Dossier d’œuvre architecture IA04002105 | Réalisé par
Mosseron Maxence
Mosseron Maxence

Chercheur au Service régional de l'Inventaire de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (2007-2022).

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  • inventaire topographique
maison dite maison Dufresnoy
Œuvre étudiée
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Allos-Colmars
  • Commune Thorame-Haute
  • Lieu-dit Ondres
  • Cadastre 1827 B2 589-590  ; 2014 B2 283
  • Dénominations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    aire à battre, étable, fenil

L'ensemble, composé de trois maisons accolées, n'existait pas tel que lors de la levée du cadastre napoléonien en 1827. Seules les parcelles B2 589 et 590 étaient en place, chacune désignant une maison, appartenant à un propriétaire différent. La 589 pose néanmoins problème puisqu'elle apparaît à la fois sous la dénomination maison, propriété d'un certain Augustin Grassy, habitant le chef-lieu, à Thorame-Haute, et sous celle de bâtiment rural, propriété de deux membres de la famille Blanc, Jean Antoine et des héritiers de Jean [Pierre ?], le premier possédant le 1er étage (mais déjà barré à cette date), et les seconds le deuxième étage. La parcelle 590 mitoyenne désignait quant à elle une maison avec sa cour au sud, propriété d'héritiers de Jean-Pierre Blanc. Tant Grassy que les Blanc possédaient d'autres propriétés à proximité immédiate (aire et/ou maisons, avec ou sans cour). Cette portion est de l'ensemble a été complétée à l'ouest par une autre maison, vraisemblablement dans la seconde moitié du 19e siècle, d'un seul bloc. Les trois bâtiments communiquent entre eux, et ce certainement dès la construction de la troisième maison.

  • Période(s)
    • Principale : 18e siècle , (incertitude)
    • Principale : 2e moitié 19e siècle

L'actuelle parcelle est composée de trois maisons distinctes reliées entre elles. Les deux plus anciennes (parcelles 589 et 590 du cadastre napoléonien) formaient une unité dès 1827, sous un toit à pan unique, la troisième maison recevant une couverture à longs pans. Si l'ensemble est aujourd'hui unifié (une seule parcelle), et fait appel aux mêmes matériaux de construction - des moellons de calcaire et de grès non assisés liés au mortier de chaux - il convient de l'appréhender formellement comme deux blocs dissociés, A et B. Le premier, à l'est, est donc constitué de deux anciennes maisons construites dans la pente (A1 pour l'ancienne parcelle 590, A2 pour l'ancienne parcelle 589), chacune possédant à l'origine son entrée distincte. Toutes deux se déploient sur cinq niveaux, entre un premier niveau de soubassement divisé en deux pièces qui communiquent entre elles - deux étables (la pièce de la maison A2 pouvait être une resserre type garde-manger ou espace pour conserver les légumes voire les faire arriver à maturité dans la terre meuble), voûtées en berceau segmentaire - et deux niveaux de fenil en comble également communicants. Le premier niveau de logis est lié lui aussi entre A1 et A2, chacun de ces niveaux étant constitué d'une pièce unique.

On accède à l'entrée de la maison A1 par un escalier droit maçonné parallèle à la façade sur pignon au sud. L'entrée ouvre sur un escalier intérieur droit qui mène au rez-de-chaussée surélevé et à la pièce de logis qui contient une cheminée ainsi qu'un potager à deux feux. Le sol reçoit un carrelage à double pose : des mallons carrés (17 x 17 cm) de terre cuite disposés en biais à l'anglaise et dans l'embrasure de la fenêtre d'autres mallons de terre cuite rectangulaires (20 x 10 cm) également posés à l'anglaise, mais selon un schéma droit. Une alcôve prend place sous la cage de l'escalier. La pièce au-dessus est une chambre avec plancher, dont le mur ouest est entièrement tapissé de placards. On entrait dans la maison A2 par la façade sur gouttereau (est), mais la porte, encore en place en 1955, a été transformée en fenêtre, l'accès s'effectuant dès lors uniquement par l'entrée en A1 voire par la maison du bloc B. La pièce dispose d'une trappe qui communique avec l'étable en soubassement 1. Cette pièce communique avec la pièce mitoyenne de A1, avec une légère rupture de niveau rattrapée par un degré de deux marches. Le passage s'effectue grâce à une sorte de vestibule : une plate-forme qui dessert les deux pièces des maisons du bloc A ainsi que l'escalier de distribution intérieure du bloc B.

