Dossier d’œuvre architecture IA04003118 | Réalisé par
Van Bost Nathalie (Rédacteur)
Van Bost Nathalie

Chercheur pour le patrimoine industriel à l'Inventaire Nord-Pas-Calais de 1991 à 2018 (DRAC puis Région Nord-Pas-Calais dès 2007 et Hauts-de-France suite à la réforme des collectivités en 2016). Puis chercheur à l'Inventaire Provence-Alpes-Côte d'Azur à partir de 2018.

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  • enquête thématique régionale, hameaux de forestage de Harkis en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Hameau de forestage de Harkis de Ongles
Œuvre étudiée
Auteur (reproduction)
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
  • (c) IGN

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Alpes-de-Haute-Provence - Forcalquier
  • Commune Ongles
  • Lieu-dit La Petite Grillère
  • Adresse
  • Cadastre 2020 ZE 506, 507, 522 à 525, 721, 736 à 738
  • Dénominations
    écart
  • Précision dénomination
    hameau de forestage

Premier village de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur à recevoir des familles harkies rapatriées d'Algérie et premier hameau de forestage à ouvrir. Ongles accueille 25 familles, environ 133 personnes, originaires de Palestro ayant transité par le camp militaire dit du Larzac (La Cavalerie, Aveyron), l'un des 6 centres de transit et de reclassement pour Harkis. Leur arrivée en France puis à Ongles a été organisée par le lieutenant Yvan Durand chef d'une des 7 sept SAS (section administrative spécialisée) créée dans le département de Grande Kabylie. Il quitte l'armée pour rapatrier "ses" anciens supplétifs. Le 6 septembre 1962 le groupe de Harkis est d'abord logé dans des tentes fournies par l'armée dans l'urgence et faute de logements disponibles. Avant d'être mis à l'abri des intempéries dans des locaux municipaux et des bâtiments de fermes chez des particuliers. Un terrain privé est réquisitionné le 18 août 1962 en vue de la construction de baraquements préfabriqués de type "Digne", d'après des plans proposés par un ingénieur du Génie rural, M. Constant. Le montage est confié à l'entreprise Gunz. Un compte-rendu de visite du sous-préfet du 20 novembre 1962 fait état de l'avancement des travaux, seuls 4 baraquements sont en cours d'achèvement, 3 sont en cours de montage, 3 autres en attente de livraison et 3 derniers doivent être livrés le mois suivant. Le gros oeuvre est achevé et les Harkis s'occupent des finitions. Mais les travaux d'électrification, d'assainissement et d'adduction d'eau sont à réaliser en urgence. Le 18 décembre 1962 est créée une association pour venir en aide aux familles, le comité d'Ongles pour le soutien et la promotion sociale des rapatriés musulmans d'Algérie. Le chantier de travail forestier ouvre le 14 janvier 1963 sous la direction de Yvan Durand alors inspecteur départemental des hameaux forestiers. Il est géré par M. Bidet chef de hameau dépendant des Eaux et Forêts. Une monitrice de promotion est assure le suivi social et sanitaire des familles et assiste les femmes au quotidien (démarches administratives, santé, conseils). A cette date, il accueille 28 forestiers, leurs épouses, 5 adultes (parents), 51 enfant de moins de 10 ans, 9 âgés de 10 à 16 ans dont 14 sont scolarisés. Une école est prête à accueillir 25 élèves. Les hommes employés par les Eaux et Forêts sont rémunérés 16F de l'heure. En août 1963, Yvan Durand signale au conservateur des Eaux et Forêts que le chantier du foyer rural est ouvert et que 6 Harkis participent à sa construction. Le site est branché sur le réseau électrique en mai 1964. Le terrain est acheté par l'Etat en janvier 1965. La fermeture du hameau est programmé pour le début de l'année 1965 une fois les familles relogées à Cannes à la cité des Mimosas (construite pour eux dès 1964) et les Harkis reclassés dans les services municipaux de la ville. Dès novembre 1964 Yvan Durand propose de convertir le site en centre éducatif d'abord réservé aux enfants de Harkis. Les 16 baraquements composant le hameau forestier sont réutilisés pour loger les enfants, les membres du personnel, ou dédiés à l'intendance. Le CEO ouvre le 1er mars 1965. En 1966 sont construits des bâtiments destinés à la section de pré-formation professionnelle et aux équipements d'atelier avec machines-outils (voir Belkacem). Il fonctionnera jusqu'en 1971. La date de destruction du hameau n'est pas connu, les baraquements auraient été démontés et vendus pour être remontés en Ardèche.

La Maison d'Histoire et de Mémoire d'Ongles est créée en 2008. Installée dans le château d'Ongles, elle présente une exposition permanente (photographies, objets et témoignages audio et audio-visuels) relatant le contexte de la fin de la guerre d'Algérie et l'arrivée d'un groupe de Harkis dans le village en septembre 1962. A proximité subsistent les vestiges (plates-formes en béton, restes de construction) du hameau forestier et du centre éducatif qui lui a succédé de 1965 à 1971.

En juillet 2016 une stèle ONAC est inaugurée à l'entrée du site de l'ancien hameau de forestage où subsistent les vestiges des baraquements occupés par les familles harkies puis par les pensionnaires du centre de préformation pour jeunes gens.

Une plaque commémorative "Hommage et reconnaissance aux Harkis, Ongles, le 25 septembre 2001" est apposée sur le foyer rural Yvan Durand construit par les Harkis à côté du groupe scolaire.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 20e siècle
  • Dates
    • 1963, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Gunz Ernest
      Gunz Ernest

      L'entreprise de menuiserie et de charpentes Ernest Gunz est une maison fondée en 1890, spécialisée dans le commerce du bois, la menuiserie, la charpenterie et les matériaux de construction. Cet établissement, basé 37 allée des Fontainiers à Digne-les-Bains, a réalisé des logements préfabriqués pour les hameaux de forestage de Harkis au début des années 1960 en particulier dans le Vaucluse (Sault et Apt par exemple) et les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) dont Sisteron. Un dossier de permis de construire (13 w 89, 92) consacré à l'établissement Gunz, scierie aux Arches à Digne, de 1956, est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence.

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    • Auteur :
      Constant
      Constant

      Ingénieur du Génie Rural dans les années 1960. Il aurait réalisé les plans du hameau forestier d'Ongles.

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      ingénieur attribution par source

Le hameau était constitué de 16 baraquements de chacun 2 logements d'environ 72m2. Les logements en rez-de-chaussée sont constitués de parois de planches de bois posées sur des fondations en béton (dalles de béton). Aujourd'hui il ne subsiste des baraquements que les traces des socles de béton sur le sol ainsi que des débris (granito) et les vestiges d'escaliers, les regards d'égout. On retrouve également les stigmates d'un semblant de "place d'armes" en demi-cercle installé devant le perron à double escalier de l'habitation du chef de hameau. Des ruines de quelques constructions dont un bâtiment abritant une cuisine qui avaient été érigées pour répondre aux besoins du centre éducatif sont encore visibles.

  • Murs
    • bois
  • Toits
    ciment amiante en couverture
  • Étages
    en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • État de conservation
    détruit
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune