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ferme dite Le Château

Dossier IA00049711 réalisé en 1979

Fiche

  • Vue d'ensemble prise de la route.
    Vue d'ensemble prise de la route.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • étable
    • grange
    • fenil
    • four à pain
    • pigeonnier
    • fontaine
    • jardin potager
    • cour
    • croix monumentale

Dossiers de synthèse

DESCRIPTION

Situation

L'exploitation étudiée forme la plus grande partie du hameau des Gubias. Cet ensemble de bâtiments est situé sur un replat de la rive gauche du Drac Blanc à 1260 m d'altitude dans un endroit très privilégié par le relief, et aussi loin que possible du Drac. Il est traversé par la route qui va des Borels au pont de Corbières.

Dans le pays on appelle cette exploitation "le château", ce qui s'explique d'une part par la taille et le nombre des bâtiments (l'exploitation proprement dite en comprend quatre) et l'allure de la maison d'habitation coiffée d'un toit à croupes et surmontée d'un pigeonnier qui forme une petite tour carrée 1.

Vue d'ensemble prise de la route.Vue d'ensemble prise de la route. Vue d'ensemble prise de la route.Vue d'ensemble prise de la route.

Le linteau de la porte d'une des étables porte la date 1848 alors que celui de la porte d'entrée de la maison d'habitation porte l'inscription B 1901 J (B.J. pour Blanc Jean), date d'une transformation.

Plan d'ensemble

Alors que dans le Champoléon, les maisons rurales sont des maisons blocs, celle-ci a un aspect de "ferme à cour ouverte". Elle comprend d'une part, à l'est de la route, l'exploitation proprement dite formée de quatre bâtiments non mitoyens, et d'autre part, à l'ouest de la route, deux bâtiments, sans doute acquis par la suite, qui possédaient autrefois une partie habitation, et sont utilisés aujourd'hui l'un comme remise, l'autre comme étable-grange.

L'exploitation proprement dite comprend trois bâtiments disposés en "U" (le four, la maison d'habitation, dont la façade regarde vers le sud, et une étable) qui délimitent une cour pavée dans laquelle se trouve une fontaine, et qui est séparée de la route par un jardin potager clos de petits murs de pierres. On pénétrait autrefois dans cette cour par un portail aujourd'hui détruit 2. Derrière la maison d'habitation se trouve un quatrième bâtiment comprenant une étable, une grange et une partie habitation. Seule cette partie existait sur le cadastre napoléonien, l'étable a été construite par la suite. Par contre il existait à cette date deux autres constructions aujourd'hui disparues. L'ensemble de l'exploitation est séparé des champs au nord, à l'est et à l'ouest par un rideau d'arbres, et de la route, au sud, par une murette de pierres.

Façade de la maison d'habitation.Façade de la maison d'habitation.

Il existait il y a quelques années encore à l'entrée du chemin grossièrement pavé qui mène à l'exploitation une croix dont le Christ en bois (sculpté dans un seul morceau) a été volé récemment 3.

Matériaux

Les murs des quatre bâtiments, même le plus récent, sont en moellons de pierres locales, liés à la chaux. Seule les murs de la maison d'habitation sont crépis. Les chaînages d'angle de la maison d'habitation sont formés de blocs de molasse. La corniche du mur-gouttereau nord et des deux murs-pignons sont également en molasse, crépie en blanc. Par contre la corniche du mur gouttereau sud est formée d'un lattis de bois sur lequel on a jeté du plâtre. Noter la corniche en molasse.Noter la corniche en molasse.

Les solives et les poutres du voûtement de l'étable nord sont métalliques.

Structure, élévation, circulation et distribution intérieure

-a) Le bâtiment est renferme deux fours de tailles différentes dont les bouches sont côte à côte. Les combles éclairés par une fenêtre, servent de remise.

-b) La maison d'habitation est divisée en deux parties symétriques par un escalier intérieur situé dans le prolongement de la porte d'entrée. Le pigeonnier situé au dessus de la porte d'entrée sert en partie de cage d'escalier.

Chacun des deux appartements comprend au rez-de-chaussée une cuisine, avec à l'arrière une cave et à l'étage deux chambres séparées par une cloison, avec à l'arrière un grenier. Le rez-de-chaussée et l'étage sont couverts d'un plancher. Les combles servent de grange.

La façade de la maison qui regarde vers le sud est ordonnancée. La porte d'entrée datée 1901 est récente, et est surmontée d'une imposte vitrée. Elle est précédée d'un seuil en demi-cercle de trois marches. Les ouvertures sont grandes et les encadrements peints en vert. Par contre les ouvertures sur les autres murs sont petites, protégées d'une grille et encadrées de molasse.

Le mur nord est presque aveugle. On accède à la grange par le mur-pignon ouest, par une échelle reposant sur l'escalier de la bergerie ouest.

-c) Le bâtiment ouest comprend au rez-de-chaussée une vaste étable voûtée d'arête divisée en deux par une cloison. La grange occupe le premier étage et les combles. On accède au premier niveau de la grange par un escalier extérieur construit sur la façade est du bâtiment, sous lequel a été aménagé un poulailler, et au niveau supérieur par une entrée aménagée dans le pignon nord.

La grange communique avec l'écurie par une trappe appelée "pasturier".

-d) Le bâtiment nord n'est plus habité. Le voûtement de l'étable est à entrevous en berceau segmenté avec solives métalliques et le linteau de la porte de l'écurie est surmonté d 'une plate-bande comme de nombreux bâtiments d'exploitation de la première moitié du XXe siècle.

Porte d'écurie. Linteau daté 1849.Porte d'écurie. Linteau daté 1849. L'écurie.L'écurie.

Couverture

La maison d'habitation est coiffée d'un toit à deux croupes surmonté de deux girouettes. Il est couvert d'ardoises de petite taille (20 cm x 40 cm env).

Le bâtiment nord est couvert d'un toit à croupes en tôle.

Le bâtiment ouest est couvert d'ardoises de grande taille (0, 40 m x 0, 60 m) ainsi que le four surmonté d'une croupe sur le pignon ouest

NOTE DE SYNTHÈSE

1°/ Les sobriquets

Chaque bâtiment possède un sobriquet différent :

- "gros écurie" : bâtiment (3) Le bâtiment dit "damia" : angle du logis et cheminée.Le bâtiment dit "damia" : angle du logis et cheminée.

- "bonhomme" : bâtiment (1)

- "Damia" : bâtiment (4)

- "P. Escallier" : bâtiment (2).

2°/ Milieu économique et social

Deux traits originaux caractérisent l'ensemble de l'exploitation étudiée. Tout d'abord, il s'agit d'un domaine de taille importante du point de vue de la surface agricole. On compte en effet une cinquantaine d'hectares de terre dont seize cultivables. Elles sont utilisées en prairie mais autrefois on y produisait une bonne quantité de céréales. Seule une autre exploitation dans le Champoléon possède autant de terre, aux Gondouins. Le deuxième fait intéressant à remarquer est le groupement des terres. Elles ont été rassemblées depuis longtemps déjà sous la forme actuelle tout autour des bâtiments de l'exploitation permettant très tôt l'utilisation d'un outillage mécanisé qui pourtant n'a pas été renouvelé rapidement.

Le cheptel est important, il consiste en une vache pour les besoins familiaux et cent soixante brebis réparties dans trois bergeries. Le nombre d'animaux logés dans chaque bergerie n'est pas très important et l'exploitant tient à laisser au bétail suffisamment d'espace pour que les brebis puissent se mouvoir. De cette ferme dépendait une bergerie de printemps (aujourd'hui en ruines aux chalets de l'Aupet dans la montagne à l'est des Gubias. Elle servait d'étape intermédiaire, une huitaine de jours (au début du mois de juin), pour une partie du troupeau (les jeunes brebis), les mères et leurs petits les rejoignant plus tard. Et lorsque toutes les bêtes étaient rassemblées, on montait le troupeau vers la cabane pastorale dans le fond de la vallée. Les animaux restent là, sans berger, jusqu'au mois d'octobre. A cette époque, les mères et les petits redescendent à la ferme tandis que les autres revenaient aux chalets de l'Aupet et restaient là-haut jusqu'en novembre.

Dans la bergerie-grange plus particulièrement étudiée (bergerie "Bonhomme"), l'exploitant loge quatre vingt à quatre vingt dix brebis avec leurs agneaux. Elle est séparée en deux parties par des claies, d'un côté on met les agneaux et les mères, de l'autre les brebis. Les crêches sont situées dans la longueur du bâtiment voûté sous un rail qui a été fixé au plafond par l'agriculteur. A ces guides sont suspendus deux chariots de bois. Deux trous dans la voûte (côté nord) communiquant avec la grange, les "pasturiers", permettent d'alimenter en foin les chariots qui servent à remplir les crêches d'un bout à l'autre de la bergerie.

1Il existerait un lien de parenté entre le propriétaire des Gubias, et celui de la maison avec pigeonnier du hameau des Borels (inf. orale).2D'après l'actuel propriétaire.3Les propriétaires en possèdent des photos.
AppellationsLe Château
Parties constituantes non étudiéesétable, grange, fenil, four à pain, pigeonnier, fontaine, jardin potager, cour, croix monumentale
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonOrcières
AdresseCommune : Champoléon
Lieu-dit : les Gubias
Cadastre : 1941 G3 91 A 93, 99 A 101

Les constructions actuelles ainsi que deux dépendances en ruines existent sur le cadastre de 1809 ; inscriptions datant des transformations : 1849 sur le linteau de la porte d'une des étables ; B 1901 j sur la porte du logis ; transformation du logis début 1er quart 20e siècle ; transformation d'une étable 2e quart 20e siècle.

Période(s)Principale : 19e siècle , (?)
Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1849, porte la date
1901, porte la date
Auteur(s)Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Les étables sont voûtées d'arêtes

Mursgrès
calcaire
granite
enduit partiel
moellon sans chaîne en pierre de taille
appareil mixte
Toitardoise, métal en couverture
Étages1 étage carré
Couvrementsvoûte d'arêtes
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier droit
escalier de distribution extérieur
Statut de la propriétépropriété privée
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Bazin Luc - Lucot Isabelle - Mallé Marie-Pascale