud-est.Vue d'ensemble prise du sud-est. Front de taille au-dessus du village.Front de taille au-dessus du village.

Seule l'organisation viaire des rues montre l'ancienneté de l'urbanisme. En effet, la rue de la Calade forme une rampe dont l'orientation s'inverse au milieu du village. La partie basse de cette rue permettait d’accéder jusqu'à l'enceinte villageoise fortifiée, dont la porte se reconnaît aisément. Celle-ci correspond à l'actuel passage couvert, lequel est flanqué à l'est d'un contrefort très taluté qui pourrait être le reste d'un ouvrage défensif. L'orientation de la rue de la Calade s'inverse sitôt franchi ce passage couvert. Toujours sous forme de rampe, elle formait ici la rue principale du bourg médiéval. D'ailleurs, c'est juste au niveau de ce passage couvert, et dans son renfoncement nord-est, qu'une photographie publiée par P. Mélet en 1965 montre un encadrement de porte à claveaux extradossés qui pourrait dater du 12e ou du 13e siècle. Malheureusement, la partie supérieure de cette porte est aujourd'hui totalement masquée par le doublage du plafond de ce passage.

Rue de la Calade, passage couvert.Rue de la Calade, passage couvert. Rue actuellement appelée Androne du Berger.Rue actuellement appelée Androne du Berger.

Le village d'Antonaves à l'époque Moderne

La seule maison portant une date du XVIIe siècle (1640) a été observée dans la partie centrale du village (parcelle 1824 A 155, 1984 A2 454). Elle possède d'ailleurs un encadrement de porte dont un des piédroits est commun avec la chaîne d'angle du bâtiment, disposition caractéristique de cette époque que l'on retrouve en nombre au bourg de Ribiers. En revanche, les trois-quart des maisons repérées dans le village montrent des éléments du siècle suivant, principalement des encadrements en arc segmentaires. C'est notamment le cas de la grande demeure appelée « le Château » située entre l'actuelle mairie et l'église.

D'ailleurs, la première moitié du XVIIIe siècle semble être un âge de prospérité pour Antonaves, puisque c'est à ce moment qu'est atteint le maximum démographique absolu, avec 335 habitants. Après une chute d'un tiers de la population à la veille de Révolution (230 habitants, dont 40 % d'enfants), ce chiffre ne sera pas dépassé ensuite même en 1820 année du maximum démographique du XIXe siècle (P. Mélet, 1965).

Le cadastre de 1775 et la fin du XVIIIe siècle

Le cadastre royal rénové dressé en 1775 apporte de nombreuses précisions sur l'organisation du village à cette époque (planche 1). Sur le plan, le bâti est organisé en îlots de bâtiments mitoyens et généralement non traversants. Seules deux parcelles regroupent en un lot unique maison, dépendances agricoles et aire. Le village compte alors une soixantaine de maisons, certaines accompagnées d'une cour ou de « regalles ». Ce terme qui peut être rapproché de relagues ou patec ailleurs, correspond à un espace libre qui borde une maison ou un bâtiment. Une seule boutique est mentionnée, appartenant à Antoine Drac et bordée de « regalles ». On dénombre également une bonne trentaine de bâtiments agricoles, indiqués comme granges, écuries ou « chazals » ; ces fonctions pouvant être associées, notamment les deux premières. Le plan du village inclut aussi une vingtaine d'aires à battre et une dizaine de jardins.

Le village en 1775. Colorisation selon la nature des parcelles d’après l’extrait du plan terrier n°1 : rouge = maison, orange = bâtiment agricole, marron = "chazal", jaune = aire, gris = "cloaque" ou "régalles", vert = jardin, # = multipropriété.Le village en 1775. Colorisation selon la nature des parcelles d’après l’extrait du plan terrier n°1 : rouge = maison, orange = bâtiment agricole, marron = "chazal", jaune = aire, gris = "cloaque" ou "régalles", vert = jardin, # = multipropriété.

L'ensemble de ce parcellaire est possédé par 54 propriétaires, auxquels il faut ajouter la communauté et le noble M. de Pontaujard. On remarque que près de la moitié des propriétaires possèdent deux ou trois parcelles, ce qui correspond à un schéma classique dans les agglomérations de haute Provence où la maison est l'unité de base, utilement complétée par une dépendance agricole disjointe et éventuellement une aire à battre et/ou un jardin proche.

