Logo ={0} - Retour à l'accueil

château de Ribiers

Dossier IA05001459 inclus dans village de Ribiers réalisé en 2018

Fiche

Le château de Ribiers a été remanié à de nombreuses reprises. Réputé être inhabitable au début des années 1780, il semble qu'il était en cours de réfection partielle à la veille de la Révolution puisque lors sa vente en 1793 les bâtiments sont en bon état. Partiellement ruiné au début du 20e siècle et a été très transformé dans les années 1970-80. Toutefois, certaines parties ou façades sont restées plus lisibles et offrent quelques éléments de compréhension et de datation. Par ailleurs, plusieurs documents d'archives aident à identifier et localiser les fonctions et appellations de l'ensemble. Il s'agit notamment de deux plans, celui du terrier de 1755 et celui du cadastre de 1823, complétés par les descriptions effectuées lors de la division des biens seigneuriaux réalisée en 1793.

Des représentations imagées plus récentes permettent de voir des parties de bâtiments aujourd'hui disparues ou transformées. Ainsi, un tableau peint en 1885 par Marie Joséphine Arnaud de la Bessée, et intitulé Ancienne cour du château de Ribiers (conservé au Muséum départemental des Hautes-Alpes), présente une vue très précise et juste de cette cour, représentée depuis l'est. A peine plus récentes, quelques cartes postales de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle montrent le côté extérieur du château et des remparts.

Le contexte historique

L'origine médiévale

Des premières constructions sont aménagées sans doute dès le 13e siècle (M.-P. Estienne et N. Nicolas, 1999) et le château de Ribiers, dont l'emplacement est favorable à la création d'une agglomération, remplace assez rapidement les anciens sites castraux de Château-Giraud (dominant Saint-Aubert), Creyssint (dominant Baudinard) et Saint-Etienne (dominant le Virail). Cependant, dans leur état actuel, les bâtiments du château et ses dépendances ne montrent aucun vestige de cette époque, sauf quelques éléments maçonnés situés à la base du rempart oriental qui pourraient dater du 14e siècle et – peut-être – la cave voûtée.

Un détail des aménagements du 15e siècle nous est connu lorsque, le 13 mars 1495, le seigneur Antoine de Grolée-Mévouillon convoque dans son château les propriétaires de la seigneurie de Ribiers, pour passer les reconnaissances qu'ils lui doivent. La réunion est tenue « dans la chambre nommée la chambre du papegai », où devait être tendue une tenture ou une tapisserie sur laquelle figurait un perroquet (J. Roman, 1892).

L'expansion de l'époque Moderne

D'une manière générale, le début de l'époque Moderne et notamment les 16e et 17e siècles apparaissent comme une période faste et prospère pour le bourg de Ribiers qui acquiert sa forme urbaine durant cette période.

Il semble que les bâtiments du château connaissent également de profond remaniements à cette époque. C'est notamment le cas de la partie centrale de la façade ouest de l'aile orientale, avec sa structure à pans de bois sur galerie, dont l'assemblage massif et fortement chevillé « atteste une construction du XVIe-XVIIe siècle » (M.-P. Estienne et N. Nicolas, 1999) (voir sous-dossier IA05001460). Le bâtiment du grenier seigneurial (voir sous-dossier IA05001461) paraît dater de la fin du 17e siècle ou du début du 18e siècle. Quant à celui de la grande grange-étable (voir sous-dossier IA05001462), si son origine est sans doute médiévale, son aspect actuel est le fruit de grands travaux manifestement réalisés au milieu du 18e siècle.

Dans le terrier de 1655 (AD05 1 E 6138, mentionné par D. Faure-Vincent, 2014), le château de Ribiers et ses possessions appartiennent à « Monseigneur le Marquis de Bressieux compte de Ribiers ».

Dans le cadastre de 1737 (AD05 1 E 6139, mentionné par D. Faure-Vincent, 2014) les biens seigneuriaux appartiennent à Dame Thérèse Félix Créquy. Le château est alors accompagné de « sa basse cour, jardins, écuries, greniers à bled et à foin, vollalier, terres, preds, iscles, broussailles, hermes (et) vignes confrontant du levant la rivière du Buëch, du midy beal venant de la Combe, & et de bize divers particuliers baptiments ou fonds ». L'ensemble s'étend sur 105 100 cannes. Les « baptiments, cour, regalles ou jardin » occupent à peine 1,5 % de cette surface (1 400 cannes), les terres labourables « y compris quelque herme au gravier inculte » 60% (63 000 cannes), les prés 27 % (28 200 cannes), les terres vagues « brousaille ou pupliers » 4,5 % (4 800 cannes), et les vignes 7,5% (7 700 cannes). Ces dernières sont considérées comme de première classe pour les deux-tiers, le reste de seconde classe).

Le terrier de Ribiers, dressé entre 1755 et 1758 par l'arpenteur d'origine suisse Nicolier, est un ensemble de 44 plans, très précieux puisqu'ils figurent l'ensemble du territoire communal et notamment le bourg de Ribiers. Si le dessin du plan ne respecte pas les proportions réelles des emprises au sol du parcellaire, l'organisation générale de l'espace bâti est tout à fait identifiable et les bâtiments les plus remarquables – dont le château – sont ornés de détails architecturaux qui donnent, sous toute réserve, quelques idées de l'aspect des lieux. Les possessions seigneuriales appartiennent au « seigneur marquis de Muy, comte de Ribiers, seigneur féodal ».

