Dossier IA06001560 | Réalisé par
station de villégiature de Cap-d'Ail
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  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Villefranche-sur-Mer - Villefranche-sur-Mer
  • Commune Cap-d'Ail

La première grande opération immobilière à l'origine de la création de la station est lancée en 1881 par le financier Charles Alfred Léon Nicolle, plus connu sous le nom de baron de Pauville. Jusqu'en 1907 ce territoire côtier dépend de la commune de La Turbie. Nicolle acquiert entre 1881 et 1896 vingt et un hectares de terres situées en bordure de mer dans le secteur du cap Mala pour y construire un lotissement et un hôtel luxueux. Entre 1881 et 1884 les terrains sont viabilisés. Ils sont vendus en 1885 au Comptoir d'Escompte de Paris qui achève leur mise en valeur et se charge de leur commercialisation. Un tir aux pigeons est aménagé en 1886 dans le quartier de Cap-Fleuri, puis une promenade du bord de mer entre le cap-Mala et le cap-Rognoso. Un second financier, Auguste Thomas crée en 1897 une société immobilière, la Compagnie du Littoral de la Méditerranée qui rachète l'hôtel Eden et les terrains appartenant au Comptoir d'Escompte de Paris, puis acquiert la même année, du docteur Onimus, environ 10 hectares de terrains situés dans le quartier de Cap-Fleuri pour y créer un second lotissement. Un second hôtel familial appelé Radium est construit vers 1908. A partir de 1915 se crée face à l'hôtel Radium, un petit centre commercial réservé à une clientèle de touristes. A l'opposé du quartier résidentiel, le long de la frontière monégasque, se crée un quartier populaire. Cap-d'ail est érigé en commune autonome en 1907. La mairie, financée par un emprunt souscrit au Crédit Foncier de France est réalisée par l'architecte César Chiabaud. A proximité, l'église Notre-Dame-du-Cap-Fleuri est construite en 1910 ainsi que l'école. En 1907 une usine à gaz est édifiée dans le quartier Barraia, destinée à alimenter les quartiers de Saint-Antoine et des Salines. En 1911 et 1912, les entrepreneurs monégasques Fontana et Gamba créent en direction du nord l'actuelle avenue du Général-de-Gaulle, à l'ouest, pour établir le lien entre la Basse et la Moyenne Corniche, et l'avenue Hugues-Savorani, à l'est, pour desservir le quartier de Saint-Antoine-Supérieur en établissant la jonction avec Monaco. En 1913, le percement de la route de l'Hôpital établit la jonction avec la Moyenne Corniche dans ce secteur. Dès 1925, la Basse Corniche est régularisée et embellie dans la partie jouxtant la frontière monégasque. A l'ouest, dans le quartier des Pissarelles se créent deux lotissements. Au terme de son développement, l'agglomération de Cap-d'Ail se présente sous la forme d'un long ruban qui s'étend de part et d'autre de la route nationale. Les opérations immobilières privées qui se sont succédées ont façonné le paysage urbain sans concertations préalables. La Basse Corniche apparaît comme le seul élément structurant de la station. Entre 1951 et 1952, deux projets de place publique sont proposés sans succès. Après la Seconde Guerre mondiale, les grands hôtels et de nombreuses villas luxueuses sont divisés en appartements. La disparition des anciens hôtels est compensée par l'émergence de complexes hôteliers orientés vers des activités thérapeutiques, culturelles ou de loisir. Le théâtre du Centre méditerranéen d'études françaises est achevé en 1959 par Jean Cocteau. La résidence Pierres et Vacances est construite en 1987 par l'architecte Jean Nouvel.

Le projet de Nicolle s'appuie sur un double programme immobilier : un hôtel de luxe appelé Eden et un lotissement. Dans le quartier Mala, trois routes en balcon, au tracé sinueux, d'une largeur de 4 mètres, sont construites pour desservir les terrains et assurer la liaison entre l'hôtel Eden, la Basse Corniche et la gare. Dans le quartier de Cap-Fleuri, un pont a été construit au dessus de l'avenue Docteur-Onimus pour maintenir un accès aux parcelles situées en bord de mer. Bien que destinés à une clientèle riche, les deux lotissements n'ont pas d'équipements urbains particuliers à l'exception d'un raccourci en escalier dans le quartier de Cap-Fleuri. Les parcelles ont une surface moyenne de 1000 à 2500 m² et sont régulières. Comme l'impose le cahier des charges du lotissement, toutes sont clôturées par un mur bahut surmonté d'une grille. Les villas sont implantées en fond ou en milieu de parcelle. Elles ont en moyenne trois ou quatre niveaux. Dans le quartier Mala, un tiers a une conciergerie. L'hôtel Eden a environ 150 chambres équipées de salles de bains. Le centre commercial est constitué de quelques magasins placés derrière une façade unifiée. Les quartiers populaires des Salines et de Saint-Antoine sont constitués de maisons, d'immeubles, d'ateliers, d'entrepôts et de garages, construits le long de ruelles et d'impasses. Deux raccourcis en escaliers permettent de raccorder les différentes routes. Avec la construction de la mairie, de l'église et de l'école, implantés en bordure de route, le quartier de Cap-Fleuri devient le centre administratif de la station. Dans un souci esthétique, l'usine a pris l'apparence d'un palais gothique toscan. Lors de l'embellissement de la Basse Corniche de luxueux immeubles avec boutiques en rez-de-chaussée sont construits au nord-ouest en bordure de l'avenue. Dans le quartier des Pissarelles, le lotissement situé en bordure de mer est desservi par une route privée.

  • Statut de la propriété
    (incertitude)

Documents figurés

  • Usine à Gaz de Beausoleil - Cap-d'Ail - Eze - La Turbie. [Vue d'ensemble de l'usine à gaz de Cap-d'Ail.] / Carte postale, vers 1910. Collection particulière.

Date d'enquête 1997 ; Dernière mise à jour en 2007
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
(c) Conseil général des Alpes-Maritimes
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