Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.
- enquête thématique régionale, Patrimoine religieux de Serre-Ponçon Guillestrois-Queyras
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Photographe au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1968 à 2005.
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Communauté de communes de Serre-Ponçon - Embrun
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Commune
Embrun
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Adresse
7 place Général Dosse
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Emplacement dans l'édifice
chapelles
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Dénominationspeinture monumentale
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Parties constituantes étudiées
Seuls vestiges subsistants de l'ancienne église du couvent des Cordeliers, les quatre chapelles latérales nord sont entièrement ornées de décors sur les murs et les voûtes d’ogives. Pour les besoins de l'étude, ces chapelles ont été renommées, chapelle Ouest (O), chapelle Est 1 (E1), Est 2 (E2) et Est 3 (E3). La chapelle O est ornée sur ses murs nord, est et ouest ainsi que sa voûte. La chapelle E1 conserve des cycles peints sur la lunettes des voûtes sur ses murs nord, est et ouest et un décor ornemental sur sa voûte. La chapelle E2 est encore ornée d'une scène peinte cantonnée à la lunette des voûtes sur son mur est et des armoiries sur son mur nord. La chapelle E3 a conservé un cycle peint sur son mur nord et un décor ornemental sur sa voûte.
Plan des vestiges de l'église [relevés en 1983].
Ces images furent vraisemblablement exécutées à la demande des fondateurs des chapelles, des laïcs de la ville et des religieux comme le suggèrent deux représentations de commanditaires visibles dans la chapelle occidentale et des armoiries renseignent parfois sur l’identité des commanditaires. Les Cordeliers ont autorisé la mise en place de vastes campagnes iconographiques. L’influence franciscaine y est sensible notamment dans la scène du Calvaire, la Passion du Christ ou encore de saints franciscains. Ces images côtoient des cycles de vie de saints : Antoine de Padoue, le franciscain, et Catherine d’Alexandrie, très vénérée à la fin du Moyen Age comme Antoine, abbé lui aussi peint dans l’une des chapelles. Ces œuvres ont été exécutées au cours de plusieurs campagnes qui s’étendent sur plus d’un siècle comme l’atteste leur style. Les plus anciennes datent de la première moitié du 15e siècle et les plus récentes du milieu du 16e siècle. Une grande partie d'entre elles est l’œuvre de peintres piémontais ou d’origine piémontaise. Les décors des deux chapelles occidentales ont été repris soit en conservant le même thème iconographique soit au contraire en choisissant d’autres sujets. On ignore si ces peintures sont restées visibles longtemps ou si, à l'instar de la nef, elles furent badigeonnées au 18e siècle 1.
Une persistance au 19e siècle
A la fin du 19e siècle, des peintures murales étaient visibles non seulement dans les chapelles latérales nord mais aussi dans le chœur de l’église du couvent des Cordeliers. L’historien Joseph Roman signala en 1888 dans la chapelle nord-est : « Le Christ en croix, à droite probablement la Vierge ; à gauche, saint François » et décrit quelques années plus tôt, en 1882, sur la voûte d’une chapelle alors transformée en grenier à grains un superbe décor ornemental : « Le fond en est uniformément peint en bleu avec des étoiles dorées ; mais au centre un soleil d’or est coupé par des arcs, et ses rayons très longs et très légers ondulent au milieu des étoiles. Les quatre arcs d'ogives sont chargés d’ornements chevronnés d’une grande douceur de ton et accompagnés de chaque côté par une large bordure de feuillages décoratifs très élégants. Cette élégante décoration que l’on dirait peinte d’hier, date probablement de la construction de l’église, c’est-à-dire de 1443 ». Dans les annotations de l’abbé Paul Guillaume de l’édition de 1892 du tome 1 de l’Histoire générale des alpes Maritimes ou Cottiènes, l’église est ainsi décrite « Elle est décorée de fort belles peintures, malheureusement bien dégradées, qui, au jugement de M. Dubois-Guchan, ancien élève de l’Ecole des Chartres, datent du deuxième quart du 15e siècle ».
Au début du 20e siècle, les peintures signalées quelques décennies plus tôt par Joseph Roman et Paul Guillaume disparurent sous des badigeons et des enduits ou alors furent totalement détruites. Joseph Roman fait état des destructions des décors du chœur : « Le chœur, voûté sur croisée d’ogives, était orné de peintures du 16e siècle ; un incendie survenu il y a quelques années les a extrêmement endommagées. Le peu qu’il en reste fait regretter leur perte », et de celles des chapelles : « Dans celle du milieu, on voit encore des restes de peintures ; la mieux conservée représente, au milieu, le Christ en croix, à droite, probablement la Vierge ; à gauche, saint François. La troisième chapelle est remarquable par une peinture décorative extrêmement élégante et d’une conservation parfaite sur sa voûte ; elle se compose de rinceaux multicolores, de rubans sur les nervures, de feuillages, etc. Elle date probablement du 16e siècle » 2. Après le violent incendie qui avait déjà considérablement ébranlé la partie orientale de l’église un siècle plus tôt, l’église fut démolie dans les années 1910, à l’exception des chapelles latérales nord. Ces dernières servirent de remises, puis de logement et d’abri de pompiers jusqu’à leur aménagement en syndicat d’initiative. C’est à l’occasion de ces travaux que les peintures murales furent découvertes.
Dégagement et restauration
Dès la fin des années 1950, avec l’installation du syndicat d’initiative et de la bibliothèque dans deux des chapelles, un projet de restauration vit le jour. Il prévoyait la nécessité d’effectuer des sondages pour vérifier la présence de peintures sous les enduits et les badigeons. Cette première tranche réalisée en 1957 permit la mise au jour de peintures dans deux des chapelles. A la suite de cette découverte, Jean Taralon, inspecteur principal des Monuments historiques déclencha une demande de protection pour les deux chapelles afin qu’un nettoyage, des consolidations et une restauration puissent être entrepris. Dans un premier temps, un arrêté d’inscription à l’Inventaire supplémentaire fut pris. Les travaux tardèrent à débuter faute de crédit, et il fallut attendre dix ans pour que le chantier démarre. Les nouveaux travaux de dégagement, puis de restauration, menés sous la direction de l’inspecteur principal des Monuments historiques François Enaud se déroulèrent entre 1969 et 1971 sur l’ensemble des chapelles. Ils furent confiés aux restaurateurs parisiens Robert Baudouin et Ten Kate qui dégagèrent 180 mètres carrés de peintures dont plus des trois-quarts avaient été très endommagés notamment par des buchages. D’ailleurs les trous de piquetage sont bien visibles encore aujourd’hui malgré la restauration. Tous les décors situés dans la partie inférieure et médiane des murs sont perdus, à l’exception de quelques fragments dans la chapelle orientale. Enfin, il faut noter que certains décors ont pu disparaître au moment des dégagements pour mettre au jour des couches picturales plus anciennes.
Les découvertes réalisées pendant ces travaux conduisirent au classement le 19 février 1971 des quatre chapelles et de leurs peintures murales. Aujourd’hui, ces peintures sont dégradées en plusieurs points notamment à cause des conditions climatiques dans lesquelles elles sont conservées. En effet, les arcades ont été fermées par de grandes baies vitrées. La chapelle orientale, est la plus atteinte, la restauration y a très mal vieilli et les peintures sont en mauvais état. Il faut noter en outre de nombreuses zones lacunaires et des destructions sur certains murs dans toutes les chapelles notamment à cause d’aménagements postérieurs. Enfin, toute la moitié inférieure des murs n’a plus de peintures. Vers 1971, une vaste campagne photographique atteste de l’état des peintures à la fin des travaux de restauration. Cette documentation est complétée par des relevés de plusieurs scènes et de bordures au décor ornemental, géométrique et végétal, exécutés par le restaurateur Claude Prieur (1923-2011) en 1971. Les premières études paraissent à la suite comme celle de Clément Gardet dans le volume du Congrès archéologique de France du Dauphiné (1974) 3. En 1974, l’inspecteur des Monuments historiques, François Enaud, fait paraître un très long article de plus de cinquante pages richement illustrés de nombreuses photographies en noir et blanc des peintures, avant et après restauration. Cette contribution demeure une référence comme les vingt-quatre pages du Cahier de l’Inventaire n°7 publié en 1987 avec des illustrations en noir et blanc mais aussi en couleur qui généra une seconde campagne de prises de vue.
Ces œuvres ont été exécutées au cours de plusieurs campagnes qui s’étendent sur plus d’un siècle comme l’atteste leur style. Les plus anciennes datent de la première moitié du 15e siècle et peuvent être attribuée au maître de Lusernetta ou à son entourage. Les plus récentes sont datées du milieu du 16e siècle. Une grande partie d'entre elles est l’œuvre de peintres piémontais ou d’origine piémontaise. Les décors des deux chapelles occidentales ont été repris soit en conservant le même thème iconographique soit au contraire en choisissant d’autres sujets.
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Période(s)
- Principale : 15e siècle , (incertitude)
- Principale : 1ère moitié 16e siècle , (incertitude)
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Auteur(s)
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Auteur :
Maître de LusernettaMaître de LusernettaCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Atelier identifié à partir des études de Giovanni Romano sur la chapelle de Saint-Bernardin à Lusernetta (Italie). L'atelier fut engagé à Saint-Erige-en-Auron en 1451. Son implication est aujourd'hui également reconnu pour les peintures de Suze, du Jugement dernier de la Cathédrale de Digne-les-Bains.
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Auteur :
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreÀ signaler
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Protectionsclassé au titre immeuble, 1971/02/19
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Précisions sur la protection
Quatre chapelles latérales, ornées de peintures murales (restes de l'église) (cad. AB 40) : classement par arrêté du 19 février 1971
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Référence MH
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
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- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
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- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
Bibliographie
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ALBERT, Antoine. Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun. Embrun : Pierre-François Moyse, 1783 [1786], 2 tomes, VI-501 p. Edition 1959.
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BONICATTO, Simone et FRATINI, Marco. Les ateliers de peintres piémontais à Embrun. Les peintres de l’église des Cordeliers et des sites alentours. Dans : Journées d'études des peintures murales (24 et 25 juin 2024, L’Argentière), Peintures murales et ordres mendiants dans les Hautes-Alpes au Moyen Age. A paraître.
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DESVIGNES-MALLET Chantal, ENAUD, François, PARAVY, Pierrette et al. Peintures murales des Hautes-Alpes XVe-XVIe siècles. Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des Monuments et Richesses artistiques de la France ; Briançon : Société d'Etudes des Hautes-Alpes ; Aix-en-Provence : Culture et Patrimoine en Provence, Edisud, 1987. Cahiers de l'Inventaire ; 7.
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ENAUD, François. Les peintures murales découvertes dans les restes de l’ancienne église des Cordeliers d’Embrun. Dans : Bulletin de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes, 1978, p. 22-74.
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FRIZET, Yannick. De la spiritualité dans la peinture ancienne ? Pour un essai d’iconologie spirituelle des peintures murales de Saint-Antoine de Padoue au couvent des Cordeliers d’Embrun. Dans : Journées d’études des peintures murales (24 et 25 juin 2024, l’Argentière), Peintures murales et ordres mendiants dans les Hautes-Alpes au Moyen Age. A paraître.
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GARDET, Clément. Les fresques de l’ancienne église des Cordeliers d’Embrun. Dans : Congrès archéologique de France, Dauphiné, 1974, p. 152-161.
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LEONELLI, Marie-Claude. Les arts de la représentation. Faire peindre pour aider à croire. Dans : GARIN Sylvestre, Le patrimoine religieux de l’Embrunais, Itinéraire de découverte, Gap : Imprimerie des Alpes, 2004, p. 68-69.
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ROMAN, Joseph. Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie nationale, 1888.
col 65-66
Documents figurés
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Distribution du décor sur les murs des chapelles latérales [de l'église du couvent des cordeliers d'Embrun]. / Dessin à la plume de Nathalie Pégand, 1987. Dans : "Peintures murales des Hautes-Alpes XVe-XVIe siècles." / DESVIGNES-MALLET Chantal, ENAUD, François, PARAVY, Pierrette et al. Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des Monuments et Richesses artistiques de la France ; Briançon : Société d'Etudes des Hautes-Alpes ; Aix-en-Provence : Culture et Patrimoine en Provence, Edisud, 1987. Cahiers de l'Inventaire ; 7. p. 99.
Lien web
- Relevés des peintures murales : la vision de Zacharie
- Relevé des peintures murales : la Crucifixion entourée de quatre saints
- La vision de Zacharie, détail
- Saint-Nicolas, partie haute
- Saint Jean, partie haute
- Détail de la Crucifixion, partie haute
- Saint-François d'Assise, partie haute
- Saint-Antoine, partie haute
- Saint-Jean, partie basse
- Saint Jean, partie haute
- La légende de sainte Catherine : la sainte devant l'Empereur
- Détail des bordures décoratives
- Saint Nicolas, partie basse
- Décor géométrique et floral
Docteure en histoire de l'art (université Marc Bloch de Strasbourg), spécialiste de la peinture murale, directrice de l'Agence Picturales. Chargée de l'étude des peintures monumentales du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2024.
Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.
Couvent de cordeliers, actuellement immeubles et syndicat d'initiative
Adresse : 7 place Général Dosse
Docteure en histoire de l'art (université Marc Bloch de Strasbourg), spécialiste de la peinture murale, directrice de l'Agence Picturales. Chargée de l'étude des peintures monumentales du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2024.