Photographe de la ville de Nice, début du 21e siècle.
- recensement du patrimoine balnéaire, patrimoine de la villégiature de Nice
- (c) Ville de Nice
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Nice - Nice
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Commune
Nice
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Lieu-dit
Vieux-Nice
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Adresse
3 rue Raoul-Bosio
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Cadastre
2026
KS
0026
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Dénominationsimmeuble
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AppellationsPalais Corvesy di Gorbio, Hôtel des Etrangers, Albergo dei Forestieri
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Destinationshôtel de voyageurs, établissement administratif communal
L'origine du bâtiment est bien documentée. Par un acte du 25 novembre 1724, on sait que vient de débuter la construction d'un palais au sein de la Vila Nova, dont le commanditaire est le major Clément Guigliotti, de la famille de Lascaris des Ferres. En 1742, on apprend, grâce à une lettre, que le bâtiment n'est pas achevé, la hauteur des murs étant arrêtée à six mètres. Cette lettre mentionne aussi le nom de l'architecte "abbé Don Filippo", qui renverrait au grand architecte turinois Filippo Juvarra (sans certitude). Le palais est achevé vers 1768 par Clément Corvesi (ou Corvésy) di Gorbio, la branche des Guigliotti ayant été rattachée par mariage à celle des Corvesi. Clément Corvesi (1730-1796) a travaillé à la chancellerie de Sardaigne, a été avocat fiscal général puis 1er président du Sénat de Nice. Ce sont ses initiales qui ornent l'imposte de la porte d'entrée (CCG) avec la couronne comtale. On sait qu'en 1784 le rez-de-chaussée et le jardin sont loués à Joseph Peyre de Châteauneuf. Le palais est confisqué aux Corvesi après l'arrivée des troupes françaises et le receveur du district Defly, l'acquiert en 1794.
On ne sait pas à partir de quelle date le palais Corvesi accueille une fonction hôtelière, ni si à son ouverture vers 1810 l'Albergo dei Forestieri (puis Hôtel des Etrangers) est alors seulement localisé dans le palais ou s'il comprend déjà plusieurs bâtiments. Le palais est en tout cas lié, pendant tout le 19e siècle, à cet établissement hôtelier de grande renommée même si l'entrée principale est localisée au niveau d'autres bâtiments contigus, plus à l'ouest et que le palais Corvesi doit être vu plutôt, par la suite, comme un bâtiment annexe. Les témoignages différent d'ailleurs sur le nombre d'étages dévolus à l'hôtel en son sein. Son jardin forme en tout cas la pièce-maîtresse des espaces d'agrément extérieurs de l'hôtel. Un article de L'Eclaireur du dimanche (n°166, janvier 1924) reprend en partie la description qu'on en faisait à la fin du 18e siècle : "à la maison du président attenait un magnifique jardin, où les Niçois admiraient 97 arbres d'aigrure [agrumes], comme on disait, orangers, bigaradiers, citronniers, limoniers, tant gros que petits et une curiosité exceptionnelle pour notre pays, un coka du Pérou, l'arbuste dont les feuilles donnent l'alcaloïde [...]. Le jardin actuel de la cour intérieure de l'Hôtel des Etrangers comprend donc ce que fut le paradou du président du sénat [Clément Corvesi]". C'est la présence de ce jardin au sud (côté actuelle rue Alexandre-Mari) et à l'ouest, alors en coeur d'îlot, et où l'on trouve quatre gros mûriers, trois figuiers, une treille, un puits et un petit réservoir, qui fait la réputation de l'hôtel. Ce dernier supplante d'ailleurs son voisin l'Hôtel d'York qui ne bénéficie pas d'espaces extérieurs. Au 19e le palais est la propriété de la famille Alziari Héraud de Malaussena, qui le loue donc pour la partie hôtelière. Il est sans doute surélevé durant cette époque.
Le Palais Corvesi est le seul des nombreux bâtiments de l'hôtel à ne pas être démoli en 1936 lorsque la mairie rachète l'ensemble pour édifier un marché couvert. Il est transformé en bâtiment annexe de l'hôtel de ville proche. Une rénovation des décors intérieurs a lieu en 2009 (plaque dans la salle Lubonis du 1er étage) ainsi qu'un ravalement de façade avec application de décor en trompe l'oeil en 2010.
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Auteur(s)
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Auteur :
Juvarra Carlo Filippoarchitecte (incertitude), attribution par travaux historiquesJuvarra Carlo FilippoCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Architecte, royaume de Piémont, 18e siècle. Il est 1er architecte de S.A.R. Victor Amédée II et de Philippe V d'Espagne de 1734 à sa mort. Il réalise de nombreuses églises et bâtiments à Turin et ses alentours : basilique de Superga (1735), château de Stupinigi (1729)... (source : FOUSSARD, BARBIER. Baroque niçois et monégasque p. 311)
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Auteur :
Il est difficile de connaître l'aspect initial de l'immeuble. Neuf travées sur chacune des façades et deux étages sur rez-de-chaussée sont mentionnés dans l'inventaire destiné à la vente de 1793 comme bien national. Mais l'acquéreur du bien confisqué découvre "au 3e étage" une cache ; ce niveau pourrait être en réalité un niveau sous comble pour la cuisine et le personnel. Actuellement l'immeuble comporte six niveaux : rez-de-chaussée, quatre étages et un étage en surcroît formant une toiture étagée. Un léger ressaut marque la centralité en façade sud, ouvrant à l'origine sur le jardin d'agrément ceint d'un mur. Les étages sont marqués par un bandeau. Le décor en trompe-l'oeil est une interprétation d'un état originel plausible. Le portail principal est sobre avec un entablement seulement orné de gouttes. Toiture en pavillon recouverte de tuiles plates mécaniques. A l'inverse, l'intérieur conserve de riches décors peints apposés sur des couvrements divers du vestibule, de l'escalier et d'une salle au 1er étage ouvrant à l'ouest : voûte plate sur pendentifs, voûtes d'arêtes plates à quatre quartiers, plafond à solives recouvertes de plâtre, plafond en voussure, fausse-coupole. Si certaines peintures peuvent remonter au 18e siècle, beaucoup relèvent du 19e et celles du vestibule sont des réinterprétations. L'escalier est de grande ampleur, tournant à retours avec jour, à colonnes doriques. Ascenseur dont la date d'installation est inconnue, sans doute au cours du 19e siècle.