Plans visuels de la terre et seigneurie du Bourg de Ribiers, 1755. Détail du plan 7 : le château et la plateforme au sud.Plans visuels de la terre et seigneurie du Bourg de Ribiers, 1755. Détail du plan 7 : le château et la plateforme au sud.

Dans les années 1780, sans doute délaissé et nécessitant des réparations, le château est réputé « inhabitable et abandonné aux fermiers et à l'exploitation rurale » (J. Roman, 1892).

La Révolution et le 19e siècle

1793 : lotissement et vente des biens seigneuriaux

Alors que la vente du mobilier du château, pour 1431 livres, est réalisée le 15 mars 1793 (J. Roman, 1892), la « division des biens provenant de l’émigrée Marie Thérèse Felix femme Créqui (…) cy devant comtesse dudit lieu » a lieu le 19 octobre 1793 (AD05 1 Q 253). A cette occasion, l'ensemble bâti du château et de ses dépendances est divisé en 9 lots, pour une surface bâtie totale d'environ 1080 m² (285 toises carrées) et prix total estimé à 9 347 livres (plus 144 livres pour 9 tonneaux vinaires).

Le château en tant que tel est partagé en 4 lots, pour une surface de 455 m² (120 toises carrées) et un prix estimé à 3 230 livres. On note que si l'emprise foncière du château correspond à 42 % de la surface bâtie totale, son prix équivaut à seulement 34 % de l'ensemble. A l'inverse, le prix du grand bâtiment de la grange-étable équivaut à 42 % du prix de l'ensemble alors que son emprise foncière n'excède pas un quart de la surface totale.

1823 : cadastre de Ribiers

Dans le cadastre de 1823 (AD05 3 P 1167, 1168), le lotissement de 1793 est conservé puisque l'ensemble bâti seigneurial est découpé en 9 parcelles (E2 397, 399 à 401, 404 à 408), sans compter la basse-cour (E2 398, 402 et 403) et la « masure » (ex-lapinière) associée l'ancien grenier (E2 408bis).

Si l'on s'en tient aux seules parcelles bâties, l'emprise foncière est de 1 132 m² – chiffre tout à fait comparable aux 1 080m² estimés en 1793. La superficie de la basse-cour est de 410 m², les trois-quart étant en propriété communale.

Plan de masse et de situation d'après le plan cadastral de 1823, section E2. Echelle d'origine 1/1250e.Plan de masse et de situation d'après le plan cadastral de 1823, section E2. Echelle d'origine 1/1250e.

La fortification et le bourg castral

Le château de Ribiers occupe la partie sud-est du mamelon sur lequel est installé le bourg castral, à l'extrémité orientale de l'agglomération actuelle. Installé au bout d'une avancée du coteau de poudingue qui domine le lit majeur du Buëch, il était relié au reste du bourg par une échine naturelle – aujourd'hui très estompée – anciennement appelée « le Serre ».

Les différents bâtiments sont implantés autour d'une cour centrale ou basse-cour (actuelle parcelle E 674). Le château (parcelles E 565, 566, 675 à 677) intègre une maison seigneuriale (parcelles E 675 et 676, voir dossier IA05001460) et une porte fortifiée accompagnée d'un passage couvert bâti (parcelle E 566). Cet ensemble est accompagné d'une maison « rentière » ou « fermière » (parcelle E 567, non étudiée), d'une prison installée dans une petite tour au nord-ouest de la cour (parcelle E 677) et de deux dépendances agricoles : un grenier seigneurial (actuellement maison parcelle E 575, voir dossier IA05001461) et une grande grange-étable seigneuriale (parcelles E 569 à 573, voir dossier IA05001462).

Plan de masse et de situation d'après le cadastre de 2018, section 000E. Echelle d'origine 1/500e.Plan de masse et de situation d'après le cadastre de 2018, section 000E. Echelle d'origine 1/500e.

L'angle sud-est de la fortification castrale est constituée des bâtiments du château, qui intègrent une porte fortifiée.

Côté est, l'enceinte castrale se prolonge depuis le château jusqu'à la porte de l'androne de Mauriou et l'ancienne église paroissiale, par une succession de maisons en hauteur étroites s'étageant sur quatre à cinq niveaux. Cette porte et l'église fortifiaient ainsi l'angle nord-est. Cette courtine orientale s'appuie sur un ressaut naturel de poudingue, conforté par un puissant parement taluté maçonné en gros galets assisés. Sur quelques assises, un appareil oblique alterné est observé. On relève également la présence de quelques petites parties en moellons calcaires, qui pourraient être un remploi de matériaux médiévaux. Le ressaut de poudingue ayant été surcreusé par l'érosion, notamment dans sa partie nord, le parement inférieur de l'enceinte masque des cavités naturelles qui ont été élargies et aménagées en petites caves, sans doute à l'époque Moderne.

Aile orientale, pignon sud. Aile sud, élévation sud.Aile orientale, pignon sud. Aile sud, élévation sud. Aile orientale. Angle sud-est.Aile orientale. Angle sud-est. Aile orientale. Elévation est : muraille.Aile orientale. Elévation est : muraille. Aile orientale. Elévation est : muraille.Aile orientale. Elévation est : muraille.

Côté ouest, le bourg castral est séparé du reste de l'agglomération par une enceinte fortifiée – désignée dans le terrier de 1755 comme les « vestiges des vieilles murailles qui séparoient anciennement Ribiers d'avec le Serre, aujourd'hui ce dernier uni au premier » – renforcé par une tour ronde (actuelle médiathèque) que ce même document désigne comme une « tour dans laquelle est une forge ». Enfin, installées perpendiculairement au sud-ouest de la cour, les dépendances agricoles du château forment une avancée solidement bâtie dont l'implantation fossilise probablement le tracé de l'enceinte à cet emplacement, bordant à l'est le quartier d'habitation d'origine médiévale appelé « le Barry » (voir dossier sur le village de Ribier : IA05001500).

Le château

Ses bâtiments forment un U fermant les côtés sud, est et nord de la basse-cour. L'aile orientale, long bloc assez étroit orienté nord-sud, suit la ligne de la muraille et ses élévations sud et est affichent un fruit très important sans doute dû à plusieurs campagnes de renforcement. Elle intègre en son cœur la maison seigneuriale à galerie en bois (voir sous-dossier IA05001460). Corps principal du château, cette aile orientale comporte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. Au dernier niveau de sa façade orientale, on note une baie de pigeonnier encore fermée par une grille d'envol en menuiserie. L'aile sud, sans étage de soubassement, intègre la porte fortifiée. Quant à l'aile nord, elle comporte un étage de soubassement uniquement dans sa partie orientale et elle abouti côté ouest à la petite tour où se trouve la prison.

Vue d'ensemble du château, prise du sud-est.Vue d'ensemble du château, prise du sud-est. Aile orientale. Façade ouest avec galerie en bois.Aile orientale. Façade ouest avec galerie en bois.

Aile orientale. Façade ouest : dégagement de la galerie en bois. Fin des années 1970, cliché J.P. Rouge.Aile orientale. Façade ouest : dégagement de la galerie en bois. Fin des années 1970, cliché J.P. Rouge. Aile orientale, élévation ouest et aile sud, passage couvert côté nord. Proposition de restitution des bâtiments. (Infographie A. Laurent)Aile orientale, élévation ouest et aile sud, passage couvert côté nord. Proposition de restitution des bâtiments. (Infographie A. Laurent)

Aile nord. Elévation sud.Aile nord. Elévation sud. Aile nord. Elévation nord.Aile nord. Elévation nord.

Le château dans le plan terrier de 1755

Correspondant à la parcelle 1230, est représenté par un dessin qui figure une façade ouverte de deux très grandes baies, couverte par un toit en pavillon, rehaussé d'épis de faîtage et de drapeaux. Toutefois, ce dessin reste très symbolique et ne rend pas compte de la forme en équerre du bâtiment, restituée par un artifice graphique peu clair.

Le château lors de la vente de 1793

Les bâtiments du château sont divisés en 4 lots, désignés comme « batiment dependant du cy devant château » et pour certains accompagnés d'« accessoires ou terrain qui se trouve au dessous de la terrasse joignant en ligne directe ». En outre, « chaque acquéreur [de l'aile orientale] jouira du terrain qui sera vis-à-vis leur portion adjugée jusques au bord du Pré de l’Iscle ainsi que la faculté commune de l’espace de l’emplacement de la basse cour ».

Le bâtiment principal est partagé en 3 lots qui comprennent l'aile orientale et l'aile sud avec sa porte fortifiée, pour une emprise au sol d'environ 340 m² (90 toises carrées) et un prix estimé de 2 430 livres.

L'étage de soubassement (présent uniquement dans l'aile orientale) est alors occupé par une grande pièce voûtée désignée comme « cave », probablement à usage de cellier et/ou de resserre, accessible depuis le rez-de-chaussée par un escalier intérieur. Il est précisé que les acquéreurs devront « faire construire a frais communs [...] des murs de separation pour diviser la cave totalle ». Aujourd'hui accessible par une porte charretière ouverte côté sud, cette longue pièce couverte par une voûte en berceau plein-cintre pourrait être un des rares vestiges médiévaux de l'édifice.

On accède à son rez-de-chaussée par une porte, manifestement ouverte dans la partie sud de sa façade ouest, qui est « garnie d’une porte en bois noyer doublée en sappin avec ses pannes gons serrure et locquet ». Cette porte ouvre sur « coridor » ou couloir qui dessert l'escalier intérieur, « degré qui conduit au premier étage et galletas ». Le dessous de cet escalier accueilleune resserre, « petit appartement qui sert a contenir plusieurs provisions de maison ». L'angle sud-est est occupé par « un appartement qui prend jour sur la terrasse du coté du levant [côté est] contenant en superficie quatre toises en quarré [15 m²] y compris un cabinet qui se trouve sur la parti du midy fermant par une porte bois noyer en mediocre état ». La partie nord du rez-de-chaussée accueille une « cuisine » qui « se trouve fermée par deux portes double battants en bois noyer garnies de leurs pannes, gonds et serrure en bon état ». Elle aussi éclairée par une fenêtre ouverte côté est, elle dispose d'« un placard affiché dans une alcove en bois noyer a porte double ». En outre, cette partie nord est occupée par une chambre et par un autre « coridor » qui mène à « une espece de lieu commun d’une chambre d’égalle grandeur a la premiere ».

La partie sud de l'étage regroupe des chambres qui s'ouvrent vers l'est, accompagnées de « deux appartements » installés « au dessus du couvert ou passage commun » (aile sud), l'ensemble pour une superficie d'environ 60 m² (16 toises carrées). L'escalier dispose d'un palier qui distribue également la partie nord du bâtiment – grâce à une porte qui « sera fermée a chaux et sable par l’acquéreur » – occupée par des chambres « sans aucun meuble ».

L'étage de comble est réservé aux « galletas couverts » qui « sont construits solidement et d’une valleur conséquente ».

