Photographe au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1970 à 2006.
- enquête thématique régionale, architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Dossier non géolocalisé
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Aires d'étudesProvence-Alpes-Côte d'Azur
Thématique et conditions d'enquête
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’étude exhaustive du patrimoine militaire fortifié a démarré en 1986 dans le Briançonnais, à l’occasion de l’étude topographique de ce territoire.
En cette fin des années 1980, le destin des ouvrages fortifiés ne suscitait pas encore de mobilisation des acteurs patrimoniaux face à l’abandon programmé des sites devenus sans intérêt pour la Défense. Une enquête thématique s’imposait donc, afin de documenter les ouvrages au sortir de leur fonction première, avant que l’absence d’entretien n’ait causé les dégradations que l’on peut aujourd’hui constater. La thématique de l’enquête s’est centrée sur l’architecture fortifiée du pouvoir royal, puis national, entre le 16e et le 20e siècle, en excluant du corpus les ouvrages de l’époque féodale et en y englobant les constructions italiennes devenues françaises au gré des fluctuations de la frontière alpine.
Il est alors apparu qu’une étude de bonne qualité nécessitait des compétences et des savoirs que l’équipe ne détenait pas en interne et la décision de confier les travaux à un spécialiste extérieur a été prise. Le service a choisi de s’adresser à Philippe Truttmann1, qui était alors expert consultant en architecture militaire auprès de la sous-direction de l’Inventaire général.
La collaboration avec Philippe Truttmann s’est poursuivie jusqu’en 1996 et a permis de couvrir une bonne part du territoire alpin de la région. Après la retraite définitive de Philippe Truttmann, c’est Christian Corvisier2, autre historien de la fortification, qui a poursuivi l’opération à partir de 2001, terminant l’enquête dans les Alpes du sud et couvrant le littoral, avec la collaboration de Bernard Cros3 notamment sur l’aire toulonnaise.
L'avancement de l'enquête a donc été tributaire d'une part des moyens budgétaires que le service pouvait mobiliser et d'autre part des disponibilités des deux prestataires par ailleurs mobilisés sur plusieurs autres chantiers d'étude. D'une manière générale, le principe a été d'organiser une campagne de prospection et d'étude sur le terrain par an. Pour toutes des études sur les sites de montagne, les conditions climatiques combinées à la question de l'accessibilité ont été une contrainte forte.
Parallèlement aux enquêtes de terrain, les dépouillements aux archives historiques de la Défense à Vincennes ont constitué une part importante de l'étude, en raison de l'abondance des fonds conservés, nécessitant à la fois un dépouillement exhaustif et une critique des sources afin de ne retenir dans les dossiers que les pièces les plus pertinentes.
L'accès aux sites toujours occupés par l'Etat a pu se faire à peu près partout sans problème, à l'exception de deux sites dans la département du Var : le fort de Six-Fours, site militaire sensible, et le fort de Brégançon qui a toutefois pu faire l'objet d'un dossier basé sur les sources conservées à Vincennes.
Au total, 418 dossiers d'inventaire ont été constitués. Ce chiffre ne correspond pas au nombre d'ouvrages recensés, les dossiers d'ensemble (lignes fortifiées notamment) regroupant dans un même dossier un grand nombre de constructions.
Chronologie des études
Hautes-Alpes
- 1986-1989 : place forte de Briançon, (communes de Briançon, Cervières, Montgenèvre, Val-des-Prés, Le Monêtier-les-Bains, Névache, Villar-Saint-Pancrace) (Truttmann)
- 1989 : ensemble fortifié italien (communes de Névache et Montgenèvre : Vallée Etroite, Col de l’Echelle, Chaberton) (Truttmann)
- 1992 : place forte de Mont-Dauphin (Truttmann)
- 1993 : Fort-Queyras (Truttmann)
- 2018 : place forte d’Embrun (Corvisier)
Alpes-de-Haute-Provence
- 1991 : ensemble fortifié de l'Ubaye (communes de La Condamine-Châtelard, Fours, Jausiers, Le Lauzet-Ubaye, Larche, Meyronnes4, Saint-Paul et Saint-Vincent-les-Forts) (Truttmann)
- 1993 : places fortes de Colmars et Seyne (Truttmann)
- 2002 : place forte de Sisteron (Corvisier)
- 2003 : place forte d’Entrevaux. (Corvisier)
Alpes-Maritimes
- 1991-1992 : commune de Saint-Dalmas-le-Selvage, suite et fin de l’étude de l'organisation défensive de l'Ubaye (Truttmann)
- 1994 : SFAM, positions de l'Authion et du Mont-Ours ; principaux ouvrages de la position principale de résistance (Truttmann)
- 1996 : ouvrages dépendant de la place forte de Nice (Truttmann)
- 2001 : fortifications italiennes du Vallo Alpino (Corvisier)
- 2003 : château de Guillaumes (Corvisier)
- 2005 : redoute de Menton, compléments position de résistance (Sainte-Agnès, La Tour, Tournefort) (Corvisier)
