Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.
- enquête thématique régionale, Patrimoine religieux de Serre-Ponçon Guillestrois-Queyras
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
Dossier non géolocalisé
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Dénominationscroix de chemin, oratoire, croix monumentale
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Aires d'étudesCommunauté de communes de Serre-Ponçon
Trente-neuf croix et quatorze oratoires ou niches à statue ont été recensés sur le territoire de la Communauté de communes de Serre-Ponçon. D’autres croix situées sur les crêtes, comme celles du Mont Orel, ou dans les alpages n’ont pas pu être vues. Croix et oratoires sont irrégulièrement répartis sur le territoire. Certains villages comme Prunières en possèdent beaucoup, d’autres comme Saint-Apollinaire aucun.
Recensement des croix et oratoires par datation.
Eléments historiques
Les plus anciennes mentions de croix repérées dans les archives remontent au 17e siècle. En 1636, Jessé Martin, menuisier, répare une croix érigée en dehors de la ville d’Embrun (A.D. 05, G 585) et le 1er avril 1630, Gaspard Bal répare les trois croix érigées en dehors d’Embrun (A.D. 05, G 587). Aucune mention n’a été repérée avant cette date soit parce que les croix érigées étaient entretenues par les communautés et n’ont pas fait l’objet d’actes et de relations écrites, soit parce qu’elles n’existaient pas. Ces trois croix ont été immortalisées par l’appareil photographique de Gabriel Loppé entre 1887 et 1889.
Embrun, le chemin des croix, 1887-1889.
L’hypothèse selon laquelle l’érection de ces croix autour d’Embrun doit être analysée dans un contexte de Contre-Réforme, après la conquête de la ville par les troupes de Lesdiguières1 en 1585. Comme pour les chapelles, il s’agit alors de mailler le territoire et d’affirmer la présence de l’Eglise catholique.
Pour autant, la majeure partie des croix recensée sur le territoire sont les remplaçantes de croix de mission érigées à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle.
ÉLÉMENTS DE TYPOLOGIE
Matériaux et technique de mise en œuvre
La plupart partie des croix sont en bois, quelques-unes sont en métal, d'autres (moins nombreuses) en pierre. Les croix en pierre ou en métal semblent dater du 19e siècle, celles en bois ont été refaites au début du 20e siècle.
Les croix en bois sont majoritairement fichées dans le sol ou plantées sur un support métallique. Celles en métal ou en pierre sont fichées sur un piédestal en maçonné en pierre. L’une d’entre elles, à Crots, est montée sur quelques tambours et chapiteaux d’une colonne en remploi.
Les oratoires sont maçonnés. Certains, comme ceux de Réallon et de Châteauroux-les-Alpes, ont des formes inspirées de l’architecture. D’autres forment des niches grossières, d’autres encore sont de simples tables installées sur un socle fin.
Oratoire Notre-Dame-de-l'Assomption à Châteauroux-les-Alpes.
Deux typologies remarquables
Les croix de la Passion
Les croix des pénitents recensées sont localisées dans deux villages. Crévoux en comptent trois, Réallon, une.
Le thème existe dans l’iconographie depuis le 9e siècle au moins mais ces croix se répandent sur le territoire pendant la Contre-Réforme. Les croix de Crévoux portent la date de 1988, date à laquelle elles ont été refaites mais on ignore quand elles furent érigées pour la première fois. Il est possible que leur érection soit en lien avec la diffusion des confréries de Pénitents sur le secteur de l’embrunais, à partir du 14e siècle, en particulier à Saint-André d’Embrun.
Croix de la Passion à Crévoux.
Les oratoires de Réallon
Les oratoires Sainte-Barbe et Saint-Roch de Réallon ont une forme est atypique. La tradition orale affirme que l’oratoire Sainte-Barbe a été érigé vers 1850 en remplacement d’une chapelle tandis que l’oratoire Saint-Roch aurait été érigé en 1812. Il figure sur le cadastre de 1843 et sa fonction a peut-être influencé la toponymie puisque les parcelles du coteau situé au-dessus sont nommées « sur l’oratoire ».
L’oratoire Sainte-Barbe, à la sortie du hameau des Méans, se compose d’un pilier carré, maçonné de moellons liés au mortier, surmonté par une forme tronconique inversée également maçonnée, sur laquelle est fichée une fine croix de métal. Aucune niche à statue n’y est pratiquée.
Egalement maçonnée de moellons liés au mortier, l’oratoire Saint-Roch, sur la route des Gourniers, a une forme de pyramide allongée. Il est surmonté d’une grosse sphère de pierre sur laquelle est fichée une tige métallique passée dans deux petites sphères. Une petite niche carrée est ménagée sur l’un de ses flancs. Une grosse dalle de pierre repose sur sa face principale. Elle est liée à l’édicule. Aujourd’hui vierge, elle a du être le support d’un message écrit.
Aujourd’hui rien, à l’exception de la tradition orale, ne permet de supposer la fonction religieuse de ces deux édicules.
Oratoire Saint-Roch à Réallon.
Oratoire Sainte-Barbe à Réallon.
Les plus anciennes croix mentionnées dans l'Embrunais remontent au 17e siècle. Elles ont depuis disparu. A l'exception de quelques éléments du 19e siècle, la quasi-totalité des croix ont été refaites aux 20e et 21e siècles.
Le plus ancien oratoire repéré remonte probablement à la fin du Moyen Age ou au début de l'époque moderne (15e ou 16e siècle). A cette exception près, les oratoires datent de l'époque contemporaine, 19e et 20e siècles.
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Période(s)
- Principale : 19e siècle , porte la date
- Principale : 20e siècle , porte la date
L'opération d'inventaire du patrimoine religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon a permis de repérer 53 croix et oratoires. Quatre d'entre eux sont étudiés.
Les croix sont majoritairement en bois. Elles sont alors fichées dans le sol. Quelques croix en métal fichées sur un piédestal bâti en moellon liés au mortier ont été recensées.
Les oratoires sont maçonnés en moellons liés à l'enduit.
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Toits
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Murs
- pierre moellon sans chaîne en pierre de taille
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Décompte des œuvres
- repéré 53
- étudié 4
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
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- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
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- (c) Communauté de communes de Serre-Ponçon
Documents d'archives
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Erection d'une croix à l'extérieur d'Embrun, 1636. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 585.
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Réparation des trois croix érigées en dehors d'Embrun, 1640. Archives départementales des Hautes-Alpes, Gap : G 587.
Documents figurés
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Embrun, le chemin des Croix, 1887-1889. / Photographie par Gabriel Loppé, 1887-1889. Musée-Château, Annecy : n°2015-3-22.
Photographie réalisée par Julie AYCARD lors d'une exposition à Embrun avec l'accord de l'ASEPE.
Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.
Docteure en archéologie des mondes anciens (université de Picardie-Jules Verne), historienne de l’architecture, directrice de l'agence Memoriae. Chargée de l'inventaire du bâti religieux de la communauté de communes de Serre-Ponçon (05) entre 2022 et 2025.