Hormis certaines menuiseries, l'ensemble bâti est présenté comme étant en relativement bon état puisque « les murs et les planchers jusques au couvert se trouvant en bon état » et « les planchers desdits membres designés ne demandent pas de reparations pressantes ».

L'aile nord est donnée pour une surface au sol d'environ 115 m² (30 toises carrées) et prix estimé de 800 livres. Ce bâtiment « se trouve au meilleur état possible ». L'étage de soubassement, qui ne concerne que la partie est, est occupé par une « cave » située dans le prolongement de celle du bâtiment principal.

Le rez-de-chaussée est accessible de plain-pied depuis la basse-cour par une porte « fermant par une mauvaise porte noyer garnie cependant de ses pannes, gons et serrure et verrouil en bon état ». Il est occupé par un « escalier qui communique de la cave au galetas », par une « cuisine » située « à droite en entrant », décrite comme « presque neuve prenant jour a la chambre », et par une chambre qui dispose d'« un placard bois noyer a six portes garnies de ses fiches et affiché au mur ».

L'étage est divisée en « trois petits appartemens qui s’y dirigent au couchant qui viennent se terminer a la tour qui ne se trouvent point blanchis ny unis ». Cette dernière précision, ainsi que le très bon état décrit, laisse penser que ce bâtiment est alors de construction récente et que ses finitions intérieures n'ont pas été réalisées. L'étage de comble est réservé aux « galletas ».

Enfin, « à costé de la porte d’entrée se trouvant trois loges a cochons compris celle qui servoit anciennement de prison dans la tour qui s’y trouve », « deux des loges a cochons sont sans portes fermantes ».

Le château dans le cadastre de 1823

L'aile nord correspond à la parcelle E2 397 (135 m² au sol). L'aile orientale est partagée en trois parcelles (E2 399 et 400, 60 m² et 65 m², voir dossier IA05001460) et la partie est de la parcelle E2 401 (330 m²) qui intègre également l'aile sud et l'ancienne maison « rentière » ou « fermière ».

Parcelle

Lieu-dit

Nature

Superficie (m²)

Propriétaires

397

le Bourg

maison

145

MARTIN Pomponne

399

le Bourg

maison

60

RIVAS Jean Laurens (et hoirs)

400

le Bourg

maison

65

EYSSERIC Joseph ; DUPUY Antoine

401

le Bourg

maison

330

EVEQUE la veuve ; REYNAUD Joseph ; GUIBAUD François ; JULLIEN la veuve

Les bâtiments du château et de l'ancienne "maison rentière d'après le cadastre de 1823.

Photographies des années 1890-1920

Des cartes postales des années 1890-1910 montrent le bâtiment principal encore entier – bien qu'en mauvais état –, avec son toit à longs pans, dont l'angle sud-est largement saillant était soutenu par des poteaux en bois fichés dans les contreforts talutés de l'élévation orientale. Au dernier niveau de sa façade est, on observe sur le cliché une petite échauguette en encorbellement.

Sur les photographies des années 1920, ce toit est totalement ruiné et le dernier étage est écroulé. C'est probablement à cette époque qu'est reconstruite l'actuelle excroissance hors-œuvre, de plan polygonal, qui fait saillie à l'angle sud-est de la cour. Reprenant peut-être l'emprise d'une tour d'escalier incluant l'entrée du bâtiment principal, la construction actuelle est à vocation exclusivement agricole, avec sa grande porte charretière surmontée d'une large et haute baie fenière.

Hautes-Alpes. Ribiers (520 m) Vue générale prise de l'est. Détail : La façade orientale du château dans les années 1905-1910.Hautes-Alpes. Ribiers (520 m) Vue générale prise de l'est. Détail : La façade orientale du château dans les années 1905-1910. Ribiers (H.-A.) - Vue générale [prise de l'est]. 1927. La façade orientale du château dans les années 1920 (avant 1927).Ribiers (H.-A.) - Vue générale [prise de l'est]. 1927. La façade orientale du château dans les années 1920 (avant 1927).

Les dépendances

(hors bâtiments étudiés en sous-dossier : grenier seigneurial IA05001461 et grange-étable IA05001462)

La porte fortifiée

Le dessin du plan de 1755 montre bien l'existence de la porte fortifiée, prolongée côté cour par une « allée couverte entre le château et la maison grangère » (parcelle 1229). Sur le plan de 1823, elle est agglomérée au reste du château.

Lors de la partition de 1793, elle est rattachée à l'aile orientale du château et est désignée comme « le couvert […] qui communique de la basse cour a la terrasse du septentrion au midy » incluant la « porte cochère qui restera toujours commune aux différents acquéreurs ». Il est précisé que c'est depuis ce passage couvert que se fait l'accès à la maison « fermière » mitoyenne à l'ouest.

Sur le tableau de 1885, la façade nord de ce bâtiment qui couvre le passage de cette porte est très détaillée. Le passage couvert possède alors un couvrement en plancher sur solives, dont les ancrages dans les murs sont confortés par des petites demi-voûtes d'arêtes façonnées au mortier de gypse et retombant sur des culots décorés. Le bâtiment, qui paraît construit en pan de bois, montre un parement partiel en grand appareil et une grande baie, sans doute une croisée, qui a été en partie murée. L'avant-toit comporte quatre rangs de génoise, qui se prolongent sur le bâtiment mitoyen. Son aspect laisse supposer une construction de la seconde moitié du 17e siècle, hormis les baies remaniées au 19e siècle.