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Murs
- pierre moellon enduit
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Toitstuile mécanique
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Étages4 étages carrés, étage en surcroît
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Couvrements
- voûte d'arêtes
- voûte en pendentifs
- fausse coupole sans trompe
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Couvertures
- toit en pavillon
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie, suspendu
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Autres organes de circulationascenseur
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Techniques
- peinture
- ferronnerie
- vitrail
- décor stuqué
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Représentations
- écu, urne, ange, buste de femme, rinceau, palmette, rosace, animal fantastique
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Précision représentations
Le trompe-l'oeil des façades restitue une modénature : bossages continus en table, pilastres, bandeaux, frontons triangulaires ou à arcs segmentaires portés par des consoles, balustres en garde-corps...Les motifs peints de l'escalier, paliers et repos relèvent de la sphère des rinceaux, palmettes et rosaces de style baroque, en camaïeu gris rehaussé d'ocre. De faux-lambris ornent les murs. Le salon du 1er étage ("salle Lubonis") combine fines moulures en plâtre et décor peint. Au centre s'y déploie un ciel avec angelots portant une urne d'où s'échappent des fleurs. Des bustes féminins forment le centre de cuirs découpés. Il convient de remarquer également au niveau des voussures un motif de moirure de couleur mastic, obtenu en relief par travail de plâtre ou de ciment. La majorité des décors du vestibule sont des créations du début du 21e siècle.
L'imposte de l'entrée est à rinceaux avec initiales des Corvesi dans un écu. La rampe de l'escalier en fer forgé présente des rinceaux en partie supérieure et un motif central de palmettes ouvertes. Les fenêtres de l'escalier ont des verres mousseline (verre dépoli blanc et orangé).
Z Nice repérage
- 01-DENO immeuble-hôtel
- 02-CHRONO avant 1860
- 03-CARACTERE non applicable
- 04-TENDANCES liguro-niçois
- 05-INTEGRITE réduite
- 06-VISIBILITE limitée
- 07-SITUATION mitoyen
- 08-IMPLANTATION sur rue
- 09-MATERIAUX oui
- 10-MACONNERIE enduit lisse
- 11-SUR FACADE non applicable
- 12-ENTREE porte ornée
- 13-TOIT non applicable
- 14-COMBLES non applicable
- 15-DOME non applicable
- 16-BELVEDERE non applicable
- 17-FRISE peinture décorative sur façade
- 18-CERAMIQUE non applicable
- 19-MATERIEUX GROS OEUVRE moellon
- 20-SITE composition urbaine
- 21-LOTISSEMENT non applicable
- 22-PERGOLA non applicable
- 23-JOINTS non applicable
- 24-CLOTURES non applicable
- 25-AGREMENTS oui
- 26-COUR ANGLAISE non applicable
- 27-Châssis vitré et verrière Impression sur verre
- 28-Eléments de distribution intérieur en verre non applicable
- Pied-à-terre non applicable
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Éléments remarquablesescalier, plafond
- (c) Ville de Nice
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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Bibliographie
-
FOUSSARD Dominique, BARBIER Georges. Baroque niçois et monégasque, Paris : Picard, 1988, 317 p.
p. 157-159 (historique des origines de la construction) -
BOTTARO, Alain, THUIN-CHAUDRON Véronique (et al.). Hôtels et palaces, Nice. Nice : Gilletta, 2019. 197 p.
p. 20, 24, 26 (Hôtel des Etrangers) -
DOUBLET, Georges. La maison et le cocaïer du comte de Gorbio. Dans : L'éclaireur du dimanche, liste officielle des étrangers, 13 janvier 1924, n°166, p.1-2.
-
MOULINIER Jacques, UNGAR Catherine. Maisons et palais du Vieux-Nice, Nice : Institut d'Etudes Niçoises, 1993, 181 p.
p. 151-153 -
TOMBACCINI Simonetta. La vie de la noblesse niçoise : 1814-1860, Nice : Academia Nissarda, 2010, XXIII-519 p.
p. 53 (description du palais à la fin du 18e siècle)
Documents figurés
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Immeuble Corvesy, façade. / Photographie par Paul Colas, non datée [1945-1974]. Bibliothèque de Cessole, Nice : 149 BMM.
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Immeuble Corvesy, escalier. / Photographie par Paul Colas, non datée [1945-1974]. Bibliothèque de Cessole, Nice : 149 BMM.
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[Palais Corvesy, façade sud]. / photographie anonyme, 1968. Archives communales, Nice : 860 W 1968 77.
Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.
Responsable de la cellule "inventaire du patrimoine architectural et paysager" à la ville de Nice, depuis septembre 2018.