Photographe Inventaire général.
- enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bouches-du-Rhône
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Commune
Marseille 8e arrondissement
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Lieu-dit
l'Escalette
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Adresse
chemin des Goudes
,
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Cadastre
2026
L
14, 15
section L : zone nord ;
2026
A
2, 47, 48, 50, 68, 69
Section A : zone sud
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Dénominationsbatterie
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Précision dénominationbatterie de côte du Südwall
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Appellationsbatterie basse de l'Escalette
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Dossier dont ce dossier est partie constituante
I- Historique, topographie et typologie générale
La batterie basse de l'Escalette, est un ouvrage allemand du Südwall implanté à partir de 1943 de part et d'autre de la route côtière et de la calanque de l'Escalette, en partie sur des parcelles bâties de l'usine de plomb Meynier, contigue au bassin de la calanque, désaffectée depuis 1924 . La batterie allemande est dite basse en référence à la batterie (haute) de l'Escalette, ouvrage français construit en 1893-1894 à 90m d'altitude à l'est/sud-est de la calanque. L'occupant allemand ne jugea pos opportun de réarmer l'ancienne batterie rétrogradée à la veille de la seconde guerre en batterie de circonstance par le génie français (avec une partie de son armement d'origine: trois pièces de 240mm Mle 1884, et deux pièces de 95mm Mle 1888), puis désarmée . Sa situation topographique sur une crête rocheuse étroite était inadaptée au développement d'un ouvrage important aux normes du Südwall, justifiant son abandon et l' établissement d'une nouvelle batterie en contrebas et à distance, à très basse altitude, sur le bord du littoral.
Il s'agissait d'un des ouvrages de la catégorie dite Stützpunkt (Stp) soit point d’appui lourd, et d'un de ceux créés à neuf, qui, dans la majorité des cas, étaient pris en charge par l’armée de terre allemande (Heer). Dans ce cadre, la batterie basse de l'Escalette reçut à sa fondation initiale en 1943 le nom de code Stp MAR 11 H, 10./ H.K.A.R. 920 puis fut renommée définitivement Stp MAR 183 H,5./ H.K.A.R. 12911 soit Stützpunkt du secteur de Marseille, 10e des batteries du 920e Régiment d’Artillerie Côtière de la Heer (H.K.A.R.), puis 5e des batteries occupées par le 1291e Régiment d’Artillerie Côtière de la Heer. Cette batterie, servie par un officier, 18 sous-officiers, 87 soldats et 5 auxiliaires, était conçue pour un armement de quatre canons de 12,2 cm russes K390 (r) sur roues de 12 km de portée, et occupée dans un premier temps, dans un état d'aménagement très sommaire et provisoire (avant la chute de Mussolini en septembre 1943), par des soldats italiens sous le commandement allemand du 920e Régiment. Une photographie aérienne de l' IGN prise le 28 décembre 1943 montre que les travaux en cours étaient très peu avancés à cette date : aucune des quatre casemates destinée aux pièces de 12,2cm, au nord et au sud de la calanque de l'Escalette, n'était alors encore construite. Seule, dans le secteur au nord de la calanque, l'excavation pour le poste de direction de tir était réalisée, ainsi que deux cuves ou plates-formes provisoires. Dans le secteur sud, deux autres cuves provisoires étaient en place, ainsi que des tranchées pour positions de tir individuelles.
