Dossier d’œuvre architecture IA06004233 | Réalisé par
  • inventaire topographique
maison, dite Chalet les Roses
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays de Vence
  • Commune La Gaude
  • Adresse 2 rue Louis Michel Feraud
  • Cadastre 2021 BD 207  ; 1974 D 386
  • Dénominations
    maison
  • Appellations
    Chalet Les Roses
  • Parties constituantes non étudiées
    puits, terrasse agricole

Commentaire historique

Vue de situation prise du sud-ouest depuis le quartier Le Peymont. Vue de situation prise du sud-ouest depuis le quartier Le Peymont.

Sur la matrice cadastrale de 1837-1913 (folios 758 et 810), les parcelles 77 et 88 appartiennent à Antoine Trastour, employé des contributions indirectes et riche propriétaire terrien à La Gaude, jusqu’à son décès en 1892. Il octroie ce terrain à sa fille, Marie Trastour, pour son mariage avec Marius Simond, inspecteur des douanes à Nice. Ce dernier y fait construire la maison en 1889, comme l’atteste un cartouche comportant ses initiales et cette date au-dessus de l'ancienne porte au premier niveau de la façade orientale : "S.M. 1889". La matrice cadastrale de 1913-1930 (folio 159) précise bien que Marius Simon était propriétaire d’un chalet sur la parcelle 88 avec 5 ouvertures imposables. Des jardins ont été aménagés autour de la maison, notamment fleuris de roses, ce qui a donné son nom à la propriété. Les oliviers présents, pour lesquels le terrain était initialement exploité, ont été conservés, ainsi que les deux puits assurant leur alimentation en eau, déjà signalés sur le cadastre de 1834.

Cette maison n’a jamais été habitée quotidiennement, il s’agissait d’une résidence secondaire où se rendait la famille Simond en villégiature depuis Nice. En 1933, elle devient la propriété de la famille Ardisson et y reste jusqu’au début des années 2000.

[La Gaude. Le Chalet Les Roses vu depuis l’allée « jeu de boules » avec Eugène Simond enfant, vers 1900.] [La Gaude. Le Chalet Les Roses vu depuis l’allée « jeu de boules » avec Eugène Simond enfant, vers 1900.]

D’anciennes photos prises en 1900 témoignent de quelques modifications ultérieures, qui ont eu lieu au cours du 20 ème siècle sans que la date précise soit connue :  

-          Deux baies ont été percées au deuxième niveau de l’élévation sud de la maison, de part et d’autre de la porte-fenêtre centrale ;

-          La porte permettant d’accéder du salon à la terrasse côté est a été obstruée.

Des aménagements visant à améliorer le confort des lieux ont été opérés au sein de la villa entre 1974, comme l’atteste le cadastre rénové et 1990, considérant des clichés de l’époque. Un escalier de distribution extérieur a été ajouté sur la façade nord de la maison. Il remplace un ancien escalier dans-œuvre, qui prenait naissance au rez-de-chaussée, dans le vestibule. Il a été détruit pour permettre l’aménagement d’une pièce d’eau, divisant le vestibule en deux et nécessitant un renouvèlement des peintures murales de la pièce.

En 2021, la commune a acquis cette maison ainsi que les jardins qui l’entourent.

Le décor en fausse planches des façades est et ouest lui a valu l’appellation populaire de « chalet », ce qui témoigne de la reconnaissance publique que joua cette maison dans le village, participant ainsi à son histoire locale. L’arrière-petit-fils du constructeur évoque à ce sujet l’utilisation régulière des jardins par les habitants comme lieu de rencontre des villageois.

Analyse architecturale

Le chalet « Les Roses » se situe quartier Pagane, à l’entrée du village, côté est, au cœur d’un terrain situé au flanc d’une colline, aménagé en terrasses.

Plan et élévations

Vue d'ensemble prise du sud.Vue d'ensemble prise du sud.Vue d'ensemble de la maison prise de l'est. Vue d'ensemble de la maison prise de l'est. Relevé avec plan de distribution des différents niveaux : 1. Etage de soubassement. – 2. Rez-de-chaussée surélevé. – 3. Toit. Relevé avec plan de distribution des différents niveaux : 1. Etage de soubassement. – 2. Rez-de-chaussée surélevé. – 3. Toit.

De plan rectangulaire, la maison est adossée à la pente et présente une élévation à deux niveaux avec un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé. La façade principale, sur le mur-pignon sud est régulière, avec des travées symétriques de part et d'autre de la travée centrale constituée par une porte en bas et une porte-fenêtre au-dessus, toutes deux alignées. Le deuxième niveau est ajouré par la porte-fenêtre centrale ouvrant sur un balcon avec des gardes-corps en ferronnerie qui ne sont pas d’origines, ainsi que de deux baies latérales, percées plus tardivement, de part et d’autre de la fenêtre axiale et dans l’alignement des ouvertures du niveau inférieur. Des persiennes occultent les baies. Cette façade est couverte d’un avant-toit périmétrique débordant. La toiture en tuiles plates mécaniques est probablement d’origine au vu des photographies anciennes. Les façades latérales sont aveugles. Elles ont été recouvertes, dès la création de la maison, d’un décor peint en trompe l’œil lambrissé qui rappelle les palissades des chalets, ce qui lui a valu sont appellation de « chalet ». Les traces d’une ancienne porte permettant de passer du salon à la terrasse orientale sont visibles sur la façade est. L'inscription « S.M. 1889 » a été gravée sur une plaque en marbre placé au-dessus de cette entrée obstruée.

Elévation est, deuxième niveau. Détail du décor peint et de la toiture.Elévation est, deuxième niveau. Détail du décor peint et de la toiture.Elévation est, premier niveau. Détail de la date portée et des initiales gravés dans un cartouche.Elévation est, premier niveau. Détail de la date portée et des initiales gravés dans un cartouche.

Un escalier de distribution extérieur couvert, adossé parallèlement à la façade postérieure, a été construit plus tardivement et constitue l’unique accès au deuxième niveau.

Aménagements intérieurs

L’étage de soubassement, accessible par la porte d’entrée de la façade principale, se compose d’un vestibule desservant au nord une salle d’eau, à l’ouest une cuisine et à l’est un salon. Initialement, la salle d’eau n’existait pas : un escalier droit prenait naissance dans le vestibule et desservait le niveau supérieur.

La cuisine dispose d'un imposant potager traité avec soin, couvert de carreaux de terre cuite vernissés de couleur blanche. Les bordures des carreaux recouvrant le mur est sous la cheminée sont décorées d’ornements courants grecs peints en bleu. Cette pièce est aussi munie d’une pile d’évier en pierre de taille calcaire et d’un puits permettant de puiser l’eau dans une citerne aménagée au sous-sol. Une poulie est installée au-dessus, sur le mur ouest, tandis qu’un système de pompe à bras actionnée par une roue et équipée d’un robinet est adossé au mur nord. Une porte-fenêtre est ouverte dans ce mur, donnant accès à l’escalier qui dessert le niveau supérieur.

Etage de soubassement, cuisine. Vue de volume prise du sud-est.Etage de soubassement, cuisine. Vue de volume prise du sud-est.

Le salon est pourvu d’une cheminée adossée au mur nord. Deux placards-niche à deux vantaux en menuiserie sont intégrés dans le mur oriental. Ils sont probablement postérieurs à la construction de la maison car une porte permettant de se rendre sur la terrasse orientale se trouvait à l’emplacement du placard le plus au sud. Les murs sont recouverts d’un papier peint à l’exception des parties basses qui sont enduites et peintes en blanc avec une plinthe noire. La partie inférieure de la baie est décorée d’un cadre peint recevant une inscription qui n'est plus lisible. Le plafond peint, probablement d’origine, présente des moulures toriques accueillant des frises d’ornements courants, tandis que les surfaces planes sont décorées de bouquets de fleurs et de fruits dans des médaillons.

Le sol de ce niveau est entièrement couvert de tomettes.

Etage de soubassement, salon. Vue de volume prise du sud. Etage de soubassement, salon. Vue de volume prise du sud. Etage de soubassement, salon. Plafond peint. Etage de soubassement, salon. Plafond peint.

Le rez-de-chaussée surélevé a été entièrement modifié, il accueillait autrefois la chambre des propriétaires.

Espaces libres et aménagements extérieurs

Le jardin entourant la maison a été aménagé pour l’agrément des propriétaires. La déclivité du terrain a été comblée par plusieurs niveaux de terrasses. Celles au sud de la maison ont été créées au moment de la construction de celle-ci. Un escalier d’accès depuis la rue, couvert par une pergola, mène à un premier niveau de jardin.

Vue de l'escalier vers la rue centrale depuis le jardin prise du nord-ouest.Vue de l'escalier vers la rue centrale depuis le jardin prise du nord-ouest.

Une gloriette avec une couverture festonnée en zinc y a été installée et surplombe la voie publique.

Vue de la gloriette dans le jardin prise depuis la rue centrale au sud. Vue de la gloriette dans le jardin prise depuis la rue centrale au sud. [Depuis la gloriette du Chalet Les Roses, première maison à l’entrée du village, Marie TRASTOUR-SIMOND lance des roses qui tombent dans le « faudiéu » de la femme au pied du mur. La Gaude vers 1900. A droite le talus, futur emplacement du restaurant La brise des Pins et plus tard l'Ehpad.] [Depuis la gloriette du Chalet Les Roses, première maison à l’entrée du village, Marie TRASTOUR-SIMOND lance des roses qui tombent dans le « faudiéu » de la femme au pied du mur. La Gaude vers 1900. A droite le talus, futur emplacement du restaurant La brise des Pins et plus tard l'Ehpad.]

Deux niveaux de terrasses maçonnées mènent ensuite à la maison : la première est traversée en son milieu par un escalier droit, la deuxième, sur laquelle a été édifiée la demeure, est accessible en la contournant par l’ouest. Elle est cernée de huit piédestales de plan carré recevant les tiges en fer d’une tonnelle. Elle se prolonge à l’est de la maison, offrant un deuxième espace ombragé par une seconde tonnelle qui était couverte de rosiers grimpants à la fin du 19e siècle. Une allée arborée a été aménagée à l’est de la maison. Une seconde gloriette se trouvait au fond de cette allée comme l'atteste une photographie ancienne datant des années 1900.

Elévation sud et terrasse depuis l'est. Elévation sud et terrasse depuis l'est.  [Eugène Simond - 10 ans (à droite) et son copain jouant aux boules au Chalet Les Roses - La Gaude - 1894 - Au fond de l'allée la gloriette aménagée]. [Eugène Simond - 10 ans (à droite) et son copain jouant aux boules au Chalet Les Roses - La Gaude - 1894 - Au fond de l'allée la gloriette aménagée].

Au nord, des terrasses plantées d’oliviers et d’arbres fruitiers (orangers, figuiers) soutenues pars des murs en pierres sèche témoignent d’un aménagement plus ancien à l’époque où le terrain était exploité pour la culture de l’olive. Deux puits construits en maçonnerie de moellons calcaire sont encore visibles. Celui au nord-ouest du jardin est ruiné.

Vue d'ensemble du jardin prise de l'est depuis la maison.Vue d'ensemble du jardin prise de l'est depuis la maison.

Cette maison est représentative d’un phénomène de petite villégiature précoce qui débute à cette époque dans le moyen pays vençois, mêlant apports architecturaux exogènes pour ce qui est de la structure, d'une part, et des décors et caractéristiques vernaculaires, d'autre part. On remarque toutefois que les équipements conservant les standards de la vie rurale ont été améliorés, tels la cuisine et son potager ou la citerne en sous-sol. Il n'existe pas d'autre modèle de villa de ce type sur le territoire communal.

Cette maison a été construite en 1889 par Marius Simond, inspecteur des douanes à Nice, après son mariage avec la gaudoise Marie Trastour, pour les accueillir lors de séjours ponctuels. Un cartouche en marbre placé au-dessus d'une ancienne porte au premier niveau de la façade orientale porte la date et les initiales : "S.M. 1889." Quelques modifications ultérieures visant à améliorer le confort des lieux ont été effectuées, notamment dans le dernier quart du 20ème siècle (ajout d'une salle d'eau dans la partie nord du vestibule ayant entrainé la suppression de l'escalier intérieur; création d'un escalier de distribution extérieur adossé à la façade nord).

En 2021, la commune a acquis cette maison ainsi que les jardins qui l’entourent.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 19e siècle
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1889, porte la date

Cette maison se situe à l'entrée du village. De plan rectangulaire, elle a été construite perpendiculairement à la pente. Elle comprend un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé. Un escalier de distribution extérieur, parallèle à la façade nord permet d'accéder au deuxième niveau. Il remplace un précédent escalier droit dans-oeuvre qui prenait naissance dans le vestibule. La façade principale présente trois travées symétriques. La maison est recouverte d'un enduit lisse. Elle possède une toiture à longs pans, couverte de tuiles plates mécaniques.

L'intérieur de la maison accueille quelques décors, notamment des frises peintes sur le plafond du salon.

La construction est entourée d'un jardin arboré aménagé en terrasses.

  • Murs
    • enduit
  • Toits
    tuile plate mécanique
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
  • Jardins
    arbre isolé
  • Typologies
    B : maison sans partie agricole, artisanale ou commerciale
  • État de conservation
    menacé
  • Techniques
    • céramique
    • papier peint
    • peinture
  • Représentations
    • grecque, rameau, vigne, fleur, raisin, pomme, insecte
  • Précision représentations

    Des éléments de décors témoignent du soin apporté à cette villa d'agrément :

    A l'intérieur de la villa :

    - dans la cuisine, les bordures des carreaux vernissés recouvrant le mur est où est adossé le potager sont décorées d’ornements courants grecs peints en bleu;

    - dans le salon, le plafond présente des moulures toriques accueillant des frises peintes d’ornements courants, tandis que les surfaces planes sont décorés de bouquets de fleurs, ainsi que par des fruits dans des médaillons.

    A l'extérieur, un décor de fausses-planches a été peint sur les façades latérales.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de La Gaude, 1837-1913. / Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03P_0566.

    Folios 758 et 810.
  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de La Gaude, 1911-1930. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03P_0571.

    Folio 159.

Documents figurés

  • Eugène Simond – 10 ans (à droite) et son copain jouant aux boules au Chalet Les Roses - La Gaude - 1894. Au fond de l'allée la gloriette aménagée. / Photographie en noir et blanc, 1894. Collection particulière.

  • Depuis la gloriette du Chalet Les Roses, première maison à l’entrée du village, Marie TRASTOUR-SIMOND lance des roses qui tombent dans le « faudiéu » de la femme au pied du mur. La Gaude vers 1900. A droite le talus, futur emplacement du restaurant La brise des Pins et plus tard l'Ehpad. / Photographie en noir et blanc, vers 1900. Collection particulière.

  • [La Gaude. Le Chalet Les Roses vu depuis l’allée « jeu de boules » avec Eugène Simond enfant, vers 1900.] / photographie en noir et blanc, vers 1900. Collection particulière.

  • Plan cadastral révisé de la commune de La Gaude, 1934 (3 ème édition, à jour pour 1974). / Dessin à l'encre sur papier, 1974. Echelle 1/2500e Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice :  25FI 065 74 D.

    Section D, parcelle 386.
Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) SIVOM Pays de Vence