Dossier d’œuvre objet IM13000508 | Réalisé par ;
Masson-Lautier Maïna (Rédacteur)
Masson-Lautier Maïna

Conservateur en chef du patrimoine en poste au Service régional de l'Inventaire à la DRAC de Poitiers de 2002 à 2005, puis au Service de l'Inventaire de la DRAC d'Aix-en-Provence. En poste au Service de l'Inventaire et du patrimoine, région Provence-Alpes-Côte d'azur depuis 2008.

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  • opération ponctuelle
Revêtement mural (papier peint) : Jardin de Bagatelle ou Jardin anglais, Château de La Calade
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aix-en-Provence - Provence Alpes-Côte d'Azur
  • Commune Aix-en-Provence
  • Lieu-dit La Calade
  • Adresse 60 route de la Calade
  • Dénominations
    revêtement mural
  • Titres
    • Jardin de Bagatelle
    • Jardin anglais

Le salon des Tapisseries ou Salon Empire est une pièce rectangulaire éclairée par deux baies, dont l'une donne sur la cour d'honneur. Il est orné d'un ensemble de papiers peints, bien identifié, nommé "Jardins de Bagatelle", produits entre 1800 et 1804 par la manufacture Joseph Dufour à Mâcon. Il s'agit de l'un des premiers exemples de papiers peints panoramiques réalisés en France et également une première tentative d'impression de ce type de papiers peints par la manufacture Dufour, avec une gamme réduite de 15 couleurs.

A l'origine, ces papiers peints ont été commandés par la famille Duranti la Calade, de retour d'Immigration après la Révolution, pour un appartement marseillais. Cependant, ayant renoncé à y vivre, les papiers peints ont été posés vers 1810 dans une pièce créée au premier étage du château de la Calade. Au moment de la pose, pour adapter le papier peint à la dimension du salon, « une combinaison de frises, de cimaises, de pilastres et de papier bleu ciel » a été rajoutée. [Salon Empire du château de la Calade à Aix-en-Provence. Vue rapprochée de deux panneaux de papier peint.], début 20e siècle.[Salon Empire du château de la Calade à Aix-en-Provence. Vue rapprochée de deux panneaux de papier peint.], début 20e siècle.

Ces encadrements ont été supprimés au 20e siècle au profit d’une bordure minimaliste qui réduit sa présentation actuelle à de simples tableaux sur fonds de murs peints en bleu ciel.

Les dessus de porte et le trumeau de cheminée présentaient également autrefois des décors, dessinés au pastel au début du 19e siècle par Paulin de Duranti la Calade. Ces espaces sont désormais vides mais les compositions primitives, déposées et encadrées subsistent. Premier étage, salon des Tapisseries : décor du trumeau de la cheminée, composition réalisée sur papier au pastel par Paulin de Duranti la Calade, oeuvre déposée, début du 19e siècle. Premier étage, salon des Tapisseries : décor du trumeau de la cheminée, composition réalisée sur papier au pastel par Paulin de Duranti la Calade, oeuvre déposée, début du 19e siècle.

Le dessin de l'ensemble est attribué à Pierre-Antoine Mongin, spécialiste des paysages poétiques qui rejoindra ensuite la manufacture Zuber où il se spécialise dans les panoramiques. La commande, initialement prévue pour un plus petit espace, étant insuffisante pour habiller l'ensemble des murs de la pièce, le poseur a été contraint de répéter certaines scènes. On compte six panneaux distincts.

Premier étage, salon des Tapisseries ou salon Empire : vue générale.Premier étage, salon des Tapisseries ou salon Empire : vue générale.

Les scènes qui composent le panoramique peuvent être figurées séparément ou en continu, sans qu'il n'existe d'ordre de lecture particulier. Certains éléments sont empruntés en effet au Jardin de Bagatelle ("folie" situé dans le Bois de Boulogne, créée sur demande du Comte d'Artois, frère cadet de Louis XVI, en 1775), d'autres sont empruntés à des parcs et jardins parisiens ou encore à celui de Versailles : diverses statues et fabriques de jardin prennent ainsi place sur fond paysager dans le style d'un jardin à l'anglaise. Les scènes sont animées de personnages vêtus à la mode du Premier Empire.

On peut observer successivement : une statue de Diane chasseresse (il s'agit de la Diane de Versailles, du musée du Louvre dont on peut voir une réplique au jardin du Luxembourg par exemple), le Temple de l'Amour (fabrique érigée en 1777-1778 par Richard Mique dans le jardin anglais du Petit Trianon à Versailles), l'orangerie de Bagatelle ou le Grand Trianon (Versailles), la pagode du Jardin de Bagatelle, une colonne surmontée du Mercure de Jean de Bologne (musée du Louvre). A la suite, sur fond d'arcatures à l'antique, des femmes vêtues à l’antique se baignent dans un bassin alimenté par une fontaine qui reproduit la Fontaine de la Régénération (monument figurant Isis, flanquée de deux lions, de l'eau jaillissant de ses seins : cette fontaine est construite sur les ruines de la Bastille pour la fête de l'Unité et de l'indivisibilité du 10 août 1793). Cette référence à l'Egypte se retrouve également dans le traitement du bâtiment situé à droite des baigneuses ou encore avec les sphinges placées sur la balustrade en contrebas. Elle traduit l'égyptomanie ambiante de ce début du 19ème siècle, conséquence directe de la campagne d'Égypte de Bonaparte et du succès de l'ouvrage de Vivant Denon.

Posés sur les murs de la pièce depuis près de deux siècles, ces papiers peints ont notamment souffert de l'humidité et nécessiteraient une restauration.