Proportion des propriétés villageoises selon le nombre de parcelles possédées

1 parcelle

26 %

2 parcelles

33 %

3 parcelles

13 %

4 parcelles

20 %

5 ou 6 parcelles

8 %

Propriétés villageoises à Antonaves, selon le cadastre de 1775 (planche 1).

Proportion de la présence d'une aire à battre selon le nombre de parcelles possédées

1 parcelle

0 %

2 parcelles

63 %

3 parcelles

72 %

4 parcelles

91 %

5 ou 6 parcelles

100 %

Aires à battre dans les propriétés villageoises d'Antonaves, selon le cadastre de 1775 (planche 1).

Seul M. de Pontaujard totalise une dizaine de propriétés villageoises dont la principale est une grande bâtisse accompagnée de cours, de « regalles », d'un grand « partere » et de trois grands jardins proches (parcelles 1 et 2 = grand bâtiment entre la mairie actuelle et l'église). A l'entrée orientale du village, il possède une maison, une « grange et écurie » et un « cloique » destiné à la fabrication du fumier, ainsi que plusieurs terres labourables en périphérie immédiate de l’agglomération.

Le notaire Abel possède une maison, une « écurie » et une « grange et cours » au centre du village, une aire à battre située tout en haut du village, et une terre labourable proche.

De son côté, la communauté d'Antonaves possède l'église, confrontée au nord par un jardin (cimetière ?) et à l'ouest par une place. Elle détient aussi la « maison curiale » (presbytère), une « maison de ville » et encore une place dans la partie orientale du village. Sur le plan du village, une fontaine est dessinée à son emplacement actuel. On relève également l'existence d'un « grenier et four du seigneur » (parcelle 30), situé au pied du village.

Propriétés de M. de Pontaujard en 1775 d'après l'extrait du plan terrier n°1.Propriétés de M. de Pontaujard en 1775 d'après l'extrait du plan terrier n°1. Propriétés du notaire Abel en 1775 d'après l'extrait du plan terrier n°1.Propriétés du notaire Abel en 1775 d'après l'extrait du plan terrier n°1. Propriétés de la communauté d'Antonaves en 1775 d'après l'extrait du plan terrier n°1.Propriétés de la communauté d'Antonaves en 1775 d'après l'extrait du plan terrier n°1.

La multi-propriété (indivision ou séparation) est assez répandue puisqu'elle concerne à peu près un quart des bâtiments et un tiers des aires, mais elle n’excède presque jamais deux propriétaires.

Proportion de la multi-propriété selon le nombre de parcelles possédées

1 parcelle

0 %

2 parcelles

28 %

3 parcelles

28 %

4 parcelles

18 %

5 ou 6 parcelles

75 %

Multi-propriété villageoise à Antonaves, selon le cadastre de 1775 (planche 1).

La plupart des jardins – situés à l'est et au sud de l'église – sont contenus sur la planche 2 du cadastre de 1775. Ils appartiennent à une vingtaine de propriétaires, qui possèdent tous une propriété sur le plan du village ; un seul jardin est partagé en copropriété. Ce quartier comprend aussi deux aires à battre privées, mitoyennes de la chapelle Saint-Eutrope qui est une possession de la communauté avec ses « regalles ». Les terrains situés au pied oriental de ce quartier sont nommés « terre du seigneur ».

Jardins en contrebas de l'église.Jardins en contrebas de l'église. Bassin d'arrosage en contrebas de l'église.Bassin d'arrosage en contrebas de l'église.

Le 2 octobre 1778, Jacques Abel, négociant à Marseille, acheta de demoiselle Marie-Victoire de Durand de Blacon de Pontaujard, résidant à Serres, héritière de M. Paul-François de Durand de Pontaujard, seigneur de Blacon et autres places, tous les biens qu'elle possédait à Antonaves, Chateaugiraud et Pomet, au prix de 7 000 livres (AD05, B 109). Et en effet, sur le cadastre de 1824, une partie des biens anciennement possédés par M. de Pontaujard, notamment la ferme dite « le château », est possédée par le notaire Abel dit Lacombe.

