Photographe Inventaire général.
- recensement du patrimoine balnéaire
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
-
Aire d'étude et canton
Cagnes-sur-Mer
-
Commune
Cagnes-sur-Mer
-
Dénominationspeinture monumentale
-
AppellationsChute de Phaéton
Le mythe de Phaéton et la famille Grimaldi
Dans le cadre de l'embellissement du château entamé par Jean-Henri Grimaldi, ce dernier fait appel à des décorateurs génois pour le décor de sa salle d'apparat, dont les dimensions sont assez importantes, pour y peintre une chute de Phaéton (7 x 11 mètres).
Le choix de ce mythe peut être lu comme une allégorie de la trajectoire suivie par la famille Grimaldi. Ce mythe raconte la chute de Phaéton, qui a supplié son père, Zeus, de lui laisser conduire le char du soleil. Fougueux, Phaéton perd le contrôle du char et est foudroyé par Zeus dans le fleuve Eridan, identifié comme le Pô, qui traverse le territoire ligure dont les Grimaldi se disent originaires. Le revers de fortune des Grimaldi, bannis de Gênes au XIIIe siècle est ainsi souvent dépeint dans les arts à travers le mythe de la chute de Phaéton. Le personnage de Phaéton vient en effet incarner l'ambition politique de la famille Grimaldi.
Une difficile attribution
La fresque fut admirée et décrite par des voyageurs dès le début du XIXe siècle. Aubin-Louis Millin en donna la première description dans le cinquième tome de son Voyage dans les départements du Midi de la France (1808). Ce dernier distingue deux interventions : l’ovale central, réalisé par l’artiste principal qu’il ne nomme pas, et les médaillons et frises décoratives, de qualité moindre, probablement confiés à un élève. À plusieurs reprises, le nom de Giovanni Carlone est évoqué comme peintre de la fresque. Carlone, peintre génois contemporain de Benso, travailla avec lui sur la décoration de la chapelle du palais ducal de Gênes en 1655 et aurait participé au décor du palais Lascaris. Cette attribution n'est pas remise en question par le comte de Villeneuve qui écrivit en 1819 une notice sur le plafond du château de Cagnes. Dans les années 1950, Léonard-André Bonnet, conservateur du château de Cagnes, continue d’attribuer la fresque à Carlone.
Cette confusion s’explique notamment par les similitudes de la fresques avec le palais Lascaris, où Jean-Baptiste Lascaris fit réaliser, au milieu du XVIIe siècle, des fresques mythologiques, dont une chute de Phaéton, probablement réalisées par Carlone. Il est également possible qu’à Cagnes, Carlone ait travaillé sous la direction de Benso, aux côtés d’élèves de ce dernier, comme Giovanni Battista Merano.
Giulio Benso, peintre décorateur de la fresque
Grâce à la correspondance entre Jean-Henri et son cousin Honoré II, Grimaldi de Monaco, on peut établir avec certitude que Giulio Benso est l'auteur de la fresque. Dans une lettre de juillet 1643, on comprend que le travail du peintre génois est en cours et remarqué par le cousin monégasque qui écrit :
"Je me réjouis que Monsieur Benso ait réalisé un si beau dessin pour la salle de Votre Seigneurie, que je verrai volontiers, venant d’un artiste si vertueux, des mains duquel ne sortent que des œuvres parfaites".
À cette période, Benso travaillait sur le vaste programme décoratif de la basilique Santissima Annunziata de Gênes, commandité par la famille génoise des Lomellini. Il était sur le point d’achever les peintures de l’abside lorsqu’il quitta ce chantier pour se rendre à Cagnes. Il importa probablement dans la fresque du château des éléments inspirés de ses peintures réalisées pour l’Annunziata. On retrouve ainsi la même orchestration de colonnades accueillant une scène d'Annonciation dans la basilique de Gênes.
La seule source picturale permettant aujourd’hui de dater cette œuvre est un dessin préparatoire conservé au cabinet des dessins de Stuttgart, signé et daté de 1648, avec inscription : "BENSO OPERA FATTA IN FRANCIA/1648".
Il s'agit d'une étude pour les décors de la quadrature, au registre inférieur de la fresque, probablement exécuté par un élève de Benso après que celui-ci a réalisé la fresque.
La fresque est réalisée dans les années 1640 par l'artiste génois Giulio Benso. L'artiste aurait été assisté de ses élèves et d'autres peintres, comme Carlone, notamment pour la réalisation de la quadratura de la fresque.
Au début du XIXe siècle, à la suite de l'installation de troupes sardes dans le château, la fresque est endommagée. Au cours du siècle, l'état de la fresque se dégrade et l'on envisage de la déposer. Elle sera finalement restaurée par le peintre Henri Depeyre à la fin du XIXe siècle à la demande du Docteur Chrétien Gerecke alors propriétaire du château.
-
Dates
-
-
Auteur(s)
-
Auteur :
Benso Giuliopeintre attribution par sourceBenso GiulioCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Giulio Benso, peintre, dessinateur et architecte du XVIIe siècle. Né en 1592 il fut accueilli à Gênes par le seigneur Giovanni Carlo Doria, amateur d'art et mécène issu d'une famille influente de la ville qui le confia à l’école du peintre Giovanni Battista Paggi (1554-1627).
Parmi ses grandes réalisations, on compte le programme décoratif de la Basilique Santissima Annunziata del Guastato à Gênes, la fresque du plafond du château de Cagnes-sur-Mer, et la réalisation d'une quarantaine de peintures sur toile pour la basilique bénédictine de Weingarten. Il se distingua par un art jouant de recherches sur la perspective, le trompe l’oeil et l’illusionnisme.
-
Auteur :
Depeyrerestaurateur attribution par sourceDepeyreCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Depeyre est décorateur à Nice à la fin du XIXème siècle.
-
Auteur :
Carlone Giovanni Battistapeintre (incertitude), attribution par sourceCarlone Giovanni BattistaCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Giovanni Battista Carlone est un peintre italien baroque de l'école génoise. Il travailla à Rome et à Gênes, sur le programme décoratif de la Santissima Annunziata, mais également dans le comté de Nice.
-
Auteur :
La peinture murale est peinte à fresque sur le plafond de la salle d'apparat du château. Elle commence à partir de la corniche qui couronne les murs du salon. Elle se déploie selon une composition en deux niveaux, combinant une quadratura et une scène di sotto in sù.
LaQuadratura
Cette quadratura s’organise en deux registres : Le premier registre permet, par des écoinçons incurvés, de rétrécir fictivement le plafond.
Entre ces écoinçons sont représentés les signes du Zodiaque, dans des cartouches triangulaires ou des médaillons. Cette iconographie renvoie directement à la description du palais du Soleil telle qu’Ovide la présente dans l’introduction au récit de la chute de Phaéton dans les Métamorphoses. Dans les arcs présents à la base de ces écoinçons, sont figurés des dieux de fleuves, allongés, autre élément emprunté à la description d’Ovide. Seul l'arc de l'écoinçon surmontant la cheminée, au nord de la fresque représente une coquille. Les côtes de ces écoinçons sont comme portés par des faunes et faunesses de bronze. Dans ces écoinçons sont insérés quatre médaillons ovales qui illustrent différentes étapes du mythe de Phaéton, avant et après sa chute : la demande de Phaéton adressée à Apollon pour obtenir la permission de conduire le char solaire ; le chagrin des Héliades, les nymphes, pleurant la mort de leur frère Phaéton ; leur métamorphose en peupliers. Le traitement de ces scènes est plus rapide que celui de la scène centrale du plafond, presque esquissé à certains endroits.
Le deuxième registre est constitué de la peinture d'une loggia. Une balustrade massive sur laquelle prennent appui des colonnes cannelées. Le point de vue de la fresque devant être pris depuis la porte d’entrée, à l’ouest, les colonnes situées de ce côté apparaissent en raccourci : seuls leurs chapiteaux sont représentés, tandis que celles côté est sont peintes dans leur entièreté. Ces colonnes soutiennent un portique dont les voûtes d’arêtes reproduisent l’architecture réelle de la loggia du château. Leur présence fait également écho aux colonnes décrites par Ovide dans le palais du Soleil.
La scène di sotto in sù
Le sommet de la composition est occupé par une vaste scène di sotti in sù, inscrite dans un format ovale à redents.
