Photographe de l'Inventaire, région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
- recensement du patrimoine balnéaire
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Cagnes-sur-Mer
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Commune
Cagnes-sur-Mer
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Lieu-dit
Hauts-de-Cagnes
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Adresse
place du Château
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Cadastre
2023
BY
271
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Dénominationschâteau fort, château
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Appellationschâteau-musée grimaldi
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Destinationsmusée
En 1304, après la bataille de Zierikzee contre la Flandre, le roi Philippe le Bel remet la terre de Cagnes à Rainier Ier Grimaldi. La seigneurie, jusque-là propriété des Comtes de Provence, passe ainsi à la famille Grimaldi. Rainier Ier y fait édifier un fortin sur l’éperon rocheux, déjà entouré de murailles depuis la fin du XIIᵉ siècle. Ce fort a souffert de l'invasion de Cagnes par les troupes de Charles Quint dans la première moitié du XVIe siècle.
Ce n’est qu’au XVIIᵉ siècle que le château adopte sa configuration actuelle. Jean-Henri de Grimaldi, maréchal de camp des troupes de Louis XIII, souhaite transformer le fortin en palais et lance un ambitieux programme d’embellissement dès les années 1640. Il crée une nouvelle entrée à l’ouest, avec un escalier monumental à double volée dont les rampes sont ornées de sphères. À la même époque, il fait percer de larges baies dans le salon pour offrir une vue sur la mer et aménage un péristyle dans la cour, inspiré par la cour intérieure du palais princier de Monaco. Cette ressemblance s’explique par les liens étroits entre Jean-Henri et son cousin Honoré II de Monaco. Jean-Henri joue d’ailleurs un rôle diplomatique majeur en négociant le rapprochement entre Monaco et la France, qui aboutit au traité de Péronne en 1641. Une lettre conservée dans les archives monégasques mentionne Giulio Benso, peintre auteur des fresques de la salle d’apparat. Jean-Henri commande également l’oratoire décoré de gypseries, dont le style génois suggère que les artisans ayant travaillé sur la cheminée de la salle des audiences sont les mêmes. Selon Denis-Jean Clergue, l’oratoire est placé en 1699 sous le vocable de Sainte Anne, puis en 1715 sous celui de Sainte Rose.
Le XVIIᵉ siècle marque ainsi l’âge d’or du château, qui subira ensuite de nombreuses dégradations. En 1708, il est pillé par les troupes austro-sardes lors du sac de Cagnes, puis par les Anglais en 1746. À la Révolution, Sauveur Gaspard de Grimaldi émigre à Nice et le château est vendu comme bien national en 1793 à Charles Gerbaud. Il sert alors de ferme : on y trouve un four à pain, une meule à olives et des logements pour des ânes. En 1815, il est occupé par les troupes piémontaises après la chute de l’Empire. En 1862, la commune envisage de l’acheter pour y installer la mairie et une école, mais le projet n’aboutit pas.
En 1875, le docteur Chrétien Gerecke, d’origine allemande et résidant à Moscou, acquiert le château pour 8 000 francs. Il ouvre une nouvelle entrée côté place du château et entreprend les premières restaurations des fresques, confiées au peintre-décorateur Henri Dupeyre. Il aménage la cour en jardin, plante un faux poivrier et crée une grande baie au sud pour apporter de la lumière. La salle d’apparat s’ouvre alors sur un jardin suspendu. En 1883, il restaure la cheminée et y ajoute deux cariatides représentant l’hiver et l’été, ainsi qu’un médaillon en haut-relief avec son portrait et celui de son épouse. C'est à cette période que sont construits les pilastres cannelés de la salle. En 1906, il fait construire le belvédère crénelé.
En 1937, la commune achète le château aux enchères pour 235 000 francs. Il ouvre au public l’année suivante. En 1946, le musée de l’Olivier y est créé, suivi en 1953 par le Musée d’Art Moderne. Le musée Renoir, installé un temps au château, sera transféré aux Colettes en 1960.
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Période(s)
- Principale : 14e siècle
- Secondaire : 17e siècle
- Secondaire : 19e siècle
Le château de Cagnes domine l’éperon rocheux du Haut-de-Cagnes. Son architecture, héritée de sa fonction défensive, présente un plan polygonal irrégulier. Construit en moellons de pierre, il s’organise autour d’une cour centrale. Les murs nord et est reposent sur des contreforts, car ils sont fondés plus bas sur le relief. La maçonnerie, enduite, laisse visibles les chaînes d’angle. Un mâchicoulis court le long des enceintes. Il comporte deux entrées, côtés est et ouest. Celle côté ouest est permise par un monumental escalier double avec un degré central et deux volées doubles divergentes. La deuxième entrée se fait par une rampe d'accès en pas d'âne. Le château comprend deux étages auxquels on accède par grand escalier à retour sans jour côté ouest pour le premier étage dans la cour et par un escalier en vis côté ouest pour le deuxième étage.
La cour est ornée sur deux côtés d’un péristyle de colonnes toscanes : trois travées au nord et deux au sud. À l’ouest, un monumental escalier à retour sans jour extérieur relie le rez-de-chaussée au premier étage. L’élévation allège progressivement le dessin des colonnes. Au premier registre : des colonnes toscanes épaisses, chapiteaux bûchés. Le deuxième registre présente des colonnes galbées alternant avec une rampe en balustre poire. Et le dernier registre clôt l'élévation par des colonnes fines et élancées, scandant une balustre à double poire.