Dans les années 1960, ce bâtiment passablement ruiné et menaçant de s'effondrer, est remplacé par l'actuelle construction en brique enduite. Seule la partie basse de la façade sud a été conservée, avec sa porte dont l'encadrement en pierre de taille, en arc segmentaire, possède des piédroits chanfreinés présentant un congé simple à leur base et au départ de l'arc. On notera qu'en 2018, lors de travaux de réfection des réseaux d'eau, une grande pile d'évier en pierre de taille calcaire, très usée, à été trouvée dans le remplissage de la chaussée au niveau de ce bâtiment. En 2019, un nouvel encadrement cintré en pierre de taille a été ajouté du côté de la cour.

Aile sud. Porte fortifiée, élévation sud.Aile sud. Porte fortifiée, élévation sud. Aile sud. Porte fortifiée, élévation sud. Détail : congé inférieur du chanfrein.Aile sud. Porte fortifiée, élévation sud. Détail : congé inférieur du chanfrein. Aile sud. Porte fortifiée, élévation sud. Détail du congé supérieur du chanfrein.Aile sud. Porte fortifiée, élévation sud. Détail du congé supérieur du chanfrein.

Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, vue prise du nord.Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, vue prise du nord. Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, vue prise depuis la cour. Années 1970, cliché M. Fouche.Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, vue prise depuis la cour. Années 1970, cliché M. Fouche.

Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, détail du couvrement. Années 1970, cliché M. Fouche.Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, détail du couvrement. Années 1970, cliché M. Fouche. Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, vestige d'un culot de voûte en gypserie ornée.Aile sud. Passage couvert de la porte fortifiée, vestige d'un culot de voûte en gypserie ornée.

La « maison rentière » ou « fermière »

Ce bâtiment est mitoyen à l'ouest de la porte fortifiée. Il est possible que ses bases remontent à l'époque médiévale, notamment les assises en opus spicatum de l'élévation orientale, mais la majeure partie de la construction date surtout du 16e siècle et du début du 17e siècle. Aujourd'hui, une partie de l'élévation orientale n'est plus visible car masquée par une reconstruction des années 1960. La destruction du passage couvert de la porte fortifiée laisse voir les enduits intérieurs et une porte de communication manifestement repercée, avec un encadrement façonné au mortier de gypse. Les façades nord et sud ont été repercées, mais elles conservent notamment leurs chaînes d'angles en grande pierre de taille. La façade ouest est aveugle.

Dans le terrier de 1755, le bâtiment est mentionné comme la « maison rentière » (parcelle 1227), donc manifestement réservée au châtelain ou rentier du domaine.

Lors de la vente de 1793, il est désigné comme la « maison fermiere attenante au cy devant château », d'une superficie d'environ 120 m² (32 toises carrées). Sa porte d'entrée se trouve manifestement sous le passage couvert de la porte fortifiée, « ayant les battands en platre fermant par une porte bois blanc, pannes et gons et serrure ». La maison comporte un « rez de chaussée, composé de deux membre, un prenant jour au midy et l’autre au nord, lesdits deux membres d’égalle superficie », pièces à usage indéfini. Les commissaires jugent « que le rez de chaussée n’[est] pas suffisant pour loger un citoyen quelconque ». A l'étage se trouvent « deux appartements », disposant chacun d'une fenêtre, indépendants du rez-de-chaussée et uniquement accessibles depuis le château. Le comble est occupé par « le galetas ». L'ensemble est décrit comme en bon état, hormis les menuiseries (portes et fenêtres), et il n'y a pas besoin « des grandes reparations pour etre logeables ». Le prix est estimé à 800 livres.

En 1823, cette maison est rattachée foncièrement à l'extrémité sud du bâtiment du château (parcelle 1823 E2 401).

Sur le tableau peint en 1885, on peut observer l'état du premier niveau de son élévation orientale, qui s'ouvre sous le passage couvert. Deux portes semblent être des repercements, alors que l'on remarque une porte murée qui devait être accessible par un escalier extérieur disparu. Sur l'élévation nord, on note une petite baie au premier niveau, et une haute demi-croisée partiellement murée au second niveau.

Il est possible que les bases de ce bâtiment remontent à l'époque médiévale, notamment les assises en opus spicatum de l'élévation orientale. Mais l'ensemble de ce bâtiment remonte surtout au 16e siècle ou au début du 17e siècle. Aujourd'hui, une partie de l'élévation orientale n'est plus visible car masquée par une construction des années 1960, mais la destruction du passage couvert laisse voir les enduits intérieurs et une porte de communication manifestement repercée, avec un encadrement façonné au mortier de gypse. Du passage couvert, seul subsiste un des culots en gypse, qui porte les vestiges d'un décor façonné simple. Les façades nord et sud ont été repercées, mais elles conservent notamment leurs chaînes d'angles en grande pierre de taille. La façade ouest est aveugle.

Maison « rentière » ou « fermière ». Vue d'ensemble prise du nord-est.Maison « rentière » ou « fermière ». Vue d'ensemble prise du nord-est. Maison « rentière » ou « fermière ». Elévation nord.Maison « rentière » ou « fermière ». Elévation nord.