Le peintre représente l’acmé du mythe de Phaéton, moment où ce dernier est précipité hors du char solaire disloqué et tombe dans les eaux du fleuve Éridan. Sa main gauche cherche un point d’appui tandis que la droite se porte à sa tête dans un geste d’effroi. Sa jambe droite, tout comme les chevaux, est peinte en raccourci. Les quatre chevaux sont dispersés dans le ciel : l’un bascule en arrière derrière le char ; deux autres, renversés dans le même sens, tentent de se raccrocher l’un à l’autre en se saisissant mutuellement par la bouche ; le quatrième, peint en blanc, semble chuter verticalement vers le spectateur.
-
Catégoriespeinture murale
-
Matériaux
- enduit, support peinture à l'huile
-
Iconographies
- signe du zodiaque, le scorpion, les poissons, le taureau, la vierge, le cancer, le sagittaire, le capricorne, le verseau, le bélier, les gémeaux, la balance, le lion
- culot
- chapiteau corinthien
- agrafe
- angelot
- Phaéton
-
Précision représentations
Cette scène de chute de Phaéton reçoit une riche ornementation, notamment dans la partie de la quadratura : culs de lampe aux quatre coins de la scène da sotto in sù, des chapiteaux corinthiens au sommet des colonnes, une frise en tresse souligne les arêtes supérieures des écoinçons. La rencontre de deux arêtes de ces écoinçons est sommé d'un angelot. Les médaillons sont ornés de cartouches et sommés d'une agrafe.
Les signes du zodiaques sont représentés : le scorpion, les poissons, le taureau, la vierge, le cancer, le sagittaire, le capricorne, le verseau, le bélier, les gémeaux, la balance, le lion.
-
Statut de la propriétépropriété de la commune
-
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
-
Protectionsclassé au titre immeuble, 1948/04/15
1948/05/05
-
Précisions sur la protection
Le château, à l'exclusion des parcelles G 875, 876 : classement par arrêté du 15 avril 1948 - Les parcelles G 875, 876 (cad. G 875, 876) : classement par décret du 5 mai 1948
-
Référence MH
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Documents d'archives
-
Lettre d'Honoré II à Jean-Henri Girmaldi de Cagnes, Monaco, 26 juillet 1643. Archives du Palais princier de Monaco, Monaco : B1.
Bibliographie
-
ANDRE-BONNET, Léonard, Cagnes, Fortin médiéval, son histoire. Autremencourt : Le livre d'histoire-Lorisse, 2003, reprise de l'édition de 1935. 122 pp.
-
LORGUES-LAPOUGE, Christiane. Décorateurs génois du Seicento en Provence orientale. Giovan Battista Carlone et Giulio Benso au Château des Grimaldi de Cagnes et au Palais Lascaris à Nice. Dans : « Il se rendit en Italie ». Études offertes à André Chastel. Paris : Flammarion, 1987, p. 403-413.
-
MILLIN DE GRANDMAISON, Aubin-Louis. Voyage dans les départemens du midi de la France. Paris : Imprimerie Impériale, 1807-1811. 4 vol.
-
MONTANARI, Giacomo. Genova barocca, opere, artisti, territorio. Gênes : Genova university press, 2022, p. 90-93.
-
SOPRANI, Raffaele. Le Vite de’ pittori, scoltori e architetti genovesi. E de’ Forastieri, che in Genoa operarono. Con altuni Ritratti degli stessi. Opera postvma. Dell’Illustrissimo Signor Rafaelle Soprani nobile genovese. Gênes : Giuseppe Bottaro e Gio Battista Tiboldi, 1674, p. 238.
-
VILLENEUVE, Christophe de. Notice sur le plafond de Cagnes, près d'Antibes, département du Var. Marseille : imprimerie Achard, 1819.
-
ZENNARO, Tiziana. Sugli affreschi di Giulio Benso a Cagnes-sur-Mer : considerazioni intorno a un nuovo documento. Dans : Patrimoines du Haut Pays, 2020, Hors-série n°3, p. 339-356.
Documents figurés
-
[Esquisses pour la décoration des écoinçons de voûte du plafond de la salle de bal du château de Cagnes-sur-Mer.] / Croquis à la craie noire, sanguine, plume brune et lavis noir signé par Giulio Benso, 1648. Staatsgalerie, Stuttgart : C 6234.
Chercheur au service de l'Inventaire PACA.
Château-fort, puis château, actuellement musée Château-musée Grimaldi
Lieu-dit : Hauts-de-Cagnes
Adresse : place du Château
Chercheur au service de l'Inventaire PACA.