En 1789, la réponse au questionnaire de la commission intermédiaire des Etats du Dauphiné indique que « les maisons se bâtissent en pierres, chaux et sable ; elles sont couvertes de tuiles, qu'il faut importer de Ribiers ou Saléon (…) il n'y a nul couvert en paille, encore moins en ardoises, ni de petites lauses, n'y ayant aucune carrière dans les environs » (P. Guillaume, 1908).

Le cadastre de 1827

La comparaison entre les données de 1775 et celles de 1824 montre plusieurs autres changements. La commune possède toujours l'église, le cimetière, le presbytère, une maison commune, la chapelle Saint-Eutrope et le four à pain et son grenier. Elle a en revanche construit un second four à pain, situé plus haut dans le village. Quelques jardins indiqués en 1775 sont mentionnés comme terres labourables, et on relève également plusieurs parcelles anciennement désignées comme aires à battre désormais classées comme pâtures ou terres labourables.

Extrait du cadastre de 1827 surchargé selon la nature des parcelles. Rouge = maison, orange = bâtiment agricole, marron = "chazal", jaune = aire, gris = cour, vert clair = jardin, vert foncé = pâture, beige = labour, # = multipropriété.Extrait du cadastre de 1827 surchargé selon la nature des parcelles. Rouge = maison, orange = bâtiment agricole, marron = "chazal", jaune = aire, gris = cour, vert clair = jardin, vert foncé = pâture, beige = labour, # = multipropriété. Extrait du cadastre de 1827 surchargé selon selon la toponymie cadastrale.Extrait du cadastre de 1827 surchargé selon selon la toponymie cadastrale.

Entre 1775 et 1824, la situation foncière du village a un peu évolué. Le nombre de propriétaires est en légère augmentation, puisque les documents cadastraux de 1824 comptent 59 propriétaires, en plus de la commune d'Antonaves. Toutefois, sur ce cadastre le nombre de parcelles est plus important ce qui est dû à un découpage fiscal plus fin du foncier. Un peu moins des deux-tiers des propriétaires possèdent entre une et trois parcelles. La multi-propriété (indivision ou séparation) est beaucoup moins fréquente qu'au XVIIIe siècle (14 % environ), et elle n’excède jamais deux propriétaires.

Propriétés de la commune d'Antonaves en 1827 d’après le plan cadastral, section A.Propriétés de la commune d'Antonaves en 1827 d’après le plan cadastral, section A. Propriétés du notaire Abel en 1827 d’après le plan cadastral, section A.Propriétés du notaire Abel en 1827 d’après le plan cadastral, section A.

Un quart des propriétaires détiennent une seule parcelle : une maison.

Seulement 7 % des propriétaires possèdent deux parcelles, dans la moitié des cas deux maisons, sinon des jardins ou des dépendances agricoles appartenant à des non-habitants du village.

Ils sont 29 % à détenir trois parcelles : une maison + une dépendance (écurie ou « mazure ») + un terrain (jardin, pâture, espace vacant) ou une aire. L'aire est présente dans plus de la moitié des cas, et un tiers d'entre elles sont détenues en multi-propriété.

Un peu moins d'un quart des propriétaires possèdent quatre ou cinq parcelles, ce dernier cas étant le plus fréquent, et parmi eux près des deux tiers possèdent une aire qui est partagée plus d'une fois sur trois. Ceux qui possèdent au moins un jardin sont encore plus nombreux. Les propriétaires détenant six ou sept parcelles ne sont que 15 %, dont un tiers possèdent deux maisons, presque tous un jardin, et tous au moins une aire qui est partagée dans moins d'un quart des cas. Enfin, un seul propriétaire détient huit parcelles : maison, écuries, jardins, aire à battre, etc.

Les données du cadastre de 1824 permettent également de caractériser les superficies des parcelles : maisons, écuries, aires à battre, jardins. Si l'on exclu du comptage l'ancienne demeure de M. de Pontaujard (qui mesure 1130 m² !), il y a alors 55 maisons dans le village. Leur surface moyenne au sol est d'environ 60 m², mais cette valeur masque de grandes disparités : la plus petite maison ne mesure que 14 m² et la plus grande 166 m². On dénombre 43 bâtiments agricoles indépendants, nommés « écuries » mais qui peuvent aussi contenir un fenil. Leur superficie au sol moyenne est d'environ 40 m² ; les deux plus petits ne dépassant pas 6 m², et le plus grand mesurant 106 m².

