Dossier d’œuvre architecture IA00057896 | Réalisé par ; ;
Fray François
Fray François

Conservateur du Patrimoine au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1968 à 2004.

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  • inventaire topographique
Temple de Protestants
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Cadenet
  • Commune Lourmarin
  • Lieu-dit La Garène
  • Cadastre 1833 D 382  ; 2017 D 327
  • Dénominations
    temple
  • Genre
    de protestants

I. HISTORIQUE

Peuplé, dans sa très grande majorité, de protestants, Lourmarin avait eu au 17e siècle un temple, dont l'emplacement précis, la date de construction et l'architecture ne sont pas connus. Il fut démoli par ordonnance royale en 1663. Contraints en 1685 d'abjurer leur foi, les lourmarinois lui demeurèrent néanmoins fidèles en dépit des persécutions et tracasseries diverses et eurent, comme ceux de Mérindol et de Cabrières-d'Aigues, une église du désert. La liberté de culte leur fut officiellement rendue en 1789, mais la période révolutionnaire ne leur permit guère d'en profiter (décret de 1793 supprimant les églises).

Ce n'est que sous l'Empire que le consistoire de Lourmarin put former et mettre à exécution le projet d'édifier un temple. Il obtint le 30 mars 1805 l'autorisation d'acquérir à cet effet un terrain et confia à l'architecte Penchaud le soin de dresser les plans de l'édifice. Cet architecte va également réaliser le temple de Marseille (Référence IA13000772), rue de Grignan en 1825.

Une souscription ouverte parmi les protestants de la commune et des environs lui permit de réunir environ 12.000 francs, qui permirent d'acheter le terrain (1.200francs) et d'ouvrir le chantier.

En 1808, voyant que ces moyens ne suffiraient pas, le consistoire fit appel au conseil municipal, se référant à un décret impérial du 5 mai 1806 qui mettait à la charge des communes les frais de construction et d'entretien des édifices cultuels ; le conseil vota, le 14 mai 1808, une subvention de 5.000 francs dont le paiement devait s échelonner sur trois ans.

Deux ans plus tard, 1'ouvrage n'étant pas achevé, le préfet de Vaucluse fit dresser un état de situation de chantier par l'ingénieur-architecte de la préfecture, Beux, qui estima les travaux faits à 6.815 francs et ceux restant à faire à 14.607 francs. Le conseil municipal décida alors de prendre en charge la totalité de la construction. Il reçut le 7 août 1811 l'autorisation d'établir des centimes additionnels pour couvrir la somme nécessaire. Quelques modifications furent apportées par la suite au projet primitif, notamment en ce qui concerne l'implantation et la couverture du clocher. Un devis supplémentaire, d'un montant de 390 francs, fut approuvé par le conseil municipal et adjugé en mai 1813 au sieur Sauvan, entrepreneur de l'ouvrage. Ce dernier avait, dès l'année suivante, achevé les travaux. Par lettre du 22 avril 1814, il en demanda au préfet la réception et le paiement. La chaire seule n'avait pu être exécutée, faute de plan précis. L'ingénieur départemental Fromont, chargé de la vérification des ouvrages, rendit son rapport en 1816, à la suite duquel l'entrepreneur dut payer une indemnité de 1.156 francs pour certaines déficiences constatées. Des réparations furent d'ailleurs nécessaires.

L'inauguration du temple eut lieu en 1817.

Diverses réparations et améliorations furent réalisées par la suite : en 1829, pose d'un carrelage de pavement ; en 1846, travaux de consolidation au clocher ; en 1849, achat d'une nouvelle cloche, pesant 503 kg, au fondeur avignonnais Pierre Pierron ; réfection complète de la toiture en 1904.

II. DESCRIPTION

1. Situation et composition d'ensemble

Situé à mi chemin du village et du château, sur le bord de l'avenue Raoul Dautry, entouré de vergers et de prairies, le temple est une des composantes du paysage de Lourmarin.

2. Matériaux et leur mise en oeuvre

Calcaire coquillier jaune soigneusement appareillé (chaînes d'angles, baies, colonnes, arcs, contreforts du clocher). Le gros-oeuvre est sans doute en blocage : tous les murs sont enduits.

