Dossier d’œuvre architecture IA06003140 | Réalisé par
Prédal Christophe (Rédacteur)
Prédal Christophe

Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.

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  • recensement du patrimoine balnéaire, patrimoine de la villégiature de Nice
maison de villégiature (villa balnéaire) dite Villa Sainte-Thérèse, puis castel Piré, actuellement villa Béthanie
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Ville de Nice

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Nice - Nice
  • Commune Nice
  • Lieu-dit Mont-Boron
  • Adresse 15 Avenue Urbain-Bosio
  • Cadastre 2017 IZ 0269  ;
  • Dénominations
    maison
  • Précision dénomination
    maison de villégiature, villa balnéaire
  • Appellations
    villa Sainte-thérèse, Castel Piré, Villa Béthanie
  • Destinations
    pensionnat, maison de retraite
  • Parties constituantes étudiées

Une construction par étapes

Entre 1875 et 1877, le baron belge Auguste Wykerslooth de Weerdensteyn, qui occupait alors le Château-Bleu au Mont-Boron, acquiert trois terrains dont une partie appartient à la propriété adjacente des religieuses carmélites. Un bâtiment semble être présent ("villa les caroubiers") qu'il transforme peut-être en manoir (Thévenon, 1999, p.36 et Melnichenko annexe 2). Cette propriété, alors nommée Sainte-Thérèse, est entourée d'un jardin d'environ 1 hectare. Le bâtiment est identifiable comme un édifice de 2 étages ceint d'un escalier figuré sur le plan pittoresque de la ville de Nice en 1879. La présence d'oliviers est figuré sur la nouvelle propriété du baron. L'alsacien Henri Piré devient propriétaire du domaine en 1900 (Gayraud, 2005, p.184). En 1923, Eugénie Piré, veuve de Henri Piré, fait appel à l'architecte Robert Chappuis afin de transformer l'ancienne maison du jardinier, au nord du Castel Piré, en « maison d'habitation et logements » et de « faire transformer et agrandir un garage » qui lui appartient, à l'ouest de la propriété (AM, Nice : 2 T 356 et 2 T 357). L'ancienne maison du jardinier existe toujours (cad. IZ 0026). La propriété Piré, de forme triangulaire, s'étendait alors davantage vers le nord. Le 13 mai 1937 a lieu au Palais de Justice de Nice la vente par adjudication de la Villa dénommée « Castel Piré » et de son « jardin d'agrément attenant, planté d'arbres exotiques » avec une mise à prix de cent mille francs (AD06, Nice : 6 AFF 2058).

Le 13 mai 1937 a lieu au Palais de Justice de Nice la vente par adjudication de la Villa dénommée « Castel Piré » et de son « jardin d'agrément attenant, planté d'arbres exotiques » avec une mise à prix de cent mille francs (AD06, Nice : 6 AFF 2058). Le domaine est acquis par la congrégation religieuse des Soeurs de charité de Notre-Dame du bon et perpétuel secours (association Nice Saint-Isidore) qui en fait un pensionnat de jeunes filles (qui a compté jusqu'à soixante pensionnaires). Depuis 1982 la congrégation gère une maison de retraite, toujours en activité aujourd'hui. L'extension moderne accolée à l'Est date du début des années 1980.

Un style néo-médiéval

Les témoignages divergent en ce qui concerne son caractère néo-gothique : relève t-il du choix du premier propriétaire ou correspond-il ou choix d'Henri Piré, son deuxième propriétaire qui acquiert la propriété de 18900 m2 en février 1902 ? Une photographie de Jean Gilletta, non datée, représente le Castel sous l'aspect d'une simple tour sommée de corbeaux. Il semblerait donc que le premier bâtiment, de dimension réduite, présente déjà un style néo-gothique et que Henri Piré ait contribué à développer l'ensemble (extension, surélévation importante de la tour originelle) en 1903 : présence de son monogramme et de la date sur la façade.

Absente du cadastre niçois de 1872, la construction figure sur le plan illustré de 1878 comme un bâtiment en hauteur, ceint d'un escalier. Les témoignages concernant cette villa sont rares et divergent sur son aspect : le style néo-gothique est-t-il vers 1878 du premier commanditaire, le baron belge Auguste Wylkerslooth de Weerdensteyn (qui fait construire la villa Sainte-Thérèse) ou est-ce la choix de l'alsacien Henri Piré, s'étant enrichi dans l'import-export à Moscou, qui achète la villa le 21 février 1902 ? Une photographie de Jean Gilletta, non datée, représente le Castel sous l'aspect d'une simple tour sommée de corbeaux. Il semblerait donc que le premier bâtiment, de dimension réduite, présente déjà un style néo-gothique et que Henri Piré ait largement développé l'ensemble (extension, surélévation importante de la tour originelle) en 1903 : présence de son monogramme et de la date sur la façade.

Le 13 mai 1937 a lieu au Palais de Justice de Nice la vente par adjudication de la Villa dénommée « Castel Piré » et de son « jardin d'agrément attenant, planté d'arbres exotiques » avec une mise à prix de cent mille francs (AD06, Nice : 6 AFF 2058). Le domaine est acquis par la congrégation religieuse des Soeurs de charité de Notre-Dame du bon et perpétuel secours (association Nice Saint-Isidore) qui en fait un pensionnat de jeunes filles (qui a compté jusqu'à soixante pensionnaires). Depuis 1982 la congrégation gère une maison de retraite, toujours en activité aujourd'hui. L'extension moderne accolée à l'Est date du début des années 1980.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
    • Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
  • Dates
    • 1878, daté par travaux historiques
    • 1903, porte la date
  • Auteur(s)
    • Personnalité :
      Wykerslooth de Weerdensteyn Auguste Corneille Charles
      Wykerslooth de Weerdensteyn Auguste Corneille Charles

      Baron d'origine belge. Auguste Corneille Charles Wykerslooth de Weerdensteyn est né en 1847. Il épouse en 1870 Jeanne Philiberte Bernard de Montessus de Ballore à Boulogne-Billancourt. Il devient bourmestre d'Olliguies. Il décède à Bruxelles le 7 octobre 1909.

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    • Personnalité :
      Piré Henri
      Piré Henri

      Industriel alsacien ayant fait fortune en Russie. Henri Piré est né le 19 septembre 1853 à Mutzig en Alsace. Il s'installe en Russie en 1883.avec son ami alsacien Oscar Tetzner, il fonde à Moscou la maison commerciale Piré et Tetzner « pour le commerce de diverses marchandises ». Le climat de Nice lui est conseillé pour guérir la maladie osseuse de son fils Serge. Il a épousé l'une des filles de Claude Giraud, (Eugénie Elisa dite Jenny), également industriel d'origine française s'étant enrichi à Moscou et ayant acheté la villa Mourka, dans le même quartier du Mont-Boron. Il en divorce. Il meurt à Nice le 28 septembre 1918.

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    • Auteur :
      Biasini Sébastien-Marcel
      Biasini Sébastien-Marcel

      Architecte né et actif à Nice. Il est formé à l'École impériale des Beaux-Arts où il suit les cours de Charles-Auguste Questel. Il reçoit une médaille de première classe, en 1866. Inspecteur des travaux pour l'Exposition universelle de 1867, il travaille à Nice à partir de 1868 pour la Société foncière lyonnaise et la Société Immobilière et de Construction de Nice qui lotissent la colline de Cimiez. Il reçoit en 1906, avec l'ingénieur Joseph Durandy, la grande médaille d'or du concours municipal de primes à l'architecture. Il contribue à de nombreuses commissions chargées de l'urbanisme de Nice. Vice-président du Comité des fêtes de la ville, il est aussi associé à la création de décors de chars pour le carnaval.

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    • Auteur : architecte attribution par source

Ce grand château néo-gothique a vraisemblablement fait l'objet de transformations et d'extensions, difficilement repérables dans l'état actuel des recherches. Son plan est complexe. Il est constitué d'un haut corps carré élevé de 4 niveaux sur soubassement, surmonté d'un haut toit en pavillon, véritable flèche d'ardoises, auquel est accolé, sur l'arrière, un bâtiment rectangulaire débordant à l'Est (toiture terrasse). D'autres corps de bâtiments sont accolés, comme le couloir d'entrée, une tour ronde en briques à l'Ouest (comportant un escalier en vis) ou l'escalier principal hors œuvre, au Nord (toiture en ardoise en octogone irrégulier). Le bâtiment d'origine semble constitué par le soubassement et les deux premiers niveaux du corps principal sans que l'on sache si l'escalier accolé en façade principale, sur corbeaux, est celui représenté sur le plan de 1878. Les façades bénéficient d'une diversité de matériaux. La pierre de taille est présente en moyen et grand appareil (85 X 140 cm pour le soubassement), une tour offre un parement en briques (un temps peint en bandes rouges et blanches), certains murs présentent un parement en ciment, traité tantôt de façon unie, tantôt de manière à reproduire le parement en pierre en moyen appareil.

