Julien Guigue signale le moulin de la Coucourde dans ses Notes sur L'Isle. Les deux moulins de Coucourde se trouvent de part et d'autre de la Sorgue au quartier Saint-Véran, en amont de l'usine Croset et en aval à 650 mètres de l'usine Brun de Vian-Tiran. Sur la rive droite se trouve la minoterie de Coucourde proprement dite et en face, sur la rive gauche, " le Petit Moulin ". (Annexe 1)
D'après les recherches de l'ASPPIV, en 1858, sur la rive gauche, Charles Liotard est autorisé à établir des meules à aiguiser ou à gruer le grain. En 1863, il construit un barrage dans le lit du cours d'eau pour augmenter sa force motrice. Le moulin, ses dépendances, la roue et le barrage sont vendus aux enchères au Tribunal d'Avignon, le 15 janvier 1866, et sont adjugés à Pierre-Marie Liotard. Ce dernier revend le tout à Louis-François Latard, beau-père de Seymard en 1869. Après Seymard se succèdent tour à tour : Céleste Fenouil, Jean Goubert, Croset.
Rive droite, le 7 avril 1857, Jean Louis Avon a le droit d'installer une roue hydraulique. Au décès d'Avon, le moulin à farine est vendu avec tous ses biens par le Tribunal d'Avignon, le 19 juin 1865, à Jacques André Seymard, gendre de Latard. C'est en 1868, que M. Seymard change sa roue hydraulique par une turbine pour mettre en mouvement la minoterie. Cet établissement est fort ancien. Il est réglementé par un arrêté préfectoral de 1857. Les propriétaires successifs du moulin, après Seymard, sont les mêmes que ceux du moulin situé sur la rive gauche.
En 1873 les usines Seymard sont alimentées par deux barrages et séparées par une île. Puis, Seymard devint propriétaire des deux minoteries. Une passerelle est édifiée pour relier les deux établissements, équipée de rails sur lesquels peuvent circuler les chariots remplis de grains ou de farine.
En 1890, c'est toujours Seymard qui exploite le moulin de la Coucourde, anciennement Avon, qui a été réglementé en 1857 et 1860 sur la rive droite de la Sorgue. Il possède également le moulin rive gauche, anciennement Liotard récolé en 1870 et 1871 lors du rachat d'une chute amont appartenant à Rousset. Il est aussi propriétaire du moulin dit de Saint-Véran situé en aval. Ces usines dites de la Coucourde et de Saint-Véran ont été autorisées à fonctionner en 1905 sous les noms Avon et Liotard. La roue Rousset située à 200 mètres en amont de Saint-Véran est supprimée en 1907.
Le 22 septembre 1922, Croset achète les deux minoteries. Il installe dans le moulin de Coucourde un atelier de couture. Par la suite, comme la chute d'eau est insuffisante, le propriétaire Goubert cesse d'utiliser la force motrice de l'eau du moulin.
Une roue hydraulique, deux roues d'engrenage et une turbine sont en place en 2006 (inventaire de J. P. Locci, ASPPIV) au niveau du moulin rive gauche.
Aujourd'hui, le moulin rive gauche (accès par le chemin de Reydet) possède toujours sa grande roue sans aubes, qui fut l'une des plus grosses de l'Isle-sur-la-Sorgue, mais en mauvais état et désaffectée. L'établissement a été transformé en dépendances et appartient à Pierre Brun. Il reste une poulie en hauteur qui n'est pas une vraie poulie entraînée : elle entraîne un câble télédynamique (comme une corde) qui reliait les deux bras de Sorgues par-dessus l'îlot et rentrait dans le moulin d'en face où il reste une turbine.
Chercheur pour le patrimoine industriel à l'Inventaire Nord-Pas-Calais de 1991 à 2018 (DRAC puis Région Nord-Pas-Calais dès 2007 et Hauts-de-France suite à la réforme des collectivités en 2016). Puis chercheur à l'Inventaire Provence-Alpes-Côte d'Azur à partir de 2018.