Répartition des parcelles bâties selon leur surface au sol

Inférieure ou égale à 20 m²

Entre 21 et 40 m2

Entre 41 et 60 m2

Entre 61 et 80 m2

Supérieure à 81 m2

Maisons

11 %

27 %

27 %

17 %

18 %

Bâtiments agricoles

17 %

50 %

20 %

9 %

4 %

Surfaces au sol des parcelles bâties, selon le cadastre de 1824 (section A).

31 jardins sont installés en périphérie immédiate du village. Les plus petits mesurent environ 45 m², et le plus grand dépasse 600 m² ; leur superficie moyenne est de 192 m².

Répartition des parcelles de jardins selon leur superficie

Inférieure ou égale à 100 m²

Entre 101 et 190 m2

Entre 191 et 290 m2

Supérieure à 291 m2

Jardins

23 %

50 %

10 %

17 %

Surface des parcelles de jardins, selon le cadastre de 1824 (section A).

On dénombre 25 aires de battages situées autour du village, notamment sur le replat qui le domine, et 17 % d'entre elles sont partagées entre deux propriétaires. La plus petite mesure 45 m² et la plus grande 640 m², et la superficie moyenne est d'environ 225 m². Mais cette dernière valeur est trompeuse car plus des deux-tiers des aires sont plus petites.

Répartition des aires à battre selon leur superficie

Inférieure ou égale à 110 m²

Entre 111 et 220 m2

Entre 221 et 330 m2

Supérieure à 331 m2

Aires à battre

4 %

64 %

20 %

12 %

Surface des aires à battre, selon le cadastre de 1824 (section A).

La seconde moitié du XIXe siècle et le XXe siècle

Si le début du 19e siècle voit la population du village croître, dès les années 1830 la déprise démographique se met progressivement en place. Ce phénomène se traduit par une moindre pression humaine dans le village, et elle permet manifestement à ceux qui restent de réorganiser leurs propriétés.

Extrait du plan cadastral de 2018, section 005A. Echelle d'origine 1/2500e. Colorisation selon la nature des bâtiments repérés. Extrait du plan cadastral de 2018, section 005A. Echelle d'origine 1/2500e. Colorisation selon la nature des bâtiments repérés.

Il a ainsi été relevé plusieurs modifications dans l'organisation foncière entre ce que montre le cadastre de 1824 et ce que montrent les bâtiments actuels. Il semble que dès la fin du 19e siècle, les propriétaires restants ont essayé de racheter les bâtiments mitoyens de leur maison d'habitation afin de les convertir en bâtiments agricoles. Ces changements ont amené une mutation dans l'organisation du village : alors qu’auparavant les maisons étaient souvent disjointes de leurs dépendances agricoles, la nouvelle organisation tend à les rapprocher, créant de ce fait des fermes villageoises. Toutefois cette analyse est limitée par les profonds travaux de restauration et réhabilitation qui ont affecté une très large part du bâti villageois dans les années 1960-1970, dénaturant et masquant fréquemment les partis pris architecturaux de l'époque.

Le « grenier d'abondance » signalé dans le cadastre de 1775 reste mentionné jusque vers la fin du Second Empire, et ses ressources ont été utilisées en 1839, 1858 et 1864 (P. Mélet, 1965).

C'est probablement au cours du deuxième quart du XXe siècle que l'actuelle rue menant de la fontaine au haut du village a été réaménagée. En effet, son tracé sur le plan de 1824 n'était pas le même qu'aujourd'hui, notamment dans la partie supérieure. A cette époque, des constructions et terrains privés occupaient son emplacement, et la rue était beaucoup plus étroite et passait plus à l'ouest.

Rue principale, appelée rue de la Fontaine.Rue principale, appelée rue de la Fontaine. Rue principale, mur de soutènement. Détail du parement.Rue principale, mur de soutènement. Détail du parement.

Malgré quelques tentatives de modernisation (adduction en eau potable décidée en 1937 et faite en 1942), la déprise humaine vide la commune de ses habitants. Lorsque la première ligne téléphonique est installée en 1933, l'école d'Antonaves réunit 29 élèves. Mais ils ne sont plus que sept en 1961-1962, et elle ferme ses portes en janvier 1962, au milieu de l'année scolaire.