La basse-cour et la prison

En 1755, la cour est indiquée comme la « basse cour du château » (parcelle 1228), appellation reprise en 1793. Sur son côté ouest, elle est alors séparée du bourg par un mur et par un portail . Côté sud, elle donne sur une ruelle qui sépare la maison « rentière » de la grange-étable – un portail existait sans doute, dont subsiste l'arrachement sur la chaîne d'angle nord-est de la grange-étable. En 1793, cette ruelle est décrite comme un « passage bouché par un mur d’une toise en largeur sur deux de hauteur que nous estimons necessaire et indispensable de demolir, attendu que c’est le seul passage pour l’eau qui arrose les jardins attenantz au cy devant château et enfin pour rendre la communication libre de la basse cour a la terrasse ». Durant la seconde moitié du 20e siècle un petit lavoir en ciment, couvert en appentis, y était installé – il a été détruit en 2018.

Côté nord, on observe une construction circulaire, mentionnée en 1755 comme « tour et prison » qui est occupée en 1793 par une loge à cochon. A cet emplacement subsiste aujourd'hui un petit édifice au plan en fer à cheval comprenant un étage de soubassement muré – probablement la prison seigneuriale – et un rez-de-chaussée reconverti en atelier.

Aile nord. Tour de l'ancienne prison du château, vue d'ensemble prise du sud-ouest.Aile nord. Tour de l'ancienne prison du château, vue d'ensemble prise du sud-ouest. Aile nord. Tour de l'ancienne prison du château, vue d'ensemble prise du nord-est.Aile nord. Tour de l'ancienne prison du château, vue d'ensemble prise du nord-est.

En 1823, la plus grande partie de la cour appartient à la Commune (parcelle E2 398, 390 m²), sauf son entrée occidentale (E2 402 et 403, 50 m² chacune) qui appartient à un particulier, GOUIRAN Joseph, propriétaire de la partie nord de la grange-étable. Quant à la « tour » et son ancienne prison, elle est rattachée à l'aile nord du château.

parcelle (section E2)

lieux-dit

nature

superficie (m²)

propriétaire

398

le Bourg

cour

310

la Commune

402

le Château

cour

50

GOUIRAND Joseph

403

le Château

cour

50

GOUIRAND Joseph

Basse-cour du château d'après le cadastre de 1823.

Sur le tableau de 1885, la cour possède un revêtement caladé qui parait rythmé par des lignes de galets plus gros. Elle est fermée à l'ouest par un mur couvert, muni d'un portail, les deux étant couverts en tuile creuse. L'angle nord-ouest est occupé par une remise agricole, qui semble alors très récente et qui existe toujours aujourd'hui. En revanche, le mur de clôture occidental et la porte ont disparu, alors que l'accès à la ruelle menant à l'ancienne grange-forte a été muré. Quant à la « tour » de la prison, elle apparaît dans un état similaire à celui d'aujourd'hui, de même pour l'aile nord du château.

Ancienne cour du château de Ribiers 1885.Ancienne cour du château de Ribiers 1885. La cour du château, vue prise de l'est.La cour du château, vue prise de l'est.

La plate-forme ou terrasse sud

A l'extérieur de l'enceinte,le plan de 1755 indique la présence d'une grande « plâte forme » au pied sud du château (parcelle 1231). En 1793, cet espace libre est désigné comme une « terrasse », « complantée de muriers » et accompagnée de jardin à l'arrosage. Elle correspond à l'espace libre aménagé à l'est et au sud du château, actuellement occupé par le chemin et par des jardins clos.

En 1823, cet espace est partagé en une douzaine de jardins bordés le long du canal par des pâtures (1823 E2 359 à 372, superficie totale d'environ 1 600 m²). Le plus grand jardin (1823 E2 359, 620 m²) appartient à AMAT Jean Joseph, avoué, qui possède également une partie des anciennes écuries seigneuriales. Les autres jardins mesurent en moyenne 75 m², le plus petit étant d'à peine 7 m² (1823 E2 366). Étagés dans la pente, ils sont soutenus par des murs en pierre sèche et séparés par des murets maçonnés.

On notera qu'en 2018, lors de travaux de réfection des réseaux d'eau, une petite pièce voûtée presque comblée a été découverte au pied nord de l'élévation sud de ce bâtiment. Il pourrait s'agird'eau, une petite pièce voûtée presque comblée a été découverte au pied nord de l'élévation sud de ce bâtiment. Il pourrait s'agir d'un soubassement de terrasse flanquant la porte du château.

Vestige d'une voûte enterrée au pied sud de la porte fortifiée.Vestige d'une voûte enterrée au pied sud de la porte fortifiée.

La glacière

Disjointe au sud du village, une « glacière » est figurée sur le plan de 1755 (parcelle 1223). Dépendance assez courante d'un domaine seigneurial en haute Provence au 18e siècle, son existence renforce néanmoins l'idée de la richesse et de la qualité des aménagements bâtis. Ce bâtiment n'est pas clairement mentionné lors de la vente de 1793 et il ne figure pas sur le cadastre de 1823. Son emplacement n'a pas été retrouvé sur le terrain.

Entre cette glacière et le grenier du château, le chemin qui les relie est équipé d'un « pont levis en ruine » (parcelle 1221), qui devait se trouver approximativement au niveau du pont-aqueduc actuel.

Une maison au bourg

En 1755, le seigneur détient également un ensemble bâti situé en face de la tour du rempart villageois (actuelle médiathèque) comprenant une maison d'angle, avec une « chambre » dans la partie basse de la petite tour accolée au sud-ouest, et une « grange et écurie » occupant la dépendance agricole mitoyenne côté nord (parcelles 999, 1001 et 1002). Il tient cette propriété « par droit de gage d'André Verdet ».