Dans l'état définitif réalisé en 1944, la batterie comportait deux positions de tir pour les pièces de 12,2cm dans le secteur au nord de la calanque (entre la route et la côte) et deux autres dans celui du sud (au-dessus de la route) ; ces quatre postions se composaient chacune d'une casemate du modèle-type Regelbau R 669 pour le tir à couvert, combinée avec une plate-forme de tir contiguë à ciel ouvert, en béton, de plan extérieur octogonal permettant une rotation de la pièce à 360° pour des angles de tir ouverts au maximum, casemate et plate-forme étant reliées à l'arrière par un segment de chemin de roulage de plan en arc de cercle. Le dispositif était complété par un poste de direction de tir (leistand) type Regelbau 636 implanté entre les deux casemates R 669 du secteur nord, et par deux casemates de flanquement Regelbau 612 armées de canons de 7,5 cm yougoslaves assurant la défense rapprochée sur la route côtière, l'une à l'extrémité nord, l'autre à l'extrémité sud de la batterie. L'armement comportait en outre deux canons antiaériens (Flak) de 3,7 cm, un projecteur de 150 cm pour les tirs de nuit, trois mitrailleuses lourdes (dans des Ringstand ou tobrouks), trois mitrailleuses légères (desservies depuis des postes de tir en tranchées) et un mortier . L'artillerie de quatre pièces de 12,2cm et les casemates R 669 se retrouvent à la même période à la Batterie du Mazet à Port St Louis du Rhône; quatre pièces de 12,2 arment aussi la batterie semi-rupestre du Rove, dont la défense rapprochée comporte aussi une casemate de flanquement R 612. Quand au poste de direction de tir R 636 , on en trouve un autre exemplaire à la batterie Fenouil de Marseille.
La répartition des principaux ouvrages de la batterie basse de l'Escalette, dont les pièces furent apparemment sabordées, est parfaitement lisible après guerre sur une photographie aérienne verticale de l'IGN datée du 10 juin 1948.
On y repère aussi les tranchées des postes de tir légers sur le bord de mer du secteur sud, en avant des casemates R 669 n°3 et 4, mais les emplacements ou cuves du projecteur, du mortier et des deux pièces antiaériennes ( n'y sont pas identifiables sans équivoque. Cette photographie montre à droite de la 3e casemate R 669, ou première casemate sud, une plate-forme en cuve octogonale de 12,2cm qu'elle recoupait un peu, déjà en place en 1943 avant la construction de la casemate, et qui semble abandonnée et avoir été remplacée par la plate-forme à gauche de la casemate. On voit aussi dans le secteur nord, au nord et au sud du poste de direction de tir, deux excavations carrées (celle au nord déjà présente en 1943), témoins d'aménagements non réalisés (abris?) Trois autres excavations carrées existaient dans le secteur sud à l'arrière des deux casemates R 669 n°3 et 4 et de leurs plates-formes, très visibles sur une photographie aérienne de détail de 1946 illustrant le rapport d’un français sur le mur de l’Atlantique et le Südwall 2 ; cette photographie montre aussi plus précisément la cuve abandonnée de 12,2 près de la 3e casemate R. 669 n°3 et les tranchées des postes de tir légers, de l'autre côté de la route. encadrant ces tranchées, on y repère aussi le tracé en arc de cercle de trois plates-formes provisoires qui avaient été disposées au bord de la côte pour les canons de 12,2 cm en attente de la construction des casemates et des plates-formes définitives.
En 1946 et en 1948, les restes des canons sabordés de 12,2 cm étaient encore en place sur la plate-forme ruinée de la casemate n°1 (au nord) et sur celle, en bon état, de la casemate n°4 (au sud). D'autres photographies du rapport de 1946 aériennes ou au sol, complètent l'information : une montre le canon sabordé de la plate-forme n°1, une autre montre la casemate de flanquement R 612 du sud, voisine d'une cuve pour pièce d'artillerie, plus petite que les plates-formes associées aux quatre casemates R 669.
[Vue d'un canon de 12,2cm sabordé sur la plate-forme n°1 de la batterie basse de l'Escalette],1946.
[Vue aérienne oblique du secteur sud de la batterie basse de l'Escalette, casemate de flanquement et cuve],1946.