Le style général des parties extérieures est néo-gothique avec quelques libertés stylistiques concernant notamment l'oriel et certaines baies rectangulaires...L'intérieur présente actuellement une plus grande diversité de styles : salle à manger néo-renaissance, salons stuqués, chambres aux plafonds peints fleuris, escalier, corridors, salle du soubassement et petit salon en style néo-gothique. Cet ensemble est exceptionnel par la grande qualité de son exécution : travail de la pose des ardoises sur les toitures, vitraux, peinture en trompe l'oeil de la salle en soubassement reproduisant des mouchettes sur fond de tesselles de mosaïques jaunes...Le salon gothique et la salle voûtée présentent un rare ensemble complet en style néo-gothique : plafond peint, papier peint, boiseries, cheminée, mobilier en partie encastré... Un témoignage oral (Dans La belle-époque à Nice pour les industriels français de Moscou p. 52) fait état de la salle à manger avec fenêtres à vitraux représentant des scènes de Faust de Charles Gounod. Henri Piré y était représenté dans le costume de Faust, sa femme Eugénie dans le costume de Marguerite ainsi que leurs enfants. Décor disparu.

  • Murs
    • pierre grand appareil
    • pierre moellon enduit d'imitation
    • brique
  • Toits
    ardoise, ciment en couverture
  • Étages
    3 étages carrés, étage de soubassement
  • Couvertures
    • toit en pavillon
    • toit à plusieurs pans
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie, suspendu
    • escalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie, suspendu
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie, suspendu
  • Jardins
    rocaille de jardin
  • Techniques
    • peinture
    • menuiserie
    • papier peint
    • sculpture
    • vitrail
  • Représentations
    • représentation non figurative
  • Précision représentations

    lambris, éléments de mobilier en bois. Papier peint de style néo-gothique. voûte peinte (trompe-l'oeil). Vitraux. Sculptures en pierre de taille sur façades extérieures

Z Nice repérage

  • 01-DENO maison
  • 02-CHRONO 1860-1919
  • 03-CARACTERE éclectique
  • 04-TENDANCES néo-médievale
  • 05-INTEGRITE partielle
  • 06-VISIBILITE limitée
  • 07-SITUATION isolé
  • 08-IMPLANTATION sur jardin ou parc
  • 09-MATERIAUX oui
  • 10-MACONNERIE enduit et appareil
  • 11-SUR FACADE bow-window
  • 12-ENTREE porte ornée
  • 13-TOIT
  • 14-COMBLES comble haut
  • 15-DOME
  • 16-BELVEDERE non
  • 17-FRISE
  • 18-CERAMIQUE
  • 19-MATERIEUX GROS OEUVRE pierre de taille
  • 20-SITE dimension paysagère
  • 21-LOTISSEMENT
  • 22-PERGOLA non
  • 23-JOINTS
  • 24-CLOTURES non
  • 25-AGREMENTS oui
  • 26-COUR ANGLAISE oui
  • Statut de la propriété
    propriété d'une association cultuelle, Association Saint Isidore
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Décor intérieur remarquable avec mobilier original dans certaines pièces du rez-de-chaussée.

Image non consultable
Image non consultable
Image non consultable

Bibliographie

  • GAYRAUD, Didier. Belles demeures en Riviera, 1835-1930. Nice : Éditions Gilletta-Nice-matin, 2005, 303 p.

    p. 184
  • THEVENON, Luc. Les folies : fantaisies architecturales de la Belle Époque à Nice. Nice : Serre, 2003. 127 p.

    p. 36
  • MELNICHENKO, Olga. La belle-époque à Nice pour les industriels français de Moscou. Dans : Recherches régionales, année 2018, n°215, p. 45-65.

    p. 50 et annexe 2.

Documents figurés

  • Plan pittoresque de la ville de Nice dressé à la date du 1er janvier 1878 / Estampe sur papier, lithographie de J. Dalmet, éditée à Nice, 1878. Bibliothèque de Cessole, Nice.

  • [Vue du Mont-Boron, Nice]. /Photographie noir et blanc de Jean Giletta, circa 1880. Bibliothèque de Cessole, Nice. Fonds photographique Giletta : I 0378 a

  • [Castel Piré, Nice, allée sud, circa 1900]. / Photographie noir et blanc. Jean Giletta. Non datée [circa 1900]. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont : glt 6487.

  • [Castel Piré, Nice, vue depuis le nord-est, circa 1900]. / Photographie noir et blanc. Jean Giletta. Non datée [circa 1900]. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont : glt 6485.

  • Vente aux enchères publiques sur saisie immobilière d'une villa avec jardin d'agrément dénommée "Castel Piré", sise à Nice, Avenue Urbain Bosio. Vente prévue le 13 mai 1937 / Affiche imprimée. Etude de M. Emile Garnier, Avoué à Nice. 1937. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 6 AFF 2058.

Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2019
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Ville de Nice
Prédal Christophe
Prédal Christophe

Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.

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