Dossier d’œuvre architecture IA06004236 | Réalisé par
  • inventaire topographique
maison de maître
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays de Vence
  • Commune La Gaude
  • Adresse 9 voie communale des Trigans
  • Cadastre 1834 D 708 ; 709  ; 2021 BC 46
  • Dénominations
    maison
  • Genre
    de maître
  • Parties constituantes étudiées
  • Parties constituantes non étudiées
    cellier, citerne, resserre

Commentaire historique

Cette maison, vraisemblablement construite durant le 18e siècle, fait partie d'une propriété comprenant plusieurs bâtiments : la maison de maître et une ferme qui en dépend (non étudiée). L’ensemble est regroupé sur plusieurs parcelles mitoyennes qui appartenaient à la famille Boniffacy, probablement déjà au 18e siècle.

La maison signale plusieurs dates sur des pierres manifestement utilisées en remploi : la clé de l'encadrement de l’entrée du logis porte l'inscription « 1775 A.B. » et un moellon de la chaine d’angle de la terrasse en présente une autre un peu plus tardive, avec les mêmes initales : « A.B. 1792 ». Or, ces deux parties n’existaient pas encore sur le cadastre de 1834, ce qui induit un ajout postérieur. En 1834, elle appartient à Dominique Boniffacy, négociant à Nice. A cette époque, il s’agissait déjà d’une maison d’importance, puisqu’elle est inscrite à la première classe du cadastre. Au sud de celle-ci, se développait un jardin avec un puits et une garenne (clapier à lapins). Sur la parcelle adjacente (D 706), la ferme dépendant de la maison comprenait un logis pour les métayers avec une dépendance agricole accolée et une aire à battre dans l’angle des deux bâtiments. Autour de cet ensemble, un terrain d’une superficie de 1,1520 hectare était planté d’oliviers en terrasses (D 712). Le domaine comptait également un bois en contrebas de ce dernier (D 711), le long de la rivière de la Cagne, ainsi que plusieurs autres terrains cultivables dans d’autres quartiers du village. La propriété foncière de Dominique Boniffacy s’étendait en totalité à 11 1330 hectares à La Gaude et lui rapportait 334 francs. Celle-ci s'étendit au cours du 19e siècle jusqu'à atteindre 13 1330 hectares pour un revenu d’environ 450 francs, notamment grâce à l’acquisition entre 1875 et 1886 de terrains d’oliviers et de vignes dans l’environnement immédiat de la ferme (D 701, 710, 713,714, 715, 716, 717). Un puits-citerne a été construit sur la parcelle 712 pour l’irrigation des cultures, probablement dans la seconde moitié du 19e siècle ou au début du 20e siècle.

La maison fut embellie, sans doute à la même période. En 1913, elle appartient à Hyppolythe et Emile Boniffacy (1874-1962) qui ne l'occupent vraisemblablement qu'en tant que résidence secondaire, en raison de leurs fonctions à Grasse et Aix à cette époque. En effet, Emile Boniffacy était une personnalité notable de La Gaude dont il fut maire de 1908 à 1919, mais également de la région en sa qualité d’avocat (docteur en droit à Aix-Marseille en 1901, président du Tribunal civil de Grasse de 1936 à 1940, substitut du procureur de la République, président honoraire du tribunal de Grasse) et d’érudit local. Il fit construire une luxueuse villa à Grasse IA06004204 vers 1906, représentative de son statut social, où il travaillait et résidait très probablement le plus souvent. Une photo de la maison prise vers 1910 dans sa disposition actuelle témoigne de son embellissement, ayant eu lieu au plus tard à cette date. Un soin particulier a été apporté aux façades orientale (côté jardin) et occidentale (côté rue), tout en conservant les façades latérales dans leur caractère d’origine. La maison a été surélevée au niveau central. Un porte-drapeau a été intégré au-dessus de la porte d’entrée, signalant la fonction officielle de son propriétaire. Côté jardin, une terrasse a été construite au-dessus d’une citerne récupérant directement l’eau du puits.

Aujourd'hui, la maison est toujours occupée par intermittence.

Analyse architecturale

Cette maison de maître se situe au quartier de Trigan, à l’angle de la voie communale des Trigans et de l’ancien chemin de Vence (actuel voie communale des Maires), sur un axe ancien du village, en contrebas du cœur de l’actuel bourg.

Construite perpendiculairement à la pente, sans mitoyenneté, elle s’élève sur 5 niveaux : deux étages de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble en surcroît. La maison est construite en maçonnerie de moellons calcaire avec les chaînes d’angles en moellons légèrement équarris. Les façades latérales (murs-pignons) présentent un enduit à pierre vue, tandis que les façades occidentales et orientales (murs gouttereaux) ont été recouvertes plus tardivement d’un enduit lisse jaune, à l’exception du soubassement de la façade orientale qui présente un faux-appareil cimenté.  

Au premier niveau de l’élévation sud (premier étage de soubassement), la porte du cellier possède un encadrement en brique en arc segmentaire avec piédroits harpés et appui en pierre de taille calcaire. La porte en bois est constituée de planches horizontales cloutées. L’ancienne porte d’entrée sur la façade principale côté est (deuxième étage de soubassement), au premier niveau de l’élévation, est en arc segmentaire façonné au mortier. Elle est incluse dans la partie de la façade enduite d’un faux-appareil. L’actuelle porte du logis (au rez-de-chaussée surélevé), côté montée du Trigan à l'ouest, est accessible par un volet de trois marches en pierres de taille calcaire, tout comme l’encadrement de la porte. Celle-ci est couverte d’un arc segmentaire avec l'inscription « A.B. 1775 » gravé sur sa clé. Les cinq baies de cette façade (une au rez-de-chaussée surélevé et quatre à l'étage carré) présentent des encadrements et des bases moulurés. Elles sont occultées par des persiennes. La façade est rythmée par un bandeau mouluré séparant chaque niveau, le bandeau central présentant la même modénature que les bases des baies. Par ailleurs, un large bandeau vertical mouluré encadre les extrémités nord et sud de la façade. Un porte-drapeau a été ajouté au-dessus de la porte d’entrée du logis, indiquant les fonctions officielles de son occupant. La toiture à long pans était initialement couverte de tuiles creuses, mais a récemment été remplacée par des tuiles plates mécaniques. L’avant-toit est constitué de deux rangs de génoises peintes en blanc tandis que la toiture déborde en saillie de rive.

Le premier étage de soubassement, accessible depuis le mur-pignon sud, accueille un cellier avec cuves vinaires et pressoirs dans des espaces voutés. Le deuxième étage de soubassement comportait une resserre, où était stockée la production de vin, ainsi qu’une partie du logis, notamment la cuisine (non visitée, témoignage oral). L’entrée se faisait initialement à ce niveau, dans l’angle sud-est de la maison. Le rez-de-chaussée surélevé et l’étage carré accueillent le logis et sont desservis par un escalier de distribution intérieur. La partie centrale de la maison a été surélevée d'un étage de comble en surcroît, probablement pour accueillir une extension de logis.

Une terrasse a été aménagée au sud de la maison au-dessus d’une citerne. Ses murs sont en maçonnerie de moellons calcaire avec de nombreuses inclusions de cailloux. Un enduit rustique est encore visible sur certaines parties du mur. Au sud-ouest, la chaîne d’angle harpée est en moellons légèrement équarris, avec l’un d’entre eux portant l’inscription « A.D. 1792 ».

Cette maison, vraisemblablement construite durant le 18ème siècle, fait partie d'une propriété comprenant plusieurs bâtiments : la maison de maître et une ferme qui en dépend (non étudiée). Plusieurs dates sont inscrites sur des pierres manifestement utilisés en remploi : la clé de l'encadrement de l’entrée du logis porte l'inscription « 1775 A.B. » et un moellon de la chaîne d’angle de la terrasse en présente une autre un peu plus tardive, avec les mêmes initiales : « A.B. 1792 ». Or, ces deux parties n’existaient pas encore sur le cadastre de 1834, ce qui induit un ajout postérieur. En 1834, elle appartient à Dominique Boniffacy, négociant à Nice.

La maison fut embellie, sans doute à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle, peut-être lorsqu'elle appartenait à Emile Boniffacy, maire de La Gaude de 1908 à 1919. Une photo de la maison prise vers 1910 dans sa disposition actuelle témoigne de son embellissement, ayant eu lieu au plus tard à cette date. Aujourd'hui, la maison est toujours occupée par intermittence.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 18e siècle
    • Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle , (incertitude)

Cette maison de maître se situe au quartier du Trigan. Construite perpendiculairement à la pente, sans mitoyenneté, elle s’élève sur 5 niveaux : deux étages de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble en surcroît. Un escalier intérieur dessert les quatre derniers niveaux. La maison est construite en maçonnerie de moellons calcaire avec les chaînes d’angles en moellons légèrement équarris. Les façades latérales (murs-pignons) présentent un enduit à pierre vue, tandis que les façades occidentales et orientales (murs gouttereaux) ont été recouvertes plus tardivement d’un enduit lisse jaune. La toiture à long pans était initialement couverte de tuiles creuses, mais a récemment été remplacée par des tuiles plates mécaniques. L’avant-toit est constitué de deux rangs de génoises peintes en blanc tandis que la toiture déborde en saillie de rive. Une terrasse a été aménagée au sud de la maison au-dessus d’une citerne.

  • Murs
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
  • Toits
    tuile creuse, tuile plate mécanique
  • Étages
    2 étages de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
  • Couvrements
    • voûte en berceau
  • Couvertures
    • terrasse
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Typologies
    A1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse
  • Représentations
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de La Gaude, 1837-1913. / Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03P_0566.

    Folios 141-142.
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de La Gaude, 1911-1930. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03P_0571.

    Folio : 28.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de La Gaude, 1834. / Dessin à l’encre sur papier, par Me Sabatier, 1834. Échelle 1/2500e. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice :  25FI 065 1 D.

    Section D, parcelles 708-709.
  • 356 – LA BASSE-GAUDE (Alpes-Maritimes). / Carte postale en noir et blanc, vers 1900. La Gaude : collection particulière.

    [Vue prise de l'ouest]. [La maison se situe au premier plan au centre de la photo].
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) SIVOM Pays de Vence
Articulation des dossiers
Parties constituantes