Les galeries sont couvertes de voûtes d’arêtes peintes en trompe-l’œil de motifs répétés.
Par la cour caladée, on accède à l’ancienne salle des gardes, pavée, avec une cheminée décorée d’un semi fleurdelisé et des armes imposées au XVIIe siècle par l’armorial général coupé avec au 1er, d’or au levron d’azur et au 2e, de gueules à la barre d’argent. Les salles suivantes conservent des objets de l’ancien musée de l’Olivier, organisées autour de trois espaces : un moulin à sang reconstitué et deux salles d’exposition.
Au premier étage se trouve la salle d’apparat (7 × 11 m), ouverte par de grandes baies au sud et à l’est. Elle est ornée d’une cheminée monumentale et d’un plafond peint à fresque. Les pilastres semblent plus récents. Accolé au nord, se trouve un petit oratoire avec voûtes d'arêtes décoré en gypserie.
Enfin, le dernier étage accueille la suite des salles d’exposition et un bureau.
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Murs
- pierre moellon
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Toitspierre en couverture
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Étages2 étages carrés
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Couvrements
- voûte d'arêtes
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Couvertures
- terrasse
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Escaliers
- escalier de distribution extérieur : escalier tournant à retours sans jour
- escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour
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État de conservationremanié
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Techniques
- peinture
- décor stuqué
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Représentations
- chimère, rinceau, blason
- terme
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Précision représentations
Les voûtes d'arrête de la galerie de la cour reçoivent toutes un décor peint qui consiste en la répétition d'un même programme : le départ des voûtes est marqué par une figure chimérique ailée, et la croisée par un faux culot fleuri. Des rinceaux de fleurs et fruits couleur bronze décorent les berceaux. Sur les voûtes intérieures figure en grisaille le blason des Grimaldi (fuselé d’argent et de gueules), dans un cartouche surmonté d’un heaume.
Dans la salle d'apparat, le manteau de la cheminée présente un tympan central en scagliola vert, surmonté d’un fronton cintré avec les armes des Grimaldi, flanquées de deux musequins et de deux termes féminins. L’ornementation est riche : frises d’oves et dard, fusarolles, tresse à entrelacs.
Au nord, le petit oratoire voûté reçoit un décor de gypserie : panneau cintré encadré d’une tresse, flanqué de deux termes canéphores féminins. Au registre supérieur, coquilles et palmes en sautoir, surmontées d’un cartouche avec figure allégorique et festons de fruits suspendus par des rubans. Les murs comportent des niches à coquille et des tables rectangulaires, tandis que les voûtains sont décorés de candélabres et vases à rinceaux. Les cartouches ovales présentent les quatre vertus cardinales : Prudence, Justice, Force et Tempérance.
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Protectionsclassé MH, 1948/04/15
classé MH, 1948/05/05
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Précisions sur la protection
Le château, à l'exclusion des parcelles G 875, 876 : classement par arrêté du 15 avril 1948 - Les parcelles G 875, 876 (cad. G 875, 876) : classement par décret du 5 mai 1948.
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Référence MH
- (c) Musée d’art et d’histoire de Provence, Grasse
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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Documents d'archives
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[château de Cagnes]. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : conservation des hypothèques, actes translatifs de propriété d'immeubles, vol. 386 - n°2 (11 juillet 1873), 400 Q 2/386.
Bibliographie
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ANDRE-BONNET, Léonard, Cagnes, Fortin médiéval, son histoire. Le livre d'histoire-Lorisse éditeur : 2003, reprise de l'édition de 1935, 122 pp.
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BOURSIER-MOUGENOT, Ernest. Inventaire des parcs et jardins remarquables des Alpes-Maritimes. Nice : Conseil général des Alpes-Maritimes, 1994, 161 p.
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CLERGUE, Denis-Jean. Chateau-musée de Cagnes sur Mer. Nice : P. Zimmermann, 1973.
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DE DIENNE, Edouard. Le Château de Cagnes. Dans : Le Monde élégant, 14 mars 1905, n°1926, p. 1-3.
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LUMETTA, Stefania Carola. The art of Giulio Benso : Genoese figure between mannerism and baroque, thèse de doctorat, dir. Emmanuelle Brugerolles, Université Paris sciences et lettres; Università degli studi di Roma, 2020, p. 101-155.
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ZENNARO, Tiziana. Sugli affreschi di Giulio Benso a Cagnes-sur-Mer : considerazioni intorno a un nuovo documento. Dans : Patrimoines du Haut Pays, 2020, Hors-série n°3, p. 339-356.
Documents figurés
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Façade principale du château des Grimaldi à Cagnes / Dessin sur papier à l'aquarelle par CLERISSEAU, Charles-Louis, 4e quart du 18e siècle, Musée d'Art et d'Histoire de Provence, Grasse : M0875.98 81.
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La cheminée [de la salle d'apparat du château de Cagnes-sur-Mer.] / Photographie anonyme, 1905. Dans "Le Château de Cagnes." Le Monde élégant, 14 mars 1905, n°1926, p. 3.
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Le château de Cagnes. Premier étage. / Photographie anonyme d'un relevé d'Annibal Carlo architecte à Nice, 1905. Dans "Le Château de Cagnes." Le Monde élégant, 14 mars 1905, n°1926, p. 3.
Chercheur au service de l'Inventaire PACA.
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