Dossier d’œuvre architecture IA06004226 | Réalisé par
Benalloul Gabriel (Rédacteur)
Benalloul Gabriel

Chercheur en charge de l'inventaire du patrimoine au sein du service Ville d'art et d'histoire de Grasse.

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  • patrimoine de la villégiature, patrimoine de la villégiature de Grasse
hôtel de voyageurs dit le Grand Hôtel puis immeuble dit le Grand Palais
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Ville d'art et d'histoire, Grasse

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Grasse
  • Commune Grasse
  • Lieu-dit Malbosc
  • Adresse 26 avenue Victoria
  • Cadastre 2021 AY 15
  • Dénominations
    hôtel de voyageurs, immeuble
  • Appellations
    le Grand Hôtel, le Grand Palais
  • Destinations
    immeuble

Hôtel inauguré en octobre 1882 sur un terrain de plus d'un hectare acquis en mai 1881. La bibliographie attribue sa conception à Charles Baron et Laurent Vianay, architectes cannois, actifs sur la Côte d'Azur durant le dernier tiers du 19e siècle. Les commanditaires sont des notables grassois, regroupés dans la SA du Grand Hôtel International de Grasse. Leur objectif est de doter leur ville, via une souscription publique, d'un hôtel de standing susceptible d'attirer la clientèle étrangère fréquentant les palaces du littoral azuréen. Frédéric Rost, frère et collaborateur du propriétaire de l'hôtel Beauséjour à Cannes, prend la gestion de l’établissement de 76 chambres en 1885. Sous son influence, le site accueille rapidement une clientèle cosmopolite dont des villégiateurs britanniques, comme les familles Bowes et Booker, qui finissent par s'implanter durablement à Grasse. C'est à partir de son séjour dans le Grand Hôtel en 1888 qu'Alice de Rothschild décide de constituer un vaste domaine dans ce quartier. En 1891, la venue durant 5 semaines de la Reine Victoria assure la renommée de l'hôtel, qui accueille jusqu'à 13 000 visiteurs en 1897. Les sources iconographiques permettent d'identifier deux extensions significatives du bâtiment durant la Belle Époque. La première, vers 1899, consiste en l'ajout d'un étage et la seconde en l’ajout d'un corps de bâtiment contre la façade ouest. Toutefois, aux débuts prometteurs succèdent les difficultés dues à la baisse du tourisme hivernal après la Grande Guerre et sa transformation momentanée en lieu de convalescence pour militaires. Un projet de 1947, mené par l'architecte Louis Milon de Peillon, prévoit le maintien de l'activité hôtelière sur le tiers ouest du bâtiment et l'aménagement d’appartements dans les parties restantes. Rebaptisé le Grand Palais, le bâtiment est finalement intégralement transformé en immeuble. Ce changement conduit aussi la copropriété à céder une part significative du jardin d'agrément d'origine.

  • Dates
    • 1882, daté par travaux historiques
    • 1947, daté par travaux historiques
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Vianay Laurent
      Vianay Laurent

      Laurent Vianay s’établit à Cannes en 1863. Après avoir travaillé sur des édifices religieux, il acquiert une grande renommée. C’est un architecte de talent, qui travaille dans des styles très variés, éclectisme classique, pittoresque. Il reçoit un très grand nombre de commandes privées entre 1870 et 1880. On le retrouve à Saint-Raphaël à partir de 1879, où il fait partie de l’entourage lyonnais du nouveau maire Félix Martin. Ce dernier lui commande l’élaboration du nouveau plan de la ville et les plans d’alignement de rues et places existantes. Vianay réalise deux « villas-châteaux » d’un éclectisme classique, Les Myrtes en 1881 et Marguerite en 1882.

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      architecte (incertitude), attribution par source
    • Auteur :
      Baron Charles
      Baron Charles

      Architecte né à Marseille en 1836, mort en 1915, il étudie dès l'âge de quinze ans à l'école des Beaux-Arts. Après un complément d'études à Paris, et des voyages en Égypte et au Proche-Orient, il est nommé professeur d'architecture à Marseille. Lauréat d'un concours pour un cercle nautique, il s'installe à Cannes en 1863, à l'âge de 27 ans. Jouissant d'une grande notoriété et impliqué dans la vie locale, il projette un très grand nombre d'immeubles et de villas pour une clientèle exclusivement privée. Sa production est éclectique, italianisante ou classique avec des emprunts aux styles de la renaissance, du maniérisme et du baroque. Des 150 villas et immeubles réalisés en 36 ans d'activité à Cannes, il ressort un goût prononcé pour la symétrie, les belles proportions, l'élégance et la sobriété du décor sculpté.

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      architecte (incertitude), attribution par source
    • Auteur :
      Milon de Peillon Louis
      Milon de Peillon Louis

      Architecte à Nice dans les années 1930-1950. Né à la Turbie, il fait ses études à l'Ecole nationale des arts décoratifs de Nice. Il participe à la reconstruction de deux villages de l'Est après la Première Guerre mondiale puis revient à Nice. Il est un temps architecte de la ville de Cagnes-sur-Mer. (source : L'urbanisme à Nice : l'essor d'une ville française).

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      architecte attribution par source

Il s'agit d'un immeuble rectangulaire de sept étages : 1 étage de soubassement, 1 rez-de-chaussée surélevé, 4 étages carrés et un étage de combles aménagés. Construit en front de rue, le bâtiment domine un jardin d'agrément au sud. La probable maçonnerie de moellons est enduite. L'accès principal, légèrement désaxé du fait d'une extension du bâtiment côté ouest, se fait de plain pied par un porche hors-œuvre couvert d'une terrasse à balustrade. Agissant comme un entresol entre le rez-de-jardin et le premier étage carré, cette entrée donne sur une large cage d'escalier rectangulaire dotée d'un ascenseur logé dans le jour central de l'escalier tournant à retours. Cette disposition, s'adaptant à la pente naturelle du site, privilégie une grande hauteur sous plafond du rez-de-jardin, qui est aussi l'étage d'apparat. Plus généralement, tous les étages s’organisent autours d'un long couloir central. Dans les parties communes, les étages inférieurs présentent un dallage en carreaux de marbre blanc à cabochons noir. Dans les étages supérieurs, les dallages sont des mosaïques d'éclats irréguliers de carreaux polychromes. En dépits des remaniements, les élévations se caractérisent par une recherche de régularité que des éléments d'ornementation viennent rythmer. Verticalement, de simples pilastres en saillie, ou de véritables avant corps, délimitent des groupes de deux à trois travées. Horizontalement, les niveaux sont marqués par des typologies différentes de décors moulurés, notamment autours des nombreuses baies. Cela est particulièrement prégnant sur la façade antérieure. On note, par exemple, des encadrements en faux appareils au deuxième niveau, une alternance de baies surmontées de frontons triangulaires ou cintrés au troisième niveau, des encadrements avec clés en modénatures aux quatrième et sixième niveaux. La toiture alterne des longs pans à croupes couverts de tuiles mécaniques plates et des toits en pavillon brisés couverts d'ardoises.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit (incertitude)
  • Toits
    tuile plate mécanique, ardoise
  • Étages
    étage de soubassement, 5 étages carrés, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
    • toit brisé en pavillon
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
  • Typologies
    caractère éclectique
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Dossier de permis de construire pour la transformation du Grand Hôtel en immeuble, 1947. Archives communales, Grasse : 110 W 9 pc 11.

Bibliographie

  • TEULIE, Gilles. La chapelle Victoria, Une histoire de la reine Victoria, des Anglais et des protestants à Grasse. Grasse : TAC-Motifs des Régions, 2013.

    Pages 104 à 107.
  • ZERRY, Christian. Grasse. Histoire d'un quartier. "Le Domaine Alice de Rothschild". Sophia Antipolis : Editions Campanile, 2014, 184 p.

    Pages 155-156.

Documents figurés

  • [Le Grand Hôtel de Grasse dans son premier état]. / Photographie noir et blanc, sd. [vers 1890]. Musée d'Art et d'Histoire de Provence, Grasse : COL4 13 1166 2011 0 4429.

  • [Le Grand Hôtel de Grasse après un premier agrandissement]. / Photographie noir et blanc, sd. [vers 1900]. Collection particulière.

  • Grasse (A.-M.) - Le Grand Hôtel. [Le Grand Hôtel de Grasse après une seconde extension]. / Carte postale noir et blanc, Edition artistique J. Benoit Fils, [vers 1910]. Collection particulière.

  • GRASSE. - Le Grand Hôtel. / Carte postale, noir et blanc, Editions Neurdein frères (ND Phot), [vers 1910]. Archives communales, Grasse : AC06069_AS_06_214_17.

  • Le Grand Palais à Grasse. Le rez-de-jardin. / Plan à l'encre sur papier, signé L. Milon de Peillon, 1947. Archives communales, Grasse : 110 W 9.

    Archives communales, Grasse : 110 W 9
  • Le Grand Palais à Grasse. Le rez-de-chaussée. / Plan à l'encre sur papier, signé L. Milon de Peillon, 1947. Archives communales, Grasse : 110 W 9.

  • Le Grand Palais à Grasse. Le premier étage. / Plan à l'encre sur papier, signé L. Milon de Peillon, 1947. Archives communales, Grasse : 110 W 9.

  • Le Grand Palais à Grasse. Le 5e étage. / Plan à l'encre sur papier, signé L. Milon de Peillon, 1947. Archives communales, Grasse : 110 W 9.

Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Ville d'art et d'histoire, Grasse
Benalloul Gabriel
Benalloul Gabriel

Chercheur en charge de l'inventaire du patrimoine au sein du service Ville d'art et d'histoire de Grasse.

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