- 2005-2007 : compléments place de Nice (Mont-Agel, Mont-Alban, Pic Charvet, batteries de Colomars, Eze, Nice, poudrière de Colomars) (Corvisier)
- 2006- 2007 : places fortes d'Antibes, de Saint-Paul-de-Vence, de Sainte-Marguerite (Corvisier)
Var
- 1989-1990 : ensemble des îles d’Hyères (Truttmann)
- 2007 - 2008 : fortifications et citadelle de Saint-Tropez, batteries continentales de l'ensemble fortifié des îles d'Hyères, ouvrages des communes de Carqueiranne, du Pradet et de La Seyne-sur-Mer (Corvisier)
- 2009 : Place de Toulon, secteur du Faron (Corvisier)
- 2011 : Place de Toulon, ouvrages côtiers (Corvisier)
- 2012 - 2014 : place de Toulon, corps de place et ouvrages ouest proches, secteur terrestre du Coudon, commune de Saint-Mandrier-sur-Mer (Corvisier)
- 2017 - 2020 : ouvrages de défense côtière à l’ouest de Toulon (La Seyne-sur-Mer, Six-Fours, Sanary-sur-Mer, Bandol) ; ouvrages terrestres au nord-ouest de Toulon (Evenos, Le Revest-les-Eaux, Sanary) ; fort de Brégançon (étude documentaire uniquement car accès refusé) (Corvisier)
- N.B. : accès refusé au fort de Six-Fours, aucune étude réalisée
Bouches-du-Rhône
- 2023 : place de Marseille, corps de place (forts, enceinte, casernes). Batteries côtières Marseille-nord et Le Rove (Corvisier)
- 2024 : ouvrages du Frioul et batteries côtières Marseille-sud (Corvisier)
- 2025 : fin des batteries côtières Marseille-sud. Batteries et ouvrages des communes de Cassis, La Ciotat, Ensuès-la-Redonne, Martigues, Port-Saint-Louis-du-Rhône, ouvrages du Südwall (Corvisier)
Le corpus
Le patrimoine militaire de la région est probablement le plus varié en termes de typologies et de périodes de construction, mêlant architecture frontalière de montagne et du littoral, du début du 16e siècle à 1944. Certains ouvrages comme la forteresse de Tournoux ou les chiuses de Saint-Jean-La-Rivière et Bauma Negra à Utelle n’ont que peu, voire pas d’équivalents en France et même en Europe. Il a en outre la particularité de recéler plusieurs ouvrages très remarquables dus aux ingénieurs italiens, depuis les forteresses du duché de Savoie au 16e siècle jusqu’aux lignes fortifiées édifiées dans l’Entre-Deux-Guerres par le gouvernement de Mussolini.
La plupart des 418 dossiers réalisés ont été regroupés en fonction de leur appartenance à des ensembles stratégiques, géographiques, historiques ou aux programmes militaires successifs.
Les forteresses royales de l'Ancien Régime
Elles forment un ensemble dispersé selon deux types d'implantation :
Position de verrou frontalier sur les axes de pénétration depuis le Duché de Savoie
- château de Briançon (05)
- place forte de Montdauphin (05)
- place forte d'Embrun (05)
- château Queyras (05)
- place forte de Seyne-les-Alpes (04)
- place forte de Colmars (04)
- place forte d'Entrevaux (04)
- citadelle de Sisteron (04)
- château de Guillaumes (06)
- château de Bandol (83)
Défense du littoral
- fort Carré d'Antibes (06)
- fort de Sainte-Marguerite (Cannes, 06)
- place de Saint-Paul-de-Vence (06)
- la citadelle de Villefranche-sur-Mer peut être rattaché à cette catégorie, bien qu'édifiée par le duché de Savoie (06)
- citadelle de Saint-Tropez (83)
- fort de Brégançon (83)
Les ensembles fortifiés
Ils sont constitués d'édifices construit selon une logique géographique visant à constituer une défense organisée sur une zone stratégique sensible. Leur constitution peut s'être échelonnée sur la longue durée, depuis l'Ancien Régime jusqu'à l'Entre-Deux-Guerres, les avancées technologiques de l'artillerie aux 19e et 20e siècle rendant nécessaire de compléter ou de remplacer les ouvrages antérieurs.
- place forte de Briançon (05)
- organisation défensive de l'Ubaye (04 et 06)
- système fortifié des Alpes-Maritimes (06)
- place forte de Nice (06)
- ensemble fortifié des îles d'Hyères (83)
- place forte de Toulon (83)
- place forte de Marseille (13)
Les ensembles italiens et allemands
Les ouvrages italiens concernés sont des réalisations des 19e et 20e siècles devenues françaises après la rectification des frontières de 1947.
- ouvrages italiens de Névache et Montgenèvre (05)
- ligne fortifiée du Vallo Alpino (communes de Tende et La Brigue, 06)
Les ensembles allemands sont des batteries côtières construites par l'occupant entre 1942 et 1944 formant le Südwall. L'étude n'en a que peu détecté dans les Alpes-Maritimes et le Var, soit que peu d'ouvrages aient été construits, soit que l'urbanisation très dense des côtes dans ces départements ait occasionné davantage de disparitions. En revanche, un grand nombre d'ouvrage subsiste encore dans le secteur de Marseille, sur la côte, ainsi qu'en retrait, sur les axes autour de la ville.
- (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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Conservateur du Patrimoine, chef du service régional de l'Inventaire général de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1995 à 2027.
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