Photographe Inventaire général.
- enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bouches-du-Rhône
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Commune
Bouches-du-Rhône
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Précisions
oeuvre située en partie sur la commune Roquevaire, Pont-de-Joux ;
oeuvre située en partie sur la commune Allauch, Ners ;
oeuvre située en partie sur la commune Roquefort-la-Bédoule, route de Roquefort ;
oeuvre située en partie sur la commune Marseille, Col de la Gineste, la Nerthe
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Dénominationsligne fortifiée
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Précision dénominationbarrages routiers, barrages du Südwall
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Appellationsverrous du Südwall
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Dossier dont ce dossier est partie constituante
Historique, topographie et typologie générale
Entièrement dévolue à la défense des côtes, l'organisation défensive du Südwall, composée de batteries ou points d'appui d'artillerie à longue portée, intègre une importante composante antiaérienne, mais ne comporte pas d'ouvrage d'artillerie de défense terrestre en retrait du littoral.
Pour autant, la défense rapprochée des voies d'accès terrestres fit l'objet d'aménagements défensifs ponctuels en divers points des environs de Marseille, qualifiés de "verrous" dans l'usage de l'époque en France, terme repris dans la littérature spécialisée.
La construction de ces verrous et l'historique de leur mise en place, de début 1943 à août 1944, ne sont ni documentés ni étudiés. Leur repérage et identification formelle n'ont pas été fait systématiquement, en sorte que l'on peut en examiner quelques exemples significatifs au cas par cas, dans un dossier commun collectif, plus adapté qu' une monographie indépendante de chacun d'eux, du fait de leur modeste consistance et échelle architecturale et de leur conception répétitive.
Généralement implantés sur des routes de vallée difficiles à contrôler, sinueuses, sur des points bordées d'escarpements surplombants (obstacle naturel au contournement du barrage par les chars d'assaut), les verrous routiers des environs de Marseille se caractérisent essentiellement par trois types d'aménagements défensifs en principe rapprochés et interagissants. Ces trois ouvrages complémentaires sont un mur anti-char en béton recoupé d'un passage du gabarit de la chaussée, que fermait une barrière métallique amovible, des tobrouks ou ringstand, postes de défense individuels en béton pour mitrailleuse, et un ou plusieurs abris de personnel en béton, généralement crénelés, non enterrés. Ces différents éléments ou sous-ensembles pouvaient être doublés sur un même site, ou échelonnés en deux autour de la route. L'un des points à noter s'agissant de la typologie des aménagements, concerne les modèles de tobrouks associés aux verrous, relativement plus diversifiés que ceux ceux implantés aux abords des batteries de côte du Südwall, spécificité liée notamment au fait que certains étaient adaptés au fusil mitrailleur ou au canon anti-char, avec ou sans tourelle.
Description
Secteur Est
Verrou du Pont-de-Joux (Commune de Roquevaire, route départementale 96 dite en ce point route de Saint-Vincent.)
Situé dans la vallée de l'Huveaune, au nord de Roquevaire, à 25 km à l'est/nord-est de Marseille St Charles, sur un virage de l'ancienne Route Nationale 96 axe important nord-sud reliant Château-Arnoux à Gémenos en passant par Aix et Roquevaire, 400m en aval du Pont-de-Joux, point d'embranchement de l'ancienne route nationale 560 d'axe est-ouest allant à Saint-Maximin. Le verrou s'étendait à la rive gauche de l'Huveaune, bordée par l'ancienne voie de chemin de fer nord-sud d'Aubagne à La Barque.
Ce verrou a été neutralisé le 20 août 1944, en faisant dix prisonniers allemands, par un peloton de chars tank destroyer M10 Wolverine du 9e régiment de chasseurs d'Afrique devenu depuis août 1943 l'unité de chasseurs de chars (tanks-destroyers) de la 1ere division blindée de l'armée B (1ere armée Française)1.
Le mur antichar, complètement détruit après 1944, était sur le virage de la route, contigu à un tobrouk modèle Vf 65a bauform 221, conçu pour un canon antichar de 5cm, modifié pour mitrailleuse MG, par suppression du pivot central du canon. Ce tobrouk, au bord de la route (côté est) sur le versant droit de l'Huveaune, est aujourd'hui bien conservé dans les formes caractéristiques du modèle-type : plan polygonal irrégulier compact et large intégrant en tête le poste de tir, de plan octogonal régulier, et à la gorge, plus bas de quelques marches, deux soutes asymétriques desservies par le couloir d'accès.
Verrou du Pont-de-Joux, Tobrouk type Vf 65a
Verrou du Pont-de-Joux, Tobrouk type Vf 65a , détail coupole et ouverture du poste de tir
Verrou du Pont-de-Joux, Tobrouk type Vf 65a , porte
Verrou du Pont-de-Joux, Tobrouk type Vf 65a , intérieur, couloir desservant les soutes et le poste de tir
Verrou du Pont-de-Joux, Tobrouk type Vf 65a , intérieur du poste de tir
Plan-type d'un Tobrouk type Vf 65a pour canon antichar de 5cm
Plus à l'est et plus distant de la route, en léger surplomb sur le versant gauche de l'Huveaune, au bord de l'ancien chemin de fer, subsiste un petit tobrouk enterré du modèle Vf67 pour tourelle de char.
Verrou du Pont-de-Joux, Tobrouk enterré type Vf 67
Un troisième tobrouk, du modèle Vf58, le plus courant sur le Südwall, est implanté du côté ouest de la route, dans un dégagement en retaille de l'escarpement dominant de la vallée. Il voisine avec l'abri de personnel de ce verrou, qui présente la particularité d'avoir été aménagé en adaptant et bétonnant intérieurement un bâtiment préexistant construit en blocage de moellons2. Le plan rectangulaire allongé et les dimensions du bâtiment correspondaient assez bien à celle des abris-type construits dans les autres verrous, ce qui favorisait son adaptation à moindres frais, en ajoutant une dalle de couvrement et un mur de refend en béton, en ménageant des baies-créneaux en façade et en ajoutant une petite travée-vestibule d'entrée, construite en moellons comme les murs préexistants, cet aspect pouvant donner l'illusion d'un bâtiment rustique non militaire.
Verrou du Pont-de-Joux, abri de personnel remployant un bâtiment préexistant en pierre, façade sur route
Verrou du Pont-de-Joux, abri de personnel remployant un bâtiment préexistant, intérieur bétonné
Verrou de Ners (Commune d'Allauch, route départementale 908 dite en ce point route des Termes.)
Situé dans la vallée du Jarret, aux versants escarpés, à l'Est-nord-est de Marseille (17km) et d'Allauch Le logis Neuf (6km), à 5km à l'ouest de Peypin, sur l'ancienne route nationale n°8 bis de Marseille à Pourcieux, dans un virage en angle aigu contournant par le nord une éminence rocheuse portant les ruines du château médiéval de Ners.
Ce verrou, ou au moins son mur de barrage anti-char, aurait été saboté à l'explosif par les maquisards le 17 aout 1944. Son mur anti-char, aujourd'hui entièrement détruit, se situait en amont du coude de la route. Il est documenté dans son état ruiné par deux photographies prises en septembre 1944 par le photographe du navire amiral des garde-côtes américains, Dale Rooks3.
[Deux vues du mur antichar du verrou de Ners], 1944.
Les autres aménagements du verrou de Ners, très bien conservés, sont groupés à peu de distance du mur disparu, de part et d'autre de la route, en aval du coude.
Du côté nord de la route, un abri de personnel et un tobrouk, échelonnés, adossés à la paroi rocheuse à peu près verticale en ce point (ancien front de taille de carrière?), sur un talus de remblai, forment un ensemble desservi par une tranchée dans le remblai, aux parois bétonnées, reliant l'un à l'autre.
Verrou de Ners, vue plongeante partielle des ouvrages du côté nord de la route : abri, tobrouk et tranchées
Verrou de Ners, côté nord de la route : porte de l'abri de personnel et tranchées le reliant au tobrouk haut
L'abri, de plan rectangulaire allongé, en béton banché brut de décoffrage, comporte deux créneaux ébrasés en trémie dans sa façade regardant la route, servant aussi de prise de jour. Cette façade est élargie à gauche d'une travée carré formant avant-corps sur le petit côté du bloc. La porte, à l'extrémité droite de la façade, desservie par une branche de la tranchée d'accès, est en léger avant-corps, et dessert la salle d'abri par l'intermédiaire d'une travée vestibule isolée par un mur de refend. Cette travée à une autre issue sur le petit côté droit de l'abri, aussi reliée au tobrouk par une tranchée secondaire. La salle de l'abri est revêtue d'un enduit ciment lissé et peint, la dalle de sol non peinte.
Verrou de Ners, côté nord de la route : abri de personnel crénelé, façade
Verrou de Ners, côté nord de la route : issue secondaire de l'abri de personnel vers une tranchée
Verrou de Ners, côté nord de la route : intérieur de l'abri de personnel crénelé.
Le tobrouk est manifestement une adaptation d'une des déclinaisons modèle-type courant Vf 58, large de 2,20m hors œuvre, conforme pour le poste de tir octogonal et l'accès latéral, mais hors normes du fait d'une sorte de guérite ou visière en béton monobloc semi-cylindrique qui le surmonte sur toute la largeur du front, couvrant l'ouverture zénithale, en dégageant une fenêtre de tir haute d'un peu moins de 1m, large de plus d'1,50m couverte d'une dalle épaisse.
Verrou de Ners, côté nord de la route : tobrouk haut, type Vf58, couvert en guérite.
Verrou de Ners, côté nord de la route : tobrouk haut, type Vf58, couvert en guérite, porte latérale.
Verrou de Ners, côté nord de la route : tobrouk haut, type Vf58, couvert en guérite, intérieur du poste de tir.
Cette variante très particulière, probablement unique sur le Südwall, est reproduite dans le second tobrouk situé toujours au nord de la route, mais plus à l'est et plus bas, au bord du coude, plus encaissé dans le terrain ; la guérite ou visière de couvrement y est cependant plus étroite que le front à pans.
Verrou de Ners, côté nord de la route : tobrouk bas, type Vf58, couvert en guérite.
Du côté sud de la route, à peu près en face de l'abri nord, une autre abri en béton présente à peu près les mêmes caractéristiques architecturales et de mise en œuvre, à cette différence près que la porte est à l'extrémité gauche de la façade, sans saillie sur celle-ci. Le vestibule d'entrée a bien aussi une d'issue secondaire, à l'arrière, dans l'angle postérieure du petit côté, ouvrant sur une tranchée montante dégagée en taillant dans le rocher auquel s'adosse l'abri.
Verrou de Ners, côté sud de la route : abri de personnel crénelé, façade
Verrou de Ners, côté sud de la route : abri de personnel crénelé, détail de lafaçade : porte latérale et créneaux en trémie
Verrou de Ners, côté sud de la route : abri de personnel crénelé, issue secondaire à l'arrière
Cette tranchée monte sur l'éminence rocheuse portant les ruines du château de Ners, prolongée en escalier aux marches de béton, jusqu'à un troisième tobrouk en hauteur, enchâssé dans les rochers, plus simple que les deux premiers, identique pour le poste de tir mais non couvert, et avec entrée par le mur de gorge.
Verrou de Ners, côté sud de la route : montée en escalier vers un tobrouk proche des ruines du château de Ners
Verrou de Ners, côté sud de la route : intérieur du poste de tir du tobrouk proche des ruines du château de Ners
Verrou de Roquefort-La-Bédoule
Le territoire de Roquefort-La Bédoule conserve, jusqu'aux abord nord de Cassis, plusieurs points défensifs de bord de route, munis de tobrouks, mais une seule de ces positions de défense peut être, à proprement parler, qualifiée de verrou.
Ce verrou est implanté à 25km Est de Marseille/St Charles, dans un site de fond de vallon large et de faible relief entre La Bédoule et Roquefort, sur la route départementale 1 (ancien Gc1 de Marseille/ Cassis à Cuges), segment d'axe est-ouest, dite route de Roquefort,
Le verrou est construit entre la route et une zone d'anciennes carrières pour cimenterie, côté versant sud. Il comporte un mur antichar percé de deux créneaux, en grande partie conservé au sud de la route, partant d'un imposant silo de carrière du XIXe siècle, massif cubique en pierre, qui a pu être utilisé comme support pour un poste de défense du verrou.
Verrou de Roquefort-la-Bédoule, mur anti-char crénelé
Verrou de Roquefort-la-Bédoule, détail du mur anti-char crénelé partant d'un ancien silo de carrière
Verrou de Roquefort-la-Bédoule, mur anti-char crénelé et ancien silo de carrière
L'équipement de ce verrou est complété de deux tobrouks enterrés mal conservés, et en retrait et non en vue directe de la route, de deux abris béton à deux créneaux en façade et porte latérale dans un petit avant-corps, du même modèle que ceux du verrou de Pont-de-Joux.
Verrou de Roquefort-la-Bédoule, abri de personnel crénelé n°1
Verrou de Roquefort-la-Bédoule, abri de personnel crénelé n°2
Un autre point de défense routier complémentaire est implanté à 1500m au nord/ nord ouest du verrou, dans le vallon du Souvarel, sur une route secondaire (départementale 41c) joignant l'ancienne route nationale 559a au pont de Rouvière, dans un tournant aigu.
Son équipement consiste en un abri enterré construit en pierre et couvert d'une dalle béton débordante, avec porte desservie par une tranchée aux parois maçonnées en moellons. En bas de la tranchée, un tobrouk contrôlait le tournant de la route, sa porte d'entrée ouvrant directement sur la chaussée.
Point de défense routier nord-est de Roquefort-la-Bédoule (Souvarel), tobrouk et abri
Point de défense routier nord-est de Roquefort-la-Bédoule (Souvarel), entrée de l'abri
Point de défense routier nord-est de Roquefort-la-Bédoule, détail du tobrouk
Un tobrouk isolé est implanté à la sortie sud de La Bédoule en direction de La Ciotat, et d'autres tobrouks sont échelonnés sur plusieurs kilomètres dans le secteur est/sud-est en bordure de la route départementale 1 de La Bédoule à Cassis, notamment deux, de deux modèles différents, dans le centre de La Bédoule (actuel chef-lieu de commune), avec tranchées, et deux au lieu-dit Le Brigadan; ils ne sont pas associés à des abris ou à un dispositif de barrage.
Point de défense routier sud de Roquefort-la-Bédoule (Brigadan), tobrouk en bord de route
Point de défense routier sud de Roquefort-la-Bédoule (Brigadan), tobrouk en bord de route, détail poste de tir
Verrou du Col de La Gineste (Marseille 9e arrondissement)
Le col est distant de 16 km sud-est de Marseille St Charles, sur l'ancienne route nationale 559 (actuelle D.559), grand axe est-ouest reliant Marseille à Roquebrune en passant par La Ciotat et Toulon.
Le verrou était implanté sur le col, au sud d'une ancienne batterie de DCA française de 1939 dont ne restent que des vestiges peu significatifs et dénaturés par des réaménagements bâtis postérieurs.
Le verrou lui-même est assez mal conservé : il en reste deux tobrouks dont un au bord sud de la route au niveau du col (enterré, accès et orifice zénithal rebouchés) et 2 abris béton rectangulaires à deux créneaux et une porte en façade, en médiocre état, l'un en contrebas de la route au sud du col, l'autre au nord de la route, très en retrait et en altitude. Il ne reste aucun vestige de mur anti-char, qui n'a probablement pas existé dans les formes habituelles en structure béton, en sorte qu'il s'agissait plutôt d'un point de contrôle de la route sur un col offrant une visibilité optimale, que d'un véritable verrou avec barrage formel.
Verrou du Col de la Gineste, tobrouk muré en bord de route
Verrou du Col de la Gineste, abri de personnel sur le versant sud
Verrou du Col de la Gineste, abri de personnel sur le versant sud, détail de la façade, porte et créneaux
Secteur ouest
Verrou de La Nerthe (Marseille 16e arrondissement)
Situé dans le vallon de Riaux, au lieu-dit La Nerthe à 14 km au nord-ouest de Marseille St Charles, sur les deux branches parallèles d'une route vicinale divergeant à La Nerthe, l'une (ouest) vers Gignac La Nerthe, l'autre (Est) vers Septèmes-les-Vallons. Les deux branches de la route et les aménagements du verrou encadrent le hameau de La Nerthe, composé de quelque maisons et de la chapelle de la Galline, adossées à une petite butte rocheuse portant les ruine du château médiéval de la Nerthe.
Très représentatif et assez bien conservé, le verrou de la Nerthe se compose de deux murs antichar, de part et d'autre de la butte du château, le premier (Ma1) barrant la branche ouest de la route, le second (Ma2) la branche ouest, de deux abris-type (A1 et A2), chacun au bord d'une des deux branches de route, à l'arrière des murs antichar, la défense active étant assurée par quatre tobrouks (T), au centre, au nord et à l'ouest).
Les murs antichar sont en grande partie conservés, celui de l'est, du côté ouest de la route (le côté est étant immédiatement escarpé sans passage possible); sa tranche conserve les saignées encoche de calage de la barrière ouvrante blindée qui barrait la chaussée.
Verrou de La Nerthe, mur antichar et abri de personnel Est (Ma2, A2)
Verrou de La Nerthe, mur antichar Est (Ma2), détail tranche avec saignées de calage de la barrière
Le mur antichar ouest règne des deux côtes de la route. A son extrémité ouest, butant sur le versant naturel du vallon, s'appuie un tobrouk du type Vf 67 pour tourelle de char Panzer II, modifié pour fusil mitrailleur qui a conservé dans l'orifice zénithal du poste de tir le rail de rotation circulaire de l'arme.
Verrou de La Nerthe, mur antichar ouest (Ma1), au fond, abri ouest (A1)
Verrou de La Nerthe, vue plongeante du mur antichar ouest (Ma1) et du tobrouk attenant type Vf 67
Les deux abris est et ouest sont du même modèle, variante de ceux des verrous de Ners et de Pont-de-Joux décrits ci-dessous. Ils se caractérisent par leur façade plus large que la salle rectangulaire interne, du fait de deux avant-corps latéraux saillants sur les petits côtés. L'avant-corps de droite, et lui seul, fait aussi saillie sur la façade pour accueillir la porte, ménagée latéralement dans la face droite de l'avant-corps. L'abri est muni que quatre créneaux-jours carré avec menuiserie, deux classiquement en façade, un sur le côté gauche de l'avant-corps latéral gauche, un autre sur le flanc gauche de l'avant-corps frontal de droite, dans l'axe de la porte, permettant une défense flanquante de la façade. Ces dispositions sont bien conservées dans l'abri Est (A2), mais elles ont été remaniées après guerre dans celui de l'ouest (A1), les trois créneaux de façade y ayant été transformées en portes.
Verrou de La Nerthe, abri de personnel crénelé Est (A2) façade sur la route
Verrou de La Nerthe, abri de personnel crénelé Est (A2) façade sur la route et saillant de la porte d'entrée
Verrou de La Nerthe, abri de personnel crénelé Est (A2) bloc arrière et saillant de la porte d'entrée
Verrou de La Nerthe, abri de personnel crénelé Est (A2) détail de la porte d'entrée desservant dans l'axe un créneau flanquant
Verrou de La Nerthe, abri de personnel crénelé ouest (A1) vue d'ensemble plongeante
Les trois autres tobrouks, implantés en hauteur, dont un sur la butte au pied des ruines du château et au dessus du toit des maisons, sont du module type le plus ordinaire Vf 58; leur état actuel est médiocre.
Verrou de La Nerthe, tobrouk central sur la butte du château
Dans le cadre de l'organisation défensive du Südwall par l'occupant allemand, à partir du début de 1943 jusqu'en août 1944, en marge du grand programme de défense des côtes, la défense rapprochée de points particuliers sur des voies d'accès terrestres de Marseille fit l'objet d'aménagements ponctuels de modeste consistance et échelle architecturale, qualifiés de "verrous". La construction de ces verrous et l'historique de leur mise en place, ne sont ni documentés ni étudiés. Leur repérage et identification formelle n'ont pas été faits systématiquement, en sorte que l'on peut en examiner quelques exemples significatifs au cas par cas, collectivement, en les caractérisés par leur implantation, leur typologie et la conception répétitive de leurs aménagements.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
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Dates
- 1943, daté par travaux historiques
Généralement implantés sur des routes de vallée difficiles à contrôler, sinueuses, sur des points bordés d'escarpements surplombants (obstacle naturel au contournement du barrage par les chars d'assaut), les verrous routiers des environs de Marseille se caractérisent essentiellement par trois types d'aménagements défensifs en principe rapprochés et interagissant. Ces trois ouvrages complémentaires sont un mur anti-char en béton recoupé d'un passage du gabarit de la chaussée, que fermait une barrière métallique amovible, des tobrouks ou ringstand, postes de défense individuels en béton pour mitrailleuse, et un ou plusieurs abris de personnel en béton, généralement crénelés, non enterrés.
Les verrous conservés dans un état significatif sont, dans le secteur Est de Marseille, ceux du Pont-de-Joux (Roquevaire), de Ners (Allauch), de Roquefort-le-Bédoule, du Col de La Gineste, et, dans le secteur ouest, celui de La Nerthe. Les plus complets et représentatifs sont ceux de Pont de Joux (mur antichar détruit, un abri, trois tobrouks), de Ners (mur antichar détruit, deux abri, 4 tobrouks dont 2 couvers, tranchées), de Roquefort (mur antichar conservé, deux abris, deux tobrouks) et de La Nerthe (2 murs antichar conservés, 2 abris, 4 tobrouks). D'autres aménagements de contrôle de routes avec abris et tobrouks, sont qualifiables (Col de La Gineste) ou non de verrous, selon leur organisation.
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Murs
- béton béton armé
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Typologies
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée (incertitude), Les anciens aménagements des verrous sont pour l'essentiel sur des terrains et parcelles privées. Certains éléments, implantés en bordure immédiate de routes départementales ou vicinales, relèvent probablement de la compétence de la DDE ou des communes.
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Protections
- (c) Alain Chazette
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) IGN
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[Plan-type d'un Tobrouk type Vf 65a pour canon antichar de 5cm]. / Dessin d'Alain Chazette. Dans : "Tobrouks typologie - Atlantikwall - Südwall". / Alain Chazette, Paris : Histoire et fortification, 2009.
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[Deux vues du mur antichar du verrou de Ners]. / Photographies de Dale Rooks, septembre 1944. Extraites d'un albums de photographies éditées en ligne sur le site américain USCG Cutter Duane During WW2 1944—1945, book II : Riviera Beachhead, p. 80.
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[Vue aérienne verticale de Marseille, quartier de la Nerthe]. / Photographie, 1964. Institut Géographique National, Saint-Mandé.
<https://remonterletemps.ign.fr/telecharger/?lon=5.291122&lat=43.374281&z=13.4&layer=pva&year=1963&orientation=vertical&mission=3245-0071>
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.