Le domaine agricole seigneurial

En 1755, le domaine seigneurial proche du château comprend de grandes parcelles agricoles au pied sud du bourg : terre appelée le « Clot du Seigneur », vigne et jardin au sud (parcelles 1219, 1220 et 1222). Il s'étend également à l'est du château jusqu'au Buëch, et cette partie est mentionnée comme « le parc et la prairie » (parcelle 815). Cet ensemble est traversé par une allée plantée d'arbres, très bien représentée sur le dessin du plan (parcelle 816), qui aboutit au nord à une construction dessinée à la manière d'une porte monumentale et désignée comme « pigeonnier en mazure » (parcelle 804). Cet édifice s'inscrit au sein de la « vieille muraille du parc en ruine » (parcelle 805, « lavée en rouge » sur le dessin), bordée à son pied nord par les graviers du Riou de Clarescombes (parcelle 801) à travers lesquels s'écoule l'eau du « béal venant des moulins » (parcelle 803).

Le mauvais état de la « muraille du parc » semble provisoire, puisque le plan précise un « ouvrage nouveau proposé à faire » et une « nouvelle muraille en partie faite, le restant proposé à faire, laquelle environe l'Enclot » (parcelle 807), tous deux « lavés en jaune » sur le dessin. Une dérivation est également prévue pour l'aménagement d'un « nouveau canal des eaux des moulins pour l'arrozage du parc » (parcelle 808), qui traversera l'angle nord-est du parc.

Situé immédiatement à l'aval de la rive droite de la confluence du Riou de Clarescombes et du Buëch, ce parc est protégé des effets dévastateurs des crues par une « première fortification » (parcelle 802). Le dessin suggère une construction en poutres croisées et remplissage de blocs rocheux. D'autres constructions similaires sont installées parallèlement à la rive du Buëch : la « deuxième fortification » (parcelle 810), la « cinquième fortification faite depuis peu, laquelle a été emportée par le Buech au mois de Xbre 1755 » (parcelle 813) et une « autre fortification et continuité de cette dernière proposée à faire » (parcelle 814). Les troisième et quatrième fortifications (parcelles 811 et 812) sont quant à elles implantées perpendiculairement à la rivière, en épi.

Les propriétés seigneuriales comprennent aussi les graviers en bord de Buëch (parcelle 809) et une « islle » à l'extrémité sud de la prairie.

Plans visuels de la terre et seigneurie du Bourg de Ribiers, 1755. Détail du plan 7 : les gravières en bord du Buëch.Plans visuels de la terre et seigneurie du Bourg de Ribiers, 1755. Détail du plan 7 : les gravières en bord du Buëch.

En 1787, la partie du parc riveraine du Buëch est concédée par la marquise de Créquy à l'avocat et entrepreneur Louis-Antoine Long, en même temps que d'autres terres, landes et graviers. En échange d'un bail emphytéotique, M. Long doit construire et entretenir une digue le long du Buëch et aménager des canaux d'arrosage. Ce projet fut contrarié pour diverses causes : retards du chantier, puis saisie du domaine seigneurial pendant la Révolution et errements fonciers sur ces terrains jusqu'au milieu des années 1810.

En 1793, « le domaine seigneurial est aliéné et partagé entre deux cent quarante-six particuliers » (J. Roman, 1892). D'après le registre de la vente des biens nationaux (extraits du registre de la vente des biens nationaux provenant d'émigrés ; pièces de l'audience du Tribunal du district de Serres du 23 octobre 1793, archives privées du Domaine des Îles) « la prairie appelée le Verger a été divisée en huit lots ou portions, laquelle se trouve située en dessous du village Ribiers prenant son commencement à l'angle que forme la terrasse qui se trouve au dessous du ci-devant château ». Ces lots correspondent tous à de la « prairie arrosable première qualité » presque toujours complantée de noyers, mûriers et arbres fruitiers qui sont parfois palissés sur un mur. Ce même jour, « le jardin dépendant du ci-devant château » est divisé en deux lots qui seront séparés par un mur mais « sans déroger au passage de l'eau qui continuera de passer dans le jardin supérieur à l'usage de l'arrosage ».

Les minutes du notaire de Ribiers de l'époque, Me Viguier-Chatillon conservent la trace, dans les années 1801-1805, d'au moins vingt ventes entre particuliers pour des parcelles situées aux Bas Prés. Celles-ci sont indiquées comme des « portions échues lors du partage communal des Bas-Prés sous le ci-devant château » en 1793 ou en 1803. Ce sont des « fonds arrosables » de peu de superficie, la plupart mesurant 413 m² mais d'autres étant plus petits (minutes de Me Viguier-Chatillon notaire à Ribiers, archives privées du Domaine des Îles).

Sur le cadastre de 1823, le quartier des Bas Prés – appelé « la Prairie » sur ce document – est divisé en 350 parcelles environ. En revanche, le secteur concerné par le bail seigneurial concédé en échange de la construction d'une digue reste occupé par des grandes parcelles majoritairement incultes. C'est seulement à partir du début des années 1830 que ce secteur est aménagé en domaine agricole, appelé le « Château des Iles » à la fin du 19e siècle (voir dossier IA05001425).

Parties constituantes non étudiéescour, prison, passage d'entrée, maison
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonParc naturel régional des Baronnies Provençales - Laragne-Montéglin
AdresseCommune : Val Buëch-Méouge
Lieu-dit : Ribiers
Adresse : le Château
Cadastre : 1755 plan 7 908, 1224 à 1231 ; 1823 E2 359 à 372, 397 à 408bis ; 1998 E2 565 à 576, 674 à 677 ; 2018 000E 565 à 576, 674 à 677
Précisionsanciennement commune de Ribiers

Sans doute implanté dès le 13e siècle à proximité d'une ancienne voie de circulation remontant au moins à l'Antiquité, le château de Ribiers a cristallisé autour de lui une agglomération qui a vidé de leur population les anciens sites castraux de la commune : Château-Giraud, Creyssint et Saint-Etienne.