Ensemble de papiers peints, considéré comme le précurseur du décor en continu ou "panoramique", intitulé "Jardin de Bagatelle" puis "Jardin anglais", produit la manufacture mâconnaise Dufour entre 1800 et 1804, sur les dessins de Pierre-Antoine Mongin.

Il est posé dans un salon du premier étage du château de La Calade en 1810, avec des encadrements peints aujourd'hui disparus. Les dessus de porte et le trumeau de cheminée présentaient également autrefois des décors, dessinés au pastel au début du 19e siècle par Paulin de Duranti la Calade. Ces espaces sont désormais vides mais les compositions primitives, déposées et encadrées subsistent.

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1810, daté par source
  • Lieu d'exécution
    Commune : Mâcon
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Manufacture Dufour puis Joseph Dufour puis J. Dufour et Cie puis Dufour & Leroy (1797 - 1832)
      Manufacture Dufour puis Joseph Dufour puis J. Dufour et Cie puis Dufour & Leroy

      En 1797, Joseph Dufour (1754-1827) installe sa manufacture de papiers peints (sous non nom) à Mâcon, après des collaborations à Lyon ; en 1806, succès à l'Exposition des produits de l'industrie française ; en 1808, installation à Paris, rue Beauvau, faubourg Saint-Antoine. La raison sociale des toujours Dufour en 1812 mais en 1816, on trouve Joseph Dufour, puis de 1820 à 1822/23, J. Dufour et Cie. En 1819, médaille d'argent à l'exposition des produits de l'industrie française.

      A partir de 1822/23, Joseph Dufour s'associe avec son gendre Amable-Philibert Leroy, la raison sociale devient Dufour & Leroy, sise au 10 rue de Beauveau-Saint-Antoine ; cette association dure jusqu'en 1832/35. A cette date la maison est vendue.

      [source : Rixheim, musée du papier peint]

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      fabricant marchand attribution par travaux historiques
    • Auteur :
      Mongin Pierre-Antoine
      Mongin Pierre-Antoine

      Élève à l'Académie royale de peinture et de sculpture à Paris, de 1782 à 1785, puis peintre de genre et d'histoire. Il dessine également des modèles originaux pour deux manufactures de papiers peints : Joseph Dufour à partir des années 1804, puis Jean Zuber.

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      peintre

Le papier peint est formé d’une succession de planches de 54 cm sur 42,5 cm selon la technique des dominos. On parle de papier vergé rabouté. Il est collé sur une toile de jute. Il s’agit d’une première tentative d’impression de papier panoramique (les scènes sont traitées en continu, sans interruption, quitte à répéter le motif) imprimé à la planche en 7 couleurs sur un fond brossé bleu ciel. On retrouve un camaïeu pour les figures et les fabriques et une polychromie de bleu et de vert pour les feuillages et le fond.

L'exemplaire de la Calade comporte actuellement six panneaux présentés comme des tableaux.

  • Catégories
    papier peint
  • Matériaux
    • papier, en plusieurs lés peint au tampon
  • Mesures
  • Précision dimensions

    Dimensions des panneaux. Mur nord-est : h= 290 ; la = 180. Mur nord-ouest : la = 113. Mur sud-ouest : h = 2,17 m et 2,40 m. Mur sud-est = 2,00 m.

  • Précision représentations

    L’iconographie rassemble des personnages en costumes Empire évoluant dans un cadre idyllique évoquant les jardins à l'anglaise, construit à partir d'éléments faisant référence à des jardins existants (fabriques alors à la mode à Trianon, aux Tuileries ou à Bagatelle).

  • État de conservation
    • altération biologique de la matière
    • altération chromatique de la surface
    • traces de peinture
    • altération biologique du support
    • assemblage fragilisé
    • remontage
    • oeuvre mutilée
  • Précision état de conservation

    L'ensemble nécessite une restauration.

  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée
  • Protections
    classé au titre immeuble, 2015/01/20
  • Précisions sur la protection

    Le château est Inscrit au titre des monuments historiques en 1975 puis classé en totalité (parcelle 90, section MS du cadastre moderne) par arrêté du 20 janvier 2015. En tant qu'immeuble par destination, le décor de papiers peints est compris dans cette protection

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Documents d'archives

  • JOURDAN, Blandine. Dossier de protection Monuments Historiques du château de la Calade. mars 2011. Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conservation régionale des Monuments historiques, Aix-en-Provence : non coté.

Bibliographie

  • PRACHE Denis et al. Joseph Dufour, Génie des papiers peints. Paris : Mare et Martin, 2016.

Documents figurés

  • [Salon Empire du château de la Calade à Aix-en-Provence. Vue rapprochée de deux panneaux de papier peint.] / Photographie, début 20e siècle. Collection particulière.

  • [Vue générale du salon Empire du château de la Calade à Aix-en-Provence] / Photographie, début 20e siècle. Collection particulière.

  • [Vue générale du salon Empire du château de la Calade à Aix-en-Provence] / Photographie, 1974. Collection particulière.

Date(s) d'enquête : 2019; Date(s) de rédaction : 2019
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Masson-Lautier Maïna
Masson-Lautier Maïna

Conservateur en chef du patrimoine en poste au Service régional de l'Inventaire à la DRAC de Poitiers de 2002 à 2005, puis au Service de l'Inventaire de la DRAC d'Aix-en-Provence. En poste au Service de l'Inventaire et du patrimoine, région Provence-Alpes-Côte d'azur depuis 2008.

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Édifice
Château de La Calade

Château de La Calade

Commune : Aix-en-Provence
Lieu-dit : La Calade
Adresse : 60 route de la Calade