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présentation de la commune de Bouyon

Dossier IA00128015 réalisé en 1992

Fiche

Œuvres contenues

Le territoire

Si l'on examine les limites actuelles de la commune de Bouyon, on constate qu'elles suivent des contours géographiques naturels (cours d'eau, lignes de crêtes...), sauf dans le secteur situé au sud-est. Rechercher l'origine de cette anomalie sortirait du cadre de ce travail. On peut simplement se demander s'il s'agit là d'une portion de l'ancien fief de Deux-Frères, dont les ruines du château sont aujourd'hui sur le territoire du Broc, près de la chapelle Sainte-Marguerite. A ce détail près, le territoire de ce "Bouyon", mentionné de façon très anodine en 1155 , pourrait correspondre aux limites actuelles de la commune, restreintes à la rive gauche du ruisseau du Bouyon.

Les lieux de culte

Nous ne connaissons pas à Bouyon de lieu de culte qui aurait pu jouer le rôle de paroisse pré féodale. Faut-il en conclure qu'elle a totalement disparu, qu'elle a été reconstruite et se cache sous l'aspect d'une simple chapelle ou qu'il n'y avait pas de paroisse pré féodale à Bouyon ? Faut-il de même faire un lien entre ceci et le double vocable de l'église paroissiale (Saint-Trophime et Notre-Dame de l'Assomption) ? Nous devons y être d'autant plus attentif que, le jour de la Saint-Trophime, cette église est choisie comme but de romérage. Or il faut rappeler que lors d'un romérage, fête strictement limitée au territoire de la communauté, les villageois se rendent en procession soit auprès de l'une des chapelles protectrices qui entourent l'agglomération (ici, la chapelle Saint-Roch), soit sur le site d'un ancien lieu de culte ayant joué un rôle important dans l'histoire de la communauté. Mais il est rare qu'une église jouant encore le rôle paroissial soit choisie comme but de romérage.

La chapelle des pénitents blancs Saint-Bernardin

En 1705, lors de sa visite pastorale, l'évêque de Vence mentionne la chapelle des Pénitents Blancs. Elle est alors située [curieusement !] hors du lieu, sous le titre de Saint-Bernardin et elle mesure 41 x 20 pans, soit environ 14 x 7 mètres. Ces dimensions sont encore celle du bâtiment qui figure sur le cadastre de 1841. Mais l'Etat des paroisses de 1846, conservé aux Archives diocésaines de Nice, nous indique que la confrérie ne se réunit plus depuis 1844. Aujourd'hui l'édifice a été réduit.

La chapelle Saint-Etienne

Selon la visite pastorale de 1705, la chapelle Saint-Etienne est située à "500 pas sur le chemin de Bézaudun" et mesure 18 x 16 pans, soit environ 6 x 5 mètres. En 1715, une autre visite pastorale est plus explicite : " Nous sommes arrivés de Bézaudun à Bouyon vendredi 1er septembre vers neuf heures. Nous sommes descendus de cheval à une portée de mousquet du village pour visiter la chapelle Saint-Etienne sur le chemin. Elle est très propre, on nous a dit qu'elle a été fondée par un nommé Savournin qui demeurait à Bouyon et dont les héritiers sont à Nice."

La chapelle Saint-Etienne semble donc avoir été une chapelle privée construite vers la fin du XVIIe siècle. Elle est de nouveau visitée en 1726 et figure encore sur la Carte des frontières Est de la France dressée vers 1778. Elle a du être désaffectée lors de la Révolution et ne figure pas comme lieu de culte sur le cadastre de 1841.

Les châteaux

Le village actuel de Bouyon occupe un site et présente un plan dont l'origine peut remonter au Moyen Age, bien que des restes d'architecture médiévale n'aient pu être observés. L'existence d'une Place du Château et la façon dont elle se présente par rapport à l'agglomération suggèrent également que l'implantation du village de Bouyon a pour origine un castrum médiéval. Mais, à 500 mètres au nord-ouest du village, en contrebas de la chapelle Saint-Pons et sur la même crête, on distingue les traces bien visibles d'une fortification médiévale arasée. Elle se présente sous l'aspect d'une enceinte oblongue, dont les axes mesurent 13 et 36 mètres, dans laquelle un donjon, de 5 et 6 mètres de côtés, domine le fossé qui la borde au sud-ouest.

Il semble donc qu'il y ait eu deux châteaux à Bouyon au Moyen Age. Cependant, dans les mentions médiévales de Bouyon, dont les plus anciennes remontent essentiellement au XIIIe siècle, rien n'indique qu'il y ait eu deux forteresses contemporaines. Essayer de résoudre ce problème sortirait du cadre de l'inventaire. Remarquons seulement que, d'une part le site d'implantation du second château de Bouyon, celui établi près de Villevieille, correspond à ceux choisis au XIIIe siècle, et que, d'autre part, la présence de deux fortifications voisines et contemporaines n'est pas rare dans le contexte de guerres qui marque la première moitié du XIIIe siècle en Provence orientale. Quoi qu'il en soit, ce n'est plus qu'une villa, c'est-à-dire un village sans château, qui figure en 1388 dans la liste des agglomérations faisant l'objet de la convention entre Ludovic Grimaldi et le comte de Savoie, c'est-à-dire lors de la cession du comté de Nice à la Savoie.

Aires d'étudesCoursegoules
AdresseCommune : Bouyon

Références documentaires

Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

  • FROESCHLE-CHOPARD, Marie-Hélène, POTEUR, Jean-Claude. Les «romérages» en Provence Orientale au XVIlle siècle : expression d'une culture populaire. Dans : Le Monde alpin et rhodanien, Ier-2eme trimestre 1978, p. 189 à 191.

  • MORIS, Henri, BLANC, Edmond. Cartulaire de l'abbaye de Lérins. Paris : H. Champion, 1883, 2 vol.

  • POTEUR, Jean-Claude. Archéologie et sociologie des châteaux de Provence Orientale au Moyen Age, diplôme de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1981, 3 vol. dactylographiés.

  • POTEUR, Jean-Claude. Les limites des seigneuries du diocèse de Vence entre le XIe et le XIIIe siècle. Dans : Territoires, seigneuries, communes..., Actes des 3èmes Journées d'Histoire de l'espace provençal, Mouans-Sartoux, 1986, Mouans-Sartoux, CACO, 1987, pp. 29-52.

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