Dans les années 1950, les maisons du village tombent en ruine les unes après les autres, et « tout au long de la Calade, là où au siècle dernier, s'entassaient, à étouffer, une dizaine d'habitations misérables, des murs s'écroulent ou des pierres s'abattent sur la chaussée ». A cette époque, l'agglomération reste toujours desservie par des voies de circulation qui sont plus muletières que réellement carrossable. « En 1959, Antonaves est une commune exsangue, à la dérive, empêtrée dans ses ruines avec ses murs de soutènement crevant de partout, habitée par une population qui n'y croit plus » (P. Mélet, 1965, 1983).

Le 31 janvier 1959, rue de la Calade, le « mur de soutènement de l'embranchement du chemin de l'église » s'effondre, atteignant une partie de la route départementale (P. Mélet, 1965). Cet événement et sa réparation marquent le début d'une campagne de travaux de consolidation des murs des rues et des chemins. C'est aussi à partir de cette époque que quelques maisons villageoises sont achetées et transformées en résidences secondaires

Les premiers travaux de déblaiement et de renforcement des rues du village sont effectués en août et septembre 1960, avec l'aide des volontaires de l'association suisse du Service Civil Volontaire International. A cette occasion, le mur de soutènement de la Calade est reconstruit, incluant la pose d'une pierre commémorative en marbre d'Orpierre, portant l'inscription : « Chantier de l'Amitié – août-septembre 1960 – Service Civil Volontaire International – Jeunesse et population d'Antonaves ». Ce chantier est ponctué le 20 août 1960 par une Fête de l'Amitié, avec un corso de tracteurs fleuris à travers la campagne, qui fait halte dans les hameaux et au passage sur la grande route (P. Mélet, 1965).

Rue de la Calade.Rue de la Calade. Rue de la Calade, mur de soutènement portant une pierre gravée rappelant le chantier du Service Civil Volontaire International en 1960.Rue de la Calade, mur de soutènement portant une pierre gravée rappelant le chantier du Service Civil Volontaire International en 1960.

La commune se dote d'armoiries en 1961 et, le 5 août de cette même année a lieu la pose de la première pierre des gîtes communaux conçus par l'architecte départemental Bériel, travaux qui seront terminés en 1962. Le 14 août 1961, la célébration du « millénaire d'Antonaves » est l'occasion de l'inauguration du renouveau du village par les édiles départementales, avec un ruban coupé sur le pont de la Méouge. Cette cérémonie a été retransmise à la télévision le 16 août (informations régionales). Des festivités et manifestations diverses ont lieu du 14 au 17 août. En 1963, la croix du cimetière est réparée (P. Mélet, 1965, 1983).

Armoiries de la commune d'Antonaves, sur l'ancienne maison de P. Mélet.Armoiries de la commune d'Antonaves, sur l'ancienne maison de P. Mélet.

Prolongeant la volonté de réaménagement du village, un plan d'urbanisme est établi en janvier 1964. Il est suivi de nombreux échanges, achats symboliques, etc. permettant à la commune d'améliorer la voirie et facilitant les possibilités de constructions pour les particuliers. En 1965 débutent les premiers travaux du lotissement communal de « la Brebis d'Argent », au quartier des Cheneviers, alors qu'un particulier, Jean Reynaud, fait construire un « hôtel de quatorze chambres » tout en haut du village, appelé la « Chèvre d'Or ». D'autres bâtiments sont ajoutés aux gîtes communaux du quartier des Cheneviers en 1971 et en 1973, mais les tranches prévues pour 1975 et 1977 ne seront jamais réalisées. En 1970-1971, des travaux sont effectués sur la place publique pour permettre le stationnement des voitures. En 1974, le réseau d'eau et d'assainissement est renforcé et, en 1977, la montée de la Calade est goudronnée (P. Mélet, 1965, 1983).

Anciens gîtes communaux de la Brebis d'Argent, quartier des Cheneviers.Anciens gîtes communaux de la Brebis d'Argent, quartier des Cheneviers. Hôtel de voyageurs dit la Chèvre d'Or. Elévation est.Hôtel de voyageurs dit la Chèvre d'Or. Elévation est.