Deux autres photographies du rapport de 1946 prises au sol montrent l'état des lieux du poste de direction de tir R 636 et de la casemate R 669 n° 4 : on y voit les dispositions de camouflage mises en œuvre pour rendre ces ouvrages de béton plus difficilement identifiables depuis le large : voile de ciment sur grillage, modelé avec rainures aléatoires simulant le rocher ou incorporant des blocs de roc irréguliers, et ensevelissement partiel, sur les côtés, des casemates et du poste de direction de tir, par un apport de remblais formant talus ou cônes d'éboulis en cailloux non stabilisés.
L'état des lieux de la batterie après guerre a subi diverses modifications entre les années 1950 et les années 2000. Les premières furent liées à l'intégration du secteur nord dans des parcelles privées avec aménagements. Vers 1956 d'un large bâti en RC de type salle de réception, à usage de discothèque a été construit autour de la 1ere casemate nord R 669, en l'incorporant sans la détruire; à la suite, dans la décennie 1960, les abords ont été aménagés pour la discothèque (parkings, terrasses) en dégageant les volumes du béton du poste de direction de tir des remblais qui les masquaient et de l'essentiel des voiles de camouflage. Ces remblais de camouflage ont également été déblayés autour des casemates R 669 n° 2 et n°4, et sur le côté nord de la casemate de flanquement R 612 du sud. En 1989-1990, la casemates R 669 n° 3, sa plate-forme et sa cuve abandonnée, ont été ensevelies sous une masse de remblais issue du chantier des travaux du métro de Marseille, et vers 2005, la cuve voisine de la casemate de flanquement R 612 du sud a été détruite3.
II- Description
L'état actuel de l'ancienne batterie allemande est à la fois assez peu diminué et largement remanié du fait de l'appropriation privée des casemates, plates-formes et poste de direction de tir. Les camouflages de surface de ces ouvrages de béton ne sont conservés que partiellement, pour ce qui est des parements en ciment modelé, et les élévations des casemates et du poste de direction de tir sont dans l'ensemble dégagées sur toutes leurs faces, mettant à nu le béton banché qui n'était pas destiné à être vu dans l'état semi-enterré et camouflé. De plus, depuis quelques années, les volumes extérieurs devenus entièrement apparents du poste de direction de tir et de la casemate R 669 n° 2 sont recouverts de tags et les abords, notamment l'ancienne discothèque enveloppant la casemate R 669 n° 1 sont à l'abandon, en partie vandalisés 4.
Le poste de direction de tir Regelbau 636 et la casemate Regelbau 669 n°2 vus de la mer
Le secteur nord de la batterie, entre la route littorale dite chemin des Goudes et la ligne de côte, actuellement divisée en deux parcelles privées inégales, conserve ses casemates et le poste du direction de tir. La première casemate R 669, au point le plus haut de la parcelle, est toujours en place incorporée dans le bâti abandonné et délabré de la discothèque construite en 1956; la création d'une large terrasse à usage de parking pour cet établissement, avec extension de plan en fer-à-cheval en balcon face à la mer a fait disparaître la plate-forme d'artillerie sabordée qui était associée à la casemate.
vue plongeante du secteur nord de la batterie: poste de direction de tir R636 encadré des casemates R669 n°1 et 2
vue aérienne du secteur nord de la batterie : casemate R612 et poste de direction de tir R636 encadré des casemates R669 n°1 et 2
Au nord de ces aménagements, la première casemate de flanquement R612 est conservée dans une parcelle privée indépendante, réoccupée par une maison. Cette casemate conforme au modèle-type, bloc à peu près cubique de 9 de large sur 9,50m de long, haut de 4,30m, comportant à l’angle à droite de la façade active et de l’embrasure, un mur de flanquement d’axe oblique assurant le défilement du canon contre les coups venus de la mer, est étroitement resserrée entre la route et l'escarpement de la ligne de côte. De ce fait, elle n'a jamais été masquée par des remblais sur ses faces latérales, à la différence des autres casemates, mais elle était entièrement revêtue d'un voile de camouflage (bien visible sur le photographies aériennes). Dans l'état actuel de cette casemate, le béton du bloc proprement dit est entièrement mis à nu, réenduit au ciment lisse et peint en blanc, l'embrasure transformée en fenêtre; seul le mur de flanquement conserve ce voile de camouflage en ciment modelé et rocaillé sur grillage.
La seconde casemate R 669, immédiatement au sud du poste de direction de tir, et en léger contrebas, est conforme au modèle-type par le plan hexagonal dont trois pans en façade active, (mais sans élargissement du mur de gorge) , par les angles adoucis et par l'organisation intérieure, limitée à la salle de tir qui accueillait le canon de 12,2cm et deux niches à munition symétriquement disposées à l'arrière de la salle de part et d'autre de l'entrée ménagé à la gorge, de gabarit large pour faciliter l'entrée ou l'évacuation du canon.
casemate R 669 n°2, façade active, camouflage ciment modelé en partie conservé
casemate R 669 n°2, intérieur, vu de la porte d'entrée à la gorge
A l'extérieur du bloc, le remblai latéral du côté nord est en partie conservé, mais été rechargé par un apport plus récent de matériaux de démolition; le voile de camouflage en ciment modelé subsiste sur le toit et en haut de la façade, au-dessus de l'embrasure et de son solin parapluie. A l'intérieur, le plafond de l'ensemble des volumes est revêtu de poutrelles en acier jointives toujours en place, mais les vantaux de la porte blindée et le blindage métallique de l'embrasure ont disparu.
La plate-forme extérieure associée à la casemate, sur laquelle pouvait être déplacée la pièce de 12,2 cm, est bien conservée, ainsi que le chemin de roulage intermédiaire, le tout entièrement en béton de ciment lissé. La plate-forme comporte un pivot central circulaire en légère saillie, dont le diamètre correspond à l'espacement des roues du de l'affût du canon, et un anneau périphérique en creux à fond plat, de plan octodécagonal régulier, dans lequel se faisait la rotation de la crosse de l'affût.
plate-forme associée à la casemate R 669 n°2, pour déplacer à ciel ouvert le canon de 12,2cm
Le poste de direction de tir, à peu près conforme au modèle-type Regelbau 636, à deux niveaux et au volume extérieur complexe, a fait en 1946 l'objet d'un relevé en plan et coupe dans le cadre du rapport déjà cité5.
[Plans et coupe du poste de direction de tir de la batterie basse de l'Escalette],1946.
Dans l'état actuel, il ne reste aucun vestige du voile de camouflage en ciment moulé et rocaillé qui revêtait l'ensemble, remplacé en quelque sorte par les tags peints de la décennie 2010.
Poste de direction de tir type Regelbau 636, dégagé des remblais et voile ciment de camouflage, front de tête
Poste de direction de tir type Regelbau 636, face latérale droite, fenêtres panoramiques des 2 niveaux.
Le plan de base extérieur est assez proche de celui des casemates R669, soit grossièrement un hexagone avec trois pans plus courts formant un front de tête, le pan central étant prolongé au niveau 1 par l'avancée en hémicycle du poste d'observation, avec fenêtre panoramique surmontée de son toit ou dalle de couvrement très épaisse en demi-coupole6.
Le côté gorge ou côté de l'entrée de l’ouvrage n'est pas un simple mur plan : il intègre dans sa moitié gauche un saillant flanquant qui génère un angle rentrant obtus et un flanc. Dans la moitié droite du mur de gorge, en retrait de ce saillant s’ouvrent les deux portes de l’ouvrage : à droite en hauteur, réservé en tranchée coudée à angle droit dans le bloc de béton, l’accès au local du télémètre (niveau 2) desservi par une échelle de fer fixe montant dans une réservation verticale en retrait de nu du mur. Cet accès formant chicane au niveau 2 dessert au passage, à droite, un tobrouk (Ringstand) intégré en superstructure de l'angle arrondi du mur de gorge. Plus à gauche de ce même mur de gorge, près de l’angle rentrant, s'ouvre la porte des locaux principaux du poste, au niveau 1 du bloc proprement dit, porte contrôlée immédiatement à gauche, dans le flanc du saillant, par un créneau ou embrasure de défense ébrasé en trémie desservi depuis un réduit interne ou caponnière (Nahkampfraum). La porte et l’embrasure sont abritées sous un pan coupé du bloc porté en encorbellement sur poutrelles métalliques au-dessus de l'angle rentrant.
Poste de direction de tir type Regelbau 636, côté gorge,porte du niveau 1, saignée d'accès au niveau 2 desservant le tobrouk intégré.
Poste de direction de tir R 636, côté gorge, porte du niveau 1 flanquée d'un saillant à créneau, saignée d'accès avec échelle au niveau 2
La porte d’entrée, au seuil surélevé et sans vantail, descend par un escalier de 6 marches dans un sas en chicane plafonné en plaques de métal, contrôlé dans l’axe de l’escalier par un créneau de défense interne7 à volet coulissant métallique avec système de verrouillage, desservi depuis la salle centrale ou salle de calcul.
Poste de direction de tir R 636, côté gorge, détail de la porte et du couloir d'entrée du niveau 1, avec créneau de défense interne
Poste de direction de tir R 636, intérieur, détail du créneau de défense interne de l'entrée a volet coulissant
Poste de direction de tir R 636, intérieur du niveau 1. Salle centrale : porte d'entrée, créneau de défense interne, porte d'accès aux locaux aveugles du tiers droit
Première distribuée par le sas, cette salle, de plan rectangulaire (4,70m x 5, 30m), pavée de carreaux céramique et plafonnée comme les autres locaux du bloc en plaques de métal liaisonnées par des IPN, dessert secondairement par une porte dans l'angle, près du créneau, les trois travées de locaux aveugles logés dans le tiers droit du bloc, qui étaient dévolues aux communications : radio, téléphonie, et à une chambre d’officier. Du côté opposé à l'entrée, la salle de calcul dessert, en tête du bloc, par une porte blindée (disparue) avec montée de cinq marches, le poste d’observation, de plan intérieur hexagonal bas sous son plafond en béton banché sans revêtement métallique. La fenêtre horizontale panoramique, très peu élevée, pourvue des restes d'une menuiserie métallique, crée un porte-à-faux de la dalle de couvrement, que ne déleste aucun support intermédiaire.
Du côté opposé de ce niveau 1 du bloc, le couloir d'entrée en deux segments formant sas anti-gaz, recoupés de deux portes blindées, dessert après la porte de la salle les autres locaux contenus dans le tiers gauche du bloc et dans le saillant flanquant de la gorge.
Poste de direction de tir R 636, intérieur, sas anti-gaz du couloir d'entrée du niveau 1
Le local principal, aveugle, à droite du couloir, de plan pentagonal allongé, était affecté la chambre du personnel, qui pouvait accueillir 9 lits. Ses parois en béton banché conservent les restes des bandes verticales en fer plaquées régulièrement espacées sur lesquelles pouvait être accroché le mobilier, dont des étagères, certaines encore en place.
Du côté gauche du couloir, le premier des deux petits locaux logés dans le saillant est la caponnière de flanquement de la porte d'entrée, avec son créneau à volet coulissant métallique verrouillable, une vanne de ventilation et une étagère; le second, plus petit, abritait la chaufferie.
