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  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Barcelonnette
  • Commune Barcelonnette
  • Adresse 15 allée des Dames
  • Cadastre 1980 AD 417
  • Dénominations
    maison
  • Appellations
    Villa L'Ubayette
  • Destinations
    sous-préfecture
  • Parties constituantes non étudiées
    petit parc, pavillon de jardin

Commande isolée faite à l’architecte parisien Georges Debrie, associé à l’ingénieur Georges Pierron, L’Ubayette est achevée en 1903. Construite le long de l’allée des Dames, pour Henri Proal, ancien négociant à Mexico, la villa tranche singulièrement sur les constructions contemporaines par une sobriété confinant à la sévérité et par sa ressemblance avec une multitude de pavillons de la banlieue parisienne.

Ici, l’originalité réside dans l’exaltation d’un matériau unique, la pierre. L’Ubayette est ainsi la seule villa à utiliser la pierre pour le gros œuvre, les modénatures et l’ornementation, renonçant à tout autre élément décoratif, souvent rencontré dans la vallée, tel que céramique, menuiserie, vitrail ou ferronnerie. La mise en œuvre différenciée de la pierre, brute, lisse, taillée, rustique, accentue le caractère indépendant de cette architecture dont la sévérité est renforcée par l’étroitesse des fenêtres et qui paraît ainsi vouloir lutter contre le climat rigoureux de la montagne.

Elévation est. Encadrements des fenêtres.Elévation est. Encadrements des fenêtres. Fenêtres lucarnes et souches de cheminée. Toiture (détail).Fenêtres lucarnes et souches de cheminée. Toiture (détail).

Le choix exclusif de la pierre et sa mise en œuvre pourraient être une tentative pré-régionaliste faite par un architecte extérieur à la région, informé de la théorie sur la vérité rationaliste dans l’architecture.

Alors que les cheminées ouvragées ornant l’intérieur des villas sont exécutées en marbre, plus rarement en onyx, selon un procédé de fabrication en série, la grande cheminée de la salle à manger de L’Ubayette est une œuvre unique, réalisée en noyer.

Monumentale, la cheminée adossée occupe toute la hauteur du mur jusqu’au plafond, à la façon des cheminées médiévales.

Deux colonnes corinthiennes cannelées forment les piédroits, soutenant un manteau fortement mouluré. La hotte, ornée d’un masque grotesque et de pots à feu, est couronnée par un dais d’inspiration gothique.Pour cette réalisation particulièrement ambitieuse l’artiste, qui reste à identifier, n’a pas hésité à mélanger les styles : dais gothique, piédroits et manteau Renaissance, décor maniériste de la hotte et classique de l’ouverture du foyer, du repousse-braises et des chenets en cuivre. Cette cheminée est un bel exemple du langage éclectique qui marque aussi le mobilier et le décor intérieur, contrastant fortement avec la sévérité de l’architecture extérieure.

La villa abrite depuis 1978 les services de la sous-préfecture de Barcelonnette.

La villa est construite entre 1901 et 1903 par l'architecte parisien Georges Debrie associé à l'ingénieur Georges Pierron, pour Henri Proal, ancien négociant à Mexico. Le petit parc daté peut-être de 1914 est l’œuvre du paysagiste-botaniste Troncy. La villa abrite depuis 1978 les services de la sous-préfecture de Barcelonnette ; les transformations dues à cette installation concernent les aménagements intérieurs (bureaux et appartement privé) et la création d'un garage souterrain en façade nord en 1978-1979.

La villa couverte d'une croupe comporte une tour hexagonale en hors-œuvre en façade nord. Les 4 élévations sont privilégiées et distinctes ; les élévations nord et sud sont à travées. L'originalité de cette villa réside dans l'emploi exclusif de la pierre sous toutes ses formes (pierre brute, pierre lisse, pierre taillée, moellons bossagés). La modénature est marquée par une mise en saillie de la corniche, des encadrements, des entablements et des consoles de balcons. La maçonnerie et la taille de pierre constituent les éléments essentiels du second œuvre. Les souches de cheminée sont traitées en épi. L'escalier principal composé de 5 degrés rectangulaires est en façade est. L'escalier intérieur de plan polygonal comporte 3 volées et 2 repos. Le rez-de-chaussée met en scène l'espace de réception autour d'un vestibule rectangulaire à colonnes doriques avec l'implantation inédite du bureau au centre de l'espace. Les chambres occupent les étages. Le petit parc comporte un bosquet de haute futaie, des plate-bandes fleuries et des massifs de fleurs et de buissons ; le pavillon de jardin couvert de chaume occupe l'angle sud-ouest du parc ; 6 vasques Médicis aux décors antiques ornent les entrées.

  • Murs
    • pierre
    • moellon
    • pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble, sous-sol
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit en pavillon
    • croupe
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
    • escalier intérieur : escalier tournant suspendu
  • Jardins
    bosquet, massif d'arbres, massif de fleurs, plate-bande
  • Techniques
    • décor stuqué
    • peinture
    • céramique
    • menuiserie
    • menuiserie
  • Représentations
    • fleur
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat

Documents figurés

  • Elévation de la façade sud. Debrie, Geo., Pierron, G. (architectes), 1901. Musée de la Vallée, Barcelonnette.

  • Elévation de la façade nord. Debrie, Geo., Pierron, G. (architectes), 1901. Musée de la Vallée, Barcelonnette.

  • Plan du projet de parc paysager. Troncy, D., Dessin, 1914, Collection particulière.

Date d'enquête 1987 ; Dernière mise à jour en 2003