La pièce au-dessus, en rez-de-chaussée surélevé, était une chambre à coucher, communiquant avec la maison du bloc B. Le bloc B est donc constitué d'une seule maison, profonde comme les maisons A1 et A2, avec façade principale sud sur gouttereau, contrairement à la maison A1. L'entrée ouvre sur un escalier droit maçonné et permet de pénétrer dans l'étable (également accessible directement depuis l'extérieur) grâce à une porte dans le mur gauche. Ce premier niveau de soubassement dispose donc d'un double accès, externe et interne. L'étable, voûtée d'arêtes, présente une banquette maçonnée et mangeoire en fond de pièce avec une trappe à foin. Le second niveau de soubassement contient deux pièces, une de logis en façade principale avec un petit réduit dans l'angle sud-ouest (un espace restreint d'environ 2 mètres de profondeur sur 1 de large) qui tenait lieu de cuisine, éclairé par un fenestron de dimensions très modestes. La pièce, ample, avec plancher de bois et placards muraux, reçoit une cheminée contre le mur ouest avec un sol dallé en pierre plate réfractaire. Le mur de refend nord est percé d'une porte qui donne sur un grand réduit servant de garde-manger (le sol a été bétonné) avec dans l'angle nord-est un petit espace fermé d'environ 1 m sur 2 qui tenait apparemment lieu de pasturière (espace intermédiaire entre le fenil et la partie agricole dévolue au bétail contenant la ration de fourrage hebdomadaire), doublé de l'abat-foin qui communique du fenil à l'étable. Les deux blocs A et B sont reliés à ce niveau par l'escalier droit, qui dessine un palier, avant de reprendre sa course vers l'étage supérieur. Ce dernier est comme le précédent coupé en deux pièces, une chambre en façade principale et un galetas ou grenier derrière. Toutefois, l'accès à la chambre est ménagé par un espace de distribution lambrissé formant un coude. Cette articulation sépare clairement la pièce à vivre du grenier, qui communique avec la pièce de logis de la maison 2 du bloc A, la différence de niveau étant rachetée par un degré de deux marches. Le grenier n'est pas plafonné.

Au-dessus se déploient deux niveaux de fenil, avec une ouverture ménageant un passage entre les blocs A et B au second niveau. Si chaque bloc, et dans le bloc A chaque maison a fonctionné séparément, il apparaît évident que très tôt, dès la seconde moitié du 19e siècle, l'ensemble a constitué une propriété unique. Elle l'est demeurée jusqu'à aujourd'hui. L'aire à battre caladée très bien conservée qui fait désormais partie de la propriété n'appartenait pas à l'ensemble en 1827, mais à un certain Jauffred Joachim qui possédait des terres et des maisons à proximité immédiate (par exemple les maisons situées en 1827 B2 593 et 596).

  • Murs
    • calcaire moellon
    • grès moellon
  • Toits
    bardeau
  • Étages
    3 étages de soubassement, 2 étages de comble
  • Couvrements
    • voûte d'arêtes
    • voûte en berceau segmentaire
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à un pan
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit
  • Typologies
    A3a : maison avec parties agricoles en parties basses et hautes
  • Statut de la propriété
    propriété privée

L'ensemble vient d'être racheté en 2010 ; le nouveau propriétaire va conserver la distribution intérieure d'origine. Il s'agit d'une des deux seules maisons à n'avoir pas subi de transformation, légère ou radicale dans ce village reconstruit à partir de la fin des années 1950. En ce sens, il est un témoin essentiel du hameau et au-delà, de l'habitat privé local.