Poste de direction de tir R 636, intérieur du niveau 1, caponnière de flanquement à créneau de la porte d'entrée, dans le saillant du mur de gorge
Poste de direction de tir R 636, intérieur du niveau 1, local de la chaufferie dans le tiers gauche du bloc
Au niveau 2, Le poste de télémétrie, consiste en une cuve de plan rectangulaire(4 X4,80m) réservée en renfoncement de 1,10m dans le dessus de la dalle de couvrement de la salle centrale du niveau 1 (2,55 m d'épaisseur de béton); des niches placard étant réservées dans le mur d'appui du côté gorge. Ce local dessert une fenêtre panoramique continue sur ses quatre côtés recoupée de quelques petits panneaux occultants maçonnées (rapportés?) non porteurs, sous une large dalle de béton armé de plan à peu près carré (7,80m X8m) ceinturée de fer à la base, avec plafond surhaussé au-dessus du local proprement dit. Cette dalle, deux fois moins épaisse (donc moins lourde) que ne l'indique le relevé de 1946, porte principalement sur quatre minces potelets d'angle en acier.
Poste de direction de tir R 636, intérieur du niveau 2, poste de télémétrie avec fenêtre panoramique continue
Poste de direction de tir R 636, niveau 2, entrée du poste de télémétrie avec fenêtre panoramique continue
Dans le secteur sud de la batterie, subsiste la casemate R 669 n° 4, réaménagée en local d'habitation, plus remaniée que la n°2 , mais conservant le camouflage en voile ciment modelé de ca façade active, autour de l'embrasure (transformée en porte). Le raccord de ce camouflage avec le reste des parements en béton banché témoigne de la limite des remblais rapportés qui ensevelissait les côtés de cette casemate dans l'état initial.
Le mur de gorge a perdu son camouflage et la porte est occultée par une cahutte en appentis rapportée. En revanche, la plate-forme associée pour le tir à ciel ouvert et le chemin de roulage en arc de cercle entre casemate et plate-forme sont bien conservés.
Secteur sud de la batterie, casemate Regelbau 669 n°4, côté gorge, et plate-forme de tir associée avec chemin de roulage
Secteur sud de la batterie, détail de la plate-forme de tir associée à la casemate Regelbau 669 n°4
Cette plate-forme est semblable à celle de la position de canon de 12,2cm n°2 , mais elle comporte en plus trois soutes à munitions disposées sur trois côtés de l'octogone extérieur de la plate-forme. Ces soutes sont en relief, du fait de l'absence de mur d'appui, les plates-formes d'artillerie de 12,2 cm de cette batterie ne pouvant de ce fait être qualifiées de cuves.
A l'extrémité sud de la batterie, la seconde casemate de flanquement R612 est bien conservée, moins remaniée que celle du nord. Sa face latérale gauche (soit à droite de la façade active à embrasure) est encore masquée par le remblai de terre et cailloutis massé lors de la construction d'origine.
Le voile de camouflage en ciment modelé est largement conservé partout ou il avait été mis en œuvre, soit sur la façade active, autour de l'embrasure (couverte de son solin parapluie), sur le mur de flanquement oblique défilant l'embrasure du côté de la mer, et sur la façade du mur de gorge élargi. De ce côté, le camouflage se dégrade progressivement, remettant à jour le parement sous jacent en béton banché.
Le flanc droit de la casemate en béton banché (à droite du mur de gorge) n'a jamais reçu de camouflage, car il était masqué, (comme l'est encore le flanc opposé) par un remblai de cailloutis couvrant bien visible sur la photographie de cette casemate en 1946, et aujourd'ui déblayé. En avant de ce flanc droit et du mur de gorge subsistent des ruines d'un mur en partie en pierre sèche qui revêtait la cuve polygonale de pièce d'artillerie qui existait de ce côté avant sa démolition vers 2005 (voir photo de 1946).
La batterie basse de l'Escalette a été construite essentiellement en 1944 par l'occupant allemand dans le cadre du Südwall, au bord du littoral, en contrebas et à distance de la batterie français de l'Escalette datant de 1893-1894. Batterie neuve prise en charge par l’armée de terre allemande (Heer), comme point d'appui lourd (Stp : Stützpunkt ), elle était en 1944 la 5° des batteries occupées par le 1291e Régiment d’Artillerie Côtière de la Heer (H.K.A.R.), d’où son nom de code Stp MAR 183 H,5./ H.K.A.R. 1291. L’armement, installé dès 1943 sur des positions provisoires, se composait de quatre canons de 12,2 cm russes K390 (r) sur roues, de 12 km de portée pour lesquels furent construites en 1944 quatre casemates type Regelbau 669, au bord de la route côtière, deux au nord de la calanque de l'Escalette, deux au sud, servies par un poste de direction de tir (Leistand) Regelbau 636, implanté entre les deux premières casemates R 669 nord. Les casemates R 669 étaient complétées chacune d'une plate-forme pour y déplacer le canon et le placer à ciel ouvert en permettant une rotation à 360°. La défense rapprochée était assurée par deux canons de 7,5 cm yougoslaves sous casemate de flanquement Regelbau 612 contrôlant la route à l'entrée (nord) et à la sortie (sud) de la batterie. L'armement comportait en outre deux canons antiaériens (Flak) de 3,7 cm, un projecteur de 150 cm pour les tirs de nuit, trois mitrailleuses lourdes (dans des Ringstand ou tobrouks), trois mitrailleuses légères (desservies depuis des postes de tir en tranchées) et un mortier. Pour être moins visibles depuis le large, les casemates et le poste de direction de tir étaient masquées latéralement par des apports de remblai et camouflés par un voile de ciment modelé simulant le rocher.
Après la guerre, la batterie évacuée fut lotie en parcelles privées. Le secteur nord fut aménagé en 1956 pour une discothèque, dont le bâti enveloppa la première casemate R669. Le poste de direction de tir et une partie des casemates furent dégagés des remblais qui les masquaient en partie. La casemate n°3 (secteur sud), sa plate-forme et une cuve provisoire attenantes ont été ensevelies en 1989-1990 sous une masse de remblais provenant d'un chantier marseillais.
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Période(s)
- Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques, daté par source
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Dates
- 1943, daté par source
- 1944, daté par source
L'état actuel de l'ancienne batterie allemande est à la fois assez peu diminué et largement remanié du fait de l'appropriation privée des casemates, plates-formes et poste de direction de tir. Le secteur nord de la batterie, entre la route littorale dite chemin des Goudes et la ligne de côte, conserve la première casemate de flanquement R 612, transformée en maison, les deux casemates R 669, la première incluse dans le bâti abandonné de la discothèque, et entre les deux le poste du direction de tir R 636, bien dégagé. Dans le secteur sud, subsistent la 4e casemate R 669 et la seconde casemate de flanquement R612. Les plates-formes d'artillerie à ciel ouvert pour les canons de 12,2cm associées aux casemates R 669, en béton de ciment lissé, de plan extérieur octogone, ne sont conservées que sur les positions n° 2 et n°4, avec le chemin de roulage en arc de cercle les reliant à leur casemate. Casemates et poste de direction de tir sont conformes à leur modèle de la typologie Regelbau. Inégalement remaniés, ces ouvrages ne conservent qu'une partie limitée de leur voile de camouflage en ciment modelé, et ont été largement dégagées des remblais qui masquaient leurs faces latérales. Les dispositions et les volumes complexes du poste de direction de tir à deux niveaux sont très lisibles et bien conservées, en dépit du vandalisme (tags, portes supprimées). Le front de tête, face au large, abrite au niveau 1 le poste d’observation en hémicycle au dehors avec fenêtre horizontale panoramique. Le mur de gorge offre un saillant flanquant dans sa moitié gauche, avec créneau défendant la porte d'entrée du niveau 1, abritant des locaux casematés aveugles (salle de calcul, locaux de télécommunication, chambre du personnel, caponnière du saillant). La moitié droite du même mur accueille l'accès au niveau 2, par échelle de fer et passage en chicane desservant au passage un tobrouk intégré dans l'angle du bloc. Le niveau 2, ancien poste de télémètrie, au-dessus du bloc, est un local carré à fenêtre panoramique continue couvert d’une dalle sur poteaux métalliques d’angle.
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Murs
- béton béton armé enduit d'imitation
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Toitsbéton en couverture
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Couvrements
- dalle de béton
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Typologies
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État de conservationbon état
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Statut de la propriétépropriété privée
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Intérêt de l'œuvreà signaler
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Sites de protectionsite classé, parc naturel national
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Protections
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Précisions sur la protection
Massif des calanques classé au titre des sites par arrêté du 27 décembre 1976
- (c) IGN
- (c) IGN
- (c) Ministère de la Défense
- (c) Ministère de la Défense
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- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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[Vue aérienne verticale de Marseille, quartiers de la Pointe Rouge et de la Madrague de Montredon.] / Photographie, décembre 1943. Institut Géographique National, Saint-Mandé.
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[Vue aérienne verticale de Marseille, calanques de Samena et de l'Escalette]. / Photographie, 1948. Institut Géographique National, Saint-Mandé.
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[Vue aérienne oblique du secteur sud de la batterie basse de l'Escalette, casemates et plates-formes n°3 et 4]./ Photographie, 1946. Dans : "Catalogue général des constructions allemandes sur les côtes de France. Livres VIII et IX : installations de défense de la côte méditerranéenne de la frontière italienne au Rhône, 1946-1949." / Yves Marie Fernand Pinczon du Sel. Service Historique de la Défense, Vincennes: Marine, MV 2 DOC 7bis (photos pl. 108/VIII).
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[Vue d'un canon de 12,2cm sabordé sur la plate-forme n°1 de la batterie basse de l'Escalette]. / Photographie, 1946. Dans : "Catalogue général des constructions allemandes sur les côtes de France. Livres VIII et IX : installations de défense de la côte méditerranéenne de la frontière italienne au Rhône, 1946-1949." / Yves Marie Fernand Pinczon du Sel. Service Historique de la Défense, Vincennes: Marine, MV 2 DOC 7bis (photos pl. 108/VIII).
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[Vue aérienne oblique du secteur sud de la batterie basse de l'Escalette, casemate de flanquement et cuve]. / Photographie, 1946. Dans : "Catalogue général des constructions allemandes sur les côtes de France. Livres VIII et IX : installations de défense de la côte méditerranéenne de la frontière italienne au Rhône, 1946-1949." / Yves Marie Fernand Pinczon du Sel. Service Historique de la Défense, Vincennes: Marine, MV 2 DOC 7bis (photos pl. 108/VIII).
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[Vues du poste de direction de tir et de la casemate de 12,2cm n°4 de la batterie basse de l'Escalette]. / Photographie, 1946. Dans : "Catalogue général des constructions allemandes sur les côtes de France. Livres VIII et IX : installations de défense de la côte méditerranéenne de la frontière italienne au Rhône, 1946-1949." / Yves Marie Fernand Pinczon du Sel. Service Historique de la Défense, Vincennes: Marine, MV 2 DOC 7bis (photos pl. 108/VIII).
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[Plans et coupe du poste de direction de tir de la batterie basse de l'Escalette]. / Tirage, 1946. Dans : "Catalogue général des constructions allemandes sur les côtes de France. Livres VIII et IX : installations de défense de la côte méditerranéenne de la frontière italienne au Rhône, 1946-1949." / Yves Marie Fernand Pinczon du Sel. Service Historique de la Défense, Vincennes : Marine, MV 2 DOC 9, t. 1, pl. 013
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.
Docteur en archéologie médiévale, historien de l'architecture et de la fortification, spécialiste de castellologie médiévale. Chargé de l'étude du patrimoine fortifié pour l'Inventaire général du patrimoine culturel de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 2003 à 2026.