Dossier d’œuvre architecture IA06004230 | Réalisé par
  • inventaire topographique
ferme
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays de Vence
  • Commune La Gaude
  • Adresse 11 rue Roger Avon
  • Cadastre 1834 D 120; 121; 122; 123; 124; 125  ; 2021 BD 186
  • Dénominations
    ferme
  • Parties constituantes non étudiées
    remise agricole, aire à battre, étable, fenil, séchoir

Commentaire historique

La création de cette ferme remonte probablement à l’époque Moderne. Plusieurs collages sont visibles sur les élévations ouest et est, témoignant des agrandissements successifs de cette propriété. L’emprise actuelle du bâti est la même que celle du plan cadastral de 1834. La ferme se composait alors d’une maison de 230 mètres carrés avec patèque (parcelle D 122), d’une aire à battre  de 131 m2 (D 123), d’un hangar de 37 mètres carrés (D 124), d’un labour de 770 mètres carrés (D 125) et de deux jardins de 200 mètres carrés (D 120 et 121). A cette époque, elle appartenait à Charles Garbies, hoir à La Gaude. La matrice cadastrale atteste de ses autres possessions qui s’étendaient sur l’ensemble de la commune. Ses principaux revenus étaient assurés par ses terrains cultivés de vignes et d’oliviers, mais aussi par des bois, des labours, des pâtures et des près, dont la superficie totale s’étendait à environ 11 hectares. Dans le village, la maison IA06004225 avec son hangar lui appartenait, ainsi qu’un entrepôt agricole et plusieurs aires à battre. La valeur totale de ses biens s’élevait à 226.84 francs. En 1839, sa propriété est morcelé jusqu'en 1904, date à laquelle l'ensemble des parcelles composant la ferme sont rassemblées par la famille Simond, qui en est toujours propriétaire à l’heure actuelle.

La ferme n’est plus exploitée depuis la seconde moitié du 19ème siècle (témoignage oral). Les parties hautes de la maison dédiées initialement au stockage ont été convertie en logis, peut-être au début du 20ème siècle. Une aquarelle du peintre japonais Minoru Okada (1888-?), ayant vécu au dernier étage de la maison entre 1930 et 1940 atteste de la réaffectation de la partie nord de la maison en logis, au moins à cette période. La fenêtre percée dans le mur-pignon nord existait déjà. L’escalier de la façade occidentale résulte d’un ajout récent, de même que le porche avec l’arcade en anse-de-panier.

[La Gaude. La maison Simond à la Pagane]. [La Gaude. La maison Simond à la Pagane].

Analyse architecturale

Cette ferme se situe dans la partie nord-est du village, quartier Pagane. Le bâtiment principal est constitué d’une maison-bloc en hauteur de trois niveaux, implanté perpendiculairement à une légère pente. La maison est entourée de jardins au nord, à l’est et à l’ouest et d’une remise agricole ouverte sur une aire à battre à l’est. Deux entrées permettent d’accéder à la propriété : la première par un portail au sud-ouest de la maison, la seconde par une porte à l’est, rue Roger Avon, menant à la maison par le jardin.

Vue d'ensemble prise de l'est avec le batiment du logis au fond et la remise à fouler avec l'aire à battre au premier plan. Vue d'ensemble prise de l'est avec le batiment du logis au fond et la remise à fouler avec l'aire à battre au premier plan.

Bâtiment principal

Le bâtiment du logis résulte de l’augmentation de deux extensions accolées au nord d’une première maison-bloc. Il se compose d’un étage de soubassement, d’un rez-de-chaussée surélevé et d’un étage en surcroit. Trois entrées, correspondant aux trois volumes successifs, permettent d'y accéder : les deux premières sont au premier niveau de l'élévation ouest, la dernière au premier niveau de l'élévation est, accessible par un degré de quelques marches droites construites en carreaux de terre cuite et recouvertes de moellons calcaire moyennement équarris.

Bâtiment du logis. Vue de l'élévation est prise du nord-est. Bâtiment du logis. Vue de l'élévation est prise du nord-est. Bâtiment du logis. Partie nord, élévation est. Escalier d'accès au logis.Bâtiment du logis. Partie nord, élévation est. Escalier d'accès au logis.

Cette maison-bloc est construite en maçonnerie de moellons calcaire, y compris les chaines d’angles. Elle est couverte d’un enduit rustique plus ou moins couvrant selon les adjonctions, laissant les pierres visibles le plus souvent et ponctué de nombreuses inclusions de cailloux, galets et briques.

Bâtiment du logis. Partie centrale et partie nord, élévation est. Bâtiment du logis. Partie centrale et partie nord, élévation est. Bâtiment du logis. Partie nord, élévation ouest, deuxième et troisième niveaux. Bâtiment du logis. Partie nord, élévation ouest, deuxième et troisième niveaux. Bâtiment du logis. Elévation nord.Bâtiment du logis. Elévation nord.

Certaines parties présentent un enduit au mortier de gypse, comme celle obstruant l’ancienne baie fenière au troisième niveau de la façade occidentale. La majorité des ouvertures ont été façonnées au mortier, mais cela ne semble pas correspondre à leur forme primaire. Quelques-unes sont en briques avec des arcs segmentaires (baies occidentales au deuxième niveau de la partie sud et de la partie centrale), voire déprimés (portes de la remise et du vestibule de l’étage de soubassement). D’autres présentent un linteau en bois (baies de l’étage en surcroit et porte de l’étable nord).

La toiture à longs pans est couverte de tuiles creuses, à l’exception de la partie sud de la maison, transformée en terrasse. Les avant-toits sont constitués d’un rang de génoise qui se prolonge sur le mur-pignon nord par une corniche, avec le passage de la chaine d’angle traité en éventail.

Bâtiment du logis. Partie nord, angle nord-est, troisième niveau. Détails de la toiture, de l'avant-toit avec un rang de génoise qui se poursuit sur le mur-pignon nord par une corniche de génoise.Bâtiment du logis. Partie nord, angle nord-est, troisième niveau. Détails de la toiture, de l'avant-toit avec un rang de génoise qui se poursuit sur le mur-pignon nord par une corniche de génoise.

L’étage de soubassement comprend des éléments distincts pour chaque bloc : à l’est une resserre et une étable à cochon, au centre un vestibule, accueillant autrefois un escalier intérieur, suivi à l'est d'une étable accessible par un degré de quelques marches, au nord une seconde étable. La loge à cochon est couverte d’une voûte en plein cintre et les étables d’une voûte coffrée en berceau segmentaire. Celle au centre est actuellement accessible depuis l’ouest, mais l’était initialement depuis le sud, là où fut aménagé ultérieurement la loge à cochons. L’accès à l’étable nord se trouve à l’est. Un jour d’aération se situe à l’opposé de chaque entrée.

Bâtiment du logis. Etage de soubassement, partie centrale, étable. Vue de volume prise de l'ouest.Bâtiment du logis. Etage de soubassement, partie centrale, étable. Vue de volume prise de l'ouest.

Le rez-de-chaussée surélevé comprend le logis. Il était initialement desservi par un escalier droit dans-œuvre mais a été remplacé par un escalier extérieur droit parallèle à la façade ouest. Chaque bloc communique depuis l’intérieur, mais des décalages de niveaux témoignent du cloisonnement entre la partie nord et la partie centrale à l’origine. Dans le salon de celle-ci, une cheminée à manteau est adossée au mur nord. Elle est flanquée à droite d'une banquette en maçonnerie et, dans l'angle nord-est de la pièce, d'une cuve à lessive (bugadier) intégrée dans une construction maçonnée.

Batiment du logis. Partie centrale, rez-de-chaussée surélevé, salon. Vue de la cheminée avec la banquette maçonnée et le bugadier. Batiment du logis. Partie centrale, rez-de-chaussée surélevé, salon. Vue de la cheminée avec la banquette maçonnée et le bugadier.

L’étage en surcroit accueillait initialement séchoirs et fenil. Les traces d’une ancienne baie feniere sont visibles sur la façade occidentale, dans la partie centrale de la maison. La partie sud ne possède pas d’étage en surcroit.

Batiment du logis. Partie centrale, élévation ouest, deuxième et troisième niveaux. Vue de l'ancienne baie feniere. Batiment du logis. Partie centrale, élévation ouest, deuxième et troisième niveaux. Vue de l'ancienne baie feniere.

Dépendances agricoles

La partie sud du terrain permet d’accéder à la remise d’aire à fouler. Couvrant en partie une aire à battre, celle-ci pouvait à la fois servir de lieu de foulage abrité d’éventuelles intempéries, mais également être utilisée comme lieu de stockage pour les marchandises foulées ou sur le point de l’être.

Remise d'aire à fouler. Vue d'ensemble prise du sud-ouest.Remise d'aire à fouler. Vue d'ensemble prise du sud-ouest.Remise d'aire à fouler et aire à battre. Vue d'ensemble prise du sud.Remise d'aire à fouler et aire à battre. Vue d'ensemble prise du sud.

De plan allongé, elle est construite sur un niveau. Son mur nord est percé d’une porte agricole à l’est, pourvue d’un encadrement en briques en arc segmentaire, doublée d’un linteau droit monolithe à l’intérieur. L’élévation sud est constituée de deux grandes arcades en anse-de-panier en moellons calcaires, probablement ajoutées à posteriori de part et d’autre d’un pilier central encore visible. Les murs sont construits en moellons calcaire liés au mortier de gypse, avec inclusions de cailloux. Le sol est pavé de carreaux de terre cuite, localement appelés "feuillets". Une charpente, constituée d’une panne sur chevrons soutenue par trois poutres qui pénètrent les élévations nord et sud, soutient un toit en appentis couvert de tuiles creuses.

Remise d'aire à fouler. Rez-de-chaussée. Mur nord, entrée. Remise d'aire à fouler. Rez-de-chaussée. Mur nord, entrée. Remise d'aire à fouler. Rez-de-chaussée. Murs nord, est et pilier sud. Vue de volume prise de l'ouest. Remise d'aire à fouler. Rez-de-chaussée. Murs nord, est et pilier sud. Vue de volume prise de l'ouest.

L’aire à battre, accessible uniquement en traversant la remise, est fermée par des murets surplombant la rue. Elle est pavée de carreaux de terre cuite disposés en chevrons.

Aire à battre. Vue d'ensemble prise du nord-ouest depuis la remise d'aire à fouler. Aire à battre. Vue d'ensemble prise du nord-ouest depuis la remise d'aire à fouler. Vue d'ensemble prise de l'est depuis la rue Roger Avon avec le mur de l'aire à battre au premier plan et le batiment du logis en arrière plan. Vue d'ensemble prise de l'est depuis la rue Roger Avon avec le mur de l'aire à battre au premier plan et le batiment du logis en arrière plan.

La création de cette ferme remonte probablement à l’époque Moderne. Plusieurs collages sont visibles sur les élévations ouest et est, témoignant des agrandissements successifs de cette propriété. L’emprise actuelle du bâti est la même que celle du plan cadastral de 1834. La ferme se composait alors d’une maison, d’une aire à battre, d’un hangar, d’un labour et de deux jardins.

La ferme n’est plus exploitée depuis la seconde moitié du 19ème siècle (témoignage oral). Les parties hautes de la maison dédiées initialement au stockage ont été convertie en logis, peut-être au début du 20ème siècle. L’escalier de la façade occidentale résulte d’un ajout récent, de même que le porche avec l’arcade en anse-de-panier.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle , (incertitude)
    • Secondaire : 1ère moitié 20e siècle, 4e quart 20e siècle , (incertitude)

Cette ferme se compose d'une maison-bloc en hauteur, d'une remise agricole ouverte sur une aire à battre à l'est et de jardins entourant la maison au nord, à l'est et à l'ouest.

Le bâtiment du logis résulte de l’augmentation de deux extensions accolées au nord d’une première maison-bloc. Il se compose d’un étage de soubassement, d’un rez-de-chaussée surélevé et d’un étage en surcroit (sauf pour la partie sud). Cette maison-bloc est construite en maçonnerie de moellons calcaire, y compris les chaînes d’angles. Elle est couverte d’un enduit rustique plus ou moins couvrant selon les adjonctions, laissant les pierres visibles le plus souvent et ponctué de nombreuses inclusions de cailloux, galets et briques. La toiture à longs pans est couverte de tuiles creuses, à l’exception de la partie sud de la maison, transformée en terrasse. L'étage de soubassement dédié à un usage agricole, est couvert de voûte en berceau segmentaire et en plein-cintre. Un escalier droit assurait initialement la distribution intérieure.

La remise d’aire à fouler couvre en partie l'aire à battre. De plan allongé, elle est construite en moellons calcaire liés au mortier de gypse, avec inclusions de cailloux. Le sol est pavé de feuillets en terre cuite. Une charpente soutient un toit en appentis couvert de tuiles creuses. L’aire à battre, accessible uniquement en traversant la remise, est fermée par des murets surplombant la rue. Elle est pavée de carreaux de terre cuite disposés en chevrons.

  • Murs
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage en surcroît
  • Couvrements
    • voûte en berceau segmentaire
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit
  • Typologies
    F3a2 : ferme à maison-bloc en hauteur, à bâtiments accolés et/ou disjoints
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de La Gaude, 1837-1913. / Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03P_0566.

    Folios 96, 311-312 et 758.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de La Gaude, 1834. / Dessin à l’encre sur papier, par Me Sabatier, 1834. Échelle 1/2500e. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice :  25FI 065 1 D.

    Section D, parcelles 120, 121, 122, 123, 124 et 125.
  • [La Gaude. La maison Simond à la Pagane.] / Aquarelle par Minoru Okada, vers 1930-1940, extrait de "La Gaude, Histoire et histoires". / Alex Benvenuto, Nice : Serre Editeur, 2020.

    p.65
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021
(c) SIVOM Pays de Vence
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général