Les bâtiments actuels datent surtout de l'époque Moderne, période florissante malgré les guerres de Religion : porte fortifiée, encadrements, pans de bois et colombages des 16e et 17e siècles, dépendances agricoles de la fin du 17e siècle et du 18e siècle. Loti et vendu en 1793, l'ensemble des anciens bâtiments seigneuriaux couvrait une surface au sol de 1620 m² dans le cadastre de 1923.

La division révolutionnaire de l'ensemble bâti a entraîné diverses reprises, cloisonnements, repercements et modifications d'ouvertures. Manifestement mal entretenu dès la fin du 19e siècle, les parties hautes de l'angle sud-est apparaissent sérieusement endommagées sur les clichés du début du 20e siècle. Partiellement transformés en gîte dans les 1970-80, les bâtiments qui subsistent aujourd'hui sont très dénaturés.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Secondaire : 4e quart 18e siècle
Principale : 19e siècle

Le château de Ribiers occupe la partie sud-est du mamelon sur lequel est installé le bourg castral, à l'extrémité orientale de l'agglomération actuelle. Installé au bout d'une avancée du coteau de poudingue qui domine le lit majeur du Buëch, il était relié au reste du bourg par une échine naturelle – aujourd'hui très estompée – anciennement appelée « le Serre ».

Les différents bâtiments sont implantés autour d'une cour centrale. Le château proprement dit (très remanié) intègre une maison seigneuriale (voir dossier IA05001460) et une porte fortifiée accompagnée d'un passage couvert bâti. Cet ensemble est accompagné d'une maison « rentière » ou « fermière » (non étudiée), d'une prison installée dans une petite tour au nord-ouest de la cour et de deux dépendances agricoles : un grenier seigneurial (voir dossier IA05001461) et une grande grange-étable seigneuriale (voir dossier IA05001462).

Le bâtiment du château – qui comporte au maximum un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble – conserve en étage de soubassement une longue pièce voûtée en berceau à usage de resserre ou de cellier. Au vu des clichés anciens, il semble qu'un pigeonnier était installé à l'angle sud-est du bâtiment.

L'ensemble des bâtiments est construit en maçonnerie de moellons calcaire et de galet, généralement enduite. La maison seigneuriale présente une élévation à pan de bois. Très modifiés et dénaturés, les toits sont à longs pans, à un pan ou ont été convertit en toit-terrasse.

Murscalcaire moellon enduit
calcaire galet enduit
bois pan de bois
Couvrementsvoûte en berceau
Couverturestoit à un pan
toit à longs pans pignon couvert
État de conservationremanié
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Bail à réparation & construction de digue et bail emphytéotique entre Mme de Crequy seigneur de Ribiers et Louis-Antoine Long, 25 septembre 1787. Archives privées du Domaine des Îles, Ribiers, non coté.

  • Procès verbal de consistance estimation et division des biens provenant de l’émigrée Marie Thérèse Felix femme Créqui situés dans la commune de Ribiers, ladite émigrée cy devant comtesse dudit lieu. 19 octobre 1793. Registre papier. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap. 1 Q 253.

  • [Extraits du registre de la vente des biens nationaux provenant d'émigrés ; pièces de l'audience du Tribunal du district de Serres du 23 octobre 1793 : château de Ribiers]. Archives privées du Domaine des Îles, Ribiers.

  • Extraits des minutes de Me Viguier-Chatillon notaire à Ribiers, 1801-1805. Archives privées du Domaine des Îles, Ribiers

  • Matrices cadastrales de la commune de Ribiers. 1823-1911. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1169 à 3 P 1172.

Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Ribiers. / Dessin, encre et lavis par Martel et Martin, géomètres, 1823. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : 3 P 1167 à 3 P 1168.

  • Ancienne cour du château de Ribiers. / Huile sur toile, 114 x 145 cm, par Marie Joséphine Arnaud, 1885. Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes, Gap.

  • Hautes-Alpes. Ribiers (520 m) Vue générale prise de l'est. / Carte postale, édition Pellegrin à Ribiers, vers 1905-1910. Collection D. Vanucci.

  • Ribiers (H.-A.) - Vue générale [prise de l'est]. / Carte postale, années 1920 [cachet de la poste 1926]. Collection D. Vanucci.

  • [Le bourg de Ribiers et le château, vue prise de l'est]. / Carte postale, marque Jo, milieu du 20e siècle. Collection D. Vanucci.

Bibliographie
  • ESTIENNE, Marie-Pierre ; NICOLAS, Nathalie. Châteaux médiévaux des Hautes-Alpes. Gap : Les Amis des Archives des Hautes-Alpes / Librairie des Hautes-Alpes (Les Cahiers du patrimoine Haut-Alpin, 1), 1999.

  • FAURE-VINCENT, David, FAURE, Pierre. Le Terrier de Ribiers, 1755. Lettre aux amoureux du patrimoine n° 63-64. Serres : Association départementale de sauvegarde du Pays du Buëch & des Baronnies, 2014.

  • ROMAN, Joseph. Histoire de Ribiers, chef-lieu de canton du département des Hautes-Alpes. Gap : Imprimerie J.-E. Richaud, 1892. 72 p.

(c) Parc naturel régional des Baronnies Provençales ; (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï