Dossier d’œuvre architecture IA06004231 | Réalisé par
  • inventaire topographique
ferme
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) SIVOM Pays de Vence
  • (c) Inventaire général, Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays de Vence
  • Commune La Gaude
  • Adresse 20 montée de la chapelle
  • Cadastre 1834 D 217; 218 ; 219; 220  ; 2021 BD 106; 107; 108 ; 109
  • Dénominations
    ferme
  • Parties constituantes non étudiées
    entrepôt agricole, resserre, fenil, séchoir, aire à battre

Commentaire historique

Cette ferme de village a pu être construite à la fin du 18e siècle. Une date gravée sur la porte d’entrée du logis indique « 1789 A.T. ». En 1834, l’état des sections du cadastre napoléonien indique que la propriété appartient à Rose Audibert, veuve Trastour à La Gaude. Elle comprend un jardin de 144 mètres carrés (D 217), une modeste maison de 40 mètres carrés (D 218), une seconde maison de 420 mètres carrés de deuxième classe comportant 11 ouvertures avec le patèque l’entourant, enfin, une aire à battre de 129 mètres carrés (D 220). La propriétaire possédait également du foncier d’exploitation en dehors du village, disséminé sur plusieurs sections, avec notamment des terrains de vignes et d’oliviers, dont la superficie totale était quasiment de 3 hectares, lui raportant 107 francs. Ses possessions sont ensuites réparties entre deux familles en 1856 : les Garbies qui obtiennent la moitié orientale des deux maisons et le jardin (D 217) et les Trastour qui prennent l’autre moitié, c'es-à-dire la partie ouest de chaque maison, avec l’aire à battre (D 220). Ces derniers agrandissent probablement la maison D 218 en accolant un bâtiment agricole au nord de la partie qu’ils possèdent et réaffectent l'ensemble en dépendance agricole. Ils élèvent un muret venant clore en partie l’aire à battre qui se situe au sud-ouest de la ferme. Une photo prise devant l’entrée de la propriété au début du 20ème siècle atteste de l’existence du portail d’entrée.

[La Gaude, montée de la chapelle, famille Curnier-Garbier].[La Gaude, montée de la chapelle, famille Curnier-Garbier].

Aujourd’hui, la propriété appartient à la famille Feraud et n’est plus exploitée en tant que ferme. L'entrepôt agricole est désaffecté.

Analyse architecturale

Cette ferme se situe en bordure de la partie nord du village, dans le quartier « Les Collets ». Disposée autour d’une cour fermée, une maison-bloc en hauteur se situe au nord, tandis qu’un entrepôt agricole a été construit dans l’angle sud-est. Une ancienne aire à battre se développe devant ce dernier, cloisonnée au nord par un muret. Un portail construit en briques au sud-ouest de la maison-bloc permet d’accéder à cet ensemble depuis la rue à l’ouest.

Vue d'ensemble prise de l'ouest. Vue d'ensemble prise de l'ouest.

Bâtiment principal

Le bâtiment du logis est implanté perpendiculairement à la pente. Sa partie ouest est mitoyenne d’une construction plus récente. Il se compose d’un étage de soubassement, d’un rez-de-chaussée surélevé, d’un étage carré et d’un étage en surcroit.

La maison est visuellement divisée en deux parties distinctes au nord et au sud (enduits hétérogènes, entrées indépendantes et encadrements traités légèrement différemment), qui correspondent à la séparation de la propriété qui eu lieu en 1856 lors du leg à deux familles distinctes. La façade principale, au sud, présente trois entrées indépendantes : celle à l'extrémité ouest donne accès à l'étage de soubassement, les deux suivantes vers l'est permettent d'accéder au logis situé au rez-de-chaussée surélevé. Elles sont précédées d'une volée de quelques marches, parallèles à la façade pour la porte de la partie ouest, droites pour celle de la partie est. La façade est divisée en travées régulières, deux pour la partie ouest et trois pour celle à l'est, avec des baies alignées à chaque niveau.

Vue d'ensemble prise du sud-ouest. Vue d'ensemble prise du sud-ouest. Bâtiment du logis. Elévation sud, partie est.  Bâtiment du logis. Elévation sud, partie est.

Cette maison-bloc est recouverte d’un enduit lisse, récent pour l’ensemble des façades, à l’exception de la partie orientale du bloc postérieure où il est rustique.

Bâtiment du logis, élévation nord.Bâtiment du logis, élévation nord.

La partie orientale de la maison présente une porte du logis dotée d’un encadrement en pierre de taille calcaire, avec un arc segmentaire, où la date « 1789 A.T. » a été inscrite sur une clé saillante. Les encadrements de toutes les baies de cette partie de la maison sont façonnés au mortier avec feuillure. Celles au premier et au deuxième niveau sont occultées par des persiennes.

Bâtiment du logis. Elévation sud, partie est, premier niveau. Porte du logis, détail de la clé avec date portée. Bâtiment du logis. Elévation sud, partie est, premier niveau. Porte du logis, détail de la clé avec date portée.

Pour la partie occidentale, la porte du logis est construite en brique et présente un arc en anse-de-panier qui retombe sur une brique en saillie de chaque piédroit. Les encadrements des baies sont ici simplement façonnés au mortier.

Bâtiment du logis. Elévation sud, partie ouest, premier et deuxième niveaux. Bâtiment du logis. Elévation sud, partie ouest, premier et deuxième niveaux.

La toiture, à longs pans, est couverte de tuiles creuses qui débordent à l’avant-toit et sont soutenues par deux rangs de génoises, soulignées par un filet de mallons en terre cuite.

A l'intérieur, les parties ont été aménagées indépendamment l’une de l’autre. L'étage de soubassement accueillait probablement des espaces de stockage (resserre ou cellier). Aucun jour n’a été constaté permettant d’envisager la présence d’une étable. Le rez-de-chaussée surélevé accueillait le logis, tout comme l’étage carré au niveau supérieur. L'étage en surcroit devait probablement servir de lieu de stockage (fenil) considérant la taille des ouvertures et la présence d’une potence au-dessus de la baie la plus à l’est. Aucune information sur la distribution intérieure n'a pu être obtenue (non visité).

Bâtiment du logis. Elévation sud, partie est, troisième niveau. Détail de la baie de la travée est avec potence.  Bâtiment du logis. Elévation sud, partie est, troisième niveau. Détail de la baie de la travée est avec potence.

Dépendance agricole

L’entrepôt agricole, disjoint du bâtiment du logis, est construit perpendiculairement à celui-ci. Il est mitoyen au sud et à l'est. La partie sud de cet entrepôt était déjà construite en 1834 et constituait à cette époque la partie occidentale d'une modeste maison. Celle-ci a été divisée, comme le bâtiment du logis principal, en deux lots en 1856. La partie orientale léguée à la famille Garbies n'est plus visible aujourd'hui, elle a été englobée dans une construction postérieure non étudiée. La partie occidentale acquise par la famille Trastour (qui obtint également la partie ouest du bâtiment du logis) a été augmentée d'une nouvelle construction au nord et l'ensemble a été transformé en bâtiment agricole encore visible.

Entrepôt agricole. Vue d'ensemble prise de l'ouest. Entrepôt agricole. Vue d'ensemble prise de l'ouest.

Cet entrepôt comprend un rez-de-chaussée et un étage de comble. Il est mitoyen au sud et à l'ouest. Sa façade principale, côté ouest, possède deux entrées en partie basses. Celle au sud, indiquée comme porte charretière sur le cadastre ancien, était initialement constituée d’une arcade en plein-cintre en moellons calcaires. Elle fut en partie obstruée et remplacée par une entrée plus étroite couverte d’un linteau droit monolithe. L'entrée ouest correspond à la partie accolée au bâtiment initial. Elle est encadrée de moellons calcaires et couverte d’un arc déprimé en briques. Deux fentes d’aération l’encadrent. Au niveau supérieur, trois baies couvertes d’un linteau droit monoxyle sont occultées par des persiennes articulées. Le mur-pignon nord présente une porte couverte d'un arc en anse-de-panier en partie basse et une baie fenière en forme d'arc segmentaire en partie haute qui se place dans le même alignement. Ces ouvertures sont encadrées de briques. Le bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires. Il présente de nombreuses inclusions de cailloux, galets et briques dans un enduit rustique, partiellement couvrant, composé de mortier de gypse. La toiture à un pan est couverte de tuiles creuses.

Entrepôt agricole. Elévation nord, deuxième niveau, baie feniere. Entrepôt agricole. Elévation nord, deuxième niveau, baie feniere.

Cet entrepôt agricole possède plusieurs fonctions : la partie basse se compose de deux étables, tandis que la partie haute accueille un séchoir au sud qui était autrefois un logis sans doute temporaire (l’absence de cheminée semblant l’indiquer), ainsi qu'un fenil au nord. Un mur de refend correspondant à l'ancien mur-pignon nord de la première construction sépare le bâtiment en deux parties. L'étage en surcroit est couvert d'une charpente composée de pannes sur chevrons avec liteaux soutenant la toiture.

Cette ferme de village a pu être construite à la fin du 18e siècle. Une date gravée sur la porte d’entrée du logis indique « 1789 A.T. ». En 1834, la propriété, composée d'un maison principale, d'un maison plus modeste, d'une aire à battre et d'un jardin, appartient à Rose Audibert, veuve Trastour à La Gaude. En 1856, la propriété est divisée entre deux familles : les Garbies qui obtiennent la moitié orientale de la maison principale et la moitié orientale de la petite maison avec le jardin, tandis que les Trastour prennent l’autre moitié occidentale de chaque maison avec l’aire à battre. Ces derniers agrandissent probablement la maison secondaire en accolant un bâtiment agricole au nord de la partie qu’ils possèdent et en transformant l'ensemble en dépendance agricole.

Aujourd’hui, la propriété appartient à la famille Feraud et n’est plus exploitée en tant que ferme. L'entrepôt agricole est désaffecté.

  • Période(s)
    • Principale : 4e quart 18e siècle
    • Principale : 2e moitié 19e siècle
  • Dates
    • 1789, porte la date

Cette ferme se compose d'une maison-bloc en hauteur, d'un entrepôt agricole et d'une aire à battre disposés autour d’une cour fermée.

Le bâtiment du logis au nord présente un plan rectangulaire régulier. Il se compose d’un étage de soubassement, d’un rez-de-chaussée surélevé, d’un étage carré et d’un étage en surcroit. Sa façade sud est organisée en cinq travées régulières avec des baies alignées à chaque niveau. Cette maison-bloc est recouverte d’un enduit lisse, en partie rustique. La toiture, à longs pans, est couverte de tuiles creuses.

L’entrepôt agricole au sud-est est construit perpendiculairement au bâtiment du logis. Il se compose d'un rez-de-chaussée et d'un étage de comble. Il est construit en maçonnerie de moellons calcaire. Il présente de nombreuses inclusions de cailloux, galets et briques dans un enduit rustique, partiellement couvrant, associer à du mortier de gypse. Une charpente composée de pannes sur chevrons avec liteaux soutien une toiture à un pan couverte de tuiles creuses.

  • Murs
    • calcaire maçonnerie enduit
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit partiel
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
  • Couvrements
    • charpente en bois apparente
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
  • Typologies
    F3a2 : ferme à maison-bloc en hauteur, à bâtiments accolés et/ou disjoints
  • Statut de la propriété
    propriété d'une personne privée

Documents d'archives

  • Matrice cadastrale des propriétés bâties de la commune de La Gaude, 1837-1913. / Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03P_0566.

    Folios 42, 315 et 669.

Documents figurés

  • Plan cadastral de la commune de La Gaude, 1834. / Dessin à l’encre sur papier, par Me Sabatier, 1834. Échelle 1/2500e. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice :  25FI 065 1 D.

    Section D, parcelles 217, 218, 219 et 220,
  • [La Gaude, montée de la chapelle, famille Curnier-Garbier]. / Photographie en noir et blanc colorisée, vers 1900. Collection particulière, La Gaude.

Date(s) d'enquête : 2021; Date(s) de rédaction : 2021