3. Parti général, plan, coupe et élévations intérieures

Edifice de plan rectangulaire orienté au Nord, à vaisseau unique plafonné, précédé d'un porche sur la façade antérieure. Le clocher, hors oeuvre, au Sud, est encadré de deux appentis et soutenu par deux contreforts.

A l'intérieur, une tribune d'orgue portée par deux colonnes et deux piliers engagés, double le porche. L' abside, encadrée de pilastres cannelés , dans laquelle est placée la chaire à prêcher, est construite sous le clocher.

Plafond à caissons plâtrés ornés d'une rosace ; tout autour, voussure creusée de pénétrations dont le nombre est double de celui des fenêtres qui éclairent la salle.

4. Elevations extérieures

4.1. Façade antérieure

Façade sévère couronnée d'un pignon et percée de trois niveaux de baies : porte centrale en plein cintre sur impostes, deuxième niveau de cinq baies en plein cintre alternativement ouvertes et murées, oculus circulaire dans le pignon.

La façade est cachée jusqu'à mi- hauteur par un porche en appentis dont la disposition est la même que celle de la partie cachée de la façade.

4.2. Façade postérieure

Elle est précédée par le clocher et les deux petits appentis au-dessus desquels apparaissent deux fenêtres murées en plein cintre. Seul le niveau supérieur du clocher est percé d'une fenêtre.

4.3. Façades latérales

Elles sont identiques, comprenant la façade de le salle, percée de cinq fenêtres au deuxième niveau, les deux façades latérales des appentis (Sud) et du norche (Nord) identiques et les façades latérales du clocher également identiques, avec leur arc en plein cintre muré au deuxième niveau.

5. Comble et couverture

La salle est couverte par une toiture de tuiles creuses portée par dix fermes.

6. Distribution intérieure

Tous les murs sont enduits. Sol de mallons. Emmarchement sur toute la largeur de la salle en avant de l'autel.

III. NOTE DE SYNTHÈSE

Le temple de Lourmarin se caractérise par sa façade néoclassique centrée sur une serlienne, la seule étudiée dans l'ensemble des deux cantons de Cadenet et de Pertuis. Dans sa conception extérieure, le temple ne se distingue pas d'une église catholique rurale de la même époque.

C'est le plus achevé des trois temples du canton de Cadenet, dont le plan est sensiblement le même. Sa façade et son plafond se distinguent tout particulièrement des temples de Mérindol (Référence IA00057914) et de Puget (Référence IA00057933), construits respectivement en 1808 et en 1870 et 1871.

Le cimetière de Lourmarin conserve le mur interne de séparation partageant les cimetières biconfessionnels de Vaucluse.

Ce temple a été construit de 1806 à 1816 sur les plans de l'architecte Penchaud, par Sauvan, entrepreneur, et financé par la commune de Lourmarin pour le bâtiment et par celle de Puyvert pour le mobilier. Il est inauguré en 1817.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 19e siècle
  • Dates
    • 1817, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Penchaud Michel-Robert
      Penchaud Michel-Robert

      Architecte formé, à partir de 1795, dans l’atelier de Charles Percier, il a occupé un poste de dessinateur au bureau des plans du Conseil des Bâtiments civils. Il participe à plusieurs concours nationaux du ministère de l'Intérieur avant d’être appelé en 1803 par le préfet du département à la direction des Travaux publics de la ville de Marseille. Il est l’auteur de travaux de relevé sur l’architecture antique du Midi de la France dont il est nommé conservateur en 1819. Promu architecte du département des Bouches-du Rhône en 1812. Il cumulera cette fonction et celle d’architecte de la ville de Marseille entre 1812 à 1830. Il intervient sur de nombreux programmes d’architecture publique.

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      architecte attribution par source
    • Auteur :
      Sauvan
      Sauvan

      Entrepreneur actif dans le 1er quart du 19e siècle dans la Vaucluse (84).

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      entrepreneur attribution par travaux historiques
  • Murs
    • molasse
    • enduit
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
    • toit en pavillon
  • Techniques
    • décor stuqué
  • Représentations
    • rosace
  • Précision représentations

    support : plafond

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Protections
    inscrit MH, 1991/05/10
  • Précisions sur la protection

    Temple protestant (cad. D 327) : inscription par arrêté du 10 mai 1991.

  • Référence MH