Dénominationsvillage
Aire d'étude et cantonParc naturel régional des Baronnies Provençales - Laragne-Montéglin
AdresseCommune : Val Buëch-Méouge
Lieu-dit : Antonaves
Cadastre : 1775 plan 1 ; 1824 A ; 1983 A2 ; 2018 005A
Précisionsanciennement commune de Antonaves

Quelques vestiges de l'Antiquité romaine ont été découverts à proximité immédiate du village. C'est au Xe siècle que le prieuré d'Antonaves a été fondé par l'abbaye de Montmajour, mais seul le réseau des rues témoigne de l'agglomération médiévale.

Une seule maison porte une date du XVIIe siècle (1640), et la plupart des bâtiments semblent dater du XVIIIe siècle, qui semble avoir été l'âge d'or pour ce village. La déprise humaine débute dès les années 1830, et le village est très détérioré au milieu du XXe siècle, avant que ne se mette en place une dynamique de restauration et reconstruction qui se poursuit toujours au début du XXIe siècle.

Période(s)Principale : Antiquité
Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Le village d'Antonaves est installé au pied d'une faible éminence, sur un versant regardant au sud-est dominant la confluence de la Méouge et du Buëch. Il s'étage entre 600 et 630 mètres d'altitude.

Il est organisé en trois rues le long desquelles sont bâtis des îlots linéaires de bâtiments mitoyens. La rue centrale est à peu près parallèle aux courbes de niveau, les deux autres formant une seule et même rampe dont l'orientation s'inverse au niveau du passage couvert. Ces rues sont reliées entre elles par des traverses perpendiculaires, certaines aménagées en pas-d'âne ou en escaliers. Venant compléter cette organisation viaire, la partie ouest du village est ouverte par une rue en rampe, qui rejoint la fontaine au haut du village ; elle est bordée dans sa partie supérieure par un haut mur de soutènement en pierres sèche.

Les îlots qui regroupent maisons ou entrepôts agricoles sont adossés à la pente, et ils intègrent des bâtiments majoritairement non traversants. Toutefois, il faut souligner la disparition d'une partie des îlots situés au cœur du village, du fait de leur ruine au cours de la première moitié du 20e siècle. Dans la partie haute du village, les quartiers orientaux et occidentaux accueillent chacun un îlot de bâtiments agricoles organisés au pied des aires à battre.

Mais plusieurs fermes sont installées au sein même du village, comprenant un ou plusieurs bâtiments mitoyens ou disjoints regroupés autour d'une cour. En outre, quelques bâtiments agricoles isolés sont installés entre le pied du village et l'église. Ceci montre le caractère composite d'Antonaves, mêlant un urbanisme dense de petites maisons en hauteur et mitoyennes, caractéristiques des agglomérations de haute Provence, à des ensembles agricoles moins compacts. Cette situation découle d'une importante réorganisation foncière du bâti, suite à la très forte déprise agricole du XIXe siècle.

Enfin, des maisons pavillonnaires sont installées en contrebas du village, à l'est et au nord.

Vue de situation prise du sud-est.Vue de situation prise du sud-est. Rue Médiane.Rue Médiane. Traverse du Four, en escalier.Traverse du Four, en escalier.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrices cadastrales de la commune d'Antonaves. 1824-1911. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 137 à 139.

Documents figurés
  • Plans géométriques du terroir d'Antonaves distribués par planches. Dessin plume et encre, par Pierre Paul Rivet, géomètre, 1775. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 E 165.

  • Plan cadastral de la commune d'Antonaves. / Dessin à l'encre sur papier par Guiramand, géomètre du cadastre, 1824. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 135.

Bibliographie
  • ESTIENNE, Marie-Pierre. Châteaux médiévaux dans les Baronnies Xe – XIVe siècles. Dans : Documents d'Archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne n° 31, Association de liaison pour le patrimoine et l'archéologie en Rhône-Alpes et Auvergne, 2008.

  • FILLET, abbé. Dépendances de Montmajour dans les Hautes-Alpes. Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes, cinquième année. Gap : Imprimerie Jouglard Père et Fils, 1886.

  • GUILLAUME, Paul (abbé). Recueil des réponses faites par les communautés de l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la commission intermédiaire des États du Dauphiné (fin 18e siècle). Dans Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes, 1908.

  • MELET, Pierre. Antonaves mille ans d'histoire. Antonaves : Les Amis du Village, 1965.

  • MELET, Pierre. A l'ombre du campanile. Antonaves : L'Oustau, 1983.

(c) Parc naturel régional des Baronnies Provençales ; (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï