Elévations extérieures
La villa est implantée dans le haut d'une parcelle en pente, dominant un jardin d'agrément. Un pavillon d’entrée, comprenant logement de service et garage, est établi en bordure de l'avenue de Croisset. Il est agrémenté d'une tourelle dont le sommet en belvédère est accessible depuis le jardin.
Le corps de bâtiment principal repose sur un étage de soubassement bordé d'une terrasse. Il comprend un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré, surmonté d'un niveau de combles couvert d'une toiture à long pan. Il est flanqué de 2 ailes, dont une tour belvédère carrée, respectivement de 2 et 3 étages carrés, couvertes d'un toit en pavillon en tuile creuse. Le porche d'accès hors-oeuvre est aménagé contre le pignon ouest.
La simplicité des volumes est enrichie d'emprunts au répertoire vernaculaire de la Provence : façade enduite, rangs de génoises, tuiles canal, tuiles en écaille vernissées polychromes, contrevents, cadran solaire et niche en façade, ornements de faîtage. Ce pittoresque est aussi sensible dans la variété introduite par les nombreuses baies : alternance des largeurs, des couvrements en plein cintre ou en linteau droit ornés de bas-reliefs, groupement ternaire de certaines baies. Les arcades sur colonnes, les claustras de la terrasse, les souches de cheminée, les grands vases d'ornement appartiennent aussi au registre méditerranéen. Un traitement plus moderne est introduit dans la géométrisation des formes, sensible notamment pour les ferronneries, dans un esprit art déco.
Distribution
Le porche voûté ouvre sur un vestibule de trois travées couvertes en croisée d’ogives. Le rez-de-chaussée comprend un ensemble de pièces de réception en enfilade :
- Un grand salon, autrefois appelé salle de musique, dont le bow-window panoramique ouvre sur le jardin d'agrément. Sa cheminée monumentale combine la forme traditionnelle du manteau massif en pierre calcaire et le calepinage géométrique des briques d’esprit moderne.
- Un salon de musique
- une salle à manger
- un petit salon dont le décor peint de Gustave Jaulmes a été perdu.
A l’arrière de cette enfilade, l’escalier rampe sur rampe, dont le départ est orné d’un lampadaire en baldaquin, conduit à l’étage. Le traitement du garde-corps laisse libre cours à la fantaisie de la ferronnerie qui revisite certaines formes du 18e siècle.
Une cuisine, au nord, communique avec les services du soubassement.
A l’étage, l’aménagement des chambres prolonge le jeu d’équilibre entre des matériaux d’esprit vernaculaire (mobilier ou lambris de bois naturel, bas-relief de rinceaux en gypserie en dessus de porte) et une recherche moderne.
L’aménagement du jardin créé par Léon Lebel dans les années 1920 reste lisible. Le parc, densément planté, est parcouru d'un grand escalier avec pas-d’âne et paliers, terrasses en calade, bassins, bordures en brique de terre cuite. Un jardin d'agrément est délimité au contact immédiat de la villa.
Chercheur en charge de l'inventaire du patrimoine au sein du service Ville d'art